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 Without Me - (ft. Luo Feng)

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Ong Ki O
Âge : 33
Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger. | Indic pour la police.
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Jeu 5 Avr - 11:45


"Without Me"


I WANT NOTHING MORE TO DO WITH YOU


« Que faire ? ». Et maintenant, que faire ? Qu’est-ce qu’on peut bien faire, juste après ? Continuer à avancer, faire comme si de rien n’était et avoir monts et merveilles de projets ? Oui, c’est une possibilité. Celle de la facilité et de la sécurité. Appliquer la politique de l’autruche et ne pas chercher à savoir est si simple. Toutefois, je ne suis pas quelqu’un donnant dans la simplicité. J’ai besoin de comprendre. De savoir pourquoi. De faire la lumière sur cette sombre histoire. Plus qu’un besoin, c’est une nécessité. Une nécessité, si je veux continuer à vivre et passer à autre chose. Mon esprit militaire, cartésien et hyper-rationnel semble avoir une sainte horreur du mystère et des zones d’ombres. Une énième chose sur moi que je découvre. Ou plutôt redécouvre. Suis-je surpris ? Pas plus que cela. Paranoïaque, maniaque du contrôle et de la maîtrise, rigide et maintenant cartésien et rationnel. Hum … j’ai envie dire que ce sont là des traits de caractères qui s’accordent à merveille avec le reste du « package ». Que faire ? Rentrer à Taïwan ? Impossible. S’il n’y avait aucun gradé à mon chevet à l’hôpital, cela signifie deux choses. La première : que je n’étais ni déployé sur le front ou en mission. La seconde, et de loin la plus inquiétante : que j’ai disparu de leurs écrans radars, et qu’ils doivent probablement activement me rechercher. Traduction : à leurs yeux je suis un déserteur.

Je sais exactement ce qui m’attendra, sitôt que j’aurais remis les pieds sur « la belle île », comme l’appelait jadis les conquistadors portugais. Si j’ai la bêtise de retourner à Taïwan, on m’arrêtera manu militari pour désertion. On m’accusera également de tout les maux de la Terre : trahison envers la nation, et pourquoi pas même intelligence et complicité avec l’ennemi. Le sort qu’on réserve aux personnes commettant ce genre d’impair n’est guère des plus reluisants. Taïwan un modèle de démocratie ? Pas vraiment. Entre le régime de la présidente Tsai et celui de Xi Jinping, c’est un peu bonnet blanc et blanc bonnet. Si vous l’ignorez, j’aime autant vous dire que ces deux gouvernements sont est nettement moins regardant que la Corée du Sud, pour ce qui est du respect des droits de l’Homme. La vérité, c’est que je suis coincé ici. Homme libre et à la fois prisonnier de cette ville. Alors, que faire ? Eh bien vivre, tout simplement. Ou plutôt survivre. Dans l’incertitude et la vigilance permanente. Car s’ils remontent ma piste, je sais qu’ils ne me rateront pas cette fois, et que je passerais pour de bon de vie à trépas. Le plan est on ne peut plus simple. Découvrir ce qui s’est passé, identifier mes ennemis et me venger. En bref, passer de proie à chasseur. Un travail de longue haleine. A côté de cela, je dois m’efforcer de continuer à mener une existence dite « normale ».

Pour cela, je dois disposer de liquidités, compte tenu que dans notre société, tout a un prix. Qui dit argent, dit travail. Et c’est là que le bas blesse. Exercer un emploi « clean », revient à être connu de l’administration de ce pays. Chose qui ne m’enchante pas particulièrement, moi qui me démène comme un beau diable depuis mon réveil pour être un « fantôme ». Seule solution : le black. Qui s’adonne à ce genre de pratique ? Eh bien, les criminels et autres malfaiteurs en tout genre. Je suis devenu leur bras armé. Leur homme de main. Leur Cerbère. Oui, c’est ainsi que je gagne ma vie à présent. Je vous l’accorde, on est bien loin de la vie de militaire des Forces Spéciales. Peut-être pas tant que ça, tout compte fait. Après tout, mon « travail » consiste à recevoir des ordres que je réalise sans broncher. A obéir aveuglément, sans rechigner ni objecter. Je n’ai pas de souvenir de ma vie entant que nageur de combat dans l’armée, mais j’imagine que cela devait sûrement être du même acabit. J’ai commencé au plus bas, en bossant pour des petites frappes, des pseudos loubards et des petits trafiquants de shit. Par chance, si j’ose dire, le bouche à oreille marche admirablement bien dans le monde de l’illégalité. Voyant que j’étais loin d’être un incompétent, on m’a dès lors recommandé auprès de personnes se situant un cran au-dessus dans la chaîne alimentaire. Des proxénètes, des usuriers, des contrebandiers, des receleurs … .

Aujourd’hui, je suis devenu le « smoking gun » favoris des parrains de la pègre et des membres du grand banditisme. Je touche du bois, tout s’est pour l’heure toujours très bien passé avec « mes employeurs ». Toujours ? Pas exactement. Il en est un qui a pris la mauvaise habitude de me prendre pour son bouche trou. Luo Feng. Ce mec serait sûrement prêt à refiler un herpès à sa mère, si cela pouvait l’exempter de lâcher ses Wons. J’ai travaillé en tout et pour tout trois fois pour lui, et la rémunération de mon ouvrage a toujours été problématique. Est-ce que cela me met hors de moi ou en colère ? Non, même pas. C’est bien ça le drame : ne pas pouvoir ressentir les choses ni éprouver de sentiments. Etre devenu … une espèce de cyborg. De machine. De tout voir avec (hyper)rationalité. Etre dénué d’affect. Est-ce qu’un jour je retrouverais ne serait-ce qu’une toute petite parcelle d’humanité ? Je l’espère. D’ici là, je me fais violence et vais contre ma nature de loup solitaire, en essayant autant que faire se peut de côtoyer mes semblables. Car oui, je crois que dans le fond … c’est en passant du temps avec l’Homme, que j’apprendrais à en redevenir un de nouveau. Je décide donc de me soumettre à l’exercice ce midi, en allant déjeuner dans un restaurant chinois de Busanjin. Je sais que c’est parfaitement débile mais, … j’ai quelques espoirs qu’en dégustant des mets que j’aurais pu consommer jadis, des souvenirs me reviendront à l’esprit.

En entrant, une dame d’un certain âge vêtue d’un costume traditionnel et se trouvant debout derrière le comptoir, m’accueille en inclinant la tête dans un grand sourire. J’agis par mimétisme. Oui, je dis bien mimétisme, car sourire honnêtement et sincèrement s’avère être une chose que j’ai également oublié. Une autre femme nettement plus jeune, et devant probablement être sa fille, passe les bras chargés de plats en tout genre. En arrivant près de moi, elle ralentit son allure et me dévore des yeux en minaudant. Euh … comment est censé réagir un homme « normal » ? J’imagine qu’au minimum et par politesse, il sourirait. Subrepticement, je sens mes lèvres s’étirer très légèrement. Mais en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, mon visage retrouve son immuabilité et son impassibilité habituelles. Bien qu’elles semblent parfaitement intégrées, leur accent les trahit et m’informe que tout comme moi, elles ne sont pas d’ici. Par souci de commodité, je m’adresse donc à elles dans notre langue maternelle : « Nǐ hǎo Nǚshìmen. J’aurais voulu com… . ». Je m’arrête net dans mon élan en voyant sortir des cuisines, la dernière personne sur cette terre dont je souhaite croiser la route. Lui … ? Ici ?! Cela ne tient pas debout. Qu’est-ce qu’il peut … . D’accord, je vois. Tout s’éclaire. « Il n’y a personne qui compte pour moi. » … mon cul, ouais ! Mes poings se crispent. Ma mâchoire se serre. Mes sourcils se froncent. Non. Pas ici. Ce n’est pas le moment. Ni l’endroit. Par politesse, je sors quelques billets de la poche arrière de mon jean, que je dépose sur le comptoir. En guise de dédommagement, dira-t-on. D’une voix glaciale semblant venir d’outre-tombe, j’ajoute sur un ton sec : « Navré pour le dérangement. ». Je relève le col de mon manteau afin de dissimuler tant bien que mal le bas de mon visage, puis quitte le restaurant aussi vite qu’un Bip-Bip poursuivit par Vil Coyote. C’est à cela que ça ressemble ? La colère et l’amertume. Hum … au moins, je n’aurais pas complètement perdu mon temps en venant ici. C’est ce dont j’essaye de me convaincre en m’éloignant à la hâte. Maigre consolation. Si tant est que cela en soit une.

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Luo Feng
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Sam 21 Avr - 0:00
Any problemOng x LuoTout se passait bien dans le meilleur des mondes. Joke. Évidemment que tout va mal pour moi . Ça fait trois ans que c'est ma routine ; en réalité, toute ma vie est une chute sans fond, mais ça fait vraiment depuis trois ans que je me pète la gueule magistralement. Si quelqu'un de formaté par la société – donc bien normé et très faible-  était à ma place, il se laisserait submergé par ses émotions et coulerait dans sa bassesse ; mais moi, je suis le contraire de cette société. Moi, je ne suis ni poli ni respectueux. Si vous vous en prenez à moi ou à mes proches, je vous le rendrai fois cent. A l'heure actuelle, je n'ai plus aucune patience, ni compassion. Dans mon malheur, je n'ai plus rien à perdre. Une des rares chances de ma vie. Tous ceux qui m'ont mis là où j'en suis, ils ne l'emporteront pas avec eux. Plus que ça, je les emporterai avec moi dans mon tourment.

Il leur faut donc un supplice digne de ce nom. Personnalisé.  Pour chaque fils de pute, un chevalet adapté. J'ai pleins d'idées. J'ai des tas de plans chez moi. Il me faut du matériel, pour les réaliser, beaucoup. J'ai besoin de tout. Je n'ai rien gardé de mon stock séoulite ; trop chaud pour les contrôles dans les transports. C'est un dommage qui me coûte cher aujourd'hui. Mais ça ne fait rien, vous allez me dire : je peux être à découvert autant que je veux, puisque dans deux mois je ne serai plus là pour payer quoi ce soit. La remarque est juste, mais vous ne connaissez pas les banquiers comme moi je les connais. Je tiens à carreau le mien, mais on n'est jamais à l'abri d'un coup de couteau de leur part.

Je ne vais pas chercher bien loin pour l'approvisionnement. Je m'adresse à Chen et Bao, mes deux anciens acolytes dans la trafic d'armes. Eux aussi, ils viennent de Busan de base. Comme nous nous connaissons de longue date, ils me font des rabais. J'ai même des petits cadeaux en plus. Je leur demande des fois autre chose ; ils ont le bras long, ils savent où chercher. Ils ne me demandent rien. Nous sommes juste contents de garder contact. Malheureusement, nous ne pouvons plus faire nos petites affaires en tête en tête...je me suis donc tourné vers un tiers. Un certain Ong Ki O. Un vagabond, qui accepte tous les contrats, et qui sait la fermer. Parfait. Je n'ai pas cherché à en savoir plus sur lui pour l'embaucher sur quelques affaires ; oui, c'est un grand mot pour moi. Je déteste ça. Passer par des intermédiaires. Même s'ils ont bonne réputation, j'ai toujours cette appréhension, ce sentiment que je pourrai mieux faire. Il y a aussi peut-être une frustration, celle de ne pas effectuer mes dernières transactions avant la fin. Quoi qu'il en soit, je préfère payer mes amis en priorité ; il est au bout de la chaîne de toute façon, c'est normal d'être le dernier réglé.

Ce matin, ma mère m'a appelé en urgence. Une fuite dans les cuisines. Connaissant la patience de mon père, cela promettait d'être une matinée longue et laborieuse. Une chance pour elle, mon corps avait décidé de coopérer avec moi. Pour une fois, je n'étais pas trop long à arriver. Le trajet en lui-même est court, mais il y a des fois où il se rallonge péniblement...ces fois où j'éprouve à nouveau la difficulté du nourrisson à l'épreuve de l'équilibre, couplées à une migraine d'un autre monde. J'ai donc aidé mon père en cuisine. Ma sœur était là aussi ; c'est vrai que nous sommes vendredi, il y a besoin de renfort. Nous nous en sommes sortis pas trop mal. A temps pour l'heure la plus importante. J'avais accompli mon devoir familial pour la journée, je pouvais repartir, retourner à mes occupations très importantes. Je suis donc sorti par la porte de la cuisine, normalement, quand je vis ma sœur et notre mère dans un face à face avec...Ong. Je m'arrête. Putain, ne me dîtes pas ce que j'imagine. Mes sourcils se froncent. Je le fusille du regard. Qu'est-ce-qu'il a à me regarder comme ça ? C'est plutôt moi qui a raison d'être énervé, ouais. Il leur dépose je sais-pas-quoi sur le comptoir -des billets mais je vois rien et je m'en fous- et il se casse. Il a compris qu'ici c'était mon territoire, c'est bien, mais je ne veux pas que ça s'arrête là.

Le poing serré, je marche rapidement vers lui, sortant derrière lui. Xian et maman comprendraient. Elles ont l'habitude. Mes fréquentations pas cleans, mes potes mouillés, tout ça. Mais ça, je ne veux pas qu'elles y soient habituées. Malgré mes choix, je les ai toujours protégées, et ça ne changera pas, même après ma mort. Il est hors de question que ça change avec Ong Ki O. Je le suis toujours pas derrière. J'attends d'être assez éloigné du restaurant pour lui dire ce que je pense. Puis à un moment, ça me prend ; qu'il y ait du monde ou pas autour de nous, je m'en fiche : j'attrape sa capuche et je la tire violemment, pour qu'il soit quasi contre moi, que son oreille soit très près de ma bouche, tandis que mon poing reste invisible dans ma poche, tel un parfait civil. « Reviens encore une fois ici, et je te bute avec la marchandise. » que je lui murmure, avec rage. Je ne blague pas. Ce que je le dis, je le fais. S'il y a besoin de vous le rappeler, j'ai fait partie du 14K.
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Ong Ki O
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Sam 21 Avr - 14:15


"Without Me"


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Merde ! Fait chier, fait chier ! Apparemment, la mémoire et la faculté d’éprouver des émotions, ne sont pas les deux seules choses que j’ai perdues depuis … bref. Force est de constater que mon vieil instinct lui aussi s’est fait la malle. Jadis, jamais au grand jamais je ne me serais aventuré dans un tel quartier. Enfin si peut-être, mais dans ce cas, je n’aurais probablement pas été seul. Quartier … . Un mot bien présomptueux pour qualifier cette jungle. Cette petite parcelle où s’est établie une zone de non-droit. Un état dans l’état. Une immonde verrue disgracieuse ternissant Busanjin. Le Chinatown de Busan, pour l’appeler grossièrement. Une sacrée épine dans le pied du Maire et des membres du Conseil Municipal. Pardon ? La police ? Pfff, pensez-vous ! Ils sont les premiers à fermer les yeux, laisser faire et se montrer complaisants. J’exagère ? Ah oui ? Dans ce cas, expliquez-moi comment il est possible qu’ils aient pu proliférer et prospérer aussi vite ? S’ils ne bénéficient pas de la protection des forces de l’ordre, alors les mauvaises graines font au minimum leur beurre du laxisme flagrant de la police. La vérité est on ne peut plus simple : ils en ont les foies, c’est tout. Comme tout le monde à vrai dire. Puis de toute façon, à quoi bon ? Quand bien même vous exterminez la vermine et appliquez la politique de la terre brûlée, cela ne servirait strictement à rien.

Ces gens là sont tenaces. Bien plus que la mauvaise herbe. Arrachez les, et ils repousseront ailleurs tout aussi vite. De toute façon, la nature a horreur du vide. Ouais. Trop accaparé à échafauder des hypothèses sur ce qui m’est arrivé ainsi que sur la tournure que pourrait bien prendre mon avenir désormais, je n’ai prêté aucune attention et ai été totalement inattentif à l’environnement qui m’entoure. Une immense et incommensurable erreur. Une erreur qui, sur le front ou sur un champ de bataille, se serait avérée fatale et létale. Bon en même temps, j’ai rarement été amené à combattre seul dans les Forces Spéciales. Enfin, je suppose. Pour vous dire la vérité, je n’en ai strictement aucun souvenir. Néanmoins à ma connaissance, hormis pour quelques rares agents des Services Secrets, aucun membre ne servant dans la défense ne travaille en solo. Je ne cherche en rien un prétexte ou une excuse. Ce qui vient de se produire est tout bonnement inadmissible, et j’en ai parfaitement conscience. Je dis simplement qu’il est peu vraisemblable qu’une telle bévue se soit produite en mission. Si d’aventure j’avais fait preuve de négligence comme ça a été le cas tout à l’heure, il y aurait forcément eu un homme de mon unité pour me remettre dans le droit chemin ou me recadrer. Même si … même si dans mon for intérieur, j’ai la conviction de plus avoir fait parti des éléments tatillons, plutôt que de ceux étant distraits.

Gǒupì ! Mais quand !? Quand suis-je devenu à ce point imprudent et irréfléchi ? Cet homme ce n’est … ce n’est pas moi. Comment … comment ai-je pu tomber dans la gueule du loup d’une manière aussi aberrante ? Non, à ce niveau là ce n’est même plus tomber, c’est carrément sauter dedans à pied joints. Cela ne serait jamais arrivé à l’ancien Ki O. Il aurait senti le traquenard. Plusieurs détails gros comme une maison, lui auraient mis la puce à l’oreille tout de suite. Sitôt un pied mis dans ce ghetto, il y aurait réfléchi à deux fois avant de s’aventurer plus loin. Quel idiot ! Si vous saviez comme je m’en veux et me maudis à présent. A présent que l’évidence me saute aux yeux. Ce quartier empeste les Triades. Il en est infesté. Gangrené. Nécrosé. Ils sont partout. Ils savent. Ils … non. Non, ça ce n’est pas la réalité. Ce sont seulement les pourtours de ma psychose paranoïde qui font des leurs. Car oui, en échange de la perte de la mémoire et de l’empathie, il semblerait que j’ai hérité de cette merde. Si vous pensez que sous prétexte que j’ai en partie du sang chinois dans les veines, je suis en terrain conquis ici et qu’il ne peut rien m’arriver : vous vous foutez le doigt dans l’œil. Si ma tête ne leur revient pas, ces types n’hésiteront pas à me tomber dessus. Une chance que je n’ai pas le physique de l’asiatique de base, sinon je pense qu’il y a déjà bien longtemps que j’aurais quitté ce quartier les pieds devant.

Sans aller jusqu’à dire que ça les dissuade totalement de me mettre sur la gueule, il est cependant clair que ça aide à contenir et réfréner leur agressivité. Bien que mon morphotype ressemble furieusement au leur, plusieurs détails prouvent que je ne suis pas seulement d’ascendances chinoises. Ils ont beau être bêtes comme des manches à balai, ces détails leur crèvent les yeux. Je le sais. Je le vois. A l’insistance qu’il ont de me dévisager. A leurs messes basses entre eux. A leurs regards en biais. Non, je ne suis ni d’ici ni de chez vous. Pas besoin de le dire, la carnation de ma peau s’en charge à ma place. Nettement moins translucide que celle d’un japonais et beaucoup plus hâlée que celle d’un coréen ou d’un chinois. Elle ressemble à celle gorgée de soleil des malaisiens ou des philippins. Mes yeux le crient haut et fort eux aussi. Moins bridés que ceux d’un nippon. Moins en amandes que ceux d’un coréen. Moins étirés et allongés que ceux d’un sinophone. Ils ont cette ouverture et cet ovale, que l’on retrouve là aussi chez les peuplades d’Asie du Sud-Est. Ces quelques points ne sont pas les seules choses susceptibles de me desservir. Mes activités pourraient en effet jouer en ma défaveur. Cet enc… empaffé de Luo est loin d’être mon seul et unique employeur. J’ai tout un réseau de contacts qui me sollicite. Je suis un indépendant. Je n’appartiens à personne, et n’ai juré allégeance à aucun clan ni aucune faction.

Le plus souvent, les personnes faisant appel à moi sont des coréens. Je vous laisse donc imaginer quels sont leurs ennemis, et de facto les personnes que je floue et qui sont lésées par mes actions. Les chinois, évidemment. Pour le compte de qui j’ai réalisé le plus de contrats ? Hmm. Ce n’est pas vraiment une personne, puisqu’il s’agit des Kkangpae. La mafia coréenne, et par extension les ennemis héréditaires des Triades. Si par malheur je croise la route de quelqu’un à qui mes actions ont nui, il est clair et net que ça risque de virer au pugilat. Ceci dit, avec la recrudescence des groupuscules Yakuzas, ils ont sans doute plus important à faire que me chercher des poux dans la tête. J’ai peut-être un peu de chance finalement. Bientôt, j’aperçois les abords d’un quartier nettement plus coté et huppé du centre-ville. Traduction : immunité et retour à la civilisation. Pas si vite. A quelques pas seulement de cet Eldorado que représente la City de Busan, quelqu’un m’agrippe par le col de mon manteau et me tire en arrière. J’étais à deux doigts de riposter, mais décide finalement de me raviser lorsque la voix de Feng le pseudo caïd serpente dans mes tympans. Hmm, vraiment ? Le rôle est bien tenu, je le reconnais. En revanche, j’émets quelques réserves quant à son jeu d’acteur. La façon dont il m’empoigne pour commencer. Certes, il a de la force, mais pas autant que son gabarit le lui permet. C’est un peu faiblard.

En détournant furtivement les yeux vers le sol, une autre chose me fait tiquer. Ses appuis. Ils ne sont pas suffisamment ancrés. Une de ses jambes semble même flageoler. Curieux … surtout pour un grand gaillard tel que lui. Son souffle qui vient heurter le lob de mon oreille, m’apprend qu’il semble peiner pour trouver de l’air. Comme s’il venait de produire un énorme effort, alors que de toute évidence, ce n’est pas vraiment le cas. Etrange. Et que dire des quelques gouttes de sueur, qui perlent de façon sporadique le long de sa tempe. Il ne fait pourtant pas excessivement chaud, et il semble vêtu plutôt légèrement. On dirait … on dirait que son corps est en sur-régime. Un peu comme s’il essayait de lutter contre une hostilité interne. Non, cela n’a pas de sens. Pourtant … l’encolure de sa chemise qui baille, indique qu’il a perdu pas mal de poids récemment. Ajoutez à cela sa gueule de camp de concentration et … . Ce pourrait-il qu’il soit malade ? Qu’il n’en ait plus pour longtemps ? Hmm, me buter ... . Navré pour toi mec, mais dame nature ne te donnera pas cette chance. Si l’un de nous deux doit survivre à l’autre, il y a neuf chances sur dix pour que cela soit moi. Crois-moi, je me ferais un plaisir non dissimulé de pisser sur ta tombe, lorsque tu boufferas les pissenlits par la racine. Sans accorder un regard à Feng, je continue de fixer l’horizon et lui rétorque sur un ton détaché, avec une ébauche de sourire en coin carnassier sur le visage :

« Si tu t’imagines que les menaces d’un mec subclaquant me font peur … . Nous savons tout deux que tu n’en feras rien. Non seulement tu n’as pas de couilles, mais en plus tu n’as aucune parole. Si c’était le cas, il y a bien longtemps que ton ardoise serait effacée. ». Tu es comme les autres Feng. Tu aboies, mais jamais ne mords. Tu te donnes des grands airs de pitbull, mais une fois au pied du mur tu redeviens le petit caniche à sa mémère que tu as toujours été. Comme tout les mafieux, tu es lâche. Tu penses vraiment pouvoir me liquider ? Laisse-moi rire ! Tu n’as déjà pas le cran pour faire le travail que tu me délègues, alors buter un mec … . Que de la gueule. C’est bien beau tout cela, mais entre dire les choses et les faire : il y a un monde. Et par pitié, n’invoque pas ton éventuel état de santé défaillant pour te justifier. Si tu n’avais vraiment plus rien à foutre de rien, tu ferais toi-même le boulot. Quitte à crever, autant que ça soit en faisant quelque chose qui te plaise et te fasse prendre ton pied, non ? La vérité, c’est que face à la mort, tu es comme tout le monde Feng : tu as peur. Tsss, si je pouvais la ressentir, je te dirais que tu me fais pitié. D’un mouvement sec et brusque de l’épaule, je parviens à me libérer de son entrave. Sans un mot de plus, je poursuis ma route arrivant ainsi dans le quartier des affaires de Busanjin. Aussitôt, je chausse sur mon nez mes lunettes de soleil. Le système de vidéosurveillance ici et quasi omniprésent. Prudemment, je détourne la tête de la zone que couvre chacune des caméras que je croise sur mon passage. A l’idée que j’ai pu parcourir le trajet à l’aller à visage découvert, mes ongles s’incrustent dans la paume de mes mains. Bordel ! Espérons que ce court manque de vigilance ne portera pas à conséquence.

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Luo Feng
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Dim 6 Mai - 18:59
Any problemOng x LuoCe qui vient de se produire, ça m'est rarement arrivé. Qu'un bâtard s'en prenne à mes proches -ma famille en plus- pour mes dettes. Quand vous faites partie, ou avez fait partie, d'une triade ou tout autre type d'organisation criminelle mafieuse, il est normal que vous plongez votre famille avec vous. Vos problèmes deviennent les leurs. C'est une réalité dont il faut s'attendre ; un mode de vie pour vous, une malédiction pour vos proches à s’accommoder.  En ce qui me concerne, les choses ne se sont pas déroulées comme ça. Parce que ça, c'est le mauvais scénario pour les faiblards ;  moi, dans ce milieu de chacal, j'ai toujours été un lion. Quasiment personne sur cette terre ne m'a mis la pression ou impressionné, parce que ce rôle, c'est moi qui le tenais. Je n'ai jamais été une victime. Ni pendant le 14K, ni avant de l'intégrer. Je n'ai jamais été emmerdé par personne, parce que tout le monde sait ce qu'il va se manger. A fortiori, personne ne s'en est donc pris à ma famille, grâce à moi et à ma réputation. Il faut donc vraiment être un abruti ou un suicidaire comme Ong pour faire ça.

Parce qu'il n'est pas venu ici pour autre chose. Il est venu sur le lieu de travail de ma famille pour les menacer, parce que le méchant Feng ne m'a pas payé oulala attention. Abruti, connard, sombre en****. Sur des femmes en plus, ma mère et ma sœur. J'ai vu rouge. Avant ma maladie, je lui aurais rentré dedans. Mais aujourd'hui, en 2018, c'est une chose que je ne peux plus. Cette fatigue chronique, ce poids qui engourdit mes membres du soir au matin, alourdi par des nuits entre pointillés, retient organiquement mon agressivité immédiate. Qu'à cela ne tienne, ça n'empêche pas mon intellect de bien fonctionner et de bouillonner ; le temps de marcher jusqu'à, ça laisse du temps à mon corps de se dérouiller. Il est vraiment trop con en plus, il a dû être repéré par pas mal de monde ; la sale espèce dans mon genre, ce n'est pas ce qui manque dans le quartier. Il doit y avoir Chen dans le coin. Ne bossant pas que pour moi, il doit être un peu connu. Même par ceux qui ne l'ont pas employés, il y a des sédentaires qui ont dû s'habituer à sa tête, celle que leur pote emploie. 14K ou pas, ou pire, les triades rivales. On comprend pourquoi à son âge il fait ces trucs de raté : c'est un cassos.

Et un petit avertissement en bonne et due forme, ça c'est fait. Il a beau être plus âgé et bien se tenir sur ses deux jambes, je ne plierai devant personne. Je ne lui laisserai ni cette chance ni ce plaisir, je défendrai mon honneur jusqu'à mes dernières heures.  C'est un vieux, s'il est un peu fute-fute il doit bien voir dans notre monde que les jeunes bouffent les vieilles figures et les remplacent, s'il veut que tout se passe bien pour lui il devrait me craindre. Je le tiens, par derrière, je suis dans sa zone de confort, je le tiens, fortement...enfin je pense le tenir fortement, mais à vrai dire j'ai du mal. Je l'ai attrapé maladroitement, je me tiens mal, c'est plus lui qui m'équilibre que moi-même. Mais la volonté y est. Même malade, j'ai du chien.

Qu-...pardon ? J'ai bien entendu ? Il se fout de moi en plus ? Mon visage a un tic de colère. Ma bouche n'est pas fatiguée à ce moment-là pour réagir, instantanément. « Pardon ? T'as dis quoi là ? Répète ça un peu pour voir ? » sur l'offensif, comme d'un seul trait tellement j'ai parlé vite, sans élever davantage la voix.  Et il se dégage de moi, d'une facilité si humiliante...putain, je les déteste tous, lui, eux qui ont rendu mon corps si faible. Pas la peine de tergiverser, je le suis, le collant sur le côté droit. Au moindre écart, je peux le plaquer, le retenir d'aller du côté où on se sent le plus en sécurité, je le garde encore sous ma main. Après ce qu'il vient de me dire, vous vous doutez bien que je ne vais pas le lâcher. Putain, Busanjin...un endroit bondé de monde, il l'a choisi ce connard. A défaut de pouvoir lui casser la gueule sur la place publique, je vais l'user, jusqu'à qu'on retrouve un coin désert où on s'expliquera librement. Et d'où on parle comme ça à son employeur ?! Dans un travail normal, tu t'aurais fait virer pour insubordination ; du moins chez moi, je t'aurais viré sans vergognes. Piqué à vif, je continue de le provoquer. « Subclaquant ? Oh, monsieur utilise des mots savants maintenant, où t'as appris ça toi ? Genre tu sais ce que ça veut dire ?  » Je pense sincèrement que c'est un idiot, je n'ai donc pas de mal à lui parler comme ça : hautain au début, agressif sur la fin. Parlant de plus vite en vite, ma colère n'est invisible pour personne ; je mâche un peu les mots, pour ça le mandarin est super.  « M'parle non plus d'parole ou d'courage, parce que tu ne sais plus ce que ça veut dire : d'où tu viens emmerder ma famille ? T'viens agresser ma mère, ma sœur et tu t'barres dès qu'un vrai arrive, et ça se dit homme ça ?? Alors me fais pas d'leçon d'morale parce que toi tes couilles elles n'ont jamais poussées. » L'art de la punchline, don de la jeunesse. Non il ne m'a pas que piqué, je l'admets, mais j'ai raison. Okay, j'ai des choses à me reprocher, vis-à-vis de lui, je lui dois encore un petit reste, mais sur la morale il est pire que moi pour le moment. Il s'en est pris à ma fierté aussi, je n'aime pas qu'on me fasse des reproches ou qu'on me dise ce que je dois faire. Je sais que j'ai fait pire aussi, pour des dettes j'ai fait plus qu'agresser, mais là encore personne n'a à me faire la morale, et c'est mon passé. Ma conscience ne regarde que moi, et ma virilité est incontestable.
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Ong Ki O
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Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger. | Indic pour la police.
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Dim 6 Mai - 21:56


"Without Me"


I WANT NOTHING MORE TO DO WITH YOU


Le quartier des affaires de Busanjin. Sacré choc des cultures après une petite immersion dans le Chinatown de Busan. J’imagine que c’est le genre de transition un peu brutale, qui aurait de quoi choquer des âmes non averties. Hmm, quitter l’enfer des gangs pour trouver celui des cols blancs. L’un dans l’autre, je me demande lequel est le pire ? La vermine en costard trois pièces de chez Smalto, ou celle tatouée et piercée à outrance donnant dans le mauvais goût ? Pas de doute, notre terre regorge d’ordures et d’immondices divers et variés. Admirez plutôt le working man coréen dans toute sa splendeur. Faisant étalage de son argent. Croyant que tout lui est acquis ou dû. Que le monde est à ses pieds. Qu’il est un don de Dieu pour la communauté. Tsss, du don de Dieu à l’erreur de la nature : il n’y a qu’un petit pas. Tiens, en parlant d’erreur de la nature … il y en a une qui me colle aux baskets, tel un vieux chewing-gum insipide et ayant perdu toute sa saveur. Si j’avais su que je reverrais cette gueule de mort en sursis aujourd’hui, je serais très certainement resté bien tranquillement chez moi. Argh, si seulement je pouvais m’en débarrasser. Comme ça, en claquant des doigts. Cela serait tellement plus simple. Hmm, plus simple mais hélas impossible. Dommage. Ces choses là, c’est comme les vieux : quand ça ne veut pas lâcher la rampe, ça s’accroche. Le malheureux, s’il savait … .

S’il savait qu’il a en réalité à faire à un militaire des Forces Spéciales. Un homme ayant été entraîné à tuer. Rapidement, silencieusement et proprement. A savamment torturer pour recueillir des informations. Un être à la peau dure pouvant survivre en milieu hostile ou dans des conditions extrêmes. Un corps mais aussi un mental en acier trempé, formé pour résister aux plus innommables sévices. Pour ne pas craquer ni flancher sous la pression. Les petites frappes dans son genre avec leur logorrhée de pseudos caïds … j’imagine que j’ai dû en remette plus d’une à sa place par le passé. Et ce de façon définitive, bien entendu. Je pourrais faire de même avec lui. Là tout de suite maintenant. Cela serait aussi facile que d’étrangler un nourrisson. Eh puis qui sait, ça pourrait même être pour lui une forme de délivrance ? Se délivrer d’une enveloppe charnelle qui vous abandonne et qui tombe en déliquescence. Je me demande si cette pensée lui a déjà effleuré l’esprit … . Probablement. S’il ne tient pas à devenir un poids et une charge pour ceux et celles qu’il aime, pour ceux et celles qui restent : alors oui, peut-être. A moins qu’il n’en ait décidément plus rien à foutre de rien. Y compris des personnes dont il partage le sang. Après tout, pourquoi pas. Les mafieux dans son genre seraient prêts à tuer père et mère, pour une poignée de Wons ou quelques grammes de neige. Je pense que si la racaille avait des valeurs ou était philanthrope, il y aurait longtemps que les boursicoteurs et autres traders seraient capables de chier des millions sur commande.

Fait chier ! Comment je vais bien pouvoir me défaire de cette espèce de navrance ? En passant devant une bouche de métro, l’idée de m’y engouffrer me tente pendant quelques instants. Finalement, je me ravise et décide de poursuivre ma route. Me retrouver dans un espace au trois quarts clos et confiné avec cet aboyeur, n’est pas franchement le top du top. Il n’y a pas mieux pour que ça pète et que cela fasse des étincelles. Eh puis, cela ferait désordre dans un quartier du standing de « la City » de Busanjin. Rien de grave ne se passera s’il y a des témoins. Hmm, je n’ai pas des mille et des cents de solutions. Rester parmi le flot ininterrompu et constant des badauds est probablement la meilleure chose à faire. En tout cas, c’est la seule si je tiens à éviter un règlement de compte musclé avec une averse de coups. Par chance, les rues sont bondées en cette heure méridionale. Work addicts en chemise blanche et business women en jupe crayon, ont décidé d’aller se sustenter entre deux ventes de stock options et un rail de coke sniffé. La force avec laquelle ils agrippent leur attaché-case suffirait pour tordre un annuaire. Mouais, c’est bien beau tout cela, mais ça ne me dit pas comment je fais pour me dépatouiller de l’autre roquet. Hmm, je pourrais peut-être piquer un sprint et me faire la malle dans la foule ? Au vu de sa condition physique bringuebalante, je pense que je n’aurais aucun mal à le laisser sur place et le semer.

Ceci dit, même si cette forêt humaine est dense, je doute qu’elle suffise pour que je puisse me fondre dedans. Je culmine quasiment à deux mètres. Même si je suis loin, il n’aura aucun mal à me repérer et à me pister. Bordel ! Que faire ? Le problème semble insoluble. Pas le choix, je vais devoir continuer à écumer les endroits surpeuplés, jusqu’à ce qu’il se fatigue et qu’il me lâche. J’imagine que l’agenda d’un salaud doit être bien garni, et qu’il a par conséquent une montagne de choses à faire bien plus importantes que de me refaire le portrait. Du moins, s’il y arrive … ahem ! Mouais … quelque chose me dit qu’il va en falloir beaucoup avant qu’il ne lâche l’affaire. Il n’y a qu’à voir comment il déblatère. Pour un homme se targuant d’être philosophe, je trouve qu’il gaspille pas mal sa salive avec des propos aux relents d’égout. Ah ça oui, on est bien loin de Hegel ou Confucius ! Franchement quand on voit la quantité d’air qu’il brasse, on se demande à quoi servent les éoliennes. A lui seul, il pourrait assurer la production d’électricité que consomme Busan en un an. Moi qui pensais avoir réchappé de l’enfer avec ce que j’ai subi à l’hôpital, force est de constater que je me trompais. Ce n’était que l’antichambre des profondeurs. Devoir souffrir d’entendre la diarrhée verbale de ce branquignol : c’est ça l’enfer. Pour rester philosophe, je dirais que Sartre n’a jamais eu autant raison lorsqu’il affirmait que « l’enfer, c’est les autres ». Il s’excite et en même temps se contient.

Il pique par moment, à grand renfort de petites phrases assassines. Tout cela me passe totalement au dessus. Oui, même la remise en cause de ma virilité. Ca glisse sur moi tel l’eau sur les plumes d’un canard. Je l’ignore souverainement et le laisse s’égosiller dans le vide. Certaines personnes nous regardent bizarrement. Elles étouffent des rictus, arquent les sourcils ou nous regardent en biais. Oh génial … . Ils croient qu’on est un vieux couple et qu’il me fait une scène. Remarque, je reconnais que pour quelqu’un qui n’a que les images et pas le son : ça peut prêter à confusion. Merde ! La Tour de Busan pointe à l’horizon. Ce qui veut dire qu’on se rapproche de plus en plus du quartier de Nam. Le repère des artistes. Nettement moins fréquenté que cette fourmilière humaine qu’est Busanjin. Il a gardé son cachet d’antan et compte un grand nombre d’impasses et de petites ruelles, qui bien évidemment ne sont pas squattées par des dealers ou des péripatéticiennes enchaînant les passes. Pour lui, ça sera le nec plus ultra s’il n’en démord pas et souhaite toujours en découdre. L’immense centre commerciale de Daimesu s’impose à moi comme l’ultime recours, si je tiens à rester dans un lieu grouillant de passants. Avant d’emprunter les portes tambour, je lui fais volte face et tiens à clarifier les choses suite à son dernier propos. Masque de cire à la place du visage, je lui rétorque avec beaucoup de maîtrise.

« Il va falloir que tu arrêtes de te prendre pour le nombril du monde et de penser que tout tourne autour de toi. J’ignorais que tu avais de la famille, et encore plus qu’elle vivait ici à Busan. Si je suis venu dans ce restaurant, c’est pour une seule et unique raison : déjeuner. Malheureusement, le fait de t’avoir vu m’a coupé tout appétit et me donne plus envie de gerber qu’autre chose maintenant. A aucun moment je n’ai agressé ta mère ou ta sœur. C’est à peine si je leur ai dit deux mots. Je n’use pas de pareilles méthodes. Néanmoins, je doute que toi et tes « amis » du 14k pouvez en dire autant … . Ce n’est pas parce que tu es un enculé au dernier degré, que ta sœur et ta mère doivent trinquer pour toi. Les civ… . Elles n’ont rien à voir dans tout cela. Maintenant soit tu t’acquittes de ta dette et on en reste là, soit tu me lâches et tu te barres en reprenant le cours du crépuscule de ta vie. ». Je préfère couper court à l’échange en passant les portes de la grande galerie marchande. J’étais à deux doigts de me trahir en disant « les civils », pour faire allusion à sa mère et sa sœur. Du jargon de militaire par excellence. Il ne faut pas que ça se sache. Il ne faut pas qu’on découvre qui j’étais « avant ». Si cela se sait, ils me retrouveront et me feront la peau. Une seule solution : compartimenter. D’un côté le Ki O d’avant et de l’autre le Ki O d’aujourd’hui. Pour lui, je suis le pauvre mec un peu paumé qui tabasse n’importe qui pour le compte du plus offrant. En aucun cas je suis le militaire des Forces Spéciales de l’armée taïwanaise. Il ne doit pas le savoir. Personne ne doit savoir. De toute façon … j’ignore moi-même tout de l’homme que j’ai été durant ces trente-trois années.                                                                                                                            

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Luo Feng
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Dim 20 Mai - 21:29
Any problemOng x LuoBusanjin, le quartier des affaires et rien de plus. Ni impressionnant ni impressionnable, j'aurais peut-être fais plus attention avant, mais aujourd'hui c'est le dernier de mes soucis d'être dans les fichiers de la police et/ou des vigiles de Busan. Je pourrais agresser quelqu'un n'importe où. Et je m'en fiche encore plus d'attirer l'attention sur moi, sur nous. Le regard des gens, je m'en suis toujours carré, mais là, vous ne pouvez pas imaginer à un point...s'il y en a un que ça dérange, parmi les "spectateurs", il vient nous voir et je lui expliquerai pas très diplomatiquement d'aller se faire voir. Ça ne regarde que Ong et moi.

Oui, je sais, tout ce que je dis n'est pas très fin, mais que voulez-vous...chassez le naturel, il revient au galop comme on dit. Je ne me vois plus du tout comme un voyou, mais les attitudes de bas quartiers sont difficiles à enlever. Ong a aussi touché à quelque chose de très bas : ma virilité. Pour un aussi grand homme, c'est un comble. Le pire, c'est qu'il m'ignore ce fdp. Plus il m'ignore, plus il échauffe mon sang, plus je lui envoie. L'ignorance, le pire des mépris ; l'arme des lâches qui ne veulent pas se battre, le pire affront pour un combattant-né comme moi. Mais vous pouvez me comprendre : non seulement il s'en prend à mes proches, mais en plus il me fuit pour ne pas l'admettre devant moi. Vivement un cul-de-sac, que je lui rentre dedans sans être dérangé. Je m'égosille sur lui, à défaut de pouvoir lui mettre mon poing, l'envie me brûle les sangs.

Quand tout d'un coup, il s'arrête et me fait face. Ah, enfin une réaction. Je le regarde, haineux ; vas-y, crache-moi ce que t'as à me dire. Déjà le début ne me plaît pas. Mon regard prend des éclairs. Le nombril du monde ? Mais qui il se prend lui pour faire des jugements hâtifs sur ma personnalité ?! On se connaît que depuis quelques semaines, et encore ! Ce n'est pas avec nos brefs entretiens qu'il peut se targuer me connaître ! C'était en plus très faux : je ne suis ni particulièrement orgueilleux ni particulièrement humble, je reconnais mes actes sans me dévaloriser, j'ai toujours fait de mon mieux pour survivre, être, je sais où est ma place et combien je la mérite. Encore un vieux qui croit tout savoir sur tout et sur tout le monde. Pour être ce qu'il fait à son âge, moi je peux dire qu'il ne connaît rien.

La suite était assez étonnante...il ne savait pas, apparemment, qu'il entrait de la restaurant de ma famille, ce qui fait que dans notre situation c'était moi, l'agresseur, de Ki O. Mes traits se dérident progressivement ; la vache, il a gardé tellement son sang froid qu'il en a descendu le mien. Bon, je suis peut-être parti vite au quart de tour, je le reconnais un peu. Je ne bronche pas sur le "enculé au dernier degré' : je valide totalement, pour le coup et même savoir il me qualifie bien. C'est même très valorisant. Je suis conscient de ce que je suis, et j'en fier : d'être un salaud, sans être un cinglé ni un sadique. Quelqu'un qui sait se faire respecter, tout en étant juste. Par contre, pour les "méthodes" en question...je les ai effectivement appliquées. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, mais quand j'y repense j'en ai terriblement honte...je n'arriverai pas à le contre-dire sur ça, ou même à en parler. Je culpabilise. S'en prendre à des innocents me révulse ; ce sont mes regrets.

Sur le coup je me sens bête, et il arrive à me devancer de quelques secondes, entrant dans cette foutue galerie commerciale. Je le suis, mais je suis obligé de le heller « Ong, attends ! On n'a pas fini ! » Le saligo, il veut s'enfuir à tout prix. Il m'a fait la proposition de régler ou de " le lâcher". Oh t'inquiète, on va en parler de la dette, ne t'en fais pas. S'il n'y a que ça qui te retient, je vais te clouer sur place. Je suis obligé de limite trottiner pour l'avoir à nouveau sous ma main : j'empoigne vivement son épaule gauche de ma main et la serre -putain, j'ai pas assez de force pour l'arrêter juste comme ça, il est costaud en plus-  je me mets face à lui, qu'il arrête d'avancer. On est près l'un de l'autre, mais c'est pas grave. Le temps de le rejoindre, l'info a cogité dans mon pauvre cerveau, qui a eu l'intelligence de reconnaître la faille dans ses propos ; il se peut qu'il ment, mais j'ai du mal à le voir chez Ki O. Je fronce les sourcils, toujours sur la défense, mais plus scandalisé, les yeux très expressifs, appuyant certains mots clés. « Attends, comment ça tu ne savais pas pour ma famille ? Attends, tu ne te renseignes pas un minimum pour qui tu travailles ?? Tu te fous de moi ! » Ce n'était pas logique. Il travaille avec Chen, donc forcément il connaît comment est le milieu, et je pensais qu'il avait questionné mon ancien acolyte pour savoir qui j'étais, quel type d'employeur je suis, mon background, mon parcours...j'ai du mal à croire que non. « Tu travailles avec le 14K, tu connais forcément leurs territoires, tu te doutes donc qu'on est en plein dedans ! ».  Actif, je me renseignais toujours sur untel pour savoir si je l’embringuais dans mes affaires ou pas. Et mes ennemis, encore plus...c'est dur à entendre que Ki O ne se soit pas renseigné sur les différents fiefs des Triades de Busan. « J'avais une autre affaire pour toi avec le solde de la précédente, mais il va falloir qu'on clarifie deux-trois choses. » concluais-je plus calmement, autoritaire. Là, je suis en train de me demander si j'ai un amateur. Je n'enlève pas qu'il a toujours bien fait son taf, que ce soit avec moi ou avec Chen -celui-là ne me l'aurait pas recommandé pour rien- mais c'est une négligence qui me fait peur. Ça veut dire qu'il peut aussi travailler pour d'autres Triades sans qu'il n'en est conscience, et ça c'est juste pas possible. Moi personnellement je m'en fiche, je ne fais plus partie du milieu, mais c'est pour Chen. Quant à ma proposition, oui c'était vrai mais elle n'était pas dans ma liste des priorités. Je comptais le rappeler la semaine prochaine mais tant pis. J'ai pas envie de mêler plusieurs personnes à mes affaires, déjà rien que lui c'est risqué, donc il faut que je me le garde.
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Ong Ki O
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Mer 23 Mai - 18:12


"Without Me"


I WANT NOTHING MORE TO DO WITH YOU


Hmm. Il n’y a pas à dire, nos sociétés extrême-orientales n’ont de cesse de rivaliser en terme de contraste et de choc des cultures. Dans une mégalopole comme Busan, traditions et modernisme se côtoient, se heurtent et s’entrelacent. En un clin d’œil, vous pouvez passer des pagodes et des temples séculaires, à ces temples d’un tout autre genre : les grandes galeries commerciales. Ces nouveaux sanctuaires où l’on vénère le consumérisme à outrance. Les touristes sont toujours étonnés face à cette incroyable dualité. Pour nous autres les autochtones qui baignons dans cet environnement singulier en permanence, cette dichotomie est devenue d’une banalité affligeante. Il y a bien longtemps que les résidents de cette ville ne s’émerveillent plus, devant les vestiges qu’ils voient tous les jours et qui sont autant de témoignages précieux du passé. Heureux soient-ils, eux qui savent quel est leur passé. Eux qui savent d’où ils viennent. Dans ce monde chronophage qui n’a de cesse d’aller de plus en plus vite, on ne se définit plus par ce que l’on est mais plutôt par ce que l’on possède. Oui, il semblerait que « Avoir » ait pris le pas sur « Etre ». Repères, convictions, valeurs … . D’inestimables caractéristiques qui sont le propre de l’Homme. Sa quintessence. Des caractéristiques désormais archaïques, et qui tombent en désuétude aux yeux de la majeure partie de la population. Ils les négligent et les dénigrent.

Pire encore, certains les mettent carrément au rebut. L’insatisfaction les gangrène et les nécrose de l’intérieur. Ils ne ressentent plus qu’une béance ainsi qu’un vide abyssal. Un vide que rien ne peut combler, mais qu’en désespoir de cause, ils s’efforcent de contenter dans leur quête interminable du « toujours plus ». Tsss … pathétique. Comment l’être humain peut-il être assez naïf pour croire cela ? Comme si en arpentant ces bastions des temps modernes que sont les grandes surfaces, et en se ruant pour faire l’acquisition d’une quantité astronomique de biens, on pouvait être heureux … . « Avoir » n’a jamais fait le bonheur, même s’il est vrai qu’il peut quoi qu’on en dise en partie y contribuer. En définitive, la vacuité que nous ressentons au fond de nous, nous paralyse. C’est pour cela qu’on amasse toujours plus. Pour meubler ce néant qui nous terrifie. On s’inflige des désirs qui nous affligent. Sur le coup en les assouvissant, on se sent alors bien. Épanoui. Voire en sécurité. Puis très vite, la peur et l’inquiétude reprennent les rennes. Alors tel un mécanisme d’auto-défense, on fait naître un nouveau désir. Une nouvelle envie, qui l’espace d’un instant nous tirera de cette obscure spirale et de ce marasme chaotique. Triste fatalité que la vie. Finirais-je comme cela, lorsque j’aurais répondu à toutes les questions qui me taraudent et fait le tour de ma quête identitaire ?

Mon obsession actuelle pour « Etre » muera-t-elle vers une lubie permanente de « Avoir » ? Lequel des deux est le pire ? Hmm. Me voici désormais plus aussi catégorique, quant à mon objectif sur le long terme. Peut-être que cet immense flou radial, cette dense nébuleuse qui m’enveloppe n’est pas une si mauvaise chose finalement. Je devrais … je devrais probablement apprendre à m’en contenter. Seul problème, mon esprit terre-à-terre et cartésien de militaire n’est pas très friand des zones d’ombres ainsi que des incertitudes. Dans la mesure du possible, j’aime autant que les choses soient claires, nettes et concrètes. L’approximation et les « à peu près » n’ont jamais vraiment été mes amis. Je sais pertinemment que tant que j’ignore qui je suis et quelle est mon histoire, je serais tout bonnement incapable d’aller de l’avant, de me projeter et d’envisager l’avenir. Alors non, je ne peux définitivement pas me « contenter » de mon sort. Comment peut-on être dans le déni et faire comme si de rien n’était après … après ça. J’ai le droit de savoir. Je dois savoir. Comprendre. Toutefois, peut-être que je m’y prends mal ? Peut-être que je ne devrais pas forcer ma mémoire, en effectuant des actions que j’ai pu être amené à réaliser « avant », dans l’espoir que cela suscite en moi une impression de déjà vu ou que cela fasse jaillir un flash du passé. En tout cas, cela m’aurait évité bien des emmerdes … .

Bah oui, si je ne m’étais pas obstiné dans cette voie-là, jamais je n’aurais mis les pieds dans ce restaurant et aurais recroisé par inadvertance Feng, alias « Monsieur je vois le mal partout ». Ceci dit, le grand paranoïaque que je suis ne peut pas lui jeter la pierre sur ce point là. Toujours est-il, qu’il est tout à fait plausible que crocheter ma mémoire et la solliciter plus que de raison, soient plus contre-productif qu’autre chose. Et si je changeais d’approche ? Qui sait, en faisant preuve de plus de détachement et en prenant moins cette histoire à bras le corps, peut-être que ce que je recherche et souhaite plus que tout au monde finira par arriver ? Après tout, c’est toujours lorsque l’on s’y attend le moins que ce que l’on veut nous tombe dessus. Il faut probablement que les choses suivent leur cours. Tout simplement. Que je continue à mener une vie « normale », tout en étant bien à l’écoute des sensations et des émotions qui surgiront à l’avenir. Hmm, facile à dire pour un être capable d’éprouver et de ressentir. Pour moi en revanche … . Cependant, je ne désespère pas qu’un jour, tout rentrera plus ou moins dans l’ordre. Ce qui a le chic pour me désespérer en revanche, ce sont les hydrocéphales comme ce dénommé Luo qui ne savent pas mettre la pédale douce lorsque cela s’impose. « On » ? Non, non, non : il n’y a plus de « on » qui vaille.

TU n’as pas fini. Dommage pour toi car je ne réponds plus de rien. Devant son retour à la charge, je tente de réprimer l’envie de lui en mettre une en mâchouillant l’intérieur de mes joues à l’aide de mes molaires. J’incline légèrement la tête et la fais pivoter à quarante-cinq degrés sur la gauche, afin de tenter d’entrevoir par dessus mon épaule. Évidemment, il me suit comme mon ombre. Tsss, celui qui a dit que les chinois sont têtus était loin d’être le fils d’un imbécile ! Soudain, je sens une main s’abattre sur mon épaule et qui tente de m’arrêter. Tu es sérieux, là ? C’est quoi ça : une caresse ou une empoignade ? Remarque, bel effort pour un mec passablement diminué physiquement. Cela aurait certainement eu l’effet escompté sur « Monsieur-tout-le-monde », mais avec moi … il va en falloir un peu plus. Exhaussé. J’aurais mieux fait de me taire, ou en tout cas de ne pas y penser. Le soit disant repenti, qui en réalité en croque toujours, parvient à stopper ma progression en se tenant tout simplement face à moi. Près. Trop près à mon goût. C’est limite si nos orteils ne se touchent pas. A tout casser, il doit à peine y avoir vingt centimètres qui séparent son buste du mien. Feng se montre toujours aussi véhément dans ses propos, mais il semblerait que son côté rageur et hargneux se soit estompé. Visiblement, il a du mal à croire que je ne me « documente » pas sur les gens à qui je loue mes services.

Pourquoi, le ferais-je ? Si encore j’étais dans le milieu ou faisais partie de telle ou telle faction, je ne dis pas ; mais en tant qu’homme bossant en freelance … où est l’intérêt ? Je n’ai pas d’alignement, pas de couleur, pas de clan. Je n’appartiens à personne. Ma liberté n’est pas une chose sur laquelle je suis prêt à rogner. Les personnes qui m’emploient connaissent les règles du jeu, et savent que je ne suis pas à leur service ni à leur disposition. Je ne me dégonfle jamais et réalise toujours admirablement bien le travail. Même le plus « salissant ». Mais ce qu’ils apprécient avant tout, outre mon grand professionnalisme, c’est ma discrétion. Ils savent que je ne ferais pas de vague, et qu’avec moi le secret sur leurs activités est bien gardé. Oui, je cloisonne. C’est une nécessité dans mon cas. Il ne faudrait pas que les chinois apprennent que je bosse également pour les coréens. Ni que les coréens découvrent que je fais aussi deux ou trois petits extras auprès des japonais, et ainsi de suite. Certains diront girouette, d’autres diront anguille : je dis survivant. Un silence s’immisce, et pour la première fois la situation ne ressemble plus à une poudrière enflammée. Certes, il y a toujours de l’électricité dans l’air et il règne incontestablement une tension plus que palpable, mais … pas seulement. Cette soudaine et grande promiscuité entre nous, a l’air d’ajouter quelque chose en plus. Quelque chose que je ne m’explique pas, et qui m’échappe totalement.

Ma jugulaire pulse et tremble. L’air me paraît soudain difficilement respirable. Une … une émotion ? Non, c’est absurde. Le mafieux poursuit en affirmant que compte tenu de mes activités, je savais pertinemment que j’évoluais sur un territoire placé sous pavillon de l’Empire du Milieu. Même si cela m’emmerde de le reconnaître, je dois avouer que là-dessus, il a absolument raison. Oui, je devrais le savoir en théorie. Seulement, hormis dans un contexte militaire et stratégique, géographie et topographie n’ont jamais vraiment été mes cames. Alors vous imaginez bien que pour tout ce qui est querelle de gangs, cela me passe largement au dessus ! Je récupère un peu d’espace vital en réalisant un léger pas en arrière, puis rebondit sur les paroles de Feng en conservant ce ton froid et ces faux-airs de dilettante : « Tu crois sincèrement que je vais me crever à mener ma petite enquête ou à apprendre le pedigree de tout mes « contacts » ? Désolé, mais je ne donne pas dans le relationnel ou le management. Je me fiche du facteur humain ; seul le business que l’on me confie m’importe. Un commendataire, un deal, une prestation réalisée, une paye : point final. C’est vrai, je devrais être au parfum quant à la façon dont les cartels se répartissent la ville, mais … je ne sais pas, toutes ces histoires de territoires me paraissent tellement primaires et si peu évoluées, que cela m’indiffère complètement. Sans rancune … ! ».

Ironie quand tu nous tiens ! La rancune. Si je pouvais t’en témoigner, crois-moi je t’en inonderais. Ceci dit, ce n’est pas parce que je ne souffre pas des feux de la rancœur, qu’elle n’est pas présente pour autant. Si ça se trouve, elle est bien là. Peut-être que je passe à côté, et que je suis pour l’heure incapable de la déceler ? Oui, sans doute. En tout cas j’aime à le croire. Je … je t’en veux. Oui, je t’en veux Feng. Tu t’es joué de moi, par deux fois. En me prenant pour un vulgaire pion t’étant acquis, et que tu as poussé à ta guise. Tu as fait exactement comme eux. Tu … tu m’as déshumanisé. Dépersonnalisé. Si je m’écoutais, je te … . Non. Il y aura suffisamment de sang qui coulera. Inutile de remplir la coupe plus qu’il ne le faut. P-pourquoi tout cela m’atteint-il autant ? Des crasses, on m’en fait tout les jours ou presque. Je suis rôdé pourtant, alors … pourquoi venant de lui cela occasionne un tout autre écho en moi ? Pourquoi maintenant ? Hmm, je n’ai pour habitude d’être à ce point déstabilisé. Afin de sauver la face, je me déporte de quelques pas faisant ainsi face à un distributeur à boisson se situant juste à sa droite. En vain, je le sais. Une tel revirement ne peut tromper personne. Surtout pas lui. A l’instant où je n’ai plus soutenu son regard, c’était terminé. Ce que je fais n’est rien d’autre que du cache-misère. Je fais l’autopsie des poches de mon jean et de mon manteau, à la recherche de quelques Wons à introduire dans la machine.

Une fois que c’est chose faîte, j’essaye d’arrêter mon choix. Oui, je dis bien « essaye » car avec la voix pénible de Feng dans mes tympans, ce n’est vraiment pas une partie de plaisir. Eh bah, ce ne sont vraiment pas les remords qui l’étouffent celui-là. A deux reprises il s’est joliment assis sur ma rémunération, et il a le culot de me demander encore un « service » ?! Je jette mon dévolue sur une bouteille d’une célèbre marque de thé glacé. Sitôt le bouchon dévissé d’un geste ferme, je laisse couler dans mon gorge quelques gorgées du frais breuvage dans le but de retrouver un peu de consistance. J’étouffe un rictus nerveux puis lui rétorque de manière pince-sans-rire : « Ah, mais c’est tout clarifié. Tu vas devoir te trouver un nouveau bouche-trou de service pour cette « affaire », car ça sera sans moi. Tu m’as déjà baisé deux fois en me faisant bosser pour des clopinettes. J’espère que tu n’es pas assez con pour imaginer que je vais baisser mon froque, et te donner tout à loisir de me la mettre bien profond une troisième fois … . ». Si tu m’as pris pour un modèle de bonté et de pardon du genre Dalaï-Lama ou Gandhi, alors tu es plutôt mal tombé. Je veux bien être sympa et rendre service, mais faut pas non plus me prendre pour un con. Le rôle de la bonne poire ou du pigeon, je les laisse volontiers à d’autres. Crois-moi ce n’est pas demain la veille que je mettrais de nouveau mes compétences à ton profit. Quand bien même tu t’acquittes de ta dette : c’est fini.

Je n’ai plus confiance en toi. D’ailleurs, l’ai-je déjà eu ? Comment pourrais-je ? Pas digne de confiance, pas fiable ni sérieux … joli tiercé ! Tu m’étonnes que la liste des gars qui souhaitent te dessouder, soit longue comme le bras. Moi ? Oh non, sois tranquille. Tu peux dormir sur tes deux oreilles, tu n’as rien à craindre de moi. Je ne m’abaisserai pas à ce niveau là. Même s’il est clair que tu le mériterais et ne l’aurais pas volé. Une dernière petite salve de regards assassins échangé, puis je pars m’installer au bord d’un bassin où barbotent des Carpes Koï, situé sous une immense verrière en forme de dôme. Le dos appuyé contre une colonne grecque. Une jambe reposant sur le rebord de marbre et de calcaire. Genou relevé vers la poitrine. Je mire la surface de l’eau l’air songeur en l’effleurant. Regardant par la suite la pulpe humide de mes extrémités, je fais rouler mon pouce sur les quatre autres doigts écrasant ainsi les petites gouttes d’eau qui dégoulinent le long de mes phalanges. Ma tête tourne légèrement, pouvant ainsi donner à mon regard la possibilité de capturer celui de Feng. Mon profil, ou plutôt en l’occurrence un trois quarts offert, j’ajoute histoire de calmer le jeu. Du moins au début. « Rassure-toi, je n’irai pas baver à ton sujet ou sur tes « affaires », auprès d’oreilles qui n’espèrent qu’une chose : te savoir parqué entre quatre planches de bois à six pieds sous terre. Je suis quelqu’un de réglo et correct, moi. Une chose que ton pote le proxo sait apprécier et rétribuer à sa juste valeur, lui. »

« Si c’est d’« un couteau-suisse » dont tu as besoin, je peux te mettre en contact avec des mecs pointilleux qui seront répondre à tes attentes. Évidemment, jamais ils ne feront le job aussi parfaitement que moi. Alors oui, c’est clair que tu vas faire de sacrées économies mais tu vas dans le même temps considérablement perdre en qualité. Enfin bon, c’est les règles du jeu. Je ne vais pas te les apprendre, tu les connais tout aussi bien que moi, voire mieux. Personne n’a jamais pu s’offrir le haut du panier en y mettant le prix du bas-de-gamme … . »
. Mon propos sitôt ponctué, je regarde de nouveau droit devant moi le cortège effréné des chalands, en faisant tournoyer le contenue de la bouteille dans ma main. Eh oui, ami flambeur et adepte du « tant que je gagne, je joue », la baraka ne dure jamais éternellement. La banque finit toujours par siffler la fin de la récréation et par rafler la mise. A trop tirer sur la corde, elle finit par céder. Tu veux ce qui se fait de mieux ? Parfait, dans ce cas traite le entant que tel et prouve que tu en es digne. Oh, et si l’envie de me noyer en me foutant la tête dans ce bassin te prend, surtout je t’en prie vas-y, ne te gênes pas. Tu serais sans doute surpris de voir combien j’excelle, lorsque je suis dans mon élément. Au sens propre comme au figuré. Si tu imagines connaître toute l’étendue de mes capacités, ce que tu te goures. Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Je garde toujours jalousement mes meilleurs atouts dans ma manche. Tu n’as pas la moindre idée de tout ce que tu perds. Tu as négligé et dénigré ce qui y avait de meilleur, maintenant il te faut en payer le prix fort et faire avec les moyens du bord en te contentant des seconds couteaux. Regrettable pour « les affaires », n’est-ce pas ? Hmm. Bonne chance … !

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Luo Feng
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Mar 19 Juin - 23:54
Any problemOng x LuoArrête de fuir, ça ne sert à rien. Fuir, remettre à plus tard, ce ne sont que de fausses-bonnes solutions : okay vous avancez, vous tournez la page directement, mais le problème de fond n'est pas réglé. Etre comme ça, encore à trente piges, je ne comprends pas ; même moi j'ai pigé ça très jeune, et je ne suis pas le seul. Loin de moi de vouloir lui donner une leçon -il ne le mérite pas, il n'apprécierait ni le geste ni la portée- mais moi les problèmes, quand j'en ai je les règle tout de suite et là je viens d'en avoir un avec lui. Oh non Ki O, je ne te laissera pas filer comme ça. Tu reviendras vers moi, je te ferai plier à nouveau.

Là, ce que je fais, c'est déjà trop : je te mets en face de ton incompétence, il y a déjà trop de pédagogie pour un raté comme un lui. Mais je le fais, pour pointer ses faiblesses et l'avoir par la raison. Qu'est-ce qu'il me dit ce con ? Qu'il ne voit pas la peine de "se crever à apprendre le pedigree de tous mes contacts" ?! Mais je crois rêver...mes yeux s'agrandissent, se dilatant par la surprise et la colère. A ça, j'ai lâché un « PARDON ? » qui traduit bien ce que je ressens. Non, je ne t'excuse pas pour dire ces âneries. La suite vaut son pesant..." des histoires primaires et peu évoluées", "cela l'indiffère"...et sa petite phrase ironique à la fin pour couronner le tout, il me donne envie de l'étrangler. Mais quel abruti. Quel sombre crétin. Vous connaissez le vrai sens de l'expression être sidéré ? Eh bien je le suis en train de le vivre à cet instant, à peu de chose près que ce n'est pas causé par de l'effroi mais de la pure colère dans mon cas ; incapable de parler momentanément. Le voir partir, se retourner, comme ça, sans gêne ni honte de ce qu'il me sort...j'en suis sidéré, littéralement. A intérieur j'étais en ébullition, et cette envie folle d'exploser en insultes, l'engueuler, le reprendre sévèrement comme je l'ai rarement fait. Mais rien. Pendant quelques secondes je le regarde s'en aller faire sa petite vie, choqué de son attitude.

Mes émotions ne restent pas cristallisées plus longtemps. Le visage dans une expression courroucée, je passe mes deux mains dans mes cheveux, en regardant autour de nous. « Mais il se fout de moi, il se fout de moi en plus ?! Il se fout de moi ?! Il se fout de moi ! Ce shǎbī !  » On devait me prendre pour un fou, mais je m'en fous : il fallait que ça sorte. Je souffle bruyamment, je repasse une main dans les cheveux, je regarde les gens avec haine...il me sort par les yeux. C'est sa voix énervante qui ramène mon attention sur lui. « J-j'ai bien entendu : "des clopinettes" tu dis ? C'était dans la même tranche que les autres, alors ne crache pas dans la soupe. Mais ducon, je te l'ai déjà dis, je t'ai déjà prévenu, je t'avancerai le reste !! Excuse-moi de ne pas me balader avec 1kg de liquides sur moi tous les jours ! » en étendant les bras, comme pour montrer que j'avais rien sur moi, même pas une arme. Sérieusement. Bon, c'était un peu facile comme excuse, mais c'est ce qui faisait le plus sens à ce moment-là. Et le voilà qui se barre encore. J'en peux plus de son arrogance. Je le suis à nouveau, me trouvant près de son épaule, à le héler. « Hey j'te cause ! Ong ! » ; « Ong tu m'écoutes ?! Parce qu'en plus je te donne du taf et toi tu refuses ?! Toi qui m'parle de business j't'en donne et t'en veux pas ? Pour un retard ?! Mais mon vieux c'est ça les affaires ! » ...oui et non. Les bons commanditaires  non. Ne me prenez pas tout ce que je lui dis à la lettre, j'essayais surtout de le retenir. Quand je veux quelque chose, mon baratin de mafioso sort de lui-même. Parce qu'en toute honnêteté, de vous à moi...il n'a pas tort. A sa place, je n'aurais toléré aucun retard que ce soit. Mais j'aurais agi. J'aurais cassé la gueule du sale type qui ne me paye pas. Ki O ne réagit que maintenant...c'est trop tard, j'ai déjà l'ascendant. Il l'a accepté plus d'une fois, alors je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas continuer.

Et voilà monsieur qui s’assoit tranquillement sur le bord d'un bassin rempli de poiscailles...il fait ça tellement naturellement que s'en est rabaissant. Debout en face de lui, mes pupilles le fusillent. Même sans prononcer de mots, il me gonfle. Son attitude déférente me hérisse le poil. « Ça va ? J'te dérange pas ? T'es bien assis ? » sur un ton provocateur, bien comme il faut. C'est insupportable comment il m'ignore, vous ne m'aimeriez pas non plus. Il me répond d'un air toujours aussi foutrement tranquille qu'il ne veut plus, que je ne lui accorde pas ce qu'il mérite, qu'il est irremplaçable...et putain qu'il a raison. Tout ce qu'il me dit est juste, et ça m'énerve qu'il ait raison à ce point. Et il a le sens de la formule, pour bien me faire fumer. Il ne va pas me discréditer dans le milieu, ça me fait une belle jambe ! "Mon pote le proxo", celle-là, je m'en serais bien passé. Je regarde sur le côté. Putain non, faut pas qu'il me lâche, pas maintenant. Il peut le faire quand il voudra après l'été, mais pendant deux mois voire trois, il me le faut encore. Mon regard nerveux se repose à nouveau sur lui « Je sais que tu es correct, que tu fais bien ton boulot et tout, moi aussi. Je ne pouvais pas t'avancer le reste pour le moment et je m'en excuse -ça me brûle les lèvres de dire ça à lui, ça n'a rien de sincère et ça s'entend malgré moi, mais le geste est là-  mais si tu acceptes le prochain contrat, tu auras la totalité et la moitié de la prochaine affaire en dédommagement. » Chose que je ne lui avais encore jamais faite. « C'est intéressant. C'est à prendre ou à laisser. » Vieille technique pour amadouer l'interlocuteur, lui suggérer d'accepter sans réfléchir. Je suis plus calme, mais je reste froid et vindicatif. « Par contre si c'est à laisser, moi je me gênerai pas baver sur toi. », concluai-je, avec une pointe d'allégresse non dissimulée. Ong, tu n'es ni un pote ni un frère du milieu. Tu peux te départir de moi, mais moi je ne te laisserai pas dans l'oubli. Tu sais que j'ai le bras long, même à distance du milieu, mon réseau est étendu et reste ancré. Je n'ai pas que lui, "mon ami le proxo" ; mais rien qu'avec lui, tu peux faire une croix sur tes contrats dans le proxénétisme chinois de Busan. Oui j'ai encore des ennemis dans la nature, mais je compte bien plus d'amis. D'ailleurs, le fait de ne plus y être a apaisé certaines de mes relations antécédentes.
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Ong Ki O
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Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger. | Indic pour la police.
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Situation : Pas intéressé.
Don : Bouclier Protecteur
Niveau : 1
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Mer 20 Juin - 17:48


"Without Me"


I WANT NOTHING MORE TO DO WITH YOU


Ignorer et snober royalement les gens, est étrangement une chose que je sais admirablement bien faire. Ce qui ne manque d’ailleurs pas de m’étonner bien souvent. Il est vrai que l’on peine à imaginer qu’un militaire, puisse faire preuve en toute impunité, de condescendance et de suffisance à l’encontre d’un supérieur. A mon avis, je devais être un élément assez rebelle. Quelqu’un qui mettait les pieds dans le plat, et qui n’hésitait pas à contester un ordre s’il ne lui paraissait absolument pas sensé ou judicieux. Le genre de recrue que l’on a du mal à mâter. Celle qui use, voire abuse, de son libre arbitre, et qui a à cœur de se forger sa propre opinion ou de défendre son point de vue. Je vois d’ici le tableau. Des petits actes de rébellion, le ton qui monte, la discussion qui s’envenime … et hop, un séjour gagné au gnouf ! Pour que cette facette de ma personnalité soit aussi marquée, j’imagine qu’elle devait déjà être très prononcée dans ma « première vie ». Je me demande bien d’où je peux tenir un tel trait de caractère. Une attitude aussi altière, pour ne pas dire hautaine, ne se retrouve pas à tout les coins de rues. C’est … très ciblé gros bourges pleins aux as je trouve. Est-ce que c’est cela mon background ? Suis-je issu d’une famille pétée de thunes à ne plus savoir quoi en faire ? Suis-je né avec un chéquier et une Gold Master Card dans mes couches culottes ?

Possible, allez-savoir. Cela serait tout de même plutôt ironique, étant donné qu’aujourd’hui, je ne porte pas spécialement les nantis de mon cœur. Hmm, cette éventualité me semble quand même peu vraisemblable. Un fils à papa plein de fric, qui s’engage et mène une carrière dans l’armée : personnellement, je n’y crois pas. Cela sonne faux. Comme un larsen qui viendrait entacher un récital. En tout cas, quel qu’en soit les éléments qui en sont à l’origine, je peux concevoir le fait que cette manière de se comporter puisse être agaçante pour autrui. Agaçante, pour ne pas dire insupportable. A plus forte raison lorsqu’on est un sanguin impulsif, comme l’autre espèce de pékinois enragé. Ah ça c’est sûr, ce ne sont pas des manières qu’apprécient tout particulièrement les mafieux. Je pense d’ailleurs que certains on dû liquider deux ou trois impertinents, pour même pas le dixième de ce que j’ai l’audace de dire ou faire. Il n’y a rien d’étonnant à ce que le courant passe si mal entre lui et moi. Feng est le feu sous le feu, quand je suis la glace sous la glace. Forcément, une telle opposition de tempérament ne peut que faire des étincelles et déboucher sur un clash. A mon avis, jamais nos rapports ne s’apaiseront et ne se bonifieront. Nous sommes bien trop antagonistes pour cela. Nous sommes donc condamnés à échanger ce type d’échanges houleux et exécrables. N’allez pas croire que sous prétexte que nous sommes tout deux sinophones, il y aurait matière pour se rapprocher et semer la graine de l’assentiment.

C’est un continental, alors que je suis taïwanais. Outre des divergences politiques et d’opinions, il y a toujours eu entre nos deux peuples une forte hostilité. Une farouche opposition, exacerbée par une lutte puérile du « à que sera le meilleur ». Pour faire simple et vous aider à comprendre, les taïwanais passent pour être des intellectuels un peu bobos. A titre comparatif, je dirais que l’on peut les rapprocher, des parisiens et des new-yorkais. Les chinois eux, sont plus des m’as-tu-vu soucieux des apparences. Un peu à l’image des américains de la côte ouest. Ceux de Los Angeles ou encore de Las Vegas. Ils ont également … une sorte de sentiment de toute puissance, je dirais. Un petit côté « on est les rois du pétrole », façon texan un peu bas de plafond dans « Dallas » ou « Dynastie ». Bref, les chances que l’on parte en vacances ensemble, comme dit l’expression, frisent le néant. Il n’y a qu’à voir déjà, à quel point ma simple présence le met hors de lui. Qu’il se rassure, le déplaisir est partagé et réciproque ! Ah, on dirait bien que la théière chinoise est en ébullition. Implosion prévue dans cinq, quatre, trois, deux, un … voilà, nous y sommes. Ahalalala mon pauvre vieux, ce que tu peux être prévisible. On lit en toi comme dans un livre ouvert. Remarque, c’est le lot de tout les mecs au sang chaud. Tu dois sans doute être du genre à te faire plumer et dépouiller au poker. Enfin bon, j’imagine qu’au vu des ses activités, ce n’est pas le genre de perte sèche dont il serait incapable de se remettre.

« Je me fous de lui » ? Oui bon soit, admettons. S’il le dit. Mais encore ? Oui, ça tu l’as déjà dit, je pense que tout le centre commerciale l’a bien compris. Ah, on dirait bien que le disque est rayé. Aller, on va finir par y croire. Encore un petit effort. L’intonation s’améliore, mine de rien ! Non mais sincèrement, quelle Drama Queen ! Je crois que tu as raté ta vocation mon petit canard laqué. Ce n’est pas mafieux que tu aurais dû faire, mais acteur de cinéma ou de théâtre. Crois-moi, tu aurais pu faire un triomphe. Attention à ne pas surjouer quand même, hein ! Ca a vite fait de devenir lourdingue et indigeste sinon. Sa voix de petit roquet braillard me fait lever les yeux au ciel, et m’arrache un soupir pas très discret. Exaspération ? Je ne sais pas. En tout cas, cela y ressemble. Il ne peut pas la mettre en sourdine, un peu ? Ou au minimum baisser d’un ton. S’il cherche à attirer l’attention sur nous, c’est réussi. Devant ses multiples exclamations, les gens se stoppent et nous regardent amusés. Certains gloussent en se faisant des messes basses entre eux. D’autres tentent de réprimer un violent éclat de rire, et de garder leur sérieux. Et c’est reparti … ! Une fois encore, ils s’imaginent que cet abruti est entrain de me faire une scène vaudevillesque. Joliment blasé, je le laisse s’époumoner, me contentant d’incliner légèrement la tête sur le côté, de fermer les paupières et de me masser le coin du sourcil. Je peux difficilement mieux démontrer de manière silencieuse, que tout cela m’emmerde prodigieusement.

Ouais bon ok, vas-y mon gars, crache ton venin si ça peut te faire plaisir. Tu n’as pas idée à quel point tout cela me passe au-dessus. Vraiment tout ? Pas exactement. Un détail me fait tiquer et me déplaît fortement. Ma boisson récupérée, je lui fais volte face et lui rétorque sur un ton plus mordant que d’habitude, et en pointant un index inquisiteur qui vient buter contre son sternum : « Ne t’avise pas de me mettre dans le même panier que les autres ! Je vaux bien mieux qu’eux, et tu le sais parfaitement. Il est donc logique qu’au vu de la qualité supérieure de mes prestations, « mes gages » soient plus élevés que ceux du quidam de base. Tu sais, celui qui se cache sous son sweat à capuche dans une ruelle sordide, et que « les tiens » contactent pour faire les basses œuvres. Tsss, des promesses, des promesses, toujours des promesses. Tu sais ce que l’on dit à leur sujet ? Qu’elles n’engagent que ceux qui les croient. Dommage pour toi, je ne suis pas de ceux là. Je veux des actes. Une preuve de ta bonne foi. Même si je te l’accorde, c’est plutôt ironique de parler de cela en ce qui te concerne. Donne moi du solide, du concret, du tangible. Pas des belles paroles, du blabla et du flan. ». Je ne sais pas qui il espère bien pouvoir berner et tromper avec son baratin, mais ce qui est sûr c’est que cela ne prend pas sur moi. Sur un gamin de trois ans et demi à qui l’on essayerait de subtiliser un hochet, à la rigueur je ne dis pas, mais sur un homme comme moi … allons, ce n’est pas sérieux.

J’admets qu’il est des fois où je me méprends et suis dans l’erreur, sur le compte de quelqu’un. Seulement, une fois que l’on me la faite à l’envers : mieux ne vaut pas y revenir. Oui, il n’y a pas meilleur moyen de se retrouver à mes yeux personna non grata, qu’en me faisant une crasse. Argh, c’est pas vrai ! Comment on le débranche ce truc ? Elles sont où les piles sur ce machin made in China ? Seigneur, si vous êtes dans le quartier et que vous jetez un coup d’œil, de grâce muselez-le ! Mes vénérables oreilles et moi-même, vous en serions infiniment reconnaissant. Plus il s’agite et fait monter les décibels, plus je le dédaigne et l’ignore. Bon en même temps, j’imagine qu’avoir en face de soi, un gars qui donne l’impression de tout prendre à la légère et par dessus la jambe : ça peut passablement porter sur les nerfs Franchement, il y a où rire. Je peux comprendre que les passants en nous regardant, aient l’impression d’être au spectacle. Moi qui pensais être en mesure de pouvoir la jouer discret ici … . Bordel, mais baisse le son là ! Tu vas faire rameuter tout les caïds du quartier. Même si bon, je doute qu’à cette heure, ils arpentent les grandes surfaces commerciales. Sait-on jamais comme on fit. Mieux vaut prévenir ... que guérir ? Je crois bien que c’est comme ça qu’on dit. Plaît-il ? J’ai dû mal entendre? Ah non, non, pas de doute possible : c’est bien ce que j’ai compris. Eh bien, au moins ce ne sont pas les scrupules qui l’étouffent. Le plus beau dans tout cela, je crois bien que c’est l’aplomb monumental avec lequel il me balance ses paroles à la figure. En même temps … ne dit-on pas que la fortune sourit aux audacieux ?

J’imagine qu’il a probablement bien raison, de tenter de m’endormir avec ce genres de propos aussi consternants qu’atterrants. Je sais bien que l’on a coutume de dire que, plus c’est gros mieux ça passe, mais bon quand même il ne faudrait peut-être pas non plus exagérer. J’arque un sourcil afin de simuler au mieux l’incrédulité, et tors le cou à un rictus nerveux avant de lui rétorquer : « Non mais qu’est-ce que tu t’imagines ? Que tu es le seul à qui j’accepte de prêter main forte ? Que ma vie dépend entièrement de toi et de tes humeurs ? Que je suis pendu toute la sainte journée au téléphone, comme on l’est après un premier rencard, me languissant de toi, de tes appels et des « business » que tu me proposes ? Si tel est le cas, alors désolé de te dire que tu te fous le doigts dans l’œil, mais alors bien comme il faut ! Yuan a peut-être toutes les qualités requises pour être un bon pote, mais c’est une incorrigible pipelette. Si j’en crois le nombre toujours plus important de commanditaires qui me contactent, j’en déduis que tu n’es pas la seule personne auprès de laquelle il a vanté mes mérites. Ce n’est pas le travail qui manque. Tu n’es rien d’autre qu’un poisson dans l’océan. Il y a tout un tas de requins qui ont besoin de moins. Des requins qui eux au moins, n’ont pas d’oursins dans les poches. Oh et avant que je n’oublie, si pour toi un impayé est une composante des affaires, chez moi c’est un motif de rupture de contrat. ». Bon en réalité, j’exagère peut-être un peu les choses.

On me sollicite certes, mais je suis loin de crouler sous les demandes, au point de ne plus savoir où donner de la tête. J’arrive à m’organiser et à caser tout le monde, sans que mon planning soit pour autant engorgé et saturé. Au contraire, je parviens même à dégager quelques plages horaires de temps libre pour me reposer, recharger les batteries et enquêter sur ce qui m’obsède au quotidien : savoir ce qui m’est arrivé. Entre les Yakuzas, les Triades, les Kkangpae, la police, les personnes ayant tenté de me descendre et celles m’ayant déposséder de ma mémoire ainsi que de mes émotions : je me dis par moments que c’est un vrai miracle, si j’arrive encore à m’y retrouver et suis toujours en vie aujourd’hui. Pourtant, il y a largement matière dans mon existence, pour devenir cinglé ou se faire refroidir. Il faut croire que je dois être de bonne constitution et que j’ai la peau dure. Deux qualités que l’on s’attend logiquement à retrouver chez un militaire. Mon visage change soudainement d’expression, lorsqu’il me présente ses excuses. Même si elles sont tout sauf sincères, j’apprécie. Mes traits s’adoucissent de manière ténue, et deviennent un peu moins hostiles. Pour qu’un type comme Feng en vienne à devoir dire de tels mots du bout des lèvres, c’est qu’il doit vraiment être désespéré ou avoir éperdument besoin de moi. Hmm, je crois que le fait d’avoir pour une fois l’ascendant n’est pas pour me déplaire.

C’est … plutôt jouissif. « Je ne sais pas … supplie-moi avant que je ne change d’avis. ». Voilà à peu près ce que je lui dirais, s’il n’était pas un homme aussi dangereux. Ahlalala, Feng, Feng, Feng … . Tu vois bien que tu ne peux pas vivre sans moi ! Un petit sourire en coin quelque peu sarcastique, remonte en direction de ma pommette. Je bascule la tête en arrière, laisse couler les dernières lapées de thé glacé dans ma gorge. Mon semblant de soif étanchée, je rétorque alors à l’homme qui commence à réveiller mes migraines latentes : « C’est assez tentant mais vois-tu, le capital confiance que je t’accorde, se situe désormais entre « n’y pense même pas » et « dans tes rêves ». Si je pouvais jusqu’à présent me satisfaire de paroles, après les coups de pute que tu m’as fait, il va dorénavant me falloir des garanties en amont. Et encore, ce n’est pas dit pour autant que j’accepte. ». Tu as voulu jouer au con et compliquer les choses ? Parfait, alors dans ce cas jouons ! Ne compte pas sur moi pour coopérer et faire preuve de largesse. Je ne suis pas à la disposition, et ne fais pas selon les humeurs et le bon vouloir de Monsieur. Tu ne peux que blâmer le mauvais payeur que tu es, si le climat entre nous est aussi délétère. On m’a tout pris. Mon passé, mes souvenirs, ma vie d’antan, mes émotions. Alors, n’imaginez-pas que je vous laissez qui que ce soit s’accaparer ma fierté.

Tiens ? Les excuses et maintenant les menaces. Pas de doute, il a l’art pour souffler le chaud et le froid. C’est une technique de mafieux à laquelle je n’ai pas été briffé, peut-être ? Genre application de la vaseline, en préparation d’un bon gros fist des familles. Hmm, on vit un grand moment là. Trente secondes. C’est le temps qui lui faut pour passer de la belle âme au salaud. Tu peux toujours t’aventurer sur ce terrain là, mais tout ce qui t’attend, c’est une impasse. Oui, tu perds ton temps. Je ne commets pas d’erreur. Jamais je ne laisse de trace derrière moi, ni ne réalise de bévue. Sinon, il y a déjà belle lurette que je serais derrière les barreaux. Si j’affirme être le meilleur, ce n’est pas des paroles en l’air. Mes compétences sont à la hauteur de mes prétentions. Dans le cas contraire, les petits molosses comme Feng ainsi que les gros Cerbères, ne me courtiseraient pas de manière aussi … chevronnée, je dirais. Ce sera sa parole contre la mienne. Néanmoins, vu qu’il doit être en relation avec des personnalités influentes et haut-placées, il serait sans doute malvenu de le houspiller plus qu’il ne le mérite. D’une poigne de fer, je broie la mini bouteille en plastique désormais vide dans ma main. Tel un basketteur réalisant un tir au panier, je la lance en direction d’une poubelle se trouvant près d’un des angles du bassin. Dans le mil ! En dépit de ce petit tour d’adresse, je ne laisse rien transparaître et ne réagis pas outre mesure.

Pas d’effusion de joie, pas de fanfaronnade ni de vantardise. Rien. Un masque de cire immuable et inaltérable à la place du visage. Jouant le rôle du type hautin, je balaye ses menaces d’un revers méprisant de la main, et déclare sur un ton … se voulant autant arrogant que possible : « Ouais, ouais, c’est ça le fauve, t’as raison ! Range les crocs, rétracte les griffes et mets plutôt ton dossier sur la table. ». J’allais pour rajouter un « qu’on en finisse une bonne fois pour toute », mais j’ai préféré me taire. Cela aurait peut-être été un peu too much, non ? Je retire ma jambe du rebord du bassin, et m’assieds cette fois-ci correctement. Avec un grand sourire faux et transpirant la détestation, je tapote la place libre à côté de moi, l’invitant ainsi à venir siéger. Hmm, une fois encore, je me demande s’il est très judicieux d’arborer une telle attitude de défi, à l’encontre d’un membre des Triades. Fusse-t-il « repenti » sur le papier. Roh, eh puis c’est de sa faute aussi. S’il ne ressentait pas la besoin viscéral de me chercher constamment des poux dans la tête, jamais je ne jouerais à ce point les empêcheurs de tourner en rond. Comme on dit, « Qui sème le vent récolte la tempête ».

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