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 Life in Technicolor - (ft. Oh Mirae)

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Ong Ki O
Âge : 33
Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger. | Indic pour la police.
Quartier : Ailleurs
Situation : Pas intéressé.
Don : Aucun.
Multicompte : Rim Ku Hwan
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Lun 28 Mai - 15:24


"Life in Technicolor"


I'M WASTING YOUR TIME


L’être humain dispose vraiment d’une capacité prodigieuse et sans nulle autre pareille, pour gaspiller et dilapider bêtement le temps dont il dispose. A maintes reprises, depuis que j’ai repris connaissance, j’en ai été témoin. Et à chaque fois, cela suscite en moi une étrange impression. Comme … de la consternation ? Est-ce à cela que ça ressemble ? Je n’ai aucun doute quant au qualificatif, en revanche pour ce qui est de l’impression qu’il est censé laisser chez un individu … . C’est tout de même incroyable de constater à quel point, les futilités accaparent l’existence des gens. Au point de monopoliser la quasi-totalité de leurs agissements, et de cristalliser l’intégralité de leur attention. Lubie ? Obsession ? Compulsion ? Oui, il y a quand même un peu de cela. Parmi les choses les plus chronophages de notre société, il en est une que mes concitoyens vénèrent et dont ils ne peuvent se passer : Internet. Ah Internet … quelle merveille ! Vous l’utilisez pour chercher une information sérieuse et importante, et la seconde qui suit, vous vous retrouvez à regarder un tuto expliquant comment coiffer une girafe. Evidemment, ce pourquoi vous étiez initialement venus passe totalement à l’as. Rapport utilité/intérêt : zéro. Quid de ce qui prime ainsi que de ce qui est doté d’un semblant d’importance, me direz vous. Eh bien, il est relégué au second plan. On le met de côté. Le délaisse jusqu’à ce que l’on se retrouve le bec dans l’eau, et que l’on n’ait plus que ses yeux pour pleurer.

Vient ensuite le temps des « Ah oui, j’aurais dû faire-ci quand j’en avais l’occasion. » ou des « Je n’aurais pas dû me laisser distraire, et faire ça en temps et en heure. ». Oui, aujourd’hui l’Homme croule et ploie sous le poids des regrets. Grâce au ciel, la vie d’un homme traqué et vivant comme un reclus tel que moi, est bien trop anxiogène pour être gâchée en futilité. Ces mêmes futilités, si chères aux personnes en proies au Bovarysme et à l’ennui. Deux fléaux symptomatiques des sociétés modernes et développées. L’ennui : le mal du siècle. Tout ce qui vous fait la vie plus douce et supportable : ce n’est pas pour moi. Ce que vous considérez comme « des petits plaisirs de la vie », sont à mes yeux autant de distractions dangereuses et périlleuses. Je sais qu’en m’y adonnant, je vais inévitablement être moins vigilent et baisser la garde. Autant dire que cela serait une aubaine, pour eux qui cherchent à m’éradiquer. Non … je ne leur donnerais pas cette joie. Du mois, pas aussi facilement. Vous l’aurez compris, lorsque l’on a une cible dans le dos, mieux vaut savoir se focaliser sur les priorités et laisser de côté tout ce qui relève de l’accessoire et du superflu. Telle est ma vie depuis bientôt un trimestre. Correction, telle était ma vie avant. Avant que je ne rencontre cette gamine et ses « bons plans » : Mirae. Oui, à partir de dix ans d’écart, soit une génération, j’estime que l’emploi du mot gamine n’est pas excessif.

Au contraire, il me semble être tout indiqué. Notre rencontre fut on ne peut plus banale. Laissez-moi vous resituer le décor. La ligne de métro faisant la liaison entre Haeundae et Busanjin. Il est dix-neuf quinze. L’heure de pointe s’est écoulée, et les transports en commun ne sont plus aussi engorgés. Sur le quai, une jeune femme brune accoure les bras chargés d’étuis opaques, contenant probablement du matériel photographique, ainsi que d’un trépied. D’une voix implorante, elle demande à qui veut bien l’entendre de retenir les portes de la rame. A partir de là, je pense que vous pouvez aisément deviner à qui appartient la main, qui a empêché la fermeture automatique des portes coulissantes. A la façon dont elle m’a remercié puis par la suite dévisagé, on aurait dit que j’étais Thésée en personne qui sauve Ariane des griffes du Minotaure dans le Labyrinthe. Un peu disproportionné, non ? Oui, mais elle est comme ça Mirae. Empathique et démonstrative. Bien plus que moi en tout cas. Durant tout le trajet, elle s’est efforcée de discuter et de faire connaissance, tandis que de mon côté j’ai tout fait pour abréger les échanges et rompre et la communication. Je reconnais qu’à cet instant précis, la seule chose que je voulais c’était qu’elle me foute la paix. Quitte pour cela à passer pour un pauvre con ou un sinistre crétin. En vain. Malgré tout mes efforts pour qu’elle me méprise, et pour une raison qu’elle seule connaît, elle ne m’a dès lors plus lâché.

Depuis que je la fréquente, j’ai plus que comblé mon déficit en terme de broutilles et de badineries. Je ne sais pas pourquoi elle est comme ça avec moi. Prévenante, enjouée et toujours aux petits soins. Certes c’est très gentil, mais c’est également assez … gênant ? Un peu comme si j’étais un petit chiot blessé qu’elle bichonnerait, ou une œuvre de charité dont elle aurait à cœur de s’occuper. Fais-je à ce point paumé et largué ? Tout cela me donne le sentiment d’être encore un peu plus en marge des gens « normaux ». Je découvre, ou redécouvre des choses qui sont aux yeux de la population le sel de la vie. Des sorties cinéma, des concerts ou encore des expositions d’art. C’est … sans doute beau, mais cela me laisse de glace. Toutefois, j’ai glané à ses côtés quelque chose de précieux. Quelque chose qui me permet de me fondre dans la masse, et de ne plus passer pour un inadapté ou un sociopathe. Les convenances sociales, les codes à adapter en société, le civisme ainsi que les us et coutumes. Vous n’avez pas idée du nombre de fois qu’elle me reprend avec ses : « On ne doit pas dire ça. » ; « Il faut faire comme ça. » : « Ca, c’est très mal vu » ; « Evite de répondre ça. », et j’en passe et des meilleures. Des fois, j’ai l’impression que je suis un gamin a qui il faudrait tout apprendre. Bien se tenir, bien se comporter, bien parler … . Ces petites remarques sont tellement nombreuses, qu’il m’est bien difficile de toutes m’en rappeler afin de les mettre en application le moment venu.

Néanmoins, depuis que je connais Mirae, mes rapports avec les gens sont nettement moins ponctués qu’avant de malentendus et de quiproquos. Là où le bas blesse en revanche, c’est qu’elle est un peu trop sur mon dos à mon goût. Il faut toujours qu’on aille à tel ou tel endroit pour voir ci ou ça. C’est toujours la même chose. Un « non » ferme et catégorique de ma part, puis tout un travail de tannage par la jeune assistante photographe. Neuf fois sur dix, je finis par céder de guerre lasse et me retrouve embarqué dans toutes sortes d’endroits. Dans le lot, il y en a certains dont l’ignorance n’aurait pas porté à conséquence sur ma culture. Honnêtement, il y en a que j’aurais probablement préféré ne jamais découvrir. La crêperie macro-biotique, la laverie boîte de nuit, l’élevage de chèvres en milieu urbain … . Non, il n’y a pas de blague, je suis très sérieux. Leur lait permet de concocter le meilleur fromage de tout Busan, à ce qui paraît. Toutefois depuis que la police, et en particulier l’Agent Min, m’a à l’œil et me serre de prêt, ces multiples sorties m’arrangent pas mal. Rien de tel pour redorer mon image et me faire passer pour une blanche colombe. Aujourd’hui, le supplice a pour nom shopping. Le Lotte Mart du quartier de Buk fait office de Place de Grève. Faire du lèche vitrine et saliver de frustration devant un objet que l’on ne pourra jamais acquérir. Voilà un exemple parmi tant d’autres, des multiples bagatelles dont sont friands mes semblables.

La photographe professionnelle en devenir, m’est tombée dessus ce matin prétendant qu’il fallait à tout prix renouveler ma garde-robe et la rendre moins austère. Je peux entendre bien des choses, mais ça … . Pendant pas loin d’une heure, Mirae a arpenté toute guillerette les différents rayons. De mon côté, je l’ai suivi tel son ombre avec nonchalance en traînant des pieds, et priant dans mon for intérieur pour qu’on en finisse au plus vite avec ces conneries. Vous auriez dû la voir s’esclaffer tout les deux mètres. « Oh, regarde comme c’est ravissant ! » ; « Magnifique ! Ca va t’aller divinement bien. ». Les yeux pétillants et un grand sourire aux lèvres, elle a passé devant mon buste ou ma taille différents articles, afin d’avoir un petit aperçu de ce que cela pourrait donner. Moi ? Blasé et lassé : comme d’habitude, quoi. Mon calvaire n’aurait pas été complet, sans un inévitable passage par la case cabine d’essayage. Mais qu’est-ce que je fous ici ? Telle est la question que je me pose, alors que j’enfile un ensemble choisi scrupuleusement par ma cadette. Mon esprit vagabonde et erre quelques instants. La jeune artiste semble faire les cents pas à l’extérieur. En plus du bruit, j’aperçois ses pieds passés de temps à autre devant la petite embrasure de la cabine. Hmm, je ferais mieux de sortir avant qu’elle ne s’impatiente. Manquerait plus qu’elle me demande ce que je fais, en me gratifiant d’un des multiples sobriquets grotesques dont elle aime m’affubler.

Je pousse un soupir et lève les yeux aux ciel pour la forme. D’un revers de la main, j’ouvre le rideau de la cabine et déclare sur un ton désabusé : « C’est bon, je ne me suis pas enfui. ». Pourtant, Dieu sait que cette idée m’a traversé l’esprit et que ce n’est pas l’envie qui m’en manque. J’écarte les bras un instant, puis les laisse lourdement retomber. Mes mains percutent mes cuisses, occasionnant ainsi un petit claquement. Une manière silencieuse de demander au petit bout de femme ce qu’elle en pense. Pour toute réponse, elle se contente d’écarquiller de grands yeux émerveillés et de sourire de manière extatique, presque niaise. A croire qu’elle a devant ses yeux Brad Pitt ou George Cooleny … . Je me décale un peu plus sur la gauche, pour admirer le résultat dans une grande psyché murale. Chemise pastelle, pantalon léger en lin blanc, ceinture tressée, et des chaussures semblant être un savant mélange entre des babouches et des espadrilles, ouvertes au niveau des talons. Seigneur … . J’ai du mal à croire que l’homme que je vois dans le miroir est véritablement moi. J’ai l’impression d’être … étranger à moi-même. Encore plus que je ne le suis déjà. Ce qui est sûr, c’est que ça change de ma collection perfectos en cuir et de mes sempiternels jeans. Attifé de la sorte, jamais les ordures pour qui je « travaille » ne me prendront au sérieux. Malgré tout, j’essaye de me prêter au jeu en ajustant le col de la chemise et en pivotant légèrement les épaules pour mieux détailler le rendu final.

Néanmoins, je suis incapable de dissimuler le fait que le cœur n’y est franchement pas. En m’attardant sur l’arrière plan du reflet, je perçois ce qui se trame derrière moi. Des femmes, et plus rarement des hommes, me scannent du regard. Ouais ... ce n’est pas vraiment ce que je recherche. Vu la vie que je mène, je préfère de loin que l’on passe à côté de moi sans me calculer, plutôt que l’on me remarque et se retourne sur mon passage. Mon capital patience et bonnes grâces ayant expiré depuis un bon moment déjà, je me retourne vers Mirae et lui demande sur un ton contenant de légères notes d’exaspération. « Je peux retirer cet accoutrement ridicule maintenant ? ». Tout à une fin. En particulier ce genre de bêtises. Eh puis d’abord, qu’est-ce qu’elle a ma garde-robe ? Elle est très bien. Pratique, fonctionnelle, discrète, intemporelle. Pourquoi devrais-je en changer, et jouer les Ken grandeur nature que Madame habillerait au gré de sa fantaisie ? Par ailleurs, ça grouille de monde ici et … j’aimerais qu’on déguerpisse au plus vite. La présence de tout ces gens m’oppresse, et n’a de cesse de me rappeler combien je fais tâche dans le paysage. Ils représentent et sont l’incarnation de tout ce j’ai sûrement perdu. Tout ce que je devais être jadis. Tout ce qui s’écrit pour moi au passé aujourd’hui.

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@Oh Mirae
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Oh Mirae
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Dim 3 Juin - 21:04
Life in TechnicolorOng Ki O x Oh MiraeJupe ou Short ? Hoodie ou blouse ? De longues minutes passées devant le miroir à vider ses tiroirs pour trouver la tenue parfaite. Le mélange parfait entre mignon et confort. Sortir avec un hoodie oversized et un queue-de-cheval en désordre était inacceptable. Dommage que c'était ta tenue de prédilection Mirae. Mais quoi ? C'était parfait pour le travail même si ça ne mettait pas ton corps en avantage et les grandes poches de tes hoodie sont toujours super pratique ! Ce matin, il était temps d'y mettre un peu d'effort. Okay, ce n'était que Ki O, la pauvre victime que tu tirais dans toute sorte de sortie que tu ne ferais jamais toute seule, mais c'était tout de même du shopping et tu ne pouvais pas avoir l'air d'une épave en pleine séance shopping... Les vendeuses, ses rapaces, ne te prendraient pas au sérieux. Surtout à côté d'un mec comme Ki O. Ouais, okay, lui, il était peut-être toujours fringué comme une épave, mais un mec grand comme lui avec la tête qu'il avait, il pouvait bien se promener avec un sac à poubelle retenu à la taille par une ceinture de duct tape que les passants le trouveraient encore attirant. Alor,s aujourd'hui, ce serait des short en denim presque complètement camouflé sous un t-shirt bleu marine trop long, mais coupé jusqu'à la taille sur la gauche. Comme seul accessoire, une casquette que tu as préféré attacher sur ton sac. C'était au cas où le soleil devient trop pénible à supporter. Avec ton look complété, tu pouvais quitter ton petit studio pour rejoindre ton... Euh... Ton ami ? Ouais... Ton ami.

