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 We do it write - (ft. Yang Somi)

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Rim Ku Hwan
Âge : 29
Occupation : Médecin Légiste & Auteur de Thrillers Erotico-Policiers à succès.
Quartier : Haeundae
Situation : Marié à son travail, et donc célibataire.
Don : Contact Curatif
Niveau : 4
Multicompte : Ong Ki O
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Lun 11 Juin - 16:02


"We do it write"


PUBLIC IS AROUND THE CORNER


Sept heures. L’alarme stridente du radio réveil perce mes tympans, et m’arrache sans ménagement à l’onctuosité du sommeil. Pouvant difficilement être aux anges, je râle et cherche à l’aveuglette sur la table de nuit, le bouton de l’appareil qui mettra fin à ce supplice journalier. Ah bah, ça fait du bien quand ça s’arrête. Après m’être étiré en déployant mes bras de toute leur envergure, je m’assois sur le bord du lit. Ce lit bien trop grand pour une seule personne, avec toutes ces vagues de plis dans lesquelles je pourrais me noyer pour une éternité. De petits mouvements circulaires de la nuque font craquer mes cervicales. Même traitement pour mes lombaires, lorsque je réveille mes muscles dorsaux. Une fois cette sempiternelle routine matinale effectuée, je me lève pour me diriger, de façon nonchalante et en traînant des pieds, vers la salle de bain. J’abandonne mon boxer un tantinet trop court dans la corbeille à linges sales déjà bien garnie, puis file sans plus attendre sous la douche. Même si je ne travaille pas à la morgue aujourd’hui, hors de question de m’adonner pour autant au farniente. Ma maison d’édition m’a donné rendez-vous, pour discuter de la conception du sixième tome de la saga que nous avons conjointement décidé d’intitulé « De chair et d’os ». Le cinquième opus vient tout juste de paraître et nous sommes toujours en pleine promotion, qu’il faut déjà envisager la suite.

A l’instar des autres pans de la société, tout va désormais très vite dans le monde de l’édition et de la littérature. Il est des matins où je peine à réaliser ce qui m’arrive. Est-ce réel ? Tout ces auteurs qui m’ont tant fait rêver quand j’étais petit : suis-je à présent l’un des leurs ? Tout excès de vantardise gardé, il semblerait que oui. Lorsque j’ai envoyé le manuscrit de mon premier roman à toutes les maisons d’édition du pays, j’étais loin de me douter que cela me mènerait où j’en suis actuellement. Au départ, c’était juste histoire de tenter ma chance. Qu’importe si l’on refuse de me publier, l’avis de professionnels me donnerait une estimation de mes compétences. Ma démarche s’inscrivait donc plus dans le cadre d’une expérience enrichissante, plutôt que dans la volonté de faire à tout prix carrière. Personne ne s’est risqué à publier mon premier livre. Les thrillers policiers avec en toile de fond un genre érotique, c’était loin d’être ce qui était en vogue à l’époque. D’autant plus dans un pays très puritain et collet monté comme la Corée. Il était impensable de trouver dans les librairies, un ouvrage décrivant de manière explicite et dans des termes crus des ébats amoureux. A plus forte raison quand on sait, que certains étaient saphiques et homosexuels. Sans parler de certaines pratiques et jeux sexuels, jugés honteux et immoraux. Autant dire qu’il a plu des lettres de refus. Trop subversif, trop provocateur, trop sordide même.

Absolument personne n’a été intéressé. Du moins presque personne. Une femme a cru en moi dès le départ. Une seule. Yang Somi. J’imagine qu’au début de l’aventure, elle était loin de s’imaginer qu’elle serait celle qui a révélé au public, celui qui aujourd’hui est l’auteur asiatique le plus lu au monde. Au coude à coude avec Keigo Higashino. Dès les premières semaines ayant suivi la sortie du premier volume, les ventes ont explosées. A tel point qu’il a fallu augmenter et porter le tirage à un demi million d’exemplaires, pour satisfaire la demande. Chose qui ne s’était encore jamais vue en Corée. Aujourd’hui, l’œuvre est traduite en vingt-trois langues et les ventes aux quatre coins du globe, se comptent en millions d’exemplaires. J’aime autant vous dire que les maisons d’édition dont j’ai essuyé le refus s’en mordent les doigts, et que Somi est incontestablement la plus heureuse des éditrices. Bien plus tard, elle m’a avoué qu’en plus de mon prodigieux culot, c’est la vision incroyablement tolérante que j’ai de l’être humain, qui lui a immédiatement plu. D’ailleurs, elle pense que si la saga est un tel succès, c’est en partie parce que tout le monde peu se reconnaître dans les personnages, et que personne n’est laissé pour compte ou pointer du doigt. A présent propre comme un sou neuf, j’ingurgite à la hâte un maté et relis une énième fois le dernier passage de mon manuscrit posé sur le comptoir de la cuisine, tout en me débattant avec les boutons de manchette de ma chemise.

Une fois le document rangé dans une pochette, elle même soigneusement entreposée dans un attaché-case, j’attrape mes clefs dans la petite coupe en verre à l’entrée, quitte l’appartement et hèle un taxi lorsque je me retrouve sur le trottoir en bas de l’immeuble. Sans être d’une importance décisive, ce rendez-vous est cependant très important. Somi est en effet la personne qui a la chance de lire mes écrits, en exclusivité avant tout le monde. Son avis et son opinion sont pour moi cruciaux. C’est quelqu’un de très instinctive, qui a bien souvent d’excellents pressentiments. J’accepte toutes ses critiques au sujet de mon travail d’auteur. Négatives comme positives. J’essaye au mieux de me nourrir de tout les conseils qu’elle m’apporte, et tente le plus possible de suivre les pistes qu’elle me suggère. Bon évidemment, nous ne sommes pas toujours d’accord sur certains sujets. Comme par exemple, le choix d’illustration de la quatrième de couverture, accompagnant ma mini biographie en regard du résumé du livre. D’habitude, on y trouve un portrait de l’auteur, assis à son bureau, le menton reposant dans la paume de la main, et l’air songeur façon Penseur de Rodin. En ce qui me concerne, on est très loin de cela. Sur le dernier tome, je suis sur une plage vêtu d’un pantalon blanc léger en lin, et d’une chemise blanche ouverte, flottant au vent et offrant à l’œil mes pectoraux et mes abdominaux. Stratégie marketing. Comme le dit Somi : « Si en plus l’auteur est beau gosse, ça ne peut qu’inciter à l’achat. ».

Certes, c’est un argument qui se vaut, mais je trouve ça tout de même assez … gênant et réducteur. Comment savoir après, si ce sont pour mes histoires ou pour mon physique, que les gens m’apprécient ? A l’image de tout auteur qui se respecte, je préfère de loin que l’on vante les mérites de ma plume, plutôt que ceux de ma plastique. Quand nous ne sommes pas d’accord et que nous argumentons pour défendre nos points de vus, neuf fois sur dix je finis par céder. Je tente alors de me convaincre que c’est dans notre intérêt commun, et qu’elle a raison. Arrivé dans le quartier de Busanjin, devant les locaux de S.Park Publishing, je m’acquitte auprès du chauffeur du montant de la course, puis sort du véhicule en serrant fermement la poignée de l’attaché-case dans ma main. Le bâtiment est vraiment impressionnant. A chaque fois que je suis dans le grand hall, j’ai la sensation d’être toujours dehors, tant le lieu est inondé de clarté. L’imposante verrière au plafond et les nombreuses façades vitrées, doivent sûrement attiser ce sentiment. Je pars trouver la standardiste, et m’adresse à elle sur un ton respectueux en lui décochant un charmant sourire : « Bonjour. Je suis Rim Ku Hwan et j’ai rendez-vous avec Mademoiselle Yang Somi. ». En levant le nez de l’écran de son ordinateur, mon interlocutrice me regarde comme si j’étais un zèbre au milieu d’un troupeau d’antilopes.

Le rouge commence à lui monter aux joues. Elle me bredouille de bien vouloir attendre quelques instants. Euh … loin de moi l’idée de me la péter, mais au vu de son attitude, il semblerait que j’ai tapé dans l’œil de cette « gamine ». Elle pianote frénétiquement sur le clavier en face d’elle, puis scrolle à l’aide sa souris. Après quelques instants, elle reporte son attention sur moi, et me dit toute confuse que Mademoiselle Yang n’a aucun rendez-vous à ce nom là, prévu pour aujourd’hui. C’est alors que je réalise que cette petite est nouvelle. Hmm, on ne l’a sans doute pas bien briffée. J’affiche une petite mine contrite, puis rétorque avec autant de gentillesse que précédemment : « Ah ? Dans ce cas, cela vous ennuierait-il de bien vouloir chercher à Thiago Dos Anjos s’il vous plaît ? ». Les pommettes de la standardiste s’empourprent davantage. Elle semble partagée entre l’envie de se cacher sous le bureau à cause de la gêne, et celle de me sauter au cou en jouant les fan girls. Elle tente de regagner un peu de consistance en fixant son ordinateur. Ce qui semble plutôt fonctionner, étant donné qu’elle recouvre son joli teint rosé. Lorsqu’elle eut retrouvé une illusion de calme, elle s’excusa de ne pas m’avoir reconnu plus tôt, en m’appelant « Monsieur Dos Anjos ». Je hoche la tête négativement et lève la main dans un sourire indulgent. Une façon silencieuse de dire : « Cela ne fait rien, il n’y a vraiment pas de quoi s’excuser. ».

Elle ajoute en bafouillant que Somi est encore en réunion avec les membres du comité de lecture, mais qu’elle ne devrait plus en avoir pour très longtemps. Très aimablement, la standardiste m’invite à patienter un peu plus loin, dans une pièce se situant à mi-chemin entre une salle d’attente et un boudoir. J’incline la tête révérencieusement, et prends quelques instants pour détailler le badge nominatif épinglé sur le blazer de la standardiste. Avec mon plus beau sourire de playboy latino, je la remercie d’une voix chaude et suave. « D’accord. Merci … Mee Hyun. ». J’ai honte de moi vraiment. Interpréter les serial lovers et les Casanova, en jouant sur l’émotivité d’une demoiselle, qui de toute évidence semble être en pâmoison devant moi : c’est peut-être drôle, mais c’est aussi cruel. Seulement, c’est plus fort que moi. C’était tellement facile, que je n’ai pas pu m’en empêcher. Si ma mère était là, elle me passerait sûrement le savon du siècle, elle qui a une sainte horreur que l’on joue avec les émotions et les sentiments de gens. Je m’installe dans un fauteuil, à l’endroit m’ayant précédemment était désigné. Un petit coup d’œil furtif à ma montre, m’apprend qu’il est bientôt neuf heures. Comme d’habitude, l’homme très à cheval sur la ponctualité que je suis, est en avance. Je remue le pied un moment, puis prends mon mal en patience en m’emparant du dernier numéro de « Page », trônant au sommet d’une pile de magazines sur un petit guéridon à ma gauche. C’est une revue littéraire européenne, mettant à l’honneur la production éditoriale occidentale. Toujours intéressant de savoir ce qui se fait et plaît en terme de roman, au quatre coins du monde. Si mes livres ont tant de succès en dehors des frontière du pays, c’est peut-être parce que je me tiens au fait de l’actualité littéraire un peu partout dans le monde, et tente d’incorporer dans mes histoires, des styles et des éléments dont sont friands des populations diverses et variées.

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