AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

 

 Stickwitu - (ft. Min Kyo Ji)

avatar
Rim Ku Hwan
Âge : 29
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 4
Multicompte : Ong Ki O
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1908-rim-ku-hwan-the-father-son-and-
Mar 12 Juin - 10:08


"Stickwitu"


THE PARTNERSHIP BEGINS NOW


« Docteur Rim. Docteur Rim, est-ce que tout va bien ? ». La voix de Na Ran me réveille en sursaut. Les radios sur lesquelles je m’étais assoupi tombent du bureau et s’éparpillent sur le carrelage de la salle de repos, suite à ce mouvement abrupt. Un juron des plus grossiers m’échappe, tandis que je me baisse pour ramasser mes bêtises. Très gentiment, mon assistante me dit de ne pas me déranger et qu’elle s’en occupe. Je la remercie dans un bâillement fort peu gracieux, et me frotte doucement les yeux ainsi que les tempes afin de doucement émerger. En relevant la manche de ma blouse, je constate non sans une pointe d’affolement, qu’il est neuf heures passé à ma montre. Combien de temps ai-je dormi ? Je n’ai même pas souvenir de m’être écroulé sous le poids de la fatigue. Le rai de soleil que laisse passer le soupirail au-dessus des casiers, confirme ce que je redoute : la matinée est déjà bien entamée. La bouche encore pâteuse, j’avale le fond de café glacé dans la tasse à ma gauche, pour annihiler cette désagréable sensation. Une grimace déforme mon visage. Ce n’est vraiment pas de cette manière que j’apprécie le plus un arabica du Brésil. Comment puis-je dormir dans un moment pareil ? Comment puis-je encore trouver le sommeil, alors qu’un malade se trimballe en liberté et s’inspire de l’intrigue de mes romans pour commettre des meurtres ?

Je ne suis vraiment qu’un fléau ambulant. A cause de moi et de mes « modes d’emploi pour serial killer », Busan s’apprête à vivre dans la tourmente et l’angoisse. Le tueur joue avec moi. Il veut entrer dans ma tête et me détruire de l’intérieur. Tout est exactement comme je l’ai écrit. Le mode opératoire, la scène de crime, la mise en scène de la victime. Victime qui ressemble comme deux gouttes d’eau, à celle que je dépeins dans le premier opus de « De chair et d’os ». Yeon Ah Jung. Une technicienne de laboratoire travaillant avec nous. Je ne la connaissais pas particulièrement. Nos rapports étaient strictement professionnels. Hormis les rares fois où je la voyais, pour lui remettre des éléments de preuve prélever sur les victimes afin qu’elle puisse les analyser, je n’ai pas spécialement eu la chance de lui parler. Si, une fois peut-être. A l’occasion du pot de départ d’un collègue spécialisé en Entomologie. Elle m’avait l’air plutôt sympathique. Une fille simple, gentille et ne faisant pas de vague. Peut-être juste un tantinet trop timide, effacée et timorée. Elle ne méritait vraiment pas de finir ainsi. Pendue par les pieds au plafond de cet immeuble désaffecté tombant en décrépitude. Les paupières découpées, afin qu’elle soit obligée de regarder son bourreau la torturer. Le corps embaumé dans cet amas de cellophane. Elle a vraiment vécu l’enfer.

Ce macabre spectacle m’a tellement soulevé le cœur, que j’ai été obligé de partir en quatrième vitesse pour vomir, et ainsi ne pas contaminer la scène de crime. En presque cinq ans passés à exercer la Médecine Légale, j’ai été amené à en voir des horreurs. Toutefois, aucune ne m’a à ce point retourné. L’écrire m’avait déjà littéralement donner la chair de poule, mais le voir en vrai … c’était tout bonnement terrifiant. Cela fait une semaine que le corps de Ah Jung a été retrouvé. Sept longs jours que j’examine sa dépouille sous toutes les coutures, dans l’espoir de trouver un élément qui permettrait d’identifier et de coffrer le salaud qui lui a fait cela. En vain. Je n’ai absolument rien trouvé. Rien que je ne connaissais déjà, et que l’on ne retrouve pas écrit dans mon premier roman. Elle a d’abord été violée, puis c’est une perforation du troisième espace intercostal ayant entraîné un décollement du feuillet de la plèvre, qui l’a tué. Pour faire simple, elle a été poignardée et a lentement agonisé en se vidant de son sang, alors que son assassin l’accrochait au plafond. La seule chose qui diffère de mon histoire, ce sont ces deux petits trous et cette trace de brûlure au niveau de la nuque. Des stigmates caractéristiques de l’utilisation d’un taser. Il devait sûrement être plus facile pour son agresseur de l’enlever, en la neutralisant au préalable. L’examen du bol stomacal et du reste des organes, n’a rien révélé qui soit contributif pour l’enquête.

Je ne lâcherais pas l’affaire aussi facilement. Hors de question d’abandonner ou de baisser les bras. Je trouverai celui qui t’a fait ça, et il croupira jusqu’à la fin de sa chienne de vie en taule. Je te le promets. Je le dois. Pour sa mémoire. Pour qu’elle trouve enfin la paix et le repos. Pour que ses proches aient des réponses. Même si je doute qu’ils tiennent à les entendre de la bouche de celui qui est responsable de la disparition de leur fille, de leur sœur ou de leur petite amie. C’est à croire que je ne fais jamais rien de bien, et que les cadavres fleurissent tout autour de moi. Non, il ne faut pas raisonner ainsi. C’est exactement ce qu’il veut. Que je craque et m’effondre. Il cherche à m’atteindre à travers chacun de ses actes et de ses agissements. C’est une affaire personnelle entre lui et moi désormais. Une guerre qui se terminera lorsque ce taré sera mis hors d’état de nuire. Qui que tu sois et où que tu trouves, je peux te jurer que tu ne sortiras jamais vainqueur de ce bras de fer, espèce d’ordure ! Qui-es tu donc ? Pourquoi me fais-tu cela ? Que t’ai-je fait de si horrible pour mériter toute cette haine ? A moins que tu sois une espèce de fan zélé et complètement fêlé ? Une chose est sûre : tu es humain. Et l’être humain commet des erreurs. C'est bien pour cela que le crime parfait n'existe pas. A présent réveillé et opérationnel, je me munis d’une radio du thorax de la victime et la lève en direction du néon, afin de chercher pour la énième fois un détail qui m’aurait échappé.

Tout en enfilant sa blouse, mon assistante se risque à me demander depuis combien de temps je n’ai pas passé, je cite : « une vraie nuit de sommeil ». Elle poursuit en ajoutant sur un ton presque implorant, qu’il serait sans doute préférable que je rentre chez moi et que j’essaye de me reposer. J’aurais tout le temps pour cela, une fois que le meurtrier de Ah Jung sera derrière les barreaux. D’ici là, j’ai beaucoup de travail. Cela fait pas mal de temps que nous travaillons ensemble à présent. Elle sait très bien que lorsque l’on bosse sur une affaire, je suis incapable de décrocher tant qu’elle n’est pas résolue. A plus forte raison lorsqu’une enquête me touche d’aussi près. Ma ténacité et mon opiniâtreté, me poussent à toujours aller plus loin. A trouver la preuve formelle et irréfutable, qui permettra d’obtenir une sévère condamnation. Qu’est-ce que … je plisse les yeux et scrute plus attentivement une partie du cliché. Non, c’est juste un artefact. Une ombre sur l’image si vous préférez. Rien de probant, hélas. Ses propos étant tombés dans l’oreille d’un sourd, Na Ran revient à la charge et déclare en attachant ses cheveux : « L’Inspecteur Bak désire vous parler. Apparemment, ça a l’air urgeant et important. ». Bak ? Celui qui rigole quand il se brûle ? Allons bon, que peut-il bien me vouloir ? Sauf erreur de ma part, je lui ai remis les rapports d’autopsie de toutes ses affaires en cours. Le ton qu’emploie l’étudiante en dernière année de Médecine Légale est très solennel.

A l’entendre, on croirait qu’il s’agit d’une convocation ou d’une chose dotée d’un caractère officiel. Argh, ce que j’exècre les policiers ! Ils se prennent vraiment pour des cadors. Qui plus est, il faut toujours qu’ils s’accaparent tout le mérite lorsqu’une affaire est résolue. Une injustice monumentale. Sans nous autres les scientifiques, ils ne seraient rien. C’est nous qui fournissons tout les éléments de preuves à charge, permettant de confondre un suspect ou d’établir sa culpabilité. Ils sont bêtes à bouffer du foin, n’ont aucune méthode ni rigueur. Tout ce qu’ils savent faire, c’est foncer dans le tas tête baissée sans réfléchir. Malheureusement, c’est avec eux que je dois travailler main dans la main. Attention, j’ai bien bien dit « avec » et non « pour eux ». Je n’ai absolument aucun ordre à recevoir de tout ces bourrins. Aux dernières nouvelles, c’est toujours la mairie qui signe mes chèques à la fin du mois. Malgré cela, certains ont un peu trop tendance à me prendre pour leur subalterne. Ce qui a, vous vous en doutez, le chic pour me faire monter au créneau. En général lorsque je leur ai envoyé une soufflante, ils retiennent la leçon et me traitent dès lors comme leur égal, ainsi qu’avec les égards que je suis en droit d’attendre. Qu’est-ce qu’ils s’imaginent ? Que sous prétexte qu’ils ont un flingue à la ceinture, ils sont les rois du monde ? Eh bien non bordel, je ne suis pas d’accord !

Passablement agacé, je laisse lourdement tomber sur le bureau, le poignet de ma main examinant la radio. Un soupir à réveiller les morts présents dans les casiers réfrigérés de la pièce d’à côté, vient orner encore un peu plus mon irritabilité. Je tourne la tête en direction de la centrifugeuse située un peu plus loin. Le minuteur numérique de l’appareil indique que les échantillons de sang que j’ai placé hier soir, seront prêts dans une petite demie-heure. Pas mécontent d’avoir quelque chose à opposer pour retarder la « convocation » de Bak, je dis alors en étirant mes membres engourdis : « Dès que j’aurais les résultats du bilan toxicologique. ». Moi qui pensais avoir fait mouche, c’est rater. Na Ran a visiblement décidé de ne pas lâcher l’affaire, puisqu’elle affirme qu’elle peut s’en charger. Argh, ce qu’elle peut-être têtue vraiment ! Remarque, c’est une qualité qui me plaisait chez elle quand je l’ai engagé. Au départ, je n’étais pas spécialement jouasse à l’idée d’avoir « quelqu’un dans mes pattes », comme je disais. De plus, je ne me sens pas spécialement la fibre pédagogue. L’approche de la trentaine m’a cependant amené à reconsidérer les choses. Comme si … comme si cela avait éveillé en moi une volonté de transmettre mon savoir. Parmi la montagne de candidatures que j’ai reçue, c’est celle de Na Ran qui a décroché la timbale. Elle avait toutes les qualités pour pouvoir prétendre au poste. Major de sa promotion, championne universitaire de volleyball et rédactrice dans le journal de le FAC.

A quelques détails près, j’ai l’impression d’avoir une version féminine de moi, avec six ou sept ans de moins. Hmm, j’imagine que je ne lui rends pas service en la couvant ainsi. Il faut qu’elle apprenne à voler de ses propres ailes. Que je vois où elle en est et ce qu’elle a appris. Que je sache ce qu’elle peut, et ne peut pas encore faire toute seule, tant que je suis encore là pour rattraper les trucs où elle se plante. Je prends appui sur le bureau, me lève péniblement du fauteuil et finis par abdiquer en déclarant : « Bon entendu, mais promis, tu m’envoies les résultats d’analyse sitôt qu’ils sont prêts, d’accord ? Ah, avant que je n’oublie, le Lieutenant Chae doit passer aujourd’hui, pour connaître les résultats de l’affaire Taek. Tu sais, le mec mort des suites d’un empoisonnement à la Tétrodotoxine que l’on a autopsié hier. Je peux compter sur toi pour lui faire un petit topo ? J’aimerais aussi que tu essayes de déterminer l’angle de la blessure à l’abdomen de Ah Jung, ainsi que la force qu’il a fallu pour porter un coup d’une telle profondeur. Si tu y parviens, on sera peut-être en mesure de déterminer la taille et le poids de l’assassin. ». Ce qui, en plus de dresser un profil du tueur, permettrait de considérablement resserrer le champ des investigations et des suspects. Visiblement pas mécontente d’avoir du pain sur la planche, mon assistante me répond avec un grand sourire aux lèvres que c’est comme si c’était fait, avant de prendre la direction de la salle d’autopsie.

Ah … quelle dynamique et trépidante jeunesse ! Bon, à nous deux Bak. Quoi que, un petit brin de toilette en amont de ce rendez-vous s’impose. Une expression de dégoût déforme mon visage, lorsque mon odeur corporelle très virile et celle de mon haleine, viennent incommoder mes narines. Depuis que je planche jour et nuit sur l’affaire Yeon, mes notions d’hygiènes en ont pris un coup. Heureusement qu’il y a tout ce qui faut ici, pour se refaire un semblant de beauté. Vu que cet endroit est presque ma seconde maison, j’ai toujours en plus des affaires de toilette, deux ou trois changes dans mon casier. Hmm, aller va pour ce T-shirt blanc et ce blue jean. Avec mes sneakers et mon perfecto en cuir, cela fera très bien l’affaire. Une fois que je sens bon la rose et suis nettement plus désirable et présentable, je regagne le monde des vivants en gravissant les deux étages menant au rez-de-chaussée du commissariat. En chemin, quelques agents me saluent de manières diverses et variées. De respectueux « Bonjour Docteur Rim. » pour certains, et de familiers « Salut Doc’ ! » pour d’autres. Pour toute réponse, je me contente de leur adresser un sourire poli ou un petit signe de la tête. Les feux du déplaisir se ravivent en moi, lorsque j’aperçois la porte du bureau de l’homme ayant sommé de me voir. Après avoir fixé quelques instants le petit écriteau apposé sur le bois sombre, faisant mention du grade ainsi que du nom de la personne a qui est assignée cet pièce, je prends une profonde inspiration et frappe finalement de trois petits coups secs à la porte.

De sa voix enraillée et caractéristique des buveurs de whisky, l’Inspecteur Bak me hurle l’autorisation d’enter. Surpris par un tel vibrato de si bon matin, j’accuse un petit mouvement de recul et hausse les sourcils. Si je n’étais pas encore totalement réveillé jusque là, c’est désormais chose faîte ! Lorsque j’ouvre la porte, l’homme d’une petite quarantaine d’années lève le nez du dossier qu’il parcourt des yeux, et déclare sur un ton anormalement enthousiasme que je ne lui connaissais pas jusqu’à aujourd’hui : « Ah, Docteur Rim ! Entrez donc et asseyez-vous, je vous prie. ». Il joint le geste à la parole en me désignant de son épaisse main, l’une des deux chaises libres en face de lui. Je ferme la porte derrière moi et m’exécute en siégeant sur celle de gauche. A peine ai-je eu le temps d’entrouvrir la bouche dans le but savoir ce qui me vaut « l’honneur » de ce rendez-vous, que l’Inspecteur Bak me coupe l’herbe sous le pied en se lançant dans une interminable diarrhée verbale. Il n’a de cesse de vanter l’excellence de mon travail, mes qualités, ma contribution cruciale dans la résolution des homicides et j’en passe et des meilleures. Ohalalala, tout cela ne me dit rien qui vaille. En général quand on vous passe des quantités astronomiques de pommade comme cela, c’est certes toujours très flatteur, mais c’est surtout jamais bon signe. Une façon de mieux vous faire passer une pilule, que l’on sait difficile à avaler. Les raisons pour lesquelles, un homme comme Bak aurait recours à de la flagornerie et de la basse flatterie, sont plutôt limitées. Soit il essaye de se faire pardonner quelque chose, soit il a une faveur à vous demander. Ou bien une mauvaise nouvelle à annoncer. Entre la peste et le choléra, je me demande bien lequel est le pire.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

Code by Sleepy


@Min Kyo Ji

_________________

   
   
Curative Venom
© FRIMELDA
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Min Kyo Ji
Âge : 27
Occupation : fonctionnaire de police & bénévole au refuge pour animaux
Quartier : Gangseo
Situation : éternellement célibataire, mais il y a ce petit jeune, mon premier slow...
Don : Médiuminité. Je vois et parle aux morts
Niveau : 5
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1356-min-kyo-ji-i-believe-in-nothing
Lun 18 Juin - 20:53


"Stickwitu"


THE PARTNERSHIP BEGINS NOW


Je n'avais jamais participé à un jeu télévisé de toute ma vie, même si j'en étais qu'à la moitié. Vu mon travail c'était de toute façon trop risque de faire apparaître mon visage sur les écrans de télévisions. Alors comment j'étais arrivé premier à une émission de Quizz ? Bonne question. Mais ça n'avait pas vraiment d'importance puisque le prix était mon poids en chocolat. Autrement dit 60 kilos de chocolat rien que pour moi. J'étais l'homme le plus heureux du monde actuellement, et souriait pour la photo. L'atmosphère avait cependant changé soudainement lorsque des rires avaient commencés à fusé autour de moi. Moqueurs, avec certaines personnes qui me pointait du doigt. Mon corps était devenu aussi rond qu'un ballon de football. Noon, j'avais encore pris du poids !

- Kyo Ji la baleine ! Kyo Ji la baleine !

Ils se mettaient tous à scander cette insulte, et je reconnaissais des visages familiers parmi la foule. Eux, que je pensais être mes amis. Les larmes aux yeux, j'avais quitté la scène en courant, du moins essayer avec ce corps qui pesait 500 kilos. J'avais l'impression de trainer un boulet à mes pieds. Et puis, je me retrouvais ans aucun interlude, sur un plongeoir au-dessus d'une piscine. Le public continuait toujours d'associer mon nom à l'animal marin. J'étais à présent en maillot de bain, et essayait en vain de cacher ma bouée avec mes bras. J'entendais des drôles de craquement derrière moi et me retournais. La planche était en train de se fissurer. J'étais si gros, qu'elle était même pas capable de me supporter. Je n'arrivais même pas à bouger, et c'était impuissant que je regardais le plastique se casser en deux et tomber dans le vide, en attendant le plouf final. Sauf que c'était le dur plancher qui venait de m’accueillir.

- Aie...

Je me massais mon pauvre dos. Assis par terre dans ma chambre. Pas de piscine, pas de public, pas de jeux télévisés. Tout ceci n'avait été qu'un cauchemar pour me punir de ma gourmandise d'hier soir. Je savais que je n'aurais pas dû engloutir un gâteau au chocolat à moi tout seul. Avec dégoût, j'enfonçais mon index dans mon ventre. Foutue bouée. Si les gens savaient, ils m’appellerait la baleine. Je soupirai, regardant l'heure. 5h du matin. Une bonne heure pour aller courir avant d'aller au travail. 1h de footing pour brûler toute ces calories, voir une demi-heure de plus...Motivé, je me mettais sur mes pieds et passait rapidement à la salle de bain me débarbouiller le visage. J'attrapais ensuite un tee-shirt qui ne sentait pas trop mauvais ainsi qu'un pantalon de sport. Baskets chaussés et bien lacés, clés, portable, écouteurs et portefeuille en poche, c'était partis pour le sport.

Il n'y avait rien de tel qu'une bonne course matinale pour se réveiller et être en forme pour la journée. En plus il n'y avait pas grand monde dans la rue à cette heure ci, ceux qui permettait de courir librement. La musique dans mes oreilles, me donnait un rythme et me faisait oublier la sale nuit que je venais de passer. Une heure plus tard, j'étais donc de retour chez moi et me débarrassais de mes vêtements en chemin de la salle de bain. C'était comme ça que mon salon se retrouvait couvert de linge sale. C'était avec un soupir de contentement que j’accueillais l'eau sur mon corps, et suivi de la bonne odeur de fraise de mon savon. Une fois bien lavé je n'avais plus qu'à mettre ma crème, attendre qu'elle soit absorbé et mettre mon uniforme. J'étais prêt pour le travail, tout en m'arrêtant au passage pour acheté mon lait chocolaté.

Les cheveux encore un peu mouillé, j'entrais dans le commissariat. Me demandant si il allait se passer quelque chose d'intéressant aujourd'hui. Je n'avais pas vu Bong courir vers moi et me sauter dessus, me mettant une boîte remplis de gâteaux sous le nez.

- Hello Kyo Ji ! Tu en veux ?

Je déglutissais péniblement, me retenant de lui voler la boîte pour aller tout manger dans un coin. Mon ventre approuvait cette idée vu l'espèce de gargouillis qu'il venait de faire. Sale traître.

- Euh non merci, j'aime pas le sucré !

M'écriais je avant de l'esquiver pour aller m'enfermer dans mon bureau. Je l'avais vu parmi tous ces rires moqueurs. Il était hors de question de le laisser m'engrosser comme une oie. Ca non. J'allai faire la diète jusqu'à la fin du mois. Plus de gourmandise, plus de repas. C'était terminé. Il était hors de question de finir tout rond. Je m'affalais dans mon fauteuil, avant de soupirer en voyant l'amas de dossier posé dessus. Aish, j'étais pas le secrétaire, pourquoi on avais mis ça sur mon bureau ?

- Lee Seung-Ki

Je lisais rapidement le nom écris à la main sur la première feuille, avec une photo du mec accroché avec un trombone. Braquage à mains armés. Conduite en état d'ivresse et d'autres violences. Et bah, celui là il allait pas respirer longtemps l'air de la liberté. Des coups à la porte me faisait lever le nez du dossier et je disais à la personne d'entrer. La tête de Bong passait l'embrasure de la porte. Si c'était pour me proposer des gâteaux, il pouvait repartir.

- Désolé de te déranger mais le chef veut te voir, j'ai oublié de te prévenir quand tu es arrivé

Qu'est ce que j'avais fais encore ? Bon, mon collègue ne tirait pas sa tête habituelle quand je me faisais convoquer, qui indiquait que j'allai passer un sale quart d'heure. Je savais pas vraiment si c'était rassurant. Je n'avais cependant pas le choix d'y aller et me préparait à laisser passer au-dessus de ma tête les possibles insultes et remontrances à venir. J'avais l'habitude avec notre cher inspecteur. C'était en trainant les pieds que j'arrivais devant le bureau et frappais avant d'entrer une fois la permission de le faire entendu. Bak n'était pas seul. Il y avait un autre homme, qui me disait quelque chose. Est ce que je l'avais vu dans mon cauchemar ? Je le fixai, essayant de me souvenir avant de tourner les yeux vers mon chef quand ce dernier s'était raclé la gorge.

- Agent Min, vous vous souvenez du docteur Rim qui travaille en collaboration avec la police n'est ce pas ?

Non pas du tout. Si je devais me souvenir de tous les médecins qui nous aidaient dans nos enquêtes j'étais pas sortie de l'auberge. Mais pour ne pas froisser la susceptibilité des uns et des autres, je hochais la tête.

- Bien évidemment, comment oublier une personne aussi brillante

Déclarais je avant de rajouter.

- Mais je suppose que ce n'est pas pour me présenter quelqu'un que je connais déjà que vous m'avez demandé inspecteur

- Non bien sur que non. Asseyez vous Agent Min. Je disais au docteur Rim à quel point il était talentueux et, je voudrais que vous alliées vos deux talents !

Pardon ? J'avais légèrement écarquillé les yeux. Après m'avoir forcé à aller voir un psychologique voilà maintenant que mon chef voulait me mettre un baby-sitter dans les pattes. Et honnêtement, c'était bien la première fois que je l'entendais dire que j'avais du talent. Ce qui était surement aussi surprenant que son idée. Il était même le premier à me descendre en me traitant d'incompétent et de fou - quand je disparaissais en courant après un fantôme lors d'une enquête. Ou que je me mettais à crier sur un suspect lors d'un interrogatoire. Autrement dit, toutes ces belles paroles cachaient quelque chose. J'ignorais qui était ce Rim, mais je n'avais absolument pas confiance.

- Comme vous le savez Docteur Rim, c'est cet agent juste à côté de vous qui a permis de découvrir que l'ancien député traitait dans de sales affaires...

Et c'était même toi qui avais pris toute la gloire.

- Retrouver la majorité des personnes, malheureusement, disparu lors du tsunami...

On pouvait dire merci à mon don.

- C'est donc pour cette raison, que je pense, que votre partenariat permettra de résoudre le plus d'enquête possible...qui reste, disons...enfin qui ont besoin du regard d'un expert

Autrement dit, mon supérieur ne voulait plus que je travaille seul sur les affaires non élucidés. Pourquoi ? Parce que ça l'énervait que je les résolve au bout d'un moment.

- Qu'en pensez vous Docteur Rim ?

Je tournais la tête vers ce dernier, l'implorant du regard de refuser. Dire qu'il avait pas le temps, ou une tout autre excuse. Mais connaissant Bak il avait bien dû le brosser avant mon arrivée. Lui promettre un bon salaire en contrepartie - qui était même surement beaucoup plus élevé que le mien.

Code by Sleepy

_________________
Darkness eyes ✽
I feel the weight of the world
Weighing on my mind
I can't carry the earth
I'm not strong enough

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Rim Ku Hwan
Âge : 29
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 4
Multicompte : Ong Ki O
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1908-rim-ku-hwan-the-father-son-and-
Mar 19 Juin - 12:40


"Stickwitu"


THE PARTNERSHIP BEGINS NOW


Que peut-on bien ressentir, lorsque l’on essuie de virulentes critiques et des remontrances ? Telle est la question qui me traverse constamment la tête, lorsque je me retrouve dans pareille situation. Lorsqu’on sort la brosse à reluire et que l’on me bichonne dans le sens du poil. Au risque de passer pour un mégalomane ou un prétentieux, je suis de ceux que l’on a de cesse d’encenser et de porter aux nues. Je n’ai absolument pas souvenir d’avoir dû souffrir d’un blâme, ou de m’être fait passer un savon. Cela est peut-être arrivé, mais dans ce cas je devais être atrocement jeune, étant donné que je suis infoutu de resituer sur la frise du temps, la dernière fois que cela a eu lieu. Bien sûr, il est déjà arrivé que l’on me fasse quelques petites remarques. Quand j’étais étudiant par exemple. Toutefois, elles n’avaient rien de désobligeantes et ressemblaient plus à de petits conseils, pour m’aider à être encore meilleur. « Veillez à ne pas faire preuve de trop de compassion. » ; « Pensez à maintenir toujours une certaine distance entre vous et la personne sur la table. » ; « Ayez toujours à l’esprit que la peine des proches n’est en rien la votre. ». Enfin, ce genre de choses. Le fruit de mes travaux de recherches a toujours été salué par l’ensemble de la profession. Le jury devant lequel j’ai soutenu ma thèse ne tarissait pas d’éloges. C’était d’ailleurs presque gênant et … déplacé ?

Idem en ce qui concerne ma carrière d’auteur. Jamais un critique littéraire ne m’a descendu en flamme, en affirmant que mes romans étaient des horreurs ou que sais-je encore. Ou alors, je n’ai pas eu vent de ces avis acerbes et peu élogieux. Les distractions n’occupent qu’une place insignifiante, pour ne pas dire inexistante, dans ma vie. Je suis entièrement et tristement dévoué corps et âme à mon travail. J’ai toujours été quelqu’un de très studieux, assidu et sérieux. Mes compétences et mes prodigieuses capacités intellectuelles, doivent également pas mal aider. Alors évidemment, je ne vais pas me plaindre. Personne ne va bouder ou faire la tête, sous prétexte qu’on lui adresse des félicitations. C’est juste que … qu’à la longue j’ai peur que cela me blase et finisse par me laisser de marbre. Qu’à force que l’on chante mes louanges, cela devienne d’un commun et d’un banal. Ce jour n’est néanmoins pas arrivé. Présentement, mon égo est très sensible aux paroles de l’Inspecteur Bak. Avec ça, ce n’est pas demain la veille que je vais avoir une carence narcissique. Si j’étais un paon, je serais certainement entrain de faire la roue et de parader en affichant une fierté des plus insolentes. Même si je bois et me délecte des paroles dithyrambiques du policier, je ne peux m’empêcher de passer l’index et le majeur sur ma lèvre inférieur. Un signe qui chez moi trahit le fait que je suis soucieux et appréhende quelque chose. J’attends le « mais ». Il y a quasiment toujours un « mais », derrière une telle apologie.

Un petit grain de sable, un léger bémol, une fausse note qui vient balayer tout ce qui vient d’être dit. Dans un tel cas de figure, je ne retiens que le petit détail discordant et occulte complètement le déferlement de compliments qui a précédé. Oui je suis un perfectionniste. Quelqu’un qui a horreur de l’échec ou des couacs. Un compétiteur qui ne peut se satisfaire de la seconde place. La seconde place, c’est médiocre. Alors je me remets à mon ouvrage. Encore, et encore. Jusqu’à ce qu’on ne trouve plus rien à redire. Ce n’est que lorsque c’est le cas, que je peux alors pleinement savourer les congratulations à mon encontre. Là … ça sent l’arnaque et l’entourloupe à des kilomètres à la ronde. Je n’ai pas la sensation du devoir accompli, comme on dit. A mon sens, je n’ai rien fait d’extraordinaire ou d’admirable, et qui justifierait un tel discours. Je sens la connerie arrivée … mais alors, gros comme une maison ! Vu les hectolitres de vaseline qu’il est entrain de me passer, je m’attends à tout. En particulier au pire. Bon aller, arrête de tourner autour du pot et crache le morceau ! Je te vois venir depuis le Mexique avec tes gros sabots qui à titre comparatif, feraient passer un troupeau de gnous pour un régiment de moines en plein recueillement. Ce qui est frustrant, c’est que je suis incapable de voir où il en veut en venir concrètement. Impossible de le suivre, tant il passe du coq à l’âne. Un enchaînement chaotique, hasardeux et sans cohérence.

Un peu comme s’il me balançait tout ce qui lui passait par la tête. Les différents highlights de ma carrière. Les enquêtes majeures sur lesquelles j’ai participé. Ma rigueur scientifique sans nulle autre pareille. Mon admirable parcours entant qu’auteur de thriller à succès. Bref, tout y passe sans exception ! A plusieurs moments, je tente de le couper afin d’en placer une en levant l’index et entrouvrant la bouche, mais c’est peine perdue. Il enchaîne à chaque fois de plus belle, et son débit ressemble de plus en plus à celui d’Eminem. Grâce au ciel, on frappe à la porte avant que je ne meurs étouffé et englouti sous toutes les fleurs qu’il me lance. Soulagé, un léger sourire passe sur mon visage. Toutefois, il se fait aussitôt la malle, lorsque Bak braille une nouvelle fois à la personne se trouvant dehors d’entrer. Une fois de plus, je sursaute quelque peu et enfonce d’avantage ma colonne vertébrale dans le dossier de la chaise, en haussant les sourcils. Je crois que je ne me ferais jamais à ces cris, dignes de ceux d’un S.S gardant un mirador. L’expression de l’homme âgé d’une bonne quarantaine d’années bien sonnée, se rembrunit et se renfrogne aussitôt que le mystérieux visiteur ouvre la porte et entre dans le bureau. Un certain Agent Min, visiblement. Min, Min, Min … lequel ? Celui qui parle tout seul ou celui qui sent constamment le poisson ? Mes sens olfactifs font plutôt pencher la balance pour le premier cité.

Ce qui n’est sans doute plus mal, vu que nous nous trouvons dans un petit espace confiné. Lorsqu’il s’installe sur la chaise d’à côté, je tourne un instant la tête dans sa direction et le détaille à la dérobée. Hmm, oui, oui, ça me dit vaguement quelque chose … . J’ai déjà probablement dû le croiser deux ou trois fois, quand il est passé chercher les conclusions d’un rapport d’autopsie. Ou peut-être était-ce moi qui suis venu les lui remettre ? Sans importance. Il est aussi blanc que les malheureux qui arrive sur ma table de dissection. Vu sa tête, il a dû passer une toute petite nuit. Quelque chose me dit qu’elle n’avait rien de torride et qu’au contraire, elle a même dû être effroyablement longue et pénible. Au moins, je ne suis pas le seul à afficher une tête de déterré, ayant tout du parfait avis de recherche. Sans aller jusqu’à dire que cela me fait plaisir, j’avoue que ça me rassure de constater, que je ne suis pas le seul à devoir lutter contre des troubles du sommeil. Le policier aux traits fatigués mais toujours aussi enfantins, me passe à son tour un noisette de pommade lorsque l’inspecteur lui demande s’il se souvient de moi. Vu le ton qu’il emploie, je ne suis pas certain qu’il soit sincère. A mon avis, il dit plus ça par politesse qu’autre chose. Ma main au feu qu’en réalité il a du mal à me resituer. Tout comme de mon côté, j’éprouve quelques difficultés à me le remettre, comme on dit familièrement.

« Brillant » … . Honnête, ou pas : je prends. Cela fait toujours plaisir de l’entendre d’une nouvelle bouche. Qui plus est, cela me conforte dans l’idée que c’est peut-être vrai dans le fond. Pas peu fier d’être gratifié d’un tel qualificatif, je sens mon torse légèrement se bomber sous le poids de la fierté. De façon détournée et très polie, l’Agent Min s’enquiert de savoir ce que j’ai désespérément tenté de demander depuis que je suis ici : quel est l’objet de cette « convocation » ? J’imagine qu’ils ne se sont pas dis : « Tiens, et si aujourd’hui on sortait les violons pour entonner un hymne à la gloire du brillant médecin légiste, qui a la gentillesse de bien vouloir coopérer avec nous. ». Bak finit par mettre fin à toutes nos interrogations, en nous révélant les raisons pour lesquelles nous nous trouvons dans ce bureau. Non sans prendre tout de même un malin plaisir à nous faire mariner, et laisser traîner en longueur le suspense. Un très mauvais suspense, que l’on pourrait non sans mal retrouver dans le plus bâclé des romans de gare. What !!! J’ai dû mal entendre là. Ma surprise est telle que la main soutenant mon menton glisse, faisant ainsi osciller ma tête. Un peu comme les horribles figurines de chiens, que l’on voit parfois encore sur la plage arrière de certaines voitures. Alors là, je suis … scié. Pour ne pas dire autre chose de plus vulgaire. Je m’attendais à tout.

Je me disais cela fait un quart d’heure qu’il me mijote une explication, qu’il essaye de gagner du temps pour m’annoncer une terrible nouvelle, mais alors là … je reste hébété. Consternation et incrédulité viennent habiller mon visage. Je dois certainement avoir un air très bête, voire niais. Me faire bosser un tandem avec un policier. Non vraiment, je ne l’ai absolument pas vu venir celle-là. Pincez-moi, je rêve. Oui, c’est ça c’est un rêve. Un mauvais rêve et je vais me réveiller. Je ne vais tout de même pas devenir le héros des romans que j’écris. Ah … c’est très sérieux ? Histoire de mieux me faire passer la pilule et me vendre le truc, l’Inspecteur me dresse un inventaire à la Prévert du pedigree et des différents « faits d’arme », de l’Agent avec lequel il souhaite me coupler. Enfin, si j’ose dire. Non, non, stop ! Assez ! Je m’en fous, je voudrais surtout qu’on revienne sur … Ah, c’était donc lui le policier que les journaux ont titré comme étant « Le héros de eaux » ? Intéressant. Admirable, je dirais même. Ceci dit, ce n’est pas suffisant pour me faire signer. Loin de là. Un sourire crispé et gêné déforme mon faciès, lorsque Bak me demande ce que j’en pense. Oh mon vieux, si tu savais … . Un coup d’œil sur la droite m’offre une vue imprenable sur le visage du policier, lui aussi grimaçant. A mon humble avis, il doit prier dans son for intérieur pour que je décline la proposition. Rassure-toi bonhomme, c’est bien ce que je compte faire.

Après avoir reporté mon attention sur le supérieur de l’homme avec lequel on souhaite que je fasse équipe, je déclare sur un ton pas très assuré et gêné, qui ne me ressemble pas du tout : « Oh, eh bien je … je suis extrêmement flatté Inspecteur Bak, mais … . ». Je me stoppe aussitôt lorsque les yeux inquisiteurs de l’homme siégeant de l’autre côté du bureau, me pourfendent de part en part tels des rayons lasers à l’entente de ce mot de quatre lettres. Ma posture jadis fière et droite, se ratatine et s’affale de plus plus sur la chaise, tant ce regard lourd de désapprobation me donne l’impression d’être un gamin se prenant une soufflante par son père. Comment je vais bien pouvoir m’en sortir moi ? Cet Inspecteur, est l’incarnation même du type de policier que je déteste. Toujours entrain de se faire mousser, de tirer la couverture à lui. De la bedaine et pas un gramme de cervelle. Et cerise sur le gâteau, il interprète mal une fois sur deux ce qu’on peut lui dire. Si tout les flics sont perspicaces, alors il est probablement l’exception qui confirme la règle. Je me creuse la tête et pèse scrupuleusement chaque mot que je m’apprête à prononcer, afin de pas m’attirer les foudres de ce rond de cuir. Vous vous doutez bien que pour dire à ce genre de mec qu’il a tort, mieux vaut y mettre les formes. Le coup du « Non, mais t’as vu la vierge à cheval et craqué ton string toi, ou quoi ?! » … ça le fait moyen.

Je déglutis ma salive afin de me donner un peu de courage, et poursuis sur un ton se voulant le plus convainquant ainsi que le moins hésitant possible : « … Sauf votre respect Monsieur, je ne pense pas être la personne la mieux placée pour ce que vous me proposez. Vous savez, j-je… je n’ai aucune expérience sur le terrain. Mes compétences commencent et s’arrêtent à la science. Moi, une fois sorti des quatre murs de la morgue ou du labo : je suis perdu. Peut-être qu’un policier avec un peu plus d’expérience, serait un meill… . ». Ouais bon, okay ça va j’ai compris, laisse tomber. Pisse dans un violon : ça fera le même son. Il ne m’a absolument pas écouté. Après me l’avoir coupé, il reprend la parole affirmant que c’est au contraire une idée de génie. Il ajoute qu’entant que ceinture noire huitième dan de Jiu-jitsu et pratiquant émérite de de Capoeira, je saurais faire face et m’en sortir si cela tourne mal sur le terrain. Tiens ça me fait penser … . Ces tests d’efforts et d’aptitudes, soit disant ordonnés par le ministère et que l’on m’a presque contraint et forcé à passer … c’était pour ça ? Pour savoir si j’étais apte à travailler sur une enquête en dehors du labo ? Putain ! Je me suis bien fait bai… . Bref. Tandis que l’Inspecteur poursuit son débit incessant de paroles, je le fixe d’un œil morose en massant ma tempe à l’aide de mon index et mon majeur. Il m’est de plus en plus difficile, de dissimuler mon manque certain d’emballement. C’est pas vrai … . Je le savais. Je savais que j’aurais dû exercer la médecine légale uniquement au milieu hospitalier ! Ce genre de de situation saugrenue et alambiquée, ne serait jamais arrivée dans un environnement aseptisé du sol au plafond et regorgeant de confrères en blouse blanche se prenant pour des grands pontes.

Code by Sleepy

_________________

   
   
Curative Venom
© FRIMELDA
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Min Kyo Ji
Âge : 27
Occupation : fonctionnaire de police & bénévole au refuge pour animaux
Quartier : Gangseo
Situation : éternellement célibataire, mais il y a ce petit jeune, mon premier slow...
Don : Médiuminité. Je vois et parle aux morts
Niveau : 5
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1356-min-kyo-ji-i-believe-in-nothing
Lun 2 Juil - 21:38


"Stickwitu"


THE PARTNERSHIP BEGINS NOW


Si on m'avait dit qu'un jour l'inspecteur me convoquerait dans son bureau pour me proposer un partenariat avec un scientifique, j'aurais vérifié si ce n'était pas le 1er avril et sinon...J'aurai cru tout simplement à une blague. Combien de temps est ce que ça faisait que je travaillais ici ? Quatre - cinq ans ? Et c'était comme ça qu'on me remerciait après quelques années de bons et loyaux services ? Je savais que Bak ne m'appréciait pas. Pas depuis que j'avais réussi à résoudre une affaire qui trainait depuis des mois. Une pauvre gamine qui avait été retrouvé découpé en morceaux dans un congélateur...Autant dire que j'avais pas beaucoup dormi les jours d'après. Durant un moment les photos du "corps" m'avait hanté et coupé du sommeil. Ainsi que de la viande. J'avais mis à profit ces nuits d'insomnies pour trouver le coupable. Couru après les fantômes qui lévitaient près du lieu du crime pour trouver des indices, n'importe quoi. J'avais fini par trouver un petit garçon, du même âge que la pauvre victime. Je l'avais suivi, jusqu'à une vieille maison qui en apparence n'avait rien de suspect. J'avais sonné, sans avoir eu de réponse. Le gamin avait traversé le mur et j'étais entré par effraction. L'intérieur était aussi net . Presque trop même. Moi qui était plutôt bordélique, j'avais trouvé ça trop propre. Mes pas m'avait guidé jusqu'à des escaliers qui descendaient. Une cave surement. Une fois en bas, c'était plutôt le spectacle des horreurs. Au vu des outils en sang posé sur un établi et des photos d'enfants épinglés sur un mur, j'étais tombé dans l'antre du montre. Le plus horrible était de voir le visage du petit garçon qui m'avait guidé sur l'une des images. Sa mort devait être récente. Comment annoncer à ses parents l'affreuse nouvelle ? D'une main tremblante j'avais attrapé mon téléphone et appeler du renfort, au cas où le criminel reviendrait et me hacherait à mon tour.

Il m'avait été ensuite assez compliqué d'expliquer - ou plutôt trouver une explication - comment j'avais trouvé le coupable. Qui était celui qui faisait traverser les enfants devant l'école de ses victimes. J'avais finalement utiliser une discussion que j'avais eu avec une des camarades de classe de la petite fille. Qui avait peur du monsieur qui faisait traverser. Après tout, la vérité sortait de la bouche des enfants et toute possibilité était bonne à prendre. Bien évidemment, on m'avait aussi disputé sur mon entrée par effraction et mon travail en solo. Mais je m'en fichais un peu tant que ce psychopathe n'était plus dehors. C'était depuis ce jour là que l'inspecteur Bak ne pouvait plus me sentir. Je le soupçonnais de n'avoir pas cru à mon explication mais bon...De là à me confier à un baby-sitter. Sans vouloir offenser le scientifique bien sur. Si il était intelligent, il allait refuser l'offre vu que il était pas habileté à aller sur le terrain. Lorsqu'il avait commencé sa phare, saupoudré d'un mais j'avais cacher ma joie, qui de toute façon était tout de suite abattu par le regard de mon boss. Il comptait rien savoir et on avait pas le choix d'obéir si on ne voulait pas rester trois heures ici. Malgré les tentatives de monsieur Rim c'était voué à l'échec. Je connaissais l'inspecteur par coeur. Vu le nombre de fois que j'avais vu son visage tout rouge à cinq centimètres du mien...

- Inspecteur, si Monsieur Rim ne se sent pas en mesure de m'accompagner sur le terrain je ne vois pas pour...

- Voyons Agent Min, si on embauche des gringalets comme vous, un expert en art martiaux tel que le Docteur Rim sera suffisant pour arrêter des petits voleurs !

Il venait vraiment de me traiter de gringalet devant quelqu'un ? Il avait vraiment aucune honte à me rabaisser. Je serrai les poings posés sur mon pantalon.

- Bon alors c'est réglé ! Pourquoi est ce que vous n'iriez pas faire une petite ronde ? Histoire de faire connaissance ? Je vous enverrai le contrat par la poste docteur Rim

Qu'est ce que j'encourais comme punition si je frappais mon supérieur ? Surtout pour supprimer ce sourire fier de son visage. Il savait parfaitement me mettre en rogne et il était en train de jubiler intérieurement. Je me levais en plaquant mes mains sur le bureau. Je plantais mon regard dans le sien, espérant surement qu'il entende toutes les insultes que j'avais dans ma tête envers lui. L'échange avait duré quelques secondes et je quittais la pièce en ouvrant violemment la porte. Celle-ci heurtait le mur dans un bruit sourd, faisant tourner la tête de mes collègues vers moi. Oh ce n'était qu'une énième dispute entre moi et le patron. Dans cinq secondes Bong allait me demander ce qui s'était passé et je le repoussais d'une main, n'ayant vraiment pas envie de lui parler. J'avais surtout besoin de prendre l'air.

Code by Sleepy


Spoiler:
 

_________________
Darkness eyes ✽
I feel the weight of the world
Weighing on my mind
I can't carry the earth
I'm not strong enough

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Rim Ku Hwan
Âge : 29
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 4
Multicompte : Ong Ki O
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1908-rim-ku-hwan-the-father-son-and-
Mar 3 Juil - 12:08


"Stickwitu"


THE PARTNERSHIP BEGINS NOW


En même temps, je me demande bien ce que j’espérais en opposant des contre-arguments à l’Inspecteur. Le faire changer d’avis ? Hahaha, laissez-moi rire … . C’était surtout pour la forme, et histoire d’honorer ma réputation d’amateur de débat. Une réputation qui commence d’ailleurs à me suivre dans ce commissariat. Je savais pertinemment que mon argumentaire tomberait dans l’oreille d’un sourd. Aussi pertinent et perspicace soit mon raisonnement, jamais il ne m’aurait permis d’obtenir gain de cause face à cet homme. Si j’avais eu affaire à une toute autre personne, je l’aurais convaincu et persuadé du bien-fondé de mes propos en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Seulement face à Bak, même le plus éloquent des rhéteurs serait incapable de le rallier à sa cause. Non, il n’a absolument pas usurpé son surnom du « taureau ». Aucun quelconque rapport avec un détail anatomique. Sinon, il y a sans doute bien longtemps qu’il aurait une femme ou un mec. Ceci dit, vous me direz que ce n’est pas non plus la taille du marteau qui fait le forgeron … bref ! A l’instar de l’animal, dès que ce type est lancé, c’est tout bonnement impossible de l’arrêter. Lorsqu’il a une idée dans la tête, il ne l’a pas ailleurs. Même si vous lui prouvez par A + B qu’il fait une erreur monumentale et que son idée est plus contre-productive et nuisible pour l’intérêt commun qu’autre chose ; il n’en démordra pas et vous soutiendra mordicus, que sa proposition est de loin la meilleure qui soit.    

C’est quand même incroyable ! Comment un petit inspecteur prétentiard, peut avoir autant de pouvoir et décider des affiliations, d’un individu n’étant pas placé sous ses ordres ? Un individu qui s’avère par ailleurs être un civil. Pour qui se prend-il ? Il n’est pas, et ne sera jamais mon boss ! Je n’ai pas de compte à lui rendre. Qui ? Qui est l’imbécile qui a cru bon de lui dire, qu’une telle proposition serait susceptible de m’intéresser et me mettre en joie ? Il n’y a pas des tonnes de personnes, qui ont le droit de vie ou de mort sur moi. Professionnellement parlant, évidemment. Le Conseil de l’Ordre des Médecins. Le Ministère de la Santé et à une plus large échelle l’Etat, ainsi que ses représentants dans les différentes subdivisions territoriales : Député, Préfet et tout un tas de politicards. Parmi tout ce beau monde, quelqu’un a entériné la décision de Bak, en lui donnant son feu vert pour m’associer à un agent des forces de l’ordre. Quelle que soit cette personne, elle doit certainement avoir une dent contre moi, pour celer mon sort à celui d’un tiers. Que diable ai-je bien pu faire pour … . Oh non ça y est, je devine. Cela doit être un coup du Maire. Quelques mois avant les élections, où il comptait briguer un second mandat, son équipe de campagne est venue me trouver. Apparemment, il tenait à ce que je sois sa plume. Que j’écrive ses discours lors de ses meetings, rédige son laïus pour l’entre deux tours, et même son speech de victoire.

Car oui, il se voyait déjà reconduit dans ses fonctions. Une proposition que j’ai fermement et catégoriquement refusée. Je n’avais pas envie que le public, et en particulier mes lecteurs, s’imaginent qu’en faisant cela, je m’engageais politiquement ou prenais position. Mes opinions politiques ne regardent que moi. Je ne tiens pas à ce qu’elles soient divulguées ou étalées sur la place publique. Devant mon « non » franc et massif, l’entourage du maire a alors insisté. Pire encore, ils sont allés jusqu’à me proposer une somme d’argent faramineuse et outrageusement élevée, pour que j’accepte. C’était tellement ahurissant et astronomique, que je n’ose vous la communiquer. Très mauvaise technique d’approche. S’ils comptaient m’attendrir et m’amadouer en me faisant miroiter un gros chèque, c’était peine perdue. J’ai bien des défauts, mais jamais de ma vie je n’ai été quelqu’un de vénal ou attiré par l’appât du gain. Je n’ai pas de prix et ne suis pas à vendre. Ulcéré par la tournure qu’a pris l’entrevue ainsi que par les méthodes auxquelles a recours le Maire, il se pourrait bien que je sois sorti de mes gonds et ai gentiment envoyé son équipe de campagne … paître. Pour rester poli. Dommage pour moi, l’homme ayant les clefs de la ville semble être fait dans le même bois que Bak. Lui non plus n’aime pas qu’on lui dise non. Je suis prêt à parier mes prérogatives, que c’est à cause de lui que je me retrouve dans ce joyeux bordel.

Il n’a certainement pas du tout apprécié que je lui tienne tête et me le fait payer, maintenant qu’il a de nouveau « les pleins pouvoirs ». Fait chier ! Bon, au moins maintenant je sais à quoi ressemblera la prochaine victime de ma saga littéraire. Puis je vous garantis, que j’ai d’ores et déjà monts et merveilles de modes opératoires qui me viennent à l’esprit. Pardon ? Roh ça va, je n’ai rien dit ou fait de mal. Mieux vaut coucher ses envies de meurtre sur le papier, plutôt que de les réaliser. Si tout le monde gérait sa colère de la même façon que moi, les gens ne ressentiraient soudainement plus le besoin de s’entre-tuer. Peut-être même que les flics de la criminelle seraient au chômage technique, si ça se trouve. Oui je sais, il ne faut pas trop rêver non plus. Que voulez-vous, je suis un grand utopique. Non mais ce n’est pas Dieu possible ! C’est tout de même de moi dont il est question dans cette histoire. J’ai mon mot à dire, merde ! Logique. Carrément légitime. Au lieu de cela, il me présente la chose comme si c’était déjà actée et gravée dans la marbre. Bak ne se donne même pas la peine de communiquer son annonce, sous la forme d’une proposition ou d’une offre. Il en fait une proclamation, pour ne pas dire un ordre. Argh, je n’ai pas souvenir que l’on m’ait déjà à ce point mis le couteau sous la gorge. En gros, c’est un peu « oui, ou crève ». Est-ce que … . Le Maire aurait-il apposé une close particulière ? Histoire que cela vire bien à l’enfumage.

Quelque chose du genre, « Un refus équivaudra à un motif de rupture de contrat ». Au vu des moyens pas très catholiques qu’il utilise, je ne serais pas étonné d’apprendre que c’est le cas. De cette façon, il a l’assurance que je me retrouve pieds et poings liés. En plus, il le sait que je ne tiens pas à partir ou quitter mon travail. Pourtant, je pourrais. Le pourcentage que je touche sur la vente de mes livres, me permettrait largement de vivre uniquement de ma plume. Seulement si c’est le cas, écrire ne sera dès lors plus une passion mais un métier. Il n’y aura plus de notion de plaisir ou de distraction. Seules l’obligation et la nécessité de devoir écrire pour vivre subsistera. Chose que je ne conçois sous aucun prétexte. Continuer à avoir un « vrai » travail est capital pour moi. Cela me permet de ne pas être trop grisé ou aveuglé par le succès. De garder les pieds sur terre, et de rester en adéquation avec la vraie vie. De me sentir concerné et d’être connecté aux préoccupations de la population. Tsss, mais je n’ai ni le temps ni l’envie de jouer au gendarme et au voleur ! J’ai tout un département de Médecine Légale à gérer et administrer. Une dizaine de collègues légistes sous mes ordres et ma responsabilité. Une assistante à qui je dois dispenser mon savoir, et chapeauter l’élaboration de sa thèse. Qui va s’occuper de tout cela, si je suis dehors entrain de jouer un remake de « Deux flics à Miami » ? Si en plus maintenant, on me colle un partenariat à la con, quand aurais-je le temps de me poser pour écrire et décompresser ?!

Je sais que je suis le meilleur dans mon domaine et ma spécialité, mais cela ne fait pas pour autant de moi un sur-homme. Qui plus est, je ne vois pas en quoi mes compétences pourront être utiles au bon déroulement de l’enquête, une fois sur le terrain. Tu veux que je te dise Bak ; toi et le Maire vous êtes deux beaux sudistes. Des esclavagistes des temps modernes ! Oh mais cela ne se passera pas comme ça, croyez-moi ! Cela prendra le temps qu’il faudra, mais je compte bien éplucher toute la documentation que je trouverais concernant le droit du travail. Lorsque j’aurais mis la main sur un article de loi ou quelque chose de ce genre, qui rend votre petite magouille caduque et illégale, je me ferais un malin plaisir de vous le signifier. S’ils n’en démordent pas et s’obstinent même après cela ? Eh bien, on se reverra au tribunal dans ce cas. Quoi qu’il se passe, je m’en sortirais pour la simple et bonne raison que j’aurais le droit de mon côté. Pfff, bordel mais dis quelque chose toi aussi là ! T’es un flic ou une plante verte ?! C’est tout de même également de ton avenir dont il est question là. Tu ne vas tout de même pas me faire croire, que son idée en carton te met en joie. A la rigueur, il t’aurait associé à un collègue ou une personne que tu connais et apprécie, je ne dis pas. Seulement là, ton hypothétique futur partenaire serait un mec que tu ne connais même pas, et qui n’a de toute évidence absolument rien en commun avec toi.

Tu es vraiment prêt à signer pour ça ? Ah bah quand même ! Mais oui du con … euh, je veux dire Bak. Le petit à raison. Si « Monsieur Rim » te dit que … . Whoo, pincez-moi je rêve ! Ai-je bien entendu ? Il vient vraiment de le traiter de gringalet devant témoin ? La stupéfaction passe sur mon visage, avant que ce dernier se fige en une espèce d’expression de douleur. Ma bouche forme un « O », et un « ouuuh » presque muet s’en échappe. Du style, « outch, cela doit faire mal ». C’était vraiment nécessaire ? Un bon passage de savon aurait amplement suffit. L’humiliation est vraiment de trop. En tout cas, l’Inspecteur a l’air d’avoir touché une corde sensible. Ses mots ont heurté de plein fouet et blessé son subalterne. C’est en tout cas ce que j’en déduis, en apercevant du coin de l’œil son corps qui se tend et se crispe. Oh, ça va chauffer ! Bon … eh bien sur ce moi, je vais peut-être vous laisser. Je vous propose de repasser après la bataille, histoire de compter les cadavres. L’Agent de police finit par brusquement se lever et défie son supérieur du regard. Les yeux rivés sur la nuque de l’homme auquel on souhaite m’unir professionnellement, j’arque les sourcils et passe mon index et mon majeur sur ma lèvre inférieure, m’attendant à un combat de coqs dans les règles de l’art. Je mets une piécette sur le maigrichon. Il ne paye pas de mine comme ça, mais je suis certain qu’il est du genre coriace et hargneux. C’est tout ? Pas d’éclat de voix ? Pas de numéro de tragédien indigné ? Pas même un infime frémissement d’orgueil ?

Ah bah, si tout de même ! Et un passage de nerf sur la porte, un ! Devant ce raffut, je clos les paupières, maintiens mes sourcils haussés et esquisse un sourire forcé. Fabuleux … . Un Monsieur susceptibilité. Une fois de plus, j’ai décroché le gros lot ! Pourquoi moi, mais pourquoi moi ? Je sais bien que l’on n’est pas à la « General Motors » mais, … je ne peux pas échanger ? Vous n’aurez pas en stock un modèle avec lequel je serais susceptible d’avoir un peu plus d’atomes crochus ? Non ? Dommage. Qu’est-ce qu’il a dit déjà tout à l’heure ? Juste avant que l’Agent Min nous gratifie d’une sortie des plus théâtrales. « Contrat ». Hein !? Quel contrat ? Whoo, whoo, whoo, temps mort là ! On commence genre là, tout de suite, maintenant ? Il n’y a pas une période d’essai ou je ne sais quoi ? Halte là, cow-boy ! Ca ne se passera pas comme ça. Je lève l’index et m’apprête à faire part de ma totale désapprobation. Seulement, le regard ombrageux et le claquement de langue de l’Inspecteur, me freine dans mon élan tel un cheval qui refuserait le franchissement d’un obstacle. Finalement, je garde ma grande gueule close, détourne les yeux, passe une main dans mes cheveux et arbore un sourire faux. N’ayant plus aucune raison de me trouver dans ce bureau, je me lève, m’incline respectueusement devant Bak puis quitte la pièce en refermant doucement la porte derrière moi.

Durant de longues secondes, je reste la main sur la poignée en fixant le bois sombre. Mon cerveau repasse en boucle ce qui vient de se passer. Comme s’il tentait désespérément d’assimiler la chose contre son gré. En me retournant, un sentiment d’effroi m’envahit lorsque j’aperçois tout ces flics rustres, bas de plafond et bourrus entrain de vaquer à leurs occupations. Je vais être amené à les fréquenter encore plus qu’auparavant désormais. L’horreur ! Je nage en plein cauchemar. Tel un boxeur dans les cordes complètement sonné, j’avance d’un pas presque groggy vers les escaliers menant aux sous-sol. Totalement ailleurs, je ne réagis cette fois nullement aux salutations des personnes que je croise en chemin. Leurs voix me paraissent lointaines. Parasitées par des interférences ou faisant écho. Ne pas avoir le contrôle de ma destiné. Laisser quelqu’un décider à ma place. Rien au monde ne peut me faire plus enrager que cela. J’ai besoin de retrouver un environnement familier. Un endroit où je ne souffre d’aucune contestation. Mes terres. Mon domaine. Ma morgue. Les deux étages dévalés, je déambule à présent tel un zombie dans les couloirs frais et exigus. Arrivé devant la porte d’un local servant à entreposer le matériel médical, je m’y engouffre et en franchis le seuil. Seul le faible rai de lumière, d’une ampoule maintenue par des fils électriques dénudés, éclaire le petit espace. Le regard perdu dans le vide, le souffle court et lent. Tout ce que j’ai gardé pour moi et contenu, sort et déferle avec fracas : « HAAAAAAAA !!! ». Ok, ça ne sert strictement à rien et ne changera pas les choses, mais putain ce que ça fait du bien ! De toute façon, c’était au choix ça ou frapper dans le mur. Vu que mes mains assurées à plusieurs milliards de Wons sont mon outil de travail, me péter les cordes vocales m’a semblé plus judicieux que me broyer bêtement les phalanges.

Code by Sleepy

_________________

   
   
Curative Venom
© FRIMELDA
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Min Kyo Ji
Âge : 27
Occupation : fonctionnaire de police & bénévole au refuge pour animaux
Quartier : Gangseo
Situation : éternellement célibataire, mais il y a ce petit jeune, mon premier slow...
Don : Médiuminité. Je vois et parle aux morts
Niveau : 5
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1356-min-kyo-ji-i-believe-in-nothing
Sam 14 Juil - 22:35


"Stickwitu"


THE PARTNERSHIP BEGINS NOW


Assis sur les marches qui menait au commissariat, j'essayais de me calmer. Le fait que l'inspecteur m'oblige à jouer les nounous avec un scientifique, je pouvais le tolérer. Mais m'insulter devant lui comme ça. Gringalet. C'était ce même gringalet qui avait résolu plus d'une affaire difficile. Cet homme m'horripilait de plus en plus et je me prenais parfois à prier que quelqu'un lui tire enfin dessus. Un petit mafieux, non, personne ? Vraiment. Il avait pas d'ennemis ? Pourtant avec son caractère bon à jeter à la poubelle, Bak devait avoir plus d'une personne à vouloir lui faire la peau. Je soupirai, ne sachant pas ce que je devais faire à présent. Il était certains que ce docteur Rim ne désirait pas faire équipe avec moi - et je le comprenais. Mais un ordre était un ordre - même si il était naze. C'était un peu comme quand il m'avait obligé d'héberger Ki Oh. Heureusement, ça avait duré qu'une seule nuit. Le lendemain, j'étais allé voir Bak pour le convaincre qu'il n'y avait nulle besoin d'une surveillance H-24, sur un mec en plus qui pouvait m'assommer d'un seul coup de poing. J'avais fini par obtenir gain de cause et j'avais seulement de bref contact avec le taiwanais depuis. Ce qui était tant mieux. Ranger son appartement, c'était vraiment fatiguant quand on avait l'habitude de tout laisser de côté. Vivre seul c'était tout de même le paradis.

Maintenant c'était dans ma vie professionnelle que j'allai devoir cohabiter. Avec un peu de chance, le scientifique avait peut être réussi à convaincre Bak qu'il serait inutile ? Ca serait étonnant. Le chef était aussi têtu qu'une mule. Je me demandais comment est ce que j'allai me sortir de ce pétrin. Si on pouvait appeler ça ainsi. J'ignorais où était passé le docteur Rim d'ailleurs. Je soupirai et me relevai, passant ma main sur mon uniforme pour enlever les plis. J'ignorais ce que je devais lui dire ou faire pour au moins avoir une "bonne" base. Je retournais à l'intérieur, cherchant du regard le scientifique. Si il n'était pas à l'étage, il devait surement être en bas où il y avait notre petit laboratoire. J'aimais pas trop m'y rendre parce qu'il y avait de fortes chances de croiser une âme. Je descendais les escaliers, sentant la chaleur se faire de moins en moins sentir à mesure que j'arrivais en bas. J'espérais ne pas non plus trouver le docteur pendu au bout d'une corde. Ca ferait tâche et l'inspecteur serait capable de m'accuser de meurtre.

La porte était ouverte, et je m'approchais doucement jusqu'à l'embrasure. Le scientifique était toujours vivant - un bon point. Bon il respirait pas la joie de vivre manifestement - on était deux. Je toquais et entrais dans la pièce. Je ne savais toujours pas quoi dire. Un truc drôle ? J'étais nul dans ce domaine.

- J'ignorais que c'était si horrible d'aller faire un tour avec moi

Soufflais je finalement. Bon c'était pas la meilleure phrase au monde pour débuter une conversation.

Code by Sleepy

_________________
Darkness eyes ✽
I feel the weight of the world
Weighing on my mind
I can't carry the earth
I'm not strong enough



Dernière édition par Min Kyo Ji le Mer 18 Juil - 19:17, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Rim Ku Hwan
Âge : 29
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 4
Multicompte : Ong Ki O
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1908-rim-ku-hwan-the-father-son-and-
Mer 18 Juil - 19:13


"Stickwitu"


THE PARTNERSHIP BEGINS NOW


Existe-t-il dans ce bas monde quelque chose que j’exècre plus que l’injustice ? Là à chaud, et après en avoir été frappé de plein fouet, je ne vois pas. Car oui, ce qui vient de se passer à l’instant n’est ni plus ni moins à mes yeux, qu’une injustice monumentale. Je peux finir de guerre lasse par abdiquer, baisser la tête et courber l’échine face à une décision qui me semble arbitraire. Néanmoins, cela n’équivaut en aucun cas chez moi à un signe d’acceptation ou d’approbation. S’il s’agit d’un ordre ou d’une directive, émanant d’une personne plus haute placée que moi dans la hiérarchie, je m’y plie, l’exécute et obéis ; sans pour autant la cautionner, y consentir ou y adhérer. En revanche, si une chose me paraissant indigne et scandaleuse sort de la bouche d’une personne étant « mon égal » ou se trouvant quelques échelons en dessous, je n’hésite alors pas à clairement, et parfois même ardemment, marquer mon désaccord. Dans ces situations insoutenables d’iniquités, il n’est pas rare que je m’emporte. Que je hausse le ton et mette alors à faire de grands gestes. Seulement, il est des fois où je n’en ai pas la possibilité et que je suis dans l’obligation de me contenir. Comme ce fut le cas à l’instant. Que faire du trop-plein de contestation qui bouillonne en moi, alors ? Au bout d’un moment, il faut bien qu’il sorte d’une façon ou d’une autre. Eh bien vous venez d’en être témoin. C’est ainsi qu’il s’exorcise. De la façon la plus primaire, animale, infantile et bête qui soit : un cri de frustration.

Oui, ce qui m’arrive n’est purement et simplement qu’une injustice. D’envergure mineure voire minime, je vous l’accorde. Rien à voir avec quelque chose d’absolument inadmissible et intolérable. Comme lorsque … lorsque papa s’en est allé. S’il y avait un quelconque putain de Dieu miséricordieux là-haut, c’est moi qu’il aurait dû rappeler auprès de lui ce jour-là. Moi le sale gosse tête à claques, odieux et insolent. Pas lui. Le chef de famille robuste, aimant et se saignant aux quatre veines pour que nous ne manquions de rien. Non, il n’y a rien de tout cela. Ce qui me fout en rogne, c’est que je n’ai absolument rien fait de mal pour mériter cela. Bak l’a dit lui même, mes « états de services » dans le domaine médico-légal sont irréprochables, et forcent même le respect ainsi que l’admiration. Aussi bien de la part de mes paires que des profanes. Chacun de mes rapports d’autopsie, la moindre de mes conclusions sont fiables et basés sur tout un travail uniquement régi par la rigueur et l’objectivité scientifique. Pas d’affect, pas de sentiment, pas d’interprétation personnelle. Les faits et seulement les faits. Je vais là où ils m’emmènent. Du moins, en théorie. J’admets que lorsque des enfants atterrissent sa ma table d’autopsie, il est bien difficile de rester froid, distant et hyper-rationnel. Toujours est-il que mon travail, contribue en grande partie à la résolution d’une enquête. J’apporte bien plus que ma pierre à l’édifice. Sans prétention ni vantardise aucune. La preuve, lorsque je suis cité à comparaître au tribunal en ma qualité d’expert scientifique, neuf fois sur dix l’accusé écope de la peine maximale.

Je mériterais plus une augmentation de salaire, une secrétaire ou du matériel de pointe, plutôt qu’un « partenaire ». J’ai toujours bien bossé en solo. Avec quelqu’un sur mon dos et à mes basques, je sens que je vais être nettement moins productif. Pire, je risque d’être déconcentré, et ainsi passer à côté d’éléments cruciaux pour l’enquête. Et ça, je ne l’accepterais, et ne me le pardonnerais jamais. Plutôt mourir, que de faire preuve de négligence et d’inapplication. A la rigueur, si j’avais eu affaire à un confrère : passe encore. Quoi que … en fait non. Ce binôme aurait été totalement incapable de fonctionner. Connaissant mon caractère de chiotte, je pense que je n’aurais absolument pas apprécié et supporté, que l’on me contre ou remette en question mes constatations ainsi que mes affirmations. La seule personne qui peut le faire, c’est Na Ran : mon assistante. Et ce pour la simple et bonne raison, qu’elle est ma subordonnée directe. Ce qui veut dire qu’au final, et quelle que soit la décision choisie, c’est moi qui ai le dernier mot. Seul point positif, avec un confrère légiste, on se serait d’emblée compris. Là avec un policier … hahaha, non mais ça va être l’horreur ! Il va me parler de mandat de percussion, d’interrogatoire en témoin libre et je serais là, comme un con à le regarder avec des yeux de merlan frit. Inversement, quand il sera question d’hémorragie pétéchiale ou d’écrasement de l’os hyoïde, c’est lui qui me scrutera comme si je venais d’une autre galaxie.

Au risque de me répéter, c’est injuste. Injuste et cruel. En effet, ce partenariat fait non seulement de moi la punition, mais également le puni. Ce qui est, vous en conviendrez, plutôt difficile à avaler et agréer pour une seule personne. Fusse-t-elle brillante, fantastique et irremplaçable tel que moi. Ah, quelle merde … ! Si comme je le redoute, cette décision a été au préalable entérinée par les plus hautes instances de cette ville, alors je n’ai strictement aucune prise sur elle. Si, à la limite la seule chose qui pourrait me permettre de réduire à néant cette histoire de partenariat, serait de prouver que le partenaire en question n’a pas toute sa tête, ou est une menace pour la sécurité publique. Ce qui de toute évidence n’est absolument pas le cas. Joliment désabusé, je lève le nez vers les caissons au plafond, plaque mes mains sur le visage et les laisse lentement tomber, tirant ainsi sur la peau de mes paupières et celle de mes joues en poussant un râle traduisant mon sentiment d’insatisfaction. Ce fut précisément ce moment, que choisit mon … rah je n’arrive pas à le dire, mon partenaire, pour faire son apparition. Avec une précipitation certaine, je me retourne vers lui. Mon regard et bien plus sombre que je ne le souhaiterais. Probablement parce que je ne tenais pas à être surpris ainsi. Dans un moment solitaire et d’isolement. Par chance, je m’en rends compte presque aussitôt, et m’efforce de rectifier tout cela, en habillant mes prunelles d’une expression plus … polie et courtoise.

Alors que j’étais sur le point de lui répondre, quelque chose attire mon regard et me hérisse le poil. Bordel, qui a rangé ce kit de suture à côté des bocaux de formol ?! Depuis que j’ai repris le rennes de la morgue du commissariat, il y règne un ordre prussien. Jusque dans ce local où l’on entrepose le matériel. Oui je le confesse, j’ai un petit côté maniaque. D’ailleurs, mes collègues me chambrent pas mal à ce sujet. En y allant toutefois mollo et prudemment, car ils connaissent mon caractère ainsi que mon rang dans la hiérarchie. Rah, ce que cela m’agace ! Si je choppe celui qui a posé ça là, je vous jure qu’il va sentir sa douleur ! Ce n’est pourtant pas bien compliqué de remettre les choses à leur place. Il faut que je le fasse, sinon je ne vais plus voir que cela et serais incapable de lui répondre. Ca va m’obnubiler. Je me munis donc du kit et le range là où il est censé se trouver. Etagère de droite, troisième rayonnage, complètement sur la gauche. Ah, voilà qui est nettement mieux ! Réajustant le col de ma chemise, je rétorque enfin au policier avec cependant moins d’ironie dans la voix que lui. « Hmm … désolé. Ce n’est pas contre vous. C’est juste … tout ce que je n’ai pas pu dire à votre supérieur, qui ressort de façon … brute et primaire. ». Mieux vaut arrondir les angles et mesurer mes propos. Dieu sait que je me fais violence, pour ne pas lui dire tout ce que je pense.

Dire les choses ainsi et mettre mon cri de colère sur le compte de son boss, m’a paru plus judicieux que de le tacler et lui cracher mon venin. Pour la première fois, j’en profite pour rapidement et discrètement le détailler de la tête aux pieds. Le faible éclairage de l’ampoule illuminant le local, n’est malheureusement pas flatteur et ne lui rend pas justice. Une tête et demi de moins que moi. Donc, pas tout à fait un mètre quatre-vingt. Des traits de gamins. Un teint blafard de vampire fuyant le soleil. Des cheveux assez souples et décolorés. Corpulence plutôt fluette. Certes, ce n’est pas un bodybuildeur, mais le « gringalet » de Bak me paraît quand même exagéré. Ce qui est clair en revanche, c’est qu’on l’imagine plus derrière un bureau que sur le terrain. Mais s’il s’agit du Min Kyo Ji dont a déjà fait mention la presse, alors il est plus que compétent et qualifié pour le travail « d’action ». Hmm, il y a sans doute mieux, mais je suppose que j’aurais pu être encore moins bien loti et tomber sur nettement pire. Petite moue contrite au visage, je l’invite aimablement à sortir en lui désignant la porte du petit local. Veillant à bien éteindre la lumière, je le suis et sors à mon tour en refermant la porte derrière moi. Après avoir pris quelques secondes de réflexion, je lui fait signe de venir avec moi. Sans pour autant faire preuve d’autorité. Enfin, je crois. Une petite minute de marche dans les couloirs frais, quasiment dépourvus de fenêtre et exigus du laboratoire en sous-sol plus tard, je finis par m’immobiliser devant une nouvelle porte.

Celle-ci est pourvue d’un digicode sur la poignée. Habillement et à la va-vite, je compose une combinaison de chiffres et entre dans ce qui est la salle de repos des membres du labo. Hmm, ça va. Pour une fois, il n’y a pas trop de désordre. D’un geste de la main en direction d’une grande table à la forme indéfinissable, j’indique au policier qu’il peut s’installer si le cœur lui en dit. Si je m’écoutais, je prendrais un bon grand verre de cette alcool, que mes collègues et moi-même distillons avec le matériel dont nous disposons. Pardon ? Illégal ? Pfff, mais non voyons ! C’est juste … un avantage professionnel. Oui voilà, c’est ça. Seulement, il n’est pas encore midi. Autant dire qu’il est un peu tôt pour anesthésier cette formidable nouvelle, à grand renfort d’un tord-boyaux vitriolant tout sur son passage. Qui plus est, je suis de garde. Un café très très TRES serré devrait quoi qu’il en soit faire l’affaire. Tel un papillon de nuit attiré par des feux de Bengale, je me dirige vers la cafetière. Un rapide touché du verre, m’apprend que son contenu est encore chaud. Je sors alors du placard au-dessus de moi deux tasses, au cas où, et commence à en remplir une. Tournant le dos au policier, je dis cependant sur un ton un peu trop grave à mon goût : « J’aime autant vous le dire tout de suite, je ne sais strictement rien de tout le travail d’enquêteur. Les interrogatoires, les filatures, les infiltrations : je ne les connais qu’au travers des séries policières que j’ai pu voir à la télé, ou des thrillers que j’ai lu. ».

« Toutefois, lorsqu’un corps est découvert, je me dois de sortir pour faire les premières constations sur place et rassembler les éléments de preuve à proximité sur la scène de crime. J’imagine que nous serons donc amenés à nous voir à cette occasion. Mis à part cela … je suggère que nous travaillons plus en parallèle, mais dans un but et un intérêt commun, plutôt qu’ensemble. Bien entendu, je vous ferais part de mes conclusions de visu et vous remettrez en main propre les rapports d’autopsie. Avec le temps … peut-être que nous arriverons à inclure l’autre dans notre domaine de compétences respectif, et ainsi travailler ensemble de bout en bout. »
. Là-dessus, je n’y compte pas trop. A vrai dire, j’ai plus dis ça pour ne pas paraître pour une espèce de scientifique rigide, austère et pas facile à débrider. Néanmoins, la teneur de mon discours a tout du pragmatisme, de la logique et de la rationalité scientifique. Je ne dis pas que c’est l’équilibre parfait ou la solution miracle, pour que nous puissions collaborer efficacement ensemble, mais pour un début cela me semble pas mal. Un bon compromis. Je me vois mal être à ses côtés et codiriger un interrogatoire. Manquerait plus qu’un suspect me reconnaisse. « Qu’est qu’il fout là le mec qui écrit des pornos softs pour dame ? ». Je vois d’ici le tableau ! Crédibilité : zéro. Ceci dit, il y a moyen de ruser. Face à moi, qui ne suis pas rompu à l’art de l’interrogatoire, les suspects pourraient baisser la garde voire se venter.

Si Kyo Ji me « pilote » à distance depuis l’autre côté de la vitre sans teint, avec une oreillette et un micro, il y a moyen d’obtenir plus ou mois facilement des aveux. Comme le Docteur Moon et l’Inspectrice Sun, le font parfois dans mes romans. Cependant, je doute que notre tandem soit aussi prolifique et efficient que le leur. Je n’ai hélas pas la patience d’ange du Docteur Moon. Tsss … moi qui ne voulais pas faire de récit autobiographique, me voici désormais le héros de mes propres romans ! Formidable … . Le café déborde de la tasse et se répand sur le plan de travail. La faute, bien évidemment, à mon inattention. Je râle, peste et jure en portugais tout en attrapant l’éponge dans l’évier à ma gauche. Mes bêtises nettoyées, je me tourne vers l’Agent Min et lève la récipient de la cafetière dans sa direction. D’une voix partiellement interrogative, je lui propose de façon dissyllabique : « Café ? ». Le fait que je ne bondisse pas de joie à l’idée de devoir travailler de façon conjointe avec lui, n’est en aucun cas un prétexte qui justifierait un manque de civisme et de politesse de ma part à son égard. Après tout, nous sommes tout deux des êtres humains raisonnables et responsables. On doit pouvoir mettre nos différends de côté, et être en mesure de laisser nos humeurs aux vestiaires. Enfin, en théorie. Après, dans la pratique … .

Code by Sleepy

_________________

   
   
Curative Venom
© FRIMELDA
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Min Kyo Ji
Âge : 27
Occupation : fonctionnaire de police & bénévole au refuge pour animaux
Quartier : Gangseo
Situation : éternellement célibataire, mais il y a ce petit jeune, mon premier slow...
Don : Médiuminité. Je vois et parle aux morts
Niveau : 5
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1356-min-kyo-ji-i-believe-in-nothing
Jeu 26 Juil - 18:59


"Stickwitu"


THE PARTNERSHIP BEGINS NOW


Vu son regard noir il avait pas l'air d'avoir apprécier mon apparition. Ou bien d'être vu dans un état pareil. Je ne voyais pas ce qu'il y avait de choquant, chacun avait sa manière de gérer les choses. De toute façon à part l'avoir pris en flagrant délit de câlin avec un mur franchement. C'était pas comme si il avait tout renversé dans la pièce. Là par contre, ça aurait montré le côté impulsif du personnage. A mon avis c'était pas l'un de ses traits caractères. J'imaginais plutôt le scientifique calme et posé. Le genre à ne pas hésiter à dire tout haut la bonne réponse pour faire passer les autres pour des crétins. Oui, c'était bien avec ce mec que j'allai devoir bosser.
Son expression avait cependant finit par se radoucir, parce que j'allai pas le manger. Je pensais aussi qu'il allait dire quelque chose mais non. Je suivais le scientifique aller ranger quelque chose. Maniaque en plus de ça. Et bien, c'était pas un point commun vu que j'étais bordélique. Raison de plus pour moi de ne pas aimer être assigné au bureau. J'avais rapidement fait d'étaler toutes les feuilles sur le mobilier et aussi sur le sol. Des feuilles volantes comme on pouvait dire. Heureusement ce matin je n'avais pas eu le temps de toucher à tous les dossiers posés sur le bureau.
Après avoir rangé ce qui le dérangeait, Mr Rim avait enfin daigné ouvrir sa bouche pour s'excuser. Je n'en demandais pas autant vu qu'on était tous les deux des victimes de Bak mais bon. On allait dire que c'était pour l’accueil peu chaleureux envers ma personne.

- Ah on rêve tous de lui dire notre façon de penser

Malheureusement, ce n'était jamais une bonne idée. Enfin personnellement je ne m'y étais jamais risqué - de toute manière il le savait pertinemment. Mais l'un de mes collègues quand j'étais arrivé, était arrivé au bout du rouleau et ca c'était mal terminé pour lui. Autrement dit, il avait été tout simplement viré. Depuis on pouvait dire qu'on subissait les décisions stupides de notre chef et son caractère de cochons. Je pouvais donc comprendre ce que le scientifique ressentait actuellement. Tellement de frustration.
Ce dernier me faisait signe de le suivre et j'avais haussé les sourcils avant de lui emboîter le pas vers une porte fermé à l'aide d'un code. J'étais jamais rentré dans cette pièce mais une fois à l'intérieur je pouvais deviner qu'il s'agissait de la salle de repos de la police scientifique. Le mobilier était très sommaire par rapport à des entreprise que j'avais déjà visité pour une enquête par le passé. Mais pour moi c'était amplement suffisant. Je prenais donc place sur une chaise pendant que Rim se faisait couler un café. Je pensais aux délicieux beignets de Bong que j'avais refusé tout à l'heure. Mon interlocuteur me proposait une idée de travail. M'indiquant qu'il ne connaissait rien du tout sur le travail de policier. Le contraire m'aurait étonné. J'ignorais ce que l'inspecteur avait en tête, mais ce n'était à mon avis pas pour que j'apprenne à un scientifique à mener des interrogatoire. A part ça la proposition du scientifique me semblait bien. Il serait mon chercheur attitré en quelque sorte. Et il était vrai que ça pourrait m'être utile quand je faisais mes enquêtes personnelles.

- Ca me paraît bien ! En espérant que l'autre tordu ne pique pas une crise de son côté...Si vous voulez mon avis il avait plus en tête de se servir de vous pour me surveiller

Avouais je en levant les yeux au ciel. J'avais nettement passé l'âge d'avoir une baby-sitter pourtant. Même si j'avais encore une tête de poupée, j'avais presque trente ans et on avait tendance à l'oublier très vite. Bref, mon nouveau partenaire n'avait pas l'air si horrible que ça finalement. La preuve, il me proposait un café. Il allait malheureusement devoir apprendre certaines choses sur moi et ça allait commencer par cette boisson.

- Non merci je n'aime pas le café. Je préfère le lait chocolaté

Il s'en moquait surement de mes préférences mais on ne savait jamais. Peut être qu'un jour, quand on travaillera de bout en bout on se donnera des rendez vous pour un compte rendu et il m'offrira un lait chocolaté.

Code by Sleepy

_________________
Darkness eyes ✽
I feel the weight of the world
Weighing on my mind
I can't carry the earth
I'm not strong enough

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Rim Ku Hwan
Âge : 29
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 4
Multicompte : Ong Ki O
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1908-rim-ku-hwan-the-father-son-and-
Ven 27 Juil - 23:00


"Stickwitu"


THE PARTNERSHIP BEGINS NOW


Associer un policier, avec un scientifique. Un être d’action et un individu porté sur la réflexion. Avouez qu’il fallait quand même déjà y penser ! Alors oui, dit comme ça c’est certes très glamour, vendeur et sexy, mais pour les principaux intéressés, comment dire … c’est plus une torture absolue et un cauchemar, qu’une formidable opportunité ou une chance incroyable. Essayez donc d’enfermer un chat et un chien dans la même pièce. Revenez une petite heure plus tard … à moi la peur si on ne retrouve pas des coussins éventrés, des meubles criblés de coups de griffes ou des tapis saccagés. Peut-être même que dans certains cas, nos chers compagnons à quatre pattes auront des morsures et autres marques, témoignant de l’excellent feeling qui est passé entre eux … ahem ! Je sens comme un moment de flottement. Si, si, vraiment. La moitié d’entre vous ne vois pas où je veux en venir, tandis que l’autre n’est pas spécialement convaincue. Qu’à cela ne tienne, je vais vous donner un autre exemple. Euh … ah si ça y est, j’ai trouvé ! Prenez un saladier. Incorporez une mesure d’eau, puis une une mesure équivalente d’huile. Vous aurez beau remuez encore et encore la solution, jamais les deux éléments ne se mélangeront. Eh bien, pour un médecin légiste et un policier : c’est exactement le même principe. Je veux bien croire en la complémentarité des individus, ou des fadaises du style « les contraires s’attirent », mais il y a quand même des limites à tout.

Quand les différences et les dualités sont trop marquées, il n’y a à mon sens rien de positif qui puisse découler de l’alliance entre deux choses. Ou dans notre cas, entre deux personnes. Loin de moi l’idée de jouer les oiseaux de mauvaise augure ou les figures de proue de défaitisme, mais je suis plus que perplexe quant à l’efficience du partenariat que Bak vient de proclamer. Dire que l’on va droit dans le mur serait probablement exagéré, quoi que, mais à mon humble avis nous allons au devant de grandes déconvenues. Ce genre de tandem composé de membres étant radicalement aux antipodes, ne se voit qu’au cinéma ou dans la littérature. C’est drôle, ça amuse et fait rire les spectateurs. Soit, mais sincèrement, quel être humain sensé est pourvu d’un minimum de jugeote, peut seulement croire que des gens passant leur temps à se prendre la tête et à dire le contraire de ce que l’autre avance, peuvent s’entendre et surtout travailler efficacement ensemble ? Eh puis merde à la fin, Thalès a-t-il établi son fameux théorème en collaborant avec Virgile ? Molière a-t-il coécrit « Les Précieuses Ridicules » avec Galilée ? Marie Curie a-t-elle découvert le Radium aux côtés de Virginia Woolfe ? Non, non et trois fois non ! Chacun chez soi, et les vaches seront bien gardées ! Evidemment, vous vous doutez bien que là, je me fais plaisir. Bah oui, je ne vais tout de même pas lui sortir une chose pareille, comme l’on tire à brûle pourpoint.

Pas spécialement envie de passer une énième fois pour le méchant de l’historie. Si dès le début je fais preuve de mauvaise volonté, on va encore me taxer de sectaire, d’associable ou de prétentieux se croyant tout droit sorti de la cuisse de Jupiter. Hmm, j’imagine qu’il serait donc malvenu de me braquer et de monter de suite sur mes grands chevaux. Avant cela, il faut au moins que je laisse un minimum « sa chance au produit ». Si après cela, essayer n’est pas l’adopter, j’aviserai en fonction et saurai me rappeler au bon souvenir de Bak. Oh ça oui, croyez-moi ! Sans aller jusqu’à sauter au plafond, lui dérouler le tapis rouge, jeter des pétales de roses sur son chemin ou pousser des « you-you », comme les femmes arabes lors d’un mariage à la sortie de de la mosquée ; je peux tout de même y mettre un peu du mien et faire quelques efforts. Cela ne coûte rien. Eh puis, ça va il n’y a pas mort d’Homme. Certes, c’est excessivement chiant et de prime abord contraignant, mais ce n’est pas pour autant le bagne ou le goulag. Je devrais survivre, et surtout m’en remettre. On guérit toujours d’une blessure d’amour-propre. Ma mère me l’a suffisamment rabâché. Qui plus est, j’aurais probablement pu hériter de bien pire comme … partenaire. Non, décidément je n’arrive pas encore à me faire à ce mot. Bak aurait très bien pu me coller dans les pâtes, un vieux dinosaure réac au possible, rigide et avec un caractère de Sergent Instructeur sur le retour.

Monsieur le Maire aurait sans doute jubilé à l’idée de me savoir associé à un tel personnage. Cependant, cela n’aurait certainement pas fait les affaires de l’Inspecteur, étant donné que l’Agent Min semble être sa bête noire, si je puis me permettre l’expression. Par ailleurs, si j’en crois les entrefilets que j’ai pu à diverses périodes lire de-ci de-là dans les journaux, et faisant état des exploits auxquels il a participé ; ce flic ne semble pas être le dernier pimpin venu. En tout cas, la petite réputation que lui a taillé la presse, est … peut-être pas dithyrambique, mais plutôt élogieuse quoi qu’il en soit. Peut-être ai-je finalement un peu de chance dans mon malheur. Qui sait, il se pourrait bien que ce mec ne soit pas un bourrin sans cervelle, comme ses collègues. Espèce en voie d’extinction, genre nouveau et hybride ou exception qui confirme la règle ? Cela se discute. J’étouffe une rire nerveux suite à sa remarque au sujet de son supérieur. Les sourcils arqués et la mine désabusée en songeant à la décision tyrannique de Bak, je me contente d’opiner du chef en arborant un fin sourire désolé et en laissant s’échapper un « Hmm. », signifiant mon approbation avec son petit trait d’humour. Sans être Oscar Wilde, on dirait bien qu’il a un petit peu d’esprit. Finalement … sans parler pour l’instant encore de succès fracassant, il se pourrait bien contre tout attente, que ce partenariat ne vire pas au fiasco que j’avais déjà envisagé.

Point de précipitation. Cela ne sert à rien d’aller trop vite en besogne. Il serait plus judicieux de découvrir de quel bois est fait se type, avant de se réjouir. Pour cela, mieux vaut quitter cet endroit. Une personne dans un local servant à stocker le matériel, passe encore. Deux, ça a vite fait de devenir louche et suspect. J’aurais bien besoin d’un petit remontant. Eh puis, cela sera l’occasion ou jamais pour faire connaissance. Genre un petit speed dating professionnel. Sept minutes pour en apprendre plus sur l’autre, et poser les bases d’une relation de travail qui soient les plus optimales possible. Challenge accepté ! Ok Kuku, il va falloir la jouer fine et bien manœuvrer. Récapitulons. En somme, il me faut garder mes avantages, limiter les inconvénients, ne léser aucun parti, ne pas froisser les égos, faire des concessions, trouver des compromis et teaser la chose afin qu’elle soit la plus attractive possible. Un sacré exercice de style. Aussi périlleux qu’un numéro de funambule sans filet. Prenant quelques instants de réflexion en versant du café dans une tasse, je me risque finalement à présenter ma vision de ce « partenariat », en prenant grand soin de peser scrupuleusement chaque mot prononcé. Ma prise de parole ponctuée, je retiens mon souffle et espère de tout cœur que le policier ne démontra pas point par point, tout ce que je viens d’avancer. Un discret soupir de soulagement m’échappe, lorsqu’il déclare trouver mon exposé plutôt à son goût. Je sens mes épaules se détendre et s’abaisser légèrement.

Un nouveau rictus de nervosité étire mes lèvres, tandis que j’arque furtivement les sourcils. Eh bien, le moins que l’on puisse dire c’est que l’Agent Min et son boss, ne sont pas prêts de passer leurs vacances ensemble ! Après avoir épongé la petite mare de café ayant débordé de la tasse, je tourne partiellement la tête afin de regarder le policier par dessus mon épaule. Sourire de politesse et de convenance sur le faciès, je lui rétorque avec une infime pointe de complicité dans la voix : « Oui, c’est en effet ce que j’ai également cru comprendre. Le malheureux risque d’être déçu : fliquer les gens, ce n’est absolument pas mon truc. Sinon, vous vous doutez bien qu’il y a déjà bien longtemps que j’aurais rejoint vos rangs. Vous connaissez votre boss bien mieux que moins ; c’est un véritable pitbull qui ne lâchera rien. Si vous voulez mon avis, il risque de demander à un de ses lèches-bottes zélés de nous filer en douce, histoire de s’assurer que nous faisons tout ensemble de A à Z. Professionnellement parlant, évidemment. Il serait peut-être plus prudent de jouer la sécurité, en feignant dans un premier temps d’être désormais indissociable l’un de l’autre. Puis, lorsqu’il ne fera plus preuve de vigilance, nous reprendrons chacun nos petites habitudes. Par contre … j’imagine qu’il va de temps à autres, me demander de lui faire un petit topo à votre sujet. Bien évidemment, jamais je ne vous chargerai ou ne vous accablerai. »

« Ce n’est pas ainsi que des partenaires sont censés se comporter. Néanmoins, si je lui dis que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, et que vous êtes un excellent élément doublé d’un policier exemplaire ; il va tout de suite trouver ça louche. Je risque donc de devoir râler et lui dire deux ou trois petites choses à votre sujet qui risquent de vous déplaire, afin de rester crédible et ne pas lui mettre puce à l’oreille. Rassurez-vous, je ne dirai rien qui puisse vous être préjudiciable ou qui compromettrait votre carrière. »
. Je suis peut-être un homme invivable et doté d’un foutu caractère, mais je suis loin d’être un salaud. Même si cette histoire de partenariat est loin de me réjouir, jamais je ne lui tirerai dessus à boulet rouge ou l’accuserai auprès de ses supérieurs de fautes lourdes, afin de m’y soustraire. Piétiner et écraser les autres n’est pas dans ma façon de faire. Quoi que … cela dépend. En présence d’un autre légiste ou d’un écrivain, je peux avoir un petit côté la fin justifie les moyens et prêt à tout pour y arriver. Carriériste et ambitieux ? Oui, je le confesse. Néanmoins, je ne pense pas l’être envers des personnes n’étant pas susceptibles de me faire de l’ombre dans mes différentes carrières, ou de me concurrencer. Conclusion : l’Agent Min peut donc être tranquille et dormir sur ses deux oreilles. Je finis par lui faire complètement face, et lui propose du café, en joignant le geste à la parole et agitant doucement la cafetière.

Très poliment, il décline en remuant quelque peu la main et affirme préférer … le lait chocolaté. Hahaha … ah, parce que c’est très sérieux ? Bordel, mais comment diable fait-il pour tenir le coup et faire le plein d’énergie ? Ne me dîtes pas qu’il marche aux boissons énergisantes ou à la coke. Sincèrement, sans l’aide d’un de ces petits coups de pouces, je vois mal comment il peut réaliser un métier aussi éreintant et exténuant que policier. Tentant au mieux de ne rien laisser paraître de mon incrédulité, je remets la cafetière sur son socle et me baisse afin d’ouvrir la porte du mini-frigo, situé sous le plan de travail. Sans conviction aucune. Comme je m’y attendais, pas la trace de la moindre petit brique de lait. La porte refermer, je me redresse et ouvre alors celle du placard au-dessus du comptoir de cuisine. Un rapide inventaire oculaire m’apprend que le chocolat en poudre n’est pas très prisé par les personnes travaillant dans le coin. Le café en revanche, il y en a et pas qu’un peu ! Du classique, du soluble, du déca, de l’arabica du Brésil, le meilleur, du Colombien, du Tanzanien, du Kényan et j’en passe. Ce n’est plus une salle de pause, c’est un Starbucks ! Il n’y a même pas de sachets de thé. Passablement contrit, mes lèvres se retroussent quelque peu avant que je ne lui rétorque sur un ton oscillant entre la gêne et la légèreté : « Oh … . Eh bien, je crains que nous en manquions. Apparemment, les gars de la scientifique carburent uniquement à la caféine. Navré. ».

Doux euphémisme. Alors que je m’apprêtais à refermer le placard, je constate que les pâtisseries que j’ai apporté semblent avoir rencontré un franc succès. Il n’en reste quasiment plus. Pourtant, Dieu sait qu’il y en avait. Comme d’habitude quand je viens manger chez elle, ma mère a encore cuisiné pour tout un régiment. Ah si, je n’exagère pas. J’aurais voulu que vous voyez la quantité astronomique de desserts qu’elle avait concocté … . Tiens c’est simple, il y avait de quoi nourrir toute la population des favelas de São Paulo ! Tant mieux si cela part comme des petits pains. Voyons si je rencontre plus de chance avec une petit note sucrée. Munis de ma tasse de café d’une main et du plat en céramique de l’autre, je clos du mieux que je peux la porte du placard à l’aide d’un petit coup d’épaule. Une fois attablé, je pose la grande assiette, soulève la cloche de verre puis la dépose plus loin sur la droite, mettant ainsi les petits gâteaux aux allures de tartelettes à l’air libre. Sur le même ton vaguement interrogatif que tout à l’heure, je propose alors : « Pastéis de Nata ? C’est une pâtisserie brésilienne. Une espèce de flan à base d’orange, de cannelle et de copeaux de noix de cajou. ». Je sais que je ne prends pas vraiment de risque en disant cela, mais ça m’étonnerait qu’il en ait déjà savouré. Il m’en dira des nouvelles. Objectivement et sans parti pris, les desserts de ma mère sont une tuerie.

Bon en même temps, il faut dire que je n’ai jamais eu l’occasion de goûter d’autre Pastel de Nata ici à Busan. Néanmoins, je suis certain que sitôt il en aura goûté un, il ne pourra dès lors plus s’arrêter et que tout le plat y passera ensuite. Enfin, si j’ose dire. Mes doigts enlacent le grès vert de la tasse. La chaleur du petit récipient teinte l’extrémité de mes phalanges en rouge. Je porte le rebord à ma bouche et bois une lampée. Pouah ! Mais ce n’est pas du café ça, c’est de l’eau de vaisselle ! Je suis sûr que c’est encore Yafan qui l’a fait. Pour qu’il soit aussi léger et insipide, je ne vois qu’elle. Bon ... au moins je ne risque pas de souffrir d’insomnie ce soir, c’est déjà ça. Les secondes, et bientôt les minutes défilent. Dans un silence parfait et plutôt pesant. Faisant tourner la tasse et mirant le liquide noirâtre ondoyer, je finis par relever la tête et capturer de nouveau le regard du jeune policier. Sur un ton mélangeant la nonchalance et la curiosité, je lui demande : « Alors … sur quelles affaires enquêtez-vous actuellement ? ». Je ne vais tout de même pas meubler en lui demandant s’il préfère tel ou tel genre de musique, ou s’il est pour ou contre les tissus à mémoire de formes. Autant entrer directement dans le vif du sujet et tenter de faire ce que l’on attend de nous : travailler et lutter contre le crime ensemble. Je suppose qu’il doit avoir sur les bras, des dossiers de natures et d’ampleurs diverses. Du tapage nocturne, au viol en passant par les trafics de stupéfiants en tout genre. Peut-être que dans le lot, il a un ou deux homicides sur le feu. Et là où il y a homicide, il y a autopsie. Peut-être qu’il attend les conclusions du rapport médico-légal d’une victime étant arrivée à la morgue ces derniers jours ? Après autant de changements, j’apprécierais de retrouver quelque chose de familier. Oui, cela me rassurerais grandement. Quelque chose que je maîtrise. Un élément et un domaine de compétences, dans lequel je me sens à l’aise. Puis tant qu’à faire, si je peux me rendre utile et participer à l’avancement ainsi que la progression d’une enquête : cela ne sera certainement pas pour me déplaire à moi et mon égo de la taille du Brésil.

Code by Sleepy

_________________

   
   
Curative Venom
© FRIMELDA
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Min Kyo Ji
Âge : 27
Occupation : fonctionnaire de police & bénévole au refuge pour animaux
Quartier : Gangseo
Situation : éternellement célibataire, mais il y a ce petit jeune, mon premier slow...
Don : Médiuminité. Je vois et parle aux morts
Niveau : 5
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1356-min-kyo-ji-i-believe-in-nothing
Sam 11 Aoû - 20:10


"Stickwitu"


THE PARTNERSHIP BEGINS NOW


Le scientifique avait vraiment bien cerné l'inspecteur. A croire qu'ils avaient déjà travaillé ensemble par le passé même si ce n'était évidemment pas le cas. Rim était tout simplement un bon observateur. Je me doutais bien que mon chef ne laisserait pas mon baby-sitter tout seul au début. De peur surement de retrouver le scientifique avec une tête en moins. A croire que j'étais un criminel de son point de vue alors que j'étais plutôt celui qui les pourchassaient. Passait aussi mes nuits à sur les dossiers pour résoudre les enquêtes le plus rapidement possible. Trouver au plus vite le coupable avant de qu'il ne fasse à nouveau quelque chose de mal. Je parlais bien évidemment des meurtres - un voleur d'orange ce n'était pas un drame si il en volait une deuxième. Mise à part si il y avait eu otage ou braquage avec une arme à feu.
Rim avait déjà établit tout un plan dans sa tête. Faire semblant, inventer un rapport sur ma personne qui ne mettrait pas la puce à l'oreille à mon supérieur. Manifestement pour une fois je n'allai pas devoir trimballer un boulet avec moi. Bong était gentil mais je pouvais m'en passer aisément. Puis bon, honnêtement il était aussi une balance.

- Effectivement, même si Bak semble vous admirer il n'en reste pas moins légèrement paranoïaque et risque fort en effet de nous faire suivre...En ce qui concerne les rapports que vous ferez sur moi ne vous inquiétez pas. J'ai l'habitude qu'on me casse du sucre sur le dos. Si vous voulez caresser l'inspecteur dans le sens du poil, dites lui que je suis fou et il sera ra-vi

C'était tout ce qu'il attendait de toute façon. Même si le psychologue avait certifié que j'étais apte à occuper la fonction de policier, il restait persuadé que quelque chose ne tournait pas rond chez moi. Il n'avait pas tort ceci dit mais il était hors de question que je lui avoue que je voyais les morts. Déjà à mon avis il ne me croirait même pas et se dépêcherait d'appeler un médecin pour me faire interner. Raison de plus pour garder mon secret. Déjà qu'on me regardait étrangement quand je disais que je n'aimais pas le café. Le scientifique n'avait pas fait exception à la règle. Les personnes qui n'appréciaient pas cette boisson existaient belle et bien. Je pensais que Rim allait laisser tomber mais je le voyais farfouiller dans les placards. Il cherchait vraiment du lait et du chocolat ? Au vu du personnage je trouvais ça assez étrange qu'il se démène autant pour moi.

- Ce n'est pas grave

Le rassurais je avec un léger sourire. Surement que ses collègues et lui-même devaient passer leur temps à consommer de la caféine pour ne pas s'endormir. Souvent les délais pour faire un rapport d'autopsie était très court. Ou même des analyses. A la place de ma boisson, le scientifique avait ramené une assiette remplie de pâtisserie que je ne connaissait pas. Le fait que c'était brésilien expliquait surement ça. Ainsi que la tête peu commune de mon interlocuteur.

- Vous venez du Brésil ?

Demandais je tout en dévorant du regard les fameux Pastéis de Nata situé juste à quelques centimètres de moi. Rien que les ingrédients énoncés m'avait donné l'eau à la bouche. En prendre un seul n'allait pas me tuer n'est ce pas ? Et puis il ne fallait pas froisser mon nouveau coéquipier.

- Je ne connais pas ce gâteau, je vais goûter si vous le permettez

Bon en même temps si il l'avait rapporté c'était pas pour décorer la table. Je prenais donc l'une des pâtisseries entre mes doigts avant de mordre dedans. Mes yeux s'illuminaient au fur et à mesure que mes papilles savouraient le goût. C'était tout simplement extrêmement délicieux. Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurai aussi englouti ses congénères mais je n'étais pas tout seul et passer pour un glouton face à un inconnu ne le faisait pas trop. A la place donc, je me retenais et mangeais tranquillement ma portion. Un silence s'était installé mais ça ne me gênait pas.
Du moins il n'avait pas duré très longtemps car Rim me questionnait sur mes enquêtes en cours. Effectivement, j'allai devoir le briffer là dessus. Je songeais à tous les dossiers posés sur mon bureau et dans mon appartement. Ca allait prendre une semaine à tout lui résumer. Mieux valait commencer par une enquête sur laquelle je ramais afin qu'il soit utile. Je sortais mon téléphone pour me connecter au serveur de la police tout en commençant mon explication.

- Le cadavre d'un homme d'une trentaine d'année à été retrouvé, lundi dernier, par un couple qui faisait du jogging sur la plage. Il y a des marques de strangulations et aussi de griffures dans le dos. Comme si u chien ou un chat avait fait ses griffes sur lui...La victime n'est pas connu des fichiers de police et il vit seul, célibataire, pas d'enfants. Sa mère est venu l'identifier. Je n'ai pas trouvé de piste depuis

Avouais je tout penaud avant de lui montrer le suivi de l'enquête, les rapports d'autopsie et les photos. J'ignorais où cet homme était mort je ne pouvais donc pas aller l'interroger.

Code by Sleepy

_________________
Darkness eyes ✽
I feel the weight of the world
Weighing on my mind
I can't carry the earth
I'm not strong enough

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Rim Ku Hwan
Âge : 29
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 4
Multicompte : Ong Ki O
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1908-rim-ku-hwan-the-father-son-and-
Dim 12 Aoû - 21:07


"Stickwitu"


THE PARTNERSHIP BEGINS NOW


Qu’est-ce qui est le plus effrayant ? Le fait que j’ai déjà scrupuleusement songé à tout et envisagé un large éventail de scenarii différents, ainsi qu’une foultitude de solutions pour pallier d’éventuelles embûches ? Ou bien la manière très assurée, calme, maîtrisée voire pédagogue, que j’ai d’exposer le fond de ma pensée ? Hmm, tout bien considéré ; « effrayant » n’est probablement pas l’adjectif adéquat, pour illustrer au mieux l’impression que peut laisser mon attitude trop rigoureuse et stricte. L’amoureux des mots que je suis, préfère parler de … d’un comportement déconcertant. Voilà, c’est ça. Ce terme sied déjà beaucoup mieux. Lorsque l’on vous impose « une contrainte », qui bouleverse et chamboule considérablement vos habitudes de travail, réagir avec une vive émotion et beaucoup d’instinct semble être quelque chose de logique. Logique, et même humain je dirais. En tout cas, il n’y a rien de délirant à ce qu’une personne s’emporte, s’apitoie ou proteste avec véhémence dans un pareil cas de figure. C’est presque ce à quoi on est en droit de s’attendre. Huit ou neuf personnes sur dix réagiraient de la sorte. Faire preuve d’une hyper-rationalité, de pragmatisme ou de méthode est loin d’être une réaction des plus communes. Au contraire, cela paraît plutôt atypique, pour ne pas dire anormal. Du moins, dans un premier temps. Une fois la nouvelle assimilée en revanche, il n’est pas rare que les gens fassent preuve davantage de raison et de cohérence.

En ce qui me concerne, il semblerait que je sois directement passé à case « bon sens et sagesse », et ai fait l’impasse sur la section « contestation et extériorisation des sentiments. ». Ceci dit … mon cri de grand malade d’il y a quelques instants, peut être perçu comme étant l’expression de mes états d’âme ainsi que de mes humeurs, en réponse à l’injonction qui m’a été imposée. Néanmoins, et à mon grand étonnement, je ne me suis pas spécialement appesanti et suis très vite passé à autre chose. Ce qui est assez rare pour être souligné. D’ordinaire, je me serais sûrement perdu en vociférations, en protestations et autres bileuses objections. Au lieux de cela, je me suis tu et ai par voie de cause à effet, accepté la volonté de Bak, qui n’est autre que de m’unir sur un plan professionnel à l’Agent Min. Oui, ce silence et cette relative passivité, doivent être interprétés comme un signe d’approbation de ma part. Après tout, ne dit-on pas : « Qui ne dit mot consent » ? Travailler en binôme ne figurait absolument pas sur ma liste de desiderata et de souhaits. Par contre, nul doute que cela arrivait certainement en très bonne place sur le podium de mes craintes, ainsi que des pires choses qui puissent m’arriver. Dans le fond … je me demande s’il n’y a pas dans cet attentisme, une pointe de résignation. Cela pourrait expliquer pourquoi je n’ai pas fait plus d’efforts, pour signifier à l’inspecteur mon profond désaccord avec son « excellente idée ».

Dans mon for intérieur, je savais pertinemment que je n’obtiendrai pas gain de cause. Personne ne peut espérer l’avoir face au supérieur de mon « partenaire ». Encore moins lorsqu’il a l’appui et la bénédiction de ses « amis très haut-placés ». Si je ne peux pas contrer Bak, il y a toujours moyen pour que je puisse contourner subtilement ce qui m’impose. Ou plutôt, ce qui nous impose. J’ai d’ailleurs déjà ma petite idée, quant à la façon dont je compte m’y prendre. Dernier détail, et non des moindres : convaincre le policier auquel mon sort est désormais lié. Cependant … en étant trop convaincant, mon argumentaire risque de se retourner contre moi et d’avoir l’effet inverse de celui escompté. Il est vrai que d’exposer aussi rapidement un tel « plan », et faire preuve d’autant de clairvoyance : cela peut paraître plutôt déroutant. A plus forte raison encore, lorsque l’on est un policier et que l’on est par définition doté d’un esprit de suspicion aiguisé. Inévitablement, cela semble trop bien rôdé, échafaudé et planifié pour être naturel. Il n’y a pas vraiment de sentiment de spontanéité. C’est froid, carré, structuré. Comme un acteur qui réciterait presque mécaniquement, un texte qu’il aurait appris par cœur et répété des heures durant. Si c’est là l’impression qu’a l’Agent Min, je ne vais certainement pas lui jeter la pierre, puisque j’ai moi-même cette sensation maintenant que je repasse dans ma tête et a posteriori, le fil des paroles que je viens de prononcer.

Il aurait même de quoi nourrir quelques sérieuses présomptions, quant au fait qu’il y ait pu y avoir préméditation. Il peut supposer, que j’ai été mis dans la confidence bien en amont d’aujourd’hui. Ainsi, j’aurais largement eu le temps de fomenter cette manigance afin de retomber au mieux sur mes pieds. Oui, il a d’excellentes raisons de penser, que tout cela puisse être une sombre machination orchestrée dans l’ombre, montée de tout pièce et à laquelle j’aurais pris part de manière conjointe avec son boss. Un cruelle farce dont il serait le dindon. Pourtant, j’ignorais tout de ce qui nous attendait. Tout comme lui, j’ai découvert et appris médusé la drôle de surprise qui nous a été réservée, pas plus tard qu’il y a seulement une dizaine de minutes. Ma sidération et ma consternation, lorsque Bak nous a officiellement proclamé coéquipiers, n’étaient en rien feintes ou simulées. Je suis certain que cela n’a pas pu lui échapper. Bien sûr, cela ne peut en rien l’empêcher de me témoigner de la méfiance, ou d’avoir des a priori à mon sujet. Si tel est le cas, alors nous partons de très loin. Avec un capital confiance aussi bas, il faudra des semaines, des mois voire des années ; avant que nous puissions œuvrer de manière efficace et dans un climat disons …. détendu. C’est un fait qui n’est plus à démontrer : je possède une imagination débordante. J’ai bien conscience que « imaginatif », n’est pas le premier terme auquel on pense pour décrire la personnalité d’un médecin légiste. Pourtant en ce qui me concerne, c’est bel et bien le cas.

Là où cette créativité et cette inventivité s’expriment le plus, c’est incontestablement lorsque je prends la plume et entre dans la peau de Thiago Dos Anjos. Quand j’écris mes romans, il est très rare que ce que l’on a coutume d’appeler « le syndrome de la page blanche », s’abatte sur moi. Sauf rude épreuve mettant à mal mon moral, ce qui est déjà arrivée, j’ai toujours quelque chose à dire. Enfin en l’occurrence là, à écrire. A chaque fois que Somi me dit qu’il serait sans doute judicieux de remanier ou changer tel ou tel passage : ce n’est jamais un ennui ou un problème majeur. En effet, j’ai constamment sous le coude une ou deux alternatives, pouvant se substituer à mon idée de départ. Si je n’ai pas le loisir d’y avoir recours, ces différentes versions deviennent alors autant d’idées qu’il me sera possible d’utiliser plus tard, ou lors de la rédaction d’un autre tome. Le problème, si toutefois cela en est un, c’est que mon esprit carbure également à deux-cent à l’heure lorsque je suis ici. Entrain de farfouiller dans les viscères d’un malheureux ayant passé l’arme à gauche. En outre, je détiens aussi une assez bonne capacité d’adaptation. Ce qui fait que j’ai toujours une solution de secours dans ma manche, pour endiguer les impondérables et les imprévus. Idem lorsqu’il s’agit de me sortir d’une situation quelque peu délicate. Pour ceux et celles qui en doutaient encore, je pense que mon exposé exhaustif et ne laissant rien au hasard, aura achevé de les convaincre.

Du matin au soir, du soir au matin : mon cerveau ne connaît pas de répit et cogite sans cesse. A tel point qu’il est des fois, où je serais prêt à me damner pour ne plus penser. Peut-être est-ce dû à mes grandes capacités sortant de l’ordinaire ? Il y a bien longtemps, quand je n’étais qu’un bambin dont la seule préoccupation était de sucer son pouce, mes parents ont craint que je sois atteint d’un problème cognitif ou mentaux. Du genre Rain Man, Asperger ou autre trouble du spectre autistique. D’un autre côté, je ne peux pas leur en vouloir. Il est vrai que j’étais un enfant très introverti, qui parlait peu, restait dans son coin à observer et rechignait à se mêler aux autres gamins de son âge. Si j’avais été à leur place, j’aurais très certainement moi aussi envisagé le pire et eu quelques sérieuses inquiétudes. Au lieu de cela, on m’a « diagnostiqué » comme étant sur-doué. Un « enfant précoce ». Ce sont les mots qu’ont employés le psychologue et le psychomotricien s’étant entretenus avec moi, pour qualifier mon cas. Je ne peux nier qu’être pourvu d’un QI de 165, m’offre moult facilités et des avantages certains sur le quidam de base. Néanmoins, cela comporte aussi quelques inconvénients. Notamment pour ce qui est des rapports et des interactions, que j’entretiens avec mes semblables. De fait, il est très fréquent que je passe, à juste titre ou non, pour quelqu’un de … suffisant. Condescendant. Arrogant. Calculateur. Voire machiavélique, mais dans le bon sens du terme.

Avec ce que je viens de dire, l’Agent Min a toutes les raisons du monde pour me voir ainsi. Pas vraiment superbe comme première impression. J’ignore si celle que je lui ai laissé est bonne, mais à mon sens je pouvais indéniablement faire nettement mieux. L’idée de tailler des croupières à « mon partenaire » devant son boss ne m’enchante guère. Encore moins lorsque je l’entends de sa bouche. Un moue grimaçante vient déformer mon visage. Ma tête s’incline d’un côté puis de l’autre, et de petits bougonnements ronronnent au fond de ma gorge. Preuve que cette perspective, bien que nécessaire, n’est franchement pas pour me réjouir. Je m’en sens tout à fait capable, là n’est pas problème. C’est juste que … que si je dois le faire, cela sera assurément à reculons ainsi qu’à contrecœur. Je ne connais pas parfaitement le jeune policier, mais il possède au sein du commissariat une petite réputation qui le précède. Tout le monde s’accorde à dire que c’est un bon flic, même s’il a la curieuse manie de souvent parler tout seul. Mais est-ce pour autant une raison pour le qualifier de « fou » ? On est un peu tous comme cela, non ? Ne serait-ce que lorsqu’on réfléchit à voix haute. Moi-même, je parle aux personnes que j’autopsie. Un peu comme si j’étais chez le psy, ou à confesse avec un prêtre. Je leur fait part de mes névroses, de mes angoisses, de mes coups de gueule ou de mes coups cœur. Bref, de tout ce qui fait mon quotidien. Jamais personne ne m’a surpris en pleine séance de déballage émotionnel.

Toutefois, si un jour cela arrive, j’imagine que celui ou celle qui me trouverait entrain de faire les questions et les réponses, avec pour seule compagnie une dépouille humaine, aurait de quoi penser que je suis sérieusement atteint et dérangé. Tout cela pour dire que la petite lubie du policier, n’a pour moi absolument rien de saugrenue ou farfelue. Bon ! Trêve de morosité, et essayons plutôt de fêter cela avec les moyens du bord. A savoir, pâtisseries et tasse de café. Autant essayer de rattraper mon éventuel mauvais départ, et de regagner quelques échelons dans l’estime de l’Agent Min, en me montrant un minimum sympathique et aimable avec lui. Je n’entends pas entrer dans ses petits papiers et m’attirer ses bonnes grâces, en l’amadouant avec quelques petits gâteaux, mais sait-on jamais. Après tout, cela peut être une excellente manière de briser la glace. Je propose donc les quelques Pastéis de Nata restant au policier. Afin d’éviter l’habituel « qu’est-ce que c’est ? », je dresse rapidement un descriptif sommaire de la petite mignardise. Sans chichi, fioriture ni énoncé pompeux comme dans les restaurants gastronomiques. Plaît-il ? Est-ce que je viens du Brésil ? Whoo, attention Messieurs Dames : nous avons un fin limier dans la salle. Bravo Sherlock ! Je serai curieux de savoir ce qui t’a amené à cette brillante déduction. Mon teint olivâtre, mes yeux oblongs ou mon nez proéminent ? Ou bien un savant mélange de tout cela. C’est au choix.

Ne t’emporte pas, ne t’emporte pas, ne t’emporte pas … . Fais preuve de savoir-vivre, de civisme et d’amabilité. C’est plus distingué. L’envie de ruer dans les brancards réfrénée, je réponds à sa question en tirant en m’installant sur une chaise située à sa droite. « Non … enfin, si. Je suis né à São Paulo mais n’y ai jamais vécu, étant donné que me parents sont venus s’installer en Corée peu de temps après ma venue au monde. ». Un bref condensé du prologue de mon existence devrait suffire. Inutile que je lui retrace dans le détail l’histoire de ma vie. D’une parce que je n’en ai pas la moindre envie, et de deux car il doit s’en contrefiche comme de sa première chemise. Cela ne l’intéresse pas à proprement parlé. C’est le genre de question que l’on pose par politesse. Pour ne pas passer pour une personne grossière et je-m’en-foutiste. La réponse n’a aucune quelconque sorte d’importance. Je lui fais grâce d’une interrogation équivalente. Du style : « Et vous ? Vous êtes originaire d’ici ? ». L’évidence tombe sous le sens : c’est oui, bien évidemment. Il a le morphotype coréen par excellence. Chose qui ne peut échapper à un doctorant en Anthropologie tel que moi. Ceci dit … il possède quelques marqueurs faciaux, propres aux peuples sinophones. Probablement de lointaines ascendances chinoises. Difficile de le dire avec précision, mais je dirais qu’il doit être originaire du nord. Sans doute de Séoul ou sa région.

De fait, son très léger et infime accent, diffère de celui que l’on a l’habitude d’entendre ici en règle générale. Pour qu’il soit parvenu à presque le gommer et l’effacer, j’en déduis que cela doit faire un certain temps déjà, qu’il vit à Busan. Quoi qu’il en soit, il ne connaît pas pour l’instant, le succulent Pastel de Nata. Le contraire m’aurait étonné. Buvant un peu de café, je ne peux qu’acquiescer de la tête lorsque l’Agent Min déclare qu’il va en goûter un pour voir. Ma bouche désormais vide, j’ajoute avec courtoisie en désignant de la main le plat en céramique : « Allez-y faîtes, je vous en prie. ». Je me demande s’il est « bête sucrée », comme on dit familièrement. Rien dans son physique ne peut me permettre de l’affirmer avec exactitude. Pas de poignets d’amour, de bourrelets disgracieux ou de petit bidon. Au contraire, il est même un peu trop fluet et mince. Peut-être fait-il partie de ces gens, qui ne trouvent aucun plaisir dans la nourriture ou les arts de la table ? En le voyant, on a bien du mal à s’imaginer qu’il soit sensible au pêché de gourmandise. Néanmoins, je sais d’expérience, qu’il ne faut jamais se fier aux apparences, et toujours se méfier de l’eau qui dort. A en juger ses yeux qui pétillent, s’écarquillent et ses lèvres qui s’étirent ; je suis tenté de penser que cette petite douceur do Brasil est à son goût. Ha ha, formidable ! Je savais bien que les Pastéis de Nata et moi ferions un tabac !

Son fin sourire se réfléchit sur mon visage, tandis que je hoche brièvement la tête en arquant légèrement les sourcils. Du style : « C’est bon, hein ? ». Bien … . On ne peut franchement pas dire que l’on croule sous les sujets de conversation. Ce silence porte à croire, que nous avons fait le tour. Bon, autant se mettre à la tâche dans ce cas. Au choix c’est ça, ou l’on se coiffe mutuellement en riant comme des connasses, tout en s’échangeant des recettes de cuisines ou des astuces beauté. Je doute que nos employeurs seraient ravis d’apprendre qu’ils nous payent à cela. L’Agent Min prend quelques instant de réflexion suite à ma question. Sans doute pour rapidement passer en revue ses différents dossiers en cours dans son esprit, et chercher par où commencer. Finalement, il m’expose dans un premier temps une affaire d’homicide. C’est triste à dire, mais tant mieux. Sur une affaire de cet acabit, il est possible que je puisse me rendre utile. Un homme d’une trentaine d’années qui serait arrivé Lundi … hmm, non cela ne me dit rien. Mes yeux levés en direction du plafond et ma petite moue songeuse, illustrent la difficulté que j’ai pour resituer cette victime. Je n’ai pas fait un myriade d’autopsies depuis Lundi. Sauf erreur de ma part, il n’y en a eu que deux. Celle d’une quadragénaire quelque peu enrobée, et une seconde sur un gamin d’à peine vingt ans qui m’a pas mal remué. Yafan, ma collègue, a certainement dû s’en charger. C’est la seconde légiste qu’emploie le commissariat.

Les policiers ici l’appellent de manière fort peu flatteuse « ma doublure ». Vous ne pouvez pas la rater. Comment vous la décrire … hmm, ah si ! Vous voyez Abby dans NCIS ? Eh bien c’est elle, mais en version chinoise. Une fille adorable et sympathique comme tout. Bon, un peu flippante et barrée sur les bords quand même. Pour me rafraîchir la mémoire, l’Agent Min sort son portable et me montre les photos de la version numérique du dossier. Je décale ma chaise sur la droite en direction du policier, et me penche vers lui afin de voir l’écran de son smartphone. Ah ok, c’est bon j’y suis ! C’est le type du rapport que j’ai relu et dont j’ai validé les conclusions avant-hier. Comment ai-je pu l’oublier … . Comme si je venais de découvrir le remède à une épidémie, je m’exclame alors et lui coupe malgré moi la parole : « Ah, le tatoué sur les fesses ! Ma consœur s’est occupée de son autopsie, mais j’ai pris connaissance de ses constations ainsi que de ses conclusions. Est-ce que vous tenez une piste ? ». Tout en posant cette question, je récupère ma tasse de café vite au trois quarts et en sirote la fin. Le tout en écoutant de toutes mes oreilles et religieusement, ce que le policier a à me dire. D’ailleurs, peut-être souhaitait-il déjà m’exposer ce petit topo, avant que je ne l’interrompe de manière intempestive. Cet homme a passé un séjour prolongé dans l’eau, cela ne fait aucun doute. Néanmoins, il n’est pas mort par noyade.

On ne déplore en effet aucune trace d’écume au niveau de sa bouche, de ses oreilles et de son nez. Qui plus, le rapport atteste que ses poumons ne contenait pas le moindre millilitre d’eau. La mort semble résulter d’une strangulation. Les marques violacées au niveau de la gorge et l’hémorragie pétéchiale du défunt, accréditent cette version. Aucune trace de lutte ou de défense sur la phase antérieure du corps. L’assassin a dû le prendre par surprise en l’étranglant de dos. Les fibres retrouvées sous ses ongles, prouvent qu’il a voulu se débattre et retirer le lien l’étouffant. En vain, hélas. Aucune trace de toxine n’a été décelée dans l’organisme. Compte tenu que la victime mesurait plus d’un mètre quatre-vingt cinq et pesait près de quatre-vingt kilos, le meurtrier doit probablement être un homme doté d’un grand gabarit. Je vois mal comment une femme ou une personne avec une corpulence modeste, aurait pu parvenir à étrangler un grand gaillard conscient et se débattant. L’Agent Min poursuit et ajoute que l’homme n’avait ni conjoint, ni enfant et était inconnu des services de police. Mister Nobody, en somme. Qui aurait pu lui en vouloir au point de le tuer ? Et surtout, pourquoi ? Des questions qui doivent aussi tarauder le policier, qui m’avoue piteusement avoir fait chou blanc jusqu’à présent. Hmm, voilà qui risque d’être bien dif… . Qu’est-ce que c’est que ça ? Ma tête s’incline légèrement sur le côté, pour voir la photo du cadavre de l’homme sous un angle différent. Mes sourcils se froncent de façon dubitative.

On dirait … . Il faut que j’en ai le cœur net. Reposant en toute hâte ma tasse de café sur la table, je touche l’écran du téléphone du policier, et zoome sur les marques au niveau du cou de la victime. C’est ce que je pensais. Un petit sourire de triomphe se dessine sur mes lèvres. Pointant l’index sur une partie des stigmates, je rétorque alors sur un ton presque pédagogue : « Vous voyez ces toutes petites stries sur les traces de strangulation ? Elles sont caractéristiques d’un type de cordage bien précis, conçu et utilisé pour arrimer les bateaux. Je n’ai aucune preuve pouvant affirmer cette hypothèse, mais je pense que l’assassin a étranglé la victime par surprise, puis a tenté de se débarrasser du corps en jetant le cadavre en haute mer. Cependant, et n’ayant pas été lesté au préalable, la marrée l’a donc recraché sur la grève. A mon avis on … enfin, vous devriez aller faire un tour du côté de la marina et du port de la ville. La scène de crime primaire doit certainement se trouver là-bas. ». Les résultats des prélèvements effectués sous ses ongles ne sont pas encore revenus du labo, mais je suis persuadé qu’ils viendront confirmer ce que j’avance. Mon ex avait une petite riviera en teck, et les cordes qu’il utilisait pour le parquer avaient exactement les mêmes tressages si particuliers. Je me souviens que déjà à l’époque, je m’étais étonné de leur singularité. Je suis sûr à quatre-vingt dix pourcents, que la clef de cette affaire se trouve du côté du port, et que l’assassin possède des notions de navigation. Pour le savoir, il n’y a pas trente-six solutions : il faut se rendre sur place et juger de visu. Malheureusement, et si l’on s’en tient à ce que j’ai proposé il y a quelques minutes, ce n’est plus de mon ressort compte tenu que cela touche à la sphère « travail sur le terrain ». La voici donc, ma contribution et ma pierre apportée à l’édifie. A lui d’explorer cette piste, s’il la juge pertinente. Je viens de lui donner l’élan, l’impulsion, le petit coup de pouce, le déclic qui lui manquait. Observer, analyser, conclure : tel est mon travail et tout ce que l’on me demande.

Code by Sleepy

_________________

   
   
Curative Venom
© FRIMELDA
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
 
Stickwitu - (ft. Min Kyo Ji)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Wonder in Busan :: BUSAN :: BUSANJIN :: Poste de police-
Sauter vers: