AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

 

 i crossed mountains just to catch a glimpse of you ♥ feat. lee jung ran

avatar
Nobira Takuya
Âge : 23
Occupation : Garde du corps
Quartier : Gangseo
Situation : Célibataire
Don : Télélocalisation
Niveau : 4
Multicompte : Kang Yu Jin, Ryu Lucas, Lee Dae Won, Ban Min Hwan
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t760-nobira-takuya-blossom-tears
Ven 26 Mai - 4:09
i crossed mountains just to catch a glimpse of you
nobira takuya & lee jung ran
Son signal ne me vient pas à tous les jours. Lorsque je sens mes yeux ouvrir, toujours à la même heure à chaque jour, dès que je me souviens que je suis en train d'essayer de vivre une vie normale, je me concentre sur son signal. Une vie normale, loin de la campagne éloignée où j'ai grandi. Loin des plans de notre père et loin de la torture qu'il m'a infligé, tant physique que psychologique. Cette torture qui a empiré jour après jour lorsqu'elle est partie. Lorsque je ne sens pas son signal ou sa proximité, parfois je panique. J'espère ne pas avoir échoué et m'être enfui pour rien. Trahir une première fois les Nobira m'aura valu une brûlure au fer sur la poitrine et une torture décuplée. Trahir une deuxième fois la famille me vaudra la mort si je suis retrouvé. Au fond de moi, je sais que j'ai bien fait. J'ai besoin de la retrouver. J'ai besoin de m'assurer qu'elle va bien. J'ai besoin de la protéger et de tenir la promesse que je me suis faite, de rester fort et lui donner ma force. En la laissant seule pendant autant d'année, cette promesse ne vaut rien. De belles paroles en l'air.

Ma vie pendant de nombreuses années a été machinale, routinière. Ce rythme de vie malsain m'est devenu presque nécessaire, et malgré que j'aie maintenant toute la liberté du monde le matin j'ai dû m'instaurer ma propre routine pour ne pas perdre la tête. Cinq heures trente, je suis réveillé. Je me prépare à manger, souvent du riz et une omelette. Facile à faire, rapide, ça me bouche l'estomac suffisamment longtemps et ce n'est pas dispendieux non plus. À six heures trente j'ai terminé de manger, et ma première routine d'hygiène est faite. Je suis à l'extérieur et je fais du jogging, la plupart du temps pour une demi heure. Rarement je cours plus, mais tout dépend de mon planning de la journée. Aussitôt rentré, je continue mon entraînement en heurtant un punching bag pour éveiller mes autres muscles, mes sens, conserver mes techniques. Le temps que je passe à courir est toujours égal au temps que je passe à entraîner le reste de mon corps. Ensuite, la douche, et ma journée peut véritablement commencer.

J'avais toute la journée devant moi. Rien à mon planning, une journée de congé bien méritée mais qui m'est toujours aussi peu familière. Pourtant, l'absence de signal me tracasse. Ma routine du matin fut écourtée au profit d'une balade en ville, pour espérer de retrouver le contact. En général, je suis capable de ressentir sa présence dans la ville au moins quelques instants par jour. Parfois en continu, souvent de manière saccadée, floue. À ces moments, je sais qu'elle est toujours en vie. Presque vingt quatre heures se sont écoulées depuis la dernière fois que son signal a résonné dans mon âme. Ça me semble affreusement long. Mon visage ne dit rien, mais dans mon être je suis nerveux. Si elle meurt, alors j'ai failli à ma tâche. La main sur ma poitrine, son pendentif touchant la paume de ma main, je me suis concentré une nouvelle fois. Rien. J'ai soupiré, désemparé. C'est décidé, ma journée de congé lui sera consacrée. Je dois la trouver. Ou au moins trouver son signal, m'assurer qu'elle respire toujours.

Je me suis aventuré dans Busanjin. Le quartier ne m'est pas inconnu. L'agence de Fukumi s'y trouve, alors j'ai emprunté le même trajet. Je commencerai mes recherches à cet endroit. Deux raisons. Si je suis incapable de sentir son signal de chez moi, ni même en courant dans les rues de Gangseo aux alentours de mon appartement, elle n'y était pas. Et commencer dans un endroit familier me semble plus intuitif. Pourtant, j'ai beau marcher, j'ai beau me fondre dans la foule et me concentrer, rien. Je ne la sens pas. Les heures passent. Je m'arrête dans un supermarché pour me prendre quelque chose à manger. C'est lorsque je suis devant la caissière et que je paie ce que je veux me procurer que je le sens enfin. Je suis sorti en vitesse, cherchant sa source. Mon signal est toujours accompagné d'images, avec plus ou moins de détails. Lorsque je ne connais pas l'endroit où elle se trouve, les détails sont moindres. Tout est flou. Je vois une rue, achalandée. Elle ressemble à celle où je me trouve. J'ai l'impression d'être si près du but, pour une fois. Comme si nous respirions le même air, que nous foulions le même sol.

« Ch... Chiyo... »

Cinq ans se sont écoulées mais je me souviendrai toujours de son visage. Cinq ans, et malgré la maturité nouvelle dans nos traits faciaux, je la reconnaîtrais parmis mille. Je regarde dans sa direction, j'ai envie de courir vers elle mais mes jambes bloquent. Mon coeur bat si fort. Tu es là, tu es en vie...

