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 C'est juste toi et moi maintenant. [Ft. Kang Young Il]

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Kim Il Kwon
Âge : 30
Occupation : Psychologue
Quartier : Haeundae
Situation : Parlez lui d'amour, il vous vomira dessus.
Don : Contrainte verbale
Niveau : 4
Multicompte : Kim Ho Joo - Lee Jae Sun - Seo Myung Dae
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Mer 21 Mar - 21:09
C'est juste toi et moi maintenant.




Ce matin n'était pas comme tous les autres. Nous étions mardi aujourd'hui et en consultant son agenda Il Kwon avait souri. Rien de bien intéressant le matin mais à quatorze heures il y avait ce nom, "Kang Young Il". Il avait réservé une place de deux heures rien que pour lui sans vraiment lui demander son avis. Il était certain que de toute façon, le père du jeune finirait par le convaincre un peu par la force qu'il fallait qu'il fasse toute la séance du début à la fin et sans râler. Il avait dû lui en vouloir, c'était certain. Pas besoin d'être devin pour savoir ce qu'il s'était sans doute passé après qu'Il Kwon ait quitté la boutique. Le jeune devait être furax, c'était clair ! Et il avait dû l'être encore plus en recevant le SMS de confirmation du rendez-vous.

Quelle belle journée qui s'annonce. Une toute nouvelle proie à me mettre sous la dent et cette fois-ce il ne s'agit pas d'un petit ado qui a une vie pathétique et une personnalité sans profondeur ! Pas d'histoire du type "blabla il m'a volé ma petite amie, blabla je suis si mal dans ma peau, blabla je suis tellement gros". Non, rien de tout ça avec lui tout simplement parce que ce gosse ne semble pas avoir la moindre vie sociale. Le problème venait donc d'ailleurs et c'est ça qui est vraiment intéressant !

Lorsqu'il était encore à la boutique, Il Kwon avait noté dans un coin de son esprit que le père de son nouveau patient avait évoqué un "accident" qui était arrivé plus tôt. Il comptait bien en parler pendant la séance. En fait, il était même curieux de savoir ce qui avait bien pu se passer pour se régaler du mal-être de son interlocuteur. Pour que son paternel prenne la décision de l'envoyer chez le psychologue sans même lui demander son avis, ça devait sans doute être quelque chose et ce quelque chose faisait frétiller tout le corps d'Il Kwon. Tu ne m'échapperas pas.

En arrivant à l'hôpital ce matin-là il avait pris un café avec ses collègues, écouté quelques potins et ragots plus insipides les uns que les autres, offert de faux sourire plein d'hypocrisie et enfin retrouvé son cabinet. La première chose qu'il fit fut d'ouvrir les stores puis d'enlever sa veste avant de prendre place à son bureau pour revoir les quelques dossiers de ses patients du matin et, enfin, il en sortit un tout nouveau encore vierge sur lequel il collait une petite étiquette "Kang Young Il", un sourire plutôt pervers au coin des lèvres. Ce dossier ne demandait qu'à être rempli de choses, il l'espérait, intéressantes.

Pendant chaque séance son regard s'échouait sur l'heure plus qu'il n'en avait l'habitude. Il savait qu'une fois la pause du midi passée ce serait le grand moment. D'ailleurs, une fois son rendez-vous de onze heures parti, il se faisait livrer du poulet frit avec du riz directement à son cabinet pour ne pas avoir à manger avec les autres. Beaucoup de médecins qui n'avaient pas le temps de se déplacer pour manger faisaient ça, lui n'avait pas envie de montrer sa joie à ses collègues. Il n'avait pas envie qu'on lui pose trop de question. Il n'était pas en état d'inventer une histoire.

Son repas était terminé. Il n'était pas loin de quatorze heures. Il ouvrait la porte pour avoir une vue sur la salle d'attente et surtout pour débarrasser la pièce de l'odeur de son repas et il attendait sagement, le dossier bien posé devant lui. Quand le bruit d'une arrivée se fit enfin entendre, il bondissait presque de sa chaise de bureau pour aller accueillir le jeune homme. Young Il ! Entrez je vous en prie. Il tendait une main vers l'intérieur de son bureau et souriait. C'était une invitation à entrer en enfer.
lumos maxima
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Kang Young Il
Âge : 23
Occupation : assistant antiquaire, il travaille dans la boutique de son père, kang ji hoon
Quartier : Buk
Situation : célibataire
Don : clairsentance, il perçoit les souvenirs rattachés aux objets et aux gens
Niveau : 3
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Mer 21 Mar - 22:33
C'est juste toi et moi maintenant.




Depuis qu’il avait reçu le message de confirmation de la consultation qu’avait demandé son père, Young Il n’avait plus l’esprit tranquille. Qu’était-il censé raconter à cet homme ? Que devait-il faire ? Devait-il parler ? Écouter ? Il n’était jamais allé chez un psychologue auparavant, et même si son père lui avait répété à de nombreuses reprises qu’il n’avait aucune raison d’avoir peur, l’apprenti antiquaire n’avait pas réussi à se calmer. Assis dans la voiture, il regardait les trottoirs avec inquiétude, triturant nerveusement le pendentif qu’il avait entre les doigts. Son don ne semblait pas vouloir l’aider, cette fois : il avait beau glisser les doigts sur les détails finement ciselés de ce bijou si particulier, il n’en était pas davantage apaisé.

Quand la voiture ralentit devant l’hôpital, Young Il posa un regard désespéré sur son père. Il l’implorait de ne pas le laisser seul. Mais cela ne changea rien à l’attitude de l’antiquaire qui, les mains solidement fermées sur le volant, lui fit signe de quitter la voiture après s’être assuré qu’il avait tout l’argent dont il aurait besoin. Son cœur se mit à battre plus vite.  Il n’avait pas envie de traverser le hall. Il n’avait même pas envie de traverser le parking qui le séparait encore de l’entrée du bâtiment à proprement parler. Il voulait rentrer chez lui, à la boutique d’antiquités, et s’enfermer dans sa chambre pour y passer le reste de la journée et échapper au rendez-vous qu’avait pris son père.

Dans le hall, Young Il évita de justesse des patients qui discutaient (ou étaient-ils médecins ? Cela importait peu), une femme avec une poussette et des infirmières. Il ne vit leurs chaussures avant toute chose. Quand il se présenta enfin à l’accueil du service de psychologie, ses yeux se posèrent sur les différents objets qui se trouvaient sur le comptoir. « Je… J’ai rendez-vous avec… » Il hésita, jugeant qu’il valait mieux changer de stratégie. « Kang Young Il. » Son regard croisa celui de l’employée qui, dubitative, lui demanda s’il s’agissait de son nom ou de celui du médecin. Young Il sentit une vive chaleur s’installer à hauteur de ses joues et de ses oreilles, après quoi il s’excusa pour rejoindre un siège dans la salle d’attente, pour patienter jusqu’à ce que son tour vienne, les yeux posés sur son téléphone, qu’il apprenait encore à utiliser.

Les lieux publics étaient sa hantise. Quand une autre personne s’approcha de l’endroit où il se trouvait, il détourna les yeux, songeant qu’on venait pour l’interpeler. Il avait hélas oublié qu’une chaise libre, dans un endroit comme un hôpital, avait plus d’attrait que la conversation, et que son existence valait certainement moins que la prescription d’un médecin qui avait fait plusieurs années d’études. Il n’avait qu’à prendre son mal en patience, oublier ses paumes moites, ses muscles tendus, et cette impression désagréable de trembler de tout son corps.

Quand on lui indiqua qu’il pouvait entrer dans le cabinet, Young Il se redressa, abandonnant le siège où il était resté trop longtemps à son goût. Il s’approcha de la porte, hésitant à s’enfuir. Je n’ai pas besoin de ce rendez-vous, songea-t-il. Mais entre ce qu’il pensait et la vérité, il y avait plus qu’un gouffre. Voyant qu’elle était déjà ouverte, il se permit d’entrer, surpris par la réactivité du médecin qui, en s’adressant à lui aussi directement, s’attira le regard de l’apprenti antiquaire, qui cherchait à cet instant à deviner ses intentions.

« Bonjour. » Un salut amplement suffisant aux yeux du clairsentant. Il s’inclina poliment avant de se mettre à scruter les alentours, incertain quant à ce qu’il aurait dû attendre du cabinet d’un psychologue. Des machines de torture ? Des caméras ? Des schémas explicatifs, comme chez le dentiste ? Il exclut naturellement la première hypothèse, douta fortement de la seconde.  « Je… » Il se ravisa, mordillant l’intérieure de sa lèvre. « Mon père se trompe. Je vais bien. »  Peut-être le laisserait-il partir, comme cela ? Young Il avait bon espoir.
lumos maxima
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Kim Il Kwon
Âge : 30
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Ven 23 Mar - 13:15
C'est juste toi et moi maintenant.




Pauvre garçon. Il semble paniqué et ça me donne envie de rire. Bon d'accord, mon cabinet pouvait sembler intimidant avec ce gros meuble en chêne au milieu qui me servait de bureau, ma chaise en cuir derrière et le fameux divan devant. Au fond de la pièce il y avait de grandes étagères sur lesquels étaient disposés des livres et diverses décorations, une plante verte dans un coin et des casiers en métal sous la fenêtre qui se trouvait à droite de la pièce donnant une vue sur le parking. Moi je le trouve accueillant mais ça ne semble pas être à son goût. Après ce n'est pas mon problème. Il n'a pas à se montrer difficile !

Le psychologue prenait place à son siège et indiquait au jeune homme de se mettre sur le divan. Peu importe qu'il se couche ou s'assoit, c'était à son bon vouloir tant qu'il était à son aise. Il fut légèrement surpris lorsqu'il prononçait ces premiers mots qui concernaient son père. En même temps, c'était lui qui avait pris le rendez-vous ne lui laissant pas vraiment le choix de s'il voulait ou non consulter le médecin. Encore une fois, ce n'était pas le problème d'Il Kwon. Vous savez, beaucoup de parents inquiets pour leurs enfants les envoie chez moi. Vous n'êtes absolument pas le seul à être réticent à cette idée et à penser que tout va bien. Mais maintenant que vous êtes là, autant en profiter non ? Il lui offrait un sourire avant de se saisir de son calepin et de son fidèle stylo qu'il faisait cliquer sur la page encore vierge du carnet indiquant officiellement le début de la séance.

Comment commencer ? Il y avait tellement de potentiels sujets à aborder avec lui à commencer par son père. Mais c'est peut-être un peu trop brute de commencer par là non ? Oh je sais ! Le magasin d'antiquité !

Son sourire s'étendait un peu plus. Alors dîtes moi Young Il, depuis quand travaillez-vous au magasin ? Ça fait longtemps ? Le regard du trentenaire ne quittait pas son patient, analysant chacune de ses réaction qu'elle soit spontanée et inconsciente ou bien réfléchie et, temps qu'il y pensait, il marquait dans un coin de sa feuille "évoquer l'accident". Il voulait absolument savoir ce qu'il s'était passé mais hors de question de commencer par là. Il savait très bien que ça fermerait totalement le jeune à tout dialogue et tout serait perdu. Enfin, pas vraiment car il avait toujours sa petite arme secrète pour le contraindre à parler même s'il préférait pousser ses patients à se livrer par eux-mêmes. C'était nettement plus satisfaisant d'autant plus quand le défi était du niveau de Young Il qui semblait souffrir d'une phobie sociale plutôt avancée. Clairement, Il Kwon était à ce moment le plus heureux des hommes face à la montagne de travail qui l'attendait.

Il buvait une gorgée de café pour hydrater un peu sa gorge. Il avait déjà pas mal parlé le matin et il n'avait pas pour habitude d'utiliser autant ses cordes vocales. Rares étaient les fois où il était si motivé alors ça s'était déjà ressenti dans ses consultations précédentes. N'hésitez pas si vous voulez de l'eau ou autre chose. En général il proposait assez souvent à ses patients à boire. C'était une façon de montrer qu'il était attentif à leurs besoins. En tout cas jusqu'à aujourd'hui ça avait toujours plutôt bien fonctionné. L'inconscient et ses interprétations était vraiment un mécanisme de magnifique.
lumos maxima
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Kang Young Il
Âge : 23
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Sam 24 Mar - 0:05
C'est juste toi et moi maintenant.




Les secondes qui passaient ne permettaient pas à Young Il d’oublier le profond sentiment de malaise qui s’était emparé de lui à son entrée dans cette pièce étrangère et quelque peu hostile. Son regard passa sur les différentes étagères chargées de livres, qui lui rappelèrent étrangement celles qui se trouvaient dans la boutique d’antiquité, à la différence qu’elles n’étaient pas aussi usées et anciennes. Ensuite, il y avait la décoration, cette plante. Il essaya de se focaliser sur cette dernière, apportant une attention toute particulière à ses feuilles, alors qu’il se demandait si posséder une plante aidait le psychologue à se sentir un peu moins seul pendant ses journées de travail. Après tout, une plante, cela vivait. Young Il se rappelait les cours de biologie qu’il avait suivis au lycée, même si cela commençait à remonter. Son esprit s’égara rapidement dans ses souvenirs et il joignit les mains entre elles, craignant de frôler un objet et d’activer son don contre toute attente ; s’il avait pu l’éviter, tout aurait été pour le mieux.

Ce fut la voix du psychologue qui troubla la concentration de l’antiquaire. « Profiter ? » Il n’y avait rien de profitable à rester dans une pièce inconnue avec un parfait inconnu qui allait lui poser des questions pendant un temps indéterminé. Comment aurait-il pu positiver, dans une telle situation ? Il suivit du regard les gestes du psychologue, la façon dont il souriait, sortait son calepin et son stylo. Ensuite, il mordilla la pulpe de sa lèvre inférieure, pinçant ses lèvres en une ligne pour combattre cette habitude nerveuse et ne rien laisser paraître. Ses mains, serrées l’une autour de l’autre, le trahissaient hélas.

« Depuis que j’ai terminé le lycée. » Ces questions, il pouvait y répondre sans se sentir oppressé (plus qu’il ne l’était déjà, en tout cas), mais il évita soigneusement le regard de son interlocuteur, dont les pupilles semblaient plus lourdes que le monde entier. C’était un sentiment qu’il ne connaissait que trop bien, à force de l’avoir éprouvé. Les confrontations le dérangeaient, qu’importe leur nature, et celle d’aujourd’hui n’était pas différente des autres. « Non merci. » Il n’avait pas soif, il n’avait pas faim ; il voulait simplement quitter cet endroit et rejoindre la boutique d’antiquité pour se rouler sous la couette et dormir en paix. « Tout va bien. »

À ses yeux, cet homme était un danger. Il était psychologue, chargé de découvrir ce qui se passait à l’intérieur de l’esprit des autres. Qu’allait-il faire, s’il apprenait ce qu’il s’était passé avec son ami ? Il n’en avait même pas parlé à Ho Joo. Il avait bien trop honte, trop peur. Un nœud se forma au creux du ventre de Young Il, dont les yeux avaient retrouvé la plante verte, qui lui donnait l’impression d’être une alliée dans un milieu hostile. « Je peux m’en aller ? » S’il refusait de parler, peut-être cet homme laisserait-il partir ?
lumos maxima
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Kim Il Kwon
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Mer 28 Mar - 14:30
C'est juste toi et moi maintenant.




Young Il semblait être un jeune garçon vraiment particulier mais au moins il n'était pas fermé à tout dialogue le concernant. Quand Il Kwon lui avait demandé depuis combien de temps il travaillait à la boutique d'antiquité il lui avait simplement répondu que c'était depuis qu'il avait arrêté le lycée. Ce n'était certes pas une réponse très développée mais c'était une réponse. Il était déjà arrivé que certains jeunes restent obstinément la bouche fermée pendant toute une séance voire deux avant qu'Il Kwon finisse par utiliser son don pour les contraindre à parler. Il trouvait ce genre de comportement puéril mais bon, lui aussi avait été jeune après tout même si c'était il y a un peu trop longtemps à son goût.

Depuis qu'il avait arrêté le lycée donc. Ça ne devait pas faire si longtemps. Il Kwon se demandait s'il était déjà comme ça pendant sa scolarité ou si c'était son travail qui l'avait autant fermé à la sociabilité. Il notait d'ailleurs cette question sur son calepin juste en dessous des mots qu'il avait notés pour se souvenir d'évoquer "l'accident" auquel le père du jeune avait fait allusion quand il s'était rendu à la boutique.

Pour le mettre un peu plus à l'aise avant de continuer avec des questions simples Il Kwon proposait à boire à son patient qui refusa tout aussi simplement que poliment son offre. Tu vas vite regretter ton choix mon petit, il fait une chaleur à crever ici et je compte bien te faire user ta salive un peu plus que ça ! Un sourire naquit sur son visage. N'hésitez pas si vous changez d'avis. Plus vous serez à l'aise et plus la séance sera agréable aussi bien pour vous que pour moi. Il Kwon se mit à mordiller le bout de son stylo en regardant sa feuille et en croisant ses longues jambes sous son bureau. Cette parenthèse fermée, il pouvait reprendre son travail. Il comptait bien continuer avec des questions simples qui ne mettraient pas dans l'embarras le jeune homme. Pas pour le moment en tout cas.

Cependant, alors qu'il réfléchissait à quel sujet aborder à présent, une intervention inattendue du jeune coréen le fit sourciller légèrement avant qu'il ne relève un regard froid vers lui. Comment ça t'en aller jeune impoli ?! Je t'ai acheté des livres moi, je t'ai permis d'exercer ton travail alors ne m'empêche pas d'exercer le mien ! Aish non mais pour qui il se prend celui-là ? J'ai envie de tirer sur ses oreilles pour lui remettre les idées en place. Il fallait qu'il se calme et il le savait. Il passait son pouce sur ses lèvres, tic qu'il avait attrapé depuis quelques années maintenant, avant de lever sa main vers la porte. Il me semble que je ne vous ai pas ligoté au divan. Vous êtes libre de partir quand vous le voulez Young Il mais je ne suis pas certain que votre père soit content pas vrai ?

Comme il était cruel de sa part de jouer sur la culpabilité du vendeur. Il savait que cette relation père/fils était une corde sur laquelle il pouvait tirer sans le moindre problème pour réveiller des sentiments contraires chez le cadet. Il prenait une feuille vierge et la tendait vers le jeune homme avec un stylo et un crayon de papier. Prenez cinq minutes et écrivez sur cette feuille trois lieux. Les premiers qui vous passent par la tête. Peu importe les raisons, je ne veux pas savoir. Inscrivez les juste.
lumos maxima
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Kang Young Il
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Jeu 29 Mar - 0:28
C'est juste toi et moi maintenant.




Il n’avait pas envie de discuter, pas même si c’était nécessaire. Young Il savait que son père souhaitait son bien, qu’il voulait l’aider à affronter toutes les angoisses qui lui pesaient sur les épaules, mais il était convaincu que quelques rendez-vous chez un psychologue, aussi qualifié fût-il, ne suffiraient jamais. Il avait appris à connaître ces peurs irrationnelles, les raisons pour lesquelles il réagissait mal dans de nombreuses situations. Plus exactement, il pensait les connaître et les comprendre. La vérité, c’est qu’il était incapable de passer au-dessus de ces peurs et d’avancer, parce qu’il n’avait jamais été accepté totalement, durant sa jeunesse, et qu’il avait passé le début de sa vie adulte à l’abri derrière le comptoir d’une boutique d’antiquités. Ce n’était rien de terrible, à ses yeux. Ces objets ne pouvaient pas lui faire de mal, il ne lui arriverait rien là-bas, et jamais les livres et les bibelots qui encombraient les armoires ne lui donneraient l’impression de ne pas être à sa place, contrairement aux enfants qu’il avait rencontrés lorsqu’il en était un lui-même. Parce qu’il n’avait qu’un père, qu’il était incapable d’expliquer qui était sa mère. Tout cela, il ne devait pas en parler. Il ne le voulait pas. Il n’en dirait pas un mot.

Pour l’heure, Young Il éprouvait même une envie de partir, plus forte et présente que jamais. Il souhaitait retrouver le calme de la boutique, la sévérité de son père, l’odeur et le contact des objets posés sur les étagères. Il espérait abréger dès que cela serait possible, car chaque question risquait de le mettre plus mal à l’aise encore, et cette idée n’avait absolument rien de désirable. La séance n’aura jamais rien d’agréable, songea-t-il aux propos du psychologue, avant de reposer les yeux sur cette plante verte qui aurait presque pu l’obséder, si elle n’avait pas été aussi peu intéressante en vérité. Young Il planta les dents dans sa lèvre inférieure, droit dans la pulpe. Il ne voulait pas regarder cet homme. Sous aucun prétexte. Il le mettait profondément mal à l’aise par sa seule présence, sans même qu’il puisse expliquer pourquoi. C’était sûrement les questions. Ça ne pouvait être que ça.

« C’est vrai, mais je… » Il s’interrompit, l’idée ayant fait son chemin. Son père serait furieux, s’il rentrait sans résultat, sans pouvoir expliquer comment s’était passé le rendez-vous. Un simple « bien » n’aurait pas suffi. Il mordit à nouveau la pulpe de sa lèvre inférieure, fermant les yeux pour réfléchir. « Je vais rester. » C’était la meilleure chose à faire, s’il ne voulait pas s’attirer les foudres de son père et finir à se morfondre une fois de plus dans sa chambre parce qu’il avait été incapable de s’en tirer par lui-même. Young Il attendit un instant, silencieux, dans l’espoir qu’on ne lui en demande pas plus d’efforts qu’il ne pouvait en fournir.

Son regard se posa sur le papier qu’on venait de lui tendre alors qu’il réfléchissait. Trois lieux ? Ses yeux fixés sur un point, il essaya de songer à ces trois lieux, saisissant le crayon pour répondre à la requête qui lui avait été faite. Après quelques minutes, il rendit au psychologue la feuille sur laquelle étaient inscrits trois mots, d’une écriture extrêmement propre et lisible (rien d’étonnant, de la part d’une personne qui n’avait jusqu’alors pas utilisé d’autre façon d’écrire) : la maison, la boutique, ma chambre. Peut-être n’était-ce qu’un lieu ? Il avait bien songé à Allium, mais l’angoisse d’être considéré comme un pestiféré l’avait empêché de l’écrire. Il avait également songé à la maison de son ancien ami, mais il n’avait pas envie de se rappeler ce qu’il s’était passé là-bas. « Je ne sais pas si ça ira comme ça… » Son regard restait braqué sur les quelques signes qu’il avait tracés sur la feuille. Son écriture, pourtant lisible, lui semblait soudainement brouillonne et incorrecte. Comment pouvait-il faire une chose pareille ? « Ce sera long ? » Plus vite ils auraient terminé, plus vite il serait parti.
lumos maxima
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Kim Il Kwon
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Sam 14 Avr - 16:44
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Il y avait un quelque chose chez ce Young Il qui avait attiré Il Kwon sans qu'il ne comprenne pourquoi encore maintenant. Il y avait tant de phase à explorer chez ce gamin à commencer par sa timidité qui semblait maladive, sa relation avec son père, son attrait pour la solitude et les vieilles choses, sa peur du monde et l'absence d'un deuxième parent ? Il était vrai que jusqu'à maintenant Il Kwon n'y avait pas prêté attention mais il n'avait vu que le vieux dans la boutique. Aucune présence féminine. Peut-être que la mère travaillait ailleurs même si ça semblait bizarre vu que le fils et le père étaient réunis là. C'était compliqué d'interpréter tout ça. Beaucoup de question restaient en suspend pour l'instant dans la tête du psychologue mais il comptait bien apporter une réponse à chacune d'entre elles.

Enfin, ça c'était si ce petit con voulait bien se décider à coopérer. Voilà qu'il voulait prendre la fuite maintenant ! Hors de question. Aucun de mes patients ne s'était jamais échappé d'une de mes séances et ce n'était absolument pas aujourd'hui que ça allait commencer. Alors là pas moyen. Alors je me mets à jouer un peu sur la corde sensible : son père. Je lui affirme qu'il est libre de partir, ce qui n'est pas vrai avant de jouer sur sa culpabilité et ça semble plutôt bien fonctionner puisque finalement ce sale jeune revient sur sa décision. Voilà ! Toc ! Un point pour le psy.

Pour Il Kwon tout ceci n'était qu'un jeu pour l'instant. Un jeu qu'il ne voulait pas perdre. S'il arrivait à se faire confier le jeune, s'il arrivait à le confronter à ses démons alors il aurait gagné. Il ne visait pas plus haut, ce n'était pas son but. Ça lui était bien égal que ce jeune reste enfermé dans sa boutique jusqu'au bout de sa vie après tout. Lui, ce qu'il voulait, c'était comprendre pourquoi les choses devaient être ainsi pour lui. Enfin bon, il n'était quand même pas si cruel puisqu'il décidait d'accorder un peu de répit au jeune garçon. Plus de question pour l'instant, même plus de parole. Il voulait que Young Il écrive sur une feuille trois lieux qui lui venaient en tête presque instantanément. Il voulait le connaître un peu mieux et voulait aussi que la pression retombe un peu. C'était usant tellement de stress venant du cadet. Pendant que ce dernier écrivait, Il Kwon buvait une petite gorgée de café et relisait un peu ses notes. Il était bien conscient que fixer le jeune vendeur en pleine réflexion ne ferait que le gêner davantage et il ne voulait pas ça.

Quand Young Il eut terminé, Il Kwon saisissait la feuille avec un petit sourire. Ses yeux la survolèrent rapidement sans vraiment lire ce qui était écrit. Vous avez une écriture remarquablement soignée. C'est impressionnant. Il était sincère. C'était plutôt rare surtout chez quelqu'un d'aussi jeune. Il Kwon avait beau avoir la trentaine, ses caractères étaient toujours grossiers, presque illisible et il barrait plus qu'il n'écrivait finalement faisant un nombre incalculable de rature. Même lui avait du mal à se relire parfois mais hors de question de taper ses notes sur une machine des enfers appelée ordinateur. Le bruit des touches était bien trop insupportable.

Alors voyons voir. La maison, la chambre et sans étonnement la boutique. Ce jeune semblait définitivement accroché à son petit confort, sa petite solitude. Que des lieux clos, personnels et intimes. La boutique était publique à la limite mais ce n'était pas comme si une tonne de personne se bousculait pour entrer dans le magasin en même temps. Finalement il n'y a rien de bien étonnant là-dedans.

Il Kwon souriait après avoir entendu la remarque du jeune homme avant de remonter le regard vers lui. Plus vous progresserez vite, et moins longue sera la séance. Ne vous en faites pas, la première semble toujours interminable. Il faut bien poser les bases non ? Il posait la feuille et se posait dans le fond de son siège en croisant ses longs doigts et ses fines jambes. La chambre et la maison, je pourrais considérer que ça ne compte que pour un seul et unique endroit mais je vais être sympa et les compter individuellement. Dîtes moi Young Il, à quoi ressemble votre chambre ? Si vous préférez je peux vous donner une feuille pour que vous en fassiez un rapide schéma. Ça me va aussi.

Alors Young Il, que vas-tu choisir ? Vas-tu être courageux et enfin aligner plus de deux mots ou vas-tu encore choisir la facilité ?
lumos maxima
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Kang Young Il
Âge : 23
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Sam 14 Avr - 21:56
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Young Il n’avait jamais compris comment certaines personnes parvenaient à se confier sans aucune difficulté à un parfait inconnu. Il connaissait cette rumeur étrange selon laquelle consulter un psychologue était une mauvaise chose, une honte, et il n’avait pas envie d’être stigmatise une fois de plus, à cause d’un soi-disant problème qu’il ne voyait pas. Qu’aurait-il pu dire à cet homme, de toute façon ? Ses questions semblaient vagues, imprécises, étranges. Pire encore : elles étaient indiscrètes. Pourquoi devait-il nommer des endroits ? Était-ce une sorte de rituel particulier auquel s’adonnaient les psychologues ? Cela devait-il révéler quelque chose à son sujet ? Les pupilles de l’antiquaire s’affolèrent à cette pensée, après qu’il avait rendu au psychologue la feuille sur laquelle figuraient les trois lieux qu’il fréquentait le plus.

Le commentaire que le médecin au sujet de son écriture suffit à le distraire pour un temps. « Merci. » Il avait l’habitude d’écrire à la main, et ce depuis son plus jeune âge. Les claviers et les écrans n’avaient que très récemment fait leur entrée dans sa vie. Mais tout cela, le psychologue n’avait pas besoin de le savoir. Il n’avait besoin de rien savoir. L’ignorance lui allait mieux.

« Je ne vois pas en quoi il faut progresser. Je ne suis pas malade. » Il allait même très bien, de son point de vue. C’était dans ce genre de moments désagréables qu’il se sentait mal, oppressé, sur le point de mourir de stress. Le reste du temps, il s’en tirait en évitant les situations anxiogènes, n’était-ce pas ce qu’il fallait faire ? Young Il posa les yeux sur la feuille que le psychologue avait reposé devant lui, anxieux à l’idée de devoir parler encore une fois. Il écouta avec attention les propos du spécialiste, redoutant jusqu’à chaque syllabe.

« Elle ressemble… à une chambre… » dit-il finalement. Une chambre. N’était-ce pas fabuleux ? Il pinça les lèvres, songeant que son interlocuteur n’accepterait certainement pas cette explication : autant lui donner ce qu’il voulait, si cela permettait de finir plus rapidement. « Elle est en désordre. » Il réfléchit un instant avant de froncer les sourcils. « En entrant, le lit est à droite, contre le mur… Et mon bureau se trouve en face de la porte, contre le mur. » Il grimaça, dérangé à l’idée de devoir donner des détails. « De l’autre côté il y a ma garde-robe. » Pas de télévision, pas d’ordinateur, pas de consoles comme les adolescents les plus communs. Son univers était d’un autre temps, comme celui de son père. « Ah, il y a aussi une étagère, au-dessus du lit. » Il laissa passer quelques secondes avant de conclure, les yeux retombant sur le bureau. « C’est tout. » Il avait la nausée. Ou était-ce son anxiété qui revenait à la charge ? « Pourquoi ? » Il ne comprenait pas. Qu’est-ce qu’un lieu pareil pouvait dire de lui ?
lumos maxima
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