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 Enigma - (ft. Kim Il Kwon)

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Ong Ki O
Âge : 33
Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger.
Quartier : Ailleurs
Situation : Pas intéressé.
Don : Aucun.
Multicompte : Non.
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Mer 11 Avr - 20:27


"Enigma"


I'M BROKEN. DON'T BREAK ME WHEN I HIT THE GROUND


« Qui suis-je ? » ; « Que m’est-il arrivé ? » ; « Qu’est-ce que je fais ici ? ». Des questions en apparence toutes bêtes et dont les réponses sonnent comme une évidence. Pour le commun des mortels, peut-être, pour moi … c’est une énigme totale. Un casse-tête sans nul autre pareil, et qui me rend un peu plus fou chaque jour. Il n’existe pas un instant, sans que ces innombrables interrogations ne me quittent. Elles sont là. Elles me hantent et m’obsèdent. En permanence. Comme une marque au fer rouge. Je me lève en m’endors avec elles. Aucun élément de réponse ne me permet de dénouer ce gigantesque sac de nœuds. Au contraire, j’ai même plutôt l’impression qu’il ne fait que croître à mesure que les jours s’égrainent et se meurent. C’est un peu comme si je n’avais que les pièces constituant les contours d’un énorme puzzle. Cela fait un peu plus de deux mois que j’ai repris conscience dans cet hôpital des plus étranges, et pour l’instant je suis toujours au point mort. J’ai du mal à croire que j’ai accepté de mon plein gré, de subir cette opération. Une lobotomie partielle, comme ils disent. Officiellement, on m’a fait sous-entendre que c’était pour éradiquer des petits troubles visuels et auditifs constants, mais j’en doute. Quel homme peut-être assez fou au point d’encourir le risque de devenir un légume, uniquement pour annihiler de simples petits problèmes de vue et d’audition ?

Soit j’étais à l’époque une tête brûlée n’ayant aucune conscience du danger, soit on m’a contraint et forcé à endurer cette procédure. Personnellement, je pencherais plus pour la seconde hypothèse. En tout cas, j’ai le sentiment que les médecins se sont efforcés de me cacher quelque chose et de taire la vérité. J’ignore si je vivais déjà à Busan avant ces multiples déboires, mais j’ai l’impression que personne ici ne s’est risqué à jouer franc jeu et cartes sur table avec moi. Avant tout, ce que je dois découvrir c’est pourquoi on a essayé de me tuer. Savais-je quelque que j’aurais mieux fait d’ignorer ? Des informations relevant du secret défense ou classées top secrètes. Qui est derrière tout cela ? L’État Major taïwanais ? Les Services Secrets coréens ? Y-a-il un lien entre cette opération et la tentative d’assassinat ? Constatant que je n’étais pas devenu un être en état végétatif, on aurait alors décidé d’employer les grands moyens ? Non … je ne crois pas. Cela ... cela ressemblait plus à une sorte de règlement de compte ou d’affaire personnelle. J'ai le le pressentiment que cette acte a longuement été mûri, réfléchi et prémédité. Il n'y avait rien de froid, de distant et d’impersonnel, comme lorsqu'un sniper abat une cible qu'on lui a au préalable désigné. Ce que j’ai toutefois du mal à comprendre, c’est pourquoi le tireur a raté son but. Au vu du matériel qu’a utilisé cette personne, j’ai toute les raisons de croire qu’il s’agit d’un tireur d’élite ou de quelque chose dans le genre.

La finalité n’était pas de me descendre ? Etait-ce une mise en garde ou une sorte d’avertissement ? Bref, comme vous pouvez le constater ce ne sont pas les questions qui manquent. Dommage que les réponses en revanche, ne soient pas légion. Vraiment ? Pas si sûr. Depuis mon réveil, et à raison d’une fois par semaine, il est une heure où je me plais à imaginer que des brides, quand bien même minimes, de réponse s’imposeront à moi. Celle de ma séance hebdomadaire chez mon thérapeute : le Docteur Kim Il Kwon. C’est la condition sine qua none que m’a imposé le Docteur Kuhn à l’hôpital, afin que je puisse en sortir et par la même occasion recouvrer ma liberté. Que je sois suivi à l’extérieur par un spécialiste. Spécialiste qui s’avère n’être autre, qu’un éminent confrère avec lequel elle a fait ses études. Enfin, si j’ai bien tout compris. Au départ, je ne vous cache pas que j’ai fait grise mine et n’était pas spécialement emballé par cette idée. Toutefois, et ayant bien conscience que c’était là le sésame qui me permettrait d’enfin quitter cette chambre d’hôpital aseptisé, j’ai fini par accepter, mais de très très TRÈS mauvaises grâces. Si les premières séances se résumaient à un incroyable silence radio, celles de ces derniers temps sont … plus prolixes je dirais. Evidemment, je suis encore bien loin de me raconter à cœur ouvert. Et ce pour deux raisons. La première, et la plus évidente, c’est qu’il n’y a strictement rien qui vaille la peine qu’on s’épanche et s’appesantisse longuement dessus. La seconde est que ce n’est tout simplement pas dans ma nature.

Néanmoins, de toutes les personnes que je côtoie, le Docteur Kim est sans conteste celui avec lequel je me montre le plus disert. Est-ce que nos échanges me font du bien et m’aide à avancer ? Difficile à dire. Si tel est le cas, alors cela relève probablement du domine de l’inconscient, parce que c’est tellement infime et discret que je ne m’en aperçois même pas ! Voilà … un gros quart d’heure maintenant, que je prends mon mal en patience dans la salle d’attente de son cabinet se situant dans l’aile ouest de l’Hôpital Moonhwa. A en juger par le raffut des sanglots provenant de la pièce adjacente, quelque chose me dit que la personne avec laquelle il s’entretient n’a pas l’air au mieux. Argh ! Ces cris ont l’art et la manière pour faire bourdonner mes tympans et réveiller ma migraine latente. La façon dont est aménagée le petit espace, est un peu à l’image de « son propriétaire », si j’ose dire. Carré, stricte, froide, impersonnelle et qui en impose. On est très loin du tapageur, du bling-bling, du m’as-tu vu et du mauvais goût. C’est chic, racé, distingué presque majestueux. L’air apaisant et relaxant d’une balade de piano, s’échappe de deux enceintes rivées au mur. Des volutes de patchouli se dégagent d’un bâtonnet d’encens, qui se consume dans un réceptacle en bronze à l’effigie d’un Bouddha en prière. L’âcreté de la fragrance m’irrite quelque peu les sinus et me pique la gorge. De quoi veiller au bien-être et calmer les patients les plus tourmentés. Soudain, des bruits de portes m’arrachent au fil de mes pensées. Mon regard vitreux quitte le reflet déformé, se réverbérant dans la grande psyché murale. Presque aussitôt, je me lève et me tiens droit comme un « i ». Tel que l’ancien militaire que j’étais, avait probablement pour habitude de faire jadis devant un haut-gradé. Devant le médecin, j’incline la tête sans cérémonie, mais avec respect et déférence. Puis, d’une voix désespérément morne, je le salue modestement : « Docteur Kim. ». A ce qui paraît, les médecins aiment qu’on les appelle par leur titre. Ca flatte leur ego surdimensionné, dit-on. Hum. Après tout, qu’est-ce que ça me coûte de me plier à la convenance ? Sans compter que depuis mon réveil, « mes activités » ne m’ont pas spécialement aidé à me faire des amis. Autant éviter qu’une énième personne m’ait dans le nez, et que mon nom se retrouve en bonne place sur sa liste noire.                                                                          

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@Kim Il Kwon
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Kim Il Kwon
Âge : 30
Occupation : Psychologue
Quartier : Haeundae
Situation : Parlez lui d'amour, il vous vomira dessus.
Don : Contrainte verbale
Niveau : 4
Multicompte : Kim Ho Joo - Lee Jae Sun - Seo Myung Dae
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Sam 14 Avr - 16:40
Enigma




Sur la table, une dizaine de feuilles éparpillées ainsi que trois gros volumes qui avaient pour sujet un type de psychologie bien précis qu'Il Kwon n'avait jamais pris la peine d'étudier plus que ça auparavant. Un verre de scotch à la main, le médecin était penché sur ses notes et la fiche de son patient. Il se mordait l'intérieur des joues, un tic qu'il avait attrapé au fil des années quand la réflexion devenait trop intense. Il se souvenait avoir dû faire de nombreux bain de bouche à l'époque de ses examens tant l'intérieur de sa cavité buccale avait était ravagé par ses dents. Et ce soir, ça recommençait. Ong Ki O était un mystère, une énigme qu'il voulait percer à jour.

Il se souviendrait toujours de l'odeur du café qu'il buvait, un americano sans sucre, sans lait, sans rien. Il se souviendrait toujours du muffin aux fruits rouges posé sur l'assiette à côté de la tasse fumante et de l'odeur de sucre qui s'en dégageait. Il se souviendrait toujours de la fine feuille entre ses mains qu'il lisait pendant que sa collègue d'étude lui racontait tout ce qu'elle pouvait sur le patient qu'elle voulait lui envoyer. Ong Ki O, un patient amnésique au passé mystérieux. Beaucoup de choses étaient passées dans la tête d'Il Kwon à ce moment. C'était un défi à relever, ça c'était certain. Il comprenait mieux maintenant pourquoi sa consœur avait tenu à le rencontrer dans un lieu plus "chaleureux" que son bureau à l'hôpital. Il comprenait mieux pourquoi elle avait tenu à payer sa pâtisserie et son café.

"Je sais que tu peux le faire Kim. Je le sais parce que je sais que tu es le seul psychologue qui pourrait faire parler un muet. Cet homme a besoin de toi." Voilà les mots que Kuhn avait utilisés pour me convaincre. Elle avait toujours été très douée pour flatter l'égo des personnes à qui elle s'adressait. Combien de délai avait-elle obtenu pour rendre ses thèses qu'elle ne finissait jamais à temps ? Elle était admirable de part sa capacité à magner les mots et c'est précisément pour ça que je la déteste.

Pourtant, Il Kwon avait souri, pris une gorgée brûlante de café et avait accepté de prendre en charge ce patient. Il pensait que ça se passerait comme toujours, il laisserait son don faire le travail mais c'était sans compter sur un tout petit détail qu'il avait totalement mis de côté sans trop s'en rendre compte. Comment contraindre quelqu'un à parler de quelque chose dont il ignore tout ? Il Kwon ne pouvait pas faire parler Ki O sur son passé puisque ce dernier n'avait aucune information là-dessus.

Les premières séances avaient donc été bien calmes. Ses feuilles de note étaient restées bien blanches également. Quelques mots y étaient inscrits mais rien de bien concret. Il avait tout essayé, enfin presque tout. Il restait une chose qui lui revenait en tête encore et encore. La psychologie sous hypnose. Il s'était beaucoup documenté à l'époque avant de totalement abandonner l'apprentissage de cette méthode en se rendant compte que son don lui suffirait sans doute largement jusqu'à la fin de sa carrière. Et pourtant, il s'était replongé dans l'étude de cette pratique d'où la présence de ces trois livres imposants et ouverts sur la table de sa salle à manger. Il avait passé toutes ses nuits tout le peu de temps libre qu'il avait depuis deux semaines entières à l'étude de ces ouvrages et d'un millier d'autres pour être fin prêt pour son rendez-vous du lendemain. Il ferait part de son projet à son patient et tenterait enfin quelque chose de nouveau. Un sourire mauvais au coin des lèvres, il s'approchait de la baie vitrée de son salon pour observer Busan endormi. Il portait son verre à sa bouche et prenait une gorgée d'alcool comme pour fêter seul son nouveau projet.

Il avait peu dormi cette nuit-là Peu et la tête dans un bouquin. Il avait eut énormément de mal à redonner une apparence potable à son visage dans la glace de sa salle de bain mais finalement il y était parvenu. Il s'était rendu à l'hôpital, puis dans son bureau. Cette routine, il pouvait la faire les yeux fermé. Quel ennui. Les patients défilaient encore et encore. La dernière avant Ki O était définitivement pénible. Il lui tendait mouchoir sur mouchoir alors que son autre main soutenait sa tête à deux doigts de crouler sous la fatigue. Elle le mettait terriblement en retard et il n'aimait pas ça. C'est donc avec vingt minutes de retard qu'il accueillait enfin l'ancien militaire.

Son salut et sa posture faisaient toujours sourire Il Kwon. Il aimait ce respect, cette façon d'agir si machinale. C'était le genre d'élément qui le faisait prendre son pied. Il inclinait aussi sa tête devant son patient pour lui rendre ce respect qu'il lui accordait. Ong Ki O. Je vous en prie, entrez. Comme à son habitude, il tendait sa main vers son bureau et laissait l'autre homme y pénétrer en premier. Il l'invitait à prendre place avant d'aller lui-même s'asseoir derrière son bureau. Ses doigts s'entremêlaient alors qu'il portait un regard sérieux sur Ki O. Alors, depuis une semaine, comment allez-vous ? Il avait beaucoup de mal à cacher son impatience. S'il obtenait son accord pour l'hypnose, il serait difficile pour lui de ne pas sauter de joie. Allez, un peu de contenance Il Kwon, tu n'es plus un enfant.
lumos maxima
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Ong Ki O
Âge : 33
Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger.
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Sam 14 Avr - 20:33


"Enigma"


I'M BROKEN. DON'T BREAK ME WHEN I HIT THE GROUND


« Qui suis-je ? ». Un étranger. A plus d’un titre. Un taïwanais qu’on a déraciné, puis greffé en Corée du Sud sur un terreau répondant au nom de Busan. Les quelques rares effets personnels, dont des papiers d’identité, que j’avais sur moi à mon réveil m’ont en tout cas amené à cette conclusion. Toutefois, puis-je m’y fier ? Dois-je prendre ces lambeaux d’informations pour argent comptant ? Qui me dit que c’est réellement moi ? Qui me dit qu’ils ne s’évertuent pas, à ce que je me fabrique de nouveaux souvenirs ? Des souvenirs factices, bien évidemment. Il faudrait que je sois fou pour faire confiance, mais … ai-je pour autant besoin d’être méfiant et suspicieux vis-à-vis de tout et tout le monde ? Plus qu’un besoin, c’est une nécessité. Reconnaissez qu’il y a tout de même de quoi être dubitatif et sceptique. Ong Ki O. Pas la peine d’être un grand sinophone, pour constater que les embruns de ce nom exhalent plus du Pays du Matin Calme, que de la Terre du Milieu. Ou devrais-je dire, de « la Belle île », puisque c’est ainsi que les conquistadors portugais surnommèrent Taïwan jadis : Formosa. Suis-je … un « sang mêlé » ? Un détenteur d’une double nationalité ? Possible, allez-savoir. Etranger à moi-même, mais également au monde qui m’entoure. Quand j’observe les gens que je côtoie, et à plus forte raison ceux de ma génération, j’ai l’impression d’être en décalage permanent et de venir d’un autre temps. D’une époque révolue.

Mon comportement, mon phrasé et mon attitude s’apparentent à des espèces de vestiges. Des us et coutumes qui régissaient des civilisations nous ayant précédé des siècles auparavant. Suis-je issu d’une famille aisée et privilégiée ? Une famille de notables ? Après tout, pourquoi pas ? Ces aspects vieux jeu pourraient très bien être les restes tenaces d’une « bonne éducation ». Je ne saurais trop comment l’expliquer mais … . Ce petit côté, nonchalant, flegmatique et dandy n’est pas pour me déplaire. Pour être franc, jouer les Lords anglais pourrait bien être la seule et unique chose que j’apprécie. Peut-être même que j’en joue et qu’inconsciemment, cela me plaît et m’amuse ? En tout cas, j’arrive à faire illusion, puisque plusieurs personnes que j’ai rencontré étaient convaincues que j’étais originaire d’un pays ayant été sous pavillon britannique. Comme Singapour ou Hong-Kong. Hum. Eh bien navré de vous décevoir, mais sauf erreur de ma part, il n’en est rien. Cette attitude un peu sévère, raide et rigide, on la retrouve également plus ou moins chez le Docteur Kim. Son physique et son abord assez froid, lui donnent des faux airs cruels et pernicieux qui doivent sans doute oppresser pas mal de gens. Néanmoins, il ne faut absolument pas y accorder de l’importance, puisqu’au demeurant, c’est un homme tout à fait courtois, affable et avenant. Les apparences sont trompeuses, je ne le sais que trop bien.

Mon allure de colosse et d’ours mal-léché me dessert bien souvent. Pourtant, je sais très bien me tenir en société, ainsi qu’être respectueux et poli envers les gens qui se montrent sympathiques avec moi et qui ne me veulent pas de mal. Si l’on dit de certaines personnes qu’elles sont le feu sous la glace … en ce qui me concerne, cela serait plutôt la glace sous la glace. Quoiqu’il en soit, j’essaye de faire attention et de calquer mon comportement sur celui de mes semblables, afin de pas être en marge du reste de la société. Enfin, encore plus en marge que je ne le suis déjà. Après m’avoir salué avec tout autant d’égard et de civilité, le psychologue m’invite à entrer dans son cabinet. Mon regard éteint suit le mouvement de son long et puissant bras, dont la main désigne l’intérieur de la pièce. Pour toute réponse, et en guise d’approbation à sa requête, je me contente de hocher positivement la tête dans un battement de cils, puis franchis le seuil de la porte. Un « Merci. » vide et relevant de l’automatisme, se faufile entre mes lèvres. A l’image du médecin, son lieu de travail revêt un caractère noble, resplendissant et en même temps solennel. Différents styles se mélangent et s’entremêlent dans une parfaite symbiose, donnant ainsi au lieu une singularité et une certaine unicité. Une petite touche moderne. Un soupçon d’urbain. Un nuage de classique. Un zeste de vintage. Une note de bohème. Une poussière d’ethnique. Une once d’exotisme. Un brin de pop.

Une chef d’œuvre de diversité aménagé de telle façon, qu’il y règne une harmonie sans nulle autre pareille. Chaque item est du meilleur goût et semble avoir été choisi avec grand soin, et dans un incroyable souci de perfection. Un imposant bureau en bois laquais sombre finement sculpté. Probablement du chêne ou de l’ébène. Des casiers métalliques dans les tons anthracites et plus modernes, recelant sans doute les dossiers des différents patients que suit le Docteur. Un divan beige aux lignes douces, épurées. Moelleux et confortable, à n’en pas douter. Des étagères ornées de divers bibelots et objets de curiosité. Une vaste bibliothèque séculaire sur laquelle sont entreposés plusieurs épais ouvrages. Une table basse design où se trouvent un vase dans le style Ming, et une orchidée aux fleurs couleur pêche. Un large tableau trônant telle une gigantesque fresque sur la quasi totalité d’un pan de mur. J’ai … j’ai la sensation d’avoir déjà vu cela. Un Kundelich ? Mes amandes de jais quittent la toile, lorsque le Docteur Kim me montre un fauteuil cabriolet se trouvant devant son bureau, et dans lequel il m’invite à siéger. Chose que je fais avec obéissance, pour ne pas dire docilité. Je suis là. Assis sur le cuir tanné. Le corps probablement trop doit. Les avant-bras reposant sur mes cuisses faisant office d’accoudoirs. Les mains pendantes dans le vide. Un masque de cire à la place du visage. Les mains jointes et les avant-bras posés sur son bureau, le Docteur Kim m’observe de son regard perçant pendant quelques instants.

Puis, il brise finalement le silence en s’enquérant de savoir comment je vais, depuis notre dernière séance sept jours auparavant. Une fugace illusion de sourire passe sur mon visage, lorsque je lui réponds par un laconique : « Très bien. ». Presque aussitôt, le visage du psychologue se pare de suspicion. Ses sourcils se froncent très légèrement, et ses narines frémissent d’une manière infime. D’ordinaire, je ne suis pas un mauvais menteur, mais en présence de cet homme j’ai le sentiment d’être incapable de me complaire dans le mensonge. C’est comme si ses deux orbes d’hématites pouvaient sonder les tréfonds de mon âme. Quand je lui dissimule la vérité, j’ai l’air d’un gamin qui se serait fait surprendre par son père entrain de d’engloutir des cuillères de Nutella, et qui se justifierait par un énorme et grossier bobard. Est-ce … est-ce à cela que ressemble la gêne ? Toujours est-il que je ne peux soutenir son regard plus longtemps. Mes yeux se détournent vers un coupe-papier situé à la gauche du psychologue. Il a l’air d’être d’une excellente facture, et les reflets irisés du manche laisse à penser que ce dernier est probablement en nacre. Pourquoi suis-je incapable de lui cacher quoi que ce soit ? Je suis fatigué de devoir sans arrêt feindre et dissimiler la vérité. J’ai besoin de quelqu’un … quelqu’un en qui je peux avoir confiance, et en présence de qui je peux être moi-même. Est-ce que le Docteur Kim peut être cette personne ? Je l’ignore. Néanmoins, j’ai envie de croire qu’il peut l’être. Je décide de nuancer mes dires, et de révéler ce que j’ai dans un premier temps tenté d’omettre. J’incline légèrement la tête sur le côté et hausse les épaules, avant de reporter mon attention sur l’homme de l’autre côté du bureau, pour finalement ajouter sur un ton placide : « Exceptées quelques insomnies de temps à autre : rien à signaler. ». C’est sans doute la seule chose qui mérite d’être soulignée. Hormis cela, je ne vois pas ce qui sort de l’ordinaire. J’ai bien une vague idée quant au pourquoi du comment de ces troubles du sommeil mais … non, c’est absurde. Dois-je le lui dire ? Il va probablement me poser la question. Attendons. En tout cas cette fois-ci, je ne tenterais pas de le lui dissimuler la vérité. J’ai retenu la leçon et ne tiens pas à ressentir de nouveau cette curieuse impression, lorsqu’il m’a dévisagé pour juger si je disais vrai. C’était … étrange. Etrange et déplaisant. Comme si un serpent entortillait son longiligne corps glacé autour de ma colonne vertébrale.                                                                                                        

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