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 Where there is love, there is pain • | Ft. Gabriel ♥

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Tachibana Kôta
Âge : 30
Occupation : Chirurgien urgentiste
Situation : Il ne sait pas encore où en est exactement leur relation mais ce dont il est sur est qu'il est amoureux de Gabriel ~
Don : Télépathie
Niveau : 1
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Dim 26 Nov - 10:17

   
Where there is love, there is pain
Gabriel & Kôta

Tenue | Rien n’avait changé. Si mettre des distances étaient censés l’aider à se reprendre, ça n’avait jamais eu l’effet désiré. C’était de sa faute, il était celui qui avait pris la fuite mais la vérité était que ça n’avait jamais été ce qu’il voulait... Kôta était juste trop faible et maladroit. Ce n’était pas nouveau... Plutôt que s’expliquer, plutôt que faire part de chacun de ses doutes à haute voix, de toutes ses craintes qui lui martelaient le coeur, il se braquait, il s’emportait et se montrait plus froid que d’habitude. Il pensait sincèrement que Gabriel avait fini par comprendre ce gros défaut de sa personnalité cependant ça n’avait pas été le cas et tel l’idiot qu’il était, il l’avait vraiment perdu. A présent qu’il lui avait parlé de cette manière, bien qu’il ait essayé plusieurs fois de s’encourager, le jeune homme n’avait pas été en mesure de faire marche arrière puis d’aller le voir. Qu’aurait-il pu lui dire ? Il l’avait blessé comme jamais. Il lui avait balancé des mots horribles en pleine figure et s’il était le musicien, il ne lui aurait jamais pardonné une telle attitude. Gabriel avait su le supporter jusque là, il avait supporté chaque mauvais côté de son caractère mais au bout du compte, lui aussi semblait avoir atteint sa limite. Il ne lui avait pas fait confiance... Et ce n’était pas une chose que le médecin pouvait lui reprocher puisqu’il était le fautif dans l’histoire. Il était celui qui n’agissait pas correctement et qui n’arrivait pas à changer sa personnalité. Il n’était pas idiot au point de ne pas penser que ce n’était pas normal d’avoir des doutes alors que l’homme qu’on aime reste silencieux, reste froid dans ses messages et se permet de crasher des réflexions ignobles. Ce n’était pas ce qu’on était censé dire à une personne à qui on tient énormément... Il en avait toujours eu conscience cependant il parlait toujours plus vite que ce qu’il ne pensait. Il ne contrôlait pas ses émotions et la peur lui faisait souvent adopter un comportement irrationnel. Il ne comptait plus le nombre de personnes qui lui avaient tourné le dos parce qu’elles n’arrivaient plus à supporter le garçon froid et inexpressif qu’il était. Jusqu’ici, Kôta avait toujours su faire avec et avancer, se disant que si on ne l’aimait pas pour celui qu’il était, il n’avait rien à faire avec de tels individus, il serait mieux sans eux... Hors, avec Gabriel, c’était différent. Il ne réussissait pas à songer de cette manière. Et bien qu’il avait toujours eu conscience d’être la raison pour laquelle on l’abandonnait, il n’avait jamais essayé de modifier ce problème mais pour lui, il aurait voulu être capable de faire plus d’efforts. Ce qu’il avait échoué lamentablement. Quel imbécile.  

Il aurait du l’appeler et s’excuser. Il aurait du lui dire ce qu’il éprouvait réellement, lui partager toutes ses peurs qui le rongeaient et l’obligeaient à se comporter comme un idiot. Il aurait du lui dire qu’il n’était pas facile à cerner mais qu’il avait toujours été sincère jusqu’ici et qu’il n’avait jamais souhaité le faire pleurer. Cependant, il n’en avait rien fait, persistant à se dévaloriser un peu plus et s’en vouloir d’être un tel homme. Gabriel méritait tellement mieux et pourtant, était-ce égoïste de dire qu’il lui manquait de plus en plus chaque jour ?

Pour la première fois depuis longtemps, Kôta n’avait pas été capable de passer au-dessus du chagrin qu’il éprouvait. Le pire était certainement qu’il ne s’en rendait pas compte ou qu’il prenait cette souffrance comme une punition contre lui-même. S’il avait essayé de changer, s’il avait été plus fort, rien de tout cela ne serait arrivé. Son temps, il le consacrait à son travail, plus qu’il ne le faisait habituellement... Son visage était encore plus fermé qu’il ne l’était auparavant néanmoins la différence était certainement ces cernes qui avaient commencé à venir dessiner ses yeux à cause de la fatigue accumulée. En plus de ne pas manger énormément, il ne dormait pas non plus. Il essayait hors il n’y parvenait pas. Ses nuits étaient composés uniquement d’une à deux heures de sommeil, tout au plus. Ce qui n’arrangeait pas son état de santé qui, bien qu’il n’en ait parlé à aucun de ses collègues, semblait encore se dégrader : Toujours ces vertiges et ces nausées mais il y avait aussi les maux de têtes violents qui se faisaient de plus en plus fréquents s’il ne prenait pas de médicaments. Une action qu’il oubliait malheureusement un peu trop souvent ces derniers temps... Ca, ajouté à son épuisement, non, ça ne l’arrangeait pas.

Plutôt que déprimer aussi bêtement, il aurait du se reprendre et non pas se plonger aussi ardument dans son travail. Mais, c’était la seule manière qu’il avait trouvé pour ne pas s’effondrer... Il avait envie de le voir. Il aurait tant souhaité le serrer dans ses bras, entendre sa voix. Gabriel lui manquait terriblement. Un peu plus chaque jour. Il n’y avait pas eu une seule fois où ses pensées n’étaient pas dirigées vers ce garçon et ce dernier était également la raison de son manque de sommeil... Il le hantait. Il le narguait. Et à plusieurs reprises Kôta s’était réveillé en sueur à cause d’un cauchemar, des images de plus en plus douloureuses s’amusant à attaquer son esprit. Au début, ce n’était pas grave... Ce n’était que des mots que le musicien lui criaient dessus, lui hurlant ces horreurs que lui avaient toujours été terrifié d’entendre. Ce n’était que des violentes disputes, des séparations ou simplement un rappel de la dernière fois où ils s’étaient croisés dans son appartement. Les sensations étaient monstrueuses, elle lui torturait le coeur dans tous les sens, lui lançant des milliers de coup de poignard jusqu’à ce qu’il éprouve du mal à respirer. Peut-être était-ce là la représentation de tous les regrets qu’il ressentait à l’égard de ce garçon et qu’il n’était pas en mesure de les effacer ni d’avancer.

Hors, aujourd’hui, l’ampleur avait été différente, beaucoup plus grande. Allongé dans son lit qu’il utilisait à l’hôpital pour se reposer pendant sa garde, ses sourcils ne cessaient de se froncer, des gouttes de sueur dégoulinaient le long de son visage pâle et son corps s’agitait un peu trop pour que cela soit normal. Gabriel avait eu un grave accident et avait été amené aux urgences. La panique s’était aussitôt accaparée de son être, l’exprimant clairement sur sa figure alors qu’il était le chirurgien en charge de son opération. Rien ne s’était déroulé correctement. Il y avait du sang, beaucoup de sang... Le bip strident de la machine retentissait dans la pièce, indiquant clairement que le coeur du blessé s’était arrêté. Kôta entama aussitôt une tentative de réanimation, utilisant les plaques tandis qu’il suppliait l’homme de se reprendre, d’ouvrir les yeux mais rien ne fonctionna. Pas même le massage cardiaque qu’il tenta jusqu’à la fin... Ses collègues essayaient de le raisonner, lui ordonnant d’arrêter, clamant que tout était terminé, qu’ils ne pouvaient plus rien faire... Ses mains tremblaient, imbibées de sang, son organe vitale s’affolait dangereusement tandis qu’il sentait toutes ses forces le quittaient. Et alors qu’il n’avait pas d’autres choix que d’annoncer l’heure du décès, le jeune homme ouvrit subitement les yeux, se redressant sur son lit, des larmes déferlant le long de ses joues. Son premier réflexe fut d’observer les paumes de ses mains qui là aussi n’arrivaient pas à s’arrêter de trembler. Son souffle était haletant, il avait du mal à respirer et il était incapable de dire si tout ceci n’était qu’un cauchemar ou bel et bien la réalité. Tout lui avait semblé si réel qu’il n’aurait su le dire... Puis, il était trop chamboulé pour réfléchir correctement. On lui parlait, il entendait vaguement des voix autour de lui cependant elle lui paraissait si lointaine qu’il ne parvenait pas à les distinguer.

Paniqué, angoissé, là non plus, le médecin n’avait pas réfléchi. Sans prendre la peine de se couvrir, il avait enfilé ses chaussures avant de se presser à l’extérieur et quitter l’hôpital, bousculant certaines personnes sur son passage. Ses collègues, choqués, avaient tenté de l’interpeler, lui demandant en hurlant où il allait sans jamais obtenir de réponses. Il n’avait pas terminé son service toutefois Kôta n’y pensait même plus. Le plus simple aurait été de se renseigner au secrétariat néanmoins, en plus de ne pas y avoir songé, tout ce qu’il désirait était de s’en assurer de ses propres yeux... Et surtout, il ne souhaitait pas qu’on lui annonce tout ce qu’il ne voulait pas entendre. Il était d’accord de ne plus l’avoir dans son existence, du moment qu’il le savait heureux quelque part, il pouvait le supporter toutefois l’idée qu’il ait pu le perdre pour toujours ne lui plaisait pas. Tout mais pas ça... Jamais.

La pluie s’abattait sur la ville, une averse violente qui en quelques minutes seulement le trempa de la tête au pied. Il ne portait qu’un tee-shirt, pas même une petite veste pour recouvrir ses épaules mais en toute honnêteté, l’angoisse rongeait tellement son être, que le jeune homme ne ressentait même pas ses gouttes glacées qui attaquaient sa peau. Il courait à en perdre haleine, comme si sa vie entière en dépendait et en vérité, c’était certainement le cas.

Il ne devait pas être plus de cinq heures du matin lorsqu’il arriva à destination. Il n’avait pas attendu une minute de plus pour cogner violemment et rapidement à la porte. Le temps lui paraissait si long et dans sa panique, il n’avait pas pensé non plus qu’à cette heure-ci, Gabriel dormait peut-être et que c’était le pourquoi il mettait si longtemps à répondre. En cet instant précis, Kôta n’était pas en mesure de réfléchir, il ne faisait que s’acharner contre ce panneau de bois, frappant de plus en plus fort sans se soucier des gouttes qui dégoulinaient sur son visage, sur sa peau ni son haut qui lui collait un peu trop... La peur ne faisait que s’accentuer de plus en plus, les secondes lui semblant être des heures, et ça lui était de plus en plus difficile de respirer, l’attente étant palpable. Les pires pensées commençaient à s’infiltrer dans son esprit. Et si c’était vrai ? Et s’il avait réellement perdu Gabriel pour toujours ? Que deviendrait-il ? Non... Non... Il ne l’accepterait pas. Il ne le supporterait pas. Pas une deuxième fois.

Des larmes naquirent sur son visage à cause de cette angoisse et l’idée de devoir faire face à la réalité... Il ne le voulait pas. Jamais. Hors, c’était exactement à ce moment, lorsqu’il s’apprêtait à frapper désespérément une nouvelle fois que la porte s’ouvrir pour lui montrer ce garçon qui lui avait tant manqué et qu’il avait cru ne plus jamais revoir. Kôta n’avait pas prêté attention à son expression, pas même à la condition dans laquelle était son vis-à-vis, il n’avait juste pas réfléchi, encore. Tout avait été instinctif, naturel, ses bras s’étaient entourés brusquement autour de ses épaules avant qu’il ne le serre fort contre lui, à l’en étouffer. Ses doigts se crispèrent violemment contre les manches du haut du jeune homme alors que les larmes déjà présentes plus tôt se firent plus abondantes. Lui qui ne pleurait jamais devant les autres, qui n’affichait jamais la moindre faiblesse n’avait pas été capable de retenir ses sanglots... Parce qu’il était rassuré, parce qu’il avait sérieusement cru qu’il l’avait perdu pour toujours et qu’un lourd poids s’était enlevé de ses épaules.

- Dieu merci, tu vas bien, Souffla-t-il en s’accrochant toujours plus désespérément à lui avant , qu’entre deux sanglots, des « pardon » ne franchissent ses lèvres sans qu’il ne daigne se taire une seule fois.

C’était à se demander pourquoi il s’excusait. Certainement un mélange d’un peu de tout... Principalement pour ne pas avoir réussi à le sauver dans ce rêve qui lui avait paru si réaliste mais aussi de ne pas avoir su lui montrer clairement ses sentiments, d’avoir fui comme un lâche et de l’avoir blessé... Si tout ceci s’était avéré être vrai, Kôta n’aurait jamais pu se le pardonner... Il s’en apercevait un peu plus à présent, ô combien, il était important de chérir les personnes qu’on aime parce que non, on ne savait jamais quand ils pouvaient disparaître. Et ce n’était pas en s’enfuyant qu’il souffrirait moins. Lui-même serait mort de culpabilité si le musicien n’était plus de ce monde.

   
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Jung Gabriel
Âge : 33
Occupation : Chanteur de jazz / Informateur
Situation : Attaché à la hanche au Docteur Mamour
Don : Séduction
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Mar 28 Nov - 9:21

   
Where there is love, there is pain
Gabriel & Kôta

Tenue | Un chagrin d'amour est la grande peine qu'une personne est susceptible d'éprouver lorsqu'une relation sentimentale se termine, ou ne s'établit pas. Le désespoir amené notamment par la non-réciprocité des sentiments peut être très difficile à vivre, et entraîner du repli sur soi au suicide.

Gabriel détourna les yeux pour la troisième fois de la journée devant le visage inquiet et sévère de son père. Personne n’était dupe, ici. Et ce depuis le matin ou il était rentré chez lui en pleurs et s’était enfermé dans sa chambre pour le reste de la journée.
Son père avait beau être gravement malade; il le connaissait bien. Il savait que Gabriel n’était plus lui même. Qu’il agissait comme un fantôme, une carapace de celui qu’il était avant.
Il se détestait de laisser les choses l’atteindre de cette manière.
Ils n’avaient même pas été un couple à proprement parlé. Bon sang, il n’y avait jamais été question d’avenir pour eux, et pourtant, il agissait comme si Kota avait prit son coeur et l’avait jeté contre un mur.

Ce qu’il avait fait. Mais son coeur, Gabriel l’avait laissé chez le jeune homme.
Il se détestait. Il se détestait de ne pas le détester, de se demander encore et toujours si il allait bien, si il mangeait et dormait assez. Les visites à l’hopital ne l’aidaient pas, car malgré tout ce qui était arrivé entre eux, Kota était toujours le médecin de son père, et il était doué. Il n’avait aucune envie de priver son père des meilleurs soins parce qu’il avait couché avec le médecin.
La première fois, son père l’avait dévisagé étrangement quand Gabriel l’avait laissé aller seul à son rendez vous, prenant furieusement un magazine pour se cacher derrière. Il n’avait rien dit, cependant.

Gabriel avait tout de même pu apercevoir le jeune homme. Et c’était malsain, il le savait bien. Il ne devrait pas se sentir aussi mal pour lui. Il aurait du le détester….mais il en était incapable. La seule chose qui traversa son esprit, c’était de l’inquiétude, quand il vit le visage pale et plus creusé du jeune homme.
Il était épuisé, visiblement. Qu’est ce qui pouvait bien le tourmenter à ce point. Gabriel aurait aimé pouvoir l’arrêter dans un couloir, lui demander des explications sur son état, et peut être l’enrouler dans une couverture, mais il avait perdu ce genre de droits à l’instant ou Kota lui avait demandé de quitter sa maison… donc il n’en fit rien, et attendit que son père vienne le rejoindre et lui demande d’aller manger des glaces.

“Non ! Non !”

Son père n’était pas le seul à avoir remarqué que quelque chose n’allait pas. Hwi Sun avait été la deuxième personne à s’en rendre compte, quand son état s’était fait ressentir dans ses performances au bar. Bien évidemment, techniquement, il était parfait, mais il n’était pas doué pour dissimuler le fait qu’il était malheureux.
“Gabriel. Il faut que tu trouve une solution, d’accord. Je déteste te voir comme ça. Mais les clients encore plus. Reprends toi.”
Le jeune homme avait bien essayé de se reprendre. Mais au bout de la deuxième semaine, Hwi Sun avait fini par lui donner quelques jours de congé, pour “remettre de l’ordre dans ta vie, avant que je te botte le cul jusque sur la lune” avait t’il dit.

Son père montrait son inquiétude à sa façon, comme il pouvait. Il lui proposa de faire un marathon de films, et d’aller au golf miniature. Ce que Gabriel tenta de faire avec un maximum d’entrain. Il arriva presque à oublier Kota l’espace d’une journée. Pour tomber immédiatement une fois la nuit tombée. Quand il se retrouvait dans son lit et se rappelait de la nuit qu’ils avaient partagé dans cet endroit, et qui, pour lui en tout cas, avait valu mille mots.
Il avait été réellement idiot.

C’était dans cette même chambre qu’il dormait, cette nuit là, quand un bruit de grattement proprement terrifiants le fit bondir hors de son lit, en pensant que son père faisait une nouvelle crise et essayait de faire sortir la porte d’entrée de ses gonds...quand il se rappela que son père était à Jeju, avec son club du troisième age, pour un week end dans les sources thermales.
(Il lui avait actuellement proposé de les accompagner, ce que Gabriel avait gentiment refusé, parce qu’il y a quand même des limites à son chagrin.)
Quelqu’un essayait donc d’entrer. Il attrapa l’ancienne bate de baseball de son père, exposée comme un trophée dans le couloir, et en pyjama ryan, se dirigea vers la porte d’entrée, que l’intru allait bientot faire jaillir de ses gonds.

Il ouvrit la porte, plissant les yeux dans ce qui, il l'espérait, était une expression particulièrement impressionnante et effrayante.
Il fut frappé par quelque chose. Mais ce n’était rien de lethal, heureusement. Mais … Kota. Kota se tenait sur le pas de sa porte, ruisselant dans un simple t-shirt et ayant l’air d’avoir vu quelque chose se rapprochant sérieusement d’un fantôme.

“Qu’est ce que …?”

Le corps de Kota entra en contact du sien avec force et le jeune homme n’eut que le temps de poser instinctivement ses mains sur ses hanches pour ne pas tomber. Absourdi et frissonnant car couvert de pluie gelée, le jeune homme prit quelques minutes pour realiser que Kota était bien là, avec lui, et qu’il n’était pas entrain de faire un rêve étrange dans lequel le jeune japonais s’accrochait à ses épaules comme si sa vie en dépendait.
Il inspira légèrement, gelé sur place, et cette fois ci par le froid. Kota pleurait ?!

- Dieu merci, tu vas bien.

Des questions se bousculaient dans sa tête. Premièrement, pourquoi le jeune homme était t’il sur le pas de sa porte, ruisselant, à 5h du matin ? Deuxiemement, pourquoi n’irait il pas bien ? (Tu ne vas pas bien, fit une petite voix dans sa tête qu’il se refusa d’écouter), et troisièmement, pourquoi Kota agissait de cette manière ? Comme si il en avait quelque chose à faire, de son bien être, après qu’il l’aie renvoyé de chez lui, deux semaines auparavant ?
Sa colère fut un peu tempérée en entendant à quel point le jeune homme était bouleversé et qu’il s’excusait, encore et encore. Gabriel ferma doucement la porte derrière lui et le repoussa doucement.
“Je vais bien.” Non, il n’allait pas bien. En tout cas, il n’était physiquement blessé. “Tu es fou. Regardes toi, tu es trempé... Viens.”

Il l’attira avec lui dans le couloir, sans rien dire de plus, et disparut dans la salle de bain, pour en ressortir avec deux serviettes, une chaude et épaisse pour son corps, et une, plus petite pour ses cheveux.
“Tu devrais enlever ces vêtements.” fait remarquer le jeune homme, en essayant de paraitre le moins affecté possible. Mais sa voix fut tout de même plus douce quand il reprit. “Pourquoi est ce que tu es venu, Kota ?”

   
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Tachibana Kôta
Âge : 30
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Mar 28 Nov - 11:19

   
Where there is love, there is pain
Gabriel & Kôta

Tenue | Bien sûr qu’il était bouleversé, qui ne le serait pas à sa place ? Son rêve lui avait semblé si réaliste, Kôta n’avait pas été en mesure de réfléchir correctement. Il avait complètement paniqué et des milliers d’émotions s’étaient mises à tergiverser dans son esprit... Des tas de choses qu’il n’avait cessé de remettre en question, se traitant lamentablement d’idiots pour ne pas avoir su s’exprimer plus tôt, pour ne pas avoir su trouver le courage de faire le premier pas et s’excuser de son mauvais comportement mais également de son sale caractère. Il s’était rongé les sangs à l’idée d’avoir laissé leur histoire se terminer de cette manière et ne plus jamais pouvoir corriger ses erreurs. C’était vrai, il n’avait jamais été doué pour être honnête lorsqu’il s’agissait de sentiments, lui clamerait plus facilement un « je te déteste » à la place d’un « je t’aime » et ça lui avait longtemps causé défaut... Personne ne l’avait compris jusque là, pourquoi aurait-il du forcer Gabriel à faire de même alors que le problème provenait de lui, de sa propre personnalité qu’il n’arrivait pas à changer ? Hors pour une fois, il aurait du faire cet effort, il aurait du prendre sur lui et lui révéler cette peur qui lui dévorait le coeur puis l’empêchait d’avancer. Il aurait du lui faire part de chacune de ses craintes, lui faire comprendre ô combien il avait toujours été précieux à ses yeux et qu’il n’était plus capable de le sortir de son existence. En lui donnant ses coordonnées ce jour-là, c’était comme un aveux silencieux pour lui déclarer qu’il l’acceptait à ses côtés, qu’il lui donnait sa chance et que bien que ça serait difficile, il voulait bien tenter de s’attacher un peu plus... Kôta n’était pas comme les autres et oui, alors qu’il courrait, plus ce flux de pensées avait accaparé son esprit parce qu’il était terrifié... Il s’était enfui tel un lâche cependant si le musicien disparaissait totalement de ce monde, il n’aurait jamais su à quel point les sentiments du médecin à son égard était puissant. Pas une seule fois ce dernier ne lui avait dit des mots tendres et si ses gestes avaient toujours retranscrit chaque émotion qui résidait dans son âme, ce n’était pas suffisant... Probablement qu’il avait toujours eu conscience de cela mais que franchir ce cap lui était compliqué... Et oui, comme à cette époque, il avait regretté de ne pas l’avoir fait. Il avait regretté de lui avoir parlé de cette manière ce soir-là, il avait regretté de l’avoir renvoyé chez lui sans jamais le recontacter ensuite. Et ça ne l’avait pas aidé à penser plus sainement, son coeur n’avait fait que s’affoler un peu plus alors que le garçon ne pouvait s’empêcher de songer au pire. Il ne supporterait pas une si grande perte une deuxième fois....

Cela faisait un moment déjà que son cerveau s’était déconnecté de la réalité, que Kôta n’était plus en mesure de réfléchir raisonnable au point où il n’avait jamais arrêté de frapper contre cette porte. L’eau qui coulait sur tout son corps et sur ses vêtements, il ne la sentait même pas... Les seules sensations qu’il parvenait à discerner étaient la pluie qui déferlait dans son organe vitale, cette angoisse qui s’accentuait au point de lui broyer le coeur jusqu’à ce que finalement son regard ne se pose sur cette personne qu’il souhaitait voir par-dessus tout. Chacun de ses gestes avait été machinal... Il ne s’était soucié de rien, oubliant pendant un instant leurs différends alors qu’il le serrait dans ses bras comme si, oui, sa vie toute entière en dépendait. Il avait eu tellement peur... Les forts tremblements qui faisaient frissonner sa peau en était la plus grande preuve. Il avait beau l’enlacé à ne plus pouvoir respirer, le chirurgien peinait à se calmer... Et ce n’était sans parler de ses sanglots qui dessinaient tristement son visage alors que ses phalanges s’accrochaient désespérément à lui pendant qu’il s’excusait.

Ce qui le ramena finalement dans ce monde, le faisant enfin quitter cette bulle floue dans laquelle il s’était enfermé quelques instants plus tôt, fut le moment où Gabriel prit la parole. Un « je vais bien. » qui avait motivé le plus jeune à redresser ses prunelles en sa direction et le fixer soudainement. La lueur dans ses iris n’avait jamais été aussi expressive qu’à ce moment-là. Elle représentait toute l’inquiétude, toute la tristesse et la culpabilité qu’il éprouvait alors qu’il avait conscience que non, son vis-à-vis n’allait pas bien et que c’était entièrement de sa faute. Ses yeux étaient cernés, son visage était blême et l’expression sur sa figure n’était plus étincelante que ce qu’il avait toujours connu jusque là. Ce sourire rayonnant qui l’avait ensorcelé et qui n’avait eu de cesse de réchauffer son coeur un peu plus chaque jour.


Le médecin n’avait rien dit, se contentant de se laisser tirer en silence et si l’hôte lui conseillait de retirer ses vêtements, il n’avait pas pu effectuer le moindre mouvement. Il commençait tout juste à ressentir le froid et les gouttes qui s’écoulaient sur sa peau cependant la vérité était qu’il s’en fichait royalement. Une partie de lui était encore quelque peu perdu dans ses pensées, dans cette angoisse qui lui compressait le coeur et tordait le ventre... La tête baissée, ses phalanges s’étaient instinctivement, faiblement, saisies du bas du haut du musicien avant de l’agripper de plus bel... C’était stupide mais il avait juste besoin de sentir que Gabriel était bel et bien là, que ce n’était pas son esprit qui lui jouait encore des tours.

- J’ai cru que tu étais mort... Avoua-t-il dans un souffle, ses doigts se crispant un peu plus à sa veste de pyjama.

Son débit de respiration s’accéléra quelque peu de plus bel alors qu’il se rappela parfaitement de chaque image que son mauvais rêve avait laissé dans son esprit. Le pourquoi il marqua un instant de silence avant de reprendre d’une voix plus faible, presque inaudible, sans jamais daigner le regarder, et d’échapper ce « c’était un cauchemar... » qui était sûrement censé le rassurer... Seulement au vue de la façon dont ses phalanges s’attaquaient à son haut par peur que subitement le jeune homme ne disparaisse pour toujours, cela n’avait pas l’air de fonctionner. De nouveau, des petits « pardon » ressortirent de ses lèvres tandis que de sa main libre, il essuyait doucement les pleurs qui avaient arrosé ses joues.

- Je n’ai jamais voulu que ça se termine comme ça...

Le ton de sa voix était brisé mais il n’était pas difficile de ressentir toute la sincérité de ses mots alors que pour lui, ce n’était pas si simple que d’exprimer tout ce qui affectait son coeur.

- Plus je tiens à quelqu’un et plus je fais n’importe quoi...

Sur ses dires, ses doigts ne firent que se compresser toujours un peu plus tandis que naturellement, sans réellement s’en apercevoir, il s’était rapproché légèrement de l’autre garçon...

- T’avais promis de pas me laisser...

Idiot. Est-ce que tu crois que c’est vraiment le moment de lui faire ce genre de reproches ? Oui, Kôta avait conscience d’être le fautif dans l’histoire, il avait conscience qu’il n’avait pas le droit de se permettre de telles réflexions mais il ne voulait pas que Gabriel l’abandonne... Pas maintenant qu’il s’était autant attaché à lui. Certes, il n’était pas encore capable d’exprimer clairement ce qu’il éprouvait cependant c’était sa propre manière de lui dire qu’il était plus qu’important à ses yeux et qu’il avait besoin de lui dans sa vie.

   
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Jung Gabriel
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Jeu 30 Nov - 23:21

   
Where there is love, there is pain
Gabriel & Kôta

Tenue | Gabriel aurait aimé être capable de détester Kota. De le maudir, lui, sa photo, et ses éventuels descendants, puis de passer à autre chose immédiatement. Il aurait aimé en être capable. Mais tout ce qu’il ressentait, c’était un amour intense couplé à la frustration et à la tristesse de le voir contrarié. Au fond de lui, il savait. Il savait que c’était un énorme gachis que ca se termine comme ça.
Il voulait retourner chez lui, demander des explications claires, peut être le giffler, comme lui avait conseillé Hwi Sun. Mais à chaque fois qu’il se disait qu’il allait faire le pas, ou qu’il allait aller dans la salle de soins avec son père, tout son courage s’echappait de lui comme de l’air s’échapperait d’un ballon, et il était incapable de faire quoi que ce soit d’autre que regarder les petits efforts qu’ils avaient fait être réduits à néant devant ses yeux.
Et parfois, Gabriel se disait que c’était mieux comme ça. Si Kota était heureux avec l’homme de la photo, alors peut être que c’était de la faute de Gabriel, qui s’était fourvoyé depuis le début. Peut être que son insistance avait poussé Kota à lui donner ce qu’il “voulait” et à disparaitre.
Kota était un enfoiré, et pourtant, Gabriel ne pouvait pas ne pas sentir son coeur se serrer dans sa poitrine en le regardant, en voyant son air si déprimé, et aujourd’hui, en le sentant se jetter contre lui et s’aggriper à son haut de pyjama comme si sa vie en dépendait, et tout cela à 5h du matin.

Gabriel n’avait jamais vu Kota pleurer. Alors, bêtement, il s’était imaginé que le jeune homme ne pleurait jamais. Qu’il serait le genre de personne à rester complètement stoique devant un film horriblement triste alors que Gabriel sanglotait toujours à la fin de Hachi. Ce n’était pas une chose qui l’avait rebuté, évidemment, il savait que le japonais montrait ses émotions d’une manière qui lui était propre, et le chanteur aimait apprendre à les lire.
Mais aujourd’hui, aujourd’hui Kota n’était pas le même qui l’avait viré de chez lui des semaines auparavant. De grosses larmes dévalaient ses joues, et il n’y avait strictement aucun moyen pour qu’il soit entrain de les confondre avec des gouttes d’eaux.
Kota pleurait, et ca touchait Gabriel, bien plus qu’il n’aurait pu l’imaginer.

Gabriel ne savait que dire de la panique, l’inquiétude, le désespoir auquel semblait faire face le japonais à cause de lui. Qu’est ce qui aurait bien pu le faire croire qu’il n’allait pas bien ? Evidemment, il n’était pas difficile de remarquer que le coréen n’était pas lui même. TOUT LE MONDE le savait/l’avait remarqué, bien que Gabriel n’aie pas eu la force d’en parler à quelqu’un d’autre qu’à son meilleur ami.
Physiquement, il allait parfaitement bien : se pourrait t’il que son coeur saignait transpirait par tous ses pores ?
Gabriel n’avait jamais été un pro pour déguiser les émotions. Et il n’était pas sur d’en avoir envie. Il ne voulait pas faire bonne figure devant Kota. Kota qui dégoulinait encore lentement sur son sol. Son père le tuerait.

Gabriel tenta de rester le plus calme et composé que possible. Bien sur, il aurait pu (il aurait du) claquer la porte au visage du jeune homme et lui ordonnait de ne jamais revenir. Mais Gabriel n’était pas vraiment connu pour suivre son cerveau avant son coeur, alors au lieu de cela, il attira le jeune homme jusqu’à la salle de bain, et en sortit des serviettes propres.
Il lui demanda de retirer ses vêtements, mais Kota serra plus fort sa prise sur son t-shirt déjà complètement trempé, comme si il était en pleine transe.

Le plus vieux finit par soupirer, et entreprit de retirer le minuscule t-shirt blanc si dégoulinant d’eau qu’il ne faisait plus grand chose pour cacher son corps, de toute manière. Il fit un effort incroyable pour ne pas le regarder en l’envellopant soigneusement dans une des serviettes, avant d’utiliser la deuxième pour lui sécher les cheveux avec précautions, comme il avait pu le faire lors de leur première nuit ensemble, à l’hôtel.

- J’ai cru que tu étais mort... Gabriel haussa les sourcils, vraiment surpris. Mort ?

“Je suis tout ce qui a de plus vivant. Je crois.” Il ne précisa pas qu’il ne s’était pas senti réellement “vivant” depuis leur altercation des semaines plus tôt. Gabriel n’avait jamais été un fan de l’expression “remuer le couteau dans la plaie”, de toute manière.« C’était un cauchemar... » Gabriel manqua de tomber en avant sous la force avec laquelle le jeune homme semblait vouloir se fondre en lui. Ce qui était complètement fou, quand il avait voulu le sortir de sa vie avec autant de véhémence.
A nouveau, des excuses murmurées. Gabriel n’en avait pas l’habitude, et il demanda, sa voix peut être un peu plus tremblante que d’habitude. “Pourquoi t’excuses tu ?”

Pour son tapis ruiné, ou pour son comportement ? Tant de possibilités.
- Je n’ai jamais voulu que ça se termine comme ça...

Gabriel ouvrit la bouche, mais aucune réplique cinglante n’en sortit. Il en avait, pourtant...mais Kota semblait si sincère, si vulnérable….Gabriel ne voulait pas frapper un homme déjà à terre.
Il laissa tomber la serviette en soupirant. “Pourtant...pourtant c’est toi qui m’a demandé de partir, Kota.” Il s’en souvenait mot pour mot.

- Plus je tiens à quelqu’un et plus je fais n’importe quoi...

Ca avait du sens, évidemment. Il savait que Kota avait du mal à gérer son affection grandissante pour les gens.

- T’avais promis de pas me laisser...

Gabriel se mordit la lèvre et soupira. “J’ai toujours été là, Kota.” murmure t’il sincèrement. “Même quand tu m’as repoussé, encore et encore. Mais je ne suis pas un surhomme...je ne peux pas tout comprendre…” Il posa ses mains sur ses épaules et commenca à le sécher, lentement.
“C’est toi qui m’a dit de partir.” murmure t’il simplement, encore une fois. Il souffle légèrement, ne pouvant s’empêcher de poser ses mains sur les joues du jeune homme. “Tu es gelé, Kota. T’es un médecin, tu devrais réfléchir avant de sortir peu couvert sous la pluie…”
   
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Tachibana Kôta
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Mar 5 Déc - 12:24

   
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Gabriel & Kôta

Tenue | Certes, oui, il était celui qui lui avait demandé de partir néanmoins il ne fallait pas toujours écouter ce que lui demandait. Sous la panique, Kôta ne rétorquait malheureusement pas souvent des choses cohérentes et la plupart du temps, il ne déclarait pas des choses qu’il pensait non plus. Au plus profond de son être, ce soir-là, son coeur avait du hurler des milliers de fois le prénom du jeune homme afin que ce dernier ne s’en aille pas et reste à ses côtés... Mais sa lâcheté ne l’avait jamais aidé à retourner auprès de lui et plus le temps s’écoulait, plus ça n’avait cessé de l’inquiéter un peu plus. Il n’avait pas réussi à se convaincre que Gabriel serait heureux auprès de lui, qu’il serait capable de lui apporter un bonheur que l’autre pourrait obtenir si facilement autre part. Il ne s’était jamais arrêté de penser que cette relation ne les mènerait jamais loin, que ça les détruirait tôt ou tard et que c’était déjà le cas à l’heure actuelle. Peu importait le nombre de fois où le médecin avait essayé, il n’était jamais parvenu à se le sortir de l’esprit. Parce que ce garçon n’était pas comme les autres, parce qu’il s’y était attaché plus qu’il n’avait souhaité l’admettre jusqu’à présent et que ses sentiments avaient continué de le terrifier. Comment réagirait-il s’il découvrait la vérité le concernant ? Et lui, que deviendrait-il si un incident comme celui d’antan touchait cette personne à qui il tenait le plus ? Il ne s’en remettrait pas... Et il en avait eu la plus grande preuve en ce jour où, comme pour lui faire prendre conscience de ce qu’il était en train de rater à agir comme un idiot, on lui avait montré ses images qu’il appréhendait tant. Sa vie ne serait-elle pas pire s’il le perdait pour toujours sans jamais avoir été en mesure de régler ce malentendu ?

Réellement, il n’avait pas pu maîtriser toute cette angoisse qui s’était emparée de son être alors que cette vision de Gabriel, le corps inerte sur cette table d’opération, refusait de quitter son esprit. S’il avait couru à en perdre haleine jusqu’à l’appartement du concerné, qu’il avait cru que son coeur finirait par s’arrêter à cause de toute cette pression qui l’oppressait, non, il n’avait pas pu retenir ses larmes qui saccageaient sauvagement son visage... Il avait eu besoin de laisser aller toutes ses émotions qu’il avait contenu jusqu’ici. Il avait tellement cru au pire qu’il n’avait pas pu cacher le soulagement qui l’avait accaparé, encore moins la peur terrible qu’il avait éprouvé à l’idée de l’avoir perdu pour toujours.

Pas à un seul moment, Kôta n’avait bougé... Pas même lorsque son vis-à-vis le tira dans la salle de bain avant de lui demander de se déshabiller. Toujours pas lorsque ce dernier se chargea de le faire à sa place, allant même jusqu’à le sécher dans la plus profonde des délicatesses. Du mieux qu’il le pouvait, le chirurgien tentait de maîtriser ses émotions et se calmer cependant il n’arrivait pas à éteindre les faibles tremblements qui parcouraient ses bras, certainement encore effrayé par ses images qu’il avait pu voir plus tôt. Sans le regarder, ses phalanges vinrent se poser sur son autre bras, tentant à sa façon d’atténuer ses frissons.

Chaque mot que Gabriel prononçait, il les entendait néanmoins, il n’avait pas voulu relever la tête pour autant. Il avait peur de le regarder, il avait peur que rien de ceci ne soit vrai et que tout ce qui était en train de se passer en cet instant n’était que le fruit de son imagination. Pourtant, malgré lui, il n’avait pu s’empêcher de maugréer dans sa barbe un « Il ne faut jamais écouter ce que je dis » quand le musicien lui avait reproché de plus bel ses propos de l’autre jour. Cette fois là, comme la plupart des autres fois, il avait paniqué et plutôt que se poser, réfléchir et s’expliquer, il s’était braqué. Il avait bien conscience qu’il s’agissait sûrement du pire trait de sa personnalité, un trait qu’il devrait apprendre à contrôler et maîtriser hors ce n’était malheureusement pas aussi facile. Toutefois, il essayait. Et s’il savait qu’après tout ce qu’il avait fait et dit, il ne devrait pas se tenir là, même encore maintenant, Kôta n’avait pas pu résister à se rapprocher puis se blottir contre lui de nouveau avec plus de douceur cette fois-ci.

Il aurait du se reculer, s’excuser et lui répondre qu’il promettait d’être moins négligent la prochaine fois cependant en silence, ses bras s’étaient naturellement, tendrement, faufilés en-dessous des siens avant de s’encercler autour de sa taille. Cette chaleur là, il en avait bien plus besoin que ce qu’il avait pu clamer jusqu’à présent et s’il persistait à rester silencieux, il pouvait sentir les battements de son coeur qui s’apaisaient peu à peu. Ses tremblements commençaient aussi à se dissiper de plus en plus et rien que pour une minute de plus, il espérait que Gabriel accepte de le laisser rester ainsi.

- J’ai paniqué... Avoua-t-il finalement dans un murmure, ses phalanges compressant fébrilement le dos du haut du jeune homme tandis que sa tête restée nichée contre son torse, L’autrefois... J’ai paniqué.

N’était-ce pourtant pas évident qu’il n’avait jamais été quelqu’un de très adroit lorsqu’il s’agissait de relations sociales ? Gabriel n’avait-il pas déjà contesté à quel point il était effrayant pour le médecin de s’attacher et surtout, de s’engager ? Kôta était une personne plus que difficile à cerner mais pas une seconde il n’avait imaginé que le musicien commencerait à douter de lui et au bout du compte, il n’avait pas d’autres choix que de le comprendre... Le pourquoi s’il ne faisait pas d’efforts, s’il ne lui donnait pas ne serait-ce qu’un minimum d’explications, le garçon ne serait jamais capable de deviner ce que lui éprouvait sincèrement.

- Je ne voulais pas te perdre...

Sur ses dires, ses doigts se serrèrent plus fortement sur le vêtement de son vis-à-vis alors qu’aucune froideur ne se reflétait dans sa voix. Au contraire, elle était basse mais par-dessus tout brisé d’émotions et il était si facile d’y lire cette fragilité qui le caractérisait véritablement en réalité.

- Pas toi aussi.

Bien que Gabriel l’ignorait, par ses paroles, Kôta parlait évidemment de ce collègue qu’il avait vu mourir il y a des années en arrière et qu’il n’avait pas pu sauver. Ce même collègue qui était sur la photographie que le garçon avait trouvé l’autre jour coincé entre deux pages... Un souvenir que lui n’avait jamais été capable d’effacer et qui avait laissé de profondes séquelles sur son coeur. Aujourd’hui encore, il ne pouvait pas l’oublier et plus que de penser à son incompétence du passé, il était terrifié à l’idée de devoir vivre un tel moment une seconde fois.

   
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Jung Gabriel
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Mer 6 Déc - 23:06

   
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Gabriel & Kôta

Tenue | Gabriel avait bien essayé, de se dire que Kota avait parlé plus vite qu’il n’avait réfléchi à ses propos. Après tout, c’était arrivé, plus d’une fois. Finalement peut être serait t’il retourné plus tôt auprès de lui si cette photographie ne le hantait pas encore terriblement. Le visage joyeux de Kota, un visage détendu, comme il n’avait jamais eu avec lui. Il savait que le garçon n’était ni un frère ni un cousin, la différence était même flagrante. Et Gabriel était persévérant, mais pas au point de se briser le coeur pour un homme déjà pris.
Il avait eu la sensation d’être pris pour un imbécile, pendant tout ce temps. L’envie de revenir ne lui avait pas manqué, mais pour la première fois depuis une éternité, Gabriel était épuisé. Épuisé de mettre ses sentiments en jeux en sachant qu’ils seraient certainement piétinés, même maladroitement, épuisé de croire en quelque chose qui n’arriverait surement jamais. Epuisé d’être amoureux d’un jeune homme qui avait pourtant agi comme tous les autres, et de ne pas être capable de s’en détacher, de l’oublier.

Il n’y avait qu’à voir son comportement, ce soir là. Bien sur, son meilleur ami lui aurait dit de lui claquer la porte au nez et de le laisser rentrer chez lui. C’était sans aucun doute ce qu’il aurait du faire, si il avait un peu de jugeote. Mais au lieu de cela, il réceptionna le corps tremblant du jeune homme, et le sécha lentement, comme si le japonais allait se mettre à fondre dans ses doigts, comme une sculpture de sucre.
Il retira soigneusement l’eau glacée de sa peau et l'enveloppa dans une serviette en remarquant que Kota semblait plus fragile que gracile, comme un homme tourmenté, et son coeur se serra, parce que malgré tout, malgré tout, il n’avait pas envie de le voir souffrir. Ca n’avait jamais été le cas.

Voir Kota pleurer finit de le dissuader de le mettre dehors. Quel idiot fleur bleue il faisait. Il savait qu’il se mettait à nouveau en danger. Parce que Kota pourrait très bien avoir disparu à nouveau dans quelques heures et tout ne serait qu’un souvenir.

« Il ne faut jamais écouter ce que je dis» Le jeune homme soupira doucement, n’ayant pas la force de repousser le jeune homme. Il aimait toujours l’avoir contre lui. Il hésita, puis posa ses mains sur ses épaules, caressant la peau maintenant plus chaude. “Tu étais plutôt convaincant…” murmure Gabriel en revoyant le visage plein de rage et de peur de Kota. Bien sur, c’était ses paroles qui l’avaient fait fuir mais...il n’y avait pas que ça. Pensa t’il alors que son esprit se dirigeait vers la photo.

Dès le début, Gabriel avait su que quelque chose clochait. Ce n’était pas en lui, ou en Kota, mais il y avait toujours cette masse invisible entre eux qui leur était difficile à franchir, quelque chose qui poussait Kota dans ses retranchements et qui lui faisait imaginer que blesser Gabriel était la seule chose à faire pour se protéger.
Quelque chose lui disait que c’était cette photo depuis le début, la chose qui se glissait entre eux.

- J’ai paniqué... Gabriel dut tendre l’oreille pour l’entendre. L’autrefois... J’ai paniqué.

Gabriel laissa échapper une bouffée d’air légère, ressemblant presque à un petit rire mélancolique. “Je sais.” Il savait que Kota avait paniqué. Après tout, le jeune homme lui avait prouvé qu’il n’était pas un méchant, à plusieurs reprises. Et c’était en partie pourquoi Gabriel n’avait pas su lui en vouloir, il n’avait pas su le détester. “J’ai un coeur, Kota … Et… Et je n’ai pas pu m’empêcher de te le donner.” murmure t’il soudainement. “Tu as peut être paniqué, et je ne t’en veux pas pour ça mais… inconsciemment ou non, tu l’as brisé.” murmure t’il simplement, comme si les mots glissaient péniblement mais sûrement au bord de ses lèvres. “Et le pire c’est que je n’arrive même pas à te hair.”
Ca aurait été tellement plus facile. Pour lui, pour Kota. Plus facile qu’il puisse l’oublier et refaire sa vie autre part, avec quelqu’un d’autre.
Quelqu’un qui ne lui briserait pas le coeur par inadvertance, par maladresse.

- Je ne voulais pas te perdre...

Le jeune homme se figea, et il sentait lui même ses yeux le brûler, très légèrement. Ca n’avait strictement rien à voir avec du savon, ou de la colère. Les larmes menaçaient de couler sur ses joues et il se mordit la lèvre. “Tu ne m’as jamais perdu.” murmure t’il simplement. “Bon sang Kota, la vie c’est comme ça, c’est effrayant. Mais au moins… au moins si tu cesses au moins de me repousser quelques temps, alors on pourrait...on aurait pu affronter tout ça ensemble.”
Il n’oubliait pas. Le garçon de la photo restait gravé dans son esprit, et il se devait de demander. De redemander qui il était, pour Kota.

- Pas toi aussi.

Le jeune homme releva les yeux vers le japonais, plongeant ses prunelles dorées dans les siens, et soupira doucement. “Viens.” Il attira le jeune homme vers sa chambre, le dernier endroit dans lequel ils avaient fait autre chose que se tirer dessus, et qui était toujours la pour la narguer avec ce qu’ils auraient pu avoir.
Il le poussa doucement sur le lit, puis fila vers la porte. “Restes ici, je reviens. D’accord ? Ne bouges pas.” Il lui lança un dernier regard avant de se diriger vers sa cuisine pour préparer un thé brulant pour lui et Kota, qui permettrait de réchauffer finalement le garçon, et il revint dans la chambre, tenant dans une main une tasse ornée d’un saxophone, et une tasse ornée d’un ours.

“Kota.”

Murmure t’il soudainement. “Qui est le garçon de la photo ?”

   
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Tachibana Kôta
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Jeu 7 Déc - 11:56

   
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Gabriel & Kôta

Tenue |

« Ce n’est pas une raison. »

De nouveaux propos que le médecin n’avait pu s’empêcher de marmonner entre ses dents alors que le musicien lui avait reproché d’être plus convaincant. Hors, Kôta n’avait pas eu l’impression d’avoir été plus froid et plus indifférent que les autres fois, plus brusques et secs dans ses gestes certainement mais c’était tout. Plus que sa santé qui avait pris un sacré coup avec l’accident, il avait en premier lieu eu peur à cause de son don qui s’était réveillé... Il avait eu peur d’entendre toutes les pensées de son vis-à-vis puis de découvrir des choses qu’il n’aimerait pas savoir. Dans le bon comme dans le mauvais côté... C’était la raison pour laquelle, oui, le chirurgien avait tout d’abord installé des distances parce que ça avait commencé à le terrifier encore plus, parce qu’il avait compris à quel point il s’était attaché à cet homme et que par-dessus tout, il ne souhaitait pas le perdre. Il ne souhaitait pas apprendre que ce dernier ne l’aimait pas en réalité, que ses sentiments n’étaient pas aussi forts et que comme tous les autres, Gabriel finirait par l’abandonner. Sauf que concernant ce jeune homme, Kôta avait appris à lui faire confiance, il avait voulu croire en lui et se dire que le musicien était honnête avec lui, qu’il ne se démènerait pas autant si c’était pour le laisser tomber à moindre occasion. Petit à petit, alors que le temps s’écoulait, il n’avait eu de cesse de peser le pour et le contre, ça l’avait stressé cependant peu importait le nombre de reprises où il avait fait tourner cela dans son esprit, la réponse restait toujours la même. Plus que n’importe qui d’autres, plus que ce qu’il avait déjà pu éprouver par le passé, il aimait ce garçon. Un peu plus chaque jour. Et oui, cet amour avait don de le détruire de l’intérieur à cause de chaque angoisse qui le tiraillait et qui remettait son monde entier en doute. Hors, malgré tout, Kôta n’était pas en mesure de le sortir de son existence. Il n’était pas en mesure de lui mentir puis d’inventer une excuse médiocre juste parce qu’il avait peur de s’attacher... La vérité était que, au fil des jours, la peur de le perdre était devenu tellement plus forte que non, le jeune homme n’avait pas eu d’autres choix que de s’y résigner. Il avait besoin de ce garçon dans sa vie. Sans lui, rien n’était pareil... Toutefois, ça ne l’avait pas aidé à faire le premier pas après la catastrophe qui avait renversé Busan... Cela ne l’avait pas aidé à affronter ses démons puis l’appeler, pensant sans arrêt qu’avec le temps, il y parviendrait. Mais c’était ce temps qui avait joué en sa défaveur... Et il n’avait aucune excuse.

Oui, il avait été occupé avec les patients du tremblement de terre et aussi sa propre condition pour laquelle il devait accorder une attention minutieuse néanmoins ça ne justifiait pas son silence auprès du musicien. Ses réponses brèves, il aurait pu facilement les expliquer puisqu’il n’avait jamais été un grand amateur de messages et en envoyait que rarement. Hors, malgré ça, il n’avait pas cherché à le contacter pour autant. Ce n’était pas l’envie qui avait manqué ceci dit, il y avait songé plusieurs fois, fixant l’écran de son téléphone pendant de longues minutes avant de se rétracter puis de le balancer doucement sur sa table de nuit. C’était de sa faute, il en avait conscience seulement après avoir mis tant de temps à l’appeler et à rester silencieux, tel un adolescent, il n’avait pas osé effectuer ce pas là. Et au bout du compte, c’était Gabriel qui avait pris l’initiative le premier en se rendant à son appartement il y a quelques semaines en arrière. S’il n’en avait rien montré à ce moment précis, son coeur s’était affolé en le voyant et il avait été soulagé de pouvoir enfin entendre sa voix mais sa bêtise, sa maladresse l’avait conduit à tout gâcher. Il n’avait pas su s’expliquer, il n’avait pas su glisser ses inquiétudes de côté et cette photographie... Cette maudite photographie l’avait rendu tellement plus vulnérable. Sans ça, certainement que le chirurgien aurait été plus apte à gérer la confrontation mais cette simple image avait suffi à raviver en lui tout ce qu’il avait durement tenté de chasser... Ca avait ravivé ses cicatrices qui n’avaient jamais été pansé à cent pourcents et toutes  ses craintes n’avaient fait que s’amplifier. Il avait agi sous la pression et s’il avait pu se reprendre rapidement, il aurait probablement souhaité le rattraper, lui dire qu’il se méprenait, que ses sentiments étaient sincères cependant à cause de l’ampleur de ses souvenirs, Kôta n’avait pu effectuer le moindre mouvement, il n’avait pas pu prononcer le moindre mot non plus. Et aujourd’hui encore, ça lui était douloureux de devoir se forcer à s’ouvrir un peu plus mais il avait conscience que s’il ne faisait pas d’efforts, ils ne pourraient jamais avancer ensemble.

Voilà pourquoi, sans le lâcher, s’agrippant toujours un peu plus à lui, d’une voix frêle et fébrile, il avait tenté de lui faire comprendre son attitude et lui avouer qu’il avait paniqué. Certes, cela ne serait jamais suffisant pour que Gabriel ne discerne totalement son comportement cependant il s’agissait déjà d’un bon début. Et s’il culpabilisait déjà énormément, s’apercevant parfaitement que l’idiot qui compliquait les choses dans l’histoire n’était rien d’autre que lui, les paroles du jeune homme ne l’avaient pas aidé à se sentir mieux. Pas une seule fois, Kôta n’avait souhaité le blesser... Chacun de ses silences, chacune de ses absences, il avait ses raisons et oui, cela aurait certainement été mieux s’il s’était montré plus communicatif dés le départ.
Ses phalanges s’étaient crispées plus fortement à l’entente de cette révélation, ne supportant pas l’idée de l’aimer autant et d’être la raison de son mal-être... Lorsqu’on aime quelqu’un, n’est-on pas censé le faire sourire ? Là aussi, vraisemblablement, il avait échoué lamentablement.

« Pardon. »

Encore et toujours. Il n’aurait pu dire du combientième il s’agissait au vue du nombre de fois où il s’était excusé ce matin cependant il était plus que sincère et la fragilité qui se reflétait dans sa voix, dans le moindre de ses gestes en était la meilleure preuve. Se reculant de quelques centimètres, ses prunelles s’étaient noyées dans les siennes et bien qu’il soit touché par les paroles de son vis-à-vis, il n’avait pu effacer tous les sentiments de culpabilité qui infiltraient son être. Et comme si ce n’était pas suffisant, ce qu’il avait tant appréhendé s’était passé à cet instant précis où sans que Gabriel ne bouge les lèvres pour lui parler, il avait entendu soudainement chacune de ses pensées. Sa bouche était restée cousus, retenant toutes ses paroles qui avaient menacé de s’échapper subitement, lui avouer à haute voix que non, le musicien n’avait pas le droit de le quitter, que non, ce n’était pas mieux ainsi... Toutefois, lui qui était si inexpressif habituellement n’avait pu camoufler cette peur folle qui avait brillé dans ses pupilles jusqu’à ce qu’il n’ose lui déclarer ne pas vouloir le perdre...

Là aussi, il aurait désiré répondre aux propos de l’hôte, lui expliquer que ce n’était pas ça le problème et que même si c’était compliqué, il avait envie de communiquer avec lui. Il avait envie de lui faire confiance et que cela faisait un moment déjà qu’il avait fait le choix de lui accorder une chance. Hors, on ne changeait pas une personne du jour au lendemain... Il ne pouvait pas être si bavard sur sa vie et sur ses angoisses si soudainement... Et la vérité était que ce qui l’avait vraiment paniqué était justement cette image que le garçon avait récupéré chez lui. Ni plus, ni moins. A cet instant là, peu importait ô combien le chirurgien aurait voulu lui donner des explications, son passé l’avait tant envahi qu’il n’avait pu dire quoi que ce soit. Le pourquoi certainement, il avait argumenté ses propos, tentant de lui faire comprendre la complexité du problème... Aborder ce sujet était douloureux, tellement pire encore et c’était également la raison pour laquelle, Kôta persistait à rester évasif.

N’ajoutant rien de plus, tel un pantin, la tête baissée, il s’était laissé tirer vers la chambre sans plus jamais rien savoir de ses pensées. N’était-ce pas bizarre ? C’était toujours comme ça. On lui donnait des bribes et lui ignorait à chaque fois à partir de quand ça commençait et quand est-ce que ça finirait. Mais avec Gabriel, il était plutôt soulagé qu’on ne lui laisse pas en connaître trop. C’était trop effrayant.
Le médecin n’avait donc pas rechigné, écoutant sagement les ordres de son interlocuteur alors que malgré son pantalon mouillé, il s’était installé sur le rebord du lit. Et, il n’avait pas bougé.

Lorsqu’il s’était enfin motivé à relever la tête, c’était quand le musicien était revenu dans la pièce et qu’il avait fixé les récipients que celui-ci tenait entre ses mains. Machinalement, le médecin l’avait regardé dans les yeux avant de secouer légèrement la tête, un moyen comme un autre de lui dire qu’il n’en voulait pas. Il n’avait pas faim. Il n’avait pas soif non plus... Sans parler du fait qu’avec son état de ces derniers jours, il avait également peur de ne pas le supporter.

Kôta avait naïvement pensé que, peut-être, Gabriel ne l’interrogerait pas de suite sur ce sujet là, qu’il aurait un petit peu de répit cependant dans le fond, ce n’était pas si surprenant. Cette photographie était certainement le plus gros obstacle à leur relation... Là aussi, il aurait désiré parvenir à rester indifférent, ne rien exprimer mais ses gestes avaient parlé à sa place. Ses doigts s’étaient pliés avec force sur le tissu de son pantalon tandis qu’il avait machinalement détourné la tête sur le côté... Etait-il vraiment prêt à en parler ? Lui-même l’ignorait. Il n’avait jamais oublié et le simple fait de le mentionner compressait son coeur si violemment qu’il se demandait comment il faisait pour être encore en vie à l’heure qu’il était ? Son souffle s’était fait plus haletant, stressé de cette question alors que son corps s’était mis à trembler. Il n’avait rien contrôlé, enseveli par la panique, et si son vis-à-vis s’était quelque peu rapproché, certainement inquiet de son attitude, il n’avait pu maîtriser son bras qui s’était élancé brusquement, faisant aussitôt tomber l’une des tasses qui s’écrasa sur le sol. De plus bel, ce ne fut que de faibles « pardon » qui quittèrent sa bouche jusqu’à ce que les paupières closes, le garçon tenta vainement de se calmer. Il n’avait pas envie que tout ça recommence, qu’il ne se dispute à nouveau avec Gabriel à cause de son comportement hors c’était beaucoup plus facile à dire qu’à faire... Dans la panique, ses doigts étaient finalement venus se saisir vivement des siens à présent libres et les serrant le plus fort possible, comme si sa vie en dépendait, il s’excusa encore une fois.

- J’ai cassé ta tasse... Expliqua-t-il, les yeux baissés, tel l’enfant qui avait fait une grosse bêtise. Ce qui ne répondait évidemment pas à la question du musicien. Hors, les tremblements qui parcouraient sa main démontraient clairement sa hantise et son angoisse à propos de cette histoire.

Il allait lui dire... Il ne fuirait pas mais il ne demandait qu’un peu de temps pour se reprendre, pour accepter la dure réalité parce que jusqu’à maintenant, il n’en avait jamais parlé ouvertement. Vraiment jamais. Et c’était sûrement le pourquoi ça faisait si mal.
Un long silence régna alors sans que ses phalanges ne se séparent des siennes, son pouce choyant le dos sa main avec douceur  tandis qu’il essayait de calquer le flux de ses pensées au rythme tendre de ses gestes. Une manière délicate de se détendre et de, surtout, se concentrer principalement sur autre chose que sur ce tiraillement qui touchait son âme.

- Seiji. Avoua enfin Kôta après de très longues minutes, gardant toujours son visage rivé vers le sol tandis que, malgré les efforts inconditionnels qu’il y mettait, ses doigts serrèrent plus forts ceux de son vis-à-vis, Le garçon de la photo. C’était un collègue à moi pendant mon internat à Tokyo.

Un jeune homme qui lui avait enseigné tellement de choses, qui l’avait rapidement accepté tel qu’il était et n’avait jamais eu honte d’être ami avec une personne aussi froide que Kôta. Peu importait ce que les autres pouvaient dire, Seiji le comprenait et il lui était précieux. Il faisait partie de cette bande qui lui avait montré la vie autrement à l’époque, qui l’avait aidé à s’épanouir avant de, oui, le replonger dans cet endroit froid qui l’avait toujours catégorisé. C’était son bouclier, son moyen de se protéger et de fuir les problèmes. Ils avaient été les premiers à l’apprécier, à lui offrir une chance mais après l’incident, ils avaient également été les derniers...

- On s’entendait vraiment bien mais...

Il marqua un instant de silence, la pression de ses doigts s’accentuant avant qu’il n’avoue finalement ce qui l’avait toujours traumatisé jusque là :

- Il est mort... C’était pendant ma dernière année.


Avouer comment, pourquoi, le médecin n’en était pas capable. Il y avait malgré tout encore des limites de ce qu’il arrivait à dire et ce qu’il ne pouvait pas... Il aimait Gabriel. Réellement. Comment lui dire que toute cette angoisse qui l’accaparait jusque là était à cause de tout ceci et que comme il le lui avait plus ou moins révélé plus tôt, il ne supporterait pas de le perdre lui aussi.


   
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Lun 11 Déc - 8:47

   
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Tenue |« Ce n’est pas une raison. »

Gabriel fronça les sourcils. Oui, pour lui c’était une bonne raison. Comment aurait t’il pu continuer à se raccrocher alors qu’à chaque pas que le jeune homme faisait vers lui, Kota reculait ? Sans aucun doute que le japonais pouvait comprendre ce que ca faisait, de voir ses sentiments piétinés, même par simple maladresse. Car évidemment, Gabriel savait que le japonais n’avait jamais vraiment voulu lui faire du mal. Mais c’était fait. Et sa douleur était légitime, car il était épuisé. Il avait son lot de choses à affronter dans sa vie de tous les jours, et il avait jusque là toujours été là pour le médecin. Mais quand les choses se seraient inversées, alors Gabriel n’était pas tout à fait sur de pouvoir trouver quelqu’un au bout du fil, et c’était ce qui lui faisait mal, ce qui, jusqu’ici, l’avait empêché d’envisager une relation plus sérieuse avec Kota.

Si au moins il avait su la raison de son comportement gounaffier ? Gabriel ne se serait certainement pas emporté comme il l’avait fait. Peut être qu’il ne serait pas venu chez lui à l’improviste, et peut être qu’il ne serait jamais tombé sur cette photographie. Ils n’en seraient pas là, à se faire du mal. Avant, Gabriel n’aurait jamais pensé avoir autant de mal à communiquer avec quelqu’un. Et c’était douloureux, parce que malgré tout, il le comprenait et l’aimait toujours.
Alors oui, Gabriel avait eu ses raisons de se détourner de lui, au moins un temps. Personne ne mérite d’être traité comme si il n’était personne sous prétexte de soucis extérieur. Personne. Et sûrement pas lui.
Il espérait que si Kota était présent ce soir, alors c’est qu’il l’avait compris.

« Pardon. »

Les résolutions de Gabriel s’écroulèrent parce qu’il sentait que même si il était encore très maladroit, Kota ne lui mentait pas. Ce n’était pas le genre de personne à s’excuser, simplement pour avoir ce qu’il voulait. C’était sincère. Sa posture finit par s’adoucir légèrement.
“Je ne te pardonne pas encore mais...merci.” finit t’il par murmurer, bien que derrière son visage se cachaient les prémices d’un véritable pardon. Il ne voulait pas voir le jeune homme se torturer, car un pardon ne s’obtenait pas en répétant les mots comme un mantra. Gabriel n’était pas rancunier, mais il lui fallait des actes, quelque chose auquel il puisse se raccrocher pour qu’il puisse se dire qu’ils avaient encore une chance, malgré tout

Le jeune homme avait embarqué Kota dans sa chambre. Quelque chose dans son manque de foi et de vivacité lui faisant très peur. Il finit par ne pas le laisser transparaitre, et le fit s’asseoir doucement au bord de son lit, avant de quitter la pièce, pour se diriger vers la cuisine.
La lumière du néon lui fit plisser les yeux. Heureusement qu’il ne travaillait pas comme les gens normaux, sinon être réveillé à 5h du matin et pendant encore une bonne partie de la nuit aurait forcément été pénible pour lui.

L’orage gronda légèrement à l’extérieur alors que la théière se mettait à siffler. Il versa alors le liquide brûlant sur les deux feuilles de thé, qui réchaufferaient les membres sans aucun doute congelés du plus jeune. Plus jeune qui était resté bien sagement sur le lit.
Alors, tout lui revint en mémoire. La raison pour laquelle il n’avait pas voulu revoir Kota. La véritable raison de leur “rupture”.
Cette photographie. Cette photographie qui le hantait tous les jours parce qu’un horrible monstre en lui lui murmurait que c’était cet homme et seulement lui qui rendrait heureux Kota, et pas Gabriel. Gabriel n’était qu’un passe temps, comme pour tout le monde.
Il voulait savoir. Quelque chose en lui laissait une curiosité morbide l’envahir, et il voulait entendre Kota lui dire qu’il aimait quelqu’un d’autre. L’envie, peut être, de ne pas rester dans le doute.

Mais sa demande, qui lui avait paru si légitime, sembla plonger le jeune homme dans un état de stress intense. Si bien qu’il commença à trembler si fort que le jeune homme se rapprocha de lui. “Kota ? Kota ? Ca ne va pas ?” Tout se passa très rapidement, mais ce fut suffisant pour que quelque chose de froid et de sombre ne se glisse dans son estomac. sa tasse préférée vola en éclat sur le sol, s’éparpillant dans la pièce comme des pétales de fleur tranchants.
Kota sembla revenir à lui au moment ou le lourd bruit du verre se brisant sur le sol se fit entendre dans la chambre, et sans aucun doute dans tout l’appartement.
Il s’excusa, encore et encore, alors que Gabriel fixait les morceaux de verre comme si ils pouvaient lui donner les réponses à ses questions.

“Quelque chose… quelque chose ne va pas.” murmura t’il brusquement. Il se pencha et attrapa un morceau de porcelaine entre ses doigts. . “Qu’est ce qui t’es arrivé ?” Kota avait changé. Quelque chose en lui avait changé. Il semblait se briser plus vite qu’il n’arrivait à se recoller, et Gabriel était inquiet pour lui, et d’autres choses n’avaient plus vraiment d’importance.

- J’ai cassé ta tasse…

Gabriel fit en silence le deuil de la tasse que sa mère lui avait offert peu de temps avant de mourir, et soupira légèrement, serrant ses doigts dans les siens. “C’est rien, j’ai d’autres tasses.” finit t’il par murmurer. Il avait la sensation d’être le fautif dans l’histoire, même si il ne savait pas comment.
Les caresses du plus jeune sur sa main le firent relever les yeux, et il fixa Kota avec douceur, comme si ils attendaient tous les deux quelque chose.
Et finalement, c’est le plus jeune qui prit la parole.

- Seiji. Gabriel sursauta, ne s’attendant évidemment pas à ce qu’une réponse ne sorte de sa bouche. Seiji donc. Pourquoi parler de ce jeune homme le mettait dans de tels états ? Ils avaient pourtant l’air si heureux sur cette photo. Le garçon de la photo. C’était un collègue à moi pendant mon internat à Tokyo.

Etait ? pensa le jeune homme alors qu’il ne protestait pas, en sentant les ongles du garçon lui rentrer dans la peau fragile de ses mains. Et soudainement, il se demanda si il ne s’était pas encore une fois fourvoyé.
Cet homme était de toute évidence cher au médecin...Mais pourquoi parler de lui au passé et avec une telle mélancolie, si il était encore dans sa vie ? Un ex petit ami qu’il n’arrivait pas à oublier ? Plus que ça encore ? Plus que ce qu’il ne pourrait imaginer ?

- On s’entendait vraiment bien mais...

Gabriel ne dit rien, mais il serra lui aussi les doigts du jeune homme dans les siens.

- Il est mort... C’était pendant ma dernière année.

Gabriel déglutit alors que l'ampleur de la chose lui tombait dessus. Alors...alors tout était plus clair pour lui. La photographie, glissée comme un mémorial secret dans un livre. La panique et la douleur sur le visage de Kota quand Gabriel l’avait découvert. La même panique qu’il avait ressenti ce soir, quand Gabriel lui avait de nouveau demandé des explications.
Quelque chose le brulait au niveau des yeux, et il se rendit compte que les sentiments de Kota était si puissants qu’ils le heurtaient de plein fouet. Et c’était comme si, lui aussi, il avait perdu Seiji.

“Tu l’aimais, pas vrai?...” murmure le garçon, sans une once de reproche ou d’amerturme. Simplement un signe qu’il avait compris. Qu’il comprenait ce que Kota n’avait pas réussi à lui dire jusqu’ici.
“Pardonnes moi.” C’était à son tour de s’excuser, maintenant. “ Je suis désolé Kota… Comme d’habitude, je n’ai pas réfléchi. Je me suis fait mon film tout seul. Je n’aurais pas dû te forcer.”
Il serra sa main dans la sienne. “Comment il était …?” Cette fois ci, aucune obligation. Le jeune homme pouvait se confier, ou non. “Parler des personnes disparues…. c’est la meilleure façon de leur rendre hommage. Leur souvenir continue a vivre en nous.”

   
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Tachibana Kôta
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Lun 11 Déc - 10:47

   
Where there is love, there is pain
Gabriel & Kôta

Tenue | Au bout du compte, Kôta n’aurait pu dire ce qui était le plus douloureux... Si c’était réellement la mort de Seiji ou bien la manière dont celui-ci était partie. Il aurait aimé rétorquer qu’il s’agissait de certainement d’un peu des deux néanmoins au fond de lui, il savait que ce n’était pas le cas. Evidemment que perdre un proche l’avait affecté et que ça l’affecterait toujours cependant il n’était pas aussi faible... Avec le temps, il aurait appris à le surmonter puis vivre avec parce que non, son ami n’aurait jamais souhaité qu’il se morfonde autant sur son sort à cause de sa disparition. Ce qui valait le coup pour aujourd’hui également d’ailleurs cependant, c’était différent. Quoi qu’on dise, le chirurgien n’était pas en mesure d’effacer ce jour noir de son existence qui avait marqué au fer rouge sa mémoire. Il ne pouvait pas oublier cet instant où son collègue avait été amené en urgence à l’hôpital, pas même les vêtements que ce dernier portait ce jour-là ni son visage pâle et inanimé. Il ne pouvait pas oublier l’ordre qu’on lui avait confié et qui avait tant fait battre son coeur qu’il avait cru à plusieurs reprises manquer de faire une crise cardiaque. Sincèrement, il avait tout donné. Pas une seconde, il n’avait baissé