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 Trapped - (ft. Min Kyo Ji)

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Ong Ki O
Âge : 33
Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger. | Indic pour la police.
Quartier : Ailleurs
Situation : Pas intéressé.
Don : Aucun.
Multicompte : Rim Ku Hwan
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Sam 31 Mar - 16:31


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Comment est-ce possible ? Comment ont-ils fait pour me retrouver ? Là, il va falloir qu’on m’explique. Je ne comprends pas. C’est impossible. Comment savaient-ils qu’ils me trouveraient là ? Moi qui n’ai aucune adresse fixe. Aurais-je commis une erreur ? Me suis-je trahi, et ai-je creusé ma propre tombe d’une quelconque façon ? Non, cela me semble quand même peu vraisemblable. Je n’ai pas de compte en banque, n’ai jamais commis la bêtise de surfer sur internet ou d’aller sur les réseaux sociaux et possède un téléphone à carte pré-payé, qui a sûrement dû faire la Guerre de Corée au vu de sa vétusté. Autrement dit, je suis intraçable et indétectable. Même pour le plus talentueux des hackers. Ce qui dans un sens n’est pas plus mal car physiquement, on ne peut pas vraiment dire que je me fonde parfaitement dans la foule. Aurais-je merdé lors « d’une mission » ? Peu probable. Entant que militaire évoluant des les Forces Spéciales, j’ai été formé pour réaliser le travail vite et bien. De façon claire, nette et sans bavure. Si je n’ai pas été repéré, ni n’ai commis de bévue alors, … alors cela ne doit vouloir dire qu’une seule chose. Quelqu’un m’a balancé. Quelqu’un avec qui, ou pour le compte de qui, j’ai travaillé. Mais qui ? Monsieur Han ? Ouais, c’est bien le genre à immédiatement craquer et se mettre à table, lorsqu’on lui met la pression. Ou alors, Eun Seok. Il n’a jamais pu me saquer. Et c’est réciproque.

Le connaissant, et s’il s’est fait serrer, il n’aurait eu aucun scrupule à me dénoncer et m’entraîner dans sa chute. Après tout, ne m’a-t-il pas laissé en plan au beau milieu d’une fusillade entre bandes rivales, lors de mon dernier « job » en date pour la famille Jang ? Qu’il se rassure, j’aurais probablement lâché son nom dans un tel cas de figure. Cela n’aurait été que justice. A quoi bon épiloguer et chercher le responsable de ma déchéance … . Ce n’est pas ça qui me sortira de ce mauvais pas. Oui, on m’a balancé. C’est ce que je finis par me convaincre, alors que je suis assis sur la banquette arrière d’une voiture de police, qui semble de toute évidence prendre la direction du commissariat. Deux flics en uniforme m’encadrent, et exercent une pression sur mes trapèzes afin que je me tienne tranquille. Quelque chose qui pour le quidam de base devrait sans doute être douloureux, mais étant dur au mal : ça va. Normal. Ils craignent sans doute que je ne sois pas des plus coopérants. Comme ce fut le cas tout à l’heure, lorsque je les ai vu tambouriner à ma porte, alors que je rentrais. Ni une ni deux, mon instinct de survie a fait tout le boulot à ma place en me poussant à prendre mes jambes à mon cou. S’en est suivi une course poursuite qui a pris fin lorsque je me suis engouffré dans une ruelle, et que l’un des flics m’a hurlé de m’arrêter en effectuant un tir de sommation. Dès lors, je me suis immobilisé et ai réalisé ce qu’on m’ordonnait.

Comme je l’ai toujours fait. Enfin, je suppose. J’aurais très bien pu les désarmer et les maîtriser, mais je n’aurais fait qu’aggraver mon cas. Maintenant que j’y repense, prendre la poudre d’escampette et ne pas coopérer était incroyablement stupide. Une telle attitude, ça paraît évidemment suspect. Ils vont à présent m’avoir dans le collimateur. Tant d’efforts déployés pour être « invisible » … tant d’efforts désormais réduits à néant. Pour sûr, ce n’est pas cela qui va arranger ma paranoïa. Arrivé au commissariat, les deux bleus m’agrippent par les manches de ma veste en jean et me trimballent sans ménagement à travers une succession de couloirs et d’open spaces. Un troisième flic court sur pattes et avec un embonpoint certain, se tient devant une porte entrouverte. Il plaque avec virulence contre mon torse une pancarte sur laquelle un « 5 » noir s’étale sur toute la hauteur. En se décalant et ouvrant la porte en grand, il me somme sur un ton de Sergent Instructeur d’entrer et d’aller me mettre à la suite des autres. La pièce ressemble à une espèce de sas. Des spots inondent à outrance le petit espace. Trois pans de murs sont peints dans les tons gris. Une large vitre recouvre le quatrième dans sa totalité. Quatre hommes sont déjà là, alignés en rang d’oignons et tenant eux aussi une pancarte ornée d’un chiffre allant de un à quatre. Tour à tour, nous nous jaugeons, jugeons, toisons et évaluons. Personne ne sourcille. Ils me sont tous inconnus. En revanche, je ne peux nier que nous nous ressemblons drôlement. Nous avoisinons tous les deux mètres, sommes bruns et plutôt costauds. Quelques minutes après avoir rejoint cette brochette d’hommes aux allures de gros durs, une voix jaillit des haut-parleurs : « Numéro cinq, avancez. ». Ce que je fais. Sans broncher. Impassible. Stoïque. Le regard fixant l’horizon. S’échouant sur le verre blindé de la vitre. L’œil perdu dans le vide. Hagard. On me prie de bien vouloir me mettre de profil. Un battement de cils, un regard probablement désappointé vers le sol et je pivote d’un quart de tour sur la droite. J’ignore ce que l’on me reproche. Néanmoins, je sais que si l’on m’incrimine et m’enferme ici, tout sera terminé et jamais plus je n’aurais la chance de découvrir la vérité et comprendre ce qui m’est arrivé.                                                        

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@Min Kyo Ji
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Min Kyo Ji
Âge : 27
Occupation : fonctionnaire de police & bénévole au refuge pour animaux
Quartier : Gangseo
Situation : éternellement célibataire, mais il y a ce petit jeune, mon premier slow...
Don : Médiuminité. Je vois et parle aux morts
Niveau : 5
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Sam 7 Avr - 18:04


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Silencieusement, je regardais l'homme que l'on avait pointé du doigt, se faire prendre en photo sur tous les profils. Il était grand, et surement pas coréen. C'était un coup de chance que mes collègues aient réussi à l'attraper. On m'avais rapidement raconté la course poursuite qui avait eu lieu. Je désapprouvai l'usage des armes à feux dans ce genre de situation même si le grand gaillard de l'autre côté de la vitre aurait pu les semer. On ne savait jamais où pouvait atterrir une balle neutre. Mais comme d'habitude j'avais simplement secoué légèrement la tête et garder mes propos pour moi même. Et puis bon, honnêtement le suspect était surement juste un pauvre petit poisson, payé par des ordonnateurs qui ne voulaient pas se salir les mains. J'avais un peu pitié de lui au fond.
La séance shooting finis, on l'avait ensuite conduis dans une salle d'interrogatoire. Que j'allai devoir mener. Mon patron avant m'avais bien expliqué à nouveau que je devais rester calme et soutirer le maximum d'information du suspect. Comme si j'étais du genre à m'emporter souvent ? Je le faisais uniquement quand une personne que je savais pertinemment coupable refuser d'avouer ses actes. En tout les cas, il n'avait montré aucune émotion durant tout ce temps. Même pendant les cinq minutes passé tout seul dans la pièce. La caméra le filmait tranquillement. Ca allait surement être moi le plus stressé des deux.

- Vous pouvez y allez Agent Min

Je hochais la tête et prenait le gobelet qui venait tout juste du distributeur à café.  Qui a dit que j'avais le rôle du mauvais flic ? Ce genre de manège ne fonctionnait que dans les films. Ou tout simplement quand la personne interrogé était vulnérable. Ne connaissant rien de celui avec qui j'allai avoir une discussion, c'était compliqué de mettre ça en place. J'entrais dans la pièce et déposait le café devant le suspect avant de m'asseoir en face de lui.

- Je ne sais pas si vous préférer avec ou sans sucre. Personnellement je n'aime pas le café

Déclarais je d'un ton détaché tout en sortant mon fidèle calepin et un stylo. Il n'y en avait pas besoin, je le savais. Mais il pouvait aussi servir pour quelqu'un d'autre que moi. Et puis j'aimais bien avoir mes propres notes aussi.

- Alors Monsieur Mystère...Nom, prénom, date et lieu de naissance

Ce n'était pas du tout ironique comme surnom. De nos jours avec l'informatique et les satellites on pouvait tout trouver. Mais cet homme là, était comme invisible. Pas d'adresse, de numéro de portable ou de compte en banque. J'avais juste entendu de la part de mes amis les esprits qu'il se faisait appeler Ki O. Ma générosité très reconnue m'avais poussé à aider mes collègues en galère - et ça c'était de l'ironie.                                                     

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Ong Ki O
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Sam 7 Avr - 18:19


"Trapped"


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Le silence. Un silence de mort. Ou presque. Malheureusement, quelques petites choses parasites viennent l’entacher. Le tic-tac régulier et métronomique de l’horloge, trônant au-dessus de la porte. La respiration forte et sonore du numéro un. Les raclements de gorge intermittents du trois. Les reniflements incessants de son voisin de gauche. La façon bruyante et pas franchement discrète, qu’a le flic nous ayant à l’œil de mâcher son chewing-gum. Les crépitements d’un des spots accrochés au plafond, dont la lumière vacillante indique qu’il menace de rendre l’âme à tout instant. Pris séparément, ces petits bruits sont à la limite du supportable. En revanche, mis bout à bout et additionnés, ils doivent avoir le chic pour agacer et horripiler pas mal de gens. Même les nerfs de la personne la plus patiente et calme du monde, seraient mis à rude à épreuve. Chez moi, ces sons font naître et jaillir des pulsions destructrices, voire meurtrières. Mâchoire serrée. Ongles lacérant la pancarte. Respiration en quasi-apnée. La force avec laquelle je tente de les refouler et les annihiler, est proportionnelle à celle que je déploie pour ne pas tanguer aux accents de la rage et de la fureur. Elles sont là. Elles commencent à sortir de leur torpeur. J’ai déjà laissé libre cours à ce déferlement d’acrimonie. Lorsque tout retombe et s’estompe, ce qui m’entoure ressemble au chaos incommensurable d’un champs de bataille ou d’un paysage ravagé et désolé.

Si je ne veux pas devenir un danger, aussi bien pour les autres que pour moi-même, je ne dois pas … je ne dois pas écouter ce que ces pulsions me disent. Non. Je ne dois pas céder. Craquer reviendrait à leur donner raison. A eux. A tout ces Docteurs Frankenstein qui ont exulté quand leur créature a repris connaissance, mais qui ont vite déchanté lorsqu’elle a échappé à leur contrôle. Si je cède … si je laisse ce torrent de rage et de bestialité déferler, j’aurais définitivement perdu l’insignifiante parcelle d’âme et d’humanité qu’il me reste. J’ignore pendant combien de temps encore, je serais en mesure de contenir ce magma en fusion de brutalité qui bouillonne en moi. Le silence. Un silence qui n’augure rien de bon. Comme le calme avant la tempête. Si l’on ne m’ordonne pas de reculer et de retourner à ma place, cela ne veut dire qu’une seule chose. Que le pékin qui se trouve derrière cette vitre pense m’avoir reconnu et formellement identifié. La fin est annoncée, et je ne tarde pas à en avoir très vite la confirmation : « Ok c’est bon, on a terminé. ». Aussitôt, la porte s’ouvre et le flic au physique rondouillard fait évacuer la brochette de mes sosies. Son collègue, qui a probablement un lien de parenté avec un troupeau de gnous vu la manière frénétique avec laquelle il mâche ce chewing-gum, m’arrache l’écriteau des mains et me passe les pinces autour des poignets.

Ok, là c’est du sérieux. Ne rien dire, ne rien lâcher, même sous la torture. Comme dans les Forces Spéciales. L’un des deux policiers m’ayant amené jusqu’ici, vient me chercher et m’emmène Dieu sait où. Tel un agneau docile, je me laisse faire sans emmètre une fraction de résistance. Même infinitésimale. L’allure d’un ours, l’attitude d’un agneau. Des couloirs. Des escaliers dévalés. Une nouvelle pièce. Une salle d’interrogatoire visiblement. Une table en métal surplombé d’un néon. Deux chaises du style de celles que l’on trouve dans les salles d’attente des cabinets de médecins. Des murs dans les mêmes tons que l’autre pièce. Pas de vitre, pas de fenêtre. Le flic me force à m’asseoir en m’appuyant sur l’épaule de toutes ses forces, puis s’en va, non sans m’assener une tape virulente derrière le crâne et me balancer un nom d’oiseau. Sale journée ? Mauvaise humeur ? Défouloir ? Acte gratuit ? Volonté de me faire réagir ? Si tel est le cas, alors c’est raté puisque je reste inconditionnellement de marbre. Une caméra fixée au mur en face de moi. Probablement deux autres à ma gauche et ma droite. Idem derrière moi. Des micros ? Si j’en juge le petit point rouge là-bas qui scintille de temps à autre : je dirais oui. Identifier mon environnement et rapidement m’immerger dedans. Une habitude chez moi. Non, carrément un automatisme. Sans doute des restes tenaces, de mon ancienne vie de militaire dans les Forces Spéciales.

Deux impératifs. Ne rien laisser transparaître, ne rien montrer. Ca, cela ne devrait pas être bien difficile. Mentir éhontément et affabuler. Là par contre, j’ignore si j’en serais capable. On va rapidement être fixé. Un flic, auquel je n’ai pas encore eu à faire, entre dans la salle et vient siéger en face de moi à l’autre bout de la table. Mes yeux dérivent pendant un bref instant, en direction du gobelet au contenu noirâtre qu’il dépose devant moi. Puis très vite, mon attention se reporte sur lui. Il est jeune. Nettement plus jeune que ses collègues. Pas spécialement la tête, ni le physique de l’emploi. Il ressemble plus à un de ces chanteurs de boys band à minettes que l’on peut voir dans les clips à la télévision, qu’à un représentant des forces de l’ordre. Néanmoins, le ton qu’il emploie et l’attitude qu’il adopte, sied parfaitement à la fonction. Ne jamais juger le contenu d’un livre à sa couverture. Je devrais le savoir pourtant. C’est … c’est curieux. Sa voix me semble très lointaine. Je jurerais presque qu’elle raisonne, un peu comme dans un tunnel. Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Cette étrange sensation d’avoir la tête sous l’eau ou prisonnière dans un bocal, tant les sons me paraissent éloignés et asphyxiés. Presque oniriques. Je ferme les yeux quelques instants. Non pas que je n’ai pas compris ce qu’il me demande. Non, à vrai dire, c’est plus comme si j’essayais de me convaincre-moi même, de la véracité de ma réponse.

S’évertuer à être convainquant. Quand bien même le doute plane et s’est largement insinué. Mes paupières se rouvrent très lentement. Le cliquetis métallique des menottes, m’informe que je ne suis pas aussi immobile que je ne le pense. Un muscle de mon bras aurait tressailli sans que je m’en aperçoive ? Sans plus attendre, je réponds à chacune de ses questions, en marquant des temps de pause exagérés. Théâtrales. Presque dramatiques. Le regard éteint et inanimé. La voix d’une monotonie presque consternante. Mécanique. Le tout enrobé dans un accent mandarin horriblement marqué et prononcé. « Ong … Ki O … 22 Septembre 1984 … Taipei. ». Puis-je vraiment me fier à ce que je sais, et le prendre pour argent comptant ? Qui me dit que c’est réellement moi ? Qui me dit qu’ils ne s’évertuent pas, à ce que je me fabrique de nouveaux souvenirs ? Des souvenirs factices, bien évidemment. Il faudrait que je sois fou pour faire confiance, mais … ai-je pour autant besoin d’être méfiant et suspicieux vis-à-vis de tout et tout le monde ? Plus qu’un besoin, c’est une nécessité. Un nouveau tintement des menottes. C’est seulement à cet instant, que je réalise que je frissonne. Bon an mal an, je tente de me réchauffer en frottant mes avant-bras contre ma taille. Il y a comme … comme un courant d’air. Ce qui est plutôt étrange, vu que la pièce et hermétiquement close. Du moins, je crois.

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Min Kyo Ji
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Lun 9 Avr - 19:37


"Trapped"


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Silencieusement, j'attendais que l'interrogé réponde à mes questions. Je le fixai, essayait de comprendre ce qu'il se passait dans sa petite tête. Etre télépathe me servirait bien parfois, pas tout le temps, car je me dispenserai aisément des pensées de beaucoup de personnes. Non, en fait, cet homme me paraissait un peu étrange. Est ce qu'il avait un don ? Malheureusement les pouvoirs pouvaient se retrouver dans de mauvaises mains. Même si en fait, l'individu en face de moi ne me faisait pas du tout cet effet là. J'avais plutôt l'impression de me retrouver devant un petit chaton, effrayé du monde qui l'entourait. C'était surement bizarre de penser ça d'un mec suspecté d'avoir fait des sales boulots.
Il avait tout de même fini par ouvrir sa bouche, d'une façon assez robotique je devais bien l'avouer. J'esquissai malgré moi un petit sourire et secouai la tête tout en écrivant ses informations sur mon carnet. C'était en inscrivant son lieu de naissance, que mon cerveau s'illuminait soudainement.

- Taipei ?


Je répétai à haute voix, comme si je voulais être sur d'avoir bien entendu. Son attitude étrange et ses origines me faisait tiquer. Est ce que c'était une simple coïncidence ? Je levai mon regard vers la caméra, me mordillant les lèvres pour m'empêcher de dériver sur un autre interrogatoire. Qui n'aurait aucun rapport avec l'accusation de Ki O. Pourtant, je ne pouvais pas laisser échapper une aubaine pareille. Un témoin ou même tout simplement une victime de ce que faisait l'hôpital. Je n'avais pas encore trouvé les preuves que m'avais réclamé mon supérieur. Pour lui, j'avais trop d'imaginations sur ce coup là. J'étais persuadé que le taux anormal de mortalité dans le secteur de la neurochirurgie n'étais pas anodin. Les médias n'en parlaient pas - pour ne pas inquiéter les citoyens. Bref; c'était encore une histoire où j'allai devoir batailler tout seul dans mon coin, sans que mon supérieur ne soit au courant. Après je me ferais disputer encore une fois parce que j'enquêtais solo...haha.
Bref, tout ça pour dire que je ne pouvais pas laisser mes collègues mettre Ki O derrière les barreaux. J'avais des tas de questions à lui poser - hors zone. Je devais donc trouver une faille pour cela.

- Monsieur Ong, ça fait longtemps que vous êtes arrivé en Corée ?

Son accent chinois m'avais mis sur la voie. Une piste que je devais explorer : l'abus de faiblesse. Si Ki O était un clandestin, je pouvais obtenir une garantie de ma pomme. Bien que l'idée ne m'enchantais guère car ça voulait dire que peut être j'allai devoir l'héberger chez moi. Et je n'avais même pas eu un poisson rouge pour me tenir compagnie. Après on pouvait trouver un arrangement si il savait faire la cuisine et le ménage. Je n'offrais jamais rien gratuitement, surtout pas mon propre toit.

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Mar 10 Avr - 12:45


"Trapped"


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Qu’est-ce que je dois faire ? Comment suis-je censé agir ? Et surtout réagir. Existe-t-il une stratégie qui soit plus adaptée qu’une autre, pour se sortir d’un tel traquenard ? Dans ma situation, dire la vérité et rien que la vérité reviendrait d’une façon ou d’un autre à signer mon arrêt de mort. Néanmoins m’enliser dans le mensonge et nier l’évidence, quand bien même on me la met sous les yeux, sera également contre-productif. Pas de doute, c’est un sacré et épineux numéro d’équilibriste qui m’attend. En tout cas, et au vu des méfaits j’ai pu commettre depuis que j’ai recouvré mes esprits, je pense qu’il y aurait matière pour me mettre à l’ombre pendant un bon moment. Je vous fait grâce d’un inventaire à la Prévert de tout « les contrats », que j’ai réalisé ces deux derniers mois. Ce qui est sûr, c’est que si ce flic a des preuves concernant la nature de mes activités, il aurait largement de quoi me déferrer devant la justice. Et quelque chose me dit que les juges de cette ville, ont condamnés des accusés pour même pas le dixième de ce que j’ai pu faire. Toutefois … s’il se tient devant moi et qu’il se donne la peine de mener un interrogatoire, cela signifie … . Cela signifie qu’ils n’ont pas suffisamment de preuves pour déclarer ma mise en examen. Oui, tout ça c’est du bluff. Ils n’ont rien sur moi. Au mieux, ils ont des présomptions et des soupçons. Mais aucune preuve formelle et irréfutable. Leur dossier est une coquille vide.

Vide. Comme l’homme que je suis à l’intérieur. S’ils ont sorti le grand jeu tout à l’heure et « montré les muscles », c’est uniquement pour que je me sente acculer, au pied du mur et pris au piège. Et maintenant … maintenant ils m’envoient un petit flic avenant et au physique plus doux, afin que je me sente en confiance, que je craque et que je déballe tout. Hum, techniques classiques d’interrogatoires. Bien essayé, je l’avoue. On avait à deux poids deux mesures près, les mêmes procédés dans les Forces Spéciales. Seulement nous, on avait au moins le mérite de rendre la combine moins grossière et plus subtile. Navré Monsieur l’Agent, mais vous risquez de faire chou blanc. Votre pêche aux infos risque de s’avérer bien maigre et peu fructueuse. Sans avoir la prétention de me définir comme étant un gros poisson, j’ai néanmoins quelques vagues souvenirs de la façon dont les gens comme vous tirent les ficelles dans ce genre de situation. Hum. Ca y est, je sais quoi faire. Je sais comment mener ma barque. Des réponses courtes et précises. Sujet, verbe, compléments. Rester vague. Enoncer des généralités. N’entrer dans les détails uniquement lorsqu’il commencera à lâcher des billes. Voir ce qu’il joue et adapter mon jeu en fonction. Les bases. Je sais bien que l’on ne gagne pas un combat en restant en défense, mais je ne suis guère en position de force pour le moment.

Se tenir droit, presque à l’excès. Les mains posées sur la table. Soutenir le regard de l’interlocuteur, et agir par mimétisme. Nom, prénom, date de naissance. Les formalités. Ce qui confirme ce que je pressentais : je suis totalement inconnu de leurs services et leurs bases de données. Un bon point. Entant que militaire, j’imagine que l’État Major taïwanais a dû placer sous celés les informations me concernant. Classées confidentielles ? Non pas exactement. C’est bien plus complexe que cela en réalité. Cependant, c’est à peu près l’idée. Si … si comme je le suppose, et pour une raison qui m’échappe encore pour le moment, l’armée dans laquelle j’ai servi a tenté de me supprimer … alors il se pourrait bien qu’il y ait une chance infime, qu’ils se soient également empressés de se débarrasser de toutes les informations à mon sujet. Traduction si tel est le cas : il n’y a rien d’un point de vue administratif me concernant. En gros, cela voudrait dire que… que Ong Ki O n’a jamais existé. Si je suis dans le vrai, on peut dire que c’est une véritable aubaine ! Finalement, il se pourrait bien que j’ai un petit peu de chance dans mon malheur. Fort de cette déduction, et préférant partir du principe qu’elle est exacte, je réponds donc sans réticence aux questions des policier. S’il ne me croit pas ou a des doutes, je pourrais toujours lui montrer mes papiers. J’espère seulement qu’ils ne sont pas faux. Le jeune policier semble tiquer sur mon lieu de naissance.

Preuve en est, il le répète pour lui-même dans un murmure interrogatif. Je ne vois pas ce qu’il y a de surprenant. Contrairement à ce que disent les occidentaux, tout les « bridés » ne se ressemblent pas. Cela se voit comme le nez au milieu de la figure que je ne suis pas d’ici. Je hoche une fois la tête afin de lui donner confirmation. Le tout en conservant un faciès que rien ne semble pouvoir perturber. Pas simple d’être un expatrié à Busan. D’autant plus quand l’usage de la langue s’apparente pour vous à une torture de chaque instant. C’est la raison pour laquelle j’évite autant que possible de parler. Lorsque je n’ai pas le choix et que j’y suis contrait, il n’est pas rare qu’on me fasse répéter plusieurs fois, ou que mes interlocuteurs scrutent mes lèvres en fronçant les sourcils, afin de se concentrer encore davantage sur mes paroles qu’ils sont en peine de décrypter. Est-ce que cela m’énerve ? Non. Dans le pire des cas, ça me lasse. C’est tout. La manière dont cogite le flic laisse à penser que bien malgré moi, je lui ai fourni un os à ronger de choix. Ce qui est curieux, c’est qu’il n’embraye pas directement avec une autre question. Aurait-il fait un quelconque lien avec tout autre chose, que ce pour quoi je suis ici ? D’accord, je veux bien … mais de quoi s’agit-il alors ? Au bout de quelques instants, le policier au physique d’aspirant s’enquiert de savoir depuis combien de temps je suis ici. Je prends quelques seconde afin de tenter de comprendre où il veut en venir.

Ce gars n’est pas un bleu lambda. Il est malin. Il n’est pas du genre à balancer des questions, comme ça au petit bonheur la chance. Non, lui c’est fin tacticien. Un joueur d’échec ayant plusieurs coups d’avance. Il menace ma tour ? Il veut me contraindre au gambit et m’inciter à attaquer son fou ? Non, ça n’a pas de chance. Ne flairant pas spécialement d’arnaque ou de piège, je réponds donc en toute honnêteté à sa question, non sans rester très évasif. Mon coréen bien trop rudimentaire, me fait buter sur certains mots des plus difficiles pour un sinophone : « Non. Je suis ici depuis sol… seulement quelques mois. ». Cette version semble le convaincre. Il faut dire aussi que les apparences abondent en ce sens. Néanmoins, à en juger son expression, je devine qu’il trouve cela un peu court. Il attend une suite. Ce qui est normal. Maintenant que ça mord, cela serait bête de ne pas remonter la ligne. J’aurais sans doute fait de même à sa place. Ok, c’est l’heure de vérité. Là, c’est le moment où je dois mentir éhontément et affabuler. Une raison, un motif. Il me faut un « pourquoi ? », et vite. J’ai bien une idée mais … c’est osé. Osé et risqué. Tant pis, il faut que j’essaye. Ne dit-on pas des bobards que plus ils sont gros, plus ils passent ? Ce type ne m’a pas l’air du genre à avaler facilement des couleuvres mais … qui ne tente rien n’a rien. Je feins de jouer l’étranger aux prises avec la langue, puis avance avec un calme presque flegmatique, une explication quant à ma présence en Corée.

« J’assurais la sécurité et la protection de Zhou Shu Qi. Une idi… une ancienne idole taïwanaise très populaire en Chine. Lorsqu’elle a coro… couper les ponts avec le star système, j’ai eu envie de changer d’air. Mais … je n’étais pas raff… rassurer et serein de la savoir seule. C’est pour cela que je suis venu ici à Busan. Je voulais gaf… garder un œil sur elle et être là au cas où elle aurait des problèmes. ». Improvisation totale. J’ai entendu une chanson de cette fille à la radio, dans la voiture de police qui m’a amené jusqu’ici. Heureusement que l'animateur a fait un rapide briffe sur sa carrière, et sa vie poste-carrière. Voilà qui m’offre un « pourquoi ? ». Insensé ? Improbable ? Oui, peut-être. Seulement, lorsqu’on voit mon allure et qu’on connaît les petites lubies et caprices des idoles, ce que j’avance n’est pas totalement impossible ni exclu d’emblée. Oui, c’est crédible. Ca, se tient. J’ignore quelle piste vous tentez de remonter Monsieur l’Agent, mais vous faîtes fausse route. Croyez-moi, vous êtes sur une pente savonneuse. Faîtes preuve de sagesse et empruntez la porte de sortie, que je viens de vous ouvrir en grand. Le temps qu’il localise et remette la main sur cette Zhou Shu Qi pour confirmer ma déclaration, on aura le temps de voir venir ... et je serais alors déjà loin.                                                                                            

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Ven 13 Avr - 19:29


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Mon étonnement pouvait se comprendre de bien des façons. Mais mon interlocuteur ne devait absolument pas savoir ce que j'avais dans la tête. Je n'avais pas pour but de questionner toutes les personnes originaires de cette ville qui campaient à Busan non plus. Mais si j'avais un natif de ce pays, juste devant moi, ce n'était pas dû à une coïncidence. Je n'étais pas du genre à croire au destin et tout les trucs du même genre, mais il fallait avouer que là c'était un sacré hasard. Pile au moment où mon patron m'avais sommé d'arrêter mes bêtises, paf, voilà que Ki O faisait son apparition. Il n'était pas le seul mauvais gars de la ville, malheureusement Busan était bien remplie de ce genre de personnes. Sinon, j'imaginais qu'il n'y aurait pas besoin de policier pour faire régner l'ordre un minimum. Même si généralement, les petits délits n'étaient pas chers payer. Et ils ne restaient pas beaucoup de temps derrière les barreaux. Là, je cherchais un moyen justement pour éviter au taïwanais de se retrouver en taule. Je pourrais dire adieu à ma piste sur mon enquête personnelle.
Il y avait bien des manières pour un étranger de traverser la faille du système coréen. Seulement, j'ignorais si Ki O allait suivre mon plan ou non, inconsciemment. Peut être qu'il était suffisamment intelligent pour comprendre aussi où je voulais en  venir. J'avais donc commencé par lui demander depuis combien de temps il était arrivé en Corée. Une question, qui n'avais rien de suspect. Je ne devais pas oublier que notre conversation était écouté par l'un de mes collègues.
Quelques mois...Ce n'était pas vraiment très précis. Je continuais donc de le regarder, pour qu'il continue de parler. Si je ne lui coupais pas la parole, c'était que je n'en avais pas assez. Les clandestins étaient de deux styles différents : honnête ou menteur. Ceux qui inventaient tout une histoire, dramatique la ma majorité du temps pour qu'on ait pitié d'eux. Je me demandais de quelle partie était Ki O. J'avais tout entendu, du moins, c'était ce que je pensais jusqu'à l'explication de mon vis à vis. Garde du corps ? Ca pouvait coller vu sa stature droite et il avait l'air assez musclé. J'avais déjà entendu parler de cette chanteuse - étant fan de musique à travers le monde. J'ignorais cela dit, qu'elle était actuellement à Busan. Ou pas. Mais il était impossible pour moi de savoir si Ki O disait la vérité ou non. Son visage était totalement inexpressif.

- Et aller intimider Monsieur Song faisait partie de ces problèmes ?

Demandais je en haussant un sourcil. Car c'était de ça dont était accusé le suspect. La victime l'avais identifié parmi toutes les personnes. Bien que je savais que généralement, les gangs n'envoyait pas qu'une seule personne. Il fallait toujours au moins un guet dans ces affaires là. Alors pourquoi lui et pas l'autre ? Surtout que le portrait robot effectué pour aider à l'identification, quand on y pensait, ce n'était pas vraiment très précis. Ca aurait pu être aussi l'un des autres hommes placés à ses côtés. Perso, ils se ressemblaient tous pour moi A part que Ki O était un vrai robot. Si il n'y avait pas eu ses bafouillages lors de son explication,  pour le rendre plus humain j'y aurai cru.

- Depuis combien de temps assuriez vous la sécurité de Zhou Shu Qi ? Est ce que vous avez un intérêt plus que professionnel envers elle, pour vivre clandestinement à Busan juste pour "garder un oeil" ? Et des comportements masculins auraient pu vous rendre jaloux

J'optais pour descendre la même pente que lui. Même si il y avait des chances que cela soit un mensonge, c'était aussi une jolie carte. Qui sait ? Peut être que ce Monsieur Song était un fan de l'ancienne idole taïwanaise et avait paru menaçant pour l'interrogé. C'était en tout les cas une perche que je tendais à ce dernier. Lui laissant le temps de réfléchir, je griffonnais un papillon sur ma feuille avant de rajouter.

- Votre café va être froid. Ou alors vous voulez peut être du sucre pour le mélanger avec ?

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Ong Ki O
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Ven 13 Avr - 23:03


"Trapped"


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Est-ce que mentir me plaît et m’enchante ? Pas vraiment, non. Néanmoins, on ne peut pas dire non plus que cela me contrarie ou me gêne outre mesure. La vérité ? C’est exactement comme pour tout le reste : cela m’indiffère. Encore une chose à ajouter à la longue liste de tout ce qui m’est égal. Est-ce que je me débrouille bien et suis crédible dans cet art ? Si tant est que cela en soit un. Aucune idée. De toute façon, ce n’est pas à moi de le dire. Je doute être le plus à même et le mieux placé pour juger cela. Ce flic en revanche … ça pourrait sans doute être son rayon ou relever de son domaine de compétence. Ce qui est certain par contre, c’est que je n’ai guère d’autre choix que d’avoir recours à ce stratagème, si je désire avoir une chance de m’en sortir. Au dernière nouvelle, je n’ai pas le don d’ubiquité. Etre sur plusieurs fronts à la fois, relève de la folie furieuse et du suicide. Si je décide de m’embarquer sur ce terrain là, alors autant me faire hara-kiri immédiatement. Si le but de la manœuvre est de me saborder, c’est clair que cela me ferait gagner du temps. Toutefois, ce n’est pas dans mes plans. Entre ma vendetta personnelle contre les salauds m’ayant dépossédé de mon humanité, les victimes de « mes contrats » et à présent les forces de l’ordre : on ne peut pas dire que je manque d’antagonistes. Croiser le fer avec tout ce beau monde en même temps ne me mènera nulle part, si ce n’est six pieds sous terre.

Une seule solution : diviser pour mieux régner. Les bases, le b-a ba et les techniques élémentaires de la stratégie militaire. L’objectif du moment est de créer une diversion. Un écran de fumée qui occupera et tiendra à l’écart la police, durant un laps de temps plus ou moins court. Ainsi, je pourrais entièrement me focaliser sur une seule tâche à la fois. Me retrouver en porte-à-faux ou être pris en tenaille, serait incontestablement la pire chose qui puisse m’arriver pour l’heure. J’ai parfois l’impression de lutter contre une Hydre. A chaque fois que je tranche une tête, deux nouvelles poussent. Pour continuer de filer la métaphore mythologique, ma « nouvelle » vie s’apparente au supplice de Sisyphe. Ou au tonneau des Danaïdes. Une spirale sans fin. Un perpétuel recommencement. Je ne suis pas spécialement fier d’indirectement impliquer une innocente, qui n’a strictement rien à voir dans toute cette sombre histoire. Hélas une fois encore, je n’ai pas le choix. Il me faut bien un épouvantail, si je souhaite éloigner les corbeaux. Le fait qu’il s’agisse d’une blanche colombe peut m’être profitable, et redorer l’image que ce flic se fait de moi. Je ne dis pas que ça me disculpera et lavera de tout soupçon, mais il est possible que cela rebatte les cartes et change la donne. Ou bien … ou bien il n’en démord pas quant au fait que je suis « un bad boy », et au quel cas, c’est son image à elle qui est ternie. L’effet inverse de celui escompté. C’est à double tranchant. C’est quitte ou double. Un pari risqué, osé et au combien périlleux.

Soit je m’en sors et tout va à peu près pour le mieux dans le meilleur des monde. Soit je plonge, en éclaboussant et entachant la réputation d’une honnête femme. Ca y est. Les dés sont jetés et le sort en est celé. Le flic a écouté de toutes ses oreilles et semble ne pas à avoir manqué une miette. Je m’avance, peut-être mais, … sans aller jusqu’à dire qu’il adhère complètement à ma justification, il a l’air de la trouver pour le moins plausible. Bien, mais visiblement insuffisant pour le convaincre de mon innocence. Nous y sommes. La première estocade. Song ? Tout ce pataquès, c’est à cause de lui ? Hum … ça va. Je ne nie évidemment pas que j’aurais préféré mieux, mais il est certain que l’on aurait pu me reprocher bien pire encore. Escarmouche auquel je vais répondre par une parade riposte. Mes lèvres s’avancent de manière presque imperceptible, avant que je ne rétorque avec un self contrôle et un aplomb désarmant : « Intimider n’est pas le terme que j’aurais env… employé. Monsieur Song et moi-même avons eu une petite exept… explication, au cours de laquelle il est possible que le ton soit monté. Mademoiselle Zhou n’avait stran… strictement rien à voir avec tout cela. Je tenais simplement à m’assurer que les intérêts et les affaires de Monsieur Jang, mon employeur, ne soient pas défa… dévalorisés et dépréciés. ». Après tout, quelqu’un va bien devoir répondre des accusations de Song, alors autant répartir les fautes et les torts.

Je ne vois pas pourquoi je devrais être le seul à trinquer, et endosser toute la responsabilité de cette affaire. D’autant plus que je n’en suis ni l’instigateur, ni la tête pensante. Cette honneur revient à la famille Jang, et plus particulièrement au patriarche. S’il s’imagine que je vais me risquer à prendre le max pour sa pomme, il se plante. Tout le monde sait que dans ce genre de dossier, les complices écopent de moitié moins. Donc quitte à devoir prendre, j’aime autant bénéficier du tarif réduit. Je suis quelqu’un de plutôt loyal en temps normal, mais lorsque ma liberté est en jeu, c’est une toute autre histoire. A la rigueur, si le sort d’une personne honnête et intègre était en balance, peut-être que j’accepterais de me sacrifier. Toutefois, en ce qui concerne des ordures de la pire espèce telles que les Jang, je n’aurais absolument aucun scrupule à les entraîner dans ma chute si je tombe. Chacun sa merde et du papier pour tous, comme on dit. Le nec plus ultra serait que leurs têtes tombent et que je sauve la mienne. De cette façon, je ferais d’une pierre deux coups. D’abord je me dédouane, puis dans le même temps j’évince et tiens à l’écart des personnes pouvant constituer une éventuelle menace. Le policier au teint diaphane décide alors de changer de tactique. Hum … . Plutôt malin, puisque dans le même temps, ça lui permet de vérifier l’authenticité de ma version au sujet de Zhou Shu Qi. Si je me contredis ou énonce des faits étant théoriquement impossibles, il saura immédiatement que j’ai menti.

D’accord. On peut la jouer comme ça, c’est une possibilité. Très vite, je tente de me remémorer tout ce que l’animateur radio a pu dire au sujet de la chanteuse tout à l’heure. Une fois le tri effectué, je joins les mains et pose les avant-bras sur la table. Mon regard planté dans les iris sombres du policier, je me penche vers lui et réponds lentement. Avec sérénité, et maîtrise. « Mademoiselle Zhou a commencé sa carrière de chanteuse très jeune. Il y a une dif… dizaine d’années, la grande mode dans l’univers de la musique, était celle des pré-lolitas. Mademoiselle et les autres mar… membres de son girls band, avaient à peine dix ans à l’époque. Pour ma part, j’en avais un peu plus de vingt. Au départ, leur agence m’avait manf… mandaté pour assurer la protection et la sécurité de tout le groupe. Puis en grandissant, un agent et un garde du corps ont été aff… assignés à chaque chanteuse. J’avais la responsabilité de Mademoiselle Zhou. Jamais je n’ai eu de vues sur elle. Je l’ai toujours conf… considéré comme une petite sœur que je devais protéger, et sur laquelle je devais veiller. Et ce, même si sa carrière venait à s’achever, ou si pour une raison ou une autre, elle serait amp.. amenée à quitter la Chine, comme ce fut le cas. Mademoiselle fait ce qu’elle veut de sa vie, et frat… fréquente qui bon lui semble. Cela relève de sa vie privée, et je n’ai pas à incr… interférer dans ce domaine. Mon unique devoir est de gra… garantir sa sûreté physique. ».

Cela vous convient-il Monsieur le policier ? Ou dois-je me montrer encore plus prolixe et explicite ? Cette fille a sûrement dû avoir tout un cortège de personnes, travaillant pour elle au temps de sa superbe. Des stylistes, des maquilleuses, des coiffeuses, des attachés de presse, des photographes personnels et j’en passe. Avec un peu de chance, il y aura eu dans le lot une bonne demie dizaine de gardes du corps qui se seront succédés. Autant dire que même si mon nom ne lui dit rien et que ma tête ne lui revient pas, elle ne pourra cependant pas totalement infirmer le fait que je n’ai jamais travaillé pour elle. Qui plus est, elle était très jeune à l’époque, et l’on sait tous qu’avec le temps les souvenirs finissent par s’estomper, puis devenir incertains pour finalement disparaître. Insinuer le doute dans la tête d’un tiers, peut probablement être ma meilleure arme. N’oublions pas que le doute profite toujours à l’accusé. En l’occurrence, moi. Un clignement de paupières pour ré-humidifier mes yeux, puis je réplique au policier de cette désormais habituelle voix atone. « Merci, mais je n’ai pas soif. ». La meilleure façon pour recueillir mon ADN. Chose qui leur serait forte utile, s’ils disposent de preuves et qu’ils cherchent à me confondre, ainsi qu’à démontrer ma culpabilité. Bel effort je suis forcé de le reconnaître, mais cela ne prend pas avec moi.                                                                                                                            

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Min Kyo Ji
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Lun 16 Avr - 19:32


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Je ne m'attendais pas à ce que Ki O balance aussi facilement l'identité de celui qui l'avait employé pour aller "intimider" le pauvre homme. Enfin pauvre. Tout est relatif. Vu comment était son appartement, il devait gagner beaucoup plus que moi tout en se cassant moins le cul. Le monde était vraiment injuste envers ceux qui se dépensaient énormément dans leur travail. Pour rien avoir en récompense au final. Surtout dans la police. Est ce que j'étais complimenté par mes collègues ? Pas du tout. Reconnu par mon supérieur quand je résolvais une enquête ? Encore moins. J'avais juste eu une petite augmentation suite à l'affaire du député mais depuis, c'était redevenu comme avant. Alors je n'allai pas du tout regretter de libérer Ki O de façon détourné pour m'aider avec mon enquête concernant l'hôpital. Je n'allai pas leur donner ce plaisir là.

- Il n'y a pas que le ton qui est monté, vu l'état de son nez et de son bras

Rétorquais je en me rappelant que Mr Song était arrivé avec un bras dans le plâtre et un beau pansement sur le nez. Des blessures qui n'arrangeait donc en rien les accusations portées contre le suspect. Surtout que là, il n'avait pas du tout nié être allé le voir. Il ne me facilitait vraiment pas la vie.

- Monsieur Jang était il au courant de votre situation ?

Que c'était un immigré. Il y avait beaucoup de personnes dans le grand monde qui employait des sans papiers pour faire le sale boulot, les menaçant de les dénoncer à la police si ils ne faisaient pas ce qu'on leur demandait. C'était un point sur lequel je pouvais appuyer pour "excuser" les actions de Ki O. Je me démenais pour le blanchir, alors j'espérais qu'il finirait par comprendre que j'étais de son côté, plus ou moins.
L'histoire avec la chanteuse était obsolète, d'autant plus que l'interrogé certifiait qu'il n'avait aucune vue sur elle. Bon, c'était tant mieux. Sinon j'aurai dû aller voir cette idole et la convaincre que Ki O avait travaillé pour elle.

- J'espère pour vous qu'elle a une bonne mémoire, car mes collègues se chargeront d'aller l'interroger là dessus

Déclarais je avec un petit sourire. Ou pas. Je ne savais pas vraiment si ils comptaient le faire. Après tout, cette histoire leur paraitrait surement comme du vent alors ils allaient pas s'embêter avec ça. Je lui avais ensuite rappelé qu'il y avait un café juste devant ses yeux. Mais monsieur n'avait pas soif. Si il savait qu'il faisait partie des rares suspects à qui j'en apportais. Même mes collègues n'y avaient pas le droit. En tout les cas, cet homme était vraiment étrange. Il avait simplement frissonner tout à l'heure, comme si il avait eu froid. Mais c'était tout. Même son regard était indescriptible. Hum...était il fou ? Après tout on me cataloguait bien comme tel. Alors pourquoi pas lui ? Sans un mot je me levais de ma chaise avec mes affaires, attrapait le gobelet au passage et quittais la pièce.

- Alors ?
- Je pense qu'il a pas toute sa tête
- Comment ça ?
- Vous verrez

Je lui tendais le café et les laissais sur ce suspens pour aller prendre un classeur. Je voulais vérifier ma théorie. Avant d'envoyer les suspects suspectés d'avoir des problèmes, on faisait un premier test. Je revenais ensuite dans la salle d'interrogatoire, reprenait place face à lui.

- Je vais vous montrer des photos

Expliquais je avant de poser le classeur face à lui et de l'ouvrir. Il y avait tout de sortes d'images là dedans. Des choses mignonnes comme des animaux, des enfants qui jouaient - enfin ça dépendait du point de vue chacun. Et puis des viols, des meurtres pour les trucs plus glauques. Le but était d'analyser les réactions de Ki O.  

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Ong Ki O
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Lun 16 Avr - 22:49


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Hmm. Ai-je fait le bon choix ? Sur le coup et dans le feu de l’action, cela me semblait être une évidence. Cependant, maintenant que le silence règne en majesté et que la tension est redescendue d’un cran, j’avoue émettre quelques doutes quant à la stratégie que j’ai choisi d’adopter. Celer ma destinée et la remettre entre les mains d’une tierce personne, à savoir cette fameuse Zhou Shu Qi, n’était sans doute pas l’idée du siècle. Pour autant, était-ce la pire qu’il soit ? Difficile à dire. En tout cas, cela ne ravit pas spécialement le maniaque de la maîtrise et du contrôle que je suis. Ce qui est certain, c’est que les choses commencent à largement se corser à présent. Si par malheur elle dit quelque chose jouant en ma défaveur, ou si sa version ne corrobore pas la mienne : je suis perdu. Il va falloir la jouer fine et bien manœuvrer. Une fois que je serais sorti d’ici, si toutefois j’en sors, il faudra que je rencontre ou entre en contact au plus vite avec cette ancienne idole. Par au plus vite, j’entends bien sûr avant les flics. Lui faire un rapide topo ainsi qu’un petit briffe va être capital. Ne serait-ce que pour qu’elle s’attende à voir débarquer des policiers, et qu’elle n’ait pas l’air de tomber de l’armoire en les voyant. Hmm, réflexion faîte : si, il faudra qu’elle soit surprise. Dans le cas contraire, ils vont trouver ça louche et sauront que je lui ai parler entre temps. Ce qui n’arrangerait pas mes affaires s’ils le découvrent. Eh puis, ça sera également pas mal qu’on accorde nos violons, histoire qu’il n’y ait pas trop d’incohérence ou de contradiction.

Notamment sur les dates. La malheureuse. Elle ne va probablement rien comprendre à ce qui lui arrive, et me prendre pour un fou ou un grand malade. En même temps, pourrais-je lui en tenir rigueur ? J’imagine que ça doit être le genre de péripétie, qui peut surprendre et choquer des gens non-avertis. Pourvu qu’elle ait quelques vagues notions de comédie. Entant qu’ancienne idole, j’imagine que ça a dû être le genre de gamine qui a passer les cinq premières années de sa vie à rêver de devenir actrice ou chanteuse. Pour peu que papa et maman aient été blindés et n’avaient d’yeux que pour leur petite merveille, ils lui auront sans doute payé en plus des cours de chants, deux ou trois leçons de théâtre. Faut espérer en tout cas. Comme on dit, cela ne coûte rien et ça ne fait pas de mal. Enfin, j’ai envie de dire que tout cela, ce n’est rien. Le plus dur sera sans conteste de la persuader et la convaincre de marcher dans la combine. N’oublions pas que strictement rien ne l’y oblige. J’ignore dans les combien ça va chercher un faux témoignage, mais si elle accepte de me prêter main forte et que le pot-aux-roses et découvert, elle court au devant de gros ennuis. Je comprendrais parfaitement qu’elle refuse. Qui peut être assez fou pour prendre de tels risques, pour quelqu’un qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam ? A la rigueur pour un proche, admettons. Et encore ce n’est même pas certain, vu qu’il semblerait que l’être humain soit par définition égoïste.

Si elle refuse, je me vois assez mal la contraindre ou l’intimider pour qu’elle daigne changer d’avis. Des arguments de poids et percutants, seront à n’en pas douter mes meilleures armes, si je tiens à la rallier à ma cause. Enfin, si j’ose dire. Qu’aurais-je dû faire d’autre ? Etre plus évasif et lacunaire ? De mon point de vue, cela reviendrait à faire preuve de négligence. Et comme on le sait tous, c’est par la négligence que l’Homme se trahit. Me murer dans le silence ? Excellente idée, si j’aurais voulu faire en sorte qu’ils m’envoient illico presto derrière les barreaux. Le flic aux allures de minet vient confirmer mon pressentiment : ils vérifieront mes dires auprès de la demoiselle. Aussitôt, et sans réellement savoir pourquoi, mes incisives viennent se planter sur l’extrémité de ma langue. Peut-être que je me punis d’avoir été trop loquace ? Allez savoir. Ma tentative pour minimiser et adoucir mon clash avec Song aura été vaine. Au moins, j’aurais essayé. Un nez explosé et un bras fracturé … j’admets que pour un premier avertissement, j’y suis peut-être allé un peu fort cette fois-ci. Quelques phalanges brisées auraient probablement suffit. Pour ma défense, je tiens tout de même à préciser que le vieux Jang avait bien insisté sur le fait que je devais, je cite : « mettre le paquet ». Même si rien dans l’attitude du policier ne transparaît, quelque chose dans le ton de sa voix me laisse à penser qu’il n’est pas tout à fait mécontent de la dérouillée que j’ai infligé à Song.

Pour toute réponse lorsqu’il m’énonce la liste des blessures de cet enfoiré de première, mes lèvres s’étirent très légèrement en un discret sourire en coin. Un rictus, ressemblant plus à une profonde expiration d’air par les narines, m’échappe également. L’homme aux traits de chérubin décoche une nouvelle question. Au propos de mes employeurs. Les Jang père et fils. Je ne vois pas immédiatement ce qu’il étend par « situation ». Instinctivement, la première chose que m’évoque ce mot : c’est mon état. Mon amnésie et mon apathie qui me font passer pour un sociopathe. Pendant un bref instant, une décharge d’adrénaline parcours mon corps à l’idée d’avoir été percé à jour. Heureusement, je finis par comprendre qu’il fait en réalité allusion à mon statut d’immigré. C’est ma chance de m’en sortir. La voilà l’opportunité que j’attendais. Ce flic vient de m’offrir des clous pour crucifier les Jang, et je ne vais certainement pas m’en priver. C’est donc avec zéro problème de conscience que je charge allégrement mes employeurs, en répondant au policier dans un hochement affirmatif de la tête et d’une voix monotone : « Bien sûr qu’il le savait. J’avais eff… exactement le profil qu’il recherchait pour ce poste. Entant que travailleur étranger, Monsieur Jang n’était pas tenu de dépl… déclarer mon activité au Trésor Public, comme la loi l’y off… oblige pour tout les travailleurs coréens. Le but de la maj… manœuvre étant j’imagine, l’oppr…. l’optimisation fiscale. A ce titre, je vous laisse donc imp… imaginer la manière dont il me rémunère. ».

Tandis que je laisse l’idée faire son chemin dans la tête du policier, j’ôte mes avant-bras de la table et me recule afin de me caler contre le dossier de la chaise. Un regard en biais en direction mon poignet me permet de constater que mon épiderme frissonne de nouveau. Mais qu’est-ce que cela veut dire à la fin ?! A ma connaissance, on a la chair de poule que pour deux raisons. Soit parce que l’on a froid ; soit parce que l’on a peur. La première hypothèse est exclue d’office. Quant à la seconde … comment puis-je le savoir, moi qui suis dépourvu d’empathie ? Si je suis vraiment terrifié à l’heure où je vous parle, alors force est de constater que je donne extraordinairement bien le change. Un ange passe tandis que le policier me propose un duel de regard, que je ne décline en rien. Finalement, le policier au faciès de bambin clos le dossier posé devant lui, rassemble ses affaires, gobelet de café inclus, se lève et quitte la pièce. De nouveau seul, j’en profite pour m’étirer du mieux que je peux et détendre mes muscles. A l’aide de petits mouvements circulaires de la tête, qui font craquer par moment mes vertèbres. En reculant et avançant autant que je peux mes épaules. Les minutes passent. Je finis par lever les yeux en direction de de la caméra, vissée au mur en face de moi. Comme si je voulais signifier aux personnes visionnant les images, que je me sens d’attaque pour un second round.

Le petit flic ayant dirigé l’interrogatoire revient avec un classeur sous le bras. Il pose ce dernier sur la table devant moi. Après un bref instant passé à détailler la fourniture close, mes yeux grimpent jusqu’au policier se tenant debout de l’autre côté de la table. Je profite du court silence qu’il laisse planer, pour tenter de comprendre ce qu’il essaye de faire. C’est quoi au juste ? Mon casier judiciaire ? Mon dossier militaire ? Non. Simplement des photos. Des photos qu’il souhaite me montrer. Vraiment ? Bon, soit. Mes deux amandes d’onyx retrouvent la couverture du classeur. Signe de mon approbation silencieuse. L’Agent au teint de porcelaine ouvre alors le classeur, et fait défiler les feuilles plastique en épiant chacune de mes réactions. Ou plutôt de mes non-réactions. Il y a de tout là-dedans. Des séquences du genre « La mélodie du bonheur », avec des chatons, des plages agrémentées d’un coucher de soleil, des couples d’amoureux, des anniversaires. Et par moment, on se croirait dans la petite boutique des horreurs avec des clichés de cadavres en état de décomposition avancée, des enfants amaigris, des femmes aux visages tuméfiés et constellés d’hématomes, des villes bombardées. Mes yeux fusent de tous côtés et scannent chaque image. Le tout dans un stoïcisme et une immuabilité, que même les photos les plus insoutenables et violentes n’entament pas. Arrivé à la toute fin du classeur, le policier referme celui d’un geste de la main dont la grâce rivalise avec celle d’un danseur. Je relève la tête en direction du jeune flic. A défaut de pouvoir la ressentir, je tente de feindre l’incompréhension en arquant un sourcil et déclarant : « Et … ? ». Là franchement, j’ai peur de ne pas suivre. Quel est le rapport entre ce florilège de photos diverses et variées, et les faits que l’on me reproche et dont m’accuse Song ? Non sincérement là, je suis totalement largué. C’est quoi au juste ? Une technique d’interrogatoire made in Korea, à laquelle je n’aurais pas été rôdé ? Non … il essaye de démontrer tout autre chose. Est-ce que … eh merde ! Il semble avoir compris. Hmm. Mes compliments Monsieur l’Agent. Vous venez d’égaliser au score. Un partout, balle au centre.                                                                                                                                          

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Sam 21 Avr - 19:33


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Ce Monsieur Jang avait bien mérité ces coups. Franchement, ca me dégoutait ce genre de personne qui profitait de la faiblesses des autres pour leur faire faire des sales boulots. Alors je n'allai surement pas compatir. Non en fait, j'avais beaucoup plus de sympathie présentement envers mon interlocuteur. C'était un étranger qui n'avait rien demandé et faisais de son mieux pour subvenir à ses besoins. Malheureusement, avec des moyens légaux c'était plus compliqué pour les immigrés. Ou alors ils allaient devoir ramasser les poubelles ou nettoyer les toilettes publiques. Mais quelque chose me disait que ce n'était pas du tout la vocation de Ki O. Sans aucun soucis il avait vendu son employeur, preuve aussi qu'il avait pas du tout la nation de loyauté non plus. Pour lui ça devait être : chacun pour sa peau. Grâce à lui cela dit, Mr Jang allait avoir une petite visite. Une déclaration qui était donc en faveur du suspect, ce qui était un très bon point pour sa libération.

- J'espère pour vous que votre franchise ne vous coûtera pas

Après tout, cet homme avait surement d'autres personnes sous sa botte qu'il pouvait payer pour se venger de la trahison de son "salarié". Mes collègues devaient se demander de quel côté j'étais d'ailleurs vu la tournure de l'interrogatoire. C'était pourtant évident que je n'avais pas envie qu'il se retrouve derrière les barreaux. J’essayais aussi de trouver ce qui me chiffonnais chez Ki O. Mon petit doigt me soufflait que quelque chose clochait chez lui. J'avais peut être trouvé un indice mais j'avais besoin de le vérifier. Sans aucun preuve que le suspect avait des problèmes mentaux, j'allai encore passer pour un fou. J'étais donc sorti de la salle pour aller chercher un classeur. Ki O avait accepté de se livrer au test - en même temps je ne lui avais pas clairement dit non plus l'objectif de cette scène. Lentement, j'avais tourné les pages tout en le scrutant du regard. Rien. Rien du tout ne transparaissait de son visage ou de son regard. Pas un seul tressautement d'oeil. C'était comme si les images qu'il avait vu défiler étaient blanches. Et le "et ?" de conclusion avait tout confirmé. Malgré moi, un sourire victorieux s'était affiché sur mon visage, que je tentais de cacher tant bien que mal.

- Et ? Hé bien monsieur Ong, vous aller être envoyé chez un spécialiste qui déterminera ou non, si vous étiez en pleines possessions de votre santé mentale le jour de l'agression de Mr Song

Expliquais je avec un petit sourire. Et il avait intérêt à pas soudainement retrouvé ses facultés émotionnelles ou bien j'allai lui faire regretter. Je faisais un signe à la caméra pour qu'un de mes collègues de charge de venir et de le mettre dans une cellule. Le temps qu'il ait son rendez vous et d'avoir le retour du psychologue suite à la consultation. Dans deux-trois jours, Ki O était libre et je pourrais l'interroger sur l’hôpital.

- On va vous raccompagner en cellule, à la prochaine Mr Ong

Rajoutais je avant de reprendre le classeur et de quitter la pièce, laissant mon collègue se charger du reste. Je n'avais cependant pas louper son regard désapprobateur. Ce n'était pas ma faute si pour moi, les personnes qui n'étaient pas maître d'eux même n'avait rien à faire en prison.

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Ong Ki O
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Dim 22 Avr - 21:00


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Voilà typiquement un exemple de mauvaise réaction. Le doute pouvait encore être permis tout à l’heure. Après mon hochement de tête insouciant, suite à sa remarque sur le fait que mon excès de franchise vis-à-vis de la police, puisse m’être préjudiciable par rapport à mes « employeurs ». Évidemment que ça le sera. J’en ai en parfaitement conscience. Si l’on a coutume de dire que l’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, ce n’est pas pour rien. Quoi que je fasse, quoi que je dise : je ne m’en sortirais pas indemne. Pour sortir de ce commissariat étant qu’homme libre, il faudra inéluctablement que je me mette quelqu’un à dos. Oui, il me faut choisir un camp. Les pourris ou les honnêtes gens ? Si j’ai servi jadis dans l’armée, difficile d’imaginer que je puisse me ranger du côté des criminels. Pourtant, c’est bel et bien pour eux que je « travaille ». Pas de doute, je suis un homme complexe, compliqué et truffé de contradictions. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas spécialement gambergé et cogité avant de faire mon choix. Quel est le mieux ? Etre pourchassé par un famille de mafieux disposant de moyens matériels et financiers quasi illimités, ou bien être l’ennemi public numéro un aux yeux d’une institution jouissant de moyens tout aussi colossaux ? Je l’ignore. J’espère seulement avoir fait le bon choix. Dans le fond, qu’est-ce qui m’attend ?

Dès que les Jang apprendront que je leur ai planté un couteau dans le dos, ils remueront ciel et terre pour me faire ravaler mon bulletin de naissance. Alors, je me terrerais. Je me cacherais. Vivrais tel un rat d’égout. Comme c’est déjà le cas depuis huit semaines. Depuis que je m’efforce de leur échapper. Ca va, j’ai pris l’habitude de cette vie. Cela ne constituera donc pas un énorme changement. Tout ce qu’il faudra, c’est redoubler de prudence et de méfiance. Deux fois plus d’ennemis, deux fois plus de vigilance. Maths élémentaires. Pure logique. Peut-être qu’il y a moyen de négocier l’abandon des charges qui pèsent contre moi ? Faire du business avec la police … là j’avoue que même dans mes rêves les plus fous, je n’y aurais pas pensé. Enfin, rêves … façon de parler. Rêver. Une énième chose dont je suis dorénavant incapable. Sauf erreur de ma part, je n’ai pas souvenir qu’en deux mois, la moindre de mes nuits ait été habillée d’un songe. Si j’arrive à les convaincre qu’il y a moyen de s’entendre, peut-être qu’ils me ficheraient la paix et me laisseraient partir ? Admettons que je continue d’œuvrer pour les membres de la pègre de Busan, mais que dans le même temps, je fournisse des informations de choix au sujet des gros bonnets du banditisme et de leurs plans à la police, en échange d’une certaine forme d’immunité … . Du donnant donnant, qui deviendrait du gagnant gagnant. Au final, tout le monde s’y retrouverait et obtiendrait plus ou moins ce qu’il veut.

Comment est-ce qu’ils appellent ça eux ? Un indic, je crois. Nous dans l’armée, on nommerait cela un agent double. Je ne suis pas certain que ce volet, ait pu un jour faire partie de ma formation militaire. En serais-je capable ? Si ma liberté en dépend, alors il faudra bien. Au pire c’est comme pour tout le reste : j’aviserais. Cela ne doit pas être bien sorcier. Suffit de savoir jongler. Pour quelqu’un comme moi qui a une vision des choses très binaire, ça ne devrait pas poser énormément de problème. Pas de précipitation. Rien ne sert de mettre la charrue avant les bœufs. Cette hypothèse n’est absolument pas à l’ordre du jour. Et au train où vont les choses, il se pourrait bien qu’elle ne le soit jamais. Mon indifférence au sujet des Jang ? Soit. En revanche, suite à mon imperméabilité vis-à-vis des photos intercalées dans ce classeur, le doute n’est à présent plus permis pour ce flic. Il a compris. Il sait. Que je ne suis pas tout à fait « normal ». Quel crétin ! Sans aller jusqu’à me sentir concerné, j’aurais au minimum dû feindre une once d’humanité. En simulant un moue d’écœurement. Ou simplement en détournant les yeux. Au lieu de cela, je suis une fois plus rester maître de moi-même, alors que le commun des mortels aurait flanché ou se serait senti déstabilisé. Encore une preuve de mon attitude désormais en marge du reste de la société. Qu’ont-ils fait de moi ? Regardez ce que je suis devenu.

Un monstre. Un monstre insensible à la détresse de ses semblables. Ou incapable de se réjouir de leur bonheur. Ils m’ont tué. Oui, intérieurement ils m’ont tué. Il n’y a plus rien qui vit. Plus rien qui bat. Je dois les arrêter. Les empêcher d’infliger le même sort à quelqu’un d’autre. Les neutraliser et les mettre hors d’état de nuire. Tous, sans exception et jusqu’au dernier. Qui que vous soyez et où que vous soyez, je vous fait la promesse que jamais vous n’aurez de répit ou ne trouverez le repos, tant que je serais de ce monde. Qu’est-ce que j’aurais dû dire ? Qu’est-ce que ce flic aurait voulu entendre ? Que les chatons et les clairs de lune, c’est mignons ? Que des cadavres d’enfants gisant au milieu d’un charnier humain, c’est horrible ? A quoi bon. N’importe quel Homme normalement constitué et sain et d’esprit le sait. Cela relève du bon sens. Est-ce que ma passivité face à tout cela fait pour autant de moi un désaxé ainsi qu’un psychopathe ? Là est toute la question. Apparemment pour ce flic, la réponse semble être oui. Un oui franc, catégorique et avec fin de non recevoir. Un spécialiste ? Si je lui dis que je suis déjà suivi depuis deux mois par un psychologue, il y a des chances que cela puisse faire accélérer les choses ? Genre il leur faxe ses notes et ses conclusions, puis on n’en parle plus. Hmm. A mon avis, ils préfèrent se baser sur l’avis d’une personne qui « soit de la maison ».

Bien … . Ce n’est donc pas dans l’immédiat, que j’inhalerais à pleins poumons un grand bol d’air frais. Avec une désinvolture pouvant passer pour de la résignation, je me contente de répondre dans un haussement des épaules : « Si cela vous semble utile … . ». Quoi ? Qu’est-ce que vous imaginiez ? Que j’allais jouer les indignés, crier à l’injustice et clamer mon innocence ? Ok je veux bien, et après ? Qu’est-ce que je fais ? Je démolis cette quart de portion de flic, puis je m’évade façon James Bond de ce commissariat aux allures de Fort Knox ? Plutôt suicidaire. J’ai beau être une force de la nature, il est absolument impossible que je sorte d’ici en passant outre leur feu vert. Ils vont déjà me mettre à l’ombre pour quelques temps. Autant éviter de prolonger le séjour avec des chefs d’inculpation « bêtes », tels que rébellion, insultes ou encore coups et blessures envers un représentant des forces de l’ordre. Ceci dit pour cela, encore faudrait-il que je sois en mesure d’éprouver de la colère. Chose dont je suis tout bonnement incapable. Hmm. Essayons de faire contre mauvaise fortune bon cœur, comme on dit. Le gros point noir, c’est que durant tout le temps où je serais derrière les barreaux, je n’aurais strictement aucune emprise sur la situation et serais cantonné au rôle de spectateur. Ce qui ne m’enchante pas spécialement. S’ils tirent davantage sur la pelote et remonte l’intégralité du fil, je risque de croupir dans cette cellule bien plus que quelques jours.

Un nouveau silence prend ses marques, tandis que le petit flic et moi-même nous regardons droit dans les yeux. Il n’y a pas de défi. Pas d’arrogance, ni de mépris. Juste … une espèce de curiosité. Comme une question qui lui brûlerait les lèvres. « Qui es-tu réellement ? ». « Qui suis-je ? ». J’aimerais le savoir. Le flic à la main leste m’ayant amené jusqu’ici, fait alors irruption dans la salle d’interrogatoire. A en juger son grognement, il semble désapprouver la décision prise un peu plus tôt par son jeune collègue. Ni ce dernier, ni moi-même ne lui prêtons une quelconque attention. Empoignant fermement mon bras, il tente alors de me faire lever de la chaise. En vain. Mes quatre-vingt huit kilos restent solidement assis. N’obtenant pas le résultat escompté, il m’intime dès lors avec véhémence l’ordre de me lever. Non sans m’asséner au passage un charmant nom d’oiseau, commençant pas « en- » et se terminant par « -lé ». Je vous laisse user de votre imagination, ainsi que de votre brillant esprit de déduction, pour remplir les blancs. J’obéis bien sagement. Sans pester, ni faire de vague ou tempêter. Le flic à la chevelure aux reflets cuivrés nous fait barrage. Il m’annonce le programme des réjouissances et prend congés de moi assez familièrement. Tête inclinée vers le bas afin de capter une nouvelle fois ses iris couleurs charbons, je lui rends la politesse sans ciller : « Au revoir … . ».

Je m’interromps de manière presque abrupte, réalisant que je ne connais pas le nom de l’homme, qui vient brièvement de me passer sur le gril. A aucun moment il n’a jugé utile de se présenter. Sans doute s’imaginait-il que cela relèverait d’un banal interrogatoire de routine, et qu’en deux temps trois mouvements ça serait plié. Peut-être pensait-il que ça serait du tout cuit, et que je dirais amen à tout. Oui, je pense qu’il ne s’attendait pas à cela. A ce que je sois imprévisible. Insaisissable. Tel un serpent ou une anguille sinuant inlassablement, et lui filant entre les doigts. Ou pas. Si ça se trouve, je suis complètement à côté de la plaque. Hmm. Je crois que j’aime à penser que c’est bel et bien cet impression là, que lui ai laissé. Celle d’un homme vide. D’une page blanche sur laquelle chacun peut jeter l’encre, selon son bon vouloir. L’impersonnalité personnifiée. Mes prunelles dérivent jusqu’au nom brodé au dessus de la poche pectorale de sa chemise. Encore pas totalement familiarisé avec les idéogrammes coréens, je fronce les sourcils et décomposent mentalement chaque caractère. Chaque syllabe. Un peu comme un gamin qui apprendrait à lire. Je finis par redresser légèrement la tête afin de retrouver son regard d’obsidienne. Dans un accent coréen exagéré, je conclus lentement ainsi : « … Agent Min. ». Le flic râleur met définitivement fin à notre entrevue, en tirant avec insistance sur mon bras, comme on le ferait sur une laisse pour faire avancer un chien têtu et récalcitrant. Sans plus émettre de résistance, j’obtempère et le suis. Nous gravissons les escaliers dévalées à l’aller. Traversons tout un amoncellement de couloirs et corridors, puis arrivons devant une cellule. Plus grande que l’image que je m’en faisais. Le policier ouvre la lourde porte, puis me retire les menottes avant de me pousser de toutes ses forces à l’intérieur. Le tout agrémenté d’un nouveau quolibet. Je vais finir par croire que la vulgarité chez cet homme, est inscrite dans ses gênes. La porte se referme avec fracas. La clef tourne dans la serrure. Les verrous crissent. Je clos les paupières un bref instant et pousse silencieusement un long soupir. Tel un papillon de nuit attiré par la lumière, je m’approche de la minuscule fenêtre. Par chance, ma grande taille me permet de scruter l’extérieur. En l’occurrence le trafic incessant des voitures. Les yeux hagards. Livides. Morts. Les doigts de ma main gauche s’entremêlent autour d’un barreau, tandis que ma tempe vient reposer contre le métal glacé. Alors … c’est vraiment la fin ?

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Min Kyo Ji
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Sam 28 Avr - 19:14


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J'espérais que mon plan n'allait pas foirer. Que j'avais aussi pris la bonne décision et non libérer un sociopathe. Mais d'après ce que j'avais vu il n'avait pas le profil. Bien sur il était dénué de toutes émotions manifestement mais il avait juste cassé le nez du type. Et non pas retiré la vie comme un meurtrier le ferait. Ki O n'avait pas eu l'air non plus d'être rassuré de se retrouver derrière les barreaux. Quand on s'était quitté, il me semblait avoir vu cette petite lueur dans ses yeux. Il devait surement craindre de devoir retourner dans son pays. Ce que je pouvais comprendre si il était une victime des activités illégales de l'hôpital. Raison de plus pour tout faire afin que l'étranger puisse rester à Busan. C'était comme ça que j'avais passé ces derniers jours la nuit dans mon lit. Les yeux grands ouverts à prier et aussi à trouver un plan B. Autant dire que j'avais fini par me pointer un matin avec des cernes énormes sous les yeux, qui ressortaient encore plus à cause de ma peau blanche. Mes collègues m'avais demandé si j'étais malade, si j'allai bien voir des ennuis. Je leur avais assuré qu'il n'y avait aucun inquiétude à avoir à mon sujet. C'était plus pour ces pauvres gens lobotomisés qui faudrait s'inquiéter. L'humanité n'avais vraiment aucun scrupule, même envers ses pairs. Ce qui me désolait encore plus d'être humain. J'avais donc bien en tête de réussir à démanteler ce qui se passait entre la Corée du Sud et Taiwan. Même si à la fin, je devrais en payer le prix parce que j'avais désobéi à l'ordre de mon supérieur.

Ce dernier m'avais autorisé à parler avec Ki O. Mes nuits de réflexions avaient fini par porter ses fruits. J'avais trouvé mon plan B. Je n'avais pas encore lu le rapport du psychologue affilié à la police. Mais peu importe les résultats, je comptais bien me servir du taux de trafics qui augmentaient de jour en jour à Busan. J'avais bien évidemment informer mon chef de mon idée. Il avait d'abord longuement hésité avant d'accepter - à contre coeur je l'avais bien vu. Il ne me restait plus qu'à convaincre Ki O de jouer ce rôle - pour son bien. Ce dernier m'attendais dans un bureau et non dans une salle d'interrogatoire comme la dernière fois. Cette fois ci je n'étais pas venu avec un café et prenais directement place en face de lui.

- Bonjour Monsieur Ong, je vous avais dit qu'on se reverrais

Déclarais je avec un petit sourire. L'heure n'était cependant pas à la camaraderie - elle ne l'était d'ailleurs jamais pour moi - et je reprenais un visage plus sérieux.

- Si vous êtes là, c'est parce que j'ai une offre à faire. Si vous la refusez, vous comprenez bien que la suite pour vous sera...plus compliqué

Expliquais je en appuyant sur les deux derniers mots. Mon interlocuteur devait prendre conscience que sa situation n'était pas facile et qu'il devait donc se mettre sur la même longueur d'onde que moi. Je n'avais pas non plus envie de le supplier - même si il était mon seul espoir pour le moment dans mon enquête.

- J'ai proposé à mon supérieur de vous faire travailler pour moi, en tant qu'indic. Busan est une ville tranquille en apparence mais je sais que derrière il se passe des choses. Des trafics de drogues et autres...Je suppose que vous n'avez pas travaillez que pour Monsieur Jang...Il y a beaucoup de choses à faire dans cette ville et je vous propose de m'aider à le faire. Nettoyer Busan des mafieux et autres petits trafiquants. Bien évidemment, pendant ce temps vous serez sous ma protection.

Pour ce qui était d'un toit et de l'argent...c'était encore à voir. J'ignorais si Ki O avait un logement stable ou non.

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Ong Ki O
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Dim 29 Avr - 21:00


"Trapped"


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La fin ? Hmm, non. Touché ? Certes. Coulé ? Pas encore. Une brèche qu’il me faudra colmater, mais qui dans l’immédiat ne m’est pas irrémédiablement préjudiciable. Mes forces s’amenuisent, c’est incontestable. Toutefois, il me reste encore deux ou trois bonnes cartouches dans mon attirail. Un coup dur. Un de plus. Qu’il me faut encaisser sans broncher. Et surtout, sans rien laisser transparaître. Montrer que cela m’atteint et m’affecte d’une quelconque manière, reviendrait à déposer les armes et capituler. Dans un pareil cas de figure, il n’y aurait rien de bon à espérer pour la suite. Résignation et abdication ne sont pas des composantes de mon caractère. Et ce, même si mon attitude somme toute inerte, peut parfois sous-entendre le contraire. Si le petit flic qui m’a planté des banderilles pendant une bonne demi-heure avec toutes ses questions, ou un de ses collègues bourrus, décide de faire du zèle en appliquant la procédure à la lettre : je suis fichu. Lorsqu’un citoyen coréen est mis en examen, il bénéficie du traitement « classique ». Procès dans un tribunal, juges, jurés, avocats et tout le barnum. La défense s’évertue à prouver l’innocence du prévenu, tandis que la partie civile démontre la culpabilité de l’accusé. On entend les arguments de chaque partie, puis on se retire, on délibère et on rend un verdict. Ca, c’est le plus « simple », dira-t-on.

Lorsque des faits sont reprochés à un ressortissant étranger ou un immigré, là ça se complique. Sur ce point, le droit international est assez flou. Théoriquement, seul la justice du pays d’où est originaire l’accusé peut être à même de le juger, et ce même si le crime ou le délit a été commis en dehors du territoire. Seulement, comme rien n’est gravé dans le marbre, les différents états s’arrangent entre eux. Traduction : ce qu’il advient des prévenus dépend en grande partie de la qualité de la relation qu’entretient le pays A avec le pays B. Généralement, les personnes étrangères s’étant faîtes arrêtées, sont renvoyées dans leur pays où elles seront jugées par les autorités compétentes. Néanmoins, il demeure possible pour la justice coréenne de trancher sur le sort d’un citoyen chinois, japonais ou que-sais je encore. Ceci dit, cela reste extrêmement rare. La tonne de paperasse a remplir, suffit en général pour écœurer et dissuader la magistrature d’entreprendre de telles démarches. Qu’advient-il des étrangers tel que moi, qui se font pincer pour « des délits mineurs » ? Eh bien concrètement, pas grand-chose. On les garde un jour ou deux en cellule, puis on les libère, non sans leur taper sur les doigts en les avertissant que la prochaine fois, on ne sera pas aussi clément avec eux. Pour les personnes accusées de meurtres ou de choses « plus sérieuses », là en revanche c’est une toute autre histoire. Enfin, je suppose.

Conclusion, je suis en toute logique relativement à l’abri du pire. Mais sait-on jamais … . Si d’aventure la conjoncture ne m’est pas favorable et qu’il y a une recrudescence de la criminalité à Busan, ils peuvent très bien décider d’employer les grands moyens en faisant de moi un exemple. Une façon d’envoyer un message fort et clair à tout les étrangers résidant ici. Genre : « Voyez donc ce qui vous attend, si vous ne vous tenez pas à carreau … . ». Si je retourne à Taïwan, ce n’est pas en prison que je croupirais, mais à six pieds sous terre entre quatre planches de bois. Si ça se trouve, je n’ai rien fait de répréhensible et n’ai donc aucune raison de m’en faire, mais … . J’ai un mauvais pressentiment. Si l’on m’a tiré dessus à ma sortie de l’hôpital, je ne dois donc pas être une blanche colombe. Oui, on me tient pour responsable de quelque chose. Mais quoi ? Ce ne sera pas un procès devant une cours de justice standard, auquel j’aurais le droit. Non, en ma qualité de militaire, c’est en Cours Martial que je serais traduit. Une cours où l’acquittement n’est quasiment jamais proclamé. J’ignore combien de chefs d’inculpation seront portés à mon encontre, mais je peux déjà en citer deux, et non des moindres. Désertion ainsi que complicité et intelligence avec l’ennemi mettant en péril la sûreté nationale. Rien que pour cela, j’encours la peine de mort. La Belle île a beau se présenter au reste du monde comme étant un modèle de démocratie, en comparaison avec son voisin chinois : il ne faut pas s’y fier.

Là-bas, les droits de l’Homme sont tout autant bafoués, voire plus encore. La peine de mort ? Bien entendu que nous l’avons abolie. Doux mensonge. Elle est toujours en vigueur, et demeure même la reine des peines. Quoi qu’il en soit, le couperet n’est pas encore tombée et ma tête est pour l’heure toujours fermement vissée sur mes épaules. Une bataille de perdue. Soit. Il y en aura d’autre. On m’a peut être mis en échec, mais l’on ne m’a pas encore contraint au mat. Je renverse le pion et continue le jeu. Que puis-je faire d’autre ? Prochain combat : lever les soupçons qui planent sur moi et sortir d’ici. Hmm. Je verrais tout ça demain. Demain il fera jour, comme on dit. A chaque jour suffit sa peine. Voilà ce qui me traverse l’esprit, alors que l’Astre Sélène commence à poindre dans le ciel marine. Son halo de lumière illumine faiblement la cellule. J’ignore pourquoi, mais le simple fait de regarder cette dame de la nuit, me procure un étrange sentiment de sécurité. Une espèce de regain d’espoir. C’est probablement ma … . Que … . Pourquoi tout est flou et se distend ? Oh non, pas encre. Ce bourdonnement oppressant dans mes oreilles. Argh, ma tête … ! Où suis-je ? On dirait une espèce de baraquement, ou un hangar à l’abandon. Je suis là, pieds et poings liés. Tout comme des dizaines d’autres jeunes hommes, alignés en rang d’oignon et dans le plus simple appareil. Des dignitaires de l’État Major de l’armée nous font face.

Un sergent. Deux Majors. Un Maréchal. Leur accent … ils sont originaires du sud. Probablement de la région de Tainan. Ou même de Kaohsiung, cela serait possible. Je n’arrive pas à lire leur nom sur leur uniforme. Certains prisonniers semblent être dans une étrange léthargie. Comme drogués. D’autres, comme moi, tentent de se débattre. Ce petit mouvement de révolte prend fin lorsqu’un de mes compagnons d’infortune, se ramasse un coup de crosse de AK 47. Deux toubibs nous examinent sous toutes les coutures et consignent sur un dossier, des données physiques, anthropologiques et biométriques. Taille, évaluation de la masse musculaire, couleur des yeux et même état des dents. Rien n’est laissé au hasard. Les hommes en blouse blanche ne disent que deux mots. « Shì de » ou « Bù ». Lorsque c’est oui, un officier moins bien gradé vient tatouer à l’aide d’une aiguille cramée et avec autant de minutie qu’un boucher découpant un morceau de viande, quelque chose sur l’avant-bras de l’homme ayant achevé avec succès sa « visite médicale ». Lorsque c’est non, la personne est emmenée un peu plus loin dans le vaste bâtiment, à l’abri des regards. Deux bruits métalliques. Où … Où sont-ils ? Qu’est-il advenu d’eux ? Pourquoi ne reviennent-ils pas ? Mon examen est interrompu par des coups de feu venant de l’extérieur. Armes automatiques. Confection occidentale. Allemande, ou britannique. Un vent de panique gagne nos geôliers qui donnent l’ordre de lever le camp.

Qu’est-ce que … . BÙ ! Tíng xiàlái, bǎ tā ná zǒu ! J-je … j’étouffe. Arrêtez, enlevez-moi ça ! Tout cesse subitement. L’instant présent revient. Allongé sur le flanc, les yeux révulsés et les mains serrant fermement mon cou. Lâcher prise. Assis par terre et adossé contre le mur en pierre. Pierres froides. Respirant bruyamment et rapidement, en fixant le plafond effrité. Ca y est. C’est fini. Cet endroit, ces personnes … . Est-ce que cela a vraiment existé et s’est produit ? Impossible de le dire pour l’heure. Une migraine fulgurante m’assomme et me plonge dans un sommeil de plomb, comme la fléchette hypodermique d’un fusil le ferait sur un animal sauvage. Le deux jours qui suivirent me parurent effroyablement longs. Hier, l’expert psychiatre, ou profileur comme disent les américains dans leurs mauvaises séries policières, s’est entretenu avec moi afin de rédiger un rapport concernant mon état psychique. Mon corps était là, mais mon esprit lui était loin. Très loin. A plus de mille trois-cent kilomètres. Le flash de la veille me hantait et m’obsédait. Désespérément, j’ai passé ces dernières quarante-huit heures à solliciter ma mémoire, afin de tirer tout cela au clair. En vain. Il faut dire que cette migraine tenace et persistante n’aide pas vraiment. Est-ce que je peux croire tout ceci ? Et si ces souvenirs étaient factices ? Biaisés. Cela pourrait être également une sorte de … de terreur nocturne ou de névrose post-traumatique ?

Bien des soldats sont en proies à ce genre de maux. Me voici en possession d’une nouvelle pièce de puzzle, dont je ne sais que faire. Je ne suis même pas certain qu’elle fasse parti de celui que je m’efforce de reconstituer depuis deux mois. Mon état pour le mois lunaire et absent, a dû laisser une bien étrange impression à cet expert. Une impression qui une fois encore m’a probablement desservie. Nouvelle bataille, nouveau revers. « Qui suis-je ? ». Toutes ses questions tournaient autour de ce thème. Evidemment, j’ai été incapable de lui répondre. Mon enfance, ma famille, mes études, ma vie à Taipei. Autant de sujets que j’ai balayé par un déferlement de « Je ne sais pas. » ; « Je n’en ai aucune idée. » ou « Je ne me souviens pas. ». Froid, calme, distant, impersonnel. Fidèle à moi-même. J’ai justifié cette amnésie par un soi-disant accident de moto, auquel j’aurais presque miraculeusement réchappé deux mois plus tôt. Il me croit ? Il ne me croit pas ? Aller savoir. Quoi qu’il en soit, il m’a tout de même demandé le nom de l’hôpital où j’ai été hospitalisé. Sans doute pour vérifier. Je lui souhaite bien du courage. Déjà qu’ils me refusent catégoriquement l’accès à mon propre dossier médical, alors je doute qu’un expert psychiatre travaillant pour le compte de la police ait plus de chance. La seconde partie de l’entretien a davantage concerné ma « seconde vie ». Là, j’ai été un peu plus loquace.

J’ai pris soin de ne pas me contredire avec les déclarations que j’ai pu faire la veille, au flic à l’allure juvénile. Zhou Shu Qi, les Jang, mes différents « employeurs ». Je pense être parvenu à savamment jongler avec tout cela, sans m’emmêler les pinceaux. Les toutes dernières questions étaient plus … personnelles, je dirais. Est-ce que j’ai des passions. Des projets pour l’avenir. Une personne que j’aime, ou si je désire en rencontrer une. Elle revint alors. La cohorte des « Je ne sais pas . ». C’est donc avec un air perplexe et sceptique, ainsi que des notes pleins son carnet, que l’expert s’en est allé. Quand le flic ayant choisi vulgarité deuxième langue au lycée est venu me tirer de ma cellule de bonne heure ce matin, j’avais quelques espoirs de penser que j’allais regagner ma liberté. Naïvement, j’ai cru que faute de preuves concluantes, ils allaient procéder à l’abandon des charges. Dans mon esprit, le rapport de l’expert avait mis en évidence le fait que j’étais plus quelqu’un de paumé que de dangereux. Bref, tous les indicateurs pour une libération étaient selon moi au vert. Eh bien, non. Au lieu de cela, on m’emmène cette fois-ci dans un bureau des plus sommaires, sans faste ni prétention. Le policier m’assoit sur une chaise, me retire les menottes des poignets puis s’en va. Tiens, sans aucu… . Ah oui, je me disais aussi que c’était bizarre. La désormais habituelle petite insulte précède le claquement de porte.

De nouveau seul, j’en profite pour détailler mon environnement. Un bureau de fonctionnaire de police tout ce qu’il y a de plus normal. Une petite plante verte à côté de l’ordinateur qui commence à avoir sérieusement soif. Une photo dans un petit cadre non loin d’une lampe de bureau. Une femme d’un certain âge. L’arrière plan ne me dit rien. Vu la quantité de buildings, il doit s’agir d’une grande ville autre que Busan. Séoul, peut-être. Le papier à lettre près du clavier attire mon attention. Plus particulièrement l’en-tête. Bien que je perçoive ces signes à l’envers, ils me sont étrangement familiers. Je suis certain de les avoir déjà vu récemment. « Min ... Kyo … Ji. ». Au moment où je déchiffre à voix basse ces caractères tel un gamin apprenant à lire, le détenteur de ce nom entre dans le bureau. Son teint m’a l’air encore plus blême que dans mon souvenir. Deux cernes noires entourent ses yeux comme ceux d’un panda. Quelque chose semble le préoccuper. Même si son attitude et son comportement prétendent le contraire. L’homme au physique de bébé adonis me salue, et déclare sur un ton recelant une pointe de triomphe, que nous nous retrouvons comme il l’avait prédit. Avec un entrain nettement moindre, je me contente d’incliner la tête et de le saluer à mon tour avec une sobriété déconcertante. « Agent Min. ». Un salut tout militaire. Le grade apposé au nom de famille. Simple, concis, précis. Le reste est totalement inutile et superflu.

Le policier vient siéger derrière son bureau. Il triture machinalement un trombone se trouvant en face de lui, puis poursuit son propos. A l’évocation du mot « offre », je sens mon corps se tenir encore plus droit qu’il ne l’est déjà. La seule et unique preuve de mon intérêt, puisque rien ne doit transparaître sur mon visage ou dans mon regard. Enfin, j’imagine. L’homme à la chevelure … châtain foncé je dirais, me fait adroitement comprendre que c’est à prendre ou à laisser. En lisant entre les lignes, je devine que si je tiens à éviter la case prison, je n’ai d’autre choix que d’accepter. Hmm, admettons. Je hoche affirmativement la tête, l’invitant ainsi à continuer. Indic. Nous y voilà. Hmm, on dirait bien que les grands esprits se rencontrent. Heureux de constater que nous sommes sur la même longueur d’onde, Agent Min. C’est tentant, je dois bien l’admettre. Cependant, le package tel que vous me le présentez, ne me satisfait pas totalement. Il va m’en falloir un peu plus. Après tout dans l’histoire, c’est moi qui serais en première ligne et qui clamsera, si l’entourloupe est découverte. Prendre des risques inconsidérés : ok. Mais pas sans contre-partie. L’idée d’être sous la protection d’un mec faisant deux têtes et au bas mot vingt kilos de moins que moi, peut prêter à rire. A mon avis si les choses tournent mal et dégénèrent, c’est plus moi qui le protégera et non l’inverse. Non. Si la proposition reste en état, je doute que l’on puisse s’entendre.

Néanmoins, Monsieur Min m’a l’air bien plus malin et futé que ses collègues. Il semble avoir besoin de moi pour je-ne-sais-quelle obscure raison. Le fait que je puisse « lui échapper », le contrarierait sans doute grandement. Autant en jouer et tirer profit de la situation à mon avantage. Sans en abuser, évidemment. Je me suis toujours débrouillé tout seul jusqu’à présent, et cela m’a pas trop mal réussi. Il n’y a pas de raison pour que ça change. J’entremêle mes doigts et pose les coudes sur le bois clair du bureau. Je prends quelques instants pour peser scrupuleusement les mots que je m’apprête à prononcer, puis incruste mon regard dans les iris sombres de l’Agent Min avant de déclarer avec une assurance et une sérénité à mille lieues de celles d’un homme ayant passé ces deux derniers jours dans une cellule : « Ecoutez … l’idée d’être placé sous votre protection n’est pas pour me déf… déplaire, mais comme vous pous… pouvez le voir, je suis un grand garçon. Je peux me défendre tout seul et gén… gérer. Alors dîtes-moi, qu’ai-je concé… concrètement à gagner en acceptant votre proposition ? Je veux dire … par rapport à ce qui m’est préf… présentement reproché. Et pour la suite ainsi qu’à long tef.. terme : quels avantages votre offre m’apportera-t-elle ? ». Je doute être un as de la négociation, mais ceci dit au point où j’en suis, autant que je m’essaye à l’exercice. Cela ne coûte rien comme on dit. Je ne m’attends pas à obtenir monts et merveilles, mais si je peux glaner deux ou trois petits bénéfices, je ne cracherais certainement pas dessus. Au minimum, j’espère bien obtenir l’abandon total des charges qui pèsent contre moi. Dans un monde parfait, je demanderais également la re-virginisation de mon casier judiciaire, mais quelque chose me dit que cette bataille là est perdue d’avance. Inutile d’ergoter ou de se montrer trop gourmand. Allez à l’essentiel et traitez les priorités, soldat.

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Min Kyo Ji
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Mer 9 Mai - 21:37


"Trapped"


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Agent Min. J'entendais souvent cette appellation mais je ne savais pas pourquoi venait de cet homme, ça avait sonné comme quelque chose de militaire. Surement parce que ça me changeait des supplications. Généralement, quand on m'appelait c'était pour me demander quelque chose - que je n'aimerai pas. Mais là c'était simplement pour me saluer - comme le ferait l'un de mes collègues. Etonnant. Est ce que Ki O serait un ancien policier ou autre chose dans l'armée ? Vu qu'il ne se souvenait de rien c'était possible qu'un choc durant l’exercice de ses fonctions en soit la raison. Ou peut être l’hôpital...En tout les cas, je ne comptais pas abandonner la piste que l'homme en face de moi m'avais donné et tout ce qui pourrait aussi me rapporter si il acceptait de collaborer bien entendu.
Le meilleur moyen pour que la police le laisse tranquille était de m'en faire mon indic'. Et en plus il rendrait service à la société coréenne en l'aidant à dissoudre les groupes qui se cachaient dans Busan. J'avais vu son dos se raidir lorsque j'avais prononcé le mot "offre", suscitant son intérêt. C'était un bon point pour moi. Je n'avais cependant pas prévu que Ki O fasse un caprice. Pas après avoir passé quelques jours en prison. Manifestement, il avait un sacré mental.

- Je ne met pas en doute votre capacité à vous protéger tout seul...entre nous deux il est clair que je ne suis pas de taille

Déclarais je en m'amusant à faire tourner le trombone entre mes doigts. Ca c'était sur, que l'étranger n'avait rien à me envier côté musculature et un poing de sa part ferait surement plus mal que de la mienne.

- Mais d'un point de vue juridique...ce n'est pas pareil...Vous êtes un sans papier et qui plus est - accusé d'avoir participé à plusieurs violences sur personne. Ce qui, n'est pas du tout en votre faveur et un avion est tout prêt pour vous renvoyer en Tawian...

Rajoutais je après quelques secondes de silences. Il devait comprendre que sa situation n'était pas géniale, et que oui peut être que c'était un grand garçon mais face à la justice coréenne il n'était qu'un petit moustique, qu'elle serait ravie de jeter par la fenêtre la plus proche.

- Sauf si...vous acceptez ma proposition. Ce qui vous protégera au nom de la loi et réduira les charges à votre encontre pour service rendue...en gros

Expliquais je avant de sortir un téléphone portable de mon tiroir et de lui tendre. Il était bien évident que je n'allai pas donner mes coordonnées dans le téléphone personnelle de Ki O. C'était à lui de voir maintenant. Et j'espérais qu'il allait accepter car je n'avais pas de plan B en tête pour le sortir de là.

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Ong Ki O
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Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger. | Indic pour la police.
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Jeu 10 Mai - 22:04


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Pourquoi  me suis-je engagé dans l’armée ? C’est l’une des principales questions que je n’ai de cesse de ressasser, depuis que je suis revenu à moi. Pour avoir la sensation grisante d’être tout puissant avec une arme entre les mains ? Par amour pour mon pays ? A cause d’une quelconque pression ou tradition familiale ? Allez savoir. Jurer allégeance, défendre sa patrie et protéger les populations ne sont pas des choix que l’on peut prendre à la légère. Avais-je conscience des sacrifices et des responsabilités que cela induisait ? Etais-je un doux rêveur idéaliste, qui pensait pouvoir changer les choses et œuvrer pour une paix durable ? Un gamin insouciant, qui a rapidement déchanté lorsqu’il a découvert que la grande muette, n’avait strictement rien à voir avec les jeux auxquels il s’adonnait quand il était petit avec ses soldats de plomb ? Ou faisais-je parti de ces erreurs du système et des cas irrécupérables dont personne ne veut ? Ceux qui décident d’embrasser une carrière militaire par défaut. Là aussi, je l’ignore totalement. En revanche, je doute avoir été un homme belliqueux, se complaisant dans l’animosité ou attisant les tensions. Je … je me sens plus une âme de stratège, de négociateur et de pacificateur. Pourtant, et si j’en crois les plaques que je ne porte plus autour du cou aujourd’hui, je faisais parti des Forces Spéciales. Les hommes et les femmes qui composent cette unité ne sont pas connus pour être des enfants de chœur.

Leur profil est plus proche de celui du mercenaire, que de celui du conciliateur. C’est dans ce corps de l’armée que l’on trouve notamment les snipers. Du moins, pour l’armée de terre. En ce qui concerne la marine, on parle de nageurs de combat. Ou d’hommes grenouilles, comme les surnomment généralement les civils. Même si ce sobriquet peut faire sourire, il ne faut absolument pas s’y fier. Il est bel et bien question d’Hommes ayant été entraînés à tuer. Rapidement, silencieusement et proprement. Ils manient, en plus des arts martiaux, des armes blanches et des armes à feu, savamment l’art de la torture. Il n’y a pas meilleur qu’eux pour recueillir des informations ou extorquer des aveux. Les ennemis tombant dans leurs filets mettent en général très peu de temps avant de passer à table et de balancer ce qu’ils savent. Comme si cela ne suffisait pas, ces soldats surentraînés sont des êtres à la peau dure pouvant survivre en milieu hostile, ou dans des conditions extrêmes. Des corps mais aussi des psychismes en acier trempé, formés pour résister aux plus innommables sévices. Jamais ils ne craquent ou ne flanchent sous la pression. A la différence des soldats « lambda », les militaires des armées antagonistes ne sont pas les seules personnes qu’ils peuvent abattre. Si la malversation et la collaboration de certains civils avec les forces rivales sont démontrées, ils peuvent recevoir de leurs supérieurs l’ordre d’éliminer ces derniers sans qu’ils ne passent par les cases arrestation et procès.

La mort occupe donc une place prépondérante dans l’exercice de leur fonction. Ces durs à cuire doivent être à tout instant prêts à faire couler le sang qu’on leur désigne. N’importe où et n’importe quand. Qu’importe qu’il il puisse s’agir d’un homme, d’une femme, d’un gamin ou d’un vieillard. Pour eux ce ne n’est rien autre qu’un nom. Une mission à remplir. Point final. Ils savent ce qu’ils doivent théoriquement faire. Mettre en veille leur cerveau, passer en mode automatique et presser la détente. Sans ciller et sans s’émouvoir. Voilà ce dont à quoi ressemblait sûrement ma vie d’avant. Si les membres des Forces Spéciales sont de loin les plus précieux aux yeux des hauts gradés de l’État Major, ils n’en demeurent pas moins ceux qui ont la « longévité » la plus courte. Snipers et nageurs de combat raccrochent de fait très vite. Certains finissent par être rongés par le remord et hantés par les fantômes de ceux dont il ont ravi l’existence. D’autres sombrent carrément dans la folie. Deviennent ingérables et dangereux. Addicts au sang. Tuer a sur eux les mêmes effets que des vapeurs d’opium. Cela les enivre et les grise. Et si … et si cette lobotomie n’était finalement pas une opération que j’ai enduré contraint et forcé ? Est-ce que dans mes derniers instants de lucidité, j’aurais pu exiger que l’on me retire une partie du cerveau afin de ne pas basculer dans la démence et devenir un monstre ?

Etais-je à ce point tourmenté et miné par mes faits d’arme, pour que la trépanation m’apparaisse comme étant l’ultime recours afin de continuer à vivre ? Je n’avais jusqu’à présent jamais vu les choses sous cet angle. Malheureusement, rien ne me permet de confirmer ou infirmer cette hypothèse. Il s’agit d’un scénario à prendre en considération, sans pour autant occulter les autres. Tout effacer. Oublier les horreurs. Les joies, les peines, les pleurs et les rires. Réécrire l’histoire depuis le début. Appuyer sur le bouton reset. Renaître. Possibilité ou vœu pieux ? Vu l’état et l’avancé de la médecine moderne, je serais tenté de penser que oui, c’est probable. Insensé et oh combien risqué, mais probable quoi qu’il en soit. Cependant, je suis assez sceptique quant aux procédés utilisés. Il faut bien reconnaître que c’est pour le moins … radical. A mon avis, depuis Tuskegee et Mengele, ce genre de protocole ne doit plus être en vigueur. Quand bien même cela soit la volonté de son patient, je doute qu’un chirurgien sachant ce qu’est le code de déontologie et ayant un minimum d’éthique honore une pareille requête. Jamais, aucun médecin ne prendrait le risque de perdre à jamais son droit d’exercer. Aucun ? Pas si sûr. Visiblement le Professeur Kyeong est le genre d’homme qui s’assied facilement sur la morale. Si jamais ce qu’il m’a fait vient à être découvert, ça sera direction le Conseil de l’Ordre des Médecins où il sera jugé par ses pairs qui statueront sur son cas.

Dès lors, je ne donnerais pas cher de sa blouse blanche. A plus forte raison encore, si l’on apprend qu’il y a déjà eu des précédents par le passé. Ce qui, selon moi, est très certainement le cas. Alors, qu’en est-il au final ? Ai-je vraiment décidé d’avoir recours à une lobotomie, pour me délester du poids de ma conscience et ne plus souffrir ? Hmm. Pourquoi pas. Néanmoins, le fait que l’on m’a tiré dessus à ma sortie de l’hôpital, me fait douter de cette éventualité. Visiblement, au moins une personne souhaitait me voir en franchir les portes uniquement les pieds devant. D’abord une opération où les risques de rester sur la table crèvent le plafond, puis une tentative d’assassinat. Avouez que cela fait tout de même beaucoup pour un seul homme, en un laps de temps pour le moins restreint. Difficile de ne pas être tenté de faire le lien entre ces deux évènements. Je ne crois pas aux coïncidences. Ni à la chance et au hasard d’ailleurs. Suite à cela, on ne peut pas m’en vouloir d’être excessivement méfiant et de ne rien entreprendre, sans chercher à avoir la garantie d’un minimum de sûreté. Peut-être que ce fut maladroit, mais rien dans mon propos ne relève de l’exigence. Je ne recherche ni le profit, ni l’appât du gain. Tout ce que je veux, c’est uniquement protéger mes arrières. J’ai déjà la moitié des membres du crime organisé de la ville sur le dos, ainsi que la personne ayant cherché à me refroidir, et qui doit certainement s’évertuer à retrouver ma trace, si d’aventure elle a découvert que je m’en étais sorti.

Inutile donc de charger davantage la mule. Si les flics pouvaient me foutre une paix royale, je ne dirais franchement pas non. Oui, j’apprécierais grandement qu’ils ne m’aient plus à l’œil. Dans le cas contraire, autant que je reste ici. Cela fera gagner du temps à tout le monde. Des actions répréhensibles : il y en a eu, il y en a et il y en aura d’autres. C’est inéluctable lorsque l’on arpente les sentiers de la vengeance. Mieux vaut être affûté. Tiens justement, en parlant d’affûté … . L’Agent Min semble plutôt conscient que sa robustesse physique est probablement nettement moindre que la mienne. Je me rends alors compte que mes paroles revêtaient un double sens, et sous-entendaient bien plus que je ne l’imaginais. Inconsciemment, je lui ai fait part du véritable fond de ma pensée. Je penche la tête sur le côté et arque les sourcils, tandis qu’un fin sourire s’étire sur mon visage. Un « Hum. », du style « c’est rien de le dire ! », s’échappe même d’entre mes lèvres. Un flic qui sait faire preuve d’humilité … voilà qui n’est pas courant. Bon nombre de ses collègues, notamment Monsieur j’insulte aussi facilement que je respire pour ne pas le citer, auraient certainement été piqués au vif dans leur orgueil et seraient montés au créneau, suite à mon discours. Ceci dit, cela m’étonnerait qu’ils soient aussi perspicaces et intelligents que le policier assis en face de moi actuellement.

A mon avis, eux auraient été incapables de décrypter le filigrane et de lire entre les lignes. Enfin, si j’ose dire. Ce qui suit en revanche, le fameux point de vue juridique, je l’imagine sans aucun mal dans la bouche de n’importe lequel de ses collègues. Je ne peux pas lui en vouloir. Il a un but, et cherche à l’atteindre en usant des armes qui sont à sa disposition. Bref, il fait le job. A sa place, j’agirais sans doute de la même manière. Je m’étais préparé à cela. Au fait qu’il dégaine et tire à vue sur mon statut. Qu’il joue la carte prison et fasse planer la menace d’une expulsion vers Taipei. Oui, je m’y attendais. Cependant, je n’aurais pas imaginé que cela me déstabilise et m’ébranle à ce point. Un rush d’adrénaline fuse dans mes veines et fait battre mon cœur, bien plus vite que je ne le souhaiterais. Je ressens comme … comme un souffle frigorifique qui courrait le long de ma nuque. Paradoxalement, j’ai l’impression que dans le même temps mon sang bouillonne tel de la lave en fusion. Serait-ce ce que l’on a coutume d’appeler une sueur froide ? Hmm, ce n’est pas spécialement agréable, je dois dire. Mon palpitant s’affole. Je sens ma carotide battre à tout rompre, à mesure que le sang afflue dans ma boîte crânienne. Si j’arrive à déceler cette sensation, il est clair et net qu’un œil extérieur avisé, tel que celui de l’Agent Min, l’a lui aussi remarqué. Merde ! Il faut que je me reprenne et que je sorte de la zone rouge.

Généralement, les gens parviennent à faire baisser leur stress en prenant de grandes inspirations, puis en expirant profondément. En ce qui me concerne, c’est l’inverse. Rester de longues secondes en apnée est pour ainsi dire l’une des seules choses qui m’aide à reprendre le contrôle. C’est donc ce que je fais, tout en me démenant pour retrouver mon sempiternel masque d’imperturbabilité. Un masque que l’homme que je fixe, est parvenu à fissurer par endroit. Pendant combien de temps je retiens mon souffle ? Trente seconde ? Une minute ? Une minute trente ? Plus ? Aucune idée. Sans vouloir me vanter, je pense qu’entant qu’ancien nageur de combat, je peux tenir ainsi pendant un certain temps. Que faire d’autre, si ce n’est écouter le silence d’or qui s’ancre et s’étend ? L’effet escompté finit par se produire. Mon rythme cardiaque s’apaise et s’atténue. Fourmillements et picotements dans mes membres parviennent à s’estomper, avant de totalement disparaître. Le policier, a qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession, finit par reprendre la main. Ou plutôt la parole. Presque aussitôt, j’expire lentement et maintiens les yeux clos. Voilà. La voilà la garantie que j’attendais. L’entendre de sa bouche fait définitivement taire l’agitation intérieure, contre laquelle je me démène. Une fois la pleine possession de mes moyens retrouvée, je rouvre les yeux et passe en revue la foultitude d’objets recouvrant le bureau qui me sépare du policier.

Un jeu de clefs de tailles et de couleurs diverses. Un tampon encreur. Plusieurs dossiers aux couvertures chamarrées et empilés, dans un équilibre précaire, les uns sur les autres. Un pot à crayons garni de plusieurs stylos, d’une paire de ciseau et de surligneurs fluos. Ca y est, le revoilà. Le Ki O absent. L’homme qu’on dirait en permanence stone ou pris dans un mauvais trip. Celui que rien n’atteint et qui semble étranger à toutes les convenances sociales. Cet Agent Min est bien plus coriace qu’il en a l’air. Ne vous fiez pas à ses airs angéliques. Il sait être féroce quand il faut. Je dois reconnaître qu’il a rudement bien mené sa barque. Quel que soit le sens dans lequel j’essaye de me retourner, il avance et c’est moi qui rame. Me donner l’illusion que malgré tout je conserve l’avantage, et que je suis maître de mon destin : avouez que c’est quand même très fort ! Non. En vérité, je suis pieds et poings liés. Ma tête est sur la guillotine et il tient la corde retenant la lame. Si je n’abonde pas dans son sens, il fera tomber le couperet. Décliner son offre, reviendrait à choisir le « camp des méchants ». Dès lors, il n’y aurait rien de bon que je puisse espérer. Je n’ai pas le choix. En acceptant, je deviens de la chair à canon. Les criminels et membres des différentes mafias finiront par découvrir le pot aux roses. Je le sais. Ce n’est qu’une question de temps. Ils ont des taupes et des contacts dans tout les milieux, y compris la police.

On me condamne et m’appose une étiquette avec une date d’expiration. C’est en tout cas l’impression que j’ai. On m’envoie au casse-pipe. Hmm. Après tout, quelle différence avec ma vie d’antan dans l’armée … ? Gorge sèche et nouée, je finis par retrouver le regard de l’Agent Min et lâche un succinct « D’accord. », parsemé d’abdication et de résignation. Protégé aux yeux de la loi et diminution des charges qui pèsent contre moi. Une contrepartie qui me semble bien maigre et dérisoire, comparée aux risques que j’accepte d’encourir « au nom du bien ». Je n’obtiendrai pas plus. Quoi que je fasse l’homme que j’ai en face de moi campera fermement sur ses positions. Il se montrera intransigeant quel que soit les arguments et les propositions que je formulerais. Peut-être que je m’avance, mais je pense qu’au fond de lui il se dit que je peux m’estimer heureux et chanceux de bénéficier d’un tel « traitement de faveur ». Certes. Cependant, je ne cache pas que je n’aurais pas bouder mon bon plaisir, si j’avais pu obtenir un petit peu plus encore. Alors que je m’apprêtais à pousser un insignifiant soupir, le bruit strident de la sirène d’un véhicule de patrouille démarrant en trombe me fit serrer les poings, ainsi que le tissu de mon jean par la même occasion. Je tente autant que faire se peut de jouer le mec bien sous tout rapport et n’ayant rien à se reprocher, en déclarant lentement comme si de rien n’était et sur un ton presque débonnaire : « Puis-je … disposer ? ». Ce bruit redouté par les malfaiteurs me rappelle en effet qu’il y a urgence, et que je dois au plus vite sortir de ce commissariat. Il faut que je parte et que je prenne les devants, en trouvant au plus vite Zhou Shu Qi pour limiter la casse. Malheureusement, un je-ne-sais-quoi me dit que cette bataille là est également perdue d’avance, et que je ne pourrais que constater les dégâts avant de tenter de recoller au mieux les morceaux.                                                                                                                                                                                                                                                                          

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Lun 21 Mai - 18:15


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Il était difficile pour moi de rentrer dans la tête de mon interlocuteur. Je ne savais quasiment rien de lui - mise à part son nom et son lieu de naissance. J'en saurai surement plus en lisant le rapport du psychologue qu'il avait été voir cela dit. J'ignorais de quoi les deux avaient parlés lors de leur séance. Si cette discussion me permettait d'accéder à ce dont j'avais besoin...Je n'aimais pas menacer en règles générales, mais Ki O ne semblait pas réellement prendre conscience de la situation dans laquelle il se trouvait. Le fait qu'il n'ait aucune réaction à mes propos montrait bien qu'il se pensait invincible. C'était sur qu'en me voyant, il ne devait pas penser que j'étais un bon bouclier. De toute manière, je ne faisais pas tout ça pour le protéger mais pour être seul à seul avec lui - loin des murs du commissariat. Cela dit j'étais tout de même conscient de mes propres capacités et je n'allai pas m'inventer des muscles que je n'avais pas. Par contre si on parlait de graisse....
Enfin bref, j'avais enchaîné sur les lois et ce qu'il risquait. Je n'espérais pas vraiment une quelconque réaction mais...Il avait l'air d'un coup moins serein. Ki O ne voulait donc pas retourner dans son pays. En même temps, c'était normal si ma théorie était bonne...Son retour là bas allait être assez...mortel à mon avis. Cette perspective allait peut être jouer en ma faveur - car tout de même je n'étais pas sadique au point de vouloir que mon interlocuteur se fasse tuer. En tout les cas, Ki O avait retrouver son visage de marbre, après avoir manifestement fait l'inventaire du bureau. C'était assez drôle à voir. L'entendre dire "d'accord" m'avais tout de même légèrement surpris et un léger sourire victorieux était venu fleurir sur mes lèvres. Je sentais bien que c'était à contre-coeur mais tôt ou tard, il comprendra que c'était pour son bien et celui d'autres personnes.

- Parfait

Déclarais je tout simplement. Ce qui se passait ensuite était assez étrange. Le bruit d'une sirène se faisait entendre dehors et Ki O semblait...paniquer ? C'était le premier mot qui me venait à l'esprit. Visiblement, il avait un soucis avec les autorités pour réagir aussi excessivement.

- Pour aller où ?

Demandais je en levant un sourcil. Maintenant qu'on était "lié" je devais tout savoir de ces fais et gestes, jusqu'à ce que je puisse lui faire confiance. Mais avant ça on devait avoir une petite discussion. Je me levais du fauteuil pour me diriger vers la porte. Je devais d'abord allez voir mon supérieur pour lui annoncer la décision de Ki O.

- Je reviens, ne bougez pas. Et détendez vous, vous êtes sous ma protection à présent...

Déclarais je avant de sortir du bureau. Au cas où, j'ordonnais à un collègue de surveiller mon nouvel allié. Il pouvait très bien avoir une mauvaise idée qui lui passerait par la tête. Je toquais à la porte de mon chef et entrais après avoir eu la permission.

- Ah agent Min ! Alors ?
- Il a accepté Monsieur
- Oh ! Je savais qu'avec votre tête d'ange vous arriveriez à le convaincre

Est ce que j'étais censé le prendre comme un compliment ? Je me tuais pour mon boulot - littéralement - et c'était uniquement ma tête qu'on voyait comme atout. Je buguais cependant lorsque mon boss me demandait de garder quelques jours Ki O chez moi. Histoire qu'il se fasse oublier avant de refaire une entrée. Le coup du " où tétais passé ? ca fait longtemps que on t'a pas vu " " on pensait que tu tétais fait enterré par les flics". Usant.

- Vous savez que je vis dans un appartement ?

Et que je n'ai qu'une chambre. Un salon en bordel et pas vraiment adapté pour accueillir un gangster.

- Débrouillez vous agent Min, ce n'est pas mon problème

Je fronçais les sourcils avant de tourner les talons et de quitter le bureau en claquant la porte. Pas mon problème. Evidemment, c'était pas lui qui allait payer ma double facture d'eau et d’électricité. Plus la nourriture. Un humain c'était pas pareil qu'un chien. Légèrement énervé, je rejoignais Ki O.

- Levez vous, on va récupérer vos affaires personnelles et je vous conduirai chez moi. C'est un ordre de mon chef, alors si vous voulez vous plaindre, ça sera directement à lui

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Ong Ki O
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Mer 23 Mai - 18:11


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Volonté proche du degré zéro. Je me demande si cette caractéristique faisait déjà partie de ma personnalité d’antan, ou si elle est apparue sur le tard avec le reste de la « panoplie » : amnésie, apathie, paranoïa, cyclothymie, instabilité et tout un tas d’autres mini-pathologies très sympathiques. C’est un fait, il m’est aujourd’hui bien difficile, pour ne pas dire impossible, de prendre une décision ou de réaliser des choix. Fussent-ils sans la moindre importance et futiles. Demandez-moi de choisir un parfum de glace, un modèle de T-shirt de différentes colories ou ne serait-ce que pile ou face ; je vous répondrais à n’en pas douter dans un haussement d’épaules, quelque chose du genre « n’importe, comme vous voulez. ». Il ne faut pas y voir là de l’indifférence ou du je-m’en-foutisme, c’est juste que … je n’y arrive pas. Une incapacité qui m’ankylose, me ternit et m’affadit encore un peu plus. Rien ne me plaît. Rien ne m’indispose. Alors … à quoi bon choisir entre A ou B, si c’est du pareil au même et m’est égal ? C’est probablement pour cette raison, que je n’alloue jamais exclusivement mes services à une personne ou un groupe bien défini. Je ne suis pas pro untel ou anti untel. Aucune case, aucun moule ni aucune catégorie ne me sied. Je suis un indépendant. Quelqu’un qui bosse en « freelance », comme il est bon ton de le dire aujourd’hui. Pas d’alignement, pas de couleur, pas de clan.

Même si du fait que je sois taïwanais, les chinois ont un peu trop tendance à mon goût, à me considérer comme un des leurs. A aucun moment je n’ai prêté allégeance ou juré fidélité, à quel que groupe qui soit. Ma liberté n’est pas une chose sur laquelle je suis prêt à rogner. Pas depuis qu’ils ont tenté de m’en déposséder. Je suis un électron libre. Un être ayant étiqueté ses propres règles du jeu, et obéissant à un code d’honneur bien singulier. Sans aller jusqu’à dire que j’ai mes entrées un peu partout dans le monde du grand banditisme, il est vrai que la toile de mon réseau est … vaste et de nature hétéroclite, je dirais. Elle va du petite dealeur de ruelle, au « lieutenant » mafieux en passant par le proxénète ou encore le receleur. Le Kkangpae ? Des interlocuteurs privilégiés. Les Triades ? Des commanditaires réguliers. Les Yakuzas ? Des partenaires d’affaires sérieux, diplomates et d’une grande discrétion. Toutefois, n’allez pas croire que je sois dans le secret des dieux. Etant donné que je ne fais pas partie de la « famille », jamais on ne me confie d’infos capitales ou d’une grandes importances. On se méfie bien trop de moi pour cela. Autant dire que je ne suis pas sûr de faire un indic de choix, mais bon. Certains diront que je bouffe à tout les râteliers, d’autres que je suis l’incarnation même de l’opportuniste. Je leur répondrai que je ne laisse personne sur la touche, et que je ne sais pas dire non à un contrat quel qu’en soit le commanditaire.

Bien sûr, je ne cache pas qu’il est des personnes avec lesquelles il est plus commode de travailler que d’autres. Des personnes envers qui j’accepte de faire une geste en proposant … un tarif dégressif et préférentiel. Vous vous doutez bien que les coréens ignorent que je bosse également pour les chinois, qui eux même ne se doutent pas que je réalise quelques missions pour le compte des japonais et ainsi de suite. Chacun de ces cartels est convaincu que j’exerce uniquement pour lui. Aucun ne se doute que dans le même temps, je traite également avec leurs ennemis héréditaires. Si d’aventure l’un d’eux l’apprend … game over. Fort heureusement, mon esprit très méthodique, appliqué et organisé de militaire, m’est d’un grand secours pour faire en sorte que rien ni personne n’interfère dans mes différentes « carrières ». Cependant, j’admets que de devoir jongler et jouer sur trois tableaux en même temps, relève plus du parcours du combattant que de la promenade de santé. Et comme si cela ne suffisait pas, je dois maintenant apprendre à composer et conjuguer avec un quatrième acteur : la police. Ce n’était déjà pas de tout repos avec trois rôles à jouer, alors si en plus je dois en ajouter un autre à mon répertoire : ça va sacrément corser les choses et rendre la situation épineuse. Vous voyez ces artistes de cirque qui jonglent avec des tronçonneuses en marche ? Peut-être que je grossis un peu le trait, mais j’ai le sentiment d’être plus ou moins l’un des leurs désormais.

Génial … comment vais-je bien pouvoir sortir de ce guêpier, dans lequel je me suis fourré ? Pour le dire de façon triviale : j’en ai jusqu’au cou. Et à mon humble avis, c’est loin d’être fini. Cela ne fait même que commencer. Le pire reste à venir, si je ne redouble pas de vigilance et de prudence. Hmm, ça ne serait sûrement pas du superflu, si je réalisais un grand organigramme répertoriant l’ensemble de mes contacts, la nature des relations qu’ils entretiennent entre eux ainsi que le niveau de confiance qu’ils m’accordent, et le baromètre de soupçons qu’ils peuvent avoir à mon encontre. Cela serait quand même fort utile et me permettrait de rapidement m’y retrouver. En plus d’éviter les bourdes, les bévues et autres faux-pas en tout genre. Seulement pour cela, encore faudrait-il que je puisse quitter ces murs. Au vu de la quantité de travail que j’ai à abattre pour éteindre les brasiers qui commencent à brûler tout sur leur passage, ça presse. C’est donc avec une désinvolture, voire une certaine innocence, que je demande s’il m’est possible de partir. La réaction et le ton qu’emploie le policier, me laisse à penser qu’il n’en a pas tout à fait terminé avec moi. En tout cas, sa voix gorgée de scepticisme semble avoir besoin d’une justification. « Pour aller où » ? Honnêtement, j’aimerais le savoir. Dans un monde parfait, je répondrais le plus loin possible. Dans un endroit où je ne serai ni suspect ni traqué.

Un endroit où je n’aurais plus besoin de courir ni de me cacher. Mais rendons-nous à l’évidence, un tel lieu n’existe pas. Hmm. Tout compte fait, peut-être bien que si : un cercueil. Oui, comment dire … ce n’est pas tout à fait ce que je recherche. Dans un petit pincement de lèvres, j’avance un prétexte bidon en feignant de jouer le mec bas de plafond, qui n’a absolument pas conscience de la gravité de la situation dans laquelle il se trouve. « Chez … moi. Si vous voulez vraiment tout savoir, après quarante-huit heures passées sous les vert… verrous, la seule chose à laquelle j’aspire : c’est une bonne douche. ». Finalement avec le recul et quand j’y réfléchis, je me dis que cet argument est loin d’être bidon. Ok, ce n’est pas ma motivation première certes, mais c’est une raison crédible et suffisante quoiqu’il en soit. C’est vrai que j’ai quand même bien du mal à me sentir à l’aise et au mieux, après deux jours sans voir la couleur d’un pommeau de douche. Qui plus est, je suis quelque peu pointilleux, voire maniaque, sur tout ce qui touche à l’hygiène. Pour vous donner un exemple, dans l’idéal je me douche trois fois par jour. Une après chaque repas. Je me lave également les mains un nombre incalculable de fois dans une journée, et ne sors jamais sans un petit flacon d’une solution hydro-alcoolique sur moi. N’y a-t-il là uniquement qu’un souci de propreté ? C’est la question que je me pose.

Ne faut-il pas y voir, comme une sorte de besoin permanent de me purifier ? Une façon symbolique de me laver de mes fautes et d’absoudre des pêchés du passé, dont j’ignore tout ? Possible, allez-savoir. Peut-être aussi, que c’est uniquement le contact de l’eau que je recherche ? Après tout, si j’étais jadis un nageur de combat, j’imagine que je devais au minimum avoir quelques atomes crochus avec cet élément. Quoi qu’il en soit, ma demande reste pour ainsi dire lettre morte, puisque l’Agent Min n’y appose ni accord ni refus catégorique. A la place, il se lève et marche en direction de la porte. La main sur la poignée, il se tourne alors vers moi avant de quitter la pièce, et m’invite à me détendre et me calmer. « Me détendre » … . Ah mais, je ne demande pas mieux moi ! Seulement, un commissariat de police n’est à mon sens pas le lieu le plus propice pour cela. Je ne dis pas non plus qu’un salon de massage thaïlandais est l’idéal, mais entre ces deux extrêmes, il doit bien y avoir un juste milieu. Non ? On est bien d’accord. A peine le flic a-t-il le temps de me dire que je suis désormais sous sa protection, que je détourne la tête vers l’unique fenêtre du bureau donnant sur un carrefour orné d’un feu tricolore, en expirant de façon fort peu discrète. Hmm. Voilà typiquement le genre de chose, qui serait plus matière à m’inquiéter qu’à me rassurer. S’il y a bien quelqu’un dans ce bas monde, qui sait que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, c’est indéniablement moi.

Bien sûr en ce qui me concerne, cela vaut également pour ce qui est de ma propre protection. Sitôt le policier partit, qu’un de ses collègues, que je n’ai pas encore eu « la chance » rencontrer lors de mes deux jours d’hébergement tout frais payés dans ce commissariat, entre dans le bureau. Bon … . Au moins maintenant, je sais que la confiance n’est toujours pas de mise, ni à l’ordre du jour. Remarque, c’est bien normal. Il est encore un peu tôt pour cela. Le policier reste sur le pas de la porte, les bras croisés et l’épaule appuyé contre le montant. Son regard chauffe ma nuque et mon dos. Toutefois, je n’ai pas la sensation qu’il soit inquisiteur ou réprobateur. Non, il est juste neutre et objectif. C’est probablement la première personne ici, qui ne me croit pas d’emblée coupable des faits que l’on me reproche. La première après l’Agent Min, bien entendu. Même si je ne suis pas totalement convaincu, qu’il adhère à mon numéro d’innocent aux mains pleines. Je prends mon mal en patience et tue le temps du mieux que je peux, en comptant dans ma tête toutes les fois où le feu tricolore passe à l’orange, le tout en gigotant de temps à autre ma cheville droite. Sept fois avant que le petit flic ne revienne dans son bureau, en remerciant au passage son collègue d’avoir gardé un œil sur moi pendant tout ce temps. Une fois seuls, il revient s’asseoir en face de moi la mine contrite. Hmm, cette expression sur son visage ne présage rien de bon.

Tsss, en même temps au point où j’en suis, un tuile de plus une tuile de moins … . L’homme au visage de porcelaine me somme de me lever. Chose que je m’apprêtais illico à faire, mais ce qui suivit me coupa net dans mon élan. Ah oui, quand même. Là, on peut parler de protection, ou de surveillance, tout dépend de quel point de vue on se place, très très TRES rapprochée ! Juste pour savoir à titre indicatif, tout les indic sont logés à la même enseigne, où j’ai le droit à « un traitement spécial » ? Passablement pris de court et ne m’y attendant pas du tout, je finis par me lever en plissant les sourcils, puis déclare sur un ton se voulant le plus surpris possible : « Chez vous ? Sauf votre rép… respect à vous et votre chef, ne pensez-vous pas que c’est un fan… tantinet risqué. Je veux dire, si jamais un de mes envo… « employeurs » décide pour une raison ou une autre de me faire suvi… surveiller, et découvre que je crèche chez un policier : qu’est-ce qui se passera selon vous … . Ne serait-il pas plus prudent pour ne pas éveiller les soupçons, de faire comme si les élé… événements de ces deux derniers jours n’avaient jamais eu lieu, et que nous ref… reprenions chacun le cours normal de notre vie ? Tout en rév... restant en contact, évidemment. ». Moi je dis ça, je ne dis rien. En tout cas, c’est uniquement pour faciliter les choses et rendre service. Et aussi accessoirement, parce que cela m’arrangerait de ne pas avoir quasiment H-24 l’Agent Min sur le dos. Sincèrement, ce n’est pas un peu excessif comme dispositif ? Si encore j’étais Hannibal Lecter, ou une menace directe pour la sécurité publique, je veux bien mais là … . Qu’il se rassure, je ne ferai rien de bête, inconsidéré ou qui puisse nuire d’une quelconque façon à la bonne marche de ses enquêtes. Enfin, si cela ne s’avère pas nécessaire et indispensable.

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Min Kyo Ji
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Jeu 31 Mai - 21:41


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La réponse de Ki O tenait la route. Vouloir rentrer chez soi après un séjour en prison, c'était légitime. Surtout que il sentait pas vraiment la rose si je me mettais à humer l'air. Heureusement, j'avais pas un odorat très développé - il n'y avait que l'odeur de la nourriture qui atteignait mon nez quand j'y pensais. Mais bon, j'avais l'habitude vu que je travaillais dans un commissariat. Quelqu'un d'autre que moi, aurais donc dit : ok, allez juste signer un papier à l’accueil. Seulement, j'avais besoin de Ki O et il étais hors de question de le laisser partir. Je ne lui faisais pour le moment pas assez confiance, et craignait qu'il change de planque si je le laissais gentiment partir. Je ne savais donc pas vraiment comment faire pour éviter de le perdre de vue tout en ayant pas à le supporter. Je devrais surement réfléchir à ça après avoir averti mon chef de la décision de l'ancien détenu. Il allait être ravi que j'ai réussi à l'enrôler en tant qu'informateur. Même si je le sentais mal. Clairement, il était plutôt le mec à doubler quelqu'un, que d'être loyal. Vu comment il avait balancé la personne qui lui avait donné l'ordre d'aller donner un avertissement à quelqu'un.

- Vous l'aurez votre douche

Déclarais je avant de me lever pour sortir du bureau, non sans dire à mon interlocuteur qu'il pouvait se détendre à présent. C'était sur qu'il allait voir la lumière du jour dans cinq minutes. J'étais fier d'avoir réussi à lui éviter la prison, mais je l'étais beaucoup moins suite à mon entretien avec mon supérieur. Je n'avais aucune envie d'héberger Ki O chez moi. Et si il essayait de m'étrangler durant la nuit ? Est ce que j'allai devoir demander au fantôme qui s'amusait à monter et à descendre les escalier de jouer le rôle de garde du corps ? C'était donc assez remonté que j'étais revenu dans le bureau où m'attendais l'étranger. Je remerciais mon collègue de l'avoir surveiller. Une fois tous les deux, je lui annonçais l'heureuse nouvelle. Évidemment, il n'était pas enchanté non plus, ce que je comprenais parfaitement. Mais je n'avais pas envie de me prendre la tête avec mon chef et de perdre du temps dans mon enquête personnelle. Au moins, chez moi, je pourrais interroger Ki O tranquillement - enfin façon de parler.

- Je suis entièrement d'accord avec vous mais mon boss est un peu con parfois. Est ce que ça vous gênerait juste pour aujourd'hui...? Demain j'irai lui parler et lui expliquer que son idée est mauvaise. Vous pourrez ainsi continuez votre vie de votre côté en me tenant au courant des affaires noires.

Insulter son supérieur ce n'était pas très professionnel et motif d'une sanction mais il savait très bien ce que je pensais de lui. Il le méritait de toute façon, vu comment j'étais traité et n'avait aucune reconnaissance de mon travail. Il pouvait donc aller se faire voir avec son ordre d'arrêter mon enquête sur ce qui se passait à l'hôpital. Je comptais bien mettre cette affaire au claire.

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Ong Ki O
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Ven 1 Juin - 20:01


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Peut-être que je me fourvoie totalement en prétendant cela, mais je ne pense pas être, ni n’avoir jamais été, quelqu’un d’opportuniste ou de fourbe. Je suis hélas bien trop peu ambitieux, pour planter un couteau dans le dos de quelqu’un, le piétiner ou encore le trahir. Même s’il est vrai que présentement, la situation dans laquelle je me trouve laisse à penser le contraire, je vous l’accorde. Oui mais, mettez-vous ne serait-ce qu’une seconde à ma place. Vous comprendriez sans doute, si vous aussi vous reveniez de loin et aviez réchappé de peu au pire et à l’inéluctable. Ils m’ont tout pris. Tout arraché. Je vois plus cela comme … comme de l’instinct de survie que de l’opportunisme. Deux concepts entre lesquels la frontière est sans doute ténue et poreuse. Tout dépend de l’angle ou du point de vue duquel on se place. Libre à chacun d’y opposer le qualificatif qui lui plaira. La seule chose qui est certaine, c’est que lorsque les warnings s’allument et clignotent à vive allure, il n’y a dès lors plus qu’un seule chose qui prédomine pour moi : sauver ma tête, et ce quel qu’en soit le prix à payer. Tant pis si pour cela je dois me mettre à dos des personnes que l’on pourrait qualifier « d’alliés », ou attiser des inimitiés déjà bien marquées. Pour l’heure, je n’ai encore rencontré personne qui vaille la peine que j’assure en priorité la sauvegarde de son sort, plutôt que du mien. C’est donc pour ça. Ne m’en voulez-pas … .

C’est pour cela que je refuse formellement de tisser des liens et de créer des attaches avec qui que ce soit. D’abord parce que je ne suis vraiment pas doué pour les rapports humains, mais aussi et surtout car … car je sais que tôt ou tard, je finirai fatalement par décevoir et m’attirer la colère des malheureux, qui auront eu la bêtise de tenir à moi. Si je le faisais en toute connaissance de cause, cela serait vraiment … cruel. Voire sadique. Au moins, j’ai le mérite d’être conscient de l’étroitesse et du caractère plus que limité et restreint, de mes aptitudes relationnelles. Mon cœur est devenu un désert. Une fournaise dont l’aridité extermine amitié et amour, sans leur laisser la moindre chance de croître et éclore. Avouez, vous méritez mieux. Je ne suis pas digne d’être aim… ahrgh, ma tête ! Non ! Par pitié, pas maintenant. Qu’est-ce que … mes mains. Pourquoi sont-elles si minuscules ? De l’eau. Une odeur de chlore. Des rebords en calcaire et en marbre. Une piscine de toute évidence. « Centre de formation aquatique de Taïpei. ». Voilà l’inscription gravée en lettres d’or, sur une plaque rivée au mur à l’autre bout du bassin. Bassin que je parcoure poussivement à l’aide de petits mouvements de brasse. Le reflet que m’offre l’eau ondoie et se difforme mais … je crois percevoir les traits d’un tout jeune garçon. Quatre ou cinq ans au plus. Un souvenir de mon enfance ? Une voix féminine venant de la gauche m’interpelle. Son timbre est doux. Cristallin. Presque rieur.

« Ki O chéri, le chauffeur est arrivé et nous attend dehors. Viens vite mon cœur. ». En tournant, la tête dans la direction de cette voix d’ange, j’aperçois une femme vêtue d’un maillot de bain une pièce m’adressant de grands signes de la main. Un large sourire éclatant mange son visage d’une incroyable finesse. Elle est grande. Bien plus grande que la moyenne des femmes et que certains hommes. Sa longue et épaisse chevelure d’ébène ruisselle en cascade jusqu’à mi-fesse. J’agite les membres et barbote ainsi de façon peu académique jusqu’à elle. Ou plutôt jusqu’à une petite échelle de métal, permettant aux nageurs de quitter le bassin. Une fois au sec, je trottine à petites enjambés sur le dallage grisâtre en riant béatement. La longiligne femme déplie une large serviette de bain blanche, et s’incline légèrement se retrouvant ainsi un peu plus à ma hauteur. Avec beaucoup de tendresse, elle me prie de faire très attention et de ne pas glisser. Ces quelques avertissements n’entament en rien son sourire, qui à lui seul illuminerait les plus sombres ténèbres. Mais je n’écoute pas. Tel un taureau se ruant sur la cape qu’agite un matador, je me jette dans cette serviette et par la même occasion dans les bras de la femme qui me la tend. Très vite, elle retire d’autour de ma taille la ceinture de flottaison constituée de petits pains de mousses. Alors qu’elle m’emmaillote dans la serviette et frotte doucement l’étoffe en éponge sur ma peau pour me sécher plus vite, j’aperçois par dessus son épaule un colossal portrait cerclé d’un cadre d’or, trônant fièrement et en majesté au mur.

On y aperçoit une jeune femme en combinaison courte, arborant triomphalement devant l’objectif trois médailles qu’elle porte autour du cou. Je n’arrive pas à bien lire ce qui est écrit sur l’écriteau accompagnant ce cadre. Kao Su ITriple Championne Olympique de Natation aux Jeux de1976 à Montréal. Cette femme est beaucoup plus jeune que celle qui me bichonne, et sa coiffure est également différente, mais ce sourire et son regard … ce sont les mêmes, il n’y a pas de doute possible. Māmā … . Alors que ma mère s’affaire à me sécher, je lui demande tout penaud et la tête basse sur un ton fluet : « Dis maman … . Pourquoi papa il nous aime pas ? ». Presque aussitôt, ma mère cesse les légers frottements qu’elle prodiguait sur mes épaules. Son buste se redresse quelque peu, quand ses pieds eux semblent s’ancrer davantage sur le sol carrelé. Même si je reste tête baissée, je devine que dans ses yeux luit sûrement la stupéfaction et la sidération. Sans doute ne s’imaginait-elle pas que du haut de ses quatre ou cinq ans, son fils puisse voir les choses de cette manière. Le silence qui s’étend et s’étire me paraît interminable. Ma mère finit par me faire lever la tête en plaçant sa main sous mon menton, et me force ainsi à la regarder. Toute en caressant ma joue, elle répond d’un air cajoleur et dans un sourire qui diffère de ceux auxquels elle m’a habitué jusque là :

« Ne dis pas des choses pareilles mon poussin. Papa nous aime tout les deux très très très fort. C’est juste que … qu’il a beaucoup de travail. Tu sais être ambassadeur, ce n’est pas un métier facile. Il fait beaucoup de sacrifices pour nous. Si nous avons la chance et le privilège de mener une vie aussi agréable, c’est en grande partie grâce à lui. Je suis certaine qu’il aimerait passer beaucoup plus de temps avec nous, et qu’il est triste de ne pas le pouvoir. Tu comprends ? Aller, dépêchons-nous ou nous allons être en retard pour le dîner. ». Sa voix est ponctuée par des trémolos et un filet de tristesse qu’elle s’évertue au mieux à masquer. Elle ne m’a pas tout dit. Il y a probablement autre chose. Autre chose qu’un garçonnet ne doit pas entendre, et que de toute façon il ne peut pas comprendre. Son sourire jusqu’alors si tendre, se pare d’une petite touche de spleen et de chagrin. Cependant, elle retrouve très vite son air doux et maternel en même temps que sa verticalité. Elle me tend une main partiellement mouillée, que je scrute un instant avant de basculer la tête en arrière afin de lever mes yeux rougis et irrités par le chlore, vers son beau visage. D’un geste lent, j’élève un bras frêle et entrelace mes petits doigts autour des siens. Nous marchons vers un vaste halo de lumière éclatante, puis … « … affaires noires. ». La voix de l’Agent Min me ramène brutalement et de manière soudaine à la réalité. Je cligne des yeux plusieurs fois, avec dans l’espoir que cela puisse m’aider pour quitter les limbes de mes souvenirs.

Mes pupilles fusent dans tout les sens et décortiquent les alentours. Un bureau. Son bureau. Celui dans lequel je me trouve depuis un petit moment déjà. J’admets n’avoir écouté que d’une oreille plus que distraite ses propos. Néanmoins, je pense en avoir capté l’essentiel et le principal. Sa bouille légèrement renfrognée et peu réjouie, tend à confirmer ce que j’imagine. Une infime goutte de sueur choit de mon arcade sourcilière, et trace son sillon le long de ma mâchoire. Je … ce que j’ai « vu » m’a passablement retourné. Il me semble que c’est la première fois depuis mon réveil que … que je ressens quelque chose. Malheureusement, j’ignore ce que c’est et suis tout bonnement incapable de mettre des mots dessus. M’évertuant autant que faire se peut pour ne rien laisser paraître, je déglutis laborieusement ma salive et rétorque dans une sobriété qui m’est propre : « Bon, très bien. ». Trois mots qui sont aux antipodes de ma pensée. Toutefois, cet homme à « la gentillesse » de me proposer un deal, qui m’évite ainsi le pire. Je me vois donc mal jouer la fine bouche, en affirmant que tout cela ne me sied absolument pas. Hmm, une cohabitation. Encore une situation à laquelle je vais devoir m’acclimater. Fort heureusement, cela sera temporaire. J’espère vivement que ce flic arrivera au plus vite à convaincre son supérieur, que ceci est tout sauf une solution sur le long terme et qu’il doit forcément y avoir beaucoup mieux.

En attendant, et devant cette approbation, ou plutôt résignation de ma part, l’Agent Min ouvre la porte de son bureau et m’invite à le suivre. Chose que le docile et obéissant militaire que je suis, réalise sans ciller. Quelques mètres de couloirs avalés plus tard, nous arrivons dans le grand hall. Devant une espèce de guichet à moitié grillagé, mon « nouveau patron » demande à son collègue de bien vouloir me remettre les effets personnels, qui m’ont été confisqués avant ma mise en cellule. Autant dire, pas grand-chose. Un trousseau de clefs, une antiquité de téléphone portable à carte pré-payée, un porte-feuilles vierge de toute carte bleue mais rempli de billets et une ceinture noire. Ultime étape avant de regagner un semblant de liberté : signer de la paperasse. Le policier me donne le stylo, après avoir de son côté paraphé le document. Avec un certain empressement, je m’en empare et appose mon nom à l’endroit prévu à cet effet. Ong. En idéogramme chinois : . Le moment tant attendu est arrivé. Ca y est : je suis dehors. Le soleil darde ses rayons sur mon visage, dont je lui fais offrande. Paupières closes, j’inspire profondément et gorge mes poumons de l’air pollué de Busan. Un air qui comparativement à celui d’une cellule, semble tout de suite beaucoup plus plaisant et respirable. Immobile en haut des marches du perron du commissariat, j’en profite pour boucler la ceinture que je viens de récupérer un peu plus tôt autour de mon jean. Le regard juché sur les différents crans, je tente de faire preuve de … de légèreté en demandant au policier sur un ton qui ne s’y prête pas vraiment : « A quelle adresse et à quelle heure mon cour… couvre feu devient-il effectif ? ». Traduction : où vit-il et quand dois-je m’y trouver. Il est encore très tôt, et cela m’étonnerait qu’il puisse se soustraire à sa journée de travail pour me garder à l’œil et me serrer de près. Je prie donc dans mon for intérieur, pour qu’il me laisse un peu de temps pendant lequel je puisse être seul. Suffisamment pour me permettre de faire un crochet par chez moi, prendre une bonne douche et faire un sac avec quelques affaires de rechange ainsi qu’une trousse de toilette. Puis accessoirement aussi, pour cacher ou détruire les travaux de mes recherches concernant le Professeur Kyeong : le médecin qui m’a opéré. Un grand paranoïaque tel que moi, ne tient pas spécialement à ce que de pareils « dossiers », ne soient pas précieusement confinés à l’abri en son absence.

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Min Kyo Ji
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Ven 8 Juin - 18:56


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C'était moi où il avait rien écouté à ce que je venais de dire. Son regard avait été légèrement vide pendant un instant. Il en avait rien à faire de sa situation ou bien est ce que c'était lié à son état de marbre ? Je détestais parler dans le vent, aussi j'avais pris sur moi pour ne pas m'énerver. Je ne devais pas faire fuir mon potentiel témoin. Ce dernier n'avait pas trop l'air dans son assiette, mais rien à voir avec le passage d'une sirène d'il y avait cinq minutes. Non, là il était un peu trop pâle. C'était un peu l'hôpital qui se foutait de la charité vu mon propre teint, mais à la base, mon interlocuteur était plus bronzé que moi. Ce qui en soit n'était pas très difficile vu la blancheur de ma peau.
Ki O avait fini par se remettre de ses émotions mystérieuses pour approuver. Hum. Est ce qu'il savait au moins pour quoi il était d'accord ? Surement pas vu qu'il m'avais pas écouté. Cela dit je n'allai pas chipoter étant donné qu'il était aussi ravie que de moi de devoir partager un toit cette nuit. Je n'y étais pour rien moi, dans cette histoire c'était mon patron qui avait eu le dernier mot et vu notre relation assez compliqué, je ne désirai pas prendre le risque de lui dire d'aller se faire voir avec son ordre pour finir à la circulation ou aux plaintes.

- Parfait


Il n'y avait plus qu'à aller signer les papiers de sa libération. Je lui faisais donc signe de me suivre et le guidait jusqu'à l’accueil pour que Ki O récupère ses effets personnels en même temps. Il n'avait vraiment pas grand chose dans ses poches. Pas étonnant pour un migrant cela dit. Moins ils avaient de choses, mieux ils passaient inaperçus au sein de la société coréenne.
Une fois dehors, Ki O me demandais où j'habitais et à quelle heure il devait venir. Moi qui pensais que j'allai pouvoir le cuisiner tout de suite. Hélas, je n'avais pas fini ma journée. Je sortais un ticket de caisse, qui montrait à quel point j'étais nul en cuisine vu le nombre de plats préparés achetés dessus, et un stylo, pour y inscrire au dos du papier mon adresse ainsi que mon numéro de portable au cas où.

- Je finis à 18h, donc on à qu'à dire vers 20h ? Je t'ai mis mon numéro si jamais tu as un pépin

Annonçais je avant de lui tendre le ticket de caisse. Ca me laisserait le temps de prendre une douche et de ranger un peu mon appartement. Je ne tenais pas à ce que Ki O se retrouve face à ma collection de sous vêtement éparpillé dans le salon..

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Trapped - (ft. Min Kyo Ji)
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