AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

 

 Trapped - (ft. Min Kyo Ji)

avatar
Ong Ki O
Âge : 33
Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger.
Quartier : Ailleurs
Situation : Pas intéressé.
Don : Aucun.
Multicompte : Non.
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1845-ong-ki-o-patient-n9263
Sam 31 Mar - 16:31


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Comment est-ce possible ? Comment ont-ils fait pour me retrouver ? Là, il va falloir qu’on m’explique. Je ne comprends pas. C’est impossible. Comment savaient-ils qu’ils me trouveraient là ? Moi qui n’ai aucune adresse fixe. Aurais-je commis une erreur ? Me suis-je trahi, et ai-je creusé ma propre tombe d’une quelconque façon ? Non, cela me semble quand même peu vraisemblable. Je n’ai pas de compte en banque, n’ai jamais commis la bêtise de surfer sur internet ou d’aller sur les réseaux sociaux et possède un téléphone à carte pré-payé, qui a sûrement dû faire la Guerre de Corée au vu de sa vétusté. Autrement dit, je suis intraçable et indétectable. Même pour le plus talentueux des hackers. Ce qui dans un sens n’est pas plus mal car physiquement, on ne peut pas vraiment dire que je me fonde parfaitement dans la foule. Aurais-je merdé lors « d’une mission » ? Peu probable. Entant que militaire évoluant des les Forces Spéciales, j’ai été formé pour réaliser le travail vite et bien. De façon claire, nette et sans bavure. Si je n’ai pas été repéré, ni n’ai commis de bévue alors, … alors cela ne doit vouloir dire qu’une seule chose. Quelqu’un m’a balancé. Quelqu’un avec qui, ou pour le compte de qui, j’ai travaillé. Mais qui ? Monsieur Han ? Ouais, c’est bien le genre à immédiatement craquer et se mettre à table, lorsqu’on lui met la pression. Ou alors, Eun Seok. Il n’a jamais pu me saquer. Et c’est réciproque.

Le connaissant, et s’il s’est fait serrer, il n’aurait eu aucun scrupule à me dénoncer et m’entraîner dans sa chute. Après tout, ne m’a-t-il pas laissé en plan au beau milieu d’une fusillade entre bandes rivales, lors de mon dernier « job » en date pour la famille Jang ? Qu’il se rassure, j’aurais probablement lâché son nom dans un tel cas de figure. Cela n’aurait été que justice. A quoi bon épiloguer et chercher le responsable de ma déchéance … . Ce n’est pas ça qui me sortira de ce mauvais pas. Oui, on m’a balancé. C’est ce que je finis par me convaincre, alors que je suis assis sur la banquette arrière d’une voiture de police, qui semble de toute évidence prendre la direction du commissariat. Deux flics en uniforme m’encadrent, et exercent une pression sur mes trapèzes afin que je me tienne tranquille. Quelque chose qui pour le quidam de base devrait sans doute être douloureux, mais étant dur au mal : ça va. Normal. Ils craignent sans doute que je ne sois pas des plus coopérants. Comme ce fut le cas tout à l’heure, lorsque je les ai vu tambouriner à ma porte, alors que je rentrais. Ni une ni deux, mon instinct de survie a fait tout le boulot à ma place en me poussant à prendre mes jambes à mon cou. S’en est suivi une course poursuite qui a pris fin lorsque je me suis engouffré dans une ruelle, et que l’un des flics m’a hurlé de m’arrêter en effectuant un tir de sommation. Dès lors, je me suis immobilisé et ai réalisé ce qu’on m’ordonnait.

Comme je l’ai toujours fait. Enfin, je suppose. J’aurais très bien pu les désarmer et les maîtriser, mais je n’aurais fait qu’aggraver mon cas. Maintenant que j’y repense, prendre la poudre d’escampette et ne pas coopérer était incroyablement stupide. Une telle attitude, ça paraît évidemment suspect. Ils vont à présent m’avoir dans le collimateur. Tant d’efforts déployés pour être « invisible » … tant d’efforts désormais réduits à néant. Pour sûr, ce n’est pas cela qui va arranger ma paranoïa. Arrivé au commissariat, les deux bleus m’agrippent par les manches de ma veste en jean et me trimballent sans ménagement à travers une succession de couloirs et d’open spaces. Un troisième flic court sur pattes et avec un embonpoint certain, se tient devant une porte entrouverte. Il plaque avec virulence contre mon torse une pancarte sur laquelle un « 5 » noir s’étale sur toute la hauteur. En se décalant et ouvrant la porte en grand, il me somme sur un ton de Sergent Instructeur d’entrer et d’aller me mettre à la suite des autres. La pièce ressemble à une espèce de sas. Des spots inondent à outrance le petit espace. Trois pans de murs sont peints dans les tons gris. Une large vitre recouvre le quatrième dans sa totalité. Quatre hommes sont déjà là, alignés en rang d’oignons et tenant eux aussi une pancarte ornée d’un chiffre allant de un à quatre. Tour à tour, nous nous jaugeons, jugeons, toisons et évaluons. Personne ne sourcille. Ils me sont tous inconnus. En revanche, je ne peux nier que nous nous ressemblons drôlement. Nous avoisinons tous les deux mètres, sommes bruns et plutôt costauds. Quelques minutes après avoir rejoint cette brochette d’hommes aux allures de gros durs, une voix jaillit des haut-parleurs : « Numéro cinq, avancez. ». Ce que je fais. Sans broncher. Impassible. Stoïque. Le regard fixant l’horizon. S’échouant sur le verre blindé de la vitre. L’œil perdu dans le vide. Hagard. On me prie de bien vouloir me mettre de profil. Un battement de cils, un regard probablement désappointé vers le sol et je pivote d’un quart de tour sur la droite. J’ignore ce que l’on me reproche. Néanmoins, je sais que si l’on m’incrimine et m’enferme ici, tout sera terminé et jamais plus je n’aurais la chance de découvrir la vérité et comprendre ce qui m’est arrivé.                                                        

Code by Sleepy


@Min Kyo Ji
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Min Kyo Ji
Âge : 27
Occupation : fonctionnaire de police & bénévole au refuge pour animaux
Quartier : Gangseo
Situation : éternellement célibataire, mais il y a ce petit jeune, mon premier slow...
Don : Médiuminité. Je vois et parle aux morts
Niveau : 5
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1356-min-kyo-ji-i-believe-in-nothing
Sam 7 Avr - 18:04


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Silencieusement, je regardais l'homme que l'on avait pointé du doigt, se faire prendre en photo sur tous les profils. Il était grand, et surement pas coréen. C'était un coup de chance que mes collègues aient réussi à l'attraper. On m'avais rapidement raconté la course poursuite qui avait eu lieu. Je désapprouvai l'usage des armes à feux dans ce genre de situation même si le grand gaillard de l'autre côté de la vitre aurait pu les semer. On ne savait jamais où pouvait atterrir une balle neutre. Mais comme d'habitude j'avais simplement secoué légèrement la tête et garder mes propos pour moi même. Et puis bon, honnêtement le suspect était surement juste un pauvre petit poisson, payé par des ordonnateurs qui ne voulaient pas se salir les mains. J'avais un peu pitié de lui au fond.
La séance shooting finis, on l'avait ensuite conduis dans une salle d'interrogatoire. Que j'allai devoir mener. Mon patron avant m'avais bien expliqué à nouveau que je devais rester calme et soutirer le maximum d'information du suspect. Comme si j'étais du genre à m'emporter souvent ? Je le faisais uniquement quand une personne que je savais pertinemment coupable refuser d'avouer ses actes. En tout les cas, il n'avait montré aucune émotion durant tout ce temps. Même pendant les cinq minutes passé tout seul dans la pièce. La caméra le filmait tranquillement. Ca allait surement être moi le plus stressé des deux.

- Vous pouvez y allez Agent Min

Je hochais la tête et prenait le gobelet qui venait tout juste du distributeur à café.  Qui a dit que j'avais le rôle du mauvais flic ? Ce genre de manège ne fonctionnait que dans les films. Ou tout simplement quand la personne interrogé était vulnérable. Ne connaissant rien de celui avec qui j'allai avoir une discussion, c'était compliqué de mettre ça en place. J'entrais dans la pièce et déposait le café devant le suspect avant de m'asseoir en face de lui.

- Je ne sais pas si vous préférer avec ou sans sucre. Personnellement je n'aime pas le café

Déclarais je d'un ton détaché tout en sortant mon fidèle calepin et un stylo. Il n'y en avait pas besoin, je le savais. Mais il pouvait aussi servir pour quelqu'un d'autre que moi. Et puis j'aimais bien avoir mes propres notes aussi.

- Alors Monsieur Mystère...Nom, prénom, date et lieu de naissance

Ce n'était pas du tout ironique comme surnom. De nos jours avec l'informatique et les satellites on pouvait tout trouver. Mais cet homme là, était comme invisible. Pas d'adresse, de numéro de portable ou de compte en banque. J'avais juste entendu de la part de mes amis les esprits qu'il se faisait appeler Ki O. Ma générosité très reconnue m'avais poussé à aider mes collègues en galère - et ça c'était de l'ironie.                                                     

Code by Sleepy
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Ong Ki O
Âge : 33
Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger.
Quartier : Ailleurs
Situation : Pas intéressé.
Don : Aucun.
Multicompte : Non.
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1845-ong-ki-o-patient-n9263
Sam 7 Avr - 18:19


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Le silence. Un silence de mort. Ou presque. Malheureusement, quelques petites choses parasites viennent l’entacher. Le tic-tac régulier et métronomique de l’horloge, trônant au-dessus de la porte. La respiration forte et sonore du numéro un. Les raclements de gorge intermittents du trois. Les reniflements incessants de son voisin de gauche. La façon bruyante et pas franchement discrète, qu’a le flic nous ayant à l’œil de mâcher son chewing-gum. Les crépitements d’un des spots accrochés au plafond, dont la lumière vacillante indique qu’il menace de rendre l’âme à tout instant. Pris séparément, ces petits bruits sont à la limite du supportable. En revanche, mis bout à bout et additionnés, ils doivent avoir le chic pour agacer et horripiler pas mal de gens. Même les nerfs de la personne la plus patiente et calme du monde, seraient mis à rude à épreuve. Chez moi, ces sons font naître et jaillir des pulsions destructrices, voire meurtrières. Mâchoire serrée. Ongles lacérant la pancarte. Respiration en quasi-apnée. La force avec laquelle je tente de les refouler et les annihiler, est proportionnelle à celle que je déploie pour ne pas tanguer aux accents de la rage et de la fureur. Elles sont là. Elles commencent à sortir de leur torpeur. J’ai déjà laissé libre cours à ce déferlement d’acrimonie. Lorsque tout retombe et s’estompe, ce qui m’entoure ressemble au chaos incommensurable d’un champs de bataille ou d’un paysage ravagé et désolé.

Si je ne veux pas devenir un danger, aussi bien pour les autres que pour moi-même, je ne dois pas … je ne dois pas écouter ce que ces pulsions me disent. Non. Je ne dois pas céder. Craquer reviendrait à leur donner raison. A eux. A tout ces Docteurs Frankenstein qui ont exulté quand leur créature a repris connaissance, mais qui ont vite déchanté lorsqu’elle a échappé à leur contrôle. Si je cède … si je laisse ce torrent de rage et de bestialité déferler, j’aurais définitivement perdu l’insignifiante parcelle d’âme et d’humanité qu’il me reste. J’ignore pendant combien de temps encore, je serais en mesure de contenir ce magma en fusion de brutalité qui bouillonne en moi. Le silence. Un silence qui n’augure rien de bon. Comme le calme avant la tempête. Si l’on ne m’ordonne pas de reculer et de retourner à ma place, cela ne veut dire qu’une seule chose. Que le pékin qui se trouve derrière cette vitre pense m’avoir reconnu et formellement identifié. La fin est annoncée, et je ne tarde pas à en avoir très vite la confirmation : « Ok c’est bon, on a terminé. ». Aussitôt, la porte s’ouvre et le flic au physique rondouillard fait évacuer la brochette de mes sosies. Son collègue, qui a probablement un lien de parenté avec un troupeau de gnous vu la manière frénétique avec laquelle il mâche ce chewing-gum, m’arrache l’écriteau des mains et me passe les pinces autour des poignets.

Ok, là c’est du sérieux. Ne rien dire, ne rien lâcher, même sous la torture. Comme dans les Forces Spéciales. L’un des deux policiers m’ayant amené jusqu’ici, vient me chercher et m’emmène Dieu sait où. Tel un agneau docile, je me laisse faire sans emmètre une fraction de résistance. Même infinitésimale. L’allure d’un ours, l’attitude d’un agneau. Des couloirs. Des escaliers dévalés. Une nouvelle pièce. Une salle d’interrogatoire visiblement. Une table en métal surplombé d’un néon. Deux chaises du style de celles que l’on trouve dans les salles d’attente des cabinets de médecins. Des murs dans les mêmes tons que l’autre pièce. Pas de vitre, pas de fenêtre. Le flic me force à m’asseoir en m’appuyant sur l’épaule de toutes ses forces, puis s’en va, non sans m’assener une tape virulente derrière le crâne et me balancer un nom d’oiseau. Sale journée ? Mauvaise humeur ? Défouloir ? Acte gratuit ? Volonté de me faire réagir ? Si tel est le cas, alors c’est raté puisque je reste inconditionnellement de marbre. Une caméra fixée au mur en face de moi. Probablement deux autres à ma gauche et ma droite. Idem derrière moi. Des micros ? Si j’en juge le petit point rouge là-bas qui scintille de temps à autre : je dirais oui. Identifier mon environnement et rapidement m’immerger dedans. Une habitude chez moi. Non, carrément un automatisme. Sans doute des restes tenaces, de mon ancienne vie de militaire dans les Forces Spéciales.

Deux impératifs. Ne rien laisser transparaître, ne rien montrer. Ca, cela ne devrait pas être bien difficile. Mentir éhontément et affabuler. Là par contre, j’ignore si j’en serais capable. On va rapidement être fixé. Un flic, auquel je n’ai pas encore eu à faire, entre dans la salle et vient siéger en face de moi à l’autre bout de la table. Mes yeux dérivent pendant un bref instant, en direction du gobelet au contenu noirâtre qu’il dépose devant moi. Puis très vite, mon attention se reporte sur lui. Il est jeune. Nettement plus jeune que ses collègues. Pas spécialement la tête, ni le physique de l’emploi. Il ressemble plus à un de ces chanteurs de boys band à minettes que l’on peut voir dans les clips à la télévision, qu’à un représentant des forces de l’ordre. Néanmoins, le ton qu’il emploie et l’attitude qu’il adopte, sied parfaitement à la fonction. Ne jamais juger le contenu d’un livre à sa couverture. Je devrais le savoir pourtant. C’est … c’est curieux. Sa voix me semble très lointaine. Je jurerais presque qu’elle raisonne, un peu comme dans un tunnel. Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Cette étrange sensation d’avoir la tête sous l’eau ou prisonnière dans un bocal, tant les sons me paraissent éloignés et asphyxiés. Presque oniriques. Je ferme les yeux quelques instants. Non pas que je n’ai pas compris ce qu’il me demande. Non, à vrai dire, c’est plus comme si j’essayais de me convaincre-moi même, de la véracité de ma réponse.

S’évertuer à être convainquant. Quand bien même le doute plane et s’est largement insinué. Mes paupières se rouvrent très lentement. Le cliquetis métallique des menottes, m’informe que je ne suis pas aussi immobile que je ne le pense. Un muscle de mon bras aurait tressailli sans que je m’en aperçoive ? Sans plus attendre, je réponds à chacune de ses questions, en marquant des temps de pause exagérés. Théâtrales. Presque dramatiques. Le regard éteint et inanimé. La voix d’une monotonie presque consternante. Mécanique. Le tout enrobé dans un accent mandarin horriblement marqué et prononcé. « Ong … Ki O … 22 Septembre 1984 … Taipei. ». Puis-je vraiment me fier à ce que je sais, et le prendre pour argent comptant ? Qui me dit que c’est réellement moi ? Qui me dit qu’ils ne s’évertuent pas, à ce que je me fabrique de nouveaux souvenirs ? Des souvenirs factices, bien évidemment. Il faudrait que je sois fou pour faire confiance, mais … ai-je pour autant besoin d’être méfiant et suspicieux vis-à-vis de tout et tout le monde ? Plus qu’un besoin, c’est une nécessité. Un nouveau tintement des menottes. C’est seulement à cet instant, que je réalise que je frissonne. Bon an mal an, je tente de me réchauffer en frottant mes avant-bras contre ma taille. Il y a comme … comme un courant d’air. Ce qui est plutôt étrange, vu que la pièce et hermétiquement close. Du moins, je crois.

Code by Sleepy
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Min Kyo Ji
Âge : 27
Occupation : fonctionnaire de police & bénévole au refuge pour animaux
Quartier : Gangseo
Situation : éternellement célibataire, mais il y a ce petit jeune, mon premier slow...
Don : Médiuminité. Je vois et parle aux morts
Niveau : 5
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1356-min-kyo-ji-i-believe-in-nothing
Lun 9 Avr - 19:37


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Silencieusement, j'attendais que l'interrogé réponde à mes questions. Je le fixai, essayait de comprendre ce qu'il se passait dans sa petite tête. Etre télépathe me servirait bien parfois, pas tout le temps, car je me dispenserai aisément des pensées de beaucoup de personnes. Non, en fait, cet homme me paraissait un peu étrange. Est ce qu'il avait un don ? Malheureusement les pouvoirs pouvaient se retrouver dans de mauvaises mains. Même si en fait, l'individu en face de moi ne me faisait pas du tout cet effet là. J'avais plutôt l'impression de me retrouver devant un petit chaton, effrayé du monde qui l'entourait. C'était surement bizarre de penser ça d'un mec suspecté d'avoir fait des sales boulots.
Il avait tout de même fini par ouvrir sa bouche, d'une façon assez robotique je devais bien l'avouer. J'esquissai malgré moi un petit sourire et secouai la tête tout en écrivant ses informations sur mon carnet. C'était en inscrivant son lieu de naissance, que mon cerveau s'illuminait soudainement.

- Taipei ?


Je répétai à haute voix, comme si je voulais être sur d'avoir bien entendu. Son attitude étrange et ses origines me faisait tiquer. Est ce que c'était une simple coïncidence ? Je levai mon regard vers la caméra, me mordillant les lèvres pour m'empêcher de dériver sur un autre interrogatoire. Qui n'aurait aucun rapport avec l'accusation de Ki O. Pourtant, je ne pouvais pas laisser échapper une aubaine pareille. Un témoin ou même tout simplement une victime de ce que faisait l'hôpital. Je n'avais pas encore trouvé les preuves que m'avais réclamé mon supérieur. Pour lui, j'avais trop d'imaginations sur ce coup là. J'étais persuadé que le taux anormal de mortalité dans le secteur de la neurochirurgie n'étais pas anodin. Les médias n'en parlaient pas - pour ne pas inquiéter les citoyens. Bref; c'était encore une histoire où j'allai devoir batailler tout seul dans mon coin, sans que mon supérieur ne soit au courant. Après je me ferais disputer encore une fois parce que j'enquêtais solo...haha.
Bref, tout ça pour dire que je ne pouvais pas laisser mes collègues mettre Ki O derrière les barreaux. J'avais des tas de questions à lui poser - hors zone. Je devais donc trouver une faille pour cela.

- Monsieur Ong, ça fait longtemps que vous êtes arrivé en Corée ?

Son accent chinois m'avais mis sur la voie. Une piste que je devais explorer : l'abus de faiblesse. Si Ki O était un clandestin, je pouvais obtenir une garantie de ma pomme. Bien que l'idée ne m'enchantais guère car ça voulait dire que peut être j'allai devoir l'héberger chez moi. Et je n'avais même pas eu un poisson rouge pour me tenir compagnie. Après on pouvait trouver un arrangement si il savait faire la cuisine et le ménage. Je n'offrais jamais rien gratuitement, surtout pas mon propre toit.

Code by Sleepy
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Ong Ki O
Âge : 33
Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger.
Quartier : Ailleurs
Situation : Pas intéressé.
Don : Aucun.
Multicompte : Non.
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1845-ong-ki-o-patient-n9263
Mar 10 Avr - 12:45


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Qu’est-ce que je dois faire ? Comment suis-je censé agir ? Et surtout réagir. Existe-t-il une stratégie qui soit plus adaptée qu’une autre, pour se sortir d’un tel traquenard ? Dans ma situation, dire la vérité et rien que la vérité reviendrait d’une façon ou d’un autre à signer mon arrêt de mort. Néanmoins m’enliser dans le mensonge et nier l’évidence, quand bien même on me la met sous les yeux, sera également contre-productif. Pas de doute, c’est un sacré et épineux numéro d’équilibriste qui m’attend. En tout cas, et au vu des méfaits j’ai pu commettre depuis que j’ai recouvré mes esprits, je pense qu’il y aurait matière pour me mettre à l’ombre pendant un bon moment. Je vous fait grâce d’un inventaire à la Prévert de tout « les contrats », que j’ai réalisé ces deux derniers mois. Ce qui est sûr, c’est que si ce flic a des preuves concernant la nature de mes activités, il aurait largement de quoi me déferrer devant la justice. Et quelque chose me dit que les juges de cette ville, ont condamnés des accusés pour même pas le dixième de ce que j’ai pu faire. Toutefois … s’il se tient devant moi et qu’il se donne la peine de mener un interrogatoire, cela signifie … . Cela signifie qu’ils n’ont pas suffisamment de preuves pour déclarer ma mise en examen. Oui, tout ça c’est du bluff. Ils n’ont rien sur moi. Au mieux, ils ont des présomptions et des soupçons. Mais aucune preuve formelle et irréfutable. Leur dossier est une coquille vide.

Vide. Comme l’homme que je suis à l’intérieur. S’ils ont sorti le grand jeu tout à l’heure et « montré les muscles », c’est uniquement pour que je me sente acculer, au pied du mur et pris au piège. Et maintenant … maintenant ils m’envoient un petit flic avenant et au physique plus doux, afin que je me sente en confiance, que je craque et que je déballe tout. Hum, techniques classiques d’interrogatoires. Bien essayé, je l’avoue. On avait à deux poids deux mesures près, les mêmes procédés dans les Forces Spéciales. Seulement nous, on avait au moins le mérite de rendre la combine moins grossière et plus subtile. Navré Monsieur l’Agent, mais vous risquez de faire chou blanc. Votre pêche aux infos risque de s’avérer bien maigre et peu fructueuse. Sans avoir la prétention de me définir comme étant un gros poisson, j’ai néanmoins quelques vagues souvenirs de la façon dont les gens comme vous tirent les ficelles dans ce genre de situation. Hum. Ca y est, je sais quoi faire. Je sais comment mener ma barque. Des réponses courtes et précises. Sujet, verbe, compléments. Rester vague. Enoncer des généralités. N’entrer dans les détails uniquement lorsqu’il commencera à lâcher des billes. Voir ce qu’il joue et adapter mon jeu en fonction. Les bases. Je sais bien que l’on ne gagne pas un combat en restant en défense, mais je ne suis guère en position de force pour le moment.

Se tenir droit, presque à l’excès. Les mains posées sur la table. Soutenir le regard de l’interlocuteur, et agir par mimétisme. Nom, prénom, date de naissance. Les formalités. Ce qui confirme ce que je pressentais : je suis totalement inconnu de leurs services et leurs bases de données. Un bon point. Entant que militaire, j’imagine que l’État Major taïwanais a dû placer sous celés les informations me concernant. Classées confidentielles ? Non pas exactement. C’est bien plus complexe que cela en réalité. Cependant, c’est à peu près l’idée. Si … si comme je le suppose, et pour une raison qui m’échappe encore pour le moment, l’armée dans laquelle j’ai servi a tenté de me supprimer … alors il se pourrait bien qu’il y ait une chance infime, qu’ils se soient également empressés de se débarrasser de toutes les informations à mon sujet. Traduction si tel est le cas : il n’y a rien d’un point de vue administratif me concernant. En gros, cela voudrait dire que… que Ong Ki O n’a jamais existé. Si je suis dans le vrai, on peut dire que c’est une véritable aubaine ! Finalement, il se pourrait bien que j’ai un petit peu de chance dans mon malheur. Fort de cette déduction, et préférant partir du principe qu’elle est exacte, je réponds donc sans réticence aux questions des policier. S’il ne me croit pas ou a des doutes, je pourrais toujours lui montrer mes papiers. J’espère seulement qu’ils ne sont pas faux. Le jeune policier semble tiquer sur mon lieu de naissance.

Preuve en est, il le répète pour lui-même dans un murmure interrogatif. Je ne vois pas ce qu’il y a de surprenant. Contrairement à ce que disent les occidentaux, tout les « bridés » ne se ressemblent pas. Cela se voit comme le nez au milieu de la figure que je ne suis pas d’ici. Je hoche une fois la tête afin de lui donner confirmation. Le tout en conservant un faciès que rien ne semble pouvoir perturber. Pas simple d’être un expatrié à Busan. D’autant plus quand l’usage de la langue s’apparente pour vous à une torture de chaque instant. C’est la raison pour laquelle j’évite autant que possible de parler. Lorsque je n’ai pas le choix et que j’y suis contrait, il n’est pas rare qu’on me fasse répéter plusieurs fois, ou que mes interlocuteurs scrutent mes lèvres en fronçant les sourcils, afin de se concentrer encore davantage sur mes paroles qu’ils sont en peine de décrypter. Est-ce que cela m’énerve ? Non. Dans le pire des cas, ça me lasse. C’est tout. La manière dont cogite le flic laisse à penser que bien malgré moi, je lui ai fourni un os à ronger de choix. Ce qui est curieux, c’est qu’il n’embraye pas directement avec une autre question. Aurait-il fait un quelconque lien avec tout autre chose, que ce pour quoi je suis ici ? D’accord, je veux bien … mais de quoi s’agit-il alors ? Au bout de quelques instants, le policier au physique d’aspirant s’enquiert de savoir depuis combien de temps je suis ici. Je prends quelques seconde afin de tenter de comprendre où il veut en venir.

Ce gars n’est pas un bleu lambda. Il est malin. Il n’est pas du genre à balancer des questions, comme ça au petit bonheur la chance. Non, lui c’est fin tacticien. Un joueur d’échec ayant plusieurs coups d’avance. Il menace ma tour ? Il veut me contraindre au gambit et m’inciter à attaquer son fou ? Non, ça n’a pas de chance. Ne flairant pas spécialement d’arnaque ou de piège, je réponds donc en toute honnêteté à sa question, non sans rester très évasif. Mon coréen bien trop rudimentaire, me fait buter sur certains mots des plus difficiles pour un sinophone : « Non. Je suis ici depuis sol… seulement quelques mois. ». Cette version semble le convaincre. Il faut dire aussi que les apparences abondent en ce sens. Néanmoins, à en juger son expression, je devine qu’il trouve cela un peu court. Il attend une suite. Ce qui est normal. Maintenant que ça mord, cela serait bête de ne pas remonter la ligne. J’aurais sans doute fait de même à sa place. Ok, c’est l’heure de vérité. Là, c’est le moment où je dois mentir éhontément et affabuler. Une raison, un motif. Il me faut un « pourquoi ? », et vite. J’ai bien une idée mais … c’est osé. Osé et risqué. Tant pis, il faut que j’essaye. Ne dit-on pas des bobards que plus ils sont gros, plus ils passent ? Ce type ne m’a pas l’air du genre à avaler facilement des couleuvres mais … qui ne tente rien n’a rien. Je feins de jouer l’étranger aux prises avec la langue, puis avance avec un calme presque flegmatique, une explication quant à ma présence en Corée.

« J’assurais la sécurité et la protection de Zhou Shu Qi. Une idi… une ancienne idole taïwanaise très populaire en Chine. Lorsqu’elle a coro… couper les ponts avec le star système, j’ai eu envie de changer d’air. Mais … je n’étais pas raff… rassurer et serein de la savoir seule. C’est pour cela que je suis venu ici à Busan. Je voulais gaf… garder un œil sur elle et être là au cas où elle aurait des problèmes. ». Improvisation totale. J’ai entendu une chanson de cette fille à la radio, dans la voiture de police qui m’a amené jusqu’ici. Heureusement que l'animateur a fait un rapide briffe sur sa carrière, et sa vie poste-carrière. Voilà qui m’offre un « pourquoi ? ». Insensé ? Improbable ? Oui, peut-être. Seulement, lorsqu’on voit mon allure et qu’on connaît les petites lubies et caprices des idoles, ce que j’avance n’est pas totalement impossible ni exclu d’emblée. Oui, c’est crédible. Ca, se tient. J’ignore quelle piste vous tentez de remonter Monsieur l’Agent, mais vous faîtes fausse route. Croyez-moi, vous êtes sur une pente savonneuse. Faîtes preuve de sagesse et empruntez la porte de sortie, que je viens de vous ouvrir en grand. Le temps qu’il localise et remette la main sur cette Zhou Shu Qi pour confirmer ma déclaration, on aura le temps de voir venir ... et je serais alors déjà loin.                                                                                            

Code by Sleepy
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Min Kyo Ji
Âge : 27
Occupation : fonctionnaire de police & bénévole au refuge pour animaux
Quartier : Gangseo
Situation : éternellement célibataire, mais il y a ce petit jeune, mon premier slow...
Don : Médiuminité. Je vois et parle aux morts
Niveau : 5
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1356-min-kyo-ji-i-believe-in-nothing
Ven 13 Avr - 19:29


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Mon étonnement pouvait se comprendre de bien des façons. Mais mon interlocuteur ne devait absolument pas savoir ce que j'avais dans la tête. Je n'avais pas pour but de questionner toutes les personnes originaires de cette ville qui campaient à Busan non plus. Mais si j'avais un natif de ce pays, juste devant moi, ce n'était pas dû à une coïncidence. Je n'étais pas du genre à croire au destin et tout les trucs du même genre, mais il fallait avouer que là c'était un sacré hasard. Pile au moment où mon patron m'avais sommé d'arrêter mes bêtises, paf, voilà que Ki O faisait son apparition. Il n'était pas le seul mauvais gars de la ville, malheureusement Busan était bien remplie de ce genre de personnes. Sinon, j'imaginais qu'il n'y aurait pas besoin de policier pour faire régner l'ordre un minimum. Même si généralement, les petits délits n'étaient pas chers payer. Et ils ne restaient pas beaucoup de temps derrière les barreaux. Là, je cherchais un moyen justement pour éviter au taïwanais de se retrouver en taule. Je pourrais dire adieu à ma piste sur mon enquête personnelle.
Il y avait bien des manières pour un étranger de traverser la faille du système coréen. Seulement, j'ignorais si Ki O allait suivre mon plan ou non, inconsciemment. Peut être qu'il était suffisamment intelligent pour comprendre aussi où je voulais en  venir. J'avais donc commencé par lui demander depuis combien de temps il était arrivé en Corée. Une question, qui n'avais rien de suspect. Je ne devais pas oublier que notre conversation était écouté par l'un de mes collègues.
Quelques mois...Ce n'était pas vraiment très précis. Je continuais donc de le regarder, pour qu'il continue de parler. Si je ne lui coupais pas la parole, c'était que je n'en avais pas assez. Les clandestins étaient de deux styles différents : honnête ou menteur. Ceux qui inventaient tout une histoire, dramatique la ma majorité du temps pour qu'on ait pitié d'eux. Je me demandais de quelle partie était Ki O. J'avais tout entendu, du moins, c'était ce que je pensais jusqu'à l'explication de mon vis à vis. Garde du corps ? Ca pouvait coller vu sa stature droite et il avait l'air assez musclé. J'avais déjà entendu parler de cette chanteuse - étant fan de musique à travers le monde. J'ignorais cela dit, qu'elle était actuellement à Busan. Ou pas. Mais il était impossible pour moi de savoir si Ki O disait la vérité ou non. Son visage était totalement inexpressif.

- Et aller intimider Monsieur Song faisait partie de ces problèmes ?

Demandais je en haussant un sourcil. Car c'était de ça dont était accusé le suspect. La victime l'avais identifié parmi toutes les personnes. Bien que je savais que généralement, les gangs n'envoyait pas qu'une seule personne. Il fallait toujours au moins un guet dans ces affaires là. Alors pourquoi lui et pas l'autre ? Surtout que le portrait robot effectué pour aider à l'identification, quand on y pensait, ce n'était pas vraiment très précis. Ca aurait pu être aussi l'un des autres hommes placés à ses côtés. Perso, ils se ressemblaient tous pour moi A part que Ki O était un vrai robot. Si il n'y avait pas eu ses bafouillages lors de son explication,  pour le rendre plus humain j'y aurai cru.

- Depuis combien de temps assuriez vous la sécurité de Zhou Shu Qi ? Est ce que vous avez un intérêt plus que professionnel envers elle, pour vivre clandestinement à Busan juste pour "garder un oeil" ? Et des comportements masculins auraient pu vous rendre jaloux

J'optais pour descendre la même pente que lui. Même si il y avait des chances que cela soit un mensonge, c'était aussi une jolie carte. Qui sait ? Peut être que ce Monsieur Song était un fan de l'ancienne idole taïwanaise et avait paru menaçant pour l'interrogé. C'était en tout les cas une perche que je tendais à ce dernier. Lui laissant le temps de réfléchir, je griffonnais un papillon sur ma feuille avant de rajouter.

- Votre café va être froid. Ou alors vous voulez peut être du sucre pour le mélanger avec ?

Code by Sleepy
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Ong Ki O
Âge : 33
Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger.
Quartier : Ailleurs
Situation : Pas intéressé.
Don : Aucun.
Multicompte : Non.
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1845-ong-ki-o-patient-n9263
Ven 13 Avr - 23:03


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Est-ce que mentir me plaît et m’enchante ? Pas vraiment, non. Néanmoins, on ne peut pas dire non plus que cela me contrarie ou me gêne outre mesure. La vérité ? C’est exactement comme pour tout le reste : cela m’indiffère. Encore une chose à ajouter à la longue liste de tout ce qui m’est égal. Est-ce que je me débrouille bien et suis crédible dans cet art ? Si tant est que cela en soit un. Aucune idée. De toute façon, ce n’est pas à moi de le dire. Je doute être le plus à même et le mieux placé pour juger cela. Ce flic en revanche … ça pourrait sans doute être son rayon ou relever de son domaine de compétence. Ce qui est certain par contre, c’est que je n’ai guère d’autre choix que d’avoir recours à ce stratagème, si je désire avoir une chance de m’en sortir. Au dernière nouvelle, je n’ai pas le don d’ubiquité. Etre sur plusieurs fronts à la fois, relève de la folie furieuse et du suicide. Si je décide de m’embarquer sur ce terrain là, alors autant me faire hara-kiri immédiatement. Si le but de la manœuvre est de me saborder, c’est clair que cela me ferait gagner du temps. Toutefois, ce n’est pas dans mes plans. Entre ma vendetta personnelle contre les salauds m’ayant dépossédé de mon humanité, les victimes de « mes contrats » et à présent les forces de l’ordre : on ne peut pas dire que je manque d’antagonistes. Croiser le fer avec tout ce beau monde en même temps ne me mènera nulle part, si ce n’est six pieds sous terre.

Une seule solution : diviser pour mieux régner. Les bases, le b-a ba et les techniques élémentaires de la stratégie militaire. L’objectif du moment est de créer une diversion. Un écran de fumée qui occupera et tiendra à l’écart la police, durant un laps de temps plus ou moins court. Ainsi, je pourrais entièrement me focaliser sur une seule tâche à la fois. Me retrouver en porte-à-faux ou être pris en tenaille, serait incontestablement la pire chose qui puisse m’arriver pour l’heure. J’ai parfois l’impression de lutter contre une Hydre. A chaque fois que je tranche une tête, deux nouvelles poussent. Pour continuer de filer la métaphore mythologique, ma « nouvelle » vie s’apparente au supplice de Sisyphe. Ou au tonneau des Danaïdes. Une spirale sans fin. Un perpétuel recommencement. Je ne suis pas spécialement fier d’indirectement impliquer une innocente, qui n’a strictement rien à voir dans toute cette sombre histoire. Hélas une fois encore, je n’ai pas le choix. Il me faut bien un épouvantail, si je souhaite éloigner les corbeaux. Le fait qu’il s’agisse d’une blanche colombe peut m’être profitable, et redorer l’image que ce flic se fait de moi. Je ne dis pas que ça me disculpera et lavera de tout soupçon, mais il est possible que cela rebatte les cartes et change la donne. Ou bien … ou bien il n’en démord pas quant au fait que je suis « un bad boy », et au quel cas, c’est son image à elle qui est ternie. L’effet inverse de celui escompté. C’est à double tranchant. C’est quitte ou double. Un pari risqué, osé et au combien périlleux.

Soit je m’en sors et tout va à peu près pour le mieux dans le meilleur des monde. Soit je plonge, en éclaboussant et entachant la réputation d’une honnête femme. Ca y est. Les dés sont jetés et le sort en est celé. Le flic a écouté de toutes ses oreilles et semble ne pas à avoir manqué une miette. Je m’avance, peut-être mais, … sans aller jusqu’à dire qu’il adhère complètement à ma justification, il a l’air de la trouver pour le moins plausible. Bien, mais visiblement insuffisant pour le convaincre de mon innocence. Nous y sommes. La première estocade. Song ? Tout ce pataquès, c’est à cause de lui ? Hum … ça va. Je ne nie évidemment pas que j’aurais préféré mieux, mais il est certain que l’on aurait pu me reprocher bien pire encore. Escarmouche auquel je vais répondre par une parade riposte. Mes lèvres s’avancent de manière presque imperceptible, avant que je ne rétorque avec un self contrôle et un aplomb désarmant : « Intimider n’est pas le terme que j’aurais env… employé. Monsieur Song et moi-même avons eu une petite exept… explication, au cours de laquelle il est possible que le ton soit monté. Mademoiselle Zhou n’avait stran… strictement rien à voir avec tout cela. Je tenais simplement à m’assurer que les intérêts et les affaires de Monsieur Jang, mon employeur, ne soient pas défa… dévalorisés et dépréciés. ». Après tout, quelqu’un va bien devoir répondre des accusations de Song, alors autant répartir les fautes et les torts.

Je ne vois pas pourquoi je devrais être le seul à trinquer, et endosser toute la responsabilité de cette affaire. D’autant plus que je n’en suis ni l’instigateur, ni la tête pensante. Cette honneur revient à la famille Jang, et plus particulièrement au patriarche. S’il s’imagine que je vais me risquer à prendre le max pour sa pomme, il se plante. Tout le monde sait que dans ce genre de dossier, les complices écopent de moitié moins. Donc quitte à devoir prendre, j’aime autant bénéficier du tarif réduit. Je suis quelqu’un de plutôt loyal en temps normal, mais lorsque ma liberté est en jeu, c’est une toute autre histoire. A la rigueur, si le sort d’une personne honnête et intègre était en balance, peut-être que j’accepterais de me sacrifier. Toutefois, en ce qui concerne des ordures de la pire espèce telles que les Jang, je n’aurais absolument aucun scrupule à les entraîner dans ma chute si je tombe. Chacun sa merde et du papier pour tous, comme on dit. Le nec plus ultra serait que leurs têtes tombent et que je sauve la mienne. De cette façon, je ferais d’une pierre deux coups. D’abord je me dédouane, puis dans le même temps j’évince et tiens à l’écart des personnes pouvant constituer une éventuelle menace. Le policier au teint diaphane décide alors de changer de tactique. Hum … . Plutôt malin, puisque dans le même temps, ça lui permet de vérifier l’authenticité de ma version au sujet de Zhou Shu Qi. Si je me contredis ou énonce des faits étant théoriquement impossibles, il saura immédiatement que j’ai menti.

D’accord. On peut la jouer comme ça, c’est une possibilité. Très vite, je tente de me remémorer tout ce que l’animateur radio a pu dire au sujet de la chanteuse tout à l’heure. Une fois le tri effectué, je joins les mains et pose les avant-bras sur la table. Mon regard planté dans les iris sombres du policier, je me penche vers lui et réponds lentement. Avec sérénité, et maîtrise. « Mademoiselle Zhou a commencé sa carrière de chanteuse très jeune. Il y a une dif… dizaine d’années, la grande mode dans l’univers de la musique, était celle des pré-lolitas. Mademoiselle et les autres mar… membres de son girls band, avaient à peine dix ans à l’époque. Pour ma part, j’en avais un peu plus de vingt. Au départ, leur agence m’avait manf… mandaté pour assurer la protection et la sécurité de tout le groupe. Puis en grandissant, un agent et un garde du corps ont été aff… assignés à chaque chanteuse. J’avais la responsabilité de Mademoiselle Zhou. Jamais je n’ai eu de vues sur elle. Je l’ai toujours conf… considéré comme une petite sœur que je devais protéger, et sur laquelle je devais veiller. Et ce, même si sa carrière venait à s’achever, ou si pour une raison ou une autre, elle serait amp.. amenée à quitter la Chine, comme ce fut le cas. Mademoiselle fait ce qu’elle veut de sa vie, et frat… fréquente qui bon lui semble. Cela relève de sa vie privée, et je n’ai pas à incr… interférer dans ce domaine. Mon unique devoir est de gra… garantir sa sûreté physique. ».

Cela vous convient-il Monsieur le policier ? Ou dois-je me montrer encore plus prolixe et explicite ? Cette fille a sûrement dû avoir tout un cortège de personnes, travaillant pour elle au temps de sa superbe. Des stylistes, des maquilleuses, des coiffeuses, des attachés de presse, des photographes personnels et j’en passe. Avec un peu de chance, il y aura eu dans le lot une bonne demie dizaine de gardes du corps qui se seront succédés. Autant dire que même si mon nom ne lui dit rien et que ma tête ne lui revient pas, elle ne pourra cependant pas totalement infirmer le fait que je n’ai jamais travaillé pour elle. Qui plus est, elle était très jeune à l’époque, et l’on sait tous qu’avec le temps les souvenirs finissent par s’estomper, puis devenir incertains pour finalement disparaître. Insinuer le doute dans la tête d’un tiers, peut probablement être ma meilleure arme. N’oublions pas que le doute profite toujours à l’accusé. En l’occurrence, moi. Un clignement de paupières pour ré-humidifier mes yeux, puis je réplique au policier de cette désormais habituelle voix atone. « Merci, mais je n’ai pas soif. ». La meilleure façon pour recueillir mon ADN. Chose qui leur serait forte utile, s’ils disposent de preuves et qu’ils cherchent à me confondre, ainsi qu’à démontrer ma culpabilité. Bel effort je suis forcé de le reconnaître, mais cela ne prend pas avec moi.                                                                                                                            

Code by Sleepy
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Min Kyo Ji
Âge : 27
Occupation : fonctionnaire de police & bénévole au refuge pour animaux
Quartier : Gangseo
Situation : éternellement célibataire, mais il y a ce petit jeune, mon premier slow...
Don : Médiuminité. Je vois et parle aux morts
Niveau : 5
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1356-min-kyo-ji-i-believe-in-nothing
Lun 16 Avr - 19:32


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Je ne m'attendais pas à ce que Ki O balance aussi facilement l'identité de celui qui l'avait employé pour aller "intimider" le pauvre homme. Enfin pauvre. Tout est relatif. Vu comment était son appartement, il devait gagner beaucoup plus que moi tout en se cassant moins le cul. Le monde était vraiment injuste envers ceux qui se dépensaient énormément dans leur travail. Pour rien avoir en récompense au final. Surtout dans la police. Est ce que j'étais complimenté par mes collègues ? Pas du tout. Reconnu par mon supérieur quand je résolvais une enquête ? Encore moins. J'avais juste eu une petite augmentation suite à l'affaire du député mais depuis, c'était redevenu comme avant. Alors je n'allai pas du tout regretter de libérer Ki O de façon détourné pour m'aider avec mon enquête concernant l'hôpital. Je n'allai pas leur donner ce plaisir là.

- Il n'y a pas que le ton qui est monté, vu l'état de son nez et de son bras

Rétorquais je en me rappelant que Mr Song était arrivé avec un bras dans le plâtre et un beau pansement sur le nez. Des blessures qui n'arrangeait donc en rien les accusations portées contre le suspect. Surtout que là, il n'avait pas du tout nié être allé le voir. Il ne me facilitait vraiment pas la vie.

- Monsieur Jang était il au courant de votre situation ?

Que c'était un immigré. Il y avait beaucoup de personnes dans le grand monde qui employait des sans papiers pour faire le sale boulot, les menaçant de les dénoncer à la police si ils ne faisaient pas ce qu'on leur demandait. C'était un point sur lequel je pouvais appuyer pour "excuser" les actions de Ki O. Je me démenais pour le blanchir, alors j'espérais qu'il finirait par comprendre que j'étais de son côté, plus ou moins.
L'histoire avec la chanteuse était obsolète, d'autant plus que l'interrogé certifiait qu'il n'avait aucune vue sur elle. Bon, c'était tant mieux. Sinon j'aurai dû aller voir cette idole et la convaincre que Ki O avait travaillé pour elle.

- J'espère pour vous qu'elle a une bonne mémoire, car mes collègues se chargeront d'aller l'interroger là dessus

Déclarais je avec un petit sourire. Ou pas. Je ne savais pas vraiment si ils comptaient le faire. Après tout, cette histoire leur paraitrait surement comme du vent alors ils allaient pas s'embêter avec ça. Je lui avais ensuite rappelé qu'il y avait un café juste devant ses yeux. Mais monsieur n'avait pas soif. Si il savait qu'il faisait partie des rares suspects à qui j'en apportais. Même mes collègues n'y avaient pas le droit. En tout les cas, cet homme était vraiment étrange. Il avait simplement frissonner tout à l'heure, comme si il avait eu froid. Mais c'était tout. Même son regard était indescriptible. Hum...était il fou ? Après tout on me cataloguait bien comme tel. Alors pourquoi pas lui ? Sans un mot je me levais de ma chaise avec mes affaires, attrapait le gobelet au passage et quittais la pièce.

- Alors ?
- Je pense qu'il a pas toute sa tête
- Comment ça ?
- Vous verrez

Je lui tendais le café et les laissais sur ce suspens pour aller prendre un classeur. Je voulais vérifier ma théorie. Avant d'envoyer les suspects suspectés d'avoir des problèmes, on faisait un premier test. Je revenais ensuite dans la salle d'interrogatoire, reprenait place face à lui.

- Je vais vous montrer des photos

Expliquais je avant de poser le classeur face à lui et de l'ouvrir. Il y avait tout de sortes d'images là dedans. Des choses mignonnes comme des animaux, des enfants qui jouaient - enfin ça dépendait du point de vue chacun. Et puis des viols, des meurtres pour les trucs plus glauques. Le but était d'analyser les réactions de Ki O.  

Code by Sleepy
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Ong Ki O
Âge : 33
Occupation : Ancien nageur de combat dans les forces spéciales de l'armée. | Il cherche dorénavant à comprendre ce qui lui est arrivé, et accessoirement à se venger.
Quartier : Ailleurs
Situation : Pas intéressé.
Don : Aucun.
Multicompte : Non.
Voir le profil de l'utilisateur http://awib.forumactif.com/t1845-ong-ki-o-patient-n9263
Lun 16 Avr - 22:49


"Trapped"


I DON'T KNOW WHAT YOU'RE TALKING ABOUT


Hmm. Ai-je fait le bon choix ? Sur le coup et dans le feu de l’action, cela me semblait être une évidence. Cependant, maintenant que le silence règne en majesté et que la tension est redescendue d’un cran, j’avoue émettre quelques doutes quant à la stratégie que j’ai choisi d’adopter. Celer ma destinée et la remettre entre les mains d’une tierce personne, à savoir cette fameuse Zhou Shu Qi, n’était sans doute pas l’idée du siècle. Pour autant, était-ce la pire qu’il soit ? Difficile à dire. En tout cas, cela ne ravit pas spécialement le maniaque de la maîtrise et du contrôle que je suis. Ce qui est certain, c’est que les choses commencent à largement se corser à présent. Si par malheur elle dit quelque chose jouant en ma défaveur, ou si sa version ne corrobore pas la mienne : je suis perdu. Il va falloir la jouer fine et bien manœuvrer. Une fois que je serais sorti d’ici, si toutefois j’en sors, il faudra que je rencontre ou entre en contact au plus vite avec cette ancienne idole. Par au plus vite, j’entends bien sûr avant les flics. Lui faire un rapide topo ainsi qu’un petit briffe va être capital. Ne serait-ce que pour qu’elle s’attende à voir débarquer des policiers, et qu’elle n’ait pas l’air de tomber de l’armoire en les voyant. Hmm, réflexion faîte : si, il faudra qu’elle soit surprise. Dans le cas contraire, ils vont trouver ça louche et sauront que je lui ai parler entre temps. Ce qui n’arrangerait pas mes affaires s’ils le découvrent. Eh puis, ça sera également pas mal qu’on accorde nos violons, histoire qu’il n’y ait pas trop d’incohérence ou de contradiction.

Notamment sur les dates. La malheureuse. Elle ne va probablement rien comprendre à ce qui lui arrive, et me prendre pour un fou ou un grand malade. En même temps, pourrais-je lui en tenir rigueur ? J’imagine que ça doit être le genre de péripétie, qui peut surprendre et choquer des gens non-avertis. Pourvu qu’elle ait quelques vagues notions de comédie. Entant qu’ancienne idole, j’imagine que ça a dû être le genre de gamine qui a passer les cinq premières années de sa vie à rêver de devenir actrice ou chanteuse. Pour peu que papa et maman aient été blindés et n’avaient d’yeux que pour leur petite merveille, ils lui auront sans doute payé en plus des cours de chants, deux ou trois leçons de théâtre. Faut espérer en tout cas. Comme on dit, cela ne coûte rien et ça ne fait pas de mal. Enfin, j’ai envie de dire que tout cela, ce n’est rien. Le plus dur sera sans conteste de la persuader et la convaincre de marcher dans la combine. N’oublions pas que strictement rien ne l’y oblige. J’ignore dans les combien ça va chercher un faux témoignage, mais si elle accepte de me prêter main forte et que le pot-aux-roses et découvert, elle court au devant de gros ennuis. Je comprendrais parfaitement qu’elle refuse. Qui peut être assez fou pour prendre de tels risques, pour quelqu’un qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam ? A la rigueur pour un proche, admettons. Et encore ce n’est même pas certain, vu qu’il semblerait que l’être humain soit par définition égoïste.

Si elle refuse, je me vois assez mal la contraindre ou l’intimider pour qu’elle daigne changer d’avis. Des arguments de poids et percutants, seront à n’en pas douter mes meilleures armes, si je tiens à la rallier à ma cause. Enfin, si j’ose dire. Qu’aurais-je dû faire d’autre ? Etre plus évasif et lacunaire ? De mon point de vue, cela reviendrait à faire preuve de négligence. Et comme on le sait tous, c’est par la négligence que l’Homme se trahit. Me murer dans le silence ? Excellente idée, si j’aurais voulu faire en sorte qu’ils m’envoient illico presto derrière les barreaux. Le flic aux allures de minet vient confirmer mon pressentiment : ils vérifieront mes dires auprès de la demoiselle. Aussitôt, et sans réellement savoir pourquoi, mes incisives viennent se planter sur l’extrémité de ma langue. Peut-être que je me punis d’avoir été trop loquace ? Allez savoir. Ma tentative pour minimiser et adoucir mon clash avec Song aura été vaine. Au moins, j’aurais essayé. Un nez explosé et un bras fracturé … j’admets que pour un premier avertissement, j’y suis peut-être allé un peu fort cette fois-ci. Quelques phalanges brisées auraient probablement suffit. Pour ma défense, je tiens tout de même à préciser que le vieux Jang avait bien insisté sur le fait que je devais, je cite : « mettre le paquet ». Même si rien dans l’attitude du policier ne transparaît, quelque chose dans le ton de sa voix me laisse à penser qu’il n’est pas tout à fait mécontent de la dérouillée que j’ai infligé à Song.

Pour toute réponse lorsqu’il m’énonce la liste des blessures de cet enfoiré de première, mes lèvres s’étirent très légèrement en un discret sourire en coin. Un rictus, ressemblant plus à une profonde expiration d’air par les narines, m’échappe également. L’homme aux traits de chérubin décoche une nouvelle question. Au propos de mes employeurs. Les Jang père et fils. Je ne vois pas immédiatement ce qu’il étend par « situation ». Instinctivement, la première chose que m’évoque ce mot : c’est mon état. Mon amnésie et mon apathie qui me font passer pour un sociopathe. Pendant un bref instant, une décharge d’adrénaline parcours mon corps à l’idée d’avoir été percé à jour. Heureusement, je finis par comprendre qu’il fait en réalité allusion à mon statut d’immigré. C’est ma chance de m’en sortir. La voilà l’opportunité que j’attendais. Ce flic vient de m’offrir des clous pour crucifier les Jang, et je ne vais certainement pas m’en priver. C’est donc avec zéro problème de conscience que je charge allégrement mes employeurs, en répondant au policier dans un hochement affirmatif de la tête et d’une voix monotone : « Bien sûr qu’il le savait. J’avais eff… exactement le profil qu’il recherchait pour ce poste. Entant que travailleur étranger, Monsieur Jang n’était pas tenu de dépl… déclarer mon activité au Trésor Public, comme la loi l’y off… oblige pour tout les travailleurs coréens. Le but de la maj… manœuvre étant j’imagine, l’oppr…. l’optimisation fiscale. A ce titre, je vous laisse donc imp… imaginer la manière dont il me rémunère. ».

Tandis que je laisse l’idée faire son chemin dans la tête du policier, j’ôte mes avant-bras de la table et me recule afin de me caler contre le dossier de la chaise. Un regard en biais en direction mon poignet me permet de constater que mon épiderme frissonne de nouveau. Mais qu’est-ce que cela veut dire à la fin ?! A ma connaissance, on a la chair de poule que pour deux raisons. Soit parce que l’on a froid ; soit parce que l’on a peur. La première hypothèse est exclue d’office. Quant à la seconde … comment puis-je le savoir, moi qui suis dépourvu d’empathie ? Si je suis vraiment terrifié à l’heure où je vous parle, alors force est de constater que je donne extraordinairement bien le change. Un ange passe tandis que le policier me propose un duel de regard, que je ne décline en rien. Finalement, le policier au faciès de bambin clos le dossier posé devant lui, rassemble ses affaires, gobelet de café inclus, se lève et quitte la pièce. De nouveau seul, j’en profite pour m’étirer du mieux que je peux et détendre mes muscles. A l’aide de petits mouvements circulaires de la tête, qui font craquer par moment mes vertèbres. En reculant et avançant autant que je peux mes épaules. Les minutes passent. Je finis par lever les yeux en direction de de la caméra, vissée au mur en face de moi. Comme si je voulais signifier aux personnes visionnant les images, que je me sens d’attaque pour un second round.

Le petit flic ayant dirigé l’interrogatoire revient avec un classeur sous le bras. Il pose ce dernier sur la table devant moi. Après un bref instant passé à détailler la fourniture close, mes yeux grimpent jusqu’au policier se tenant debout de l’autre côté de la table. Je profite du court silence qu’il laisse planer, pour tenter de comprendre ce qu’il essaye de faire. C’est quoi au juste ? Mon casier judiciaire ? Mon dossier militaire ? Non. Simplement des photos. Des photos qu’il souhaite me montrer. Vraiment ? Bon, soit. Mes deux amandes d’onyx retrouvent la couverture du classeur. Signe de mon approbation silencieuse. L’Agent au teint de porcelaine ouvre alors le classeur, et fait défiler les feuilles plastique en épiant chacune de mes réactions. Ou plutôt de mes non-réactions. Il y a de tout là-dedans. Des séquences du genre « La mélodie du bonheur », avec des chatons, des plages agrémentées d’un coucher de soleil, des couples d’amoureux, des anniversaires. Et par moment, on se croirait dans la petite boutique des horreurs avec des clichés de cadavres en état de décomposition avancée, des enfants amaigris, des femmes aux visages tuméfiés et constellés d’hématomes, des villes bombardées. Mes yeux fusent de tous côtés et scannent chaque image. Le tout dans un stoïcisme et une immuabilité, que même les photos les plus insoutenables et violentes n’entament pas. Arrivé à la toute fin du classeur, le policier referme celui d’un geste de la main dont la grâce rivalise avec celle d’un danseur. Je relève la tête en direction du jeune flic. A défaut de pouvoir la ressentir, je tente de feindre l’incompréhension en arquant un sourcil et déclarant : « Et … ? ». Là franchement, j’ai peur de ne pas suivre. Quel est le rapport entre ce florilège de photos diverses et variées, et les faits que l’on me reproche et dont m’accuse Song ? Non sincérement là, je suis totalement largué. C’est quoi au juste ? Une technique d’interrogatoire made in Korea, à laquelle je n’aurais pas été rôdé ? Non … il essaye de démontrer tout autre chose. Est-ce que … eh merde ! Il semble avoir compris. Hmm. Mes compliments Monsieur l’Agent. Vous venez d’égaliser au score. Un partout, balle au centre.                                                                                                                                          

Code by Sleepy
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
 
Trapped - (ft. Min Kyo Ji)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Terminé] Shiro #005-Déjà-vu: Trapped in a staircase well [Kaname X Inoue X Kondō].
» trapped in a box.
» [Intrigue] Trapped in Mirkwood
» 07. Trapped in Mirkwood
» Trapped by the Captain's responsabilities [Terminé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Wonder in Busan :: BUSAN :: BUSANJIN :: Poste de police-
Sauter vers: