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 sinister shots ♠ feat. moon jiao

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Kang Yu Jin
#turquoise
Âge : 21
Occupation : Étudiante (langue étrangère appliquée) / Assistante et modèle photo pour Hyun Su
Quartier : Buk
Situation : She makes my heart beat loud enough to make me feel alive ♥
Don : Omnilinguisme
Niveau : 9
Multicompte : Ryu Lucas, Lee Dae Won, Nobira Takuya
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Mar 6 Juin - 6:56
sinister shots
kang yu jin & moon jiao
Affronter ses peurs. C'est sans doute ce que le docteur Lee me dirait. C'est sans doute ce que Myeong Hee me dirait. C'est sans doute ce que Rosalee me dirait. C'est sans doute ce que Saki me dirait. C'est sans doute ce que Somi me dirait. Je fais le tour de ma chambre, sans vraiment savoir ce que j'allais faire ce soir. J'avais envie de sortir, comme à mon habitude. Mais les bars de Nam me sont trop familiers, et j'avais envie de changement. À Buk, niveau activités de la nuit, il n'y a pas grand chose. Je connais un quartier où je pourrais m'amuser et décompresser comme je voulais... mais à quel prix? Non, c'est trop risqué. Au pire je resterai assise dans mon lit à boire mes bouteilles de soju comme d'habitude. Au pire je caresserai Gyeojin pendant qu'il ronronne à mes côtés en pleurant, comme c'est ce que je fais depuis qu'il... depuis cette nuit-là. J'ai peur de sortir seule. Dans les autres quartiers, ça va. Surtout Buk, je le connais bien. C'est là qu'est l'université, c'est là que sont les résidences. Et je peux marcher avec Rosalee. C'est sécuritaire. Ou si je sors à Nam... je connais bien le quartier aussi, et il y a Saki. C'est sécuritaire... je crois. Même si j'ai déjà croisé son visage dans un bar à Nam... mais celui-là, je n'y retournerai plus jamais.

Je sens les sanglots monter, venant du plus profond de mes entrailles et remontant lentement ma poitrine jusqu'à ma gorge, tentant de s'enfuir par ma bouche et mes yeux. Ils y arrivent, les larmes coulent et je ramène mes jambes contre moi et je pleure doucement. Gyeojin m'entend et s'inquiète, il galope en ma direction et saute sur mon lit où j'ai pris refuge. Il se blottit contre moi et se met à ronronner de plus belle. C'est si innocent, un chat. Je ne regrette pas de lui avoir sauvé la vie, cette soirée d'orage. Je croyais qu'il allait me causer problème avec ses griffes. Je refusais catégoriquement de lui faire subir un dégriffage, trouvant l'action cruelle. Gyeojin est beaucoup plus calme que je m'y attendais, et je n'ai pas eu de soucis avec ses griffes. Il les fait sur son grattoir attitré, pas sur les meubles des résidences. Je caresse son doux pelage blanc. En ces temps difficiles, il est un des seuls qui arrive à m'arracher un sourire, aussi faible soit-il. Je le prends dans mes bras et je le serre fort. Sa chaleur corporelle, le bourdonnement de ses ronronnements et son petit coeur qui bat rapidement me rassurent.

Pas question de retourner à Busanjin, voilà la promesse que je m'étais faite. Mais c'est stupide. Somi habite à Busanjin. Allais-je laisser mes peurs dicter comment notre relation allait tourner? Je l'aime.. je crois. Je ne sais pas si c'est réciproque. Je crois que oui? Elle ne refuse pas mes propositions quand je lui offre un rendez-vous. Enfin, ça pourrait être de l'amitié aussi, mais j'espérais que non. Sinon, Ho Joo y habite aussi. Et c'est un de mes meilleurs amis. Allais-je briser la promesse que je lui ai faite, celle où on s'est dit en lançant chacun notre lanterne dans les airs que plus rien n'allait nous séparer maintenant? Et le Rakhyu se trouve dans Busanjin, notre lieu de prédilection à Rosalee, Yeon Hee et moi. Allais-je tracer une croix sur nos superbes soirées karaokés jusqu'à ce que le Rakhyu déménage, s'il le fait? On s'entend qu'il est établi dans le quartier depuis longtemps et qu'il ne changera pas d'emplacement de sitôt. Non. Yu Jin, tu dois affronter ses peurs. C'est ce que ton psychothérapeute, ton médecin, ta meilleure amie, ton amour de vie et ta fréquentation te diraient tous. Et si Gyeojin était humain, c'est ce qu'il ferait aussi. Et puis, je n'évite pas Haeundae juste parce qu'un con qui m'avait charmé a cru bon de me donner la raclée de ma vie lorsqu'il a su que j'avais un don.

Je me suis levée, me regardant dans le miroir. J'avais bien mauvaise mine. C'est dans ces moments que je suis contente que ma mère n'habite pas à Busan. Elle n'aurait pas survécu d'apprendre ce qui m'arrive ici ou de me voir dans un tel état émotionnel. Je lui ai déjà fait suffisamment de torts. Sa vie aurait sans doute été fort meilleure si elle ne m'avait pas mise au monde, ou si j'avais toujours un père dans ma vie. Peut-être que la mienne aurait été meilleure si elle m'avait dit pourquoi il n'était pas là. Peut-être que je me porte mieux dans l'ignorance. J'ai séché mes pleurs, j'ai pris les premiers vêtements que j'ai trouvé... quelque chose de simple, un jeans, un pull. Malgré la chaleur estivale, une petite brise froide s'était pointée ce soir. Juste de quoi me faire frissonner en marchant sur le trottoir. J'ai posé le pied dans le bus, sans vraiment regarder le chauffeur. Ce n'est pas dans mes habitudes, mais il a dû en voir d'autres, des jeunes qui ont l'air un peu blasés et qui se foutent de dire bonjour à celui ou celle qui conduit leur bus. J'espère qu'il ne m'en tiendra pas rigueur. Je le vois parfois, je lui dit toujours bonjour. Aujourd'hui, je ne vais pas très bien. Il comprendra.

Habituellement, je bois toujours quelque chose chez moi avant de partir dans un bar. Ça me permet de dépenser moi, et ça me permet d'être saoule plus longtemps. Cet état d'esprit qui me libère de toutes pensées négatives, cette enivrante sensation qui m'enveloppe et me protège de mes démons. Loin de moi de penser que l'alcool était un démon en soit, et qu'il ne faisait que voler la place aux autres. Ce "trouble de personnalité limite", c'est ce qui m'a été diagnostiqué je crois. Mettre des mots sur mes sautes d'humeurs, mes réactions atypiques, mes pensées noires à la limite du suicidaire. Dire que j'avais un trouble, c'est une façon de ne pas me dire qu'il n'y a plus d'espoir pour moi. C'est à se demander pourquoi j'ai encore des amis. J'ai tout dit à Rosalee, ce soir-là quand je suis revenue dans ma chambre. Inconsolable. Souillée. Brisée. Avec mes déboires, elle aurait pu vouloir s'en aller et garder sa vie simple et agréable. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi elle reste à mes côtés, mais en même temps ça me rassure. J'ai besoin d'elle. Tout comme j'ai besoin de mon fix alcoolisé.

« Je vais te prendre n'importe quoi... je sais pas, un shooter, ou ton truc le plus fort. Tant que ça se boit. »

J'ai prononcé ces quelques mots un peu machinalement au barman du bar dans lequel je suis entrée. Ce n'est pas trop dans mes habitudes, non plus, mais quand est la dernière fois que je suis entrée dans un bar complètement à jeun? Je ne m'en rappelle pas trop. Je n'ai même pas osé le regarder dans les yeux, à croire que j'avais honte de me présenter ici pour me voiler le cerveau. J'ai soupiré, déçue de moi-même. Ce n'est pas une attitude à avoir face à un barman. Mais il faut m'excuser. Je suis allée du point A au point B assez rapidement. De l'arrêt de bus jusqu'au bar. Je n'osais pas regarder autour de moi, de peur de croiser le regard de l'homme qui m'a volé le semblant de sainteté d'esprit qui me restait ou de peur de reconnaître même l'endroit où il m'a attrapé.

« C'était vague, désolée. Je vais prendre... deux shooters de tequila, et ton soju le plus fort. S'il te plait. »

Les yeux toujours rivés vers le comptoir, j'ai sorti mon portefeuille, prête à payer la somme qu'il me demanderait. L'argent n'existe plus pour moi quand il s'agit de l'alcool. Tant que je me sens bien dans ma peau à la fin de la soirée, j'ai réussi ma mission. Pour le reste, tant pis.
©junne.

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Dernière édition par Kang Yu Jin le Mar 6 Juin - 18:40, édité 1 fois
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Moon Jiao
Âge : 22
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Mar 6 Juin - 13:50
S’il ne travaillait pas dans une boite de nuit, Jiao n’y aurait mis sans doute jamais les pieds. La musique un peu trop forte, les gens ivres morts sur le comptoir, les combats de coq de type un peu trop bourré. Non, ce n’était pas son truc. Même les filles qu’il rencontrait. Elle draguait souvent les barmen, c’était le chemin le plus facile pour se faire payer des verres.  Elles venaient souvent à plusieurs, trop maquillées, pas assez habillées. Et les hommes étaient encore pire. Non, ce n’était pas le genre d’endroit qui correspondait au calme et réservé Jiao qui aimait surtout son lit, si confortable pour regarder des séries ou pleurer parce qu’il n’était pas en train de réviser ses cours. Il n’était pas très bon pour rester concentré, c’était un miracle qu’il réussisse à valider ses semestres. Il devait continuer comme ça.

Miuna ne venait plus depuis que Boon No avait fait son apparition au club. Comme s’il aurait pu la tuer une seconde fois. Ce type était inquiétant, effrayant, mais terriblement fascinant aussi. Jiao sentait le danger, sans pour autant pouvoir s’en éloigner. Il avait besoin de comprendre, d’analyser, de sortir tout ce qu’il ne comprenait pas encore. C’était bizarre, un peu malsain. Totalement malsain, il devait se faire à l’idée. Il promettait à Kun de ne pas prendre trop de risques, mais cela lui était totalement impossible. Il n’avait pas choisi la criminologie que pour résoudre le meurtre – il était sûr que c’en était un – de ses parents, mais aussi pour sa fascination personnelle, son besoin de comprendre les meurtriers.  

Une fille dépressive à son bar, c’était commun, un peu trop courant. Mais avec un type derrière elle qui lui parlait en essayant de la convaincre d’arrêter et de rentrer, ça l’était un peu moins. Encore moins quand il s’agissait d’un esprit totalement paniqué. Il ne savait pas trop s’il devait réagir encore à ce genre de choses, ce n’était pas si commun qu’un esprit accompagne un vivant comme cela. Elle semblait relativement jeune, sans doute plus jeune que lui, un peu déphasée. Totalement déphasée. Le Chinois ne pouvait pas vraiment dire, il n’avait pas ce talent pour décrypter les émotions humaines. Il arrivait mieux à comprendre les fantômes, étrangement. Cet homme avait l’air littéralement au bout de sa vie. Il devait vraiment arrêter les blagues sur les morts.

« Hey, je peux te servir quelque chose ? » Sa réponse illustra parfaitement ce qu’elle venait chercher ici : l’ivresse. Il posa son regard sur l’esprit à côté d’elle qui remarqua et compris qu’il était vu, se mettant immédiatement à le supplier de ne rien lui servir. Il ne répondait pas à l’homme, se contentant de le regarder alors qu’il semblait toujours plus tourmenté. Ce genre d’esprit était difficile à gérer, c’était comme s’il parvenait à lui refiler ses craintes et ses angoisses. C’était un sentiment tellement désagréable. Parmi son charabia incompréhensible, il parvint à dégager quelques informations. Il s’agissait de son père, elle sombrait un peu trop dans l’alcool. Il devait être mort il y a longtemps vu la jeunesse que son physique affichait.


Tout ça pour une première commande. « Tu es venue avec des amis ? Où sont-ils ? Tu ne vas pas réussir à tout porter toute seule. » Que pouvait-il faire ? Il avait interdiction de servir les clients seulement quand il ne tenait plus debout, elle ne semblait pas encore saoule. Pincant les lèvres, il tourna les talons pour aller chercher un verre et la bouteille de soju, pas la plus forte, néanmoins, ajoutant les deux verres de tequila. Son père lui hurlait de ne pas lui donner, il posa devant elle le shot de soju, gardant la tequila un peu éloignée. « Ça te fera 18,000 ₩. » Il attendit qu’elle lui tende l’argent, prenant les billets en glissant son regard dans le sien. « Yu Jin, tu trouves pas que ça fait beaucoup d’alcool d’un coup ? » C’était bizarre, comme s’il n’avait pas pu controler cette phrase qui lui avait échappé. Parfois, ce don le terrorisait, il craignait de devenir le pantin des esprits qu’il croisait, une manière pour eux d’interférer encore sur le monde des vivants.
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Kang Yu Jin
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Mar 6 Juin - 16:39
sinister shots
kang yu jin & moon jiao
Je ne le regardais pas, mais je pouvais le sentir. Son regard sur ma personne. À force de se faire fixer, on a l'habitude de le savoir quand quelqu'un nous observe. Et je le sens, c'est un peu lourd mais je le mérite bien. Mon esprit était vide, occupé seulement par cette peur de croiser une nouvelle fois cet homme. Une troisième fois. Tant je lui avais échappé la première par un coup de chance, j'ai recraché le verre qu'il avait contaminé et j'ai été jetée dehors de la boîte parce que les habitués n'avaient pas apprécié. La deuxième fois, j'étais vulnérable et il en a profité. Complètement saoule, complètement brisée par mes émotions et ma culpabilité. J'avais fait du mal à la personne sans doute la plus précieuse à mes yeux, et je ne me le pardonnerais jamais. Le dégoût me ronge, que ce soit envers mes actions passées qu'envers ma propre personne et ce qu'il a fait de moi. J'en venais à ne plus pouvoir me concentrer sur ce qui se passe autour de moi. La musique de la boîte, le visage du barman qui me sert, ma propre apparence. Sans doute avais-je l'air d'une fille qui a envie de boire jusqu'à ce qu'elle tombe dans un coma et ne s'en réveille jamais. Peut-être bien que c'est ce que je veux.

Oui, sans doute serais-je plus utile à la société gisant au sol, inerte et possédée par l'alcool. Je n'avais pas le courage de m'enlever la vie. Ou peut-être devrais-je dire que je n'ai plus le courage. Début mars, ça ne me semblait pas problématique de sauter du haut des résidences. Mais maintenant, c'est différent. Comme si je voulais m'accrocher à quelque chose. C'est puéril, c'est futil, mais c'est là. En attendant, je renouais avec mes bonnes amies les bouteilles. Au moins je ne ressens pas grand chose quand elles sont avec moi. Tu ne vas pas réussir à tout porter toute seule, que le barman a dit. Ça a eu le mérite de m'arracher un sourire, un petit rire qu'on aurait pu confondre pour de la mesquinerie. En fait, cet homme ne me connaît pas. Ma commande est légère comparativement à ce que je bois d'habitude. Souvent, je commence mes soirées d'un shooter de tequila ou deux, mais j'ai déjà bu au moins deux bouteilles de soju. Pas les plus fortes. Mais on s'en fout, au final, de la force. Le résultat à la fin sera le même. Ce sera juste plus long.

« Je suis seule. T'en fait pas pour moi, je prends mieux l'alcool que j'en ai l'air. »

En fait, je sais bien qu'il ne m'en fait pas beaucoup pour être bourrée. Mais le problème (ou l'avantage, selon la personne) c'est que pour moi, c'est aussi rapide de devenir ivre que de retomber dans mon état naturel. Alors il m'en faut beaucoup pour rester dans cet état d'engourdissement perpétuel. 18 000 wons, pour tout ça. J'ai sourcillé. Ça me semblait peu pour ma commande, mais j'ai compris en voyant la bouteille. Ce n'est pas son plus fort. Je connais la majorité des sortes, il ne peut pas me berner. S'il s'inquiète pour moi, il se rendra rapidement compte que je suis une peine perdue. Il fait des efforts complètement inutiles. Mais il ne le sait pas. Au moins il n'est pas fourbe, il ne m'a pas fait payer le prix de ce que j'ai commandé mais plutôt le prix de ce qu'il m'a donné. Même si ma tequila est un peu trop loin à mon goût. Tant pis. J'ai entouré mon verre de mes doigts, mais j'ai figé. Mon regard s'est posé dans celui du barman, teinté de cette peur qui me pourchasse depuis des jours.

« ... est-ce qu'on se connaît? »

Le visage de l'homme qui m'a servi m'est inconnu. Est-ce que ma mémoire me faisait défaut à ce point-là? Est-ce qu'il est dans un de mes cours, ou peut-être habite-t-il sur le même étage que moi aux résidences? J'ai commencé à sentir mes mains trembler. Je savais que je n'aurais pas dû venir à Busanjin. Il est trop tard pour reculer. Affronter mes peurs. Mais ma peur m'handicape. J'y suis retournée trop tôt, je n'étais pas prête. Je m'apprête à en payer le prix, sans doute. Même si j'espérais très fort que ce barman ne soit pas assez cruel pour profiter de sa position pour me rendre vulnérable et me salir davantage, comme si je n'en avais pas eu assez. Sans détourner mon regard, j'ai machinalement pris le verre de soju dans ma main et je l'ai avalé. Comme ça, d'une traite. Sans broncher.

Le verre s'est rapidement heurté contre le comptoir. Je l'avais déposé un peu trop agressivement. Pas assez pour le briser, mais assez pour témoigner de ma nervosité soudaine. J'ai détaché mon regard de l'homme et j'ai regardé autour de moi, cherchant à voir si un visage familier se trouvait dans la salle. Que ce soit quelqu'un que je connais qui pouvait me venir en aide si on tentait de me faire du mal à nouveau, ou que ce soit le sien. Là, je saurai que je devrais fuir. Mais je ne vois rien. J'ai passé mes doigts autour du verre à nouveau, pour pouvoir le serrer dans ma main. Noyer mes sensations psychologiques en donnant naissance à d'autres sensations physiques. Serrer un verre, c'est moins nocif que de serrer mon bras et sentir mes ongles entrer dans ma peau.
©junne.

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Moon Jiao
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Mer 14 Juin - 18:16
Sinister Shots
Yu Jin Il & Jiao


Une fille qui se soulait dans un bar, c’était devenu un peu classique. Jiao devait avouer qu’il avait toujours eu en tête l’image des filles dans les dramas ou à l’école, douces, sages et gentilles. Un peu comme ses quelques exs. Et pourtant, ce n’était pas le cas. Il les voyait défiler, plus déluré que jamais. Un peu comme Yu Jin. Sauf qu’elle avait la particularité de ne pas être seule. Un homme avec elle, qui semblait être son père. Qui se présentait en tant que tel. Il n’en était pas certain, il avait l’impression qu’ils avaient les mêmes yeux. La situation était étrange, inédite, même pour lui. Que lui voulait donc cet homme ? Que lui était-il arrivé et pourquoi continuait-il à suivre ainsi sa fille ? Sans doute à cause de tout l’alcool qu’elle commandait. Oui, ça devrait lui mettre la puce à l’oreille.

Tout comme le comportement désinvolte de la demoiselle qui commandait sans réfléchir ou prendre la peine de le rassurer. Elle prenait mieux l’alcool qu’elle en avait l’air. Souriant un peu en coin, son ton un peu sarcastique lui échappa. « Oui, comme tout le monde. » Tout le monde était persuadé de tenir mieux l’alcool que les autres, ou quelque chose comme cela. Jiao savait par expérience que les personnes qui tenaient réellement l’alcool était rares et de toute façon, cela n’avait pas d’intérêt. Si on en buvait. C’était justement pour se détendre et pas pour se tenir.

Malgré l’esprit, il comptait bien rester professionnel quoiqu’il arrive. Peut-être un peu moins en ne lui servant pas le soju le plus fort comme elle l’avait demandé. Il était tout de même sous cette sale influence. Comme lorsqu’il gardait éloigne deux des verres. Ou qu’il la sermonnait, sans même le contrôler. Ça faisait beaucoup oui. Son regard se posa sur l’esprit qui semblait reconnaissant de son intervention. Il n’avait pas eu envie de le faire ! Et voilà qu’elle s’interrogeait. S’ils se connaissaient. Ses lèvres se pincèrent en la fixant, que pouvait-il répondre sans avoir l’air d’un idiot ou d’un barman trop intrusif ? Si sa patronne l’entendait, elle le mettrait dehors, un coup de pied dans les fesses en prime.

« Non. On ne se connait pas. » Le terme exact serait même, pas du tout. Il n’avait aucune idée de son prénom avant de le sortir naturellement. Il se sentait un peu bête, pas capable de trouver comment rétorquer désormais. Il fallait qu’il brille un peu grâce à son intelligence… Qui semblait l’avoir totalement lâché pour le coup. « Je connais quelqu’un qui te connait très bien. Et il ne veut pas te voir boire autant. » Il aurait pu le faire lui-même, l’écrire sur les murs comme dans les films d’horreur. Malheureusement, ils ne pouvaient pas faire ça dans la réalité. C’était un peu triste, selon Jiao. « Pourquoi tu bois autant ? » La, c’était surtout sa propre curiosité qui parlait.