***

Elle travaille dans une boîte de nuit. Le Fuzzy Navel, quartier Nam. Je ne l'ai pas suivie toute la journée, mais le contact visuel qui a été établi plus tôt a grandement amélioré ma capacité à la localiser, je crois. Je ne suis jamais allé dans ce genre d'endroit. Il faut une première chose à tout. Avec un peu de chance, je réussirai à être seul avec elle et rétablir le contact. J'ai quelques vêtements sombres mais sobres, aux manches assez longues pour couvrir mes honteuses cicatrices. Signes de trahison et de mes innombrables échecs. J'entre dans cette boîte de nuit. L'ambiance y est festive, le volume des voix et de la musique est beaucoup trop élevé à mon goût. Je m'asseois, tranquille. Je commande une boisson au hasard. Tout ce stratagème que j'utilise pour arriver à reprendre contact avec Chiyo ne me plait pas du tout. Il me rappelle lorsque je devait traquer les cibles que notre père nous confiait, soit en entraînement ou dans la vraie vie. Je ne souhaite pas traquer Chiyo, mais j'ai l'impression d'agir comme tel. Une couverture, un endroit où je peux observer la foule et analyser chaque visage sans avoir l'air suspect, une recherche d'information pour savoir où la retrouver ce soir. La différence, c'est que je ne suis pas armé.

Quelques femmes font leur entrée sur une scène dotée de plusieurs barreaux métalliques perpendiculaires au sol. Chacune de ses femmes, sans exception, sont peu vêtue. Y comprit Chiyo. Je fronce les sourcils l'espace d'un instant, et mon expression faciale se change rapidement en une d'inquiétude. Que fait-elle avec son corps? Est-elle forcée à se donner en spectacle? Va-t-elle bien? Est-elle en danger? Autant je suis rassuré de voir qu'elle est en vie, autant je ne sais pas ce qui se cache derrière son sourire ou s'il y a quelqu'un qui se sert d'elle comme une marionnette. Si oui, s'il le faut, cette personne mourra de mes mains nues. À partir d'aujourd'hui, plus personne ne pourra te faire du mal, Chiyo.
©junne.

_________________
i'm both jekyll and hyde
i want to be brave. ▬ so when you look at me i can hold you with all my heart. now i’m going to walk on the same path with you to meet a better me of a better tomorrow
(c) bat'phanie
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Lee Jung Ran
Âge : 23
Occupation : escort de luxe, strip-teaseuse (fuzzy navel) et hotesse (velvet)
Quartier : Busanjin
Situation : fuit toute relation sérieuse, mariée spirituellement à sa bff
Don : aquamancie
Niveau : 5
Multicompte : yoo myeong hee (irene; rv); gao hwa young (rosé; bp); moon sakura (sana; twice) & min in hye (krystal; fx)
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t780-lee-jung-ran-paradise-lost
Sam 27 Mai - 16:33
I crossed mountains just
to catch a glimpse of you
takuya & jungran

Mes nuits étaient hantées par mes nombreux cauchemars. Ils montraient tous le même final : la tyrannie de mon père s'abattant une énième fois sur mon frère. Si je le savais assez fort pour réussir à résister à notre père, j'ignorais si cela durerait toujours. Après cinq années il avait peut-être réussi à le briser, comme il l'avait fait avec nos trois autres frères. Je priais chaque jour pour que ce ne soit pas le cas. Peut-être avait-il lui aussi réussi à fuir, c'est ce que j'espérais le plus au fond de mon être. Ne pas savoir ce qu'il est advenu de lui est la pire des tortures. Parfois, je me surprend à regretter ma fuite et me dire que j'aurais dû rester à ses côtés. Ou que j'aurais dû l'emporter avec moi. Mais les Nobira n'auraient jamais cru à une espèce de double meurtre ou de double enterrement. Et comment ? Il était privé de missions après l'échec de la première. Mon destin ne pouvait plus être lié à Hanzō. Ma décision avait coupé à jamais le fil nous liant l'un à l'autre. Je me réveillais en sueur après quelques heures à peine d'un sommeil agité. Séquelles de notre père. Je me réveillais toujours plus tôt que je ne le devrais. Me traînant jusqu'à la salle de bain, je laissais une eau tiède et fraîche détendre mes muscles. Mon front prit appuie contre la pierre posée sur les murs. Je respirais fort et lentement. Ces pensées moroses devaient quitter mon esprit dès maintenant afin que ma journée se déroule sous les meilleures auspices. Comme si l'eau roulant sur ma peau pouvait les emporter avec elle afin qu'elle n'hantent plus la moindre de mes réflexions. Voilà cinq années que la peur, l'angoisse et la tristesse prenaient place au creux de mes entrailles. Il n'y avait que Kallie pour me permettre d'appuyer sur ce fameux bouton off. Ainsi que les danses et les quelques parties de jambes en l'air, lorsque je tombais sur de bons clients. Ma vie n'était qu'un amas de ruines duquel je tentais de m'élever, mais desquelles je retombais constamment encore plus bas.

Sortant de la douche, je jetais un peu d'eau sur Lara qui ne manqua pas de déguerpir à l'autre bout de la pièce. Chat échaudé craint l'eau froide. Un rire traversa mes lèvres. L'eau venait d'emporter toute ma tristesse. Je prenais le temps de me maquiller légèrement, de me coiffer et de mettre une tenue des plus classiques pour partir au centre-ville. Quelques courses à faire et surtout du shopping. Ce soir était un autre soir, je voulais me trouver une tenue fantastique puisque la mienne commençait doucement à être trop connues des clients. J'avais au moins la liberté de porter ce que bon me semblait, sous la limite que ce soit extrêmement sexy. Les magasins mettaient des étoiles dans mes yeux. Il paraît que l'achat compulsif est un moyen de combler ne serait-ce qu'un moment le vide qui nous ronge à l'intérieur. C'est sans doutes vrai. Quoiqu'il en soit, je ressortais des boutiques avec plusieurs sacs remplis. Quelques tenues pour le travail, certaines pour mon plaisir, du maquillage et des accessoires en tout genre. Je me promenais en ville comme un poisson dans l'eau sans même me soucier des personnes autour. En cinq années j'ai su m'adapter et me fondre dans la masse de Busan. N'était-ce pas la plus grande leçon de mon père ? Se fondre dans la masse jusqu'à s'en rendre invisible aux yeux d'autrui. Le soir j'étais la grande June, l'une des strip-teaseuses et escorts les plus demandées du Fuzzy Navel. Le jour je n'étais que cette sans papiers se faisant nommer Lee Jung Ran. Parfois je me dis que si ma vie avait été normale, j'aurais terminé dans le monde de l'entertainment. Peut-être en tant que danseuse, ou même idol. Les paillettes et les strass avaient quelque chose d'incroyablement attirant. Ou peut-être que j'aurais été de ces filles qui poursuivent de grandes études, sachant que j'ai toujours été douée avec les chiffres. Mais la vie est faite ainsi, on ne choisi pas son destin. Parfois on fait des choix. Mais bien souvent dans la vie, ce sont les choix qui nous font. C'est parce que j'ai choisis de fuir que je suis ainsi. Le tout reste de ne pas le regretter.

Après une longue journée en ville et un moment à ranger mon appartement, je caressais Lara avant de partir travailler. Le quartier de Nam était plus au sud de la ville et il ma fallait quelques minutes de taxi avant d'arriver sur place. Je passai par la porte arrière réservée aux filles ainsi qu'à plusieurs employés. Un sachet à la main, je déposai mes nouvelles tenues dans le vestiaire à mon nom avant de présenter celles de cette soirée à mes collègues. Certaines me demandaient la boutique tandis que d'autres bavaient devant les paillettes. Une tenue très dévêtue avec des sous-vêtements accordés. Cela ne couvrait que les parties importantes et quelques parcelles de peau. J'y ajoutai les grands talons et j'étais prête à monter sur scène. Nous étions une dizaine de filles et les premières danses servaient à presque toutes nous montrer. Puis vennaient les créneaux par groupe de trois ou quatre. Ce soir je faisais partie des créneaux numéro un, six, huit et dix. Soit quatre heures de show entrecoupé par les danses privées et autres supplément. Chaque créneau durant une heure, cela nous laissait un peu de répits. J'avançai sur scène, sûre de moi et le sourire aux lèvres. Certains habitués remarquèrent immédiatement ma nouvelle tenue et me firent comprendre leurs contentements par des regards ou des signes de mains. Je dansai sans me soucier du reste, les yeux cernées de couleurs et de paillettes, les cicatrices couvertes par le maquillage. Ce n'était qu'en arrivant à la fin des danses que je regardai la salle complète, le public qui applaudissait et mon corps une nouvelle fois dévêtu. Je me figeais sur place. Comment pouvait-il être ici ? C'était si peu probable, même impensable. Alors la peur faisait à nouveau surface en mon être. Elle remontais lentement au fur et à mesure que son visage m'apparaissait dans les lumières du lieu. Impossible de me tromper. Nobira Hanzō se tenait sur un siège plus loin, un verre près de lui et les yeux rivés sur ma personne. Si effectuer un tel métier ne me dérangeait pas, l'effectuer devant son frère était tout à fait différent.

Sans attendre plus, je récupérais les vêtements au sol avant de me réfugier dans les loges. Là, il me fallu quelques longs instants pour tenter de retrouver une respiration normale. Mes collègues remarquant le malaise ma demandèrent si tout allait bien, aussi je dû mentir et prétendre à un coup de chaud de la part d'un client. Pas très crédible, mais très réaliste. J'enfilais une nouvelle tenue avant de sortir de la pièce pour retourner au milieu des clients. J'avais quatre heures jusqu'à la prochaine danse. Ma tenue étaient tout aussi dénudée que la précédente, mais la peur et l'angoisse me faisaient presque tout oublier. Un sourire accroché aux lèvres, j'avançais parmi tous les clients jusqu'à mon frère. Les mots traversèrent mes lèvres sans que je ne puisse les retenir. « Jamais je n'aurais cru te voir ici. » J'aurais pu reconnaître son visage entre des milliers d'autres. Il était gravé dans mon esprit, trait par trait. Je posais les mains sur mes hanches, debout face à lui. On m'avait retrouvée. J'étais aux portes de la morts. S'il était là, cela signifiait que les Nobira étaient au courant de ma fuite. J'allais être tirées de force jusqu'à mon paternel et mourir de ses féroces mains. Je serais un nouvel exemple pour quiconque penserait à trahir notre sang. Je prenais une profonde respiration. « C'est notre père qui t'envoie ? Vous avez compris que je n'étais pas morte en mission. Forcément il t'envoie toi. Qui d'autre ? » Parler en japonnais permettait aux personnes autour de ne pas nous comprendre, mais cela me faisait aussi un bien fou qui masqua presque quelques instants la terreur qui m'envahissait. Je glissais mon regard sur Hanzō. Qui d'autre ? Il était celui dont j'étais le plus proche, trop peut-être au goût de mon père. Cela n'avait pas été ignoré. De même que nous étions les deux premiers de la famille Nobira, techniquement parlant. « S'il pense qu'en t'envoyant je ne me battrai pas il se trompe. Crois moi, je ne te suivrai pas au Japon. Je ne compte pas mourir. » Je me savais incapable de tuer mon frère, mais je pouvais au moins l'immobiliser et fuir, très loin de Busan. Oui, ça j'en étais bien capable.
Made by Neon Demon

_________________


“Some girls want to be a princess when they grow up. I wanted to be in a bad bitch girl gang. And I was more addicted to self destruction then to the drugs themselves... something very romantic about it”
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Nobira Takuya
Âge : 23
Occupation : Garde du corps
Quartier : Gangseo
Situation : Célibataire
Don : Télélocalisation
Niveau : 4
Multicompte : Kang Yu Jin, Ryu Lucas, Lee Dae Won, Ban Min Hwan
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t760-nobira-takuya-blossom-tears
Dim 4 Juin - 19:08
i crossed mountains just to catch a glimpse of you
nobira takuya & lee jung ran
Elle est là, devant moi. Totalement accessible, totalement inoffensive. Si j'étais venu ici pour la tuer et pour venger la famille Nobira, m'en occuper aurait été un jeu d'enfant. Il est impossible qu'elle dissimule une arme, que ce soit un pistolet ou un couteau, dans une tenue aussi légère. Oui, si j'étais venu ici pour la tuer, tout ce qu'il me manquait serait de l'attirer ailleurs, loin de la foule, et accomplir mon devoir. Mais je n'étais pas ici pour mettre fin à sa vie, et de toute façon, j'étais incapable de tuer ma soeur. Je l'aimais bien trop pour lui faire du mal, même me battre contre elle lors de nos entraînements me faisait un pincement au coeur. Et notre père ne sait pas où je suis. Si ça se trouve, il n'a absolument aucune idée que sa seule fille et son premier garçon sont toujours en vie et se trouvent au sud, dans un tout autre pays. J'ai porté mon verre d'alcool aux lèvres. J'avais l'affreuse impression d'être en train de la traquer comme si elle était ma cible, mais rien en était. Si elle croisait mon regard, elle pensera sans doute la même chose que moi. Bien honnêtement, j'avais presque envie qu'elle le croise le plus tôt possible. Loin de moi l'envie de voir ma soeur se dénuder devant moi, de la voir se déhancher telle la marionnette du quelconque pervers qui la force à se débarrasser de sa pudeur. J'ai vu son visage se crisper, son corps se figer, ses yeux paniquer. Tout c'est passé beaucoup plus rapidement que je le croyais, mais n'est-ce pas pour le mieux? Il ne me reste qu'à prier pour qu'elle ne se soit pas enfuie de l'endroit et qu'elle vienne me voir. De toute façon, si elle fuyait, j'allais être capable de la retracer. Pas question de la laisser toute seule une journée de plus. Cinq ans, c'est bien trop.

J'ai fermé les yeux, tentant de me concentrer. Était-elle toujours dans le même édifice que moi? C'était flou comme signal, mais oui. J'espérais que son signal ne s'éloigne pas ou qu'il ne disparaisse pas. J'avais besoin de la voir à nouveau. Même si Chiyo était dans une position désavantageuse, la voir sur cette scène m'a rassuré. Elle est en vie, et elle n'a pas l'air de souffrir. Du moins physiquement. Si je venais à apprendre que quelqu'un la manipule ou la faisait souffrir de toute autre façon... il mourra, et j'en fait la promesse. Tant tuer pour notre père me rendait nerveux et me faisait sentir comme un monstre, tant je pouvais faire n'importe quoi pour elle et son bien-être. Son signal se faisait un peu plus fort. Elle ne fuyait pas. J'ai levé les yeux pour constater que Chiyo s'approchait de moi, vêtue différemment mais toujours aussi peu. Pourquoi doit-elle subir cela? Je n'arrivais pas à savoir si son sourire en était un d'amusement ou un de nervosité.

Bien sûr qu'elle n'avait jamais pensé me voir à Busan, ou même dans un tel endroit. Pour elle, je suis tout au nord du Japon à m'entraîner et à me faire torturer par notre père. Ou pas. Elle ne sait sans doute pas qu'il me torturait. À la limite, elle a été témoin de sa rage pendant les quelques mois suivant ma première trahison, avant qu'elle prenne la fuite. Mais sa hargne et sa colère se sont décuplées à son départ. J'aurais pu lui en vouloir d'être partie sans moi, mais j'en étais incapable. Le ressentiment est équivalent à de la souffrance psychologique envers l'autre, et je n'étais pas capable de lui faire du mal peu importe sous quelle forme. J'ai préféré prier à tous les soirs qu'elle aille bien ou qu'elle soit toujours en vie. J'ai préféré endurer en silence le traitement sauvage que notre père m'infligeait, comme s'il s'amusait à mettre sa disparition sur mon dos. Comme si c'était de ma faute.

Mais cette sotte croyait que c'est lui qui m'envoyait. Celui qu'elle a fuit, celui que j'ai moi-même fuit pour elle. Bien sûr, Chiyo. C'est normal que tu penses ainsi, mais il n'en est rien. Je me suis contenté de la regarder droit dans les yeux, le sourire aux lèvres. Il était rare que je daigne sourire, je n'en ressentais pas la nécessité. Chiyo est la seule à me connaître sous toutes mes coutures, et de toute façon ce qu'elle me disait m'amusait beaucoup. Elle devait avoir peur. Cette pensée me brisait le coeur, comme je n'avais pas envie de l'effrayer. Mais après tout, c'est normal. Après autant d'années à vivre seule suite à une fugue, tu ne t'attends pas à revoir ton frère devant toi. Et lorsqu'il vient d'une famille de tueur à gage, la peur est justifiée. Chiyo aussi a été élevée comme moi, alors il est aussi normal qu'elle ressente le désir de se défendre. Elle n'en aura pas besoin. J'ai levé les bras sur les côtés, parallèles au sol, les mains vers le haut sans cesser de sourire.

« Fouille-moi si tu veux. Je ne suis pas armé. »

Allait-elle comprendre avec ces quelques mots que je n'étais pas ici pour avoir sa tête? Je n'ai pas parlé beaucoup dans ma vie, surtout depuis mon propre départ de la résidence des Nobira. Avec Chiyo, et surtout en japonais, je pouvais me laisser aller. Alors s'il le fallait, je réciterai mille et un mots pour elle. Si seulement elle pouvait baisser sa garde...

« Il m'a fallu plus de trois ans... »

J'ai baissé la tête en même temps que mes bras. Tous mes efforts pour accomplir la raison même que j'avais donnée à mon existence se sont avérés fructueux après autant d'années. J'étais un peu émotif, mais je ne laissais pas trop paraître. Et je n'avais pas envie de rester dans cet endroit encore longtemps. Trop de gens, trop de musique. Trop... peu comme moi. Je n'y étais pas à l'aise.

« Est-ce qu'on peut parler? Ailleurs,de préférence. » Allait-elle croire que je voulais l'attirer dans un endroit isolé pour mieux faire mon travail? Ça serait logique. Nous avons le même enseignement et des réflexes semblables. « La musique est trop forte ici, je ne me sens pas très bien. Et j'ai beaucoup à te dire, Chiyo. »

Son pendentif ornait toujours ma poitrine, par dessus mon chandail. L'avait-elle vu? J'ai déposé ma main sur celui-ci. C'est ce simple bijou qui m'a donné la force mentale nécessaire pour la retrouver. En ayant une partie d'elle avec moi, je me remémorais mon but à chaque instant de ma vie.
©junne.

_________________
i'm both jekyll and hyde
i want to be brave. ▬ so when you look at me i can hold you with all my heart. now i’m going to walk on the same path with you to meet a better me of a better tomorrow
(c) bat'phanie
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Lee Jung Ran
Âge : 23
Occupation : escort de luxe, strip-teaseuse (fuzzy navel) et hotesse (velvet)
Quartier : Busanjin
Situation : fuit toute relation sérieuse, mariée spirituellement à sa bff
Don : aquamancie
Niveau : 5
Multicompte : yoo myeong hee (irene; rv); gao hwa young (rosé; bp); moon sakura (sana; twice) & min in hye (krystal; fx)
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t780-lee-jung-ran-paradise-lost
Mar 6 Juin - 8:16
I crossed mountains just
to catch a glimpse of you
takuya & jungran

Il m'avait tant manqué que j'en avais encore la poitrine serrée. J'avais envie de me jeter dans ses bras, de sentir l'odeur familière de sa peau et de lui dire que jamais plus rien ne nous séparera. Mais rien n'était aussi simple. Si je savais qu'il était le plus résistant de nous cinq face à notre tyran de père, j'ignorais s'il la subissait toujours ou s'il y avait cédé. Je priais pour qu'il ait pu fuir comme je l'ai fait cinq années plus tôt, mais ce serait bien trop idéal pour être réel. Je me montrais alors des plus méfiantes. Pire encore, je me persuadais qu'il était envoyé par notre mère et qu'il avait comme mission de me ramener au Japon pour ma propre mise à mort. Il faut toujours s'imaginer le pire pour n'avoir ensuite que le meilleur. C'était ainsi lors des missions. Toujours s'imaginer le pire pour y faire face et n'obtenir que le meilleur. Je vrillais mon regard sur mon frère, prête à fuir à la moindre parole confirmant mes dires. Il me rattraperait, j'en étais certaine. Mais j'aurais au moins tenté en offrant le meilleur de moi-même. Mais ce ne fut rien de tout ça. Au contraire. Il eut un sourire et écarta les bras, me demandant même de le fouiller si je n'étais pas convaincue de la non-présence d'armes. S'il n'était pas armé, j'avais l'avantage de l'être. Un simple couteaux papillon caché dans ma bottine, dans une petite couture cousue à son attention. S'il ne le remarque pas immédiatement, il le remarquera sans doute. Mais je préférais taire cet avantage pour le moment. Mon esprit commençait à démêler le tout. S'il n'était pas armé c'est qu'il n'était pas venu pour m'attaquer ou m'enlever. Cela ne faisait pas s'envoler ma méfiance pour autant. S'il ne le faisait pas maintenant, cela ne voulait pas dire qu'il ne pouvait pas le faire un autre jour. Cela ne voulait absolument rien dire.

Il laissa quelques mots franchir ses lèvres avant de baisser la tête. Trois ans... Il lui a fallu trois ans... J'avais compris. Les pièces venaient de se rassembler dans mon esprit. La méfiance ne pouvait pas disparaître en un claquement de doigt et une petite voix continuait à me chuchoter qu'il faisait tout ça pour notre père. Mais j'avais compris. Il avait eu besoin de trois ans avant de pouvoir être ici, face à moi. Qu'avait-il fait pendant ces trois années ? Avait-il été avec notre père ? Les avaient-il passé seul ? J'espérais au fond de moi qu'il ait pu fuir tôt afin de ne plus devoir faire face à ce monstre. Ma garde baissait doucement. Je me disais que peut-être, peut-être qu'il avait réussi à partir à son tour pour mener une meilleure vie. Mais cette garde remonta immédiatement lorsqu'il me proposa de se parler ailleurs. « Pourquoi ? Trop de monde pour te voir, c'est ça ? » J'étais vive et acérée. Mais sa réponse se portait sur la musique trop forte et son malaise en ce lieu. Je baissais le regard sur ses mains, notamment sur un collier qu'il vient attraper. Mon collier. Je voyais ses doigts passer dessus, me rappelant combien j'aimais le porter lorsque je vivais encore au Japon. Comme mes nombreuses autres affaires, il était resté dans la demeure famille. Dans la chambre de la jeune Nobira Chiyo. Mon frère avait donc pénétré ma chambre pour ce collier, pour l'emporter avec lui. Il ne pouvait pas avoir succombé à notre père. C'était impossible avec un tel objet sur lui. Et pourtant... Faisait-il ça pour me duper ? Savait-il que je baisserais ma garde en voyant ce bijoux orner son cou ? Hanzō était intelligent, j'imaginais aisément qu'il puisse me tromper avec ce simple bijoux. Je levais la tête, évitant son regard. Je vivais les montagnes russes. Une seconde j'étais méfiante et l'autre je voulais lui accorder toute ma confiance. « Suis moi. » S'il voulait être seul j'avais l'endroit idéal pour ça. Un endroit où personne ne viendrait nous déranger. Un endroit où personne ne nous entendrait.

J'empruntai les longues marches qui menaient à plusieurs pièces. Un tableau avec de nombreux trousseaux de clés se trouvait au début du couloir qui desservait toutes les pièces. J'attrapais la vingtième, la toute dernière. Sans un seul mot, je marchais d'un pas assuré jusqu'à la pièce numéro une. Il suffisait d'un tour pour qu'elle s'ouvre, de deux pour être certain qu'elle soit bien fermée. Je prenais même la précaution de laisser la clé sur la porte au cas où quelqu'un aurait l'idée de venir ouvrir. J'étais seule avec Nobira Hanzō. Vu d'extérieur, on pourrait croire que je me jetais en plein dans la gueule du loup. Mais il n'en était rien. Je savais où sonner en cas de soucis et j'étais armée. Ce qui n'était pas son cas. Dans la pièce se trouvait simplement un grand canapé, une table et un mini-frigo constamment rempli. Mais je doute qu'il soit venu ici pour boire quoique ce soit, il était venu principalement pour moi. Le tout restait à savoir s'il venait en frère aimant ou en frère ennemi. « Ce collier... Pourquoi tu le portes ? » Pointant le doigt vers le bijoux, je m'avançais jusqu'à lui avant de l'effleurer. Je m'asseyais sur le grand canapé, le dos contre le dossier. J'avais bien assez de temps devant moi pour l'écouter parler et même me battre s'il le fallait. Je prenais une grande inspiration. « Tu as fouillé dans mes affaires ou est-ce notre père qui te l'a donné ? Un subterfuge pour tenter de gagner ma confiance... J'aimerais te faire confiance Hanzō, mais es-tu toujours le même ? » Ma voix se brisa. Je tentais de me ressaisir aussitôt cette phrase prononcée. Il m'était interdit de lui montrer le moindre signe de faiblesse. D'une main, je vins pincer l'arrête de mon nez. Dans quoi étais-je une nouvelle fois fourrée ?

Après quelques secondes je levais mon visage, les yeux emplis de questions. J'avais lu quelque part que le regard était le miroir de l'âme. Je tentais en vain de sonder le regard de mon frère. Mais peut-être était-il assez bon comédien pour feindre jusqu'à son regard. Je m'en savais capable, alors pourquoi ne le serait-il pas ? J'expirais un grand coup. « Es-tu envoyé par notre père ? » La question était des plus simples et je priais intérieurement pour que la réponse soit négative. J'avais beau m'être faite à l'idée qu'il viendrait me chercher, j'avais beau être terrorisée à l'idée de devoir rentrer au Japon pour être exécutée ; rien ne me tuerait plus à l'intérieur que de le savoir à la botte de ce tyran. Je prenais mon visage entre mes mains, perdant lentement toute l'assurance que je m'étais donné jusqu'à présent. J'étais à nouveau la petite Chiyo qui tentait d'être rassurée dans les bras de son grand-frère. Je levais les yeux sur lui, le regard empli de tristesse et d'espoir. « Je t'en prie Hanzō... Ne me dis pas qu'il t'a brisé toi aussi. Dis-moi que tu as pu fuir, que tu es en sécurité. Dis-moi que tout va bien maintenant. » Mon apparente détermination à vivre venait de s'envoler à l'instant même où nous nous étions retrouvés seul à seule. Mon regard roulait sur sa personne avant de se figer sur un mur. Je regrettais tant de l'avoir laissé seul durant toutes ces années. Mon cœur se comprima dans ma poitrine et les mots qui franchirent mes lippes ne furent qu'un doux chuchotis. « Ou bien tue moi maintenant et ici. La vie ne vaudrait pas la peine en te sachant entre les griffes d'un tel tyran. Je préférerais encore mourir de ta main que de la sienne. » Ma voix était déterminée mais non sans peur. Je ne souhaitais pas mourir. Qui le souhaitait ? Mais je me retrouvais en quelque sorte dos au mur, entre les mains de mon grand-frère. Tout dépendais de sa capacité à résister à notre famille. Qu'était-il advenu de lui durant ces cinq longues années ?
Made by Neon Demon

_________________


“Some girls want to be a princess when they grow up. I wanted to be in a bad bitch girl gang. And I was more addicted to self destruction then to the drugs themselves... something very romantic about it”
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Nobira Takuya
Âge : 23
Occupation : Garde du corps
Quartier : Gangseo
Situation : Célibataire
Don : Télélocalisation
Niveau : 4
Multicompte : Kang Yu Jin, Ryu Lucas, Lee Dae Won, Ban Min Hwan
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t760-nobira-takuya-blossom-tears
Dim 11 Juin - 5:33
i crossed mountains just to catch a glimpse of you
nobira takuya & lee jung ran
Je m'en doutais. Aborder Chiyo n'est pas tâche facile. Elle comme moi, nous avons subit tyrannies par dessus tyrannies et avec le temps, nous avons appris à calculer chacunes de nos paroles, à imaginer quelles réactions l'autre pourrait avoir. Je ne sais pas depuis combien de temps exactement Chiyo se trouve à Busan, Je sais qu'elle est en Corée depuis quelques années, mais je n'ai aucune idée si elle a décidé de faire de Busan la ville qui serait celle de sa nouvelle vie, ou si elle change d'endroit fréquemment. Peut-être est-elle poursuivie. Peut-être elle travaille dans ce genre d'endroit parce qu'on la force, et qu'elle doit souvent se déplacer parce que ses patrons sont... je ne sais pas, liés au crime organisé, par exemple. Avait-elle fuit, ou avait-elle été kidnappée dans le but d'être une esclave, un objet? Y penser me faisait froid dans le dos. J'ai tant à lui dire, j'ai tant envie de la serrer dans mes bras, mais l'environnement actuel me rend inconfortable. Trop de musique, trop de personnes intoxiquées. Je voulais proposer à Chiyo d'aller ailleurs pour mon propre confort, mais je ne savais pas comment lui dire sans qu'elle croit que j'essaie de l'emmener dans une impasse. J'espérais au moins qu'elle accepte mon offre, sachant que je n'étais pas armé. Je pouvais lui faire du mal à mains nues, bien évidemment, mais je ne sais pas si Chiyo a une arme sur elle. Dans tous les cas, elle a l'avantage. Non seulement du terrain, mais également de l'effectif. Si j'avais voulu la tuer, je n'étais pas du tout dans le bon établissement.

« Non, trop de monde en général. »

Trop de monde pour me voir. Voilà, elle croyait que j'étais en mission. D'un côté, elle a raison. Mais je ne suis pas sur le genre de mission qu'elle croit. Je ne suis pas envoyé par notre père. La retrouver, c'est ma propre mission personnelle. Mon but de vie.Malgré moi, j'ai soupiré. J'ai fuit notre père et j'ai passé toutes ces années à tenter de la retrouver, juste pour me buter à un mur. Chiyo est sur la défensive. Elle a ses raisons, j'en conviens. Au final, cette mission personnelle était un coup de tête du début à la fin. Contrairement aux missions de notre père, je n'étais pas préparé. Je me suis enfuis, sans préparation. La seule raison pourquoi j'ai réussi à me rendre en sol coréen, c'est parce qu'un homme m'a retrouvé alors que je gisais au sol, inconscient. Et cet homme était par un heureux hasard le meilleur ami de mon père. Sans doute a-t-il cru bon de me "sauver" parce que je lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Je traîne encore cette photo de mes parents et de moi alors que je n'étais qu'un bambin. On pourrait presque croire que c'est moi, ma femme et mon garçon. Mais cette photo a près de vingt ans. Toute ma vie, ma force physique et mentale me venait de plusieurs émotions. La peur, la tristesse, et l'affection que je ressentais pour ma soeur, que je souhaite protéger pour toujours. Maintenant, ma force me vient de bêtes souvenirs, d'objets. Le collier de Chiyo, la photo familiale.

Longtemps, je me suis demandé si j'avais bien fait de fouiller dans ses affaires pour prendre ce collier. Parfois mon discours allait dans deux sens complètement opposés. Peut-être aurais-je simplement dû ne rien prendre et partir pour ne laisser absolument aucune place. Dans l'autre, peut-être aurais-je dû fouiller plus longtemps pour trouver une piste. J'aurais sans doute trouvé Chiyo bien avant. Au final, je suis content d'avoir au moins ce collier. Et il semble que Chiyo l'a remarqué, alors que son pendentif était déposé sur ma poitrine. Son regard s'est changé, et je l'ai suivie sans dire un mot. Je ne faisais qu'analyser l'endroit, tentant de chercher une issue ou quelque chose pour m'aider si Chiyo venait à essayer de m'attaquer. Je ne voulais pas lui faire de mal, mais si j'avais à me défendre je le ferai. Des escaliers, plusieurs pièces fermées, un tableau rempli de clés. Hormis ces morceaux de métal, rien ne pourrait m'aider si quelque chose m'arrivait. Même dans la pièce où nous sommes entrés, il n'y avait presque rien. Qu'un canapé, un petit réfrigérateur et une table. Je suis resté debout, immobile, les mains derrière mon dos.

J'ai entrouvert les lèvres pour répondre à sa question. Mais Chiyo s'est approchée de moi, m'effleurant presque, et je fus pris par surprise. Cette proximité me rappelait toutes les fois où nous dormions dans le même lit, recherchant du réconfort après une dure journée de souffrance physique et psychologique imposée par notre père. Elle me rappelait aussi cette nuit où elle a essayé de me rassurer lorsque je n'ai pas réussi à mettre ma mission à terme, alors que je croyais que notre père allait nous tuer. Sans oublier la nuit suivante, où elle a prit mon fardeau sur ses épaules et a soigné ma blessure au fer brûlant. J'avais envie de la serrer dans mes bras, mais là n'est pas le moment. Elle croit encore que je veux la tuer. J'ai donc baissé les yeux vers elle alors qu'elle prit place sur le canapé. Encore une fois, j'allais lui répondre, mais la fin de sa phrase m'a interrompu. Hanzō. Et cette voix cassée, similaire à lorsqu'un sanglot s'étouffe dans le creux de notre gorge.

« Non. »

Non, je ne suis pas envoyé par lui. Elle m'a posé une question claire, et je lui ai répondu d'une réponse claire, sans hésitation. Je priais intérieurement pour qu'elle arrête de croire que je suis son ennemi et qu'elle soit rassurée de ma présence, qu'elle comprenne que plus jamais je n'allais la laisser seule et laisser quelqu'un lui faire du mal. Son langage corporel changeait, mais je ne sais pas si c'est parce qu'elle s'habitue à ma présence ou si elle est nerveuse. Elle me rappelle notre enfance, lorsqu'elle venait se blottir dans mes bras.

« Ne m'appelle pas comme ça. » J'ai baissé les yeux, honteux du ton défensif que j'ai utilisé par instinct. Ce nom me fait trop de mal. « Takuya... mon nom, c'est Takuya. C'est le nom que mes parents m'ont donné à la naissance. »

Allait-elle comprendre, maintenant? Est-ce que le fait que je refuse d'entendre Hanzō était une preuve suffisante que je n'étais pas affilié à notre père pour la retrouver? Sans doute que ce n'est pas suffisant. Mais au moins, si elle pouvait arrêter d'utiliser cet ignoble nom, je me sentirais mieux. De toute façon, je ne suis pas Hattori Hanzō, loin de là. Être nommé comme lui, c'est une honte à son égard.

« Je... »

J'ai soupiré une nouvelle fois, baissant les yeux vers le sol. Plusieurs phrases se bousculent dans mon cerveau et je ne sais pas laquelle dire en premier. Je n'ai pas envie de te tuer. Je veux te montrer quelque chose. Je me suis ennuyé de toi. J'ai fouillé dans tes affaires pour prendre le collier. Je me suis enfuis, ne t'inquiète pas. Je suis là, tout va bien. Je veux te prendre dans mes bras...

« Je... veux te montrer quelque chose. »

C'est celle-là qui est sortie en premier. Coûte que coûte, je veux lui prouver de quelconque manière que ce soit que je suis en sécurité ici, et que notre père ne me manipule pas. Il ne me manipule plus. Alors je retire mon chandail, celui qui couvre l'entièreté de mon torse. Je retire aussi celui que j'ai en dessous, qui n'est qu'une camisole parce que le tissu de ce vêtement est plus doux et plus confortable sur ma peau que celui des autres t-shirts, vestes, chemises ou autres types de chandails que je pouvais porter. La cicatrice au fer brûlé est toujours aussi visible, honteuse. On voit multiple autres cicatrices plus pâles. Des coupures, des marques de fouet. Mais elles sont plus visible sur mon dos. Je me suis tourné pour qu'elle constate. Puis, la voix brisée, j'ai repris parole.

« Il s'est vengé sur moi. »

Je n'avais plus envie d'exposer ces marques encore longtemps. J'ai remis la camisole. Au moins, seulement les marques sur  mes épaules et le haut de mes bras sont visibles désormais. Celles-ci sont plus pâles, elles me font moins mal à regarder. J'ai mordu ma lèvre inférieure, tentant de retenir un sanglot qui tentait de s'échapper. Je ne pleure pas souvent, même que depuis que notre père a déchaîné sa colère sur moi, la plupart de mes émotions se sont cachées. Je crois que quelques mois de plus, et j'aurais été complètement brisé. Comme les trois autres. Je mords fort, mais je n'en peux plus. Je prends une grande respiration, dans laquelle on discerne un tremblement. Je m'avance vers elle, et je la serre dans mes bras. Une larme coule sur ma joue. Tant pis si elle me repousse, tant pis si elle croit que c'est un nouveau subterfuge. J'ai passé cinq années sans elle, sans sa force. C'est bien trop. J'ai besoin d'elle.
©junne.

_________________
i'm both jekyll and hyde
i want to be brave. ▬ so when you look at me i can hold you with all my heart. now i’m going to walk on the same path with you to meet a better me of a better tomorrow
(c) bat'phanie
Revenir en haut Aller en bas
 
i crossed mountains just to catch a glimpse of you ♥ feat. lee jung ran
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Topic Catch
» Catch WWE
» Extreme Catch
» Topic Catch
» Paris en ligne sur le catch

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Wonder in Busan :: BUSAN :: NAM :: Fuzzy Navel-
Sauter vers: