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 Without Me - (ft. Luo Feng)

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Ong Ki O
Âge : 33
Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger.
Quartier : Ailleurs
Situation : Pas intéressé.
Don : Aucun.
Multicompte : Non.
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Jeu 5 Avr - 11:45


"Without Me"


I WANT NOTHING MORE TO DO WITH YOU


« Que faire ? ». Et maintenant, que faire ? Qu’est-ce qu’on peut bien faire, juste après ? Continuer à avancer, faire comme si de rien n’était et avoir monts et merveilles de projets ? Oui, c’est une possibilité. Celle de la facilité et de la sécurité. Appliquer la politique de l’autruche et ne pas chercher à savoir est si simple. Toutefois, je ne suis pas quelqu’un donnant dans la simplicité. J’ai besoin de comprendre. De savoir pourquoi. De faire la lumière sur cette sombre histoire. Plus qu’un besoin, c’est une nécessité. Une nécessité, si je veux continuer à vivre et passer à autre chose. Mon esprit militaire, cartésien et hyper-rationnel semble avoir une sainte horreur du mystère et des zones d’ombres. Une énième chose sur moi que je découvre. Ou plutôt redécouvre. Suis-je surpris ? Pas plus que cela. Paranoïaque, maniaque du contrôle et de la maîtrise, rigide et maintenant cartésien et rationnel. Hum … j’ai envie dire que ce sont là des traits de caractères qui s’accordent à merveille avec le reste du « package ». Que faire ? Rentrer à Taïwan ? Impossible. S’il n’y avait aucun gradé à mon chevet à l’hôpital, cela signifie deux choses. La première : que je n’étais ni déployé sur le front ou en mission. La seconde, et de loin la plus inquiétante : que j’ai disparu de leurs écrans radars, et qu’ils doivent probablement activement me rechercher. Traduction : à leurs yeux je suis un déserteur.

Je sais exactement ce qui m’attendra, sitôt que j’aurais remis les pieds sur « la belle île », comme l’appelait jadis les conquistadors portugais. Si j’ai la bêtise de retourner à Taïwan, on m’arrêtera manu militari pour désertion. On m’accusera également de tout les maux de la Terre : trahison envers la nation, et pourquoi pas même intelligence et complicité avec l’ennemi. Le sort qu’on réserve aux personnes commettant ce genre d’impair n’est guère des plus reluisants. Taïwan un modèle de démocratie ? Pas vraiment. Entre le régime de la présidente Tsai et celui de Xi Jinping, c’est un peu bonnet blanc et blanc bonnet. Si vous l’ignorez, j’aime autant vous dire que ces deux gouvernements sont est nettement moins regardant que la Corée du Sud, pour ce qui est du respect des droits de l’Homme. La vérité, c’est que je suis coincé ici. Homme libre et à la fois prisonnier de cette ville. Alors, que faire ? Eh bien vivre, tout simplement. Ou plutôt survivre. Dans l’incertitude et la vigilance permanente. Car s’ils remontent ma piste, je sais qu’ils ne me rateront pas cette fois, et que je passerais pour de bon de vie à trépas. Le plan est on ne peut plus simple. Découvrir ce qui s’est passé, identifier mes ennemis et me venger. En bref, passer de proie à chasseur. Un travail de longue haleine. A côté de cela, je dois m’efforcer de continuer à mener une existence dite « normale ».

Pour cela, je dois disposer de liquidités, compte tenu que dans notre société, tout a un prix. Qui dit argent, dit travail. Et c’est là que le bas blesse. Exercer un emploi « clean », revient à être connu de l’administration de ce pays. Chose qui ne m’enchante pas particulièrement, moi qui me démène comme un beau diable depuis mon réveil pour être un « fantôme ». Seule solution : le black. Qui s’adonne à ce genre de pratique ? Eh bien, les criminels et autres malfaiteurs en tout genre. Je suis devenu leur bras armé. Leur homme de main. Leur Cerbère. Oui, c’est ainsi que je gagne ma vie à présent. Je vous l’accorde, on est bien loin de la vie de militaire des Forces Spéciales. Peut-être pas tant que ça, tout compte fait. Après tout, mon « travail » consiste à recevoir des ordres que je réalise sans broncher. A obéir aveuglément, sans rechigner ni objecter. Je n’ai pas de souvenir de ma vie entant que nageur de combat dans l’armée, mais j’imagine que cela devait sûrement être du même acabit. J’ai commencé au plus bas, en bossant pour des petites frappes, des pseudos loubards et des petits trafiquants de shit. Par chance, si j’ose dire, le bouche à oreille marche admirablement bien dans le monde de l’illégalité. Voyant que j’étais loin d’être un incompétent, on m’a dès lors recommandé auprès de personnes se situant un cran au-dessus dans la chaîne alimentaire. Des proxénètes, des usuriers, des contrebandiers, des receleurs … .

Aujourd’hui, je suis devenu le « smoking gun » favoris des parrains de la pègre et des membres du grand banditisme. Je touche du bois, tout s’est pour l’heure toujours très bien passé avec « mes employeurs ». Toujours ? Pas exactement. Il en est un qui a pris la mauvaise habitude de me prendre pour son bouche trou. Luo Feng. Ce mec serait sûrement prêt à refiler un herpès à sa mère, si cela pouvait l’exempter de lâcher ses Wons. J’ai travaillé en tout et pour tout trois fois pour lui, et la rémunération de mon ouvrage a toujours été problématique. Est-ce que cela me met hors de moi ou en colère ? Non, même pas. C’est bien ça le drame : ne pas pouvoir ressentir les choses ni éprouver de sentiments. Etre devenu … une espèce de cyborg. De machine. De tout voir avec (hyper)rationalité. Etre dénué d’affect. Est-ce qu’un jour je retrouverais ne serait-ce qu’une toute petite parcelle d’humanité ? Je l’espère. D’ici là, je me fais violence et vais contre ma nature de loup solitaire, en essayant autant que faire se peut de côtoyer mes semblables. Car oui, je crois que dans le fond … c’est en passant du temps avec l’Homme, que j’apprendrais à en redevenir un de nouveau. Je décide donc de me soumettre à l’exercice ce midi, en allant déjeuner dans un restaurant chinois de Busanjin. Je sais que c’est parfaitement débile mais, … j’ai quelques espoirs qu’en dégustant des mets que j’aurais pu consommer jadis, des souvenirs me reviendront à l’esprit.

En entrant, une dame d’un certain âge vêtue d’un costume traditionnel et se trouvant debout derrière le comptoir, m’accueille en inclinant la tête dans un grand sourire. J’agis par mimétisme. Oui, je dis bien mimétisme, car sourire honnêtement et sincèrement s’avère être une chose que j’ai également oublié. Une autre femme nettement plus jeune, et devant probablement être sa fille, passe les bras chargés de plats en tout genre. En arrivant près de moi, elle ralentit son allure et me dévore des yeux en minaudant. Euh … comment est censé réagir un homme « normal » ? J’imagine qu’au minimum et par politesse, il sourirait. Subrepticement, je sens mes lèvres s’étirer très légèrement. Mais en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, mon visage retrouve son immuabilité et son impassibilité habituelles. Bien qu’elles semblent parfaitement intégrées, leur accent les trahit et m’informe que tout comme moi, elles ne sont pas d’ici. Par souci de commodité, je m’adresse donc à elles dans notre langue maternelle : « Nǐ hǎo Nǚshìmen. J’aurais voulu com… . ». Je m’arrête net dans mon élan en voyant sortir des cuisines, la dernière personne sur cette terre dont je souhaite croiser la route. Lui … ? Ici ?! Cela ne tient pas debout. Qu’est-ce qu’il peut … . D’accord, je vois. Tout s’éclaire. « Il n’y a personne qui compte pour moi. » … mon cul, ouais ! Mes poings se crispent. Ma mâchoire se serre. Mes sourcils se froncent. Non. Pas ici. Ce n’est pas le moment. Ni l’endroit. Par politesse, je sors quelques billets de la poche arrière de mon jean, que je dépose sur le comptoir. En guise de dédommagement, dira-t-on. D’une voix glaciale semblant venir d’outre-tombe, j’ajoute sur un ton sec : « Navré pour le dérangement. ». Je relève le col de mon manteau afin de dissimuler tant bien que mal le bas de mon visage, puis quitte le restaurant aussi vite qu’un Bip-Bip poursuivit par Vil Coyote. C’est à cela que ça ressemble ? La colère et l’amertume. Hum … au moins, je n’aurais pas complètement perdu mon temps en venant ici. C’est ce dont j’essaye de me convaincre en m’éloignant à la hâte. Maigre consolation. Si tant est que cela en soit une.

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@Luo Feng
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