Ton "ami", tu l'as rencontré par pur hasard. Un étranger dans le métro que tu avais passé tout près de manquer. C'était grâce à lui que tu avais pu monter en fait. Deux inconnus dans le métro, normalement, ça en serait resté là... Mais tu as continué de le fixer après l'avoir remercié comme s'il venait de Jupiter. Si tu n'avais pas eu les mains pleines dans cet environnement instable, tu aurais peut-être même essayé de prendre une photo de lui. Embarrassée quand il te donna un peu d'attention, sûrement lasser par ton regard soutenu, tu avais commencé à parler de tout et de rien, t'enfonçant toujours un peu plus dans ta tombe. Tu voulais... En fait.. Tu n'avais aucune idée de ce que tu voulais. Tu as tout de même réussit à sortir du train avec un nouveau numéro de téléphone dans tes contacts. Ce fut la naissance d'une amitié dont même toi doute parfois de sa réciprocité. Pourtant, s'il ne t'aimait vraiment pas, il bloquerait simplement ton numéro. Enfin, toi, tu l'aimes bien, même s'il n'est jamais très optimiste et qu'il peut être aussi sympathique que ses pieds. Au fond de lui, bien au fond de lui, il y a une personne bien.

Tu baisses les yeux pour regarder l'heure qui s'affiche sur ton téléphone. Tu es en avance étonnamment, après avoir mis ta garde-robe dans le plus grand bordel possible, tu pensais bien arriver en retard. Tant mieux. Toujours aucun signe de Ki O, est-ce qu'il va vraiment venir ? Normalement, quand il accepte, il tient parole. Seulement, tu as continuellement cette crainte que peut-être, tu es allé trop loin de cette fois et qu'il ne se montrera pas. Tu tournes en rond, tu t'assois sur le banc le plus proche, tu te relèves pour faire les cent pas. Pile à l'heure comme toutes les fois précédentes, un Ki O sauvage se pointe au point de rencontre. Tu l'accueilles avec un grand sourire chaleureux, tu es contente de le voir et tu es aussi soulagé.

Ce n'est pas tous les jours qu'une jeune femme comme toi magasine dans la section pour homme. Tu as déjà fait les magasins avec Dae Sung, acheter un t-shirt ou deux pour Feng parce qu'ils étaient parfaits pour lui, mais quand même, la section homme était toujours un nouvel endroit à explorer pour toi et avec Ki O... C'est un état d'esprit différant. La raison de votre présence n'est pas du tout la même. Soyons francs, tu n'es pas certaine que Ki O est vraiment un style vestimentaire. Même que tu peux presque entendre ce qu'il pense pendant que tu explores les rayons et que tu sors toute sorte de choses pour essayer de voir ce qui lui irait. Tu finis par rassembler une tenue après avoir fait plusieurs fois le tour de tout ce qu'il y avait de disponible et tu forces l'homme dans une cabine d'essayage en lui conseillant de sortir en portant la tenue que tu as concocté. Tu as le temps de rapidement trouver un deuxième ensemble et revenir sans que Ki O soient sorti. Alors, tu tournes en rond et tu attends. Ça lui prend une éternité, tu as envie d'ouvrir la porte pour voir s'il est encore là.

C'est ridicule. C'est totalement, complètement ridicule. Tu sais très bien que si tu te moques de lui, c'est foutu, il va être encore plus de mauvaise humeur et tu n'as pas envie qu'il se barre. Oui, il est beau, les passants pouvaient en témoigner, cependant, pour quelqu'un qui le voit au quotidien, le contraste... C'est juste... Disons que tu uses de beaucoup de contrôle de toi-même pour ne pas exploser de rire. Tu ne peux t'empêcher un grand sourire et tes yeux brille... D'amusement.

Ça... Ça te va très bien...

Tu l'observes alors qu'il essaie de s'y faire. C'est beaucoup trop loin de ses habitudes, tu en es consciente, un changement pareil, c'était impossible à adapter et tu ne lui en veux pas s'il n'aime pas ça, s'il ne se sent pas confortable. Ki O ne serait pas vraiment ta victime si tu ne le torturais pas un peu, non ? Tu attends patiemment son verdict final sans interrompre son petit jeu de mannequinât devant le miroir et tu hoches la tête.

Oui. C'est mieux que tu le retires sinon on va devoir trouver un nom pour ton fan-club.

Tu l'approches pour mettre dans ses bras les nouveaux morceaux qu'il doit essayer. Ceux-ci ne sont pas aussi... Flamboyant. Ils sont plutôt simples, plutôt semblables à ce que le Taïwanais porte tous les jours. Un t-shirt blanc et un jacket Kaki. Ça ne sort pas de sa zone de confort et ça change de la vieille veste de cuir et des chandails noirs. Tu tapotes son épaule comme si tu voulais l'encourager.

Tu peux essayer ça... Avec ton jean et tes souliers.

Tu le laisses retourner dans la cabine, cette fois, tu sors ton téléphone pour voir l'heure et regarder les réseaux sociaux pour passer le temps. Tu te demandes si tu vas continuer son supplice où c'est déjà assez pour lui. Un café glacé ou un thé aux perles ne te ferait pas de mal. Bon d'accord, tu ne lui as pas trouvé une nouvelle garde-robe et il n'a essayé que deux tenues, mais passé toute la journée au Lottemart c'est un peu abusé. Selon l'humeur qu'il aurait en sortant de la cabine, peu-être que tu l'amènerais dans la section accessoire pour regarder les colliers et les bracelets... Tu te doutes bien qu'il n'ait aucune envie de voir la section pour femme alors tu ne tenteras même pas de faire la suggestion. C'était déjà bien pour toi qu'il se prête au jeu, tu ne vas pas le pousser trop loin.
©️  YOU_COMPLETE_MESS

Spoiler:
 
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Lun 4 Juin - 21:24


"Life in Technicolor"


I'M WASTING YOUR TIME


La patience est une belle vertu. Paraît-il. En tout cas suffisamment pour être prisée et recherchée chez autrui, par un bon nombre de personnes. Ce qui au vu de la société d’aujourd’hui, ainsi que du train de vie d’enfer des personnes qui la composent, peut totalement se comprendre. Le genre humain est sans arrêt pressé. Il court inlassablement après le temps. Ce temps qui se joue de lui. Lui rit au nez. Lui file entre les doigts. Encore. On en veut encore et toujours plus. Tout. Ils veulent tout. Tout de suite et tant qu’à faire avant les autres. Faire preuve de patience dans un pareil contexte, relève presque de l’acte héroïque. Honnêtement, les rares individus qui parviennent encore à s’en armer, sont de véritables saints. Ils mériteraient un ticket pour le paradis, ou bien d’être canonisés sur l’heure. Pas de doute possible, ils constituent une espèce en voie d’extinction. Je sais bien que je ne « revis » que depuis peu de temps, et que par conséquence je n’ai pas été amené à côtoyer pléthore de personnes. Néanmoins, je pense pouvoir affirmer sans trop me tromper, que celles étant dotées de ce trait de caractère doivent se compter sur les doigts d’une seule main. Et encore, je suis gentil et vise large. Bon en même temps, il faut dire aussi que je ne fréquente quasiment uniquement que des mafieux et les malfaiteurs. Si ces pourritures étaient des modèles de placidité, je pense qu’il y a déjà bien longtemps que ça se saurait.

Suis-je un homme doué de patience ? Possible, je n’en sais rien. Je ne suis sans doute pas le plus à même pour le dire et en juger. Si vous voulez mon avis, le fait que je me trouve encore ici, alors qu’en définitive je préférerais de loin être bien tranquillement chez moi, prouve au moins une chose. En plus d’être corvéable à merci, je peux également être bonne pâte à mes heures. Alors, pourquoi ? Pourquoi diable je m’obstine à faire quelque chose, qui de toute évidence n’est pas ma came, alors que strictement rien ne m’y oblige ? Est-ce parce que … parce que j’ai conscience que cela lui fait plaisir ? Se pourrait-il que contre toute attente, je sois finalement capable d’apporter un petit peu de joie et de bonheur à quelqu’un ? Tsss, mais qu’est-ce que je raconte … ? Comme si un cadavre pouvait mettre du baume au cœur à qui que ce soit. Car oui, c’est ce que je suis dorénavant à l’intérieur : un cadavre. Si vraiment une séance shopping en ma compagnie la ravit, j’imagine que je peux bien prendre sur moi et accepter de me prêter au jeu. Cela ne coûte rien, comme on dit. Maintenant que j’y pense, c’est vrai que Mirae n’est pas quelqu’un de très épanouie et qui respire la joie de vivre. Je me demande d’ailleurs, si je l’ai déjà vu sourire de façon franche. Vous savez, ce genre de sourire communicatif qui irradie de beauté, et qui illuminerait la plus tenace des obscurités. C’est probable, mais dans ce cas là je n’en n’ai pas le souvenir.

Quand on y réfléchit, cette fille semble tout avoir pour elle. Elle est jeune, jolie, possède une tête bien faite, et exerce un métier en apparence passionnant et sans doute très intéressant. Pourtant, il émane de Mirae une indéfinissable tristesse. Comme une espèce de nostalgie des jours passés. Un spleen et un vague à l’âme, qui auraient probablement fait d’elle la muse de poètes torturés tels que Verlaine, Rimbaud ou encore Baudelaire. Elle donne l’impression de ne plus croire au bonheur. Qu’elle n’en est pas, ou plus, digne. Qu’il appartient à un temps désormais révolu, qu’elle ne peut que tristement chérir dans ses souvenirs. Ce qui est plutôt curieux. Surtout venant de la part d’un petit bout de femme, ayant toute la vie devant elle. J’admets que lire tant de désillusion et de désenchantement dans de si jeunes yeux, est quelque chose pour le moins … frappant. A la rigueur pour quelqu’un d’âge somme toute respectable tel que moi, passe encore. Eu égard à ce qui m’est arrivé, on peut comprendre que la vie m’apparaisse plus comme une condamnation qu’un cadeau du ciel. En revanche pour Mirae, cela semble nettement moins évident. Qu’a-t-elle bien pu voir ou connaître par le passé ? Pour avoir à ce point perdu la flamme et donner l’impression qu’elle n’a plus foi en rien, il n’y a pas trente-six explications. Seuls de tragiques et traumatisants évènements, peuvent en être à l’origine. Oui, elle a sans doute dû vivre des heures sombres.

Bien trop sombres pour une gamine de son âge. Etant du genre un peu rustre et « moins je connais les gens, mieux je me porte », ce n’est certainement pas moi qui vais lui tirer les vers du nez ou la passer sur le gril, pour savoir de quoi il s’agit. Toutefois, si elle ressent un jour le besoin de s’épancher et de se confier, alors je saurais en mesure de l’écouter. Enfin, je crois. A vrai dire, je doute d’être une oreille attentive, sachant recueillir des confidences ou auprès de laquelle il est facile de vider son sac et dire tout ce que l’on a sur le cœur. J’ignore si cette escapade shopping constitue pour elle une brève et éphémère parenthèse de répit au milieu des tourments, mais … si tel est le cas, je pense que le fait de pouvoir y contribuer, même de façon minime et insignifiante, n’est pas pour me déplaire. Du moins, pour l’instant. Je ne peux pas promettre que cela restera indéfiniment ainsi. Tôt ou tard, il est possible que tout ce pataquès finisse par me … fatiguer. Pour rester poli. Si tel est le cas, je devine aisément ce qui peut se passer. Je risque de tout envoyer balader et de me montrer sec, pour ne pas dire rude, dans mes propos. Blesser quelqu’un ne me ferait ni chaud ni froid en temps normal. Cependant, blesser Mirae est peut-être bien la dernière chose que je souhaite. S’il y a bien quelqu’un qui ne mérite pas qu’on lui témoigne de la méchanceté, c’est incontestablement elle.

J’ai beau rassembler toute la bonne volonté qui m’habite, je n’arrive pas à me faire à ce que je vois dans le miroir. Ces couleurs clairs, pastels et limite délavées, sont à des années lumière de la vision que j’ai de moi. Si l’on veut jouer le gendre idéal, voulant faire bonne impression auprès des futurs beaux-parents, lors d’une première rencontre autour d’un brunch, à la rigueur pourquoi pas. Cela pourrait peut-être matcher aussi, pour un amoureux transit qui inviterait l’élue de son cœur à un pique-nique bucolique au parc. Malheureusement, je ne rentre, et ne rentrerai jamais, dans aucune de ces deux catégories. Hmm, pas spécialement convaincu quant au fait que « ça me va très bien ». Apparemment, et si j’en crois le sourire qu’elle tente de dissimuler, Mirae aussi émet quelques doutes quant au rendu final de ce look. Un look qui il faut bien le dire, est radicalement aux antipodes de celui que j’ai fais mien depuis un petit moment déjà. Au moins, ça a le mérite de l’amuser et de lui faire passer un bon moment : c’est déjà ça. Dans un monde parfait, j’aurais préféré que cela ne se fasse pas à mes dépends, mais bon dans la vie on n’a pas toujours ce que l’on veut, c’est bien connu. La petite brunette finit par admettre que ce n’est sans doute pas ce qui me sied le mieux. Je roule discrètement des yeux sur le côté, et constate que les paroles de la passionnée de photographie sont on ne peut plus exactes.

Peut-être même en dessous de la vérité. Oui, on me matte. Et plutôt deux fois qu’une. Je baisse la tête, et me gratte le coin du sourcil en me raclant la gorge. Pourquoi ? Ca, je n’en ai pas la moindre idée. Est-ce … de la gêne qui s’exprime ? Ne pouvant guère supporter davantage d’être déguisé de la sorte, je regagne soulagé la cabine suite à l’approbation de Mirae. Toutefois, mon calvaire ne touche pas complètement à sa fin. En effet, avant que je n’ai le temps de tirer le rideau, ma cadette m’interrompt et me tend une veste ainsi qu’en T-shirt. Très poliment, voire presque timidement, elle me demande si peux les essayer avec mon jean et mes chaussures. Bon an mal an, je prends les cintres dans un soupir et déclare de guerre lasse dans un soupir à tout rompre : « Bon, d’accord. A condition que l’on mette les voiles après. Ou alors que l’on fasse au minimum une pause. ». Il en va du bien de ma santé mentale, déjà bien amochée. En soi, je ne trouve pas ce marathon shopping particulièrement éprouvant sur le plan physique, par contre il a le chic pour mettre mes nerfs à rude épreuve et vampiriser toute mon énergie. J’ai beau être un grand gaillard et une force de la nature, je suis comme tout le monde : de temps à autres, il me faut recharger les batteries. Franchement, je me demande ce que les gens trouvent de si super, dans le fait de jouer les Richard Gere ou les Julia Roberts dans « Pretty Woman ».

Personnellement, je trouve cela très fastidieux et … . Eh, merde ! Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais le coup venir. Tsss, j’ai pas l’air con maintenant. Comment je vais m’en sortir ? J’entrouvre légèrement le rideau, et passe la tête par la petite embrasure. Sans doute surprise de me revoir si tôt, Mirae me dévisage avec … une certaine forme d’incrédulité dans le regard, je dirais. Si toutefois on peut qualifier cela ainsi. Ne sachant trop comment lui faire part de ce qui m’arrive, je dis alors sur un ton hésitant en me frottant la tempe à l’aide de l’index et du majeur : « Euh … je crois bien que j’ai un léger problème. Je n’arrive pas à … . Enfin, je veux dire que ce haut est beaucoup trop petit pour moi. ». Et encore, c’est un euphémisme ! Argh putain, ça me serre cette merde ! Maintenant, j’ai un petit aperçu de ce qu’est la torture que doivent endurer les femmes qui portent un corset. Pour le coup, on peut dire sans mauvais jeu de mot, que j’ai un problème de taille. De toute façon, c’est toujours la même chose avec moi. Lorsque la taille me va, la longueur est trop courte et visse-versa. Mes proportions sont tellement atypiques comparées au reste de la population. Neuf fois sur dix, je fais chou blanc le si peu de fois que je souhaite acheter quelque chose, dans les boutiques de prêt à porter. Le seul endroit où je peux m’habiller, c’est les enseignes spéciales grandes tailles. Sinon, il y a toujours moyens d’avoir recours au sur-mesure, mais bon ça coûte une blinde.

Quoi qu’il en soit, ce T-shirt est tout de même horriblement étroit. Sérieux, elle m’a refilé du seize ans ou quoi ?! Honnêtement, je ne vois pas d’autre explication. Oh, génial … elle ne me croit. Ah bah si, vu sa bouille teintée de perplexité, je peux vous garantir qu’elle ne me croit pas. En même temps, pourquoi cela ne m’étonne-t-il pas … ? Une photographe, ça aime forcément le visuel, non ? Elle veut donc probablement une preuve de ce que j’avance. Rohlalala, pourquoi tant de haine ? Seigneur, pourquoi m’as-tu abandonner ? Bon ! Par acquis de conscience, je balaye les alentours des yeux afin de m’assurer que personne ne nous regarde. J’attends qu’un petit groupe de clientes aillent fureter un peu plus loin, pour ouvrir en grand le rideau afin que Mirae se rendre compte de l’étendu des dégâts. En grognant pour la forme évidemment, sinon ce n’est pas drôle. Le tissu est tellement moulant qu’il me fait quasiment office de seconde peau. Il épouse et fait saillir presque outrageusement, mes pectoraux et mes abdominaux. Niveau longueur, comment dire … on est à mi-chemin entre une brassière et un crop-top. Non, on ne peut dire que je raffole spécialement du nombril à l’air. Croyez-moi, ce n’est pas l’envie de retirer cette horreur que m’en manque. Seulement, j’ai peur de ne pouvoir y parvenir sans faire craquer les coutures ou déchirer l’étoffe. Un couple d’amoureux s’approche de cette petite partie du magasin dédiée aux essayages, afin que Monsieur passe une chemise. Presque aussitôt, je rabats le rideau pour dissimuler mon torse. Je tente de faire comme si de rien n’était, et détourne le regard. Ce qui n’est vraiment pas une mince affaire. C’est toujours comme ça quand on fait du shopping ? Ca vire obligatoirement au comique et au cocasse, ou bien … ? Pfff, si j’avais su que je me retrouverais dans une telle situation, j’y aurais réfléchi à deux fois avant de me faire embarquer dans un énième bon plan estampillé Mirae !

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Oh Mirae
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Mer 13 Juin - 19:34
Life in TechnicolorOng Ki O x Oh MiraeTu aimes le voir exprimer des émotions. Lui qui est toujours très stoïque, voir naître en lui le plus petit signe de gène ou même de soulagement, ça te faisait quelque chose. Au fond de toi, tu te sens... Heureuse ? Non, pas tout à fait... Mais c'est une sensation bien réelle. Ah ! C'est peut-être une étincelle de fierté maternelle. Ton petit poussin apprend lentement a marché sur le droit chemin. Ki O est peut-être bien plus vieux que toi, mais tu ne le considères pas comme une cause perdue. Il est brisé, c'est évident, mais pas irréparable, ça, tu n'en doutes pas. Il a juste besoin d'une petite poussée dans le bon sens.

Tu lui offres un dernier sourire avant de le laisser tranquille avec ses vêtements dans la cabine. Au minimum une pause ? Eh bien... Il ne détestait peut-être pas autant le shopping que tu le pensais puisqu'il n'exigeait pas de partir. Il te laissait l'option de rester si tu voulais bien lui accorder un petit moment de répit. Très bien ! Une pause, alors !

Tu te perds sur les réseaux sociaux en attendant des nouvelles de Ki O. Tu lis les nouveaux commentaires sur ton blog, regarde les nouvelles photos de tes artistes préférer sur Instagram puis... Tu relèves la tête pour voir celle de Ki O, passé par le rideau de la cabine. Tu ne peux que le regarder, confuse. À quoi est-ce qu'il jouait ? Ça lui avait pris pas moins du double du temps pour se changer juste avant alors c'était impossible qu'il ait déjà terminé... Et puis si c'était vraiment le cas, pourquoi ne sortait-il pas pour te montrer ? Tu inclines légèrement la tête sur la droite à la mention d'un problème, tu ne comprends pas tellement ce qui pourrait être problématique. Puis... Tu plisses les yeux et tu affiches une moue. Trop petit hein ? Tu ne le crois pas, tu as vérifié les tailles avant de le prendre ! Il n'a pas de raisons pour mentir, mais tu n'as pas non plus de raisons de le croire. C'est l'impasse.

Finalement, il se décide bien d'ouvrir le petit rideau pour te montrer. Et là... Tu aurais préféré ne jamais voir...Parce que même avec tout le contrôle de soi que tu es capable d'exercer, tu lui lances un regard de haut en bas et ta respiration est déjà saccadée. Quand tes yeux repassent de bas jusqu'en haut, tu éclates de rire et tu caches à bouche avec tes mains. Oh non, cette image-là, tu ne pourrais jamais la faire partir, elle était gravée dans ta tête pour toujours. Tu n'en peux plus, tu as mal aux cotes et tu as les larmes aux yeux. Quand tu relèves la tête, il referme le rideau pour que son torse ne soit pas à vue de tous. Tu tentes le lui dire que tu es désolé, mais tu es à bout de souffle et tes mots sont inaudibles.

Comment ? Juste comment est-ce que quelqu'un peut mettre un t-shirt aussi petit avant de réaliser qu'il ne fait pas ? Jusqu'à quel point Ki O était perdu dans sa tête pour ce coincé comme ça dans une prison de tissu? Tu approches la cabine en tentant de reprendre le contrôle sur toi-même. Oh dear, ce n'était pas une chose facile.

Je vais t'aider.

Tu prends une grande respiration puis tu lances un regard rapide au couple pas très loin. Parfait, ils ne vous prêtent plus attention pour le moment. C'est le moment ou jamais, tu te glisses rapidement dans la cabine et tu forces Ki O à reculer pour pouvoir fermer le rideau.

Vous êtes proche, très proche, les cabines ne sont pas conçues pour deux. Il n'y a plus que le haut de Ki O qui est un peu trop étroit maintenant. Et.... Ki O est un homme et toi, Mirae, tu es une femme... Une assez jolie femme en plus... Qu'est-ce que ça change ? Absolument rien ! Tu tentes de lever les yeux pour le regarder, mais ton regard redescend toujours sur cette horreur et tu retiens tant bien que mal un nouveau fou rire.

Penche-toi et lève les bras.

Tu murmures, pour ne pas attirer l'attention de passant même si vous ne faites rien d'illégal, c'est juste ce qui te semble le plus sensé. Tes murmures se font tout de même sévère, ce sont des ordres et non une demande. Il devait se pencher parce que tu étais trop petite pour faire passer le t-shirt au-dessus de sa tête et lever les bras... C'était juste ce que tout le monde faisait... Alors, tu prends le tissu fermement par le bas de chaque côté de son torse et tu le tires de toutes tes forces de petite madame vers le haut pour le retirer. Avec un peu d'effort et plus qu'un essai, c'est une réussite.

Tu souffles enfin quand le t-shirt se décide de quitter Ki O. Tu n'aurais jamais cru que retirer un vêtement pouvait être un sport extrême. Tu baisses les yeux sur cette masse de tissus blanc triste et étiré dans tes mains et tu regardes la taille. Ah... Ah... Oups... Finalement, tu le balances avec le reste des vêtements un peu plus loin et tu approches le rideau pour sortir. Tout ça, c'était vraiment de ta faute. Comment est-ce que tu avais pu prendre la mauvaise taille... Ah, c'est ça! Quand tu as vérifié, tu as remis le bon sur le présentoir et tu as gardé le mauvais. Faire une erreur pareille... Il n'allait pas te pardonner facilement alors le mieux, c'était de ne pas être à côté de lui quand il allait voir la taille de ce morceau.

Très bien, Ki O, on peut partir, je crois que tu mérite plus qu'une pose.

Après être sorti de la cabine, tu croises les regards suspicieux du couple qui avait maintenant terminé leur séance d'essayage et qui partait probablement en direction de la caisse. Tu gonfles simplement les joues en les regardant passer d'un air innocent. C'est vrai quoi, il ne s'est rien passé de louche là-dedans.

Ah! Ki O, est-ce que tu veux aller manger en quelque part ? Tu choisis et je paie !

Tu dois bien trouver un moyen de te faire pardonner et le plus tôt sera le mieux même si tu dois dire byebye à tes économies. Tu prends quelques pas de distance entre la cabine et toi, puis, tu te tournes face à ton destin. Tu te prépares à accueillir Ki O avec des yeux de chaton et le sourire le plus mignon possible.
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Ong Ki O
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Jeu 14 Juin - 16:52


"Life in Technicolor"


I'M WASTING YOUR TIME


Je le savais. Je savais pertinemment que tôt ou tard, une tuile dans le genre finirait par me tomber sur le coin de la figure. C’était bien trop calme, pour ressembler à ce que Mirae m’a habitué depuis que je la connais. Chacune des escapades, dans lesquelles elle m’a traîné plus ou moins de gré ou de force, s’est jusqu’à présent toujours soldée par … comment dirais-je … un aléa ? Ou en tout cas, une petite mésaventure dont je suis très régulièrement, pour ne pas dire tout le temps, l’infortuné acteur. Il ne s’agit jamais de tribulations graves ou ayant de sérieuses conséquences. Plutôt de petits incidents comiques et qui prêtent à rire, si l’on en croit l’hilarité qui secoue ma cadette. La preuve, une fois de plus. La dernière fois c’était … . Si je ne dis pas de bêtise, c’était ce fameux soir, où elle m’a amené pour la première fois de ma « seconde vie » à un concert. La musique, m’a laissé quelque peu coi. Tout le monde chantait, dansait et sautait dans tout les sens, sur des sonorités que je qualifierais de discordantes. Non, je n’étais vraiment pas dans l’ambiance, comme on dit. Je suis resté planté là comme un poireau. Les yeux ricochant dans tout les sens et détaillant le moindre élément qui m’entourait, tel un gamin qui découvrirait le monde. Dans le fond, c’est un peu ce que je suis. Un gosse envers lequel il faudrait s’armer de patience, pour lui apprendre la vie. Un gamin de deux ans dans le corps d’un jeune trentenaire.

Par moments, j’ai l’impression que cette énigmatique opération que j’ai enduré, a agi sur moi comme une espèce reset. Une réinitialisation qui aurait complémenter effacé le contenu du disque dur. Hmm, je ne sais pas si je suis très clair. Une chose est sûre, je n’ai pas l’art de la formule ou de la métaphore. Cette remise à zéro des plus contraignantes, m’a rendu totalement étranger aux convenances sociales et aux règles de vie en communauté. Tout ce qui pour vous relève du domaine de l’acquis et du b-a ba … tout cela est nouveau pour moi. Je le découvre. Ou je le redécouvre, devrais-je dire. Ce jour-là, j’ai plus que jamais eu l’impression d’être en marge de la société. Bien plus que d’habitude. Une anomalie au sein d’un système. Un alien s’étant aventuré loin de chez lui, et dont le vaisseau serait tombé en rade sur une planète inconnue. Un monde hostile, inhospitalier, qu’il explorerait à tâtons. Cependant, ce ne fut pas mon grand moment de solitude du jour. Dommage, moi qui pensais être arrivé au bout de mes peines. Sur le chemin du retour, il s’est mis à tomber des hallebardes. Alors que nous nous hâtions pour gagner un abri de bus afin de nous mettre au sec, une voiture roulant à vive allure et un peu trop près du trottoir, m’éclaboussa de la tête aux pieds en roulant dans l’eau croupie stagnante du caniveau. A l’image de ce qui se passe actuellement, Mirae a rigolé de mon cœur. Seulement cette fois-ci, elle semblait tiraillée entre l’amusement et la désolation.

Sans doute lui faisais-je ainsi, encore plus pitié qu’en temps normal ? Trempé comme une soupe. Frigorifié jusqu’aux os. Tremblant comme une feuille et claquant des dents. Je ne peux pas dire que cela m’enchante, mais cela ne me dérange cependant pas pour autant, qu’elle s’amuse de mes malheurs. Cela a au moins le mérite de la faire rire à gorge déployée. Ce rire si beau et pur. Presque enfantin, et qui ne l’agite uniquement lorsqu’elle est spectatrice de situations burlesques comme celle-ci. Il passe telle une étoile filante, et met entre parenthèses cette mystérieuse mélancolie atone qui lui colle à la peau. Autant que ce T-shirt, dans lequel je me suis empêtré. Au final, je me demande lequel des deux aide qui. D’un côté elle fait des pieds et des mains, en se décarcassant pour que je me sociabilise. D’un autre, je la divertis bien malgré moi, lui apportant ainsi une bouffée de fraîcheur, qui lui fait retrouver l’innocence que l’on est en droit de trouver en temps normal, chez les jeunes filles de vingt ans. Tandis que Mirae s’esclaffe et perd petit à petit toute notion de sérieux, je détourne la tête et râle comme à chaque fois que je me retrouve dans des situations ubuesques en sa compagnie. Le poing de ma main, tenant l’épais tissu rouge du rideau de la cabine, se serre fermement. En contemplant le reflet que me renvoie l’un des multiples miroir ornant le lieu, je constate que la petite veine au niveau de ma tempe saille bien plus qu’à l’accoutumée. Mon côté ours mal-léché et homme bourru, semble revenir soudainement au galop.

Je … je ne suis pas sûr, mais cela ressemble à des petits signes d’agacement et d’énervement. Non ? Ce dont je suis quasiment certain en revanche, c’est que je ne me suis jamais autant maudis de tout mon être, qu’en cet instant précis. Comment-ai je pu être autant discret et inattentif, pour ne pas me rendre compte que ce T-shirt n’était de toute évidence pas pour moi ? Non, au lieu de ça il a fallu que j’insiste encore et encore, jusqu’à ce que je me retrouve dans une situation aussi improbable et saugrenue, que complètement ridicule. Pour ma défense, je croyais que c’était un de ces fameux hauts extensibles et à mémoire de formes, que l’on trouve un peu partout aujourd’hui. Vous vous doutez bien que demander de l’aide à quelqu’un, à plus forte raison quand cette personne est nettement plus jeune que moi, n’est pas vraiment dans ma nature. Cela n’est cependant pas dû à de l’orgueil ou de la fierté mal placée. C’est juste que depuis que je suis revenu à moi … je me méfie tellement de mes semblables, que je préfère de loin me débrouiller tout seul. Même lorsque je suis en fâcheuse posture. Ne vous risquez donc pas à me tendre la main, si vous ne voulez pas avoir à essuyer un refus. Cependant, force est de constater, que je suis tout bonnement incapable de m’en sortir seul cette fois. Du moins si, je pourrais. Mais il risque d’y avoir des dégâts. Etant donné que la perspective de devoir payer un vêtement que j’aurais détérioré et que je ne serai donc jamais amené à porter n’est vraiment pas pour me réjouir, je ne vois guère d’autre solution que demander un coup de main, à celle s’étant donnée pour mission, de faire sortir le Neandertal que je suis de sa grotte.

Evidemment, n’étant absolument pas habitué à l’art de formuler une requête ou un souhait, c’est donc de manière implicite et détournée, que je souentends à Mirae que son aide ne serait pas de trop. Au contraire, elle serait même plutôt la bienvenue. Entre deux éclats de rire, la passionnée de photographie parvient à articuler quelque chose. M’aider. Vraiment ? Dieu du ciel, merci ! Le soulagement est cependant de courte durée. Je redoute désormais le « comment ». Comment compte-t-elle s’y prendre ? J’espère au fond de moi, que l’éventualité qui me traverse l’esprit ne sera pas celle choisit par la jeune femme. Toutefois, dès que je lis la nouvelle expression qui vient sertir son regard d’Onyx, je comprends aussitôt qu’elle non plus ne voit pas d’autre manière d’obtenir le résultat escompté, si ce n’est qu’en tentant « cette excellente idée ». Mes yeux passent en alerte rouge et fusent de tous côtés, cherchant la garantie qu’il n’y ait personne dans les parages. Avant même que je n’ai eu le temps de dire ouf, la jeune femme s’avance et entre dans la cabine. Ce à quoi je ne parviens qu’à opposer, des ânonnements de sonorités et des amorces de phrases avortées. A force de reculer toujours plus, mon dos finit par heurter la paroi du petit espace exigu. Après avoir pris grand soin de tirer le rideau, Mirae se retourne vers moi bien décidée à avoir le dernier mot dans le bras de fer qu’elle s’apprête à livrer, contre cette horreur comprimant et compressant chaque centimètre carrée de mon buste.

Sitôt que j’eus retrouvé ma faculté à prononcer des paroles compréhensibles, je murmure sur un ton morcelé, par lequel transparaît ma désapprobation quant à la suite logique des choses : « A-attend. Et si jamais quelqu’un … . ». Impossible pour moi d’objecter quoi que ce soit d’autre. Sur un ton d’une fermeté et d’une autorité que je ne lui connaissais pas encore, la jeune femme me somme de me pencher légèrement vers elle tout en levant les bras. L’ancien militaire docile, et rompu à l’art d’obéir aux ordres que j’étais, s’exécute devant un tel ton sans rien n’émettre ni même broncher. La promiscuité que créée cette scène entre nous est … pour le moins déstabilisante. A certains moments, je sens mon nombril buter contre sa taille fine, lorsque j’inspire péniblement. C’est bien la première fois depuis ma sortie de l’hôpital, qu’un autre être humain s’immisce à ce point dans mon espace vital. Quoi que tout bien réfléchi, non peut être pas. Il y a aussi ce fameux jour où cet imbécile heureux de Feng, a pitoyablement tenté de m’intimider et de me menacer en jouant les pékinois enragés. Toujours est-il que c’est la première fois, que je me retrouve aussi prêt d’une femme. Chose qui je l’admets, ne figurait absolument pas sur ma liste établie de priorités. Même si j’y avais songé en amont, jamais je n’aurais imaginé l’ombre d’un seul instant, que cela puisse être le fruit d’une situation aussi … embarrassante ?

C’est bien ce que l’on dit, hein ? Est-ce ce que je suis supposé ressentir actuellement ? De l’embarras. C’est ce que j’essaye de déterminer, en étant à l’affût de la moindre sensation. En vain. Comme d’habitude, rien ne se passe. Rien ne germe et éclot en moi. Le désert, le néant, le zéro émotionnel. Un léger soubresaut me saisit, lorsque Mirae s’empare de l’étoffe de chaque côté de ma taille. Aspirant tout comme elle à en finir au plus vite avec cette péripétie peu commune, je l’aide du mieux que je peux en mouvant le haut de mon corps. Doucement, doucement ! Aïe ! C’est ma peau ça. J-je commence à étouffer. Et avoir chaud aussi. Soudain, la voix féminine d’une vendeuse se fait entendre depuis l’extérieur. Celle-ci s’enquiert de savoir, si tout se passe bien avec les essayages. Dans une parfaite synchronisation, l’artiste dans l’âme et moi-même nous figeons. La tête cachée par le vêtement, je lui rétorque pas tellement rassuré et en haussant quelque peu la voix, afin d’être sûr qu’elle porte et d’être bien compris : « Euh … oui, oui très bien merci ! ». J’imagine d’ici le tableau si elle, ou qui que ce soit d’autre, voyait la scène. « Non, non, ce n’est pas du tout ce que vous croyez. Je sais qu’on dirait qu’elle est entrain de me déshabiller, mais en réalité euh … e-elle essayait simplement de me déshabiller. ». Même si c’est la stricte vérité, aller essayer d’expliquer à quelqu’un voyant cela, qu’il n’y a aucune intention lubrique ou libidineuse dans ce que nous sommes entrain de faire. Avouez que l’on aurait peine à le croire.

Par chance, la femme de l’autre côté du rideau n’insiste pas et tourne les talons. Lorsque le bruit de ses pas se meurt au loin, nous reprenons ce que nous étions entrain de faire. A savoir, me déharnacher de ce T-shirt de malheur. Oui, je préfère préciser afin de dissiper tout malentendu. Moult efforts et tentatives plus tard : c’est la libération. Aussitôt, je prends une profonde inspiration venant inonder mes poumons d’air. Même si le nageur de combat que j’étais peut rester en apnée nettement plus longtemps que la moyenne de la population, j’ai malgré tout l’impression que c’est comme si l’on venait de m’ôter un sac en plastique de la tête. Mon acolyte dans ce succès, regarde le T-shirt en arborant un grand sourire et une expression victorieuse. Toutefois, ce sourire se fond comme un vieux fond de sauce, lorsqu’elle scrute les indications sur l’étiquette. C’est bien ce que je pensais. On est bien d’accord : ce n’est pas ma taille. Le devoir accompli, Mirae quitte la cabine. Toutefois, elle aurait sans doute mieux fait de garder pour elle ce qu’elle déclara à ce moment là. C’est en tout cas ce que l’on est en droit de penser, en voyant l’expression outrée et consternée des quelques clients témoins de la scène. Génial … . Une femme qui quitte un homme encore partiellement dévêtu, le tout dans un petit espace clos. Pour des personnes n’ayant pas tout les détails de l’histoire, il y a matière pour tirer des conclusions hâtives.

Je vous laisse donc imaginer les éventuelles raisons qui justifieraient à leurs yeux, le fait que je mérite une « pause » … ahem ! Joliment désappointé et désabusé, je me pince la racine du nez à l’aide du pouce et de l’index, clos les paupières, puis referme pour la énième fois le rideau en baissant la tête. Tandis que j’enfile mon sweat shirt, qui lui me sied parfaitement, Mirae me propose d’aller manger un morceau où bon me semblera. Une fois ma tête passée par l’encolure, je lui réponds de cette placidité m’étant propre : « Oui, je veux bien. Mais seulement si c’est moi qui t’invite. ». Je sais bien qu’elle me fait cette proposition par pure gentillesse et uniquement pour m’être agréable, mais … ma débrouillardise exacerbée, m’empêche d’apprécier les actes de bonté spontanés que l’on peut me témoigner. C’est souvent un petit sujet de tension entre l’assistante photographe et moi-même. J’ai bien conscience qu’elle agit uniquement pour tenter de me faire plaisir. Néanmoins, je refuse catégoriquement qu’elle débourse le moindre won pour moi. Si cela s’avère nécessaire lors de nos sorties, c’est toujours moi qui règle les divers frais. Peut-être que je suis réac et vieux jeu, mais entant qu’aîné et homme, j’estime que c’est à moi de payer. Profiter des autres et être entretenu, sont deux choses se situant à des années lumières de ma manière de vivre et de penser. Rhabillé de pied en cap, je sors de la cabine arborant mes éternels habits sombres.

Tête inclinée, je frotte ma mâchoire clairsemée d’une barbe de trois jours et ajoute sur un ton qui ne me ressemble pas. Un ton proche de celui qu’emploierait un petit garçon, qui demanderait quelque chose à sa maman : « J-j’aimerais bien que nous allions déjeuner dans ce petit restaurant chinois du coin de la rue, devant lequel nous sommes passés en venant. Cela fait plusieurs jours, que … que j’ai envie de déguster un Jiû-hî ke. Je crois que ça me rappelle d’où je viens. ». J’ai prononcé cette dernière phrase à voix tellement basse, que je ne suis pas certain qu’elle ait été très audible pour Mirae. La faute à ce brouhaha ambiant et incessant, qui règne dans toute la boutique. A vrai dire, je pense que c’était plus une constatation ou une remarque m’étant destinée. Je n’ai pas énormément de souvenirs de ma « vie d’avant », mais … récemment il y a eu cette espèce de flash. Un fugace instant de mon passé. Je devais avoir quatre ou cinq ans peut- être. Une grande salle à manger, ou de réception, richement ornée et d’un faste presque tapageur. Des dorures, des moulures au plafond, des tentures, de lustres en cristal. C’était presque trop. Trop beau, trop luxueux, trop riche. Des serveurs, des majordomes. Une table incroyablement longue, à laquelle peut siéger aisément une trentaine de convives. Une farandole de mets raffinés, exquis et délicats. Seulement trois sièges. Ma mère se tient assise à une extrémité de la table, tandis que ma petite tête dépasse tout juste de celle située à l’autre bout. La troisième chaise reste désespérément inoccupée.

Un homme d’un certain âge en queue de pie, s’avance vers moi et me demande ce que je désire manger, en m’appelant pompeusement : « Monsieur le fils de l’Ambassadeur ». Du Jiû-hî ke ! Mes papilles s’affolent et sont à la fête, à la simple odeur de cette savoureuse soupe à base de seiche et de calamar. Depuis que cette réminiscence m’a assailli, l’homme sans désir et éteint que je suis a … a pour la première fois depuis bien longtemps, eu envie de quelque chose. Quelque chose de tout bête et banal : savourer un Jiû-hî ke. J-je … j’ai également l’infime espoir, que peut-être le goût de cette soupe ravivera chez moi d’autres épisodes de cette vie, appartenant désormais à un passé à jamais révolu. Essayer de comprendre ce qui m’est arrivé, découvrir qui je suis : mon obsession au quotidien. Je cligne à plusieurs reprises des yeux, afin de me reconnecter à l’instant présent. Puis en relevant mes globes oculaires vers Mirae, je bafouille après m’être raclé discrètement la gorge, et en me frottant l’arrière de la tête : « Enfin, on n’est pas obligé de … . Tu n’as rien repéré pour toi qui te plaise ? ». Visiblement, et passablement, gêné aux entournures, je me reprends plusieurs fois et ne sais trop comment faire part à la jeune femme du fond de ma pensée. Loin de moi l’idée de la forcer à partir d’ici. Depuis que nous somme entrés dans ce magasin, elle n’a quasiment pas pensée à elle une seule fois. Le moindre de ses agissements m’étaient destinés. Oui, elle s’est littéralement faite passer au second plan. Exiger que l’on parte maintenant, sans lui proposer de regarder pour elle ce que propose cette boutique serait … égoïste. Egoïste et effroyablement malpoli. D’ordinaire, et en présence d’un tiers, me comporter de la sorte ne m’aurait fait ni chaud ni froid. Cependant, je ne peux me résoudre à agir ainsi en compagnie de Mirae. Elle qui demeure la seule et unique personne assez folle pour apprécier ma compagnie, sans chercher pour autant à en apprendre plus à mon sujet. Chose que j’apprécie considérablement. Oui … je crois bien que je t’apprécie.

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