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 Dry your eyes - (ft. Kim Sun Hi)

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Rim Ku Hwan
Âge : 30
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 5
Multicompte : Ong Ki O & Nō Qiang
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1908-rim-ku-hwan-the-father-son-and-
Sam 18 Aoû - 2:26

Dry your eyes
Feat. Kim Sun Hi
Regarde-toi. Vois ce que tu es. Ce que tu es devenu, après près de trente ans passés à souiller cette terre de ton empreinte de sang mêlé. Un Docteur estimé et respecté par ses pairs, ainsi que l’ensemble du corps médical. Tu te souviens de ces grands pontes ? De tout ces prétentiards se prenant pour des dons de Dieu envers la communauté scientifique. Oui, ces mêmes personnages dédaigneux et détestables, qui t’ont formé et enseigné leur savoir sur les bancs de la FAC. Comment les appelais-tu déjà ? Ah oui, « les gros cons ». As-tu oublié la promesse que tu t’étais faîte, après avoir passé tes examens de première année ? Si tel est le cas, on en va pas te jeter la pierre ni te blâmer. Dans le fond … cela remonte à bien longtemps désormais. Néanmoins, cela n’équivaut sous aucun prétexte, à une raison qui justifierait le fait de jeter un engagement aux oubliettes. Quand bien même remonte-t-il à des temps immémoriaux de naguère. Rappeler de temps à autres un serment formulé, ne peut pas faire de mal. Jamais personne n’est mort d’une piqûre de rappel après tout. Ne fais pas l’innocent, et n’essaye pas d’invoquer la mémoire sélective. Tu ne sortiras pas grandi en plaidant l’amnésie passagère. Au contraire, tu ne vas faire que t’enfoncer. Je suis certain que tu vois parfaitement, ce à quoi je fais allusion. Impossible que tu aies pu oublier ces mots. Ces mots de petit arrogant se prenant pour un cador, pensant avoir déjà tout vu, tout connu, tout vécu et vaincu.

Il y a une petite dizaine d’années, le jeune étudiant en médecine que tu étais, s’était juré que lui vivant, jamais au grand jamais il ne deviendrait comme tout ces pseudos « je sais tout » pontifiants. Hmm … ne vous seriez-vous pas égaré en route Docteur ? Qu’est-ce qui vous différencie concrètement aujourd’hui, de tout ces « gros cons » grisonnant de la tempe que vous avez abhorré au plus haut point ? Ne vous a-t-on pas élevé vous aussi au rang de sommité ? Tu as beau étaler ta réussite, vanter tes mérites et te gargariser à grands renforts d’éloges au sujet de ta prodigieuse intelligence et ton extraordinaire précocité ; cela n’enlève rien au fait que tu es devenu ce que tu détestais jadis. Mais cela ne s’arrête pas là. Oh, que non ! Rien n’a plus d’importance pour Rim Ku Hwan, que d’être le meilleur sur tout les fronts. Se cantonner à la pratique de la médecine ? Inconcevable ! Le manque d’ambition et la modestie te révulsent. Tu es donc également un chercheur émérite, dont les travaux de recherche ont été reconnus et salués par de brillants scientifiques, issus d’horizons et de spécialités divers et variés. Tant et si bien, qu’ils font désormais foi et sont cités en exemple, aux jeunes étudiants en médecine. Beaucoup d’Hommes se seraient arrêtés là. Auraient savouré leur réussite en se reposant sur leurs lauriers. Toi, te satisfaire de « si peu » ? C’est décidément bien mal te connaître. Pourquoi se limiter à la science lorsque, l’on possède également des dispositions pour l’art et la littérature ? Hors de question cependant, de mélanger tes « business ».

Problème ? Que nenni ! Et Thiago Dos Anjos fut ! Ton alter égo, ton autre toi, ton avatar. L’occasion également, de faire en partie la paix avec toi même. De renouer avec ces racines de l’autre bout du monde. De honorer son souvenir et sa mémoire, en endossant de nouveau son nom. Une manière d’être reconnaissant pour tout ce qu’il a fait pour toi, en l’associant d’une certaine manière à ta réussite. Toi, l’homme dont les occidentaux n’ont de cesse d’écorcher le nom de plume et le nom à la ville. Toi, qu’il ont surnommés par souci de commodité « Le J.K Rowilng coréen ». Toi, qui publie bestseller sur bestseller et pulvérise sans cesse les records de ventes. Il ne te manque rien. L’argent, le travail, la santé, un physique somme toute avantageux, un bel appartement dont tu es propriétaire. Mais … tout cela c’est petit. Ce n’est rien, si l’on n’a personne auprès de soi avec le partager. Oui, tu peux le crier haut et fort : tu as réussi dans la vie. Mais à quel prix … . Ton trentième anniversaire approche à grands pas, et tu n’as rien accompli entant qu’homme. Tu n’es pas marié, ne possède pas d’enfant et n’a jamais songé à fonder un foyer. Le revers de la médaille, probablement. Un carriériste, ambitieux et obsédé par son travail, ne peut décemment pas espérer mener en plus de tout cela, une vie de famille rêvée et idyllique. Tu as fait un choix. Est-ce pour autant le bon ? Quand tu entends ta mère te rebattre les oreilles pour savoir quand elle aura la joie de devenir grand-mère, il t’arrive d’en douter. Seulement … tu n’es pas prêt à de nouveau aimer.

A deux reprises, tu t’es impliqué dans une relation, a ouvert et offert ton cœur. Et à deux reprises, on a fini par te quitter et te laisser tomber. En prétextant que « ce n’est pas de ta faute » ; « que tu es un type génial » et j’en passe. Ce qui est probablement plus douloureux et insupportable encore qu’un « je ne t’aime plus ». Depuis, tu t’es juré qu’on ne t’y reprendras plus. Alors, tu t’es blindé. A refusé de nouer toute attache, pour ne plus revivre les souffrances et les tourments de ces deux ruptures. Aujourd’hui encore, tu ignores comment tu es parvenu à remonter la pente. Notamment pour la plus récente. Seulement, tu es quasiment certain d’une chose : jamais tu n’y parviendras une troisième fois. Une vie d’indécrottable célibataire, fuyant toute forme d’engagement et de responsabilité : ce n’est pas si mal tout compte fait. De toute façon, tu es bien trop égoïste ; pour ne serait-ce que faire passer quelqu’un d’autre, avant ta petite personne. Du moins … c’est ce que tu croyais jusqu’à il y a encore peu de temps. Les jours et les semaines ont passés, sans que tu ne puisses te sortir Mademoiselle Kim de la tête. Cette jeune femme étant venue au commissariat, pour identifier le corps de son meilleur ami dont elle était secrètement amoureuse. Une fois n’est pas coutume, tu as l’impression d’avoir tout fait de travers. Elle ne t’a pas quitté ; la question lancinante. Su tu avais été audacieux, qu’aurais-tu vu briller au fond de ses yeux ? Tu aurais pu insister. Rester encore un peu auprès d’elle. Mais à quoi bon lui faire endurer ta présence, si ce n’est pas ce qu’elle veut ?

N’étant pas du genre à te couper les cheveux en quatre, tu as bien essayé de passer à autre chose et de ne pas t’appesantir. Seulement, ni les heures de travail englouties, ni celles passer à courir dans le parc jusqu’à l’épuisement ou à frapper dans un punching-ball, ne sont parvenues à faire sortir la jeune malvoyante de tes pensées. Non, elle ne t’a pas quitté ni lâché, depuis tout ce temps. D’ailleurs … à mesure que les jours passaient ton sentiment de culpabilité n’a fait que croître. Jusqu’à ce qu’il devienne insupportable, et qu’il te pousse à réparer ton erreur. A savoir, avoir délibérément laissé cette jeune femme seule, alors que tu savais pertinemment qu’elle n’avait plus personne. Une erreur qui à tes yeux relève presque du crime. Dès lors, une seule chose prévalait : la retrouver. Mais comment faire ? Elle est en effet sur liste rouge, n’est pas présente sur les réseaux sociaux, et comble de mal chance, son adresse ne figure pas sur les différents éléments en ta possession la concernant. D’ailleurs, hormis les information qu’a recueilli la police, tu ne sais pas grand-chose à son sujet. Son nom, sa date et son lieu de naissance, sa profession et c’est à peu près tout. As-tu pour autant abandonné et lâché la faire ? Pas le moins du monde ! Ta ténacité, ton opiniâtreté et ta pugnacité, t’ont poussé à ruser. S’il existe un document où figureront à coup sûr ses coordonnées, c’est incontestablement son dossier médical.

Tu n’étais pas spécialement fier a l’idée de devoir fouiller dans quelque chose d’aussi personnel et intime. Seulement, c’était la seule solution si tu souhaitais disposer de ce dont tu avais besoin. Etant donné ton statut et ta réputation, tu as cru qu’avoir accès à ce dossier ne serait qu’une petite formalité. Seulement, c’était sans compter sur la directrice de l’hôpital, qui gère son établissement de manière très … business. Rapidement, tu es tombé en rade de bons arguments. Ton numéro de charme n’a cette fois-ci pas marché. Dieu merci, elle t’épargna l’humiliation qu’aurais pu être la tienne, si tu t’étais adonné à la flatterie ainsi qu’à la basse flagornerie. Un deal ? Voilà qui n’est pas dans tes habitudes … mais soit. La possibilité de consulter le dossier, contre une journée de travail à titre bénévole, pour pallier l’absence d’un immunologiste en arrêt de travail. Car oui, le touche à tout que tu es détient un Doctorat en Immunologie, et dispose donc à ce titre de prérogatives pour exercer sa spécialité en milieu hospitalier. Cela ne t’enchantait guère, mais hélas tu n’avais pas le choix. Cette femme est encore plus inflexible que Margaret Thatcher. Tu as donc accepté du bout des lèvres. Il t’a fallu t’organiser, trouver quelqu’un capable de te remplacer au pied levé à la morgue et traiter des patients atteints le plus souvent de maladies dégénératives et incurables. Les accompagner et prendre en charge leur maux afin de rendre leur quotidien plus supportable, serait probablement plus approprié. La directrice de l’hôpital a beau disposer d’une forte poigne, elle n’en demeure pas moins une femme de parole. Heureusement, d’ailleurs.

Ta part du contrat remplie, tu as obtenu ce que tu cherchais désespérément. L’adresse de Mademoiselle Kim. Un appartement des Résidences Hillside à Busanjin. Parfait ! C’est décidé, aujourd’hui tu lui rends visite. L’idée de faire le trajet sur ton inoxydable skateboard t’a brièvement traversé l’esprit. Néanmoins, et ne tenant pas plus que cela à passer pour un grand benêt de trente ans doublé d’un adolescent attardé, tu as finalement opté pour la marche à pied. Rappelons au passage que tu ne possèdes pas le permis de conduire, et que l’accident de voiture ayant coûté la vie à ton père, t’a rendu phobique envers tout les véhicules motorisés. Une bonne grosse demie-heure fut nécessaire pour rallier Busanjin, depuis ton appartement situé dans le touristique quartier de Haeundae. Arrivé à destination, tu restes un instant sur le trottoir faisant face à l’immeuble que tu contemples. Vêtu en toute sobriété, sans chichi, fioriture ni effet de toilette ; le doute t’envahit soudain. Tu n’es plus aussi certain que cela soit un bonne idée. Tu songes même à rebrousser chemin et faire demi-tour. Finalement, tu parviens à empoigner ton courage à deux mains en traversant la rue. Les quelques marches du perron gravies, tu fixes durant quelques instants le bouton de l’interphone, au nom de la femme que tu es venu voir. Ou plutôt, que tu espères voir. Les derniers fragments d’hésitation soufflés au loin, tu presses de ton index le bouton en question.

Une petite minute plus tard, la douce voix de la massothérapeute se fait entendre. Pendant quelques secondes, tu restes coï. Et con aussi, il faut bien le dire. La bouche entrouverte, sans qu’aucun son ne s’en échappe. Merde ! A maintes reprises, tu as pensé à d’éventuelles retrouvailles, mais à aucun moment tu ne t’es posé la question de ce que tu dirais à la jeune femme endeuillée, si la chance de la revoir s’offrait de nouveau à toi. Les mots finissent par sortir du fond de ta gorge. De manière incertaine et sur ton peu assuré qui ne te ressemble pas du tout : « B-bonjour Mademoiselle Kim. C’est … le Docteur Rim. Je passais pour savoir comment vous allez depuis la dernière fois. J’espère que je ne vous dérange pas. ». A ces mots, tu te dis à nouveau que ce n’était probablement pas une si bonne idée que cela finalement. Non, en réalité tu penses que tu aurais pu, et dû, t’y prendre différemment. La moindre des choses aurait été que tu l’appelles au préalable. Afin de la prévenir et ton éventuelle visite, si toutefois elle y consentait. C’est toujours plus poli et agréable de s’annoncer, plutôt que de tomber et d’arriver chez quelqu’un à l’improviste et comme un cheveu sur la soupe. Encore une fois, tu as merdé et t’y es pris comme un manche. Cela dit, ça n’étonne plus personne. Depuis le temps, on commence à y être habitué. T’arrive-t-il de faire quelque chose de bien, hmm ? Ne serais-tu pas un inadapté social ? Avoue que l’on est quand même en droit de se poser la question.

©️ FRIMELDA



@Kim Sun Hi

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Soul Wounds
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Kim Sun Hi
Âge : 28
Occupation : Masseuse
Quartier : Busanjin
Situation : Célibataire
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Niveau : 4
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Mar 28 Aoû - 19:51

Depuis ce jour fatidique, la vie de Sun Hi c'est comme tout à coup écroulé. Tout a commencé avec cet horrible coup de téléphone de la police, lui demandant de passer à la morgue... Déjà, vous imaginez quand on vous parle de morgue, ça ne présage rien de bon, ça signifie la mort de quelqu'un, que la grande faucheuse vêtue de sa cape noir et accompagné de sa fidèle faux a frappé de nouveau pour s'emparer de la vie d'une innocente personne. Puis la voix à l'autre bout du fil avait clairement expliqué la situation. On la demandait pour identifier le corps d'une personne. Si quelqu'un aurait voulu faire une mauvaise blague ou de l'humour noir, c'était vraiment le bon moment. Demander à une malvoyante de venir identifier quelqu'un... il y a comme une sorte de problème, non ? Puis son nom avait été prononcé, elle devait identifier le corps de "Lucas". C'est certainement à ce moment que son cœur a faillit s'arrêter, que son monde à commencer à se fissurer tout doucement. Ce n'était pas possible qu'il s’effondre, car elle n'était pas encore sûre que ce soit lui. Si on la faisait venir, c'est qu'il y avait une infime chance que ce corps froid et pâle qui attendait sous un drap, dans une frigo mortuaire ne soit pas celui de son ami.

L'espoir. Sun Hi avait tant espéré qu'elle aurait le droit à une bonne nouvelle en arrivant. Certes, cela aurait été triste pour une autre personne. Vous la pensez égoïste ? Qui ne le serait pas dans une situation pareil ! C'est horrible, oui, je suis d'accord. Mais on préfère largement que ce soit un parfait inconnu qui soit étendu sur cette table de métal, plutôt qu'un ami proche. Mais son espoir avait rapidement fini par s'effondrer au moment ou elle avait touché son visage. Les traits de son visage, bien que sa peau ne soit plus chaude, que sa peau ne soit plus molle comme avant, elle avait reconnu chacun des traits qui détaillaient son faciès. Ces derniers avaient été gravé dans sa mémoire depuis le jour ou elle avait innocemment demandé à Lucas si elle pouvait toucher son visage pour savoir à quoi il ressemblait. Ce jour... elle s'en souvient comme si c'était hier. A ce moment là, elle n'était pas encore vraiment amoureuse de lui. Elle l'appréciait énormément, l'idée d'avoir un petit ami comme lui, lui avait sûrement traversé la tête. Mais son amour pour lui, elle ne l'avait pas encore clairement découvert.

La déception, l'horreur, l’effroi, la tristesse, la colère... c'est tout ce mélange de sentiments qu'elle avait ressenti en comprenant que l'homme qu'elle l'aimait n'était plus. Son idylle, la possible histoire qu'elle aurait pu avoir, tout c'était envolé le temps que ses doigts touchent son visage froid et figé par la mort. Comment est-ce qu'on est censé se remettre de ça ? Sincèrement, elle n'y arrive pas. La pauvre à l'impression de vivre dans le néant. On lui a clairement prit ce qu'elle avait de plus cher dans sa vie. Lucas était son phare dans son l’obscurité, celui qui pouvait lui apporter du bonheur et oublier son handicap. Il était l'unique personne qui l'acceptait malgré le fait qu'elle serait bientôt aveugle. Tout ça perdu en une fraction de seconde, sans qu'elle ne comprenne le sens de tout ça. Pourquoi ? Pourquoi la vie est si injuste ? Pourquoi la vie est si fragile ? Ce n'est pas le premier deuil qu'elle vit. La première fois, c'était une jeune adolescente perdant un parent. C'est peut-être plus facile quand on est jeune, a moins que la douleur soit seulement différente quand il s'agit d'un parent et de la personne qu'on aime.

Les adieux. C'est difficile à faire, mais il faut dire au revoir. Quelques jours après l'identification du corps, l'incinération du corps de Lucas avait eu lieu. Voilà une épreuve de plus à surmonter, devoir encaisser la disparition total de son corps, le voir tomber en cendre sous les flammes dansantes du four crématoire. Sun Hi ne sait pas comme elle a fait pour tenir ce jour là. C'était environ trois jours après son passage à la morgue. Elle avait essayé de remonter la pente, d'oublier, de se plonger dans la musique pour penser à autre chose, mais les seuls mélodies qu'elle parvenait à sortir ressemblaient toutes à des Requiem. La cérémonie n'avait pas été longue, simple à l'imagine du jeune homme, elle avait aussi eu un petit quelque chose de chaleureux comme lui. Pourtant, ça ne pouvait pas masquer la tristesse qui flottait à ce moment là. Personne ne pouvait se réjouir. Il était tellement jeune... La futur aveugle était restée dans son coin, écoutant de loin, ne voyant que des ombres s'agiter et pleurer ou évoquer des souvenirs du garçons. Ça ressemblait grandement à l'Enfer. Entendre tout ça... les entendre parler de lui au passer, c'était comme lui donner des coups de couteau en plein cœur. Tous, ils ne faisaient que ça, lui infliger de la douleur, broyer son cœur à coup de parole qui ne peuvent pas vous soulager. Elle se souvient avoir fuit quand tout fut fini. Retournant chez elle pour de nouveau s'effondrer en larme. Jusque là, elle avait tenu, elle avait refusé de sombrer lors des adieux, mais là c'était trop pour elle. Son cœur lui faisait mal, tellement mal. Il n'en restait que des lambeaux, il était déchiré, abîmé, tout simplement cassé. A quoi ça sert d'aimer, si c'est pour souffrir autant ? La jeune femme en était venue à se haïr, à se demander qu'elle genre d'idiote elle pouvait bien être pour croire en l'amour. Ce sentiment si futile et si fragile qui ne vous octroie que de la souffrance au final. Elle ne voulait tout simplement plus jamais aimer de toute sa vie.

Les jours ont passés et elle est restée recluse dans son appartement. La vie avait perdu son goût fruité. A présent, elle avait un goût morne, semblable à de la cendre, comme ce qui restait du corps de l'homme qu'elle avait aimé un jour. C'est certainement affreux de le dire, mais l'idée d'en finir lui avait traversé l'esprit. Non pas qu'elle soit suicidaire, mais elle n'entrevoyait rien au bout de ce tunnel. Son humeur morose n'a d'ailleurs pas arrangé sa vue qui lui semble s'être un peu plus obscurcie au fil des jours. Autant dire que ça en rajoute une couche sur son morale déjà au plus bas. La malvoyante à tout simplement arrêté de vivre. Elle ne se sent pas capable d'aller travailler, elle n'a pas envie de sortir, c'est à peine si elle mange. La majorité de ses journées, elle les passe allongé en boule sur son lit, ayant par moment des crises de larmes et parfois des crises de rire en repensant à des souvenirs positifs en sa compagnie.

Le changement, est-ce qu'il arrive ? Qu'est-ce qui pourrait changer sa vie ? Elle a déjà l'impression qu'elle n'en a plus. Elle n'attendait personne, ni famille, ni ami, ni même un livreur à qui elle aurait pu commander à manger. Pourtant, quelqu'un frappa à sa porte, la sortant de sa nostalgie. D'une voix forte pour être entendu, elle demanda qui s'était, car si c'était pour de la pub, elle n'avait pas envie d'ouvrir la porte et qu'on la voit en piteux état. Elle n'était pas coiffé, ses cheveux étaient en bataille, elle avait même quelques nœuds ici et là. Son pyjama faisait office de vêtement, à quoi bon s'habiller comme il faut vu qu'elle ne sort pas ? Ça doit bien faire plus de huit jours qu'elle n'a pas mit les pieds dehors. La voix de l'autre côté de la porte s'élève, le Docteur Rim. Ceci la fit se redresser sur son siège, complètement surprise et perdu. Pourquoi est-ce qu'il viendrait la voir ? Pour prendre de ses nouvelles ? Vraiment ? Elle ne comprenait pas. Et sans savoir vraiment pourquoi, elle se leva pour aller ouvrir la porte, oublier qu'elle devait avoir une allure à faire pitié. Ses yeux étaient probablement rouges, gonflés et cernés par les pleures. "Docteur Rim... Que faites-vous là ?" Oui, il avait dit qu'il venait pour savoir comment elle allait, mais ça reste le genre de question qu'on pose lors d'une visite surprise. Et ça réponse semblait sûrement flou pour la demoiselle. Pourquoi est-ce qu'il voudrait prendre de ses nouvelles ? Après tout, c'est une inconnue pour lui, non ?
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Rim Ku Hwan
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Mer 29 Aoû - 22:54

Dry your eyes
Feat. Kim Sun Hi
Bien sûr, tu aurais pu faire le choix de la facilité. Le choix du professionnalisme. Celui que l’ensemble de la profession aurait qualifié de « bon » choix. T’en tenir à ton travail, et uniquement à cela. Ne pas te soucier ni prêter attention, aux ravages psychologiques et émotionnels, avec lesquels une personne peut être aux prises suite à une authentification funéraire. Estimer que ce n’est pas à toi de les atténuer ou de tenter de les apaiser. Qu’un ou plusieurs membres de l’entourage s’en chargeront de toute manière, que tu n’as pas de souci à te faire et que tu peux donc t’endormir la conscience tranquille avec le sentiment du devoir accompli. Oui, si tout avait été exactement comme d’habitude, tu aurais probablement agi ainsi. Un peu à contrecœur, et non sans ressentir un léger tiraillement. Tsss, vraiment a-t-on idée d’exercer un métier disposant d’un rapport quotidien avec la mort, lorsque l’on est pourvu d’une hypersensibilité qu’un rien n’attise, comme la tienne. Seulement cette fois-ci, et pour le première fois en bientôt six ans passés à exercer la profession que beaucoup juge repoussante et révulsive de médecin légiste, il n’y avait personne. Personne avec qui Mademoiselle Kim puisse partager sa peine et sa douleur. Personne pour la réconforter, la soutenir et l’aider à se relever. Personne auprès de qui se confier, raconter, se souvenir, échanger et chérir la nostalgie des jours passés. Rien ni personne, hormis un océan d’incertitude et des abîmes de solitude.

Fort de ce fait et sachant cela, tu n’as pas pu te résoudre cette fois-ci à simplement « faire le job », ni à te contenter et satisfaire du « service minimum ». Qu’il soit un modèle de vertu ou le pire des salauds n’ayant jamais foulé cette terre, aucun être ne mérite selon toi, d’avoir à affronter et traverser seul, une épreuve aussi âpre et rude que la perte d’un être cher. Tu penses d’ailleurs en connaissance de cause, et es bien placé pour le savoir. Si eomma n’avait pas été là après la mort de pai, il y a sûrement déjà bien longtemps que tu serais toi aussi à six pieds sous terre, confiné entre quatre planches de bois. Tu aurais probablement laissé les abysses de chagrin et de culpabilité t’entraîner vers le fond. T’accrocher et tenir bon ? Oui, au début peut-être un peu ; mais très vite, tu aurais progressivement abandonné, avant d’en venir à l’irrémédiable. Heureusement cette fatale issue n’est pas arrivée, car tu avais la chance d’avoir quelqu’un. Quelqu’un qui comprenait ce que tu vivais, quelqu’un qui partageait cette même blessure. Tu as tenu le coup et réussi à surmonter ce drame, car vous étiez deux. Vous avez fait bloc et face à l’adversité ensemble. Vous vous êtes soutenus, entraidés, épaulés. Lorsque l’un ne se sentait plus la force de continuer, l’autre était là pour le revigorer et lui insuffler un certain allant. C’est ce que eomma s’est efforcée de faire pour toi, et c’est ce que tu as tenté de faire pour elle en retour, avec les mots et les gestes qui étaient les tiens du haut de tes sept ans.

Tu connais et mesures donc toute l’importance qu’il y a, d’être convenablement entouré lorsqu’une personne que l’on aime nous est si violemment arrachée. Ce n’est qu’à plusieurs, au minimum à deux, que l’on peut espérer entrevoir la fin du calvaire. Etre seul et isolé revient à s’enterrer avec celui qui s’en est allé. Laisser Mademoiselle Kim ainsi en toute connaissance de cause ? Inconcevable ! Inenvisageable et même pas pensable. Comment aurais-tu seulement pu continuer à te regarder dans une glace ou trouver le sommeil après cela ? Tu ne pouvais décemment pas rester les bras croisés et ne pas lever le petit doigt. D’ailleurs, cela ne lui aurait sûrement pas plu. Bien que tu étais trop jeune à l’époque pour que pai puisse aborder avec toi le chapitre des filles, tu es persuadé qu’il aurait tenu à ce que o filho se comporte en parfait gentleman avec la gent féminine. Comme il l’a fait toute sa vie durant avec eomma. Dans le fond quand on y réfléchit, tu as indirectement et involontairement fait de la peine à la jeune femme à qui tu rends visite. En te la jouant Ponce Pilate s’en lavant, il t’aurait très certainement blâmé bien comme il faut, et tu aurais eu le droit au savon du siècle en plus de remontrances carabinées. Et qu’importe que tu aies presque trente ans. Tu sais très bien ce qu’il aurait exigé que tu fasses, pour réparer le mal que tu as commis. Il t’aurait sommé d’aller trouver cette demoiselle, et de voir s’il n’y a pas quelque chose que tu puisses faire, même minime et insignifiant, pour elle. Pour te faire pardonner et prouver que tu es désolé.

Le dossier concernant la mort de Lucas a beau être clôs et refermé pour le légiste, l’homme quant à lui estime qu’il doit encore œuvrer. Pas sur un plan médical bien évidemment, mais plus sur un plan humain et relationnel. Tu veux qu’elle sache qu’elle n’est pas seule. Que tu es là. Comme une espèce de confesseur et de psy. Une oreille qui l’écoute. Une épaule sur laquelle elle peut se reposer, s’épancher et s’appuyer, si elle le désire et en ressent la besoin. Une sorte de cellule ou de béquille psychologique, qui la soutienne et sur laquelle elle puisse compter. Provisoirement, bien entendu. Lorsque l’entrain sera revenu, quand la vie n’aura plus cette saveur acre et amère à la fois … elle ne verra sans doute plus l’utilité de te fréquenter, te côtoyer ou même te parler. Tu sera passé furtivement dans sa vie, et restera à jamais le « gentil » Docteur qui fut là au plus fort de la tempête, et qui l’empêcha de dériver et sombrer. Enfin pour cela, encore faudrait-il qu’elle accepte la main que tu lui tends et l’aide que tu lui proposes. Ce qui n’est pas garanti. D’ailleurs, tu comprendrais qu’elle refuse et décline, et ne serais en rien offusqué. Après tout, cela peut lui paraître humiliant, vexant ou même terriblement déplacé. Son rapport avec autrui doit d’ailleurs être assez particulier. Comment être sûre que les gens soient sincères et spontanés ? Comment savoir si ce qu’ils font ou disent, relève de la pitié et la charité ou non ?

Ce n’est absolument pas ce qui motive et justifie ta visite. Cependant, tu reconnais que cela puisse être malencontreusement interprété de la sorte. Tu n’as jamais été très doué pour les rapports humains. Ni pour nouer des liens avec tes semblables d’ailleurs. Tu parais un peu gauche, un peu maladroit et emprunté. La situation est en effet quelque peu délicate. Qui plus est, au vu des circonstances ayant favorisées votre première rencontre, ainsi que l’image qu’elle peut bien s’être faite de toi, tu ne sais pas trop sur quel pied danser ni comment te comporter. Dois-tu être le Docteur Rim ? L’homme en blouse blanche professionnel, rigoureux et consciencieux. Ou peux-tu te risquer à être Ku Hwan ? L’homme que tu es réellement, une fois loin de tout les protocoles et les obligations. Celui que seuls ta mère et les quelques rares amis que tu possèdes, ont le privilège de connaître. Tu l’ignores. Ce dont tu es certain en revanche, c’est que tu ne peux être insensible au sort d’une personne endeuillée, et de la laisser esseulée. Le faire tout en ayant parfaitement conscience, ferait de toi un criminel. Du moins, c’est l’impression que cela te donne. Oui, un criminel. Au même titre que celui ou celle, qui a refourgué à Lucas ces comprimés de Buprénorphine. Suite à cette pénible identification mortuaire, tu as voulu faire des analyses complémentaires et supplémentaires.

En outre, tu as examiné et t’es attardé sur la composition et la structure moléculaire, des quelques restes de Buprénorphine encore présente dans l’organisme du jeune garçon. Il y avait également des traces infimes de plusieurs substances nocives. Des substances qu’utilisent les dealers pour couper leur dope. Elles ont rendu les principes actifs du médicament moins efficaces. C’est de cette façon que les trafiquants s’enrichissent. La dépendance et l’accoutumance se font très rapidement. Le bien-être et le soulagement que ressent une personne qui en ingère, n’est que de courte durée. A la douleur d’origine s’ajoute également celle des symptômes de manque, qui ne font que décupler la souffrance de l’individu. Alors, il s’en procure de nouveau. Inlassablement, encore et encore, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus jamais de prochaine fois. Tes conclusions ? Les anti-douleurs que prenait Lucas étaient frôlâtes. Sans doute se les est-il procuré auprès d’un junkie dissimulé sous son sweat à capuche, faisant son business dans une ruelle sombre, glauque et sordide. Tu te demandes s’il est judicieux de révéler à Mademoiselle Kim, la découverte de ce nouvel élément. Probablement pas. Cela ne le ramènera pas et ne fera que l’accabler davantage. A moins que … qu’il y ait une possibilité d’intenter un action en justice ? Une plainte contre X pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui ayant entraîné la mort, ou quelque chose dans ce style là. Quelque chose que l’on pourrait sûrement lire dans un de tes bouquins, ou entendre dans une mauvaise série policière à la télévision.

Hmm, tu n’es pas convaincu que cela puisse lui être d’un quelconque réconfort. Peut-être que oui sur le coup et pour étancher un peu de colère, si elle en ressent. Mais, cela ne procurera aucune amélioration sur le long terme. Te serais-tu senti mieux, si tu étais parti en croisade contre le conducteur du poids lourd, ayant fait une embardé à cause du verglas et qui fut fatale pour pai ? Non, de toute évidence. Cela n’aurait rien changé. Tu ne te serais pas senti mieux. Ni moins bien. C’est d’ailleurs bien ce que tu espérais au moment où tu as frappé à cette porte. Etre en mesure d’apporter un peu de réconfort et de consolation, à la femme se trouvant à l’intérieur de cet appartement. Pour quelques heures. De courtes minutes. Ou même des poignées de secondes. Alors, tu as frappé à ce rectangle de bois. Les infimes instants de silence qui suivirent, te parurent durer une éternité. Une cohue de questions eut le temps de te traverser l’esprit. Et s’il n’y avait personne ? Et si tu tombais mal ? Et s’il lui était arrivée quelque chose ? Et si, et si … . Finalement, une voix s’enquit de savoir qui était à la porte. Légèrement différente que dans ton souvenir. Un peu plus enrouée. Comme si tu venais d’indélicatement l’extirper de son sommeil. Malgré cette subtile différence de fréquence et d’intonation, il n’y a pas de doute, c’est bien elle : Mademoiselle Kim. Et là oh surprise, l’homme au prodigieux bagout et ayant toujours réponse à tout que tu es, ne sait pas quoi dire et se retrouve totalement désarmé.

Comment ?! Toi, le Docteur Rim ; n’ayant rien prévu, anticipé, envisagé ni même préparé au préalable. Invraisemblable ! Et pourtant … . Tes lèvres frémissent pitoyablement, sans qu’aucun son ne prenne naissance dans tes cordes vocales et s’en échappe. Durant d’interminables secondes. Allons, ressaisis-toi ! Dis quelque chose, enfin ! N’importe quoi. Ce qui te passe par la tête. Tant pis pour les effets de manche et de style, dont tu es toujours très friand. De toute façon, crois-tu que ce soit vraiment le meilleur moment pour cela ? Au final, tu parviens à t’annoncer, te présenter et succinctement exposé l’objet de ta venue. Cela a l’air en apparence bête comme chou, et pourtant cela te paru effroyablement complexe et compliqué. Le ton que tu employas fut moins assuré et impertinent, que celui dont tu as l’habitude de gratifier l’Agent Min. Avec également moins de familiarité, que tu peux en faire preuve avec Somi. Un nouveau silence. Plus long que celui que tu as marqué un peu plus tôt. Un silence dont transparaît une hésitation plus que palpable, ainsi qu’une certaine incompréhension. D’où tu es, tu arrives presque à les ressentir. Un silence qui pour la première fois depuis des années, fait germer en toi de l’appréhension. Il va même jusqu’à ébranler et entamer ta colossale confiance en toi. Jamais tu n’as été aussi tendu dans l’expectative d’une réponse. Pas même la fois où tu as invité la fille la plus populaire du lycée, à sortir avec toi pour le bal de promo de fin d’année.

Oh, tu étais déjà loin d’être un cadeau à cette époque là ! Tu prenais tout le monde de haut, te suffisais à toi-même et affichais un mépris à peine voilé envers les autres lycées. Tes seuls amis étaient les livres de la bibliothèque, et c’est en leur compagnie que tu trompais l’ennui lors des récréations. Qui plus est en ce temps là, tu n’avais pas encore ce brushing impeccable, avec lequel tu as longtemps cru pouvoir séduire la Terre entière et ses environs, ni cette carrure de décathlonien. Non pas que tu aies été un adolescent boutonneux, binoclard et correspondant en tout point à l’archétype de l’intello. Cependant il est clair que tu avais considérablement moins d’atouts charme qu’aujourd’hui. Cela ne t’a en rien effrayé ni dissuadé de proposer à celle qui faisait tourner toutes les têtes, la belle Ji Hyo, d’être ta cavalière pour cette soirée. Conscient d’être pourvu d’une intelligence nettement supérieure à la moyenne, tu ne te sentais en rien complexé en face d’elle ou à côté de sa farandole de soupirants. Pêché d’orgueil : celui des sept, dont tu t’es indéniablement toujours le plus délecté. Quoi qu’il en soit, ton audace fut récompensée, puisque c’est avec toi qu’elle se rendit à cette soirée. Plus tard, tu appris que la douce avait agi uniquement pour rendre jaloux et essayer de récupérer son petit ami, qui n’était autre que le batteur de l’équipe de base-ball du lycée, et sur lequel son ancienne meilleure amie pour la vie avait réussi à mettre le grappin.

Qu’importe, tu étais déjà loin et à la FAC, lorsque tu as appris le véritable but de la manœuvre. Ce soir là, tu as fais ton petit effet. C’était toi que tout les autres garçons regardaient avec des poignards affûtés par la jalousie à la place des yeux, ainsi que des envies de meurtres. La star et le roi d’un soir. Plutôt grisant. Une version masculine et moins flippante de Carrie. Où est-il désormais ton aplomb faramineux ? Tu empestes encore plus la crainte et l’appréhension qu’un adolescent mal dans sa peau. C’est le monde à l’envers. Ou alors une improbable régression. Les doutes ont également le temps de s’immiscer de nouveau en toi. Tu fixes la porte dubitatif et te frottes nerveusement la porte. Te demandes si tu as bien fait de venir ainsi. Sans te donner la peine de passer au préalable un appel téléphonique. Est-ce qu’autant de hardiesse et une pareille attitude, ne fait pas de toi une personne grossière et sans-gêne ? Tu finis par cesser de tergiverser, gamberger et te perdre en conjectures, au moment le bruissement métallique et caractéristique du verrou se fait entendre. Mademoiselle Kim t’apparaît sur le pas intérieur de la porte. Les yeux rougis par les sanglots et cernés de noir. Le teint livide et blême. Son regard frôle ta tempe droite, et s’égare dans le vide à quelques centimètres de toi. Tu exécutes un léger pas de côté afin de lui faire convenablement face. La jeune femme t’interroge sur le raisons de ta présence. Sans faire état de plus d’hésitation que tu en as déjà fait preuve, tu lui dis tout simplement la vérité.

« J’ai vu dans la rubrique nécrologique du journal d’il y a quelques jours, que Lucas devait être incinéré ces jours-ci. Je passais pour savoir si teniez le coup depuis la cérémonie. Vous aviez dit la dernière fois être seule et n’avoir aucun proche qui puisse être là pour vous, alors je m’inquiétais. Je sais bien que nous nous connaissons à peine, mais s’il y a quoi que ce soit dont vous ayez besoin ou que je puisse faire pour vous … ou si vous souhaitez simplement avoir quelqu’un à qui parler : je tenais à ce que vous sachiez que je suis là. ». Rim Ku Hwan qui fait passer un autre individu avant sa petite personne, qui se soucie et se fait du mouron pour lui … mon Dieu, mais on nage en plein univers parallèle ! Puis c’était quoi ça ? Ce ton tout doux, gorgée de chaleur et exempt de toute arrogance et suffisance. Tu ne trouves pas que c’est un peu too much pour une simple visite de courtoisie ? Certes la situation des plus particulières l’exige, mais tout de même. N’y aurait-il pas autre chose là-dessous Docteur, hmm …? Non, vraiment pas ? Vous en êtes sûr ? Même en regardant et cherchant au plus profond de vous même … . Bon, soit. Fais l’autruche si cela t’arrange. Ce que tu ne peux nier en revanche, c’est le fait d’être heureux de la revoir. D’ailleurs, un timide sourire passe furtivement sur tes lèvres. Cela peut paraître surprenant, mais tu la trouves plutôt bien. Enfin, aussi bien que peut l’être une personne ayant récemment assistée à la crémation d’un proche.

A vrai dire, tu avais imaginé la trouver dans un état bien pire et encore plus préoccupant. Certes, elle est loin d’être à son avantage ainsi. Pas apprêtée, attifée de ce pyjama informe et échevelée. Une personne avec un regard plus objectif que le tien, la trouverait certainement négligée et au plus mal. Mais ce n’est pas ce que tu vois. Non, toi ce que tu perçois, c’est ce qu’il y a derrière cette apparence. Ce qu’il y a l’intérieur. Cette petite flamme qui vacille, mais qui subsiste. Elle est toujours là : cette étincelle de vie. Elle ne s’est pas éteinte avec Lucas. Oui, Mademoiselle Kim est toujours là. Elle vit encore. Aussi bien physiologiquement que émotionnellement. Ce simple constat suffit à lui seul, pour te rassurer un petit peu. Elle ne saute évidemment pas de joie, mais elle n’est pas inerte et prostrée pour autant. Elle est simplement perdue dans un désert de confusion. Au beau milieu d’un no man’s land où tout est gris, ravagé et dévasté. La seule chose qui te tracasse et t’alarme dans l’immédiat, c’est son poids. Elle te paraît en effet amaigrie. Déjà qu’elle n’était pas bien épaisse lors de votre première rencontre. Ses joues te semblent plus creuses, et tu sais très bien que cette impression n’est pas uniquement due à la fatigue tirant ses traits. Tu oses espérer qu’elle continue à suffisamment s’alimenter, et qu’elle ne met pas sa santé en danger. Il faudra que tu t’en assures, si vous êtes amenés à plus amplement discuter tout les deux. D’ici là … .

Eh bien d’ici là, qu’est-ce que tu attends cara ?! Ne reste pas planté là comme une potiche ! Donne lui plutôt ce que tu as avec toi. Doucement, tu lui tends un objet. Afin qu’elle en ait conscience, tu fais délicatement entrer en contact le plastique emballant ton présent, avec sa main appuyée contre le montant de la porte. Poliment et avec beaucoup d’amabilité, tu dis ce qui te semble être une évidence superflue : « Tenez, c’est pour vous. ». Précision forte utile, n’est-ce pas … ? Tu n’as déjà pas eu la correction d’appeler pour annoncer ta venue, et savoir si cela ne la dérangeait pas. Arriver les mains vides aurait été pour toi le summum de l’impolitesse. Alors, tu as acheté des fleurs. Des fleurs … le comble du vieux jeu, l’archétype du cliché et le paroxysme de la banalité. C’est ce que tu pensais, et continues de penser qui plus est. Mais que pouvais-tu faire d’autre ? Offrir une bonne bouteille ? Plutôt déplacé et pas tellement de bon goût. D’ailleurs, tu ignores tout des siens justement : ses goûts. Tu as donc préféré jouer la carte du conventionnel, pour une fois, en tablant sur une valeur sûre. Pas tellement original, mais bon. De toute manière, tu n’as jamais été très doué pour trouver de bonnes idées-cadeau. Quand tu en offres, tu devines derrière le sourire de façade et les « Oh ça me fait drôlement plaisir ! », qu’ils ne ravissent pas vraiment ceux à qui il sont destinés, malgré tout leurs efforts pour simuler et feindre la joie ainsi que la gratitude.

En entrant dans la boutique du fleuriste, tu savais exactement ce que tu voulais comme fleurs. Néanmoins, tu avais également une exigence qui a donné du fil à retordre au vendeur. Qu’elles soient les plus odorantes et parfumées, afin que leur bénéficiaire puisse pleinement en profiter. A ce petit jeu là, c’est la variété bleue qui l’a emporté. Une fois que Mademoiselle Kim s’en empare, tu lui laisses quelques instants pour qu’elle puisse détailler ce cadeau. D’abord à l’aide du toucher. Puis c’est à son odorat qu’elle fait appel, en prenant une profonde inspiration. Une illusion de sourire habille ses lèvres, lorsque la fragrance exhale son sens olfactif. Ou peut-être est-ce que tu crois voir, tant tu le désires dur comme fer ? Allez-savoir. Lorsqu’elle relève la tête en direction de la tienne, culminant à un mètre quatre-vingt neuf du sol, tu ajoutes et devances la potentielle question qu’elle aurait pu te poser, quant à la nature de ce que tu lui as remis : « Ce sont des iris. Il y en avait de broder sur votre sac à main, lorsque nous nous sommes rencontrés au commissariat. J’ai … pensé que vous les apprécierez. ». Oh, mais quelle délicate attention Docteur … ! Ce n’est pas tant le fait que tu aies remarqué ce détail qui est étonnant, mais plutôt que tu sois arrivé à la conclusion que c’était probablement là une chose, que la jeune femme de moins d’un an ta cadette puisse aimer. Cela induit et sous-entend, que tu te sois intéressé pendant suffisamment longtemps à quelqu’un d’autre que toi. Mes félicitations ! Cela a dû te demander un effort sur-humain et considérable … ! Tsss, et après cela, tu persistes à prétendre qu’il n’y a rien de plus que de l’amabilité et de la courtoisie dans ta démarche … . Navré de vous dire cela Docteur, mais il semblerait qu’il faille que vous revoyez votre autodiagnostic.

©️ FRIMELDA


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Soul Wounds
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Kim Sun Hi
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Mer 5 Sep - 19:57

La malheureuse ne s'attendait certainement pas à trouver le docteur Rim derrière sa porte. Elle ne l'avait vu qu'une fois et elle ne voit pas vraiment de raison particulière pour qu'il vienne frapper à sa porte. Après tout, elle n'est qu'une inconnue pour lui, une personne parmi tant d'autre qu'il doit croiser entre les murs froids de la morgue. A croire qu'il avait quelque chose à lui dire. Quoi qu'il en soit, c'était une surprise. Intérieurement, Sun Hi préférait largement n'avoir personne à voir. Elle était dans un mood tellement mauvais, voulant rester seule et se noyer dans sa tristesse jusqu'à ce que peut être mort s'en suive ou qu'un élan d'espoir vienne la réveiller et lui faire retrouver un quelconque goût à la vie. Pour le moment, l'espoir ne semblait pas être dans le coin... quoi que sans le savoir elle se trompait, car il venait tout juste de frapper à sa porte en la personne de ce bon Dr Rim. Parfois, les bonnes choses arrivent s'en même qu'on s'y attende et pour le moment, elle l'ignore.

Le légiste expliqua qu'il avait vu dans le journal que l'enterrement de Lucas avait eu lieu. Il s'imaginait donc que c'était un moment difficile pour la jeune femme. On peut dire que sur ce coup là, il a vu juste. Perdre un ami n'est pas facile et c'est encore pire quand on a des sentiments pour ce dernier. Actuellement, Sun Hi était dans un néant qui semblait tellement vaste qu'elle ne savait quoi faire et quoi penser. S'étant souvenu qu'elle n'avait pas de proche dans le coin, il avait donc fait le déplacement pour prendre des nouvelles et voir comment elle allait. C'est là une charmante attention dont très peu de personne lui semble capable de faire ça. De même, il était prêt à l'aider si elle en sentait le besoin. "C'est très aimable à vous, mais je doute que vous puissiez faire quoi que ce soit pour moi. Ce n'est pas un moment facile à passer et je sais que ça va me prendre du temps pour me faire à la disparition de mon ami et surtout pour l'accepter. Chaque jour qui passe, je n'arrive pas à croire qu'il soit parti..." La demoiselle se  stoppa, sa voix commençait de nouveau à trembler et elle ne voulait pas pleurer, du moins pas devant le docteur. Et puis, ça fait des jours qu'elle verse des larmes s'en arrêt, ça la fatigue et elle aimerait bien que ça s'arrête enfin. "Désolé... c'est vraiment très dur pour moi." ajoute t-elle d'une voix faible tout en venant retirer une larme qui commençait à apparaître au coin de son œil gauche.

Sans qu'elle ne s'y attende, le docteur lui donna quelque chose. Elle n'avait pas la moindre idée de ce que ça puisse être, bien que l'odeur de fleurs qui flottait dans le couloir aurait dû lui mettre la puce à l'oreille. En même temps, c'est les le couloir d'un immeuble, les femmes de ménages nettoie en général avec des produits odorants ou il n'es pas rare qu'une personne trop parfumé laisse une sorte de traînée odorante derrière elle. Lentement, elle tendit ses mains pour prendre ce qui lui donnait, mais ne voyant pas grand chose, elle attendit que ce soit directement dans sa paume. Ce n'était pas très lourd, mais volumineux. Des qu'elle l'enserra, elle sentit les multiples tiges qui indiquaient clairement que c'était de l'ordre du végétal, le tout enfermé ou entouré par un plastique qui était noué à l'aide d'une sorte de corde. C'était froid, elle n'en sentait aucune chaleur. De sa main libre, elle vint longer le plastique en direction du haut. Celui ci était ouvert sur le dessus. Sa main pu toucher une texture douce, molle et soyeuse d'une forme qui lui était particulièrement familière. Approcha son nez, elle huma l'odeur qui s'extirpait du cœur des fleurs. Un parfum qu'elle aime particulièrement, il a toujours été son préféré, lui rappelant son enfance et lui faisant penser à une certaine douceur. C'était des iris, sa fleur préféré. La demoiselle ignorait si s'était un parfait hasard, mais le choix était bien plus judicieux qu'un vulgaire bouquet de rose dont elle à une sainte horreur de cette odeur qui lui fait généralement penser à un savon douteux. Sun Hi ne comprendra jamais l'amour que les gens ont pour l'odeur des roses. De même, elle ne trouve pas ses fleurs extraordinaires. Elles sont banales, simples et sans saveur. Tandis qu'une iris est d'une forme original et complexe, il en existe tout un tas de variétés, de formes, de couleurs et même de parfum légèrement différents. Sans s'en rendre compte, un sourire était apparu sur son visage, sûrement le premier depuis qu'on lui a annoncé la mort de Lucas.  "Des Iris !" murmure t-elle alors que le jeune homme indiquait le type de fleurs et la raison pour laquelle il avait choisi ces dernières. Elle fut étonnée, c'est qu'il avait l'air d'être du genre observateur contrairement à une grande partie de la population. "C'est une charmante attention. Je vous remercie, ce sont effectivement mes fleurs préférés." De nouveau, elle passa son nez au dessus des fleurs, ce parfum la rendait heureuse à chaque fois qu'elle le sentait. Puis, elle vint de penser à quelque chose d'étonnant. C'est la première fois qu'on lui offre des fleurs. De toute sa vie, elle n'a jamais reçu la moindre fleur de la part de qui que ce soit. Pourquoi avoir ce genre d'attention envers une aveugle ? Ce n'est pas comme si elle pouvait admirer la beauté des fleurs et comme la plupart des temps, elles ne sentent rien, ça doit donc paraître inutile aux gens d'offrir quelque chose qui à uniquement une utilité visuelle et décorative. "Vous êtes le premier à m'offrir des fleurs. De toute ma vie, jamais personne n'a eu ce genre d'attention pour moi." Sans même s'en rendre compte, ce petit brin d'espoir qu'elle pensait mort venait d’apparaître, lui faisant oublier sa tristesse pendant plusieurs secondes, chose qu'elle pensait totalement inimaginable.

"Je peux vous offrir quelque chose à boire ? Je n'ai pas grand chose à vous proposer, mais je pense qu'il doit me rester du café quelque part ou du jus de fruit." Depuis son passage à la morgue, elle n'a pas fait de course, elle est restée cloîtré chez elle, elle n'a pratiquement rien mangé, juste grignoté des petites choses sans le moindre intérêt. Du coup, son frigo est vide, ses placards aussi. Mais, il lui reste du café c'est certain.  
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Rim Ku Hwan
Âge : 30
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 5
Multicompte : Ong Ki O & Nō Qiang
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Ven 7 Sep - 22:32

Dry your eyes
Feat. Kim Sun Hi
Aussi pleine de bons sentiments, bienveillante et attentionnée soit-elle, ta démarche n’en reste pas moins très curieuse et bien étrange. Certains iront sans doute même jusqu’à dire inconvenante, zélée et malséante. Est-ce que tes confrères pratiquant la médecine « classique », agissent ainsi ? Restent-ils au chevet d’un malade qu’ils ont soignés et traités, jusqu’à sa totale guérison ? S’incluent-ils et se greffent-ils dans la cellule familiale ou l’entourage d’un patient ? Non, bien évidemment. Cela paraît absolument invraisemblable et relèverait sans nul doute de la faute professionnelle. Pourtant, il y a de grandes chances qu’une telle chose se soit déjà produite. Peut-être même qu’au moment où nous parlons, un médecin s’implique plus qu’il ne le devrait dans un cas qu’il est censé soigner en toute objectivité, quelque part dans le pays. C’est arrivé, cela arrive et ça arrivera encore, tant que les médecins resteront des êtres humains doués de sensibilité et d’empathie envers autrui. Le jour où la médecine sera entièrement robotisée et informatisée de A à Z, ce problème ne sera alors plus à déplorer. Un jour ou l’autre, cela arrivera forcément. Dans ton for intérieur, tu espères vraiment ne plus être de ce monde pour ne jamais voir ça. En ce qui te concerne, la situation est un tantinet différente. Tes « patients » ayant trépassés, ce n’est donc pas auprès d’eux que tu risquerais de sortir de ton rôle de médecin, en faisant preuve d’une connivence excessive. Il n’y a qu’entre vivants qu’une pareille complicité peut s’établir.

Néanmoins, il existe aussi bel et bien pour toi. Ce danger qu’il y a pour un praticien, d’aller à l’encontre du Serment d’Hippocrate, qu’il a pourtant prêté et juré d’honorer. Ce même danger qui pourrait lui valoir une convocation devant le Conseil de l’Ordre des Médecin, ainsi qu’un rappel à l’ordre, une mise à pied ou dans le pire des cas, la radiation à vie et l’interdiction formelle d’exercer. Ce principe, qui pour tes collègues s’applique à leurs patients, vaut pour toi vis-à-vis des proches des défunts que tu autopsies. Par chance, si on peut dire, aucun dogme, aucune loi ni aucune règle, ne t’interdit de fréquenter l’entourage d’une personne, dont tu as étudié la dépouille et les entrailles. Seulement dans le monde très collet monté, encarcané, rigoriste et austère de la médecine ; un tel comportement venant de la part d’un professionnel de la santé, reste extrêmement mal vu. Tes pairs ne se gêneraient pas pour te faire la leçon et la morale, te taper sur le doigts, te remonter les brettelles ou encore te dire le fond de leur pensée. Oui, ils se feraient une joie de te rappeler que tu te dois d’apposer des kilomètres de distance émotionnelle, entre toi, la personne qui arrive sur ta table d’autopsie, et tout ce qui peut bien avoir un quelconque rapport proche ou éloigné avec cette dernière. Toutefois, et au regard du code de déontologie, tu ne commets rien qui déroge à l’éthique et qui puisse te valoir d’encourir de lourdes sanctions.

Tu as donc parfaitement le droit de rendre une « visite de courtoisie », à l’amie d’un individu décédé étant passé sous ton scalpel. Du moins … cela serait vrai, si tu exerçais la médecine légale en milieu hospitalier. Ce qui n’est absolument pas le cas, étant donné que tu œuvres avec la police dans un but judiciaire. A ce titre, tu es soumis aux mêmes obligations que les membres des forces de l’ordre. En particulier, pour ce qui est du devoir de réserve et de discrétion. Qu’importe sa nature, lorsqu’une procédure est ouverte, les membres travaillant dessus, toi y compris, ne doivent entretenir sous aucun prétexte des liens ou des rapports avec les suspects et témoins interrogés. En dehors de ceux visant au bon déroulement de la dite procédure, bien sûr. Ce précepte reste cependant en vigueur, une fois le dossier clos et l’instruction bouclée. Durant une période de … tu ne t’en rappelles plus très bien. De mémoire, il te semble que cela doit être six mois. Ou peut-être est-ce un an ? Ce qui est certain, c’est que face à un décès subit et sans cause de la mort apparente, comme ce fut le cas pour Lucas ; une enquête judiciaire est toujours diligentée, pour faire la lumière sur les zones d’ombres. Ton nom figure dans le rapport de l’instruction ayant été menée. En qualité de médecin légiste ayant autopsié le corps de Lucas. Tout comme celui de Mademoiselle Kim, compte tenu qu’elle est la personne ayant formellement identifié le défunt.

Conclusions : vous ne devriez théoriquement pas vous côtoyer, et tu ne devrais en aucun cas provoquer une rencontre avec la jeune femme endeuillée. Toutefois, ce fait est principalement valable, lorsque l’affaire est traduite en justice et que les assises doivent rendre un verdict. Dans le cadre d’un suicide, comme c’est présentement le cas, ton agissement n’a pas de fâcheuses répercutions sur l’issue de l’investigation. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de spécification, de graduation ou d’exception à la règle en fonction de la teneur de l’affaire. Ni de passe-droit attribué selon la fonction qu’occupe tel ou tel individu. Traduction : tu es en train d’enfreindre les règles établies par l’administration dans laquelle tu travailles. Autrement dit, il est possible que l’on te retire tes prérogatives, et même que l’on t’interdise de pratiquer voire de tenir un simple bistouri. Bien que cela reste une éventualité, tu demeures serein et ne te fais pas trop de souci. Personne n’ira te chercher des poux dans la tête, pour avoir passé un peu de temps avec quelqu’un ayant procédé à une identification mortuaire. A moins bien sûr, d’avoir affaire à quelqu’un de pointilleux ou d’extraordinairement tatillon. Ou bien … ou bien une personne qui t’en voudrait et serait susceptible d’avoir une dent contre toi. Comme Monsieur le Maire ou l’Inspecteur Bak, pour ne citer qu’eux. Remarque, et étant feignant comme des couleuvres, tu supposes que la simple vue de la pile de paperasse à remplir pour enclencher ce genre de poursuites, suffirait pour les décourager et les dissuader de s’aventurer sur ce terrain-là.

Rien ne t’a en revanche découragé ou dissuadé, de remuer ciel et terre en faisant preuve d’astuce et d’ingéniosité, pour obtenir l’adresse de Mademoiselle Kim. Oui, tu as fait fi des convenances régissant ton corps de métier pour la revoir. Le tout en connaissant pertinemment les risques auxquels tu t’exposais, et en ayant parfaitement conscience du fait que cet acte, pourtant bien intentionnée, pouvait compromettre ta carrière. Seulement, il y a eu cette phrase prononcée par la jeune malvoyante et qui a agi sur toi comme un électro-choc. « Il n’y a personne. ». Ces mots t’ont marqués et sont restés incrustés dans ton esprit. Sans que tu puisses l’expliquer, tu as senti que tu te devais d’être là pour elle. De faire en sorte qu’elle sache que parmi ces landes de solitude, il y a au moins une âme qui vive et sur laquelle elle peut compter. Si Lucas était son unique ami, voire bien plus, et qu’elle n’a pas de famille à proximité … alors qui pour lui témoigner un peu de sollicitude et de diligence ? Les voisins ? Tsss, s’ils sont comme les tiens, alors tu doutes qu’ils soient les mieux placés pour cela. Enfin qui sait, peut-être que le goujats fuyant tout contact visuel et saluant du bout des lèvres, ainsi que les malappris ne se donnant même pas la peine de tenir la porte ou retenir l’ascenseur lorsque vous avez les bras chargés de courses, ne résident que dans l’immeuble où tu vis ? Peut-être est-ce une espèce en voie d’extinction, ayant pour dernier bastion le quartier de Haeundae ?

Hmm, tu l’espères profondément, mais au fond de toi tu en doutes. Les gens aujourd’hui sont bien incapables de lever le nez de leur nombril. S’ils se donnent la peine de s’intéresser plus de deux minutes à quelqu’un d’autre que leur petite personne : ça relève alors presque du miracle. D’ailleurs, tu es un parfait spécimen du type. Du moins, en temps normal. Là en cet instant T, il est vrai que l’on peine à le croire. Alors, tu as cru bon de venir. Même si maintenant, tu te rends compte que ta visite peut être perçue par la massothérapeute, comme étant intrusive et affreusement déplacée. Bien que étant probablement destinés à clarifier les choses et dissiper d’éventuels malentendus, tes mots paraissent un peu maladroits. Tu as d’ailleurs l’impression qu’ils ont l’effet inverse de celui que tu escomptais. Cette impression se révèle plus ou moins confirmée, au moment où la jeune femme éplorée déclare douter que tu sois en mesure de pouvoir faire quoi que ce soit pour elle. Tu baisses les yeux et fixes les tiges recouvertes de plastique et papier de soie violine du bouquet, que tu n’as pas encore eu le temps d’offrir. Les lèvres disparaissant en un fin filet, ta tête se meut de haut en bas, et un sentiment que tu ne connais que trop bien s’empare de tout ton être. Celui de l’impuissance. Ce n’est que lorsque la voix du petit bout de femme d’un mètre soixante menace de rompre et se briser, que tu reportes ton attention sur elle.

Sur un ton obligeant et avec une voix chaude comme les tropiques du Brésil, tu répliques : « Ne vous excusez pas. Il n’y a sans doute rien de pire au monde, que ce que vous vivez actuellement. Vous avez tout à fait le droit de craquer et de vous laisser aller un bon coup. D’être en colère, triste, d’en vouloir à la terre entière ou d’avoir envie de crier à l’injustice. Ce que je vais vous dire va peut-être vous surprendre mais … vous ne devez pas avoir honte de vous montrer égoïste. Je veux dire … que c’est important que vous preniez soin de vous, que vous pensiez essentiellement à vous, et preniez tout le temps qui vous paraît nécessaire pour digérer cette épreuve. ». Tu n’es pas certain que cela soit véritablement un conseil. A vrai dire, ta déclaration te fait plus penser à une lapalissade qu’autre chose. Peut-être est-ce dû au fait que tu es quelqu’un d’assez porté sur lui-même ? En tout cas conseil ou non, cela peut s’entendre et se défendre. Disons que c’est un point de vue qui vaut ce qu’il vaut. Cela t’a pas mal aidé à l’époque. Se recentrer, être à l’écoute de son corps, ses sensations et ses émotions. Les laisser suivre leur cours, sortir et s’exprimer comme bon leur semble. C’est principalement ainsi que tu as réussi à en partie accepter l’inacceptable. En ce temps tu n’avais que sept ans, et comme tout enfant de cet âge qui perd un parent, tu as été tenté de te replier sur toi-même et de totalement te fermer au monde extérieur.

Heureusement, tu avais quelqu’un à tes côtés au jour le jour, pour t’empêcher de basculer dans cet extrême. Si tel n’avait pas été le cas, tu te serais sans nul doute murer dans le silence, le mutisme et la neurasthénie. Est-ce pour cela que tu agis ? Pour faire en sorte que Mademoiselle Kim n’élève pas des barricades, qui l’isoleraient du monde et des gens qui l’entourent ? Possible oui. En tout cas, c’est ce que tu prétends et ce dont tu te convaincs, mais … . Comment sait-on lorsque l’on a remonté la pente ? Y-a-t-il un indice qui nous permet de savoir que l’on a fait son deuil ? Oui, il existe en effet une sorte d’indicateur. Quelque chose de simple et tout bête. Le retour des envies et des désirs. Au début ce sont des petites broutilles futiles et insignifiantes. Tu te souviens très bien quand le soleil à chasser les épais nuages, dans ton ciel de petit gamin. De ce fameux matin où tu t’es réveillé, avec cette inexplicable envie de glace à la noix de coco. Puis le lendemain ce fut une promenade dans le parc. Le surlendemain une visite au musée, et ainsi de suite. Puis lorsque le cap des peccadilles est passé, ils reviennent. Les projets ainsi que des aspirations sur le long terme. C’est sans doute triste à dire, mais être auto-centré et nombriliste t’a permis de sortir la tête de l’eau et d’entrevoir le bout du tunnel. Le seul problème, c’est que tu es resté par la suite quelqu’un d’égocentrique. Penses-tu qu’inconsciemment cette attitude somme toute narcissique, est une sorte de bouée qui t’éviterait de plonger de nouveau dans un état de profonde détresse émotionnelle ? Tu ne t’étais jamais posé la question jusqu’à présent mais … pourquoi pas après tout.

« Faire son deuil » ; « Remonter la pente » ; « Voir le bout du tunnel » ... . Des expressions toutes faîtes dont on use et abuse, et qui t’horripilent. Tu trouves que l’image n’est pas assez forte, pour illustrer les efforts colossaux qu’il faut déployer, pour parvenir à se relever et s’en sortir. Pour toi, il s’agit là d’effroyables euphémismes, ainsi que de visions lights et édulcorées de l’âpreté de la réalité. Néanmoins, on n’a jusqu’à aujourd’hui rien trouvé de mieux pour parler d’un regain de forme psychique. Tout le monde a recours à ces poncifs, pour parler de cela. Même toi, et même si tu en as horreur. Bon, tu comptes laisser le silence prendre ses marques encore longtemps, ou … . Eh bah voilà, donne-le donc ce joli bouquet. Cela te fait tout drôle d’offrir des fleurs à une femme. Aussi loin que tu te souviennes, il te semble d’ailleurs que c’est la toute première fois. Sauf bien sûr, celles que tu offres de temps à autres à ta mère pour sa fête, son anniversaire, ou lorsqu’elle t’invite à bruncher le dimanche midi. Mais bon, cela ne compte pas vraiment. On ne peut pas dire que tu sois vraiment du genre romantique et gentleman. Non, toi ce serait plus séducteur et Casanova. Les fleurs, les sérénade au clair de lune, les dîners aux chandelles : tout cela t’ensuque et te fiche la nausée rien que d’y penser. Ceci explique donc probablement cela. Toutefois, et au risque de me répéter, tu ne pouvais pas débarquer comme ça sans prévenir et surtout sans rien amener.

Alors il a bien fallu trouver quelque chose. N’étant guère très inspiré, tu t’es donc rabattu sur le traditionnel présent floral. Pas de « crevette ». Ces fameux bouquets ronds d’une douzaine de roses et plus. D’une car tu trouves cela extrêmement surfait, de deux car cela peut être connoté et sujet à interprétation. Tu avais déjà ta petite idée en tête en arrivant chez le fleuriste, ainsi que quelques bonnes raisons de penser que Mademoiselle Kim serait plus sensible au charme des iris qu’à celui des roses. A tout choisir et entre la peste et le choléra … toi aussi tu préfères les iris. Ils ont quelque chose de plus majestueux et noble, que la très présomptueuse et auto-proclamée reine des fleurs ; j’ai nommé la rose. Par ailleurs, le vendeur t’a certifié qu’ils étaient bien plus odorants, solides et vivaces que l’arrogante en manteau d’épines. Seul petit bémol selon toi, ils sont bien plus imposants que la sempiternelle fleur de l’amour. Un bouquet exclusivement constitué de cette somptueuse variété bleutée, se révèle en effet très volumineux. Tout le monde n’a sans doute pas chez soi, de vase suffisamment grand pour les accueillir. Tu oses espérer que ce n’est pas le cas, pour la jeune femme au regard perdu dans le vide. Un regard perdu, mais dans lequel jaillit quelques étincelles de curiosité, au moment elle a recours au sens du toucher pour identifier ce tu lui as remis. A mesure que sa main tâtonne et explore le haut du bouquet, les traits de son visage s’illuminent.

Ils s’étirent lorsque ses doigts graciles courent sur les pétales. Un sourire bourgeonne et fleurit sur ses lèvres, sitôt que la douce fragrance des iris stimule son odorat. Un sourire qui vaut à ton cœur de venir buter un peu plus fort et un peu plus vite contre ta cage-thoracique. Un sourire qui se miroite et réverbère sur le tien, sans que tu t’en aperçoives ni n’en aies pleinement conscience. Un murmure exclamatif sort de la bouche de la femme à la carnation d’albâtre. Sans doute a-t-elle reconnu les fleurs composant ce bouquet. Tu viens confirmer son propos en lui révélant la nature de ton cadeau, et les raisons qui t’ont poussé à le choisir. Instinctivement et presque automatiquement, tu inclines respectueusement la tête quand elle te remercie chaudement pour ton geste, et te confie qu’il s’agit comme tu le supposais de ses fleurs préférées. Puis, après s’être imprégnée une nouvelle fois de l’arôme du bouquet, Mademoiselle Kim t’apprend que tu es la première personne à lui en offrir. Aussitôt, tes joues s’empourprent et tes pommettes revêtent une coloris cramoisie. Au moins, c’est un première pour vous deux. Gentiment, tu lui réponds dans un premier temps sur un ton et une voix, dans lesquels s’entend le sourire parant tes lèvres. Puis, c’est ta gêne et tes joues rougissantes qui sont illustrées dans la seconde partie de ta brève prise de parole. « Mais je vous en prie, tout le plaisir est pour moi. Je suis ravi qu’elles vous plaisent et soient à votre goût. Oh … vraiment ? Eh bien … j’espère que cette première en appellera de nombreuses autres. ».

Pourquoi donc personne ne lui en a jamais offert auparavant ? Parce qu’elle est incapable de convenablement les voir et les contempler ? Que c’est donc totalement inutile pour elle ? Sincèrement, cette pensée ne t’a pas traversé l’esprit une seule seconde. Après tout, il y a selon toi mille et une façons d’apprécier des fleurs. Penser qu’elles ne sont destinées qu’à satisfaire le plaisir de l’œil est extrêmement réducteur. On peut très bien être sensible à leur parfum ou à leur contact. Peut-être même que le simple fait de savoir qu’il y en a proximité, suffit pour égayer les cœurs ? Tu es heureux et te sens énormément flatté et privilégié, d’être le premier individu à avoir eu l’idée de lui en dédier. Heureux … et en même temps triste, lorsque tu réalises qu’elle a dû attendre aussi longtemps, avant d’avoir la chance et de ressentir la joie de s’en voir décerner. Mademoiselle Kim a souri, et à éprouver de nouveau durant quelques instants de l’allégresse et du contentement. Tu as réussi. Voilà une petite victoire personnelle. Hors de question de parader et de fanfaronner cette fois. Non, tu savoures l’accomplissement que tu viens de réaliser en souriant timidement et modestement. Tu es parvenu à redonner temporairement le sourire à quelqu’un, et à lui faire plaisir. De toutes les gloires que tu as connues, c’est sans contexte l’une des plus belles, pour ne pas dire la plus belle. Elle te procure une prodigieuse sensation de bien-être et de bonheur.

Le doux visage de la femme en pyjama te sembla reprendre quelques couleurs. Et c’est d’une voix dont tu perçois une forme de tonus et des ondes de vie balbutiantes, qu’elle te propose quelque chose à boire, et t’invite implicitement à entrer. Tu restes ébaubi durant quelques secondes. Dans tes yeux sombres éternellement malicieux et espiègles, crépitent des lueurs de réjouissance. A nouveau, tu sens qu’un incendie brûle et danse sur ton visage. Sur un ton d’un entrain probablement un petit peu trop marqué au vu des circonstances, tu rétorques avec beaucoup de politesse : « Si cela ne vous dérange et ne vous importune pas, alors oui je me laisserais volontiers tenter par un café. ». Si elle te le propose, il y a peu des chance pour que cela l’incommode et l’indispose. Bien sûr, il ne faudrait pas qu’elle se sente obligée, sous prétexte que tu lui as offert quelque chose. Cependant … sa voix ne t’a donné aucune impression de contraire. Rien dans son intonation ne laisse à penser, qu’elle agit à contrecœur. Si c’était le cas, son visage se serait rembruni et de nouveau éteint. Or, il reste emprunt de cette gaieté passagère, que tu as découvert et dont tu ne te lasses pas. Ouvrant en grand la porte, Mademoiselle Kim t’invite à entrer. Ce que tu fais, en la remerciant comme il se doit. La porte refermée derrière toi, tu suis alors ton hôtesse à travers un petit corridor.

Dans les tons ivoire. Pas de cadre, ni de miroir. Quelques meubles de rangements dont un à chaussures, un Yucca couleur émeraude ayant au moins trois ou cinq ans, une sculpture aux influences Pop-Art, une console en acajou, un long tapis art déco. Arrivé dans le salon, la propriétaire des lieux toujours encombrée par son impressionnante botte d’iris bleu céruléen, t’invite à prendre place sur un canapé d’angle de style moderne en cuir gris anthracite. Elle t’abandonne durant quelques instants, en se rendant dans la pièce voisine, que tu supposes être la cuisine. Très certainement pour préparer le café et mettre les fleurs dans l’eau. Tu aurais pu proposer un coup de main, à la femme ayant la gentillesse de t’accueillir chez elle. Néanmoins … un tu-ne-sais-quoi te dit, qu’elle est certainement du genre à mettre un point d’honneur à faire les choses par elle-même, pour prouver au reste du monde, que sa cécité ne fait pas pour autant d’elle quelqu’un d’incapable ou grabataire. Oui, tu sens que la femme aux longs cheveux bruns a du caractère et du tempérament. La pitié et la compassion des gens doivent l’excéder et l’écœurer. Ce que tu comprends tout à fait. La perte totale ou partielle de sa vision, ne signifie pas qu’elle doit constamment être assistée pour tout. Qui plus est, elle est chez elle. Un environnement qu’elle connaît sur le bout des doigts. De l’aide semble de prime abord totalement inutile.

Bien sûr, si elle te le demande ou te sollicite ; tu n’hésiteras pas à venir lui prêter main forte. Pour l’heure, tu ne préfères donc ne pas t’emmêler. Cependant, et devinant qu’elle reviendra sûrement les bras chargés, tu te permets de rouvrir en grand la porte menant de la cuisine au séjour, et qui s’était en partie refermée derrière elle. Ainsi, elle n’aura pas à se démener avec, si elle revient en tenant quelque chose. Dès que c’est fait, tu pars alors t’installer sur le canapé t’ayant été indiqué un peu plus tôt. Une fois assis, tu en profites pour balayer la pièce du regard. Les persiennes aux fenêtres sont à moitié closes, mais la lumière du jour éclaire suffisamment l’appartement pour que l’on puisse y voir distinctement. Tout ici est à l’image de ton hôtesse. Simple, épuré, sans chichi ni fioriture. Élégant, plein de subtilités et de nuances. Beaucoup de lignes harmonieuses, d’arrondis et de rondeurs. Des formes qui donnent aussitôt une impression de confort, de sécurité, et qui inspirent la gentillesse, le calme et la quiétude. Ton attention se focalise sur un objet que tu n’avais pas vu depuis bien longtemps. Un synthétiseur aux touches neiges et charbons éclatantes. Un nouveau rictus passe sur ton visage. Cet instrument a un côté old-school, vintage et rétro que tu apprécies tout particulièrement. Par association d’idée, ce clavier te fait penser à un autre objet de la même génération. Suivit dans un cortège de toute une série de questions.

Mademoiselle Kim ne tarde pas à réapparaître avec un petit plateau fantaisie et chamarré, qu’elle dépose sur la table basse rectangulaire en verre, juste en face du canapé. Dessus, deux tasses sur des soucoupes blanches avec un petit liseré doré sur le pourtour, un sucrier et une assiette avec quelques Spéculoos. Tu te munis de la tasse la plus proche de toi en la saisissant par l’anse. Pendant quelques secondes, tu laisses les volutes d’arabica taquiner tes narines en fermant les yeux, puis en savoures une gorgée. Tu cogites encore quelques instants avant de déclarer : « Merci beaucoup. J’adore votre synthé. Il me rappelle la période du lycée et mes premières années sur les bancs de la FAC. A ce propos, cela me fait penser … . Je … je ne tiens pas à vous paraître trop curieux ou intrusif, mais je me demandais si vous aviez écouté la cassette que je vous ai remise l’autre jour. Si c’est personnel, ne vous sentez pas obligée de me répondre. J’espère simplement que son contenu vous a redonné ou vous redonnera un peu de baume au cœur. ». Oui, c’est vrai. Au fond de toi, tu pries pour que les derniers mots de Lucas à l’attention de la femme avec qui il partageait une étroite complicité, soient tendres et en rapport avec d’heureux souvenirs qu’ils ont tout deux partagés. Mais … pas seulement. Tu as également quelques espoirs qu’il y ait sur cet enregistrement, quelque chose en lien avec la personne lui ayant refourgué ces anti-douleurs dénaturés. N’importe quoi. Un petit détail, un signe distinctif ou dans le meilleur des cas un nom. Quelque chose qui te permettrait, ou plutôt qui permettrait à la police, de remonter la piste de ce dealer. Tu n’es pas du genre vengeur en temps normal, mais là … tu as besoin d’un responsable. De quelqu’un qui paye. Pour ce qui à tes yeux est un crime : avoir détruit et anéanti la femme se trouvant juste à côté de toi, et qui enserre délicatement sa tasse entre ses doigts filiformes.

©️ FRIMELDA


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Soul Wounds
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Kim Sun Hi
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Occupation : Masseuse
Quartier : Busanjin
Situation : Célibataire
Don : Clairevoyance
Niveau : 4
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Sam 3 Nov - 1:21

Cette visite surprise à le don de faire oublier le malheur qu'elle vit. Le bouquet de fleur si inattendu lui redonne même le sourire sans même qu'elle n'y fasse attention. C'était peut être la genre de distraction qui lui fallait pour penser simplement à autre chose. Penser H24 à ce pauvre Lucas ne va clairement pas améliorer son état. De toute manière, il suffit de poser un simple regard sur elle pour voir à quel point ça ne va pas. Bien que la demoiselle soit loin d'être grosse à l'origine, elle a clairement perdu quelques kilos et si ça continue sur cette voie là ça risque de devenir dangereux pour sa santé. Ses yeux sont cernés et rouge, signe qu'elle pleure encore bien trop souvent. Il faudrait vraiment qu'elle retrouve un peu d’intérêt à la vie, qu'elle bouge de nouveau, qu'elle oublie se chagrin qui l'a fait sombrer dans un état des plus déplorables. Est-ce cet élan de générosité de la part du Docteur Rim qui lui fait proposer un café ? Ou simplement car elle retrouve des habitudes oubliées depuis le décès de son ami ?

Le docteur entre donc chez la malvoyante qui se diriger déjà vers la cuisine avec cet énorme bouquet entre les mains. Un bouquet de fleur. De sa vie, elle n'aurait vraiment jamais cru qu'un jour on lui ferait un tel cadeau. Après tout, à quoi bon offrir des fleurs à une personne qui ne peut pas les voir ? C'est sûrement de cette manière que pense la majorité des gens. C'est triste, car il y a tout un tas de manières d'apprécier un bouquet, autre que par le simple sens de la vue. Les gens "normaux", apprécient les fleurs uniquement en les regardant. Certes, ils peuvent en apprécier l'odeur quand ces dernières sont odorantes, mais la vue primera toujours sur le reste. Alors que Sun Hi se doit de les aimer uniquement via ses sens valide, soit l'odorat et le toucher, car elle ne va pas manger des fleurs. C'est un moyen unique d'apprécier la forme d'un bouquet, la douceur et la complexité d'un pétale... Au final, les fleurs sont des végétaux bien plus intéressant qui ne s'arrête à leur simple beauté et leur couleur souvent chatoyante. Arrivé dans la cuisine, elle fouilla dans un placard ou elle était presque sûr d'avoir un vase qui n'avait bien évidement jamais servi dans cet appartement. Dans l'évier, elle le laissa se remplie à peu près à la moitié avant d'y plonger les tiges des Iris pour qu'elles puissent faner le moins rapidement possible. Par la suite, elle démarra la machine à café. La seule chose bien avec ce genre de machine, c'est que ça prépare la boisson, elle n'a pas à s'en occuper. Pour plus de facilité, elle prit un plateau ou elle posa les deux tasses, ainsi que deux cuillères et un petit bocal ou se trouvait plusieurs morceaux de sucres.

De retour dans le salon, elle posa le tout sur la table basse avant de s'asseoir sur le canapé ou le docteur devait déjà être installé. Tâtonnant pour trouver les tasses, elle saisit la première et la donna à son invité. "Je ne sais pas si vous prenez du sucre, j'en ai ramené au cas où," indique t-elle simplement alors qu'il venait de s'emparer de la tasse fumante. En même temps qu'elle attrapait sa propre tasse, il parla de son synthé, l'une de ses petites fiertés. Les personnes malvoyantes jouant d'un instrument de musique sont souvent sous-estimé. Pourtant, Sun Hi est une experte et compose un style musicale qui certes n'a pas pignon sur rue en Corée du Sud, mais qui à de nombreux admirateurs à travers le monde. C'est un cercle fermé, qui s'étend petit à petit grâce à quelques jeux vidéos qui commencent à populariser ce style encore trop méconnu. Puis, il parla de la cassette audio que Lucas avait laissé. La demoiselle se stoppa, restant surprise par la question. Cette cassette... c'est loin d'être la chose la plus facile à entendre. Elle a bien essayé de l'écouter en entier, mais elle n'en est pas capable. C'est peut être trop tôt, trop frais pour ça. "Je... je n'ai pas réussi à l'écouter complètement. Entendre sa voix tout en sachant que je ne le verrais plus jamais, c'est difficile. Les adieux... je n'aime pas ça et savoir que c'est la dernière fois que j'entendrais sa voix, c'est difficile." Un jour, elle aura ce courage, celui d'écouter la cassette en entier. Mais ce n'est pas pour aujourd'hui ou demain. Ceci arrivera, elle le sait. Chaque chose en son temps ! Avant tout, elle veut faire son deuil et aller mieux. "Quand j'en aurais la force, quand ça ne me fera plus souffrir autant, alors là, je finirais par écouter ses dernières paroles sans le haïr. Car je n'ai pas envie de le détester..." C'est peut être compliqué à comprendre, mais elle a vraiment peur de ne pas le comprendre, d'en venir à le détester. C'est donc plus simple d'attendre le bon moment. Histoire de mettre de côté le sujet de la cassette, elle revint sur le sujet du synthé. "Vous faites ou avez fait de la musique ? Vous avez parlé de mon synthé ?" demande t-elle.  

[désolé pour la longue attente]
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Dry your eyes - (ft. Kim Sun Hi)
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