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Kang Yu Jin
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Mer 28 Juin - 0:18
sinister shots
kang yu jin & moon jiao
Je ne sais pas ce qui m'a prit de venir jusqu'ici. Affronter ses peurs et tout le reste, je suppose, mais dieu que c'était une mauvaise idée. Qu'est-ce qui m'est arrivé la dernière fois que j'étais dans ce quartier et que j'avais bu? En fait, je ne préfère plus trop y penser. C'est un peu pour ça que je suis ici. Pour tout noyer dans l'alcool, comme d'habitude. J'aurais pu faire ça chez moi, mais j'ai l'impression que le simple soju que je m'achète dans les dépanneurs ne fonctionne pas assez. Il me fallait de quoi de fort. J'espérais que le barman me laisse boire ce que je voulais, surtout qu'en fait c'est son travail. Je lui donne mon argent pour pouvoir noyer mes émotions. Il a l'air un peu réticent, il me donne du soju mais je sais que ce n'est pas le plus fort. Je connais les sortes. J'ai vu la bouteille. Et la tequila que je lui ai demandé est un peu trop loin à mon goût. C'est un peu déstabilisant, d'habitude je bois cette tequila d'une traite avant de boire mon soju un peu plus lentement. Je devrais me contenter de l'inverse, cette fois-ci. À contrecoeur. Qu'il me croit ou pas, je sais que je prends mieux l'alcool que j'en ai l'air. Même s'il dit que c'est comme tout le monde. Ça m'a fait sourciller un peu. Je n'étais pas certaine s'il se moquait de moi ou si c'est seulement sa manière de parler normale qui est comme ça. C'est agaçant. Je veux juste ma tequila.

Il connait mon nom. Ça a eu comme l'effet d'un électrochoc, mon corps entier fut paralysé. Qui est-il? Est-ce qu'on se connait? De l'école, peut-être? Ou ailleurs, je ne sais pas? Pourtant je ne replace pas son visage. Avec ma mémoire, il est fort probable que j'ai oublié qui il était... mais non, il me dit qu'on ne se connait pas. Et je me sens paniquer à l'intérieur. J'ai l'impression d'être prise comme cette nuit où l'homme m'a enfermé je ne sais où pendant je ne sais pas trop combien de temps avant de profiter de ma vulnérabilité. Mon coeur bat fort, je le sens jusque dans mes doigts. Quelqu'un qui me connait bien. Quelqu'un qui ne veut pas me voir boire autant. Ça m'a fait rire, malgré moi.

« Ah bon. Qui donc? »

Et cette personne n'est pas capable de m'en parler en face? J'ai voulu lui lancer ça par la tête, mais je me suis abstenue. Ce n'est pas le moment de faire une folle de moi, surtout dans un quartier comme celui-ci. Je n'ai pas envie de me retrouver dehors et vulnérable. Boire autant. C'est vrai, je bois beaucoup. Pourquoi je me fais ça? Parce que ça me fait du bien, et ça m'empêche de tout ressentir. La douleur, la tristesse, l'angoisse, l'envie de me jeter en bas des résidences comme il y a quelques mois, l'amour que j'éprouve pour des personnes qui ne ressentent rien.

« ... Parce que j'en ai envie. »

Je n'avais pas trop envie de répondre à cette question, je dois l'admettre. Mais à défaut de tout lâcher et d'exploser en larmes, j'ai préféré essayer de rester de marbre. Encore une fois, pas question de faire une folle de mois dans un bar. Je ne suis pas la fille qui vient me saouler pour terminer la soirée dans les bras de quelqu'un qui va la rassurer. Je suis juste une personne un peu brisée qui a besoin de l'alcool pour se sentir mieux. Et là, de plus en plus, je regrette d'être venue ici. Je scrute les alentours, essayant de voir si je reconnais des visages. Personne. J'observe chacune des personnes qui entrent dans le bar, pour essayer de voir si je vois quelqu'un de familier. Un ou une amie pour me réfugier à leur table; ou lui pour me réfugier autre part. En sécurité. Mais je ne connais personne. Je suis seule, ici. Et si ce barman me veut du mal, je ne pourrai pas me défendre. Au final, ma naïveté aura encore gagné, et je l'aurai mérité.
©junne.

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