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 Rockin' Daddy - (ft. Kim Min Soo)

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Rim Ku Hwan
Âge : 30
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 5
Multicompte : Ong Ki O & Nō Qiang
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Mar 18 Sep - 20:59

Rockin’ Daddy
Feat. Kim Min Soo
Oh bonté divine ! Regardez-moi l’état de ce foie. Eh bah, si vous n’aviez pas croisé la route d’une balle d’un calibre 32, vous auriez sûrement péri des suites d’une cirrhose Monsieur Liung. Ah quoi que … vu l’état de ces poumons complètement encrassés, peut-être que le cancer aurait remporté la course ? Jamais on ne le saura. Tiens, il y a des traces de tissu cicatriciel sur la rate. On aurait déjà essayé de le tuer une première fois ? En tout cas, ça en a tout l’air. Il faut que je vois si mon intuition est juste. Super, une bonne petite splénectomie pour finir la journée : il n’y a pas mieux. Écarteurs. Brocarts. Scie … . Hé, qui a piqué ma scie ?! Yafan je vais te tuer ça s’est sûr ! Non mais sérieux, qu’est-ce qu’elle ne comprend pas dans « propriété personnelle du Docteur Rim Ku Hwan ». Moi qui pensais que l’étiqueter en Tahoma taille 72 sur le manche de tout mes instruments suffirait … . Superbe, me voilà coincé dans un abdomen jusqu’au coude et ce n’est pas une image. Bon, quelle heure est-il avec toutes ces conneries ? Un rapide coup d’œil sur l’horloge accrochée au-dessus de la porte d’entrée de la salle d’autopsie, m’apprend qu’il est presque six heures. Bah ça va, je suis lar… quoi, six heures ?! Oh bordel, il faut que j’aille chercher mon fils à l’école ! Bon Monsieur Liung, je suis désolé de vous laisser en plan comme ça, mais là le devoir m’appelle. Promis, demain je suis à vous et rien qu’à vous. Enfin, façon de parler.

Faites-moi confiance, bientôt votre rate de poivrot doublée de fumeur compulsif, n’aura plus aucun secret pour moi et l’enquête du Lieutenant Chae. Le drap blanc rabattu sur le quadragénaire bien en chair, ce dernier retrouve le confinement douillet de son casier réfrigéré. Débarrassé de mes gants chirurgicaux recouverts d’hémoglobine et de ma blouse anciennement blanche, je file au pas de course en direction des vestiaires pour me changer et faire ce que j’ai à faire. Aller chercher mon fils à l’école. Bon ok, en définitive ce n’est pas mon fils, mais celui d’une lectrice assidue de ma saga « De chair et d’os », pour lequel je me suis pris d’affection. Et … il ne va pas à proprement parler à l’école, vu qu’il est à l’université. Vous devez sûrement le connaître. C’est une gravure de mode en devenir du nom de Kim Min Soo. On le voit souvent en couverture de ces magasines girly, que s’arrachent les adolescentes. Quoi ? Non, bien sûr que non ! Ce ne sera pas simplement une belle gueule dans un blaser, ou un fantasme à minettes. Mon béb… Min Soo est promis à un grand avenir. Je le sais parce que c’est ma voyante qui me l’a dit. Enfin, ma voyante … . Plutôt celle que ma mère paye tout les mois, pour savoir quand je vais me marier et lui donner des petits-enfants. Oui c’est ça, riez donc, vous verrez d’ici un an ou deux, le visage de Min Soo s’étalera partout. Les grands créateurs se bâteront et seront prêt à tuer pour l’avoir.

J’exagère ? Dans ce cas à défaut de tuer, à payer des fortunes. Chanel, Dior, Givenchy, Armani. Aaaah, rien que d’y penser j’en ai la larme à l’œil. Ce sont les débuts. Un pic de passage. Le chemin qui mène vers la gloire. Ces publications pour teenagers écervelées, sont certes dégradantes et indignes de mon fi… de Min Soo, mais elles sont néanmoins nécessaires. Elles sont la base. On commence par un cœur de cible bien précis, puis on élargit. D’abord les adolescentes, puis les homosexuels et enfin le grand public, que l’on appelle aussi pompeusement la ménagère de moins cinquante ans. C’est la progression classique, et il n’y a qu’ainsi qu’il percera. J’en suis convaincu, bien que personne ne soit de mon avis. Et quand je dis « personne », je veux surtout dire son débile et escroc d’agent, qui ponctionne dix pourcents sur tout ses cachets. Aujourd’hui, comme tout les mardis depuis que nous nous connaissons, c’est à dire trois ou quatre mois, je dois le rejoindre dans un bar spécialisé non loin du campus de l’université dans laquelle il étudie l’art. Qu’est-ce que l’on se dit ? Oh, on parle de tout et de rien. Il me demande mon avis, vient quérir quelques conseils, profiter de ma vaste expérience de la vie. Oui, ça ressemble furieusement à un moment père/fils. Oich … je vais trop loin. Je sais très bien que je vais trop loin mais … j’ai promis à sa mère de veiller sur lui, et de le protéger des salauds qui se régaleraient de sa naïveté et de son petit côté candide. Bon ! Il faut que je m’active.

Douche ou pas douche ? Quelques reniflements dignes d’un chien truffier sous les aisselles, m’indiquent que c’est ok. Tel un pompier se changeant en trente secondes montre en main, je revêts une tenue un peu plus décontractée. Un slim délavé avec des zips sur les genoux, et un polo rouge d’une célébré marque ayant un crocodile pour logo. Les chaussures ? Toujours flashys et voyantes. Sneakers à clous bleue électrique. Sac à dos, skateboard et on y va. A l’extérieur du commissariat, je fends la foule et la bise en ridant en direction de la Maison du Thé Gwangbok, dans le quartier de Buk. Non, ce n’est pas trop loin. Mais puisque je vous dis que ça le fait ! D’accord, j’ai peut-être trente ans, mais je ne suis pas complètement grabataire pour autant. Je fais mon yoga tout les jours, soulève à raison de cinq fois par semaines les midis de la fonte, et fais à l’occasion de la Capoeira et du Muay Thai. Alors, ce n’est certainement pas un malheureux ride de dix minutes, qui va me mettre sur les rotules. D’ailleurs, je suis presque arrivé. Bien sûr sans accroc, pour qui me prenez vous ?! Bon, exceptée peut-être cette famille nombreuse que j’ai failli culbuter en chemin. Roh, le strike que j’aurais fait n’empêche ! Haha… ahem, passons. Ah, le voilà ! Là, assis en terrasse, sur ce fauteuil de jardin en rotin. C’est lui ! C’est mon béb… Min Soo. Même s’il est de dos, je reconnaîtrais sa petite crinière brune et soyeuse de lionceau à des kilomètres à la ronde. Un sourire niais et attendri passe sur mon visage.

Malheureusement, il se fige comme un vieux fond de sauce, au moment où mes yeux s’attardent sur ses mains. Qu’est-ce qu’il essaye de déballer … ? Oh mon Dieu, de la Junk Food ! Code Noir ! Sourcils froncés et dents serrées, j’accélère le rythme de ma glisse, tel un taureau se ruant vers un matador agitant sa muleta. Dégage, toi le geek du lycée qui essaye de pécho la pimbêche à la tête de la fashion police des bacs à sables ! Hein ? Oui bah garde la tête en l’air, ça arrêtera de saigner. Après tout, je suis bien placé pour savoir. Je suis médecin, non ? In-extremis et dans un dérapage n’ayant rien à envier aux voitures tunées de Need for Speed, j’attrape le poignet de Min Soo, avant que l’objet du futur délit n’entre en contact avec ses papilles gustatives. Sur un ton fleurant bon les balbutiements d’adrénaline, je le salue … à ma façon : « Whophophop ! Je t’y prends, espèce de petit boulotteur ! Lâche immédiatement cette barre chocolatée fourrée aux éclats de noisettes à 349 calories, gorgée de glucose, de graisses saturées, d’arômes de synthèse, de E249, E782 et d’huile de palme ! Ah oui, et bonjour aussi. ». Voilà, vous venez d’assister en live à une de mes leçons d’éducations. Le faire flipper en parlant comme un bouquin ou un scientifique timbré : c’est ma petite botte secrète. Et cela fonctionne plutôt bien, vu que je parviens à le désarmer. Ouff, tout va bien désormais. La crise a été évitée de justesse.

Une chance que Ji Hyun n’était pas là pour voir cela, sinon ça aurait bardé pour mon matricule. Rapidement sans plus de cérémonie, je retire mon sac de mes épaules et m’installe sur le fauteuil juste en face de mon petit prodige de la mode. Après avoir ouvert mon modeste bagage et fouillé dedans, j’en sors un tupperware une cuillère à café. Le couvercle ouvert, je fais alors glisser la boîte et le couvert en direction de l’étudiant. Sur un ton paradoxalement las et enjoué, j’ajoute : « Comme je savais que tu aurais un petit creux après les cours, j’ai pensé à tout et t’ai préparé le nec plus ultra des desserts brésiliens … un Quindim ! Je l’ai revisité afin qu’il n’y ait pas de beurre, pas de sucre, pas de lait d’origine animale, de farine de blé ou d’autres sources quelconques de matières grasses. Par ailleurs, je l’ai fait cuire dans une poêle de huit centimètres au lieu de dix, ce qui diminue encore plus l’apport hyper-calorique. Et cerise sur le gâteau … je l’ai nappé avec un délicieux velouté de durian ! ». De rien mon trésor, ne me remercie pas ça fait plaisir à pap… ai meu deus, j’ai déjà vécu cette scène. Sauf qu’il est moi et que je suis … ma mère. Aaaaah, l’horreur ! Ok Kuku, calme toi. Voilaaaaa, c’est mieux. Non je n’ai pas goûté au préalable, et à vrai dire je n’y tiens pas particulièrement. Je ne suis pas vraiment connu pour mes talents de cuisiner, et à mon humble avis ce truc doit être infâme. Mais au moins ainsi, j’ai la certitude que mon bébé mange bien et qu’il ne finira pas complètement abruti et hagard de diabète avant ses vingt ans, comme les gros américains du Texas.

Ces cochonneries sucrées en tout genre, vont pourrir son somptueux sourire ultra brite, rendre sa peau grasse et mettre son pancréas dans le même état que Los Angeles après le séisme. C’est pour son bien et dans son intérêt que j’agis, et je sais bien qu’au fond de lui, il le sait. Peut-être qu’aujourd’hui il me trouve dur et strict, mais c’est un mal pour un bien. Quand il sera une star au sommet, il me remerciera. Là aussi, j’en fais trop ? D’accord, ça va j’arrête. Whaaa, depuis quand les serveuses de cet établissement, doivent avoir le physique de Gisèle Bundchen ? Ravissante. Un peu courte la jupe par contre, faudra faire attention à pas t’enrhumer ma petite ! Bref ! Qu’est-ce que je prends ? Euh .. oh bah on va rester sur une valeur sûre avec du Lapsang souchong. Merci. Fais-gaffe toi la grande sauterelle, je t’ai à l’œil ! Les filles sont une source de distraction pour Min Soo. Pour l’heure, il doit pleinement se concentrer sur son travail et sa carrière. Crois-moi gamin, tu auras bien assez le temps pour faire connaissance des peines et des pannes de cœur. Oui je sais, je ne peux pas constamment contrôler, fliquer et filtrer ses fréquentations. Et c’est là que la crème de durian entre en action. Le goût de ce fruit est tellement fort, qu’il se rapproche d’un fromage bien puant de France ou de Suisse. Le parfait tue-amour, le repoussoir par excellence. Avec ça je peux dormir tranquille. Aucune chance qu’il puisse jouer les tombeurs, ou qu’une créature de rêve ait envie de le bécoter et plus encore.

Oui pap… le Docteur Rim Ku Hwan pense à tout, sait tout, voit tout et entend tout ! La serveuse au physique made in Victoria Secret’s nous abandonne après avoir pris notre commande. Mon regard se pose sur un grand livre format album, à la couverture satinée d’une qualité supérieure, que Min Soo garde sous le coude. Non au sens propre, bande d’idiots ! Son coude est posé dessus. Oh mon Dieu, j’y crois pas … non, non, je suis calme, mais intérieurement l’excitation est à son paroxysme. Après m’être redressé et assis convenablement dans le fauteuil, je fixe le livre avec autant d’admiration que devant le O Cristo Redentor. En le désignant de l’index, je pose la question qui me brûle les lèvres sur un ton trahissant ma fébrilité : « C’est le book avec les photos du shoot que tu as fait la semaine dernière ? ». A vrai dire, ça ressemble plus à une affirmation ou une constatation qu’à une question. C’est le book, c’est sûr. A moi la peur si les étudiants ont des livres d’aussi belle et bonne facture pour leurs cours. Ca y est nous y sommes. C’est un grand jour. Un jour décisif pour le décollage de sa carrière. En gros, c’est sa carte de visite. Créateurs, stylistes, designers lui proposeront des contrats sur la base de ces photos. Idem lors des castings et recrutements divers et variés. Son passeport pour la gloire ! Il faut que cela soit parfait. Tout doit être parfait. Min Soo mérite ce qu’il y a de mieux. L’excellence, l’élite, la crème de la crème. Entant que personne de confiance adoubée par sa mère, il est de mon devoir de veiller à ce que tout les éléments pour sa réussite soient réunis. Eh puis, si je ne le fais pas, qui le fera ? Son agent ? Hahaha, laissez-moi rire … !

©️ FRIMELDA



@Kim Min Soo

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Soul Wounds
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Kim Min Soo
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Mer 19 Sep - 0:18

Ku Hwan & Min Soo

Rockin’ Daddy


Franchement, il ne savait pas trop ce qu’il lui avait pris. N’avait-il pas vu que nous étions mardi ? Avait-il déjà oublié qui devait venir ? Ou son estomac avait-il préféré ignorer la venue imminente de Dark Vegan, le sith aux boissons détox dans lesquelles se trouvaient probablement de la kryptonite. Min Soo était pourtant intelligent, il avait toujours été plutôt brillant dans ses études et il pouvait se vanter de ne jamais avoir souffert de difficultés particulières. Et pourtant, à cet instant précis, il avait eu le comportement exact qu’aurait eu un idiot ou un mec qui ne tenait vraiment plus à la vie. Est-ce que c’était un suicide ? Est-ce qu’il souffrait d’un genre de dépression pour répondre qu’il prendrait un soda sans préciser le terme “light” derrière ? Etait-il bien sûr de vouloir commander ça ? Ne préférait-il pas un bon petit thé ou quelque chose d’approchant ? Ne voulait-il pas plutôt demander une feuille de laitue ? Etait-ce là un malheureux lapsus.
Oh il aurait sans doute pu le prétendre s’il ne transportait pas quelques bombes dans son sac. Parce qu’il ne s’était pas arrêté là, oh ça non. Et la seule raison qui l’amènerait à un drame, celui d’être pris la main dans le sac, c’était la demoiselle qui venait de s’approcher de sa table avec un léger sourire sur les lèvres. Celle qu’il lui avait sorti sa revue pour l’ouvrir et lui demander si sur ces pages, il s’agissait bien de lui. Vraiment, il n’avait pas pensé à mal quand il avait répondu à l’affirmative avec un sourire. D’un sens, ça lui avait même fait plutôt plaisir qu’elle lui demande d’en signer les pages. Et pourtant, il n’avait pas vu à cet instant précis que c’était là sa deuxième erreur. L’effet papillon serait dramatique pour lui.

Non, à la place, ils avaient échangé quelques mots puis elle était retournée à sa table. Il l’avait entendu rire avec ses amies, lui il était retourné au livre qu’il lisait. Un roman comme un autre, rien de censurable là-dedans, et pourtant… une fois de plus, ça avait été une erreur. Pourquoi fallait-il que ça parle de nourriture ? Pour lui rappeler sans doute que sa journée avait été trop chargée pour qu’il prenne le temps de prendre un vrai repas. Il avait grignoté un truc à midi, et heureusement pour lui, son père embauché ne le saurait jamais, et puis il avait enchainé. Entre les cours et l’Agence, il n’avait pas eu un moment pour lui. Il était reparti avec son book tout frais pour l’Université et le reste de la journée s’était passée avec une barre de chocolat engloutie à la va vite - pardon papa je suis un mauvais garçon - et l’idée de sortir manger quelque part ce soir pour se rattraper.

Mais maintenant… maintenant, peut-être avait-il oublié qu’un certain médecin légiste, dont sa mère était fan pour ses écrits plus romancés, devait le rejoindre. Autrement, pourquoi aurait-il fouillé dans son sac pour en tirer une nouvelle barre forte en calories ? A part pour des désirs de mort, on ne voyait pas vraiment.
La scène aurait pu se jouer au ralenti. Il aurait même pu entendre une célèbre musique à laquelle il n’avait sans doute pas prêté attention pour défaire le papier de l’interdit. On aurait même pu lui coller le terme de l’exorciste que cet idiot n’aurait pas senti le danger. Un jour, il apprendrait à survivre en descendant de sa lune, mais ce ne serait manifestement pas aujourd’hui.
3… il avait soigneusement placé les bords de l’emballage de chaque côté pour en faire sortir la barre.
2… elle s’était approchée lentement de sa bouche et il avait presque était capable de sentir l’odeur du chocolat monter jusqu’à ses narines.
1… c’était ça 1, il n’était qu’à une seconde du bonheur gustatif. Une seconde de calmer un peu ce ventre gargouillant pour crier le mot famine. Une seconde de commettre l’un des crimes le plus impardonnable.

En réalité, il n’était qu’à une seconde de la crise cardiaque qu’il avait faite quand une main s’était saisie de son poignet pour l’empêcher de prendre la première bouchée. Si le sursaut qu’il avait eu était déjà risible, son expression indignée qui s’était changée en panique attaque dès que son regard avait rencontré celui de Ku Hwan l’était encore plus. La bouche ouverte, le bug sur son expression, c’était le silence qui s’était d’abord échappé de ses lèvres « .... » vraiment, Min Soo, tu n’as rien à dire pour ta défense « ah… » ah ?  Ce n’était même pas dans le dictionnaire ça ! Et pour le coup, ta deuxième mère plus virile que la première s’était montré bien plus éloquent.
Le nombre de calories qu’il y avait là-dedans, pour être tout à fait franc, il ne s’y était jamais intéressé, pas plus qu’à la composition  de ce qui s’apparentait à du poison pour Ku Hwan. Mais si ce dernier le disait, c’était que ça devait être vrai… alors la stupidité avait commencé à franchir ses lèvres « J’allais pas la manger... » avant qu’il ne s’en rende compte pour se reprendre d’un ridicule, mais mignon « … enfin presque pas. » c’est ça. Laisse tomber va, t’es privé de goûter.

Raison pour laquelle son dos avait trouvé un dossier et que ses doigts n’avaient rien cherché à retenir, laissant le soin à son aîné de lui voler son repas. Ce n’était que lorsqu’il s’était installé en face de lui qu’un sourire accompagné d’un « Salut .... » avait franchi ses lèvres.
Sincèrement Min Soo, t’arrives à être content de le voir alors qu’il t’affame ? Il en savait rien, il l’aimait vraiment bien dans le fond.
Oui, bah attends la suite avant de laisser ton coeur parler. Parce que là, il l’avait bien entendu la musique. Oui, il avait suffi que son aîné ouvre ses affaires pour qu’il sente sa mort venir. C’était fichu, il devait prendre les devants, dire qu’il avait déjà mangé et vite ! Mais comment expliquer la présence de cette barre entre ses mains ?
Malheureusement pour lui, il n’avait pas vraiment eu le temps de monter son histoire que le repas de la mort avait glissé devant lui « … ah... » décidément, avoir un père te fait perdre ton vocabulaire « … C’est… » … infâme rien qu’à l’odeur ? Merci mais non je vais m’en passer ? « … gentil... »« … merci... » visiblement, ce mannequin là avait de réelles tendances suicidaires.
Rassure-nous Min Soo, tu comptes pas vraiment manger ça ?

Est-ce qu’il y avait une seule issue de secours ? Genre dire qu’il était enceinte et qu’il venait de perdre les eaux… ça marchait ?

Son regard rivé sur le plat… “original” de Ku Hwan, il ne l’avait relevé que pour commander un verre  d’eau à la serveuse, sans se rappeler de sa précédente commande. Pour sa défense, ce qu’il avait dans les yeux avait de quoi ruiner un peu sa concentration. Sa cuillère en main, ses doigts avaient manifestement cherché à la tordre en jouant avec sans se décider à commencer.
Il le savait. Il n’y aurait pas de miracle. Ce serait immangeable. Et pourtant, il mangerait, oh que oui il allait manger. Et s’il n’avait toujours pas pris une seule bouchée alors que son verre d’eau venait de trouver sa place face à lui, ce n’était pas pour autant qu’il y échapperait.
Pourquoi ?
C’était une excellente question.
Peut-être parce qu’il était trop gentil. ça avait l’air assez idiot comme ça, un père de seulement 10 ans son aîné qui lui faisait de bons petits plats. Vu de l’extérieur, ça semblait même sans doute plutôt comique, et pourtant ça semblait déjà trop ancré dans les habitudes pour qu’il ait une quelconque chance de survie.

Peut-être ce changement de sujet. Oh, en voilà un excellent mobile. Un mobile si excellent qui lui fait hocher la tête dans un sourire « Oui c’est lui, tu veux le voir ? » évidemment qu’il voudrait le voir. Alors sa cuillère, il l’avait reposé pour dégager le book qu’il lui avait tendu « Tu seras le premier. » en dehors de son agence et de lui, bien entendu. Mais grand privilège que son “père” avait, il le verrait avant maman ce soir.
Pourquoi est-ce qu’il en avait refait un ?
Un instant, il aurait presque suspecté Ku Hwan d’avoir appelé pour dire que son actuel était dépassé, démodé, pas vraiment vendeur. Il n’en savait trop rien, mais il avait trouvé la proposition judicieuse. Celui-ci était beaucoup mieux. Des photos décontractées, mais également des photos avec plus de classe. Evidemment, il savait que pour ces dernières, sa mère trouverait sa chemise trop déboutonnée et s’en agacerait. Mais il n’y avait pas vraiment de mannequins qui séjournaient au couvent et comme on lui avait si bien souligné, il avait pris de l’âge et des photos un peu plus matures ne pouvaient que le servir quand le précédent n'était composé que d'anciens travaux.

Mais le book avait changé de main, et une légère appréhension s’était faite sentir dans son estomac. Ouais, dans le fond, c’était con, mais l’avis qui suivrait avait de l’importance pour lui. Au point que sa concentration lui avait fait défaut pour le drame suivant de la serveuse qui était revenue pour déposer un verre de soda sur la table.
Il était light hein ?
C’était la question qu’il s’était posé sur le moment. Avait-il bien précisé le mot presque salvateur ?

« Pardon, j’avais oublié votre pepsi. »... instant de blanc. Instant pendant lequel son regard avait trouvé celui de Ku Hwan, puis de la serveuse avant que l’incompréhension ne se lise sur son visage « Pepsi ? J’ai pas commandé de pepsi. » t’as pas honte ? « Toi non plus non ? » franchement Min Soo… « ça doit être à la table à côté. » le visage de la serveuse aussi s’était vu marquer par l’incompréhension. Sauf que dans son cas, il n’était pas joué.
AVENGEDINCHAINS
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Rim Ku Hwan
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Mer 19 Sep - 23:03

Rockin’ Daddy
Feat. Kim Min Soo
Je n’y crois pas. Alors, c’est vrai ce que l’on dit. « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ». J’ai l’impression d’être dans une de ces mauvaises site-com américaines. Vous savez, une de celles où les parents s’absentent, laissant ainsi leur enfant seul à la maison. Ce grand benêt met la maison sens dessus-dessous, déniche les clefs du mini-bar, et ne trouve rien de mieux que d’inviter tout ses amis pour une soirée d’enfer. Eh bah en ce moment même, je suis dans le rôle du père qui rentre et découvre son humble demeure mise à feu et à sang. Avec des cadavres de bouteilles partout, des jeunes qui pioncent sur la moquette dans leur vomi et d’autres qui comatent à moitié à poil dans la baignoire de la salle de bain. Ok, je réagis de manière disproportionnée, je l’avoue. Ce n’était « que » une malheureuse et insignifiante barre de chocolat. Il n’empêche que mon ressenti est le même. Il sait très bien que je lui ai formellement défendu d’en manger. Sa mère aussi ne veut pas qu’il touche à cette nourriture du démon. Même son débile d’agent alias « Monsieur dix pourcents », lui fait la chasse pour qu’il se tienne éloigné de tout cet engrais à obésité. Ohlala, mais qu’est-ce que je dois faire de plus ? Je ne peux décemment pas être en permanence sur son dos. Devrais-je lui implanter une oreillette et un micro, pour ainsi tout le temps savoir où il se trouve, avec qui, ce qu’il fait ou dit ?

Oh, et avec un collier électrique télécommandé. Comme ça, à la moindre petite bêtise … BIM, une décharge ! Ah ne me tentez-pas, ça serait vraiment merveilleux … . Ce n’est pas légal, n’est-ce pas ? Tss, je le savais. C’était trop beau pour être vrai. Quoi qu’il en soit, je persiste à dire que cela serait quand même bien pratique. Qui plus est, cela permettrait à des milliers de parents d’éviter de se faire du mouron et des cheveux blancs, quand leur bébé devient autonome, indépendant et commence à virevolter de ses propres ailes. Dommage. En même temps … pourquoi cela ne m’étonne-t-il pas plus que cela ? Après tout quand j’avais son âge ; sitôt que ma mère était partie, je m’empressais de braver son autorité, en transgressant le si peu d’interdits qu’elle m’avait fixé. D’accord, mauvais exemple. Hein ? Oui mais moi, ce n’est pas pareil. Parce que euh … parce que je n’étais pas la future égérie en puissance de Karl Lagerfeld, voilà pourquoi ! Il est déjà un personnage de notoriété publique. Les vautours de la presse people scannent, décortiquent au peigne fin et analysent le moindre de ses faits et gestes. Pour l’instant, ça va. On le glorifie, le porte aux nues et chante ses louanges, car il fait un sans faute. Son image rayonne et c’est encore la lune de miel. Seulement, à la moindre tenue négligée, à la première petite prise de poids ou au plus microscopique faux-pas ; ces charognards se prenant pour des pseudos intellos avec leur stylo, n’hésiteront pas à lui tirer dessus à boulets rouges.

Ils le descendront en flamme, et se délecteront de sa carcasse. C’est pour cela que je me comporte ainsi avec lui. Que je me montre parfois lourd, sévère voire despotique. Je veille à ce que tout soit irréprochable, pour ne pas que ces journalistes de caniveau et ces sordides paparazzis, aient de la matière afin de l’épingler ou le critiquer de manière corrosive. Il ne s’en remettrait pas, si un gratte-papier dépeint un portrait péjoratif de lui. Nous savons tous qu’il n’est pas encore prêt. Son côté rêveur et ingénue, fait qu’il ne voit pas ce que l’être humain a de plus sombre en lui. Ni la cruauté dont il peut souvent faire preuve. Dès que j’aurais acquis la certitude qu’il est suffisamment blindé psychologiquement et endurci, pour encaisser les mots virulents des fauves jamais rassasiés de chair fraîche, ou un hypothétique désamour du public … dès que ce jour arrivera, alors oui, je consentirais à lui lâcher la bride et du lest. D’ici là, hors de question qu’il barbote dans le grand bain sans brassards. Pour ceux et celles qui ne suivent pas ou qui n’ont pas été livrés avec le décodeur image & métaphore ; les brassards font bien évidemment allusion à moi. Jeune homme, tu me déçois beaucoup. Oui, je suis très en colère et au bout de moi-même. Tiens regarde, je tremble. Ouais bon ok, en fait c’est intérieurement que la tempête et la fureur font rage. Ah, tu veux te comporter comme un gamin de cinq ans, têtu, capricieux et en qui on ne peut pas avoir confiance ? Eh bien, je vais te traiter en tant que tel ! Et ce n’est pas la peine de me regarder de la sorte, cela ne prend plus avec moi. Ca n’a jamais pris d’ailleurs … moooh, mais il est tellement adorable.

Quel genre de monstre faut-il être pour ne pas être attendri, quand il fait cette bouille là ? On dirait les bébés chatons dans leur panier, sur les couvertures des calendriers. Hein ? Ah non, non, je dis ça comme ça. Chaque année, moi je prends celui avec les paysages de Saïgon après la guerre d’Indochine. Je sais c’est glauque et morbide, mais étrangement ça me repose et me détend. Pour certaines personnes les aquariums ont ce pouvoir, eh bien en ce qui me concerne, ce sont les no man’s lands et les champs de ruines. Il ne faut pas chercher à comprendre. Bon, vu que je suis dans un jour de bonté, je t’écoute. Que plaides-tu pour ta défense ? Presque pas la manger ? Oh non, Min Soo, Min Soo, Min Soo … . La tête inclinée sur le côté, je le fixe avec une poker face transpirant l’exaspération et en arquant les sourcils. Du style « c’est ça prend-moi donc pour un pimpin de six semaines ! ». A d’autres mon garçon, ne me fais pas l’affront ! J’ai été jeune bien avant toi, tu sais. Ce n’est pas au vieux singe … . Ahalala, si je ne peux pas l’empêcher de mentir, il va alors falloir que je lui apprenne à mieux le faire et être plus convainquant que cela. Ce sera le chapitre d’une toute autre leçon. En attendant, donne-moi cette cochonnerie en barre. Ca évitera que le sang coule. Sage décision. Ouf, désamorçage de la bombe juste à temps. Allons, je ne suis pas un monstre. Je ne vais tout de même pas laisser ce pauvre enfant mourir de faim.

C’est pour cela que je lui propose quelque chose de beaucoup plus sain, équilibré et diététique. A défaut d’être appétissant et ragoutant. Tout en ôtant ma veste et la posant sur le dossier du fauteuil, je lui adresse un sourire prévenant et sincère, alors qu’il me remercie au rythme d’un escargot asthmatique et sceptique. Roh, allons je t’en prie ce n’est rien. C’est toujours un grand plaisir pour moi de … whooo temps mort là, il va vraiment manger cette horreur ? Même un survivaliste n’ayant pas vu la queue d’une cerise depuis vingt-huit jours, préférerait mourir plutôt que de goûter mon « bon petit plat ». A tout les coups, ça va lui bousiller et détraquer le colon. Pire, il pourrait en être malade. Mon sourire rapetisse comme peau de chagrin, alors qu’il plante la cuillère dans ce … truc. Finalement, ce n’était peut-être pas une si bonne idée que de … hé, le book ! Oh mon Dieu, je n’arrive pas à le croire : le voilà. Tout beau tout chaud, et directement sorti des presses. Comment sont les photos ? Vite, dîtes-moi comment sont-elles ?! Cela fait des jours que je me fais un sang d’encre à ce sujet, et que je n’en dors plus la nuit. Ne me demandez pas de me calmer ! Cet album va celer son avenir. Exactement comme jadis, lorsque j’ai effectué la soutenance de mes thèses. C’est un moment tellement important pour mon béb… pour lui. Si je veux le voir ? Plutôt oui, et pas qu’un peu ! Avec un empressement certain, je m’empare de l’épais volume qu’il me tend. Posé en face de moi sur la tranche, je l’ouvre au hasard à l’une des pages du milieu tout en ne lâchant pas Min Soo des yeux.

Un rictus comblé vient fleurir sur mes lèvres, alors que je lui rétorque sur un ton contenant un savent mélange d’appréhension, d’impatience, d’excitation et de fierté : « Ah oui, oui, oui, je veux bien ! Vraiment ? Oh … . C’est un honneur, je suis très flatté. Merci beaucoup. ». Le premier … mais genre le premier, premier ? Même « Monsieur dix pourcents » et son crâne dégarni ne les ont pas vu au préalable ? Whaa. Ca me … ça … ça m’émeut. Non, non, non, je ne verserai pas ma petite larme. Voyons plutôt ces photos. Hmm, papier granulé et glacé. Triple épaisseur. Une planche en couleur en regard avec une planche en noir et blanc. Epoustouflant ! Et pour une fois, je ne m’en suis pas mêler. Presque pas. Bon d’accord, j’avoue avoir appelé en douce le maquettiste pour changer les directives que lui avait donné l’agent du petit. Non, je ne l’ai pas menacé. Certes, ça ressemblait plus à un ultimatum qu’à une requête. Mais je ne lui ai pas mis de couteau sous la gorge ou de flingue sur la tempe. En plus, ça ne m’a rien coûté. Rien, hormis une intervention dans le club de lecture, qu’anime la femme de l’imprimeur. Quel travail d’artiste, quand même ! Elles sont somptueuses. Seulement d’ici, je ne vois pas si … rah, si seulement j’avais une lentille comme celle que les photographes utilisent, pour voir plus distinctement les petits détails d’un cliché. Mirant le verre vide en face de moi, mes lèvres s’avancent d’un air pensif.

Le petit récipient en main, je le place alors devant mon œil gauche et regarde à travers. Dans un haussement des épaules, je finis par me convaincre que cela devrait faire l’affaire. Le verre apposé contre le papier joli et précieux, je lorgne alors par le fond les différentes photo, tel un Patrick Demarchelier. Ouf, on ne le voit pas. L’immense bouton qu’il avait en plein milieu du front, et qui ressemblait à un furoncle à deux doigts d’éclater. On ne voyait que ça. Il était juste là. Pile où est censé se trouver, ce que les hindous appellent « le troisième œil ». C’est pour ça que je ne veux pas qu’il se gave de sucreries. Pour ne pas que sa peau devienne grasse, purulente de boutons, puis de cratères dès qu’ils ne sont plus. J’ai bien essayé d’utiliser discrètement mon don, mais il semblerait que les problèmes dermatologiques, n’entrent pas dans le package des choses que je puisse soigner. Cela m’a tracassé à un point, si vous saviez. Sans compter que je n’étais pas présent avec lui ce jour là, sur le set pour le shooting. Ce balourd de Bak nous a retenu toute la matinée l’Agent Min et moi, pour « faire le point » sur les débuts de notre « partenariat ». Je m’en suis terriblement voulu d’avoir manqué un événement aussi capital dans sa carrière de mannequin. Oui, ce jour là je n’ai pas assuré et ai eu honte. Un peu comme tout ces papas qui ne peuvent pas accompagner leur enfants pour la rentrée des classes.

Enfin grâce au ciel, la maquilleuse semble avoir fait un travail remarquable. Tout comme le photographe qui a su trouver la luminosité parfaite, pour dissimuler totalement cette immonde pustule. Oh jeez, me voici soudainement soulagé d’un énorme poids. Tout en continuant d’étudier de façon bien singulière les photographies, je lève un bras et forme un rond à l’aide du pouce et de l’index. Sur un ton tout bonnement enchanté et ravi, j’ajoute : « Rah, elles sont absolument magnifiques, et toi tu es comme toujours somptueux. ». Snif m-mon … mon gentil bébé est tellement grand. Bouhouhouuu, ça me fout en l’air tiens. On dirait exactement moi à son âge … en beaucoup plus clair et moins latino, évidemment. Qu’est-ce qu’elle nous veut encore la Gisèle Bundchen des salons de thé ? Tu ne vois donc pas que nous sommes au beau milieu d’un moment d’émotion intense ? Qu’est-ce que ça vient foutre là « Lapsang souchong » ? Ah oui, si, si, c’est pour moi ! Posez donc ça là mon petit, je vous prie. Oui voilà c’est cela, dans ce périmètre. Merci infiniment. Bon bien entendu, vous vous doutez bien que là je me fais plaisir, et qu’en réalité je m’adresse à elle de façon bien plus polie et affable. Sans toutefois défaire mon attention d’où elle se trouve. D’ailleurs, elle doit sûrement me prendre pour un taré, à force de regarder ces photos à l’aide de ce verre comme s’il s’agissait d’une longue-vue.

Plaît-il ? J’ai dû mal entendre … un Pep-quoi !? STOP, que personne ne bouge ! D’un coup d’un seul, je me fige comme si je venais de croiser le regard pétrifiant de Méduse la Gorgone. Très lentement, je me redresse à la façon d’un gisant ramené à la vie par un puissant nécromancien. Oui, en plus des Thrillers, je suis aussi fan de Science Fiction et d’Héroïque Fantaisie. Parenthèse close. Tour à tour, je contemple la serveuse aux mensurations ahurissantes, le verre de soda et Min Soo. Dix pierres de sucre à l’état liquide !? Ce gamin aura ma mort. Qu’est-ce que … oh non pitié. De grâce, ne dis rien. Tu ne fais que t’enfoncer à vue d’œil. A ce rythme là, tu vas bientôt finir par trouver un puits de pétrole. Ca suffit ! Je ne vais pas te laisser t’enliser aussi loin. Aussitôt, je le scrute avec ce que j’appelle « les yeux de l’âme ». En général, il sait que c’est ce qui précède un sermon ou un savon pas piqué des hannetons. Alors que j’étais à un cheveu d’imploser, mon cerveau se mit à cogiter à la vitesse de la lumière. Voyons, il est plus de dix-sept heures, ce qui signifie que le corps va emmagasiner plus de graisses et de calories en prévision de la nuit. Afin que la satiété perdure. L’organisme élimine plus rapidement le liquide qu’une alimentation solide. Conclusion, entre la peste et le choléra … mieux vaut le verre de soda que la barre chocolatée. Pfff. Bon, j’imagine qu’un Pepsi de temps en temps : ça n’a jamais tué personne. Brandissant un index moralisateur, j’entrouvre la bouche avant de m’immobiliser comme si on venait de faire arrêt sur image.

Tête baissée pour dissimuler mon faciès grimaçant, je serre alors si vigoureusement le poing que mon bras en tremble. Oui, je tente de refréner et refouler un discours fielleux qui ne demande qu’à sortir. Calme toi Kuku, calme toi. Pense Yogaaaa … . Voilà. Dans une profonde expiration, je redresse la tête et ouvre les yeux. Le tout en arborant un visage anormalement serein, calme et une expression radieuse. En me tournant vers la serveuse, je dis alors sur un ton embaumant la plénitude et se voulant aussi zen que possible. Le tout servi dans un sourire absolument charmant : « Merci beaucoup Mademoiselle, ça ira très bien. Veuillez l’excuser, il a eu une longue et rude journée. Enfin, j’imagine que vous savez ce que c’est. La fatigue, l’épuisement et tutti quanti. Navré pour ce léger malentendu. ». Aller vaquez, vaquez ! Après tout, il n’y a pas mort d’homme. Je n’aurais qu’à le réveiller aux aurores demain, pour une séance de décrassage dans le parc. Comme le dirait mon auguste mère, il n’y pas de problème ; que des solutions. Le book refermé et mit un peu plus loin sur la table à l’abri d’éventuelles taches de Pepsi ou de thé, je me munis de la petite théière au format de poche. Le contenu jaunâtre et fumant sort du bec pour atterrir dans la tasse en face de moi. Mon gam… Min Soo, me zyeute d’un air perplexe. Sans doute pense-t-il que c’est là un test, un piège ou ce genre de chose.

Un sourire pincé et forcé bourgeonne sur mes lèvres, au moment où je repose la théière sur la table. Ce geste s’accompagne d’un hochement de la tête. Genre : « Eh bien vas-y, qu’est-ce que tu attends ? Il n’y a aucun problème, je t’assure. C’est coooool ! ». Alors qu’au fond de moi, c’est plus « Nooooooon, ne fais pas ça ! ». Raaah, les gosses d’aujourd’hui sont totalement pervertis avec ces boissons amerloques, qui font des ravages sur l’émail des dents et sont de véritables nids à caries. Oh, eh puis merde ! Après tout, la vie ce n’est pas que le travail, la discipline et la rigueur. Je suis bien placé pour savoir qu’elle est trop courte, et que le pire des regrets que l’on puisse avoir ; c’est de ne pas en avoir suffisamment profité. Oui, la vie c’est aussi des moments de joie, de partage, de détente et de relâche. Alors soyons fous et disons … Pepsi ! Les doigts noués autour de la tasse en porcelaine chauffée, je savoure une minuscule et bouillante lapée de thé, en fermant ardemment les yeux et fronçant les sourcils. Oh put… c’est chaud ! Qu’est-ce que c’est que ce boucan ? On croirait entendre les feux d’artifices du nouvel an chinois. En rouvrant les paupières, l’évidence m’apparaît soudain. C’est l’estomac du petit qui fait ce raffut. Mon Dieu, mais quel pè… aîné indigne je fais là. Pfff d’accord, mais uniquement pour cette fois alors. Dans un soupir à peine audible, je repose ma tasse sur la petite soucoupe et esquisse une illusion de sourire.

J’attrape la boîte en plastique contenant ce qui est théoriquement censé être un Quindim, et la tire vers moi. Une fois le couvercle remis dessus, je me penche sur le côté et farfouille dans la poche de ma veste pendue sur le dossier du fauteuil. Oh non, ne me dîtes pas que je l’ai encore oublié dans ma blouse. Ah non, sauvé. Mon porte-feuilles retrouvé, j’en sors plusieurs billets que je dépose en face de Min Soo. De nouveau calé dans le dossier du siège, je déclare alors : « Tiens. Achète-toi ce qui te fait plaisir. Ton tout nouveau book est fin prêt, il faut fêter cela comme il se doit ! ». En ponctuant mon propos, je donne un petit coup de tête en direction de l’intérieur du salon. Plus précisément vers le présentoir, où est exposé une farandole de cup-cakes acidulés, muffins colorés, tartelettes fruitées, viennoiseries croustillantes, mignardises pralinées, pâtisseries glacées et autres engraisseurs de cuisses divers et variés. Tout ira bien, c’est promis. Non, je ne piquerai pas de crise, ni ne péterai un câble. Si besoin est, je prendrais un Tranxène pour m’aider à me calmer. Qu’est-ce que j’en ai à secouer, je suis médecin et peux me faire une ordonnance moi-même. Non ? Chiotte ! Min Soo a œuvré dur ces dernières semaines, s’il a envie de savourer un peu de sucré je peux bien lui autoriser ce plaisir. Je ne veux pas qu’il devienne un bourreau de travail comme moi, mais … s’il échoue parce que j’ai fais preuve de laxisme, je ne me le pardonnerais jamais et sa mère non plus. Compromis, placer convenablement le curseur, concessions … les parents vont devenir mes héros des temps modernes !

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Kim Min Soo
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Jeu 20 Sep - 23:07

Ku Hwan & Min Soo

Rockin’ Daddy


Il y avait au moins un côté positif à tout ça, une chose dont son père embauché pouvait se rassurer : il ne ferait jamais carrière en tant que criminel. Il était si mauvais pour ça !
T’as raison Min Soo, souligne lui, et il te pardonnera peut-être pour cette barre qu’il vient de te retirer des mains.
Il était désolé. Sincèrement désolé. Il l’était aussi au nom de tous les amateurs de snickers. Oui, par sa faute, une barre de chocolat allait connaître un triste sort : ne jamais être mangée. C’était pourtant son but premier.
Et voilà tout à fait le genre d’argumentaire à éviter auprès de Dark Vegan.
En même temps, il aurait également pu s’abstenir pour cette tentative de mensonge qui n’avait pas dupé son aîné. Est-ce qu’une défense si pathétique pouvait bien duper quelqu’un ?
Min Soo, t’es pire qu’un gosse, alors ne t’étonne pas si on te traite bien souvent en tant que tel. Ne t’en plains pas non plus.
Et pourtant, il n’avait pas vraiment compris ce jour là. Ce jour où sa mère lui avait annoncé que Ku Hwan allait désormais s’occuper de lui. L’incompréhension avait dû se lire sur son visage. Mais imaginez un peu sa tête la première fois où il s’était vu confisquer son goûter. Imaginez celle qu’il avait faite quand Ku Hwan s’était mis dans l’idée de devenir son deuxième agent.  Il ne savait pas vraiment ce qui était passé par la tête de sa mère, mais elle jugeait visiblement que sa progéniture avait besoin d’une figure masculine dans sa vie.

Un individu normal, un individu avec un instinct de survie, aurait cependant choisi une autre voie. Encore aujourd’hui face à cette substitution au snickers, il aurait dû se tirer au lieu de dire merci. Apprendre un peu à montrer les crocs et ne pas penser simplement que ça blesserait sans doute ce tortionnaire des fours s’il repoussait la barquette sans même y goûter.
Non, un Min Soo, ça préparait sa cuillère à fondre dans l’arsenic avant de contenir un soupir de soulagement au book évoqué. Un Min Soo, ça se réjouissait d’un éventuel sursis qui déboucherait peut-être, avec un peu de chance, sur une mise à l’écart complète de ce plat. C’est vrai, la fin du monde pourrait se produire d’ici là, auquel cas il serait sauvé. ça ou un troupeau d’antilopes qui déboulerait sur la terrasse pour en disperser les occupants…

Min Soo, tu l’as pas vraiment visualisé cette scène ?
Si… mais franchement, parmi toutes les issus de secours qu’il avait pu s’imaginer dans la vie, c’était sans doute l’une des moins fantasques.

Le plus fantasque, c’était sans doute de parvenir à considérer une montagne costaud comme Ku Hwan… comme touchant… mignon était même le terme. Mais dans le fond, ne l’était-il pas à porter autant d’intérêt à sa carrière ? C’est vrai, il ne pouvait pas dire le contraire, tous ses pères imaginaires avaient au moins eu ça en commun. Cet intérêt pour lui, une certaine fierté, le désir de partager… il se souvenait encore du numéro 3 auquel il avait confié vouloir devenir astronaute… il lui avait construit une fusée en carton. Rouge et bleu… avec des étoiles en or dessinées dessus. D’accord, sa fusée en vrai, il l’avait faite tout seul et elle ne s’était jamais envolée… mais le coeur y était !
Bref, il avait confié son travail, l’appréhension s’était installée dans son estomac… pour laisser place à une pointe d’incompréhension ensuite quand Sherlock s’était saisi d’un verre pour étudier avec plus de précision « … Tu sais… » il le fera, au fond de toi, tu sais très bien qu’il passera néanmoins les photos à la loupe « Je ne pense pas que les gens le regarderont d’aussi près… t’embête pas avec ça…  » t’as raison Min Soo, protège le de l’internement, ce serait moche de finir dans un asile pour amour paternel excessif.
Est-ce qu’un jour il prendrait à Ku Hwan de le détailler directement avec un verre ?
Pensée grotesque, il n’irait pas jusque là pour la carrière d’un autre !

Hein il n’irait pas jusque là ?


Et c’est sur ce mystère qu’il avait attendu avec patience les premiers examens placés sous le signe d’une grande précision. Evidemment, par peur d’être tenté de dévorer ce plat délicieux, ses doigts avaient préféré jouer sur le rebord d’une table plutôt que sur une cuillère. Nerveux, assez pour tapoter un rythme discret, il avait fallu qu’un verdict tombe pour qu’un sourire ne retrouve le chemin de ses lèvres « C’est vrai ? » il vient de te le dire… souffle, il ne va pas appeler ton Agence pour leur demander de refaire tout le travail de A à Z… et puis personne ne faisait ça !

Passons. Ce n’était de toute manière pas vraiment la question. Non, le soulagement qui se lisait en un sourire était différent, la pointe de plaisir touché et un peu gêné s’y trahissait « C’est gentil… le photographe a fait du bon boulot. » c’est vrai, dans le fond, il n’avait pas fait grand chose. « Je n’ai pas regardé celles qu’ils n’ont pas sorti mais je trouve qu’ils ont fait de bons choix. » et est-ce que tu vas dire à Ku Hwan qu’il pouvait envisager une carrière de Barbossa avec sa longue vue improvisée ?  Est-ce que tu vas lui dire que la serveuse doit présentement se questionner sur sa santé mentale ?
Non… parce qu’elle n’allait pas tarder à se questionner sur la sienne. Pourquoi avait-il fallu qu’elle ramène ce pepsi ?
Parce que tu l’as commandé imbécile !
Oui mais elle aurait pu oublier… pour lui faire plaisir… non ?

Inquiet, son regard s’était porté un instant sur son “père”. Clairement, il ne fallait pas s’appeler Einstein pour voir que sa piètre défense ne prenait pas. Pourtant, il aurait tout à fait pu s’agir d’une erreur de commande  « J’ai pris de l’eau. Moi j’ai pris de l’eau. » Min Soo, quelqu’un qui répète deux fois la même chose avec une formulation identique a toujours quelque chose à se reprocher. Inutile de te défendre, tu vois bien que tu viens de dépasser les bords.
Le snickers.
Maintenant le pepsi.
Et dans 5 minutes ce sera quoi ? Tu vas lui annoncer que tu veux te lancer dans la prostitution pour te faire plus d’argent ?
Hein ? Mais non ! Jamais !
Ceci dit… avec une annonce pareille, le pepsi deviendrait un problème bien secondaire. Le changement de sujet parfait !
Tu veux pas lui dire que tu te drogues ?
« C’est vrai ! T’étais là ! » mais oui Ku Hwan, souviens-toi l’été dernier… enfin y’a même pas deux minutes ! Le pepsi… c’était une erreur judiciaire, il le jurait.
Min Soo ? Ku Hwan te crois pas une seule seconde, même pas un peu, t’en as conscience hein ?
C’est trop tard de toute façon, l’index est brandi, la sanction va tomber ! Tu files un mauvais coton gamin ! Tu vas te retrouver enfermé dans une tour toute ta vie telle Raiponce, et t’auras même pas de caméléon pour te tenir compagnie !

« ... » et pourtant… en quelques secondes, Daddy Vegan avait changé d’attitude, comme s’il venait de prendre un cours de yoga en accéléré. Plus que zen, il s’était chargé de la serveuse et le regard incompréhensif de son cadet s’était posé sur un Pepsi qui n’avait pas été balancé sur le sol ou dans les plantes.
Étrange.
Vraiment étrange.
Suspicieux, ses yeux s’étaient relevés pour trouver un Ku Hwan versant son thé tel un maître zen.
… est-ce que c’était un test ? S’il prenait ce verre, c’en était fini de lui. C’est ça ? C’était un genre d’épreuve pour savoir… évidemment que c’était ça ! Non ?
Oui, même après ce geste encourageant, il était resté bêtement à le fixer un instant de plus. Et même quand sa main s’était tendue vers son verre pour l’attirer vers lui, son regard était demeuré hésitant et fixé sur l’autorité en face de lui. Oui, il s’était méfié au point qu’entre le moment où une paille avait commencé à faire le chemin jusqu’à sa bouche, et celui où il avait pris la première gorgée de l’interdit, il n’avait pu s’empêcher de lui lancer quelques coups d’oeil.
Min Soo, t’es conscient que si c’était vraiment un test, tu viens d’échouer lamentablement ?

Sans doute. Mais la famine s’était exprimée à nouveau dans son estomac quand l’incompréhension était revenue de plus belle sur les traits de son visage.
Le repas de l’angoisse s’était éloigné. Et un instant, il s’était demandé sans exagération, aucune, s’il allait finalement vivre pour voir demain.
Et puis, le miracle ne s’était pas arrêté là. Quelques billets sur la table puis une proposition indécente, c’est sûr, dit comme ça, ça pouvait porter à confusion. Mais l’indécence était plutôt dans le nombre de calories que son tuteur, père, agent et compagnie, lui proposait d’ingurgiter
« Pour de vrai ? » et évidemment, la question stupide était sortie, comme s’il avait 4 ans, maximum 5.
Fallait le comprendre. D’abord il avait le droit au pepsi, maintenant ça.
Louche. Très louche.
Le remercier et se lever, ajouter un « C’est gentil... » n’était sans doute pas la bonne attitude à adopter. Pourtant, il y était allé, il avait pris le risque de mettre sa vie en jeux et il était même allé au-delà.
Pitié Min Soo, ne nous dis pas que tu lui as ramené un gâteau ?

Mais tu veux mourir !
Bah… il lui offrait un goûter… il n’allait tout de même pas le manger seul devant lui sans même avoir penser à lui !
Si.

Le cookie énorme qu’il s’était choisi n’avait ceci dit pas trouvé sa bouche, pas encore. Il avait d’abord poussé dans une assiette cette part de tarte aux fraises, un choix qu’il avait sans doute jugé sage et diététique de son côté en pensant qu’elle pourrait davantage plaire à son aîné. Et puis, le cookie dans sa main, le doute l’avait frappé à nouveau. La bouche qu’il venait d’ouvrir s’était refermée sans en prendre une seule bouchée… et il avait dévisagé le médecin légiste avec plus d’attention encore.
« ça va toi ? » ??? pourquoi ce soucis soudain ? « Je veux dire… t’es pas malade ni rien hein ? » … sinon, il lui restait toujours l’hypothèse d’un frère jumeau… ou alors il était en train de faire un rêve un peu étrange.
AVENGEDINCHAINS
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Rim Ku Hwan
Âge : 30
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 5
Multicompte : Ong Ki O & Nō Qiang
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Dim 23 Sep - 23:00

Rockin’ Daddy
Feat. Kim Min Soo
Le book, ou l’autre nom pour la Holy Bible des disciples de la mode. Tout les mannequins sans exception en ont un. Au risque de me répéter, quand je dis « tout les mannequins », je veux bien sûr et surtout dire T-O-U-T les mannequins ! C’est en quelque sorte l’équivalent pour un médecin, de son droit à exercer. Hmm, tout bien réfléchi, non pas exactement. C’est une petit peu plus subtil que cela. Je vais vous trouver une meilleure image. Accordez-moi juste un peu de temps. Pardon ? Non désolé, je n’en ponds pas sur commande. Bien que je sois écrivain, ce n’est pas le genre de chose vous pouvez sortir mécaniquement comme ça, telle votre date de naissance. Que ce soit le mec de la publicité pour les pansements aux pieds contre les ampoules, ou Sean O’Pry paradant fièrement sur les podiums lors de la Fashion Week de Milan : le book est le dénominateur commun à tout les individus rêvant de catwalk, de voguing comme Madonna, de gloire, de fortune ou d’être chic en Chanel. Bien sûr, les disparités en terme de qualité sont énormes, entre celui de la muse des plus grandes maisons de la mode, et celui du gars ramant comme un galérien en direction des mines de sel de Sakhaline, et étant obligé de cumuler les petits boulots à côté pour survivre. Pour les profanes, ce n’est là qu’un simple album photos. Pour les gens étant du milieu et de la partie, c’est la pierre angulaire d’une carrière. Cinquante pourcents de l’éclosion d’un mannequin repose sur son book. Il n’est donc rien sans lui.

L’autre moitié concerne les largesses que Dame Nature leur a accordées. Si elle ne s’est pas montrée totalement généreuse, certains n’hésitent pas à avoir recours au bistouri pour maximiser leur chances. Résultat des courses : ils et elles se ressemblent tous. Allez donc faire un tour chez Elite Model Management ou IMG Models. Vous ne trouverez rien d’autre qu’une armée de clones et de prototypes, cochant tout les critères de beauté en vigueur. Etre une belle plante ou un éphèbe ne suffit pas. Tapez dans un lampadaire, et dix en tomberont. Qu’est-ce qui peut bien faire la différence, alors ? Le book. Il est le seul et unique juge de paix. Avoir du charisme, de l’allure, de la prestance, une aura et être en mesure de véhiculer des émotions n’est pas donné à tout le monde. C’est quelque chose d’inné et qui peut difficilement s’acquérir au fil du temps. Devinez quoi … c’est exactement ce que recherche les couturiers, stylistes, directeurs artistiques et autres designers. Ils ne vont pas s’encombrer d’une jolie poupée au visage de porcelaine, une statue de cristal ou d’une coquille. Ce qu’ils veulent, c’est une personne qui puisse donner vie à une création. Quelqu’un qui incarne l’esprit de la marque. Cet « album » est le révélateur. Quelqu’un faisant constamment une gueule d’enterrement, avec un regard vide, vitreux et totalement inexpressif de poisson mort, n’a strictement aucune chance de se voir proposer un jour des contrats juteux et intéressants. Petite particularité : cet outil est uniquement à destination des professionnels de la mode. Le grand public n’a en théorie pas connaissance de ces clichés.

Je sais, c’est un petit peu … ah c’est bon, j’ai trouvé mon image ! On peut dresser un parallèle avec le titre, la couverture et le résumé sur la quatrième de couverture d’un roman. Ces éléments doivent tout de suite accrocher l’œil. En plus d’attirer l’attention du public. Leur but est d’éveiller et stimuler l’intérêt du lecteur. Si après en avoir pris connaissance, il se dit : « Tiens, ça a l’air intéressant, je serai curieux d’en savoir plus », alors c’est banco. Eh bien là, c’est pareil. Si en parcourant ces photographies, tout ces modeurs et auto-proclamés empereurs du style pensent : « Hmm, ce gars a quelque chose en plus. Quelque chose d’unique. Je veux à tout prix travailler avec lui, et qu’il soit la vedette de ma prochaine collection. » … jackpot ! Vous comprenez sans doute mieux maintenant, pourquoi je suis sur des charbons ardant depuis des jours et des nuits. Apparemment, force est de constater que le vampire qui lui sert d’agent, a mis le paquet et investis de grosses sommes d’argent, dans la réalisation de cet ouvrage. Certes, je n’ai pas énormément d’estime pour cet homme ayant une liasse de Wons à la place du cœur, mais je dois avouer qu’il a fait preuve de beaucoup de bon sens en prenant au sérieux l’élaboration de ce conséquent volume. Beaucoup de travail, d’application, de matériaux coûteux et d’excellente qualité. Bien. Très bien même. Bon en revanche, niveau recherche artistique, graphique et visuelle : zéro. Une chance que j’ai pu intercepter les esquisses, avant l’impression finale.

Non mais vraiment, du sépia et du papier mât … pire qu’un crime de lèse-majesté ! Le comble du ringard et du mauvais goût. Encore heureux que je sois parvenu à rectifier le tir, en mettant mon petit grain de sel en douce. Oui je sais, je n’aurais pas dû agir en loucedé et dans le secret. Mais, mettez-vous un instant à ma place. Je ne pouvais décemment pas laisser les choses se faire, tout sachant pertinemment qu’on irait tôt ou tard inévitablement à la catastrophe. Cela aurait été comme regarder au ralenti un accident de la route se produire. Aucun parent sain d’esprit n’enverrait son enfant au casse-pipe, ou lui donnerait sciemment des mauvais conseils pour qu’il échoue. On aura beau me dire ce qu’on veut, je reste persuadé d’avoir fait le bon choix, en agissant de la meilleure des manières qui soit et dans l’intérêt du petit. Minute … ai-je dit « parent » ? Euh, non c’est … c’est ma langue qui a fourché. Je voulais dire grand frère, ou aîné. Oui voilà c’est ça, aîné. En tout cas, ravi de constater que malgré nos profonds désaccords sur de nombreux points, « Monsieur dix pourcents » et moi-même voulons tout deux voir « le gamin » réussir en lui offrant ce qu’il se fait de mieux. A ceci près qu’en ce qui me concerne, j’œuvre dans un total désintérêt et ne cherche pas à m’enrichir sur son dos. Ce qui entre nous soit dit, est quand même beaucoup plus louable. Bref, voyons un peu ces petites merveilles.

Tel un Capitaine Crochet regardant au loin par le petit bout de sa lorgnette, j’examine dans le détail plusieurs photos. Tu ne penses pas que … rahlala, mon adorable Min Soo. Douce et tendre incarnation de naïveté. Ok. Comment lui dire cela sans anéantir ses illusions ? Essayons-cela. Tournant les pages et examinant à la loupe, ou plutôt au verre, certains clichés, je réplique avec des accents didactiques dans la voix : « Pour des gens comme toi et moi ; c’est sûr que cela ne leur viendrait pas à l’esprit de les disséquer de la sorte. Seulement, ce sont des professionnels de l’esthétique, de la mode et de la beauté qui vont voir ces photos. Plus intransigeants et intraitables qu’eux : ça n’existe pas. Ils ne laisseront rien passer et décortiqueront tout sous toutes les coutures. N’oublie pas que pour chaque contrat, tu es en concurrence directe avec des dizaines et des dizaines d’autres jeunes hommes. Tu connais l’expression « le diable se cache dans les détails » ? Eh bien, pour les gens travaillant dans l’industrie de la mode, c’est une véritable devise. Non, un état d’esprit carrément. Rien ne leur échappe. Yeux débridés, lèvres redessinées et repulpées, blanchiment de la peau et des dents, nez refait … . S’il y a une chose qu’ils apprécient plus que la perfection des traits, c’est l’authenticité et la pureté d’un visage. Promet-moi que quoi qu’il arrive, quoi qu’on puisse te dire : jamais tu ne feras quoi que ce soit qui puisse altérer ton physique.

Ton naturel, ta fraîcheur, ta simplicité : voilà ce qui fait ta force et qui te donne l’avantage sur tout les autres. Je veux juste m’assurer que tu sois sous ton meilleur jour sur ces photos. Qu’il n’y ait pas d’ombre, de surexposition ou quoi que ce soit d’autre qui entache ta beauté et te desserve. »
. Je sais bien que des gens dont c’est le métier, ont dû s’en assurer à maintes reprises bien avant moi. Des photographes, des assistants, des graphistes et j’en passe. C’est juste que … . Rah, c’est bon ça va ! Oui je le confesse, je suis perfectionniste, pointilleux et tatillon. Satisfait ? En tout cas, moi je suis satisfait de ce que j’ai sous les yeux. Il émane de ce book une sorte de maturité. Min Soo pose avec plus d’assurance, fait preuve davantage d’expressivité et affirme un peu plus sa personnalité. Physiquement aussi, la différence est frappante. Sur le précédant, il avait encore tellement l’air d’un adolescent. Sur celui-ci, il faut beaucoup plus homme. Ma jolie chrysalide est entrain de devenir petit à petit un magnifique papillon. Avec des shoots comme ceux-ci, on ne le cantonnera plus uniquement au rôle de premier de la classe, de garçon sage, bien sous tout rapport, ne bougeant pas une oreille et de fantasme ambulant pour lycéennes. Dorénavant, il a de bonnes chances de se voir proposer des offres de plus grande envergure, pour des marques d’un standing un peu plus élevé. Il s’étoffe, s’endurcit et gagne en notoriété à vitesse grand V.

Bientôt, il travaillera avec les plus grands. Il connaîtra toutes les ficelles du milieu et négociera directement avec les commanditaires. Sans intermédiaire. Sans personne pour le conseiller, le diriger, l’orienter, l’aiguiller. Sans moi … . Et oui … arrivera un jour où nous ne nous verrons plus autant. On s’appellera comme ça, de temps en temps. Puis, de moins en moins. Il voyagera aux quatre coins du monde, défilera pour des noms prestigieux de l’industrie de la mode, posera pour l’objectif des plus grands photographes. Oui, ce jour arrivera hélas bien trop tôt. Très vite, trop vite, il n’y aura plus de place pour moi dans son monde et sa vie. Il oubliera. On finit toujours par oublier ce qui n’est pas essentiel et fondamental. Chose que je n’ai nullement l’intention et la prétention d’être pour lui. Enfin bon d’ici là, on a le temps de voir venir, comme dirait l’autre. Inutile de se perdre en conjoncture et de deviser sur l’avenir. Restons focalisés sur le moment présent. Un moment important et a marqué d’une pierre blanche. Je ne suis pas quelqu’un qui a le compliment facile, mais je dois bien reconnaître que ce que j’ai entre les mains est de l’excellent travail. Je sais l’admettre et le reconnaître. Tiens, la preuve par trois. Alors que je continue de feuilleter le recueil de photos, et arrive doucement mais sûrement vers la fin, la future gravure de mode couvre de lauriers le photographe et essence l’équipe ayant planché sur cette véritable œuvre d’art. Cependant, il semble minimiser son rôle et sa participation.

Rah, c’est tout mon fi… c’est tout lui ça. Toujours à se rabaisser, se déconsidérer et se déprécier. Là-dessus, on est clairement différents tout les deux. Il va vraiment falloir que l’on travaille sur sa confiance en lui. Entre faire preuve d’un narcissisme exacerbé, avoir un égo de la taille de la Chine et se faire aussi petit qu’une souris, ou se terrer dans son trou façon « Germinal » : il doit bien y avoir un juste milieu. Dans mon esprit, mannequin et humilité sont deux termes antinomiques, qu’il ne me viendrait pas à l’idée d’associer. Relevant cette fois-ci le nez vers lui, je lui réponds en hochant affirmativement la tête, ainsi qu’en arborant un moue admirative : « Je partage ton avis. N’importe qui passant en revue ce dossier, ne peut nier qu’il est le fruit de longues heures de travail. Professionnalisme, sérieux et application, figureront certainement sur le podium des adjectifs qu’emploieront les gens, pour décrire ce book après l’avoir parcouru. En revanche, tu n’as pas à être aussi modeste. Si ce florilège de clichés est ce qu’il est ; c’est en grande partie grâce à toi. Même le plus talentueux des photographes n’est rien sans un bon modèle. Tu peux être très fier de toi et savourer cet accomplissement. ». Voilà des mots que l’on ne m’entend pas prononcer tout les jours. Demandez donc à mon assistante ce qu’elle doit faire pour m’impressionner, et se voir gratifier d’un « excellent » ou d’un modeste « bon travail ». La flatterie et la flagornerie n’ont jamais été ma came. Enfin pour autrui, entendons nous bien.

M’encenser et me lancer des fleurs : ça en revanche je sais très bien le faire. Ahem, passons. Ce que je dis ; je le pense. Oui, mon bé… Min Soo a vraiment été prodigieux. Et j’affirme cela sans parti pris, favoritisme ou subjectivité. Donc, pour cette raison … aujourd’hui, c’est folie ! Aller, champagne pour tout le monde ! Ah, ils n’ont pas ça en magasin ? Bon, alors Pepsi dans ce cas. Après tout, ça fait des bulles et pétille également. Le plaisir est le même. L’ivresse en moins et les problèmes dentaires en plus, évidement. C’est bon gamin, cesse de paniquer, garde ta salive et ne te fatigue pas. Aujourd’hui, j’ai décidé de ranger mon insigne de flic de la BBA. Traduction : Brigade de la Bonne Alimentation. On se lâche sans se soucier du compteur calorique. Dis-toi que c’est Noël avant l’heure. Non, non, je vous assure que je le vis bien. Je suis juste à ça de la grosse attaque et de clamser, mais mis à part ça : tout baigne ! Mais puisque je vous dis que tout va bien, et que je ne vais pas péter une durite. Je vois que vous ne me croyez. Tout comme je décèle de incompréhension mêlée à de la perplexité dans le regard du bambin. Très bien. Dans ce cas, je dégaine le porte-feuilles. Oui, vous avez bien entendu. Ce qui lui fait plaisir, parmi les mille-et-une douceurs sucrées qui se trouvent à l’intérieur. Sans restriction, ni interdit. Alors, on croit toujours que c’est un test, que je blague et ne suis pas sérieux, hmm ? C’est bien ce que je pensais.

Oh allons mon grand je t’en prie, ne me remercie pas pour si peu. Je me contente d’articuler sobrement la tête de bas en haut, au moment où il se lève pour aller s’acheter de quoi caler sa dent creuse. Du style « il n’y a vraiment pas de quoi. ». Une fois seul, j’expire profondément. Mes épaules évacuent toute la crispation reposant sur elles et s’abaissent. Ce ne sera pas si terrible, ce ne sera pas si terrible … . Alors que je tentais de m’en persuader en saisissant la tasse de thé par l’anse et en soufflant dessus pour en refroidir le contenu, mon téléphone tintinnabula. Bigre, voilà qui est joliment dit. N’est-il pas très cher … ahem ! Qui peux bien me textoter à cette heure ? Je ne vais pas tarder à le savoir. Si toutefois je parviens à extirper le portable de ma poche. Plusieurs contorsions dignes d’un ver de terre plus tard, c’est finalement le cas. Voyons un peu … Chae. A tout les coups, il va me demander si je n’ai pas quelque chose pour lui. Ou plutôt pour faire avancer son enquête. Il sait pourtant parfaitement, que j’ai une sainte horreur de dire quoi que ce soit, avant d’avoir totalement terminé une autopsie et le rapport qui va avec. Bah tiens, banco ! « S’il te plaît, dis-moi que tu as découvert quelque chose. ». Raah, non, non et trois fois non, tu n’auras pas la moindre … un nouveau message. « Bak nous met une pression d’enfer. ». Une chose que je ne connais que trop bien, hélas.

Ce type est pire qu’un pitbull. Lorsqu’il est sur votre dos, impossible de vous en défaire, à moins de lui donner un os à ronger qui l’occupe pendant suffisamment longtemps. Je compatis … . Bon, c’est d’accord ! Je suis prêt à faire une exception pour cette fois. Décidément, tout le monde arrive à faire ce qu’il veut de moi aujourd’hui. Si vous avez une faveur à me demander, une requête à me soumettre ou quelque chose dans le genre : c’est le moment ou jamais, le guichet est ouvert ! Maugréant et marmonnant pour la forme, je finis par répondre au Lieutenant en pianotant sur l’écran du téléphone. « Mort due à une blessure par balle ayant sectionné nette l’aorte, avant de transpercer de part en part le poumon gauche. Pas de trace défensive ou de signe de lutte. Aucun ADN étranger exploitable retrouvé sur le corps. Bilan toxicologique négatif. D’après angle de tir, point d’entrée et de sortie du projectile : taille assassin comprise entre 1m78 et 1m83. Possibilité d’une première tentative d’assassinat remontant à au moins un an, mais ne peux l’affirmer présentement. Désolé, c’est tout ce que j’ai pour le moment. ». Mon petit protégé revient à table. Après relecture, je décide d’effacer la dernière phrase. Pourquoi devrais-je être désolé ? Parce que j’ai le malheur d’être minutieux, rigoureux et de bien faire mon travail ? Eh bah non bordel, je ne suis pas d’accord ! Aish, je sens que je suis entrain de m’exciter pour rien là. On se ressaisit. Zen.

A mon avis, la veine sur ma tempe doit saillir sous le poids de l’agacement. Min Soo a certainement dû s’en apercevoir. Sinon, pourquoi s’enquerrait-il de savoir si je vais bien ? Je lui adresse un rapide regard avant de baisser de nouveau les yeux, afin d’appuyer sur la touche « envoyer ». Dès que c’est chose, je dépose le portable sur la table et lui accorde de nouveau toute mon attention. Arborant un air étonné avec des sourcils en forme d’accent circonflexe, je dissipe ses inquiétudes en lui répondant. Si toutefois, ce sont bel et bien des inquiétudes. « Non, non, tout va très bien je t’assure. En tout cas, merci de t’en soucier et de me poser la question. C’est très gentil et attentionné de ta part. A propos, tout se passe bien à la FAC ? Je veux dire … tu as réussi à prendre tes marques et tes repères ? Tu arrives à tenir le coup et suivre le rythme, avec ta carrière de mannequin à côté ? Si tu te sens fatigué, il ne faut pas que tu aies peur de le dire. Je suis certain qu’en discutant avec ton agent, on trouvera un moyen de dégraisser ton agenda, si d’aventure tu ressens le besoin de souffler un peu. ». Quoi ? Ne me dîtes pas que mes paroles vous surprennent. Non mais pour qui me prenez-vous ?! Pour un esclavagiste ? Une espèce de monstre obnubilé par la réussite et l’excellence ? Eh bien, détrompez-vous. Le bien-être, la santé, le moral et le bonheur de mon enf… du petit, sont mes seules et uniques priorités. Jamais il ne me viendrait à l’idée de le pousser et l’obliger à faire quelque chose, dont il ne se sent pas la force ou n’a pas la moindre envie. Que ce soit bien clair. J’attrape la tranche de citron posée sur le rebord de la tasse, et la ratatine afin d’en extraire le jus et apporter une petite touche acidulée au thé. Une fois les doigts essuyés à l’aide d’une serviette en tissu avec le logo du salon brodé dessus, j’en profite pour mettre mon téléphone en mode silencieux. Voilà. Ainsi, personne ne nous dérangera. Comme j’aime à le dire trivialement : lorsque je suis avec Min Soo, le monde entier peut aller se faire foutre !

©️ FRIMELDA


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Soul Wounds
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Kim Min Soo
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Quartier : Haeundae
Don : communication avec la nature
Niveau : 2
Multicompte : pas de schizophrénie diagnostiquée pour le moment
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Dim 30 Sep - 19:39

Ku Hwan & Min Soo

Rockin’ Daddy


Peut-être avait-il quelques problèmes de folie.
C’était en tout cas ce qu’il aurait dû se dire. Quand on se voyait recruter un père, trop jeune pour l’être véritablement, et qu’on ne protestait pas plus que ça… - oui, même s’il se sentait sûrement très rebelle à manger des friandises en douce, quel petit délinquant - c’est qu’on avait déjà un léger soucis. Mais quand, en plus de ça, on montrait naturellement le fruit de son travail au très cher père recruté et qu’on le laissait en plus de ça le voir en premier, ça commençait à sentir le soucis un peu plus gros. Et si, pour couronner le tout, on sentait cette petite boule d’appréhension, bien présente dans notre estomac, tout en attendant un retour sur le travail montré… alors là, c’était clairement qu’on était la proie facile des idées étranges de sa mère. Il ne s’était jamais demandé si tout ça n’était pas une de ses idées pour que la question de ses origines lui trotte moins dans la tête ?
Pas vraiment… il ne l’espérait pas. Et si ça avait un lien, c’était peut-être plus parce qu’elle avait l’impression qu’une figure paternelle lui manquait… ce n’était pas tellement faux, même si à 19 ans, il était sans doute un peu tard pour ça. Il avait atteint sa majorité sans savoir au final. Et par la même occasion, l’âge de garder définitivement ses questions pour soi en cherchant à y répondre autrement. Oui, si sa mère lui ramenait un père dont elle était fan, sans pour autant se mettre en couple avec, pour éloigner un peu la recherche de la vérité… lui avait pris la décision de faire les choses dans son dos désormais… alors au pire, ils seraient quittes.

Ce n’était pas vraiment la question maintenant ceci dit.
La question portait sur sa santé mentale et sur la facilité que semblait avoir Ku Hwan à se faire une place dans sa vie. Et le tout en le privant de snickers, entre autres choses ! Il aurait dû lui coller un procès ! Pas lui filer son book et attendre sa validation avec l’impression d’un gosse qui donne sa rédac’ à relire à un adulte !
Peut être était-il un cas désespéré.
Peut-être sa mère avait-elle pris une bonne décision en embauchant un père bénévole.
Ou peut-être que Ku Hwan était juste extrêmement doué pour l’acceptation malgré son sadisme parfois.
Chose certaine, il aurait été difficile pour l’étudiant de nier qu’il l’appréciait au moins autant qu’il le respectait.
Allez Min Soo, file lui les formulaires d’adoption tant que tu y es ! Au moins t’es certain de ne jamais connaître le sens du mot “cholestérol” !

Maintenant, s’il se faisait décortiquer par un médecin légiste, il pouvait au moins savourer la réaction “familiale” la plus positive à laquelle il aurait le droit.
Evidemment, sa mère commencerait par dire qu’il était magnifique, qu’elle avait le plus beau fils du monde et ce genre de compliments pas du tout exagérés selon elle. Mais une fois la première chemise aux boutons un peu trop ouverts devant ses yeux… ce serait le début d’un loooong monologue sur la prostitution, que bientôt on allait lui proposer des photos où il poserait entièrement nu, que lorsqu’il en arriverait là son agence trouverait le moyen de se faire encore plus d’argent en vendant sa compagnie et de là… la prostitution était bien plus que proche.
Oui… sa mère avait tendance à être un peu excessive dans la protection…

Alors savoure d’être passé à la loupe jeune mannequin, c’est bien moins pire. Écoute les cours de ton papa agent et oui, hoche la tête, ça fait toujours bien. « Oh... » quoi “oh” ?
Bah… c’est sûr que vu comme ça… il parvenait tout à fait à voir tous ces responsables de casting avec des loupes dans les mains… l’image était à la fois risible… et gênante. Mais au moins, malgré ce très court “oh”, il semblait avoir compris le point qu’était en train de lui exposer son maître jedi.
Pour ce qui était de la suite, sa tête s’était secouée à plusieurs reprises mais loin de vouloir contredire papa ici présent et de vouloir se prendre un rendez-vous pour passer sur le bistouri, il avait joint quelques mots au geste  « Non, jamais. C’est vraiment pas mon truc tout ça tu sais. » on ne conseillait pas de ne jamais dire “fontaine, je ne boirai pas de ton eau” ?
Non. Vraiment. Et puis il n’y avait jamais pensé.
Et si on venait à lui rabattre l’idée au travail avec ça ?
Il n’aurait qu’à leur envoyer son deuxième agent, il savait se faire menaçant. C’est vrai, après tout, à lui, il lui ferait reposer n’importe quel chocolat, n’importe quel bonbon. Son père par recrutement savait très bien se faire comprendre.
Aaaaah, si tu savais Min Soo, à quel point il se fait comprendre dans ton Agence ! Bien plus que tu ne le sais, et bien plus que tu ne le soupçonnes ! Le book que tu viens de lui donner en toute innocence, il y a la patte de celui qui te fait à présent face.
Ton agent, le vrai, il a sûrement même plein de jolis petits noms d’oiseaux pour en parler.

Et puis, le mannequin avait hoché la tête. Oui, c’est vrai, il se sentait chanceux d’avoir eu une bonne équipe pour son book. C’était un bon résultat non ? Il le préférait au précédent, il voyait une nette différence entre les deux et pas seulement parce qu’il avait changé entre le moment où il avait fait le premier, et aujourd’hui. Mais voilà, les mots suivants étaient parvenus à rosir ses joues, comme un idiot,  et sa main était venue frotter l’arrière de son crâne un instant tandis qu’il avait soufflé ces remerciements « Merci, c’est vraiment gentil. » presque agaçant qu’il en soit gêné oui, mais la suite, qui avait sonné sincère, saurait peut-être le faire pardonner « On ne se connait pas depuis très longtemps mais, tu sais, ton avis compte vraiment beaucoup pour moi. Et puis, tu t’intéresses vraiment à ma carrière, quelque part je trouve ça mignon.  »  Vraiment Min Soo, va falloir arrêter de le qualifier de mignon. Dis touchant la prochaine fois, ce sera toujours mieux.

Les problèmes de vocabulaire ne seraient de toute manière bientôt plus une priorité. Non, il avait suffit d’un pepsi et de pâtisseries proposées pour que son cerveau enclenche le mode “méfiance”. Et s’il avait fini par se lever pour accepter l’offre de celui qui semblait avoir pris le rôle de tuteur, le doute n’en n’était pas moins présent quand il avait payé. Il était encore là une fois de retour à leur table, et il s’était multiplié par deux lorsque son regard s’était porté avec plus d’attention sur son aîné. Oui, c’était louche. Très louche.
Est-ce que Ku Hwan avait des soucis qui rendaient la consommation de sucres et diverses graisses plus pardonnables ? Il avait même rangé son petit plat “appétissant”...
Alors, la question était sortie et une réponse n’avait pas tardé à sortir de la bouche du médecin légiste avant que le sujet ne dérive à nouveau sur lui.
« T’es sûr ? » puisqu’il vient de te le dire. Fais plutôt plaisir à “papa” et réponds à ses interrogations « T’as rien qui te tracasse ? » Min Soo, c’est pas beau d’insister … « Tu sais, on n’est pas obligé de parler que de moi. » c’est vrai… Ku Hwan s’intéressait beaucoup à lui, mais ça ne marchait pas que dans un seul sens. D’accord, il donnait peut-être l’impression d’esquiver ses questions maintenant mais c’était sans le vouloir, il ne cherchait pas à l’inquiéter en le laissant s’imaginer des trucs sur ses études « Je veux dire, si t’as besoin, tu peux me parler. Je ne suis plus un gamin maintenant, et je suis assez grand pour écouter les adultes. »
Ok. Alors premièrement, un mec qui définit les autres comme “adultes” sans s’inclure dedans, n’est pas si grand que ça. Oui, même si le terme est employé par ironie, t’as pas encore l’âge pour ça jeune homme !
Deuxièmement. Oui, on le sait que t’es majeur depuis le mois dernier.
Troisièmement. T’as pas oublié hein ? Que Ku Hwan t’as pas réellement connu enfant ?

Bref ! « T’aimes les fraises hein ? » c’est ça, pousse plutôt cette part calorique vers lui et justifie toi avec un sourire... « Je n’aime pas célébrer seul. » … pour ne pas lui laisser d’autres choix que de manger sucré avec toi.

AVENGEDINCHAINS
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Rim Ku Hwan
Âge : 30
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 5
Multicompte : Ong Ki O & Nō Qiang
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Dim 7 Oct - 23:58

Rockin’ Daddy
Feat. Kim Min Soo
Ah dix-neuf ans … le bel âge ! N’en déplaise aux sarcastiques, il fut un temps où j’eus moi aussi dix-neuf ans. Ouais, ouais, c’est ça riez. Riez-donc à en convulser comme des épileptiques. Bon en même temps quand j’y repense, il est vrai que … hahahaha ! Oh seigneur … . A cette époque-là, je venais tout juste de découvrir le gel coiffant. Le résultat était, comment dire … improbable. Oui, je me cherchais encore capillairement parlant en ces temps lointains. Que dire aussi de mon perfecto à clou en cuir rouge. Façon Michael Jackson dans Bad. Enfin, vous voyez le genre. Je me souviens avoir tanné ma mère pendant des jours et des jours, avant de parvenir à la faire plier afin qu’elle m’en offre un pour mon anniversaire. Hahaha … vous avez compris le jeu de mots ? Perfecto en cuir … tanné. Cuir tanné. Ah ça y est, je vois que la lumière commence à jaillir. Mon Dieu, j’en suis arrivé à devoir expliquer mes calembours désormais. J’ai toujours su que j’avais beaucoup trop d’esprit pour le commun des mortels, mais enfin bon à ce point là ; c’est tout de même inquiétant. Soyez certain que pour un fois, j’ai grandement apprécié le cadeau qui m’a été offert à l’occasion de cet anniversaire. Oui, je dis bien « pour une fois », car aussi gentille et formidable soit-elle, ma chère maman est tout bonnement nulle pour ce qui de faire des cadeaux aux autres.

Enfin, surtout pour ce qui est des idées de cadeau. Qui que vous soyez, et quels que soient vos centres d’intérêts, vous pouvez être certain qu’elle mettra loin, TRES loin du mil, et que le présent qu’elle vous offrira vous laissera de glace. Sincèrement, qu’aurais-je fait d’une cinquième Encyclopédie Universalis, illustrée en dix-huit volumes ? A part peut-être pour me servir d’un des tomes en guise de cale, pour stabiliser un des pieds du lit de ma chambre étudiant, ou de je-ne-sais-quel autre meuble bringuebalant. Bohf, je ne lui en veux pas. La malheureuse, ce n’est tout de même pas de sa faute si comme mo… . Oh mon Dieu ! Alors, c’est de ce côté là de la famille que je dois mes goûts de chiottes, en matière d’idées de cadeau pour autrui ? Bigre ! Dire que depuis tout ce temps, c’était là juste sous mes yeux et que je n’ai jamais fait le rapprochement. Bon, eh bien voilà au moins un mystère d’élucidé. La prochaine fois que je serais amené à offrir un petit quelque chose à un individu, rappelez-moi de choisir ce qui me révulserait ou ce vers quoi je n’irai jamais spontanément. Qui sait, peut-être qu’ainsi je parviendrai à enfin faire un ou une heureuse, et viser juste. Oh, et puis que dire aussi de ces jeans neige complètement délavés, élimés et rappés. Tiens, à peu près les mêmes que celui que je porte aujourd’hui. En plus baggy et moins slim par contre.

Pour ma défense, j’objecterais le fait que nous étions en pleine ère Grunge, et que Nirvana inondait les ondes à la radio. Avouez tout de même, que cela fait largement office de circonstances atténuantes. Plaît-il ? Pourquoi j’en porte en ce moment même un, ressemblant à s’y méprendre à ces reliques vestimentaires, dont je fais état ? Excellente remarque. A laquelle je n’ai strictement rien à arguer. Mais qu’est-ce que je raconte ? Eh puis d’abord, depuis quand dois-je me justifier auprès de vous ? Aimer le déglingué et le négligé chic, serait-il subitement devenu un crime ? C’est bien ce que je pensais. D’ailleurs, je songe très sérieusement à relancer la mode de ces jeans. Bien entendu par « je », je fais évidemment allusion à mon alter égo. Mon Mister Hyde : Thiago Dos Anjos. Je pense qu’il est inutile de vous dire que les actes et les paroles, d’un auteur de best-seller possédant une communauté de fan se comptant en millions d’âmes, auront bien plus de poids, de rayonnement et de portée, que ceux d’un médecin légiste. Fusse-t-il génialissime. J’ai déjà tout prévu. Le manœuvre s’avère, on ne peut plus simple. Etre vêtu de ce type de pantalon, à l’occasion d’événements publics. Et ce, quelle que soit leur envergure. Un salon du livre, une séance de dédicaces, un interview télévisée dans une émission de divertissement, une soirée ou un gala.

Afin de m’assurer qu’un maximum d’yeux auront admiré ces dits jeans, je posterai sans doute à l’occasion divers contenus sur les réseaux sociaux. Ca, c’est la phase une. Montrer et exposer à la vue de tous la pièce qui déchaînera les passions. De-là, deux possibilités. La première, et la plus rapide, des influenceurs et lanceurs de tendances, ont remarqué que cette petite merveille était du plus bel effet sur moi. Ils décident donc de propager et répandre, le port du jean slim grunge version deux-mille dix-huit. Seconde option ; celle nécessitant plus de temps. En voyant cela, mes plus ferventes lectrices décident d’habiller leur mari, fiancé ou petit ami de la sorte. Ensuite, c’est comme le bouche à oreille. Il faut laisser le temps faire son œuvre, pour récolter par la suite les fruits de son dur labeur. Mon plan est infaillible et marchera comme sur des roulettes. Je prends solennellement et devant vous le pari, que d’ici le printemps prochain, le jean neige sera le futur must have dans toutes les penderies masculines de France et de Navarre, par la colère de Dieu ! Hein ? Oui, nous laissez tomber ; c’est une expression. C’est comme si je disais de Corée et de Jeju. Vous ne voyez toujours pas … . Bon ok, c’est une façon singulière et pompeuse, je vous l’accorde, pour dire « partout ». Ahem, passons ! Dit donc, je me suis sacrément égaré.

C’est toujours pareil quand je parle de mes jeunes années ; je finis par déraper et faire du hors piste. Pourquoi vous ne m’avez pas arrêté et remis sur les rails, hein ?! De quoi on parlait déjà ? Ah oui, dix-neuf ans ! Voyons voir. Sauf erreur de ma part d’un point de vue chronologique, il me semble que je devais être en cinquième année de médecine. Mon ahurissante intelligence et mes prodigieuses capacités, m’ont octroyé le privilège de faire l’impasse sur quelques années d’études. Oh non, je vous assure qu’il n’y a vraiment pas de quoi en faire toute une histoire … bon d’accord, je vous raconte ! Quoi ? On est bien là, non ? Eh puis, ce n’est plus comme si on était à cinq minutes près à présent. Je suis devenu le plus jeune étudiant de Corée et d’Asie, à décrocher simultanément deux doctorats en autant de spécialités différentes. Les maths sup’ et maths spé’ auront rapidement fait le calcul, découvrant que j’ai réalisé cet exploit sans précédant, à tout juste vingt-deux ans. Vingt-deux ans, six mois et dix jours pour être très précis. Ce « record » est resté en vigueur jusqu’à il y a quelques mois. Une pimbêche thaïlandaise au nom imprononçable se terminant par « -porn », m’a coiffé au poteau en réalisant la même chose, avec seulement deux petits mois d’avance sur moi. Tsss, une thèse sur les éruptions solaires et une seconde sur la fusion froide … soporifique et ennuyeux de facilité !

Moi jaloux ? Alors là, absolument … oui bon d’accord ça va. J’admets que je suis un peu envieux de son épatante réussite. Hmm, par contre niveau âge mental : je n’ai pas pris un ride. Le compteur semble être resté bloqué à dix-neuf. J’hésite entre trouver cela drôle ou inquiétant. Oh, j’étais loin d’être un ange ou une crème à l’époque ! Si j’ai bonne mémoire, cela correspond à peu de choses près, à l’apogée de mon narcissisme. Je sais bien que vous vous dîtes, qu’il est impossible d’être plus arrogant et imbu de soi-même que je ne le suis déjà. Pourtant, je peux vous garantir que le melon qui me sert de tête a considérablement régressé, en bientôt plus de dix ans. C’est également à l’aube de mes vingt ans, que j’ai pris conscience d’une chose très importante. Cela m’est pour ainsi dire tombé dessus comme une révélation. Grâce à celle qui fut mon premier véritable et grand amour, j’ai découvert que je n’étais pas simplement une tête bien faîte. Non, je pouvais également être une belle gueule. Ce physique, atypique, singulier et exotique qui m’a valu bon nombre d’injures et de rixes … il peut aussi plaire et être au goût de certaines femmes. Et certains hommes aussi, parfois. Partant de là, vous comprenez sans doute mieux pourquoi j’ai soudainement eu les chevilles qui ont triplé de volume, au cours de mes études. La beauté et l’intelligence. De quoi être en droit de se prendre pour l’incarnation de Dieu sur terre. Pêché d’orgueil ; mon plus détestable défaut.

Je sais surtout qu’à cet âge, on aspire à toujours plus de liberté. Les sensations fortes nous galvanisent et nous font nous sentir réellement vivant. La transgression des interdits et le dépassement des limites, sont dès lors des choses que l’on recherche constamment. On se teste, voit jusqu’où on peut aller et expérimente tout ce que le monde a à nous offrir. La prudence, la sagesse et le sérieux sont des concepts nous apparaissant comme étant ennuyeux et rasoirs. Personne. On estime n’avoir strictement besoin de personne. Tout les discours moralisateurs que peuvent nous formuler nos aînés, entrent par une oreille et ressortent aussitôt par l’autre. C’est un petit peu mon rôle avec Min Soo. Je me dois de le mettre en garde. Faire en sorte qu’il réalise que des personnes en apparence « cool », sont en réalité toxiques et destructrices. Lui ouvrir les yeux quant à la vraie nature de certaines conneries. Des conneries du genre illicite, pouvant certes paraître au demeurant très attirantes, divertissantes et amusantes ; mais qui sur le long termes se révèlent extrêmement dangereuses et dévastatrices. Je suis en quelque sorte le « casseur d’ambiance » et le rabat-joie. Il me faut lui faire prendre conscience des multiples tentations qui l’entourent. Savoir, les identifier, les repérer et surtout les refuser. Ou alors, de ne pas en abuser.

Bien évidemment, je ne dois pas mettre trop de zèle dans cette tâche. D’une part car je ne suis personne, et surtout pas son père, pour lui tenir des discours trop fallacieux. D’autre part, car je ne suis pas vraiment un modèle de vertu, ni un exemple à prendre sur certains points. Je sais que j’ai parfois la fâcheuse tendance à l’infantiliser. Ce qui est totalement stupide, car en dépit de son âge, son côté rêveur et dans la lune ; il fait preuve d’une très grande maturité et d’énormément de bon sens. Je ne sais pas trop s’il tente d’orienter la discussion vers moi, pour éviter d’avoir à parler de lui, ou s’il est sincère. Toujours est-il que je lui rétorque dans subreptice haussement d’épaules, d’une voix d’abord un peu trop affectée, qui devient petit à petit plus posée : « Oui, je t’assure que tout va bien. Enfin … mis à part que j’ai du travail par dessus la tête en ce moment, mais cela va bien finir par se tasser. Je sais bien que tu es loin d’être un nombriliste et que tu peux soutenir des conversations sérieuses. C’est juste que ... qu’à mon humble avis, le contenu de mes journées est fade et ennuyeux à mourir, à côté de celui des tiennes. La vie d’étudiant et de mannequin en devenir : ça, c’est palpitant. Mais si tu souhaites que l’on parle de moi, ou de toute autre chose n’ayant aucun rapport avec toi : sache qu’il n’y a aucun souci. ».

Le problème, c’est qu’une fois épuisé le résumé de sa journée, de ses activités ou des miennes : nous avons plus ou moins fait le tour des sujets de conversations. Tout ce qui nous réuni c’est … sa mère. Une femme absolument charmante. Un brin louve surprotectrice avec son louveteau sur les bords, mais bon mieux vaut cela qu’une surabondance de laxisme. Cela m’étonnerait qu’il ait particulièrement envie de parler de son auguste maman. Quoi d’autre … ? Oh, la littérature évidemment ! Seulement, j’ai bien peur que nos goûts diffèrent. Lui serait plus Peter Pan et romans de Science Fiction, tandis que de mon côté ce sont plus « Les Liaisons Dangereuses » ou le Marquis de Sade qui me branchent. Je peux toujours lui venir en aide, s’il a besoin de précisions à propos d’un sujet qu’il a vu en cours et qui l’intéresse. Ou lui expliquer plus clairement quelque chose qu’il n’a pas parfaitement saisi. Ceci dit, et vu qu’il étudie cela toute la sainte journée, je doute qu’il ait envie de jouer les prolongations et de deviser là-dessus avec moi. Mon adorable … filleul fait glisser dans ma direction une petit assiette en faïence, sur laquelle repose une appétissante et généreuse part de tartes aux fraises bien rouges et juteuses. Pour moi ? Argh, malin le coup du « Tu aimes ? » suivit du « Tu ne va tout ne même pas me laisser célébrer seul, hein ? ».

Comment refuser après cela ? Sans parler de sa petite bouille qui ferait fondre n’importe qui. Hmm, il devient malin et roublard ce p’tit. Des méthodes et stratagèmes qui me ressemblent bien. On dirait que je suis inconsciemment entrain de déteindre sur lui. Bonne chose ou non ? L’avenir nous le dira. J’attrape le bord de l’assiette afin de la mettre face à moi. Tapotant le manche de la cuillère, je lui rétorque dans une petit moue pensive : « Je suis plus citron, mais loin de moi l’idée de faire la fine bouche devant d’aussi succulentes fraises. Eh puis, je ne dis jamais non à une petite célébration. Même si avec le temps, les occasions de se réjouir se font moindre. Aller, à toi et ta longue et brillante carrière ! ». En disant cela, je lève ma cuillère afin de la faire tinter contre celle dans sa main. Une espèce de variante des traditionnels verres que l’on fait trinquer, pour ponctuer un toast. Un sourire aux accents enfantins vient tracer son sillon sur mes lèvres, avant que je ne baisse la tête en direction des motifs d’inspirations chinoises de mon assiette. Je coupe la pointe de pâte sablée du triangle isocèle recouvert de fraises, puis finis par porter la petite portion de tarte à ma bouche. Aussitôt, mes paupières se closent et un timide rictus naît sur mon visage. Hmm … . Cela a beau foutre en l’air et détruire une silhouette ; Dieu que ces saloperies sont bonnes !

©️ FRIMELDA


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Soul Wounds
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Kim Min Soo
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Quartier : Haeundae
Don : communication avec la nature
Niveau : 2
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Sam 13 Oct - 14:20

Ku Hwan & Min Soo

Rockin’ Daddy


S’il avait gardé les yeux posés sur son aîné jusque là, sa tête s’était secouée quasiment sur les termes “fades et ennuyeux à mourir”. Manifestement peu d’accord, voir pas du tout, il n’avait cependant pas coupé son père recruté et l’avait laissé terminer.
Parfois, un peu plus que parfois sans doute, il s’était dit que si Ku Hwan lui parlait bien moins de lui qu’il ne demandait de ses nouvelles, c’était parce que sa mère avait jugé bon de lui conseiller de s’abstenir ou parce qu’il se l’était conseillé tout seul. Un quotidien trop glauque à son goût qui ne cadrait pas avec les 7-8 ans que devaient probablement encore lui donner sa mère, si ce n’était pas 6. Non, elle n’aurait surtout pas voulu lui donner des cauchemars - il en faisait pourtant bien sans son aide - même si elle adorait l’homme qu’elle avait embauché en tant que père dans chaque aspect de sa vie. Oui, ce qu’elle voyait comme palpitant pour elle, l’était sans doute bien moins pour Min Soo.
Mais dire maintenant que c’était parce qu’il n’y avait pas grand chose d’intéressant à y raconter, l’étudiant ne pouvait que protester. Il était sûr du contraire. Ku Hwan avait beau cherché régulièrement à l’empoisonner, il n’en était pas moins un personnage. Il avait pour lui une carrure, un charisme, quelque chose en plus qui rimait forcément avec “mes journées sont si intéressantes que j’ai le temps d’en passer 8 que toi t’es toujours à la première”.

Bah dis donc, du père qui te colle, t’en penserais pas déjà un peu trop de bien ?
… ce n’était pas la question !
La question avait d’abord été de savoir si quelque chose tracassait son aîné. Puis l’idée avait été de penser qu’il ne songeait sans doute pas à lui en parler. Et après cette incitation à la confession, il avait entendu des mots pour lui faire secouer la tête d’un désaccord marqué.
Il aurait pu protester ensuite sur sa vie bien remplie, c’est vrai. Mais aucun mot n’avait franchi ses lèvres à ce sujet. Après tout, ce n’était pas si faux. La sensation de vide venait d’ailleurs et ce sujet là avait été placardé comme un Voldemort d’un “celui dont on ne doit pas prononcer le nom”. Même y penser en réalité. C’était à ranger dans la case “jardin secret avec clôtures électrifiées”.

« Moi je ne suis pas d’accord. » ça il l’a compris que tu n’es pas d’accord, t’as secoué la tête au moins 5 fois « Et ma mère ne serait pas d’accord non plus. » Ah oui, et deux Kim du même avis ça donnait une vérité absolue ? Sans doute... « Tu devrais même avoir le monopole du dialogue. » Min Soo, si t’en fais autant, il va vraiment finir par penser que tu lui caches quelque chose en rapport avec tes études. Pourtant, c’était vrai, il pouvait lui parler « Toi tu résous des mystères. Moi je fais acheter du dentifrice. Présenté comme ça, tu reconnaîtras que ta vie semble plus palpitante. » Et les mystères, même qu’il les résolvait autant en tant que médecin, qu’en tant que romancier. Double palpitation ? Quelque chose comme ça… un terme de ce genre. Bref, calme toi jeune hobbit pas petit, Gandalf a compris que tu défendais son point. Être le mage gris qui devient blanc ne fait pas de nous le personnage le moins palpitant parce qu’on a une vie plus installée ?
… non Min Soo, parler de Gandalf n’aurait pas forcément fait un meilleur plaidoyer. Bien au contraire !

« Et puis ça me plairait de t’entendre parler plus de toi. » quoi ? Ce n’était pas une technique fourbe de mignon. C’était vrai ! Il avait envie de le connaître un peu mieux. S’il l’avait connu un peu mieux, il aurait choisi une tarte au citron plutôt qu’une à la fraise pour lui faire partager les joies du sucré et des calories ingérées avec plaisir « Citron, d’accord. Je le saurai pour la prochaine fois. » … Min Soo, savoure déjà le miracle de cette fois. T’en as bien conscience que c’est rare de partager une pâtisserie avec Daddy Vegan ?
Oh que oui, il en avait conscience. Quelques minutes en arrière, à peine, il croyait encore à un test. Un genre d’épreuve qu’il devait passer pour lui prouver sa bonne volonté. Maintenant, il lui collait une friandise devant les yeux et trinquait avec lui de sa petite cuillère relevée dans un sourire ravi.
Oui, c’était moche de faire ça. Mais n’empêche qu’à voir la tête de son aîné, il ne pouvait regretter de l’entraîner avec lui dans le péché du sucré. Quelques secondes, il s’était perdu sur les traits du visage qui lui faisaient face, guettant une réaction qui avait semblé le satisfaire au point d’en avoir un nouveau sourire sur les lèvres avant que ses dents ne mordent à son tour dans le sucré. Son soupir n’avait pas tardé à sortir, imitant même Ku Hwan un instant en fermant les yeux. Famine, c’était bien l’état proche duquel il se trouvait. C’était en tout cas le mot qu’il avait pensé en laissant les saveurs sucrées chatouiller sa langue avec satisfaction.

Sa première bouchée avalée, il se sentait déjà mieux. Mais il lui en avait fallu une deuxième pour reprendre la parole « Je suis convaincu que c’est l’une des meilleures choses au Monde ! » ouais… sauf qu’avec la faim, il aurait été capable de dire ça de n’importe quel repas pris, tout particulièrement si ça rimait avec sucre. On ne doutait pas que le plat non consommé et préparé avec amour du père en face de lui ne serait toutefois pas rentrer dans le top, mais n’allons pas gâcher le moment « Au fait, je vais oublier sinon, ma mère voudrait t’inviter à manger à la maison. » en réalité, ça lui tenait même particulièrement à coeur. Le sujet était déjà revenu suivi d’un “t’y penseras hein ?” avec des étoiles dans les yeux. Il n’en doutait pas que ça lui tenait particulièrement à coeur. Il ne doutait pas non plus du fait qu’elle ferait trois fois trop à manger, désireuse de bien le recevoir et de faire quelque chose qui lui plairait. Et il doutait encore moins du fait qu’elle le cuisinerait sur ses écrits en bonne fan. “Il est fantastique”, c’était le compliment qui revenait souvent dans la bouche de sa mère quand elle parlait de Ku Hwan. L’admiration qu’elle lui vouait n’avait sans doute pas de limites. Il se souvenait avoir acheté le dernier livre de l’auteur qui lui faisait face pour l’offrir à sa mère peu de temps avant de faire sa rencontre. Depuis, régulièrement, il l’entendait dire qu’il avait beaucoup de chances de l’avoir dans sa vie. Que sa présence pouvait ne lui faire que du bien. C’est vrai, quelque part sa mère devait se dire que ça chassait plus certainement les éventuels retours de questions sur l’identité de son père… c’était mieux d’en recruter un trop jeune pour l’être réellement que de l’éclairer enfin. Est-ce que son père avait tué des gens ou quelque chose comme ça ? Il l’avait toujours imaginé comme quelqu’un de génial… mais c’était le concept même du rêve… accentué quand on avait la tendance à le chercher dans des romans, des films et en faisant travailler son imagination.

Il ne lui en avait jamais réellement voulu. Encore maintenant, avec sa dernière lubie de lui embaucher un père dont elle était fan. C’était sans doute trop difficile d’en vouloir à sa mère, il s’en sentait même incapable « Je pourrais même lui demander de faire une tarte au citron pour le dessert si tu veux... » alors si elle voulait inviter papa Ku Hwan à dîner, il pouvait bien lui vendre la soirée avec du sucré alors qu’il en partageait déjà avec lui maintenant.

AVENGEDINCHAINS
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Rim Ku Hwan
Âge : 30
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 5
Multicompte : Ong Ki O & Nō Qiang
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Dim 14 Oct - 23:00

Rockin’ Daddy
Feat. Kim Min Soo
Un philosophe et essayiste taoïste, dont j’adhère tout particulièrement à la pensée, prétend dans l’une de ses nombreuses théories sensées et invitant à la réflexion, que le niveau de bonheur propre à chaque individu peut se quantifier. Grâce à une sorte d’échelle. Non, ce n’est pas exactement cela. Selon lui, la somme de plusieurs facteurs combinés pourrait donner une indication approximative, quant au degré de contentement incombant à une personne à un moment précis de son existence. Oui, c’est ça. Voilà qui retranscrit bien ses propos, sans pour autant les dénaturer ou trop les vulgariser. Ces dits facteurs sont au nombre de cinq, et cet auteur, dont je m’abstiendrai de prononcer le patronyme à rallonge de peur de l’écorcher, leur donne l’appellation sentencieuse et ampoulée de « piliers du bonheur. ». Pour savoir si son taux d’ataraxie se situe au ras des pâquerettes ou au contraire crève le plafond, cet homme éclairé et des plus pertinents nous enjoint à apposer sur chaque « pilier » un mot, un seul, pour décrire notre ressenti à propos des différents pans fondamentaux de notre vie. Pour que cela soit plus parlant et concret pour vous, je vais faire mon « autoévaluation » en live. Si l’envie vous prend de faire la votre dans le même temps ; allez-y, ne vous retenez pas. A mon avis, vous serez très certainement surpris du résultat à l’arrivée.

Bien, commençons. Le premier des cinq piliers est la famille. En un mot ? Brisée. Celle dont je suis issu ne compte plus qu’un seul membre : ma très chère mère. Pas de grands-parents, de frères, de sœurs, d’oncles, de tantes, de neveux et nièces ou de cousins. Du moins, sur le sol coréen et du côté maternel. Qui sait, peut-être en ai-je, que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, au Brésil du côté de São Paulo ou de sa proche région ? Toujours est-il qu’en ce qui concerne les membres de la cellule familiale portés à ma connaissance, ils se résument à la femme m’ayant mis au monde. Plutôt restreint, n’est-ce pas ? Néanmoins, ma mère et moi entretenons, et avons toujours entretenu jusqu’à présent, d’excellents rapports. Finalement, n’est-ce pas là le plus important ? Probablement. Quant à la famille que j’ai fondée ? Onze lettres : inexistante. Au grand dam du « dernier des Mohicans » de celle dont je proviens. Bientôt trente ans et jamais marié, pacsé ou uni légalement à un autre être. J’évite d’employer le terme de « moitié », que je trouve proprement grotesque et ridicule. Ceci dit pour cela, encore faudrait-il que je sois dans l’optique de me stabiliser avec quelqu’un, et enclin à nouer une relation durable et sur le long terme. Chose que o sedutor do Brasil que je suis, ne semble pas disposé à entreprendre pour l’heure, au vu du défilé de femmes et d’hommes qui passe dans sa vie ainsi que dans son lit.

Aucune descendance amorcée. Remarque, étant un grand enfant fuyant les responsabilités et les obligations, j’imagine que le fait de ne pas avoir de progéniture n’est finalement pas plus mal. Pourtant, et étrangement, un désir tout aussi curieux qu’inexplicable de paternité, fait entendre sa voix en moi depuis quelques temps déjà. Cependant, et en l’état actuel des choses, je doute qu’un « mini moi » serait chanceux d’avoir pour père un mec aussi inconséquent, immature et irresponsable. Peut-être que c’est trop tard désormais ? Peut-être que ce n’est pas pour moi ? Peut-être, peut-être, peut-être … . Passons désormais au second pilier, et non des moindres : l’amour. Hmm … instable ? Ma vie sentimentale est un bordel ainsi qu’un foutoir sans nom. Un véritable marasme jonché d’histoires sans lendemain, de copulations, coïts et petites amourettes sans importance. Au risque de passer pour un queutard, je dirais que je suis plus proche de l’image d’Epinal du latin lover bandant ses muscles et arborant un sourire ravageur ultra brite, plutôt que de celle du grand romantique déclamant des sérénades au clair de lune ou faisant la cours en contant l’amour courtois. N’allez pas croire que je n’ai jamais entretenu de relation sérieuse et suivie avec qui que ce soit. A des époques bien distinctes, j’ai connu deux grandes passions.

Deux personnes dont j’ai été éperdument amoureux, et pour lesquelles j’aurais véritablement été prêt à faire n’importe quoi. Deux personnes en compagnie desquelles j’aspirais ardemment vivre et couler des jours heureux. Deux personnes auprès de qui j’imaginais sans aucune difficulté l’avenir, et avec lesquelles j’avais des projets de vie. Deux personnes qui ont fini par vouloir donner un nouveau sens à leur existence et commencer une nouvelle vie. Une vie dans laquelle ils ont refusé de m’inclure. A aucun moment je n’ai fait semblant ou n’ai triché. J’ai été entier. Je me suis donné et offert. Sans réserve, condition, retenu ou garde-fou. Ils ont choisi de reprendre leur liberté, me laissant avec une immense béance à la place du cœur. Qu’importe les peines, les déchirures, les souffrances et les affres inévitables de la séparation ; si c’était à refaire … je le referais sans la moindre fraction d’hésitation et retomberais fou amoureux. Cependant aujourd’hui, on ne m’y reprendra plus. Oui, j’ai compris la leçon et ne suis pas prêt de me mettre de nouveau à nu, pour les beaux yeux d’une odalisque ou d’un éphèbe. Me blinder et me cuirasser sentimentalement parlant est devenue une nécessité. Une question de survie ? Plus ou moins. En tout cas, si je ne voulais plus jamais être amené à revivre l’état pitoyable de loque humaine dans lequel m’a plongé la séparation : il fallait bien cela. Suis-je pour autant devenu totalement étanche, imperméable et hermétique émotionnellement ? Non, bien évidemment.

Je n’ai pas pu me résoudre à tout verrouiller et cadenasser. La magie pourra de nouveau opérer. Seulement, cela sera loin d’être évident. Il me faudra du temps. Beaucoup de temps. Et également quelques certitudes et garanties, quant au fait de m’en sortir cette fois-ci indemne, si tout ne se passe pas idéalement. Pour l’heure, je me complais à agir en parfait allergique à l’engagement et rechigne catégoriquement à m’attacher à un être ne me laissant pas indifférent ou de glace. Vous connaissez aussi bien que moi le proverbe : « chat échaudé craint l’eau froide ». Donc non, je ne suis pour l’heure guère enclin à tendre l’autre joue, et prendre le risque de potentiellement me ramasser une nouvelle raclée. Vient ensuite le troisième et précieux pilier de la santé. Satisfaisante. Probablement l’une des rares choses qui tienne à peu près la route chez moi. Il faut dire aussi que je m’en donne les moyens. Sans me targuer d’être un ascète ou l’alpha et l’oméga en ce domaine, je pense néanmoins être en droit d’affirmer mener un mode et une hygiène de vie quasi-exemplaire. J’imagine que cela n’étonnera personne, si je vous dis que je m’astreins à un régime alimentaire des plus diététiques. Prétendre que ce n’est plus un secret pour personne et qu’il s’agit d’un fait de notoriété publique serait clairement exagéré, mais les personnes me connaissant un minimum vous diront que c’est un sujet sur lequel je suis très, voire trop, à cheval.

Bien sûr, le but de la manœuvre est de prévenir ainsi que de lutter contre l’apparition de pathologies telles que le diabète, le cholestérol, l’hypertension artérielle et toutes les déclinaisons de maladies cardio-vasculaires. Est-ce un choix ? En partie. Ces habitudes alimentaires trouvent en grande partie leurs origines dans l’éducation que mes parents, et en particulier ma mère, m’ont inculquée. Jamais il n’y avait de Coca sur la table à la maison lors des repas par exemple. Quant aux chips, gâteaux et autres sucreries ; je n’en parle même pas. Il a fallu attendre que la vis de l’autorité parentale se desserre légèrement, afin que je découvre le goût de la fameuse malbouffe. De mémoire, et sauf erreur de ma part, il me semble que je devais être au collège. Les fruits et les légumes frais ont très vite occupé une place prépondérante au sein de mes habitudes alimentaires. Remarque, mes parents pouvaient difficilement faire autrement. Pas simple de posséder une épicerie spécialisée dans les produits sud-américains issus de l’agriculture biologique et du commerce équitable d’un côté, puis de gaver son enfant avec de la nourriture industrielle à l’origine et la provenance douteuses de l’autre. On est bien d’accord ; cela aurait fait un peu désordre. N’ayant connu pratiquement que cela, et m’y étant très bien accoutumé ; je n’ai donc vu aucune raison valable de renoncer à ces habitudes alimentaires, dès que j’eus pris mon envol et gagné en autonomie ainsi qu’en indépendance.

J’essaye autant que faire se peut, de réduire mes apports en lipides, sel et sucre au strict minimum. A cela, il faut également ajouter le bannissement des denrées à base de farine de blé, et donc de gluten, ainsi que les produits laitiers d’origines animales. Tout ces efforts ne serviraient à rien, s’ils n’étaient pas couplés à une pratique sportive régulière. Une heure quotidienne dans mon cas. Trente minutes minimum, si je suis vraiment pressé par le temps. Principalement des sports de combats, de la musculation, du yoga tonique et de la course à pied. De une, cela contribue au maintien en forme du muscle cardiaque ; de deux, cela permet de se sculpter un corps d’athlète, et influe donc indirectement sur le pilier de l’amour. Aucun excès ou abus à déplorer. Je ne fume pas, ni ne consomme de substances illégales. Bon, il m’arrive à l’occasion de boire une verre d’alcool pour fêter la résolution d’une enquête, ou à la fin d’une journée qui mit mes nerfs à rude épreuve, mais sinon ça s’arrête là. Seule petite ombre au tableau : le sommeil. Entre le travail à la morgue et mon activité d’écrivain ; le temps qu’il me reste pour dormir et me ressourcer se trouve réduit à peau de chagrin. Or, pour que les cellules se régénèrent et que les défenses du système immunitaire restent efficientes, l’organisme a besoin de dormir.

Enfin je touche du bois pour l’instant, mais il est extrêmement rare que je tombe malade ou attrape un virus qui traîne. Même au plus fort de l’hiver. C’est simple, je ne me souviens même plus de la dernière fois où j’ai été contraint de suivre un traitement pour me soigner. Non vraiment, d’un point de vue de la santé : rien à signaler. Le check-up est exce… . Ah, peut-être pas tant que cela tout compte fait. J’ai failli omettre de préciser que j’ai contracté les oreillons à seize ans. Rien de bien gravissime, étant donné que je suis toujours de ce monde aujourd’hui, mais il faut bien admettre que ce fut relativement préoccupant. J’ignore ce qu’il en est concrètement mais … il est probable que je sois devenu irrémédiablement stérile à la suite de cette maladie virale. Si tel est le cas, le pilier bringuebalant de la famille risque d’être encore davantage fragilisé. Je pourrais toutefois rapidement être fixé, savoir de quoi il retourne et lever le doute grâce au matériel du labo au commissariat. Seulement, examiner ma propre semence au microscope et la passer à la centrifugeuse ; comment dire … c’est plutôt spécial. Vous me direz qu’il existe des laboratoires et des centres médicaux pratiquant ce genre d’analyses, mais … cela ne me branche pas plus que ça. Redouterais-je l’annonce d’un verdict pessimiste, qui compromettrait considérablement mes récentes envies de devenir père ? Inconsciemment et d’une certaine façon : oui.

Quatrième et pénultième composante du bonheur : l’argent. J’emploierais un terme qu’affectionne tout particulièrement nos amis anglo-saxons en disant : confortable. Médecin légiste n’est certes pas une profession attrayante, reluisante et débordant de glamour, mais au moins elle permet d’être très largement à l’abri du besoin. Encore heureux j’ai envie de dire. Si j’avais fait huit ans d’études de médecine plus deux ans de spécialités, pour au final avoir du mal à joindre les deux bouts et tirer le diable par la queue dès le quinze du mois ; je pense que je l’aurais plutôt eu mauvaise. Fort heureusement, ce n’est pas le cas. Le revers de la médaille ? En plus d’être très exigeante, cette activité se révèle également extrêmement chronophage. En effet, en décidant d’embrasser cette vocation bien singulière, il faut bien avoir à l’esprit que cela implique de devoir sacrifier dans sa totalité ou en partie son temps libre. Ceci dit, c’est le lot de tout les autres médecins et professionnels de la santé. Je vous arrête tout de suite, je suis loin d’être un oncle Picsou nageant le crawl dans une piscine de billets et de pièces d’or. Néanmoins, il est évidant que je n’ai absolument pas à me plaindre. J’ai parfaitement conscience et mesure toute l’étendue de la chance qui est la mienne. Celle de pouvoir acquérir tout, ou presque, sur le plan matériel. Mais au-delà de cela, j’ai surtout à cœur d’en faire profiter toutes les personnes qui me sont chères.

Jamais je ne me suis laissé griser ou enivrer par cette relative abondance financière. Vous savez, je viens de pas grand-chose. Nous n’étions pas dans le dénuement le plus total, mais il est clair que nous vivions chichement. A l’instar de beaucoup d’enfants issus de milieux modestes, on m’a appris l’importance ainsi que la valeur de l’argent. Je sais donc que cela ne vous tombe pas dans le bec tout cuit du ciel en claquant des doigts. Inutile donc de vous dire, que dilapider des fortunes et jeter l’argent par les fenêtres, n’est franchement pas mon genre. Rassurez-vous, je ne dors pas avec un magot sous mon matelas. Pingre, radin et prêt de mes sous ? Non, pas le moins du monde. Cependant, et n’ayant pas de temps barboté dans l’opulence, je reconnais avoir une peur ainsi qu’une certaine crainte de toujours manquer. Cela ne signifie pas pour autant que je vis comme un moine. En bon esthète, je suis très sensible aux belles choses. Et comme nous le savons tous, de nos jours « belle » rime bien souvent avec « chère ». Enfin, de là à me qualifier de flambeur ou de panier percé : il y a encore de la marge. A tout cela, il faut encore ajouter le pourcentage que je touche sur la vente de mes romans. Je suis encore très loin de gagner autant qu’une J.K Rowling, mais je pense que si je le voulais, je pourrai vivre exclusivement de ma plume. Je vous l’avais bien dit : confortable.

Terminons en apothéose avec le cinquième et dernier pilier du bonheur. Celui qui dans notre cas précis nous intéresse tout spécialement : le travail. Omniprésent. Et encore, c’est un doux euphémisme. A vrai dire cet aspect de ma vie occupe une place tellement vaste, qu’il phagocyte et occulte tout les autres. Je m’y suis consacré corps et âme. Cela fait cliché de dire que j’ai sacrifié et fait don des plus belles années de ma vie à mon activité professionnelle, mais c’est quoi qu’on en dise plus ou moins le cas quand même. Durant ces huit dernières années, il n’a été question que de cela. Littéralement. Mon énergie toute entière est partie là-dedans. L’intégralité de mon attention a été polarisée vers la recherche des causes de la mort d’une multitude de cadavres. L’intégralité, vraiment ? D’accord, pas tout à fait. J’en ai gardé une portion pour l’écriture et tout le tralala gravitant autour du processus artistique. Le tout bien évidement, au détriment de ma vie sociale et personnelle. Mais, on n’a rien sans rien, n’est-ce pas ? La solitude. C’est sans doute là le prix à payer pour réussir. Bourreau de travail ? Carriériste ? Oui, je le confesse. Ambitieux et arriviste ? J’en ai bien peur. Bien que je n’en sois pas particulièrement fier, j’admets avoir écrasé, marché et mis la tête sous l’eau à certains confrères, pour en arriver où j’en suis aujourd’hui.

Bilan : mon ascension sur l’échelle du bonheur n’a guère atteint des sommets. Plusieurs barreaux semblent en piteux état, voire inexistants. Une chance que je jouisse d’une certaine propension à la bonne humeur. Disons que cela me permet de donner le change auprès des gens qui comptent pour moi. Le but étant bien sûr de ne pas les inquiéter. En plus de faire en sorte qu’ils ne voient rien des tourments et du malaise, qui se cachent derrière le radieux sourire de façade. Dans l’ensemble, j’y parviens. Même si à l’occasion, il m’arrive de tomber sur des individus qui se piquent de savoir ce qu’il y a derrière le masque, et s’évertuent à gratter le vernis en surface, pour voir ce qu’il y a en dessous. Comme se plaît régulièrement à le faire, le petit chérubin me faisant face. En temps normal, j’appose toujours des kilomètres de distance entre moi et les personnes désireuses d’apprendre à me connaître. J’ai perpétuellement besoin de dix mètres d’espace vital autour de moi. On fait un pas dans ma direction, j’en effectue trois en arrière. Cependant, il est des personnes, comme Min Soo, avec lesquelles je ne peux tricher, faire semblant ou dissimuler éternellement des choses. Alors je consens, non sans mal, à partager de temps à autres avec eux des petits fragments de celui que je suis réellement. C’est parfaitement grotesque, mais en faisant cela, j’ai l’impression d’être complètement démuni et vulnérable.

Les mots de Min Soo viennent conforter ce que son langage corporel laissait supposer : il ne partage pas mon avis concernant la dimension épanouissante, si toutefois on peut parler d’épanouissement, de mon travail. Ni le mien concernant celle de son activité de mannequin. Je croise les bras et les pose sur le rebord de la table, avant de déclarer sur un ton partagé en dodelinant du chef et grimaçant légèrement : « Ce n’est pas aussi simple et gratifiant que cela. Franchement, je te trouve dur avec toi-même. Tu ne t’en rends peut-être pas spécialement compte, mais grâce à ton activité, tu aides inconsciemment des milliers de gens à se sentir mieux dans leur peau et à gagner ou retrouver confiance en eux. Eh puis, en plus d’électriser les foules, tu suscites et éveilles des vocations chez des centaines de petits garçons et petites filles, qui rêvent de devenir comme toi plus tard. ». Tout comme la plupart des gens, le « p ‘tit » a une vision très éthérée, fantasmée et idéalisée de mon travail. Oubliez tout de suite ce que vous avez pu lire dans les polars ou voir à la télévision au travers des séries policières américaines. Tout ceci n’est qu’un tissu de mensonges enjolivé à outrance pour rendre la chose plus captivante. Vu de l’intérieur, la réalité est bien plus blafarde. Ce que l’on croit fascinant et palpitant, pour reprendre les mots de mon petit protégé, est en définitive bien plus sordide et rude qu’il n’y paraît.

On est très loin de l’osmose et la concorde idyllique, que prônent des feuilletons comme « Les Experts », entre les scientifiques et les policiers investiguant. Ces deux mondes ne se mélangent pas et ne communiquent qu’à titre exceptionnel entre eux. Nous autres « les fouines » restons dans le confinement de notre laboratoire, et les « cow-boys » jouent aux policiers et aux voleurs sur le terrain. Mon travail consiste à réaliser des autopsies à la chaîne et à examiner une quantité faramineuse de viscères, dans le but d’établir les raisons de la mort. Du moins, consistait. Depuis peu, le Lieutenant Bak m’a assigné un partenaire, en la personne de l’Agent Min. Pour reprendre les mots du haut gradé, je suis censé « le suivre comme son ombre ». Ce qui sous-entend prendre part au travail d’enquêteur « à l’extérieur ». Certes, c’est diversifiant et exaltant mais ce n’est franchement pas pour me réjouir. Ce travail d’équipe rogne sur mon temps alloué à la pratique de la médecine légale. Je refuse de devenir négligent, de passer à côté d’éléments cruciaux ou que mes autopsies comportent des lacunes. Minutie, excellence, efficacité et perfection : voilà ce que j’exige et ce à quoi je m’astreins. A trop vadrouiller par monts et par vaux, les chances que mon travail originel en pâtisse et perde en qualité, croissent de façon exponentielles.

Voilà pourquoi je ne suis pas fou de joie, ni ne saute au plafond. Néanmoins, je dois bien admettre que c’est une expérience des plus intéressantes. Et accessoirement, une prodigieuse, colossale et mirobolante mine d’inspiration pour mes romans. Dans un sens, on peut dire que la fiction dépasse la réalité. Me voici devenu l’incarnation de chair et d’os du héros de mes propres histoires : le Docteur Moon. Peut-être que j’ai un problème, peut-être que je suis blasé, peut-être que je ne réalise pas complètement, mais cette vie ne m’enchante pas vraiment. Si j’avais dix ans de moins à la rigueur je ne dis pas, mais à mon âge somme toute respectable ; on aspire à autre chose. Telle est la conclusion à laquelle j’arrive, au moment où j’attaque, de manière étonnement goulue, la seconde moitié de cette diaboliquement savoureuse part de tarte aux fraises. Le relatif plaisir que pouvait me procurer cette dégustation, commence déjà à s’estomper et décliner. La culpabilité et les regrets prennent doucement le pas et pointent le bout de leur nez. Un « hmm ? » interrogatif s’extirpe de mes lèvres, au moment où « mon fiston » m’annonce qu’il a quelque chose à me dire. Tout en me faisant du mal, en portant une nouvelle fois une pleine cuillerée à la bouche, je l’écoute donc de toutes mes oreilles. Oh. Sa mère, alias ma plus fervente et enthousiaste fan, souhaite m’inviter à dîner avec eux un soir.

Nous nous voyons régulièrement au café où elle travaille entant que serveuse. Approximativement, je dirais une fois tout les quinze jours. Lors de ces petit rendez-vous, je lui fait toujours un « rapport » sur son fils. Comment va-t-il, qu’a-t-il de prévu, quelles sont ses fréquentations ; enfin ce genre de choses quoi. Nous échangeons et dissertons également de temps à autres sur la littérature. En particulier la littérature américaine du vingtième, dont elle est très friande. Miller, Hemingway, Fitzgerald, Faulkner et tout les autres génies de la « Lost Generation ». De rares fois, il lui arrive de s’épancher et se confier au sujet du père biologique de Min Soo. Elle m’a cependant fait jurer de ne rien lui dire. Selon elle, il n’est pas encore prêt à entendre toute la vérité, et estime que cette dernière ne peut être révélée que de sa bouche. Je tiens bon et ne déroge pas à ma promesse, en restant muet comme une tombe. Même si je l’avoue, cela devient de plus en plus difficile de ne pas révéler au gamin tout ce que je sais, à mesure que j’apprends à le connaître, et surtout que je m’attache à lui. Bizarre ce dîner … . Cherche-t-elle à marquer un événement d’une pierre blanche ? Va-t-elle enfin divulguer au « p’tit » l’intégralité de son histoire ? Mystère. J’interromps ma dégustation en reposant la cuillère sur le rebord de l’assiette, et rétorque sur un ton oscillant entre la gêne et la reconnaissance.

« Oh. C’est vraiment très aimable à elle. Je suis malheureusement de garde toute cette semaine au commissariat. Mais à partir de Mercredi prochain, cela serait parfait et avec grand plaisir. ». Oui, même les légistes font des gardes. Nos patients ont beau avoir trépassé, nous n’en sommes pas moins des médecins. A ce titre, nous sommes donc assujettis au même traitement que nos confrères exerçant la médecine hospitalière, et devons effectuer des gardes. Dans mon cas, et œuvrant dans un cadre judiciaire, il s’agit plus d’une sorte de « service de nuit » ou d’astreintes, que de gardes à proprement parlé. Il me faut être joignable et opérationnel à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, au cas où un cadavre venait à être découvert et nécessiterait d’être confié à mes soins. La police de cette ville emploie deux médecins légistes. Moi-même et Yafan. Une femme d’origine chinoise de mon âge, ressemblant à un croisement entre Morticia Adams et Abby dans « NCIS ». Une fille très sympathique, doublée d’un excellent et brillant médecin. Son article sur les nouvelles techniques de sérologie, paru dans le numéro de Juillet de la « Revue Médicale de Corée », fut tout bonnement passionnant. Je vous en recommande d’ailleurs chaudement la lecture, soit dit en passant.

Entant que Coroner en Chef du District du Busan, je suis théoriquement censé être son supérieur. Néanmoins, et compte tenu que nous nous voyons et travaillons quotidiennement ensemble, nous avons réduis la distance induite par la hiérarchie par souci de commodité. L’instauration de ce bon climat nous a par la suite permis de mettre en place système de roulement, pour les gardes à effectuer. On alterne une semaine sur deux. Rien de bien sorcier. Malheureusement, cette semaine est pour moi « une mauvaise semaine ». Bien qu’il ne risque pas de se passer grand-chose, et qu’il n’y a aucune raison pour que l’on me bipe de toute urgence à trois heures du matin, je préfère n’avoir aucun à-côté lorsque je dois « garder la maison ». Fausser compagnie à quelqu’un ou devoir s’éclipser précipitamment n’est jamais très agréable. Afin de parachever de me convaincre d’accepter l’invitation, mon gentil bébé tente de me prendre par les sentiments en jouant sur ma corde sensible : la tarte au citron. Hmm, demander à sa mère qu’elle concocte mon dessert favoris. Voilà qui est très futé et retors. A ce rythme là, l’élève risque de bientôt surpasser le maître. Tout en me réarmant de ma cuillère, j’agite négativement la main avant de lui rétorquer sur ton un peu trop solennel et formel par rapport au caractère de la situation.

« Non, non merci ; ce ne sera pas nécessaire. Pas besoin qu’elle se donne autant de mal ou de peine juste pour moi. D’ailleurs, inutile pour elle de mettre les petits plats dans les grands. Je sais bien que j’ai tendance à passer pour un original, quelqu’un de farfelu, loufoque ou fantasque mais … . Je reste quelqu’un de simple, aimant les choses simples et appréciant la compagnie des gens simples. Bref, et comme tu l’as sans doute compris, le maître mot qu’elle doit avoir à l’esprit pour l’organisation de ce dîner : c’est la simplicité. ». Beaucoup de personnes s’imaginent qu’entant que personnage de notoriété publique jouissant d’une petite renommée, j’ai mes petites manies, mes lubies et mes caprices. Il n’en est rien. En dépit du succès, je ne me suis pas laissé enorgueillir par les vapeurs du show-business. J’ai beau être un branleur, un rouleur de mécaniques et un mec avec un melon gros comme ça ; j’ai toujours su garder la tête froide et les pieds sur terre par rapport aux sirènes de la célébrité. Rien n’a changé. Je suis toujours Rim Ku Hwan. Né Dos Anjos. J’aime toujours autant le maté, les sagas nordiques ainsi que l’Histoire des peuples et civilisations nous ayant précédés. La seule différence réside dans le fait que je suis devenu un auteur mondialement connu, et dont les écrits se vendent à des milliers, voire des milliards d’exemplaires. Mais c’est toujours moi. Le petit garçon qui se regardait d’un air absent dans le miroir, en rêvant de « réparer » les morts, comme il parvenait parfois inexplicablement et miraculeusement à le faire avec les vivants.

©️ FRIMELDA


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Soul Wounds
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Kim Min Soo
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Jeu 18 Oct - 21:43

Ku Hwan & Min Soo

Rockin’ Daddy


Pas aussi simple.
Oui, il se doutait bien que ça ne devait pas toujours être évident. Il pouvait l’imaginer. Même s’il était parfois, souvent peut-être, un trop grand rêveur, et que son imagination partait dans des histoires un peu folles mais trépidantes. C’est vrai qu’il avait tendance à voir Ku Hwan comme un héros cool de roman, ou l’un de ceux qu’on pouvait voir à la télé parfois. Mais sincèrement, il trouvait qu’il en avait l’allure. Oui, il le pensait avec bien trop de sincérité maintenant s’il lui disait qu’il forçait l’admiration. Une réponse sans doute un peu trop excessive et un peu gênante, qu’il se garderait bien de dire dans les débats. Alors il avait préféré faire la moue mais pas celle qu’un enfant de 3 ans aurait fait après qu’on lui ait souligné qu’il se trompait, qu’il avait tort et qu’il était trop jeune pour comprendre. D’accord, elle y ressemblait.
Mais cette moue, elle était simplement là parce que dans ses pensées, il y avait eu ce “justement”. Un “justement” qu’on aurait pu remplacer aussi par un “raison de plus”. Si ce n’était pas tout rose, en parler, évacuer le stress de sa journée, ce n’était pas quelque chose qui lui ferait du bien ?
Il pouvait bien parler lui, donner des leçons, c’était le premier à tout garder pour lui quand quelque chose le tracassait… une vraie tombe qui préférait converser secrètement avec lui-même plutôt que de s’ouvrir sur ses peines et ses doutes. Evidemment, il pourrait dire qu’il échangeait sur des sujets plus simples, mais l’hôpital et la charité était une expression qui n’était pas si loin de s’appliquer.

Au moins la suite l’avait privé de protester aussitôt. Il était un bon gamin, il ne coupait jamais la parole à papa. Et si papa n’était encore une fois pas d’accord avec lui, il avait écouté sa plus jolie vision qu’il avait de son métier.
ça lui était un peu tombé dessus comme ça. Alors c’est vrai, il avait du mal à se trouver du mérite là-dedans. Il songeait à se trouver un travail pour pouvoir aider sa mère, et encore aujourd’hui, il n’imaginait pas à quel point elle avait accumulé des emmerdes sans savoir quand elles se décideraient à venir réclamer un remboursement. Oui, tout ce qu’il avait fait, c’était tomber sur quelqu’un dans la rue qui lui avait proposé un travail bien mieux payé que ce à quoi il s’attendait. Dans le fond, est-ce qu’on pouvait le féliciter pour avoir un physique sympathique ? Evidemment, aujourd’hui il bossait, il s’était même mis au sport et il ne comptait pas ses heures quand une semaine était chargée. Mais où était le mérite dans tout ça sinon avoir eu de la chance ? S’il n’était pas tombé sur cet homme dans la rue, il se demandait où ils en seraient aujourd’hui avec sa mère. Elle aurait sans doute continué à prétendre que tout allait bien, que rien n’était dramatique, pour qu’il puisse vivre sa vie sans se soucier de rien. Elle l’aurait poussé vers les études et tant pis pour l’argent… il aurait refusé et un petit boulot aurait bien fini par tomber.
Ils ne seraient peut-être plus à Busan. Quand on ne pouvait pas rembourser tout le monde, on finissait par se faire oublier ailleurs. Et sa mère aurait accumulé les heures ailleurs pour qu’il ne manque de rien. Elle aurait emprunté à d’autres gens sans se soucier du lendemain. Et elle se serait un peu plus oubliée chaque jour.

Alors, si sa mère le remerciait souvent d’aider financièrement, comme s’il était le messie ou quelque chose comme ça, il n’avait jamais eu l’impression d’en faire plus qu’elle.
En réalité, encore aujourd’hui, il lui arrivait de se sentir coupable… coupable d’avoir pris trop de centimètres et d'ajouter plus de dépenses… c’était la version la plus amusante… mais aussi parfois… coupable d’avoir gâché son histoire avec le père de Kwang Tae. Oui, par moment, il avait toujours cette sensation de ne pas s’être fait assez petit.
Alors il était peut-être trop dur avec lui-même mais faire rêver les autres, il ne le devait pas plus qu’à un gros coup de chance à un “là au bon endroit, au bon moment”... non ?
D’un simple sourire, il avait finalement répondu « C’est une très jolie vision du métier. Tu devrais la donner à ma mère quand elle angoisse. » préférant au final plaisanter. Oui, ça pouvait amuser sa maman avec toutes ces histoires de drogue, prostitution, tout ce qu’on voyait parfois et qui ne se passait pas ailleurs selon elle. Et il lui suffisait d’une chemise trop déboutonnée sur une photo de son fils ou d’une mine fatiguée selon son avis pour partir. Loin, parfois très très loin « Elle est sympa en tout cas, j’y penserai.... » … si lui savait redonner confiance aux autres, c’était quelque chose qui méritait au minimum d’être étudié « Pour ton travail... »  il avait pris un instant, celui de jouer avec la paille de son verre de pepsi, avant d’ajouter « Je sais que tes journées ne doivent pas toutes être évidentes… enfin, je veux dire que je m’en doute. Mais même si ce n’est pas aussi jolie que la vision d’un étudiant qui te donne un beau rôle... » mais ce n’était pas aussi simple de choisir ses mots, alors sa paille, il l’avait trituré un peu plus. De longues secondes, fronçant les sourcils un instant pour finalement ajouter « Ce que je veux dire c’est que, si on doit vraiment jouer à ça, cette idée étrange de recrutement qui est passée dans la tête de ma mère, autant faire les choses biens non ? ça ne marche pas comme ça ? » … entre un père et son fils, c’était ce qu’il avait voulu dire, mais ça faisait partie des relations difficiles à nommer, parce qu’il n’en connaissait pas grand chose. Le seul véritable exemple durable qu’il en avait eu, il avait été loin d’être brillant. Alors, il n’avait que son imagination et un peu d’observation… et dans sa vision des choses, un père et son fils devaient probablement se parler quand ils se retrouvaient après leur journée.

Alors c’est vrai, Ku Hwan n’était pas paléontologue, mais s’il était embauché pour le rôle du père, ils pouvaient s’essayer à ce qui lui s’imaginait comme des classiques ou les règles de base d’une relation père-fils.
Et parce que dans cette histoire, papa ne vivait plus à la maison, il avait lancé l’invitation proposée par l’employeur de ce dernier.
Tout en écoutant sa réponse, ses doigts étaient venus retirer un bout de cookie au biscuit. Ils l’avaient trituré un instant avant qu’il ne retrouve sa bouche. En mâchant, il avait hoché la tête pour l’emploi du temps donné. Sa mère en avait parlé il y a un moment, attendre quelque jour de plus ne lui poserait aucun problème, raison pour laquelle sa réponse n’avait pas tardé à venir, une fois sa bouche vide « Alors je lui dirai et je t’enverrai un message avec l’invitation officielle. » et le menu ?
Le menu, il ne l’aurait pas avant le jour J ! Mais écouter la réponse de son aîné à ce propos avait eu le mérite de le faire sourire.
Simplicité. Il pourrait insister sur ce mot avec sa mère comme Ku Hwan venait de le faire avec lui, il savait que le résultat serait le même.

Elle en ferait trop. Elle chercherait le meilleur menu, ferait même des test avant le fameux soir, puis, incapable de se décider, elle opterait sans doute pour la quantité. Elle n’arrêterait pas de le harceler de messages quand il ne serait pas à l’appartement pour savoir s’il votait plutôt pour tel ou tel plat. Elle lui demanderait sans doute s’il ne pouvait pas se renseigner discrètement sur ses préférences. Et puis, dès l’instant où le médecin légiste et auteur de son coeur rentrerait chez eux, elle se dirait qu’elle aurait probablement dû opter pour le menu 7. Le menu 7 avait l’air beaucoup mieux, c’était sûr, leur invité l’aurait préféré.
Alors, voilà pourquoi un léger rire avait quitté ses lèvres, ne rendant que très peu crédible les mots suivants « Simplicité. J’ai bien compris et ce sera fidèlement retransmis. » pourtant, pour ça, il ne mentait pas, il essaierait bien de le faire comprendre à sa mère « Promis, j’essaierai même d’insister ! » mais ce serait bien inutile.
Il avait toujours le sourire aux lèvres lorsqu’il avait tiré son verre de soda vers lui pour en boire quelques gorgées....

… mais quand l’objet avait retrouvé sa place précédente sur la table qu’il partageait avec Ku Hwan, il avait semblé étudier ce dernier du regard avec une certaine hésitation, comme s’il hésitait à lui demander quelque chose.
Il hésitait d’ailleurs si bien que son regard avait retrouvé le cookie avant qu’aucun son ne franchisse ses lèvres. Est-ce que c’était vraiment correct de s’embaucher bénévolement un avocat ? C’était la question qui avait traversé ses pensées. Il s’était dit non, et pourtant l’idée autant que l’envie de tenter le coup ne l’avaient pas quitté.
Un autre bout de cookie dans sa bouche, un nouveau regard lancé à son aîné et le fameux « Dis... » sortait. Un simple verbe employé comme un gosse qui allait demander la permission de sortie. Ce verbe également prononcé quand on avait une question qu’on trouvait un peu gênante mais qui nous trottait un peu trop dans la tête pour qu’on puisse la sortir. Ce verbe qu’ici Min Soo employait pour une demande tout autre que l’abolition du couvre feu « … je me disais.... » oui… “dis… je me disais…” pardonnez-le, le pauvre enfant peine visiblement à se lancer ! « Tu sais que maman t’aime beaucoup ? » … qu’on se rassure toutefois, il ne s’apprêtait pas à lui demander de l’épouser. A la différence de sa mère, il n’était pas un chasseur de tête « Alors je me disais… » ça, il va finir par le savoir que tu te disais quelque chose, mais il aimerait sans doute savoir quoi avant de fêter sa trentième année !

AVENGEDINCHAINS
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Rim Ku Hwan
Âge : 30
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 5
Multicompte : Ong Ki O & Nō Qiang
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Dim 28 Oct - 23:20

Rockin’ Daddy
Feat. Kim Min Soo
Des doutes ? Jusqu’à il y a encore peu, j’ignorais ce à quoi cela pouvait bien ressembler. Ce que l’on ressentait, lorsqu’on y était en proie également. J’ai toujours été un monstre d’assurance, de confiance en soi et de certitudes. Scepticisme et perplexité ne parvenaient pas à s’immiscer en moi et à semer le trouble dans mon esprit. Pourquoi aurais-je dû gamberger et me montrer incertain ? Mes prodigieuses capacités, ma vivacité intellectuelle et mon ego disproportionné me donnaient la conviction que quoi que j’entreprenne ; rien ne sera jamais impossible. Ce qui en soi est tout à fait vrai. C’est croire que les choses sont impossibles, qui les rendent ainsi. A aucun moment, je n’ai été naïf au point de croire que tout relèverait de la promenade de santé ou du jeu d’enfant. Bien sûr, que des obstacles se sont dressés sur mon chemin. Bien sûr, que des embûches furent disséminées de-ci de-là. Et bien sûr qu’il y a eu des impondérables et des imprévus, qui m’ont contrait à ajuster mon plan de vol, voire à carrément changer mon fusil d’épaule lorsque cela s’avérait nécessaire, pour atteindre le but que je m’étais fixé. Ai-je pour autant abdiqué, renoncé ou baissé les bras face à la première difficulté qui s’est présentée ? Ai-je décidé de revoir mes ambitions à la baisse ? Ai-je dès lors ouvert la porte au doute, lui laissant ainsi tout à loisir pour parasiter et nécroser mes aspirations ?

Absolument pas. Au fond de moi, je savais qu’il n’y aurait aucune montagne insurmontable et infranchissable, tant que je mettrai ma concentration et ma volonté toute entière au service de mes ambitions. Rester fidèle à cette mentalité m’a permis de réussir tout ce dans quoi je me suis lancé. D’obtenir ce que je désirais. De viser toujours plus haut et de partir à la conquête de nouveaux défis, sitôt un accomplissement fixé achevé. Ce n’est pas de la vanité ou de la prétention. Juste une constatation. La seule chose que j’ai ardemment souhaitée, et qui demeurera pour toujours inexaucée  ; c’est que pai nous revienne. Mais ça … c’est hélas à mettre sur le même plan que mes rêves d’enfant. A enfouir dans un petit recoin de ma tête. Dans le cimetière des passions insensées, où reposent déjà entre autre les lubies de cow-boy, les restes de corsaire et les poussières d’Icare. Les revers d’infortunes ne m’ont jusqu’à présent pas frappé. Du moins, dans mes carrières professionnelles et les différents projets gravitant autour d’elles. D’ailleurs, je touche du bois, en l’occurrence celui de la table, pour que cela puisse continuer ainsi le plus longtemps possible. Est-ce que tout ce succès m’a déjà monté à la tête ? Non, pas un seul instant. Cependant, je ne peux nier qu’il m’a des fois ébloui et aveuglé, au point de me faire miroiter des illusions et des mirages, auxquels j’ai été tenté de croire. Non, à vrai dire … il fut un temps où j’y ai vraiment cru.

Lorsque tout vous souri, que vous surfez sur une excellente dynamique et que tout ce que vous touchez se transforme en or ; à quoi bon hésiter et appréhender ? Cela reviendrait à créer soi-même des problèmes et des contrariétés, là où il n’y en a pas. Personne n’est assez tordu et maso, du moins j’ose l’espérer, pour agir de la sorte. Tant que l’on n’a jamais connu de déroute, affronté de déconvenue ou eut à essuyer un échec ; il n’y a aucune raison pour songer que cela puisse subitement changer. Notre bonne étoile est là. Elle brille, nous montre la voie et nous garde des ineffables malheurs. La méfiance, la remise en question et la modération ? Pourquoi diable s’en soucier quand notre existence semble être placée sous les meilleures auspices ? C’est un peu comme au casino. Tant que je gagne, je joue. Ce serait grotesque d’arrêter et de tabler sur le raisonnable ou la prudence, alors que la baraka et le momentum sont de toute évidence de votre côté. Autant tirer la ficelle jusqu’au bout, et advienne que pourra. La vie n’est qu’un coup de vent, qui ne vaut la peine d’être vécue à condition que l’on tente, découvre et expérimente le plus de choses possibles. Sans se soucier des conséquences. Négatives ou positives. Tout est si fragile, tout est si fugitif, tout est si éphémère. Qui sait si demain nous serons toujours là ?

Alors il faut croquer la vie à pleines dents. Ecouter son instinct. Concrétiser ses desseins. Combler ses désirs. Et tant pis pour les accrocs, les anicroches et les pépins. Le temps dont nous bénéficions est bien trop court et précieux, pour être gâché à se préoccuper de ce genre de tribulations. Telle est la philosophe que j’ai eu la bêtise d’élever tout là-haut au firmament, et de placer au-dessus de tout le reste. Stupide ? Très certainement. Dangereux ? Pour sûr. Pernicieux ? A l’occasion, oui. Toutefois, ce n’est rien à côté du reste. J’ai en effet commis bien pire. Considérer ma réussite professionnelle comme quelque chose d’acquis et immuable. A l’image d’une constante en science. Oui voilà, c’est exactement cela. Une constante pouvant s’appliquer aux autres domaines et aspects de ma vie. J’ai naïvement cru que la prospérité appelait la prospérité. Qu’elle finirait par ricocher, et que tôt ou tard, je rencontrerai tout autant d’alacrité, si ce n’est plus encore, en amitié ou en amour. Le fameux effet domino et le bon vieux principe des vases communicants. Sauf que dans l’absolu, cela ne fonctionne absolument pas comme cela, bien au contraire. Ce que main donne ; l’autre reprend. Un peu comme Newton et Pascal en leur temps, j’ai élaboré une loi qui vaut ce qu’elle vaut, et que je n’aurai jamais la prétention de présenter à la face du monde, comme étant une avancée majeure ainsi qu’une percée décisive dans les Sciences Humaines.

A chaque facette de notre existence, équivaut une lui étant inversement proportionnelle. Pour faire simple, c’est fromage ou dessert. Jamais les deux à la fois. Enfin, « jamais » … c’est comme pour tout le reste ; en cherchant bien on finit toujours par trouver une exception confirmant la règle. Votre famille vous comble de bonheur, mais votre vie sociale ne tient plus qu’à un fil ou n’est déjà plus qu’un champ de ruines. Vous vivez avec la personne qui soit la plus merveilleuse que vous n’ayez jamais rencontré, alors que dans le même temps votre travail vous apparaît comme étant une véritable corvée, dont vous ne retirez pas la moindre satisfaction. Et ainsi de suite. Celui ou celle qui pense pouvoir être gagnant sur tout les tableaux, est condamné à tomber de très haut et déchantera en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Un individu aura beau vigoureusement le souhaiter et se donner les moyens pour, il est hautement improbable qu’il jouisse simultanément de tout et qui ne lui manque rien. C’est à croire que l’univers, le karma ou mon cul sur la commode, prend un malin plaisir à équilibrer la balance et égaliser le score. Doit-on s’extasier devant ce que j’ai accompli ? Cela force-t-il le respect et l’admiration ? Non, pas vraiment. Si je m’étais aventuré en dehors de ma zone de confort, à la rigueur pourquoi pas.

Seulement, je me suis complu, voire cantonné, dans des secteurs où j’étais plus ou moins sûr de pouvoir briller, grâce à mes connaissances et mes compétences. Beaucoup de facilité, pour très peu d’audace au final. Pas de quoi se relever la nuit, se pâmer ou être transi d’émerveillement. Oh, j’ai bien essayé de m’aventurer en dehors des sentiers battus. Sur des chemins escarpés ne m’étant absolument pas familiers. Parfois même furent-il inconnus. Les noueux et sinueux layons de l’amour, par exemple et pour ne citer qu’eux. Fort heureusement, je n’étais pas seul dans cet ardu périple. Du moins, au début. Par deux fois, j’ai fini par me perdre et totalement m’égarer. Retrouver ma route ne fut pas une mince affaire. Il m’a fallu longuement errer à travers des landes et des paysages hostiles, désolés et complètement dévastés avant d’y parvenir. Lorsque je fus pour la seconde fois de nouveau sur les rails, j’ai pris la décision de m’en tenir à des contrées dont je connaissais l’étendue et la topographie. Il va falloir attendre encore un peu, avant que je ne me décide à de nouveau vadrouiller sur ces tortueuses ornières. Et aussi que je trouve le bon compagnon de route. Autrement dit, ce n’est pas demain de la veille. Pourtant, il y a quelques mois de cela un événement, ou plutôt une rencontre, m’a fait sortir de ma zone de confort et de mon quotidien bien rodée.

C’était il y a quelques mois de cela. A l’époque de l’affaire Ryu Lucas. Affaire qui m’a profondément marqué et pas mal secoué. Surtout après que Mademoiselle Kim soit venue procéder à l’identification du corps. Sa détresse et son chagrin m’ont tellement chamboulé, que l’exercice de mon activité de légiste, qui était jusqu’alors ma came, est devenue de plus en plus pénible à réaliser. Avant, je ne comptais pas mes heures et vivais quasiment à demeure au commissariat. Suite à ce dossier, cela n’a plus été possible. Durant plusieurs semaines d’ailleurs. Je me sentais véritablement sur une corde raide. Si je restais trop longtemps dans ces catacombes médico-légales, les risques que j’implose, craque ou envoie tout balader croîtraient de manière fulgurante. Dès lors, et sitôt que je terminais ma journée de travail, je m’empressais de quitter les lieux pour retrouver la lumière du jour. Je ressentais le besoin presque vital, de me reconnecter à la société. Cette même société avec laquelle je m’efforce d’apposer de la distance en temps normal. Ma démarche ne s’inscrivait pas dans une volonté de parler ou de faire des rencontres. Je cherchais surtout à baigner et m’immerger dans le bruit. Dans l’agitation, l’effervescence et l’animation. Je voulais être au cœur de la vie. L’entendre, la sentir et lui accorder une place plus importante dans mon quotidien.

La place qu’occupait la mort et sa cohorte de tourments dans mon esprit, était beaucoup trop importante et conséquente. Il me fallait rétablir l’équilibre. Remettre une couche de blanc au milieu de tout ce noir. Pour se faire, j’avais pris pour habitude sur les coups de dix-huit ou dix-neuf heures, d’aller dans un petit café situé dans une rue mouvante et trépidante de Busanjin. Aussi bête et anodin cella puisse-t-il paraître, ça me faisait un bien fou. Une véritable bouffée d’oxygène. Une prodigieuse thérapie. Une médecine des plus douces. Je m’installais, le plus souvent en terrasse, commandais un café, et me laissais bercer par le bruit de la circulation, le concert des klaxons, le rire des étudiantes et les engueulades des petits couples d’amoureux. Dans un sens, et paradoxalement, cela me calmait et m’apaisait. Le temps que je passais ainsi attablé, fluctuait selon les jours. Parfois, dix petites minutes suffisaient. Tandis que certains jours, une heure, voire plus, était nécessaire. Un jour je lisais. Le lendemain j’écrivais. Il est même arrivé que je regarde simplement le flot des passants défilé, tout en faisant le vide dans ma tête et méditant. Au bout d’une semaine de halte quotidienne à ce café, j’ai fait plus ample connaissance avec la serveuse. Une dénommée Ji Hyun qui en plus d’être une fidèle lectrice de mes romans, s’avère être la mère d’un certain Kim Min Soo. Mais ça, je ne l’apprendrais que plus tard.

Rapidement, j’ai constaté grâce à de petites attentions, qu’elle m’avait à la bonne. Un carré de chocolat en plus. Un spéculoos supplémentaire. Deux dosettes de sucres au lieu d’une. De prime abord, j’ai d’abord songé que cela était dû au fait que j’avais une tête sympathique et qui lui revenait. C’était soit cela, soit je lui faisais pitié. Trouvant la première option plus flatteuse, j’ai donc opté pour celle-ci. Que nenni. C’était en réalité « le traitement des stars ». Ou plutôt, des idoles littéraires qu’elle admirait. Par un doux début de soirée de Juin, elle m’a alors abordé en s’enquérant de savoir si j’étais bien Thiago Dos Anjos. Inutile de vous dire qu’elle était aux anges et dans tout ses états, lorsque je lui répliquai par l’affirmative. En règle générale lorsqu’une de mes lectrices me reconnaît dans la rue, je m’évertue à me montrer aussi disponible et accessible que possible. Un selfie, un autographe, quelques mots échangés ou que sais-je encore. Cependant, et ayant très souvent à faire, il vient un temps où je me dois d’écourter le dialogue et rompre la communication. Seulement cette fois-ci, et me trouvant dans des dispositions favorables pour la discussion à cause, ou plutôt grâce, à ma sensibilité particulièrement accrue et à fleur de peau, je n’ai pas pu me résoudre à abréger la conversation. Peut-être que c’est justement ce dont j’avais besoin pour que mon moral soit de nouveau au beau fixe ?

Au départ, elle ne tarissait pas d’éloges sur mon œuvre et m’encensait non-stop. Bien que j’adore que l’on me flatte, me brosse dans le sens du poil et chante mes louanges ; cela finissait par être gênant et me mettre mal à l’aise. Chose que je n’aurais jamais cru possible, compte tenu de mon ego de la taille de Jupiter. Puis au fil des jours, nous avons fini par avoir de véritables conversations. A propos de nos goûts littéraires respectifs. On se racontait nos journées, discourait sur des sujets d’actualité, partageait nos passions. Bref, nous avons sympathisés. Ces conversations sur tout et sur rien à bâton rompu, sont très vite devenues une sorte de petit rituel. Et puis il y eut ce vendredi, qui fut incontestablement un jour sans pour Ji Hyun. La serveuse s’épancha et vida son sac. Tout y passa. La rudesse de son activité, les problèmes d’argent, et surtout son fils. Ou plutôt de son dieu vivant, pour lequel elle se faisait un sang d’encre. Elle le voyait grandir de jour en jour. S’éloigner toujours un peu plus d’elle. Comme n’importe quelle bonne mère, elle se faisait une montagne de soucis pour lui. Selon elle, Min Soo arrivait à une âge où, en plus d’avoir son jardin secret, tout un tas de questions et d’interrogations devait le tarauder. Des questions et des sujets sur lesquels, toujours selon elle, il se confierait plus volontiers et à son aise auprès d’un homme plus âgé.

Dans un premier temps, cela m’a laissé dubitatif. Cependant avec le recul, je me suis souvenu qu’il y a une bonne dizaine d’années de cela, j’aurais moi-même volontiers avoir un aîné dans mon entourage. Un homme disposant d’une certaine expérience et avec lequel j’aurais pu avoir des « conversations d’hommes », comme on dit. A propos de mon corps, des femmes, des hommes et de tout un amas d’autres thèmes personnels et intimes. La mère d’une petite trentaine d’années m’a avoué déplorer le fait que de tout temps, son fils ait été amputé d’un repère masculin. Un homme auquel il aurait pu s’identifier. Auprès duquel il aurait pu apprendre, échanger et partager. Elle en parlait avec une telle émotion dans la voix … c’était vraiment bouleversant. Bien qu’elle ne l’ai pas explicitement dit, j’ai deviné que c’était sans doute là son plus grand regret ainsi que le drame de sa vie. Nerveuse et hésitante, elle a finalement empoigné son courage à deux mains en me demandant, non sans une certaine gêne, si j’acceptais d’être le père de substitution de son fils. J’extrapole en disant « père », dans le but de simplifier les choses. C’est en réalité bien plus complexe que cela. Mon rôle n’est pas clairement défini. Il est hybride et à la croisée des chemins. Aîné et modèle sur lequel il peut, s’il le désire, se calquer. Grand frère veillant sur lui, le protégeant et avec lequel il entretiendrait une solide complicité.

Gardien de ses secrets. Papa poule étant aux petits soins avec lui et le bichonnant à l’occasion. En d’autre terme, je me dois de jongler et alterner entre différentes casquettes. Une sorte multi-pass ou de couteau-suisse multifonctions humain. Suite à cette requête, il me semble que j’ai dû rester figé sur place complètement abasourdi. Moi, devenir le référant d’un garçon de dix ou onze ans mon cadet ? Invraisemblable. Pour achever de me convaincre, Ji Hyun s’est empressée d’ajouter qu’elle était certaine que le courant passerait très bien entre son fils et moi, qu’elle trouvait que je lui ressemblais et qu’il m’apprécierait à coup sûr. Pour être franc, j’ai surtout pensé que c’était avant tout pour elle une façon indirecte et détournée, de fliquer son fils et de toujours l’avoir à l’œil. Les récents événements avaient fait de moi une boule d’émotions et de sensibilité. Cela a-t-il influencé ma réponse ? Très certainement. Pas sûr que j’aurais accepté dans un état d’esprit différent. Car oui, j’ai fini par accepter. En une fraction de seconde, je me suis retrouvé engagé dans quelque chose m’étant totalement nouveau, inconnu et pour lequel je craignais d’avoir aucune compétence. Trop tard. La seconde qui suivie, je me surprenais à promettre de tenter de faire mon maximum. C’est à ce moment là que j’ai fait la connaissance du doute.

Serais-je à la hauteur ? Comment-suis je censé procéder ? Existe-t-il une méthode efficace et qui a fait ses preuves ? Des questions pour lesquelles je n’ai toujours pas la moindre réponse un trimestre plus tard. Honnêtement, j’improvise constamment et suis en total freestyle. Ce qui au bout du compte rend notre relation étrange. Bancale et ambivalente également. Je ne sais jamais sur quel pied danser, ni quelle attitude adapter. Dois-je la jouer cool et relax, ou dois-je au contraire me montrer ferme et plus strict ? Hmm, cela risquerait de faire doublon avec sa mère, non ? Peut-être que je devrais prendre l’exact contre-pied ? Je souris et étouffe un petit rire, au moment où le « p’tit » affirme que ma vision du mannequinat diffère de celle de sa mère. Versant le fond de la petite théière dans la tasse vide aux trois quarts, je réplique en affirmant que : « Crois-bien que j’ai déjà essayé de lui faire voir les choses sous cet angle, mais visiblement si j’en crois ce que tu dis, elle n’en démord pas. C’est ta mère, donc par définition, elle s’inquiète pour toi. Tu es tout ce qu’elle a et ce qui lui reste. Elle a peur. Qu’il t’arrive quelque chose, mais aussi et surtout que tu finisses par t’éloigner d’elle avec le temps. ». Ji Hyun est en effet très critique vis-à-vis du monde de la monde. Et encore, le mot est faible. Elle le blâme, le fustige et et tire sans cesse dessus à boulets rouges.

Je ne peux pas lui donner tort. Il est vrai que c’est un univers assez particulier et malsain. Enfin, ce n’est pas tant l’univers en lui-même qui l’est, mais plutôt les gens tournoyant autour. Non, il n’y a pas que du beau monde. Le royaume des despotes, et des tyrans. Le pays des hypocrites, des faux-culs et des fourbes. Le repère des camés notoires, où tout un tas de saloperies coulent à flot. Le terrain de chasse de prédilection des prédateurs sexuels. J’admets qu’une mère a toutes les raisons du monde d’être angoissée, à l’idée de savoir que son fils unique évolue dans un tel marigot. Moi-même, je le suis. Cependant, je m’efforce de ne pas le montrer. Au delà de cela, je m’évertue également à la rassurer. En dédramatisant et en lui dépeignant une vision un peu plus édulcorée, enjolivée, embellie et axée sur l’effet bénéfique que le travail du gamin peut avoir sur le public. Néanmoins, je ne peux m’empêcher d’être anxieux. Surtout quand je repense aux récentes affaires Park et Seo, qui ont fait couler beaucoup d’encre et ont choqué le pays tout entier. Deux éminences de l’industrie de la mode, ayant pendant des années usés de leur influence et leur autorité, pour abuser de dizaines de jeunes filles et garçons en toute impunité. Qui sait combien d’autres détraqués de cette espèce écument ce milieu ? Qu’est-ce qui me dit que Min Soo ne tombera jamais entre les griffes d’un de ces monstres ? Rien. Or, j’ai promis à sa mère de veiller sur lui et le protéger.

Alors parfois, il m’arrive de débarquer à l’improviste sur le lieu d’un shooting, d’un tournage ou à l’occasion d’un casting, histoire de m’assurer que tout va bien. Je bannis les tentations néfastes et dissuade les mecs louches, à la mine patibulaire et l’œil lubrique. Ceux qui le regarde comme des loups affamés s’apprêtant à bondir sur une biche. Ou des lions sur une gazelle, c’est au choix. Vous allez me dire que ce n’est pas à moi de faire cela, et qu’il en va de la responsabilité de son agent, de garantir sa sécurité. Ce qui est tout à fait exact. Seulement voyez-vous, pour « Monsieur dix pourcents » mis à part faire du fric ; il n’y a pas grand-chose qui l’intéresse. Protéger le gamin et éloigner les rapaces qui lui tourbillonnent autour ; ça lui passe totalement au-dessus. J’irai même plus loin en vous disant que c’est le cadet de ses soucis. Donc je joue les chaperons, veille au grain et tente de mettre de l’ordre au milieu de ce panier de crabes. J’ai bien conscience que je ne pourrais pas faire cela éternellement, mais c’est la seule chose que j’ai trouvé qui puisse faire office d’ersatz aux nombreuses mises en garde de sa mère. Je ne l’avertis pas plus que cela sur des dangers liés à son activité. Ji Hyun doit suffisamment lui rebattre les oreilles avec ces sujets. Inutile donc de doubler la dose. A la place, je l’encourage, le soutiens et essaye de m’impliquer autant que je peux dans sa carrière.

S’il désire vraiment être mannequin, alors j’estime que c’est là mon rôle. N’est-ce pas ce que les parents font ? Etre derrière leurs enfants, quels que que soient les choix pour lesquels ils optent et les décisions qu’ils prennent. Résultat, je me retrouve à faire le tampon entre la mère et le fils. Rasséréner l’une, enhardir l’autre. Jouer le médiateur apaisant les éventuelles tensions, ou le messager d’untel ou unetelle. Autrement dit, je navigue à vue entre deux eaux. Une situation parfois inconfortable et embarrassante, il faut bien l’admettre. Seulement, il se pourrait bien que j’ai complètement faux sur toute la ligne. A sa façon et à demi-mot, Min Soo me fait implicitement savoir de manière quelque peu hésitante, qu’il ne veut pas qu’on le prenne par la main ou l’infantilise. Ce que j’ai, je l’avoue, la fâcheuse tendance à faire de temps en temps. Il me fait comprendre qu’il pense être en mesure de se débrouiller seul et d’éviter les personnes nuisibles. Ce qu’il recherche en revanche, c’est un confident. Quelqu’un avec qui il peut partager, échanger ou venir chercher conseil si besoin est. Toutefois pour cela, je devine qu’il doit au préalable avoir confiance en ce dit confident. Je comprends entre les lignes, qu’il ne souhaite pas d’une relation unilatérale dans laquelle il serait le seul à donner. Il a besoin de savoir à qui il a affaire. Cela doit donc marcher dans les deux sens. Il faut que je donne moi aussi. Que je me dévoile.

Chose que j’évite à tout prix en temps normal. Lorsque l’on essaye d’en apprendre plus sur moi, je me braque et rentre dans ma carapace. Par une phrase laconique et cinglante, je fais savoir à mes interlocuteurs qu’il est inutile pour eux de chercher de ce côté là. C’est comme si j’apposais un gigantesque panneau stop entre eux et moi, les enjoignant à rebrousser chemin ou à choisir un autre itinéraire. Malheureusement, je n’ai guère le choix cette fois-ci. Je vais devoir en partie me mettre à nu. Telle est la conclusion à laquelle j’en arrive, tandis que j’écoute religieusement le jeune homme au visage encore juvénile, tout en terminant ma bouchée. Reposant la cuillère sur le rebord de l’assiette pas tout à fait terminée, je repousse légèrement cette dernière sur le côté. Les doigts de mes deux mains viennent s’entortiller autour de la tasse de thé tiède. Je fixe le contenu jaunâtre durant de longues secondes. Péniblement, je déglutis ma salive qui se fraye difficilement un passage à travers ma gorge nouée. Mon cœur pulse intensément. Tout comme ma carotide par laquelle le sang afflue à vive allure. Une bonne gorgée pour me donner du courage plus tard, je consens à me livrer. A lui révéler quelque chose sur moi que très peu de personnes savent. D’ailleurs, si je l’avais dit à sa mère, elle se serait sûrement mise en quête d’un autre « père ».

La porcelaine s’entrechoque, bien plus bruyamment que je ne l’aurais imaginé, au moment où je repose la tasse sur sa petite soucoupe assortie. Relevant doucement la tête, je rétorque d’une voix anormalement petite et sur un ton confus, pour ne pas dire désolé : « Tu sais … quand j’ai perdu mon père, je devais avoir six ou sept ans. Il n’y avait pas d’autre homme dans mon proche entourage vers lequel je puisse me tourner. A vrai dire, il n’y a dès lors plus eu que ma mère et moi. Je ne sais pas ce que c’est que d’avoir un aîné. Ni même comment celui-ci est censé se comporter et agir. J’ai bien évidement quelques souvenirs mais … ils sont trop lacunaires et parcellaires pour que je puisse m’y référer. Tout ce dont je suis certain, c’est que … malgré tout l’amour, la tendresse et l’affection d’une mère ; il arrive que l’on se sente cruellement seul. Incompris. Perdu. Avec cette impression croissante et oppressante qu’il manque quelqu’un près de nous. Quelqu’un auprès de qui on pourrait déballer tout ce que l’on a sur le cœur. Avec qui on pourrait se laisser aller et être comme bon nous semble, sans se soucier de lui faire de la peine ou non. Quelqu’un qui pourrait recueillir nos angoisses, nos préoccupations et qui serait susceptible d’avoir certains éléments de réponses, aux questions se bousculant dans notre esprit. Je sais ce que tu traverses. Je sais combien ça fait mal de ne pas avoir de héros.

Le désespoir que l’on ressent, lorsqu’on lance des signaux de détresse et des appels au secours, pour ne récolter que soupirs et silences. Ta mère l’a compris également, et ne voulant que ton bonheur, elle s’est échinée à te trouver quelqu’un pouvant t’apporter ce qu’elle ne peut hélas pas. Seulement … je crains et ne suis pas certain d’être le mieux placé pour cela. »
. Hmm, le fameux doute qui pointe à l’horizon. Encore. D’un autre côté, comment ne pas être hésitant ? J’ai grandi de guingois et ai progressé en unijambiste. Sans modèle masculin à émuler. Eh voilà qu’un jour, on vient me trouver pour être une espèce de croisement entre un hyung et un appa pour ce gamin. Comment suis-je censé faire ? Comment puis-je être pour quelqu’un d’autre, ce que je n’ai moi-même jamais eu et ai sans cesse recherché éperdument ? Tsss, une chance finalement que je ne sois pas réellement père et n’ai la responsabilité d’aucun enfant. Il va falloir que cette petite voix dans ma tête se taise et que ce désir incongru se tarisse. Je ne suis clairement pas prêt. Ni apte. La vérité, c’est qu’en plus d’être complètement largué et paumé, je suis tout sauf responsable, pondéré et équilibré. Non, je ne suis vraiment pas un exemple à suivre pour qui que ce soit. Je n’ai hélas pas encore reçu électrochoc qui vous met du plomb dans la cervelle.

Ce fameux déclic qui vous fait grandir, mûrir et vous pousse à construire quelque chose. Dans le fond … il se pourrait bien que cela me fasse peur. De ne pas être à la hauteur, pour la première fois de ma vie. Peur de quelque chose qui serait totalement inédit et étranger pour moi. Quelque chose pour lequel mon haut Quotient Intellectuel, ne me serait cette fois-ci d’aucun secours. C’est tout ? Oh non, loin de là. Ma plus grande hantise réside à mon humble avis dans le fait de … de n’être potentiellement plus là. De laisser derrière moi une femme et un enfant dévastés. Je refuse catégoriquement, qu’un petit être endure les souffrances que j’ai connus. Celles de l’absence subite, violente et irrémédiable. Je sais bien qu’objectivement, les chances que cela arrive sont infimes. Seulement, infimes ne veut pas dire inexistantes. Il subsiste un risque. Un risque que je n’encourrais pas. Pas encore. Que je puisse avoir de la peine, ou être triste et malheureux est une chose. Qu’une personne que j’aime le soit par ma faute en est une autre. Alors je fuis et tente de museler les sirènes de l’assagissement, en me complaisant dans ma vie de célibataire dissolue et de cavaleur de première. Est-ce que cela fonctionne ? Pour l’instant, plus ou moins. J’ai bien conscience que cela ne sera pas efficient indéfiniment. Toujours est-il que pour l’heure, je m’efforce de me contenter de ce que j’ai, tout en veillant à ne pas trop songer à ce que je voudrais.

Ji Hyun de son côté sait parfaitement ce qu’elle veut. M’avoir un soir à dîner à sa table en compagnie de son royal rejeton. Je ne suis encore jamais allé chez eux. Bien sûr, il est arrivé que nous passions des moments ensemble tout les trois, mais c’était jusque là toujours en « terrain neutre » dans un lieu public. Cela ne s’est pas produit si souvent que cela d’ailleurs. Néanmoins, ce fut à chaque fois … rocambolesque et rock’n’roll, dirons-nous. Je regardais à droite, à gauche et comptais les points comme un arbitre. Parfois, j’intervenais pour tempérer la situation et calmer les esprits. A l’occasion, je donnais raison à la mère ou au fils et me décarcassais pour arrondir les angles, afin d’éviter la brouille et conserver une harmonie toute relative. Inutile donc de vous dire, que j’appréhende de me retrouver avec les Kim mère et fils, comme un steak entre les deux tranches de pain d’un hamburger. Mon petit doigt me dit qu’il va encore y avoir de l’ambiance, et que je vais de nouveau devoir jouer les conciliateurs entre maman tigre et tigrounet. Quoi qu’il en soit, je ne me sens pas le cœur de décliner. Je me suis attaché à cette famille monoparentale haute en couleur. Cela m’enchante, évidemment. Tout comme cela m’effraie, si d’aventure nos rapports venaient à se déliter et se dégrader. Qu’importe, j’accepte tout en communicant à mon fiston aux allures de grand poupon joufflu mes disponibilités.

Je n’omets pas d’ajouter et de mettre l’accent sur le fait qu’il n’y aura nullement besoin que cela soit un repas de fête fastueux. Une fine esquisse de sourire court sur mes lèvres, lorsque l’étudiant affirme qu’il me tiendra au courant de la date, de l’horaire et du menu du dîner. J’acquiesce silencieusement d’un hochement de tête. Ce timide rictus se transforme en un éclat de rire que nous poussons tout deux de concert, sitôt qu’il me certifie qu’il transmettra le message à sa mère et n’hésitera pas à insister. Nous savons tout deux que Ji Hyun n’en fera qu’à sa tête et que personne, pas même la chair de sa chair, ne parviendra à lui faire entendre raison. A tout les coups, il y aura de quoi nourrir tout un régiment jusqu’à Janvier prochain. Enfin que voulez-vous, on ne va pas la changer désormais. Un silence plane et s’établit par la suite. Tout en dessinant les pourtours de l’anse de la tasse à l’aide de mon index, je réfléchis à un moyen de relancer la conversation. Finalement, le top-model en herbe s’en charge en prononçant un petit mot de trois lettres. Ce à quoi je rétorque par un tout aussi bref « Hmm ? », avec lequel s’accorde parfaitement l’expression interrogative habillant mon visage. La suite ne vient pas immédiatement. Le « p’tit » s’interrompt et bidouille nerveusement la paille de son verre de soda.

Oh, non … . D’ici quelques instants je vais soit avoir le droit à l’aveu du connerie, soit à la formulation d’une requête. Je me demande ce qui est le pire. M’efforçant de ne rien laisser transparaître, je croise les bras avant de les poser sur la table. Tout en cherchant à capturer son regard, j’articule la tête de haut en bas et lui adresse un sourire chaleureux, afin de l’inviter et l’encourager à poursuivre. Ce qu’il effectue quelques secondes plus tard. Qu’est-ce que l’amitié que sa mère me porte vient faire là-dedans ? Perplexe, je cligne des yeux à une fréquence un peu plus soutenue et fronce très légèrement les sourcils. Ah, ça y est j’y suis ! J’entrouvre la bouche et lève furtivement les yeux au ciel, avant d’opiner du chef en arborant un sourire malicieux et taquin. Tapotant doucement son poignet, je profite d’une de ses pauses pour dire sur un ton détendu, complice et espiègle : « Ne te fatigue pas, je crois avoir deviner où tu veux en venir. Tu aimerais que je convainque ta mère de quelque chose, je me trompe … ? ». En tout cas si j’étais à sa place, c’est ainsi que j’agirais et m’y prendrais. Le bon vieux coup du « dis, cela t’embêterait pas de demander à maman de me laisser bla bla bla. ». Je n’ai pas eu la chance de monter mes parents l’un contre l’autre et de les faire tourner en bourrique, pour obtenir l’autorisation de faire quelque chose ou d’aller quelque part. Cependant, j’ai vu suffisamment de site-coms extravagantes, pour savoir reconnaître les techniques qu’emploient les enfants pour amadouer leurs parents et se les mettre dans la poche. Aller vas-y mon cher, je suis tout ouïe. Combien de couleuvres vais-je devoir faire avaler à maman pour la faire plier ? Si possible, j’aimerais autant savoir rapidement. Ainsi j’aurais le temps d’affûter mes arguments, afin qu’il fasse mouche lorsque je les déploierais. Ma gouaille naturelle suffira-t-elle, ou vais-je être dans l’obligation de sortir l’artillerie lourde et les armes de persuasion massive ? Tsss, vraiment qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour entretenir son image de Daddy Cool !


©️ FRIMELDA


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Soul Wounds
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Kim Min Soo
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Quartier : Haeundae
Don : communication avec la nature
Niveau : 2
Multicompte : pas de schizophrénie diagnostiquée pour le moment
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Sam 3 Nov - 0:24

Ku Hwan & Min Soo

Rockin’ Daddy


Qu’il en ait conscience ou non, il avait cette tendance, ce don ou cette mauvaise habitude au choix, de voir les choses d’un trop bon côté. Certains auraient pu appeler ça de la naïveté. D’autres auraient assimilé ça à cette manie qu’il avait de se perdre sur sa lune. Distrait, trop pour voir le danger où il n’y en avait, oui… il aurait peut-être gagné à prendre un peu de la méfiance de sa mère. Pourtant, il en avait bien développé une partie, d’une manière différente. Cette manière qui faisait que souvent il préférait se taire plutôt que de se confier sur certains points. Mais pour ce qui était de voir des pervers à tous les coins de rue… le pervers du quartier pouvait bien lui demandait l’heure en imper avec un air des plus louches, il n’était pas garanti qu’il le voit avant de premiers signes plus visibles, voir des troisièmes ou des quatrièmes… tout dépendait de sa concentration du moment ou dans quelle rêverie il était en train de se perdre deux coins de rue plus tôt.
Pourtant, des propositions louches, il avait bien su en voir une ou deux et sa mère s’étonnait toujours de l’entendre répondre qu’il n’avait jamais connu de mauvaise expérience. Elle n’en démordait pas, ce milieu était dangereux et son fils avait une bouille pour attirer tout ça. Peut-être qu’elle ne se trompait pas entièrement. Lui… il ne s’était sans doute même pas rendu compte que ce photographe qu’il trouvait, c’est vrai, peut-être un peu louche, était devenu moins collant du jour au lendemain, un lendemain qui coïncidait avec une visite surprise de son père recruté qui lui faisait à présent face.

Il pouvait prétendre être un grand garçon tout à fait capable de se débrouiller seul. La vérité était sans doute que sa mère avait eu une bonne idée le jour où elle avait recruté son auteur préféré pour être dans les parages d’un trop grand rêveur.
Oui, il n’avait pas été si mal inspiré le jour où il avait refusé de “tout donner” à cette femme qui avait souligné que le mannequin qui était passé avant elle avait l’air bien plus motivé, sous entendant sans grande discrétion qu’il avait donné de sa personne et qu’elle songeait très fortement à le retenir pour porter les créations de sa patronne. Mais franchement, elle portait un panneau lumineux “attention danger. Donne boulot contre séance de sport censurable” sur le front qu’il n’avait peut être pas vu dans les premières minutes d’entretien. Il n’y avait pas de quoi se vanter.
On pourrait le défendre, dire qu’il était retourné au boulot le lendemain sans craindre de nouvelles expériences de ce genre ou pire, vanter son côté hardi ou quelque chose dans ce goût là, mais on pouvait aussi lui conseiller de trouver un vol retour pour la Terre avant qu’une expérience trop violente ne le fasse descendre de sa Lune.

Si ça marchait toutefois… parce qu’enfant, plutôt que de lui faire quitter, le père de Kwang Tae lui avait donné envie de s’y rendre plus souvent. Sa petite bulle, son petit monde… c’était peut-être à cette époque là qu’il s’y était trop accroché, comme une bouée qu’on doit retenir à tout prix parce qu’on est persuadé de ne pas savoir flotter et survivre sans elle. Ce talent de rêver qu’il avait développé en se cherchant un père, il était devenu une véritable défense le jour où sa mère lui en avait donné un qui lui avait appris ce qu’était un vrai cauchemar.
Sa petite bulle… son univers, il pouvait le façonner avec de jolies murailles que personne ne pouvait dépasser. Il était devenu un si bon bâtisseur à l’époque. Et le courage de rendre les clés de ce royaume, il ne l’avait pas trouvé depuis. Il ne voyait même aucune raison de le faire.

Mais de raisons de voir le mal à tous les coins de rue comme sa mère, il aurait pourtant dû en avoir « Je sais… tout ça.... » qu’elle s’inquiétait tout le temps, qu’elle redoutait de voir un jour l’oiseau quitter le nid… et qu’elle avait beaucoup donné pour lui… à un point qui faisait que lui redoutait bien souvent de lui faire de la peine « Mais ça ne recrutait pas fort dans les temples, fallait bien que je ramène un peu d’argent moi aussi. » très marrant, vraiment.
Quoi ? Sa mère l’aurait vraiment mis dans un couvent si elle avait pu le faire. Et c’était une chance qu’elle ignore pas mal de choses sur son compte quand il y pensait « Je pourrai l’amener un jour avec moi, qu’elle voit un peu mieux… mais elle serait capable de tuer au moins le photographe et une maquilleuse. Et quand j’essaie de lui expliquer qu’une chemise non boutonnée jusqu’en haut ce n’est pas de la prostitution, elle est lancée pour au moins une heure. » inutile de chercher une solution, il n’y avait rien à faire de toute manière.

Alors il devait bien l’admettre, pour ce qui était de son travail, il trouvait ça plus simple de le montrer à Ku Hwan. Et même d’en parler aujourd’hui. Ce book montré aujourd’hui en avant première, il savait très bien qu’il venait d’avoir la réaction la plus positive de ses deux “parents”.
Donc… elle n’était pas si mauvaise que ça l’idée de sa mère hein ?
C’était… sympa. Oui…. Un peu étrange mais il mentirait bien trop s’il prétendait ne pas apprécier son aîné. Si c’était le cas, il ne serait sans doute pas là aujourd’hui. Si c’était le cas, il ne réfléchirait pas déjà à son cadeau pour son trentième anniversaire. Et si c’était le cas, il ne lui ferait pas comprendre maintenant que cette relation arrangée par maman Ji Hyun était supposée marcher dans les deux sens.
Oui, il avait à coeur de le connaître un peu mieux. Oui, échanger avec lui était quelque chose qui lui faisait envie. Et c’était vrai aussi, il était sans doute un idiot pour essayer de se plier un peu aux règles de la relation père-fils qu’il s’imaginait.
Mais il avait bien conscience d’attendre quelque chose qu’il ne faisait sans doute pas pleinement de son côté. Il en avait assez conscience pour que le visage de Ku Hwan maintenant ne lui fasse regretter sa requête. Les confidences, il y en avait de pas si évidentes et s’il s’était mordu la lèvre à présent, c’était bien pour chercher des mots qui rimeraient sans doute avec un “t’es pas obligé… si tu veux pas…”

Il n’avait pourtant pas su le dire. Il était resté bêtement là, en face de lui, assez nerveux pour casser un bout de cookie sans le vouloir mais pas assez habile pour s’excuser d’avoir demandé. Alors le son d’une tasse reposée avait eu le temps de faire sonner la fin d’un sablier écoulé et il avait ressenti cette pointe de culpabilité au moyen d’un noeud qui noue un estomac.
Il n’avait pourtant pas détourné les yeux quand ils en avaient croisé d’autres. Pas plus qu’il ne l’avait coupé. Il s’était contenté d’écouter ce qu’il avait demandé… et il s’était peut-être senti un peu idiot.
Oui, c’était supposé marcher dans les deux sens. Mais Ku Hwan maintenant… il lui donnait bien plus que ce qu’il avait consenti à lui donner jusqu’à aujourd’hui. Ce bout de cookie arraché par mégarde au biscuit s’était retrouvé à se faire émietter entre ses doigts. Il ne s’en n’était même pas rendu compte. En réalité, les mots avaient défilé sans qu’il ne se rende compte de rien. Happé par eux, son regard était resté perdu sur l’homme qui lui faisait face bien après la fin de cette confidence. Il ne savait pas combien de temps ça lui avait pris pour baisser les yeux vers son cookie et fixer les miettes d’un morceau torturé.

Il ne lui avait peut-être pas dit grand chose… mais en se confiant, Ku Hwan venait de prouver manifestement qu’il était capable d’être dans sa tête.
Il ne savait pas ce qui le troublait le plus au final. Cette impression d’avoir été en partie lu. Ou cette pensée qu’il n’était pas le plus à plaindre… parce qu’il avait bien un père quelque part, même s’il ignorait tout de lui, et que la vie lui avait donné un grand frère. A moins que ce ne soit cette sincérité dont Ku Hwan venait de faire preuve. Cette sincérité qui avait laissé sortir de sa bouche un mot peut-être bien étrange après une telle confidence « Merci... » il n’y pouvait rien, il était forcé de l’admettre, quelque part, il trouvait ça touchant qu’il décide de se confier à lui à coeur ouvert « ça reste l’une des idées les plus étranges qu’elle ait jamais eu mais… pour ce que ça vaut, je suis content que nos routes se soient croisées. » manifestement, aujourd’hui n’était pas un rendez-vous “père-fils” comme les autres. Il y avait quelque chose de plus « Je ne savais pas... » inutile de se débattre gêné avec ces mots-là, Ku Hwan le savait qu’il ne savait pas, c’était bien le but d’une confidence ! « ... » ne plus rien dire n’était pas mieux. Mais il avait bien fini par parler à nouveau, après avoir abandonné du regard son cookie maltraité « On peut peut-être essayer vraiment. Tu sais, voir ce que ça donne... » cette relation choisie par sa mère pour des raisons sans doute encore un peu obscures pour certaines.

Ils ne le faisaient pas déjà un peu en se retrouvant de temps en temps comme ils le faisaient aujourd’hui ?
Est-ce que ça voulait dire qu’il consentait à s’ouvrir un peu plus ? Plus que les conversations sur les études, le boulot et tous ces trucs du même thème ?
C’était bien lui non ? Qui venait de dire que ça marchait dans les deux sens…
Et c’était pas forcément dans le sens que prenait la conversation désormais.
Sérieusement Min Soo ? Tu vas lui faire ce coup-là ? Monter papa contre maman c’est très moche ! Se trouver un avocat n’était pas mieux ! Mais se débattre avec une paille, à ton âge, faudrait songer à laisser le plastique en paix.
Oh il l’avait fait. Quelques secondes plus tard. Lorsque Ku Hwan avait touché dans le mille pour amener une teinte rosée d’enfant pris en faute à ses joues à l’instant même où il lui lançait un regard étonné.

« …ah… euh… oui.. ? » oui ? Pourquoi l’interrogation, il faudrait savoir ! « En quelque sorte... » non sincèrement, il va falloir se prononcer. Il te voit venir depuis des kilomètres de toute manière, alors autant avouer « Peut-être un peu plus qu’en quelque sorte... » c’est déjà mieux.
… et donc ? Ku Hwan n’a pas toute la journée !
Il en était venu au fait. Mais il avait d’abord fallu qu’il se morde la lèvre, qu’il torture à nouveau pendant 12 secondes sa paille, avant de se lancer finalement sur le sujet qu’il avait déjà bien essayé de lancer avec sa mère. Un sujet qui se soldait toujours par un “non” malgré des efforts constants sur plusieurs mois, voir des années. Oui, il fallait au moins admettre que ça devait réellement lui tenir à coeur pour qu’il se permette la fourberie de recruter un avocat
« ça fait un moment maintenant, que j’aimerai adopter un chat… ou un chien... » … et c’était reparti. On entendait Kwang Tae soupirer depuis sa boutique !  « J’ai bien essayé de lui demander directement… » une fois, ou deux, ou vingt… « … mais elle est plutôt fermée sur la question. Ce n’est pas comme si elle détestait les animaux. Et puis… je suis convaincu de pouvoir m’en occuper. » Min Soo, tu vas au coin ! « Mais comme pour la plupart des sujets, elle prétend que je suis trop jeune. » bah… venant du mec qui demande à “papa” de faire les yeux doux à maman pour avoir une boule de poils… c’est quand même assez comique ! « Y’a quelques années, je ne dis pas... » et oui Min Soo, il y a quelques années, on était tous plus jeunes ! « … mais maintenant… je veux dire, j’ai eu le temps d’y penser depuis le temps. » … c’était mignon. Un peu enfantin, mais mignon.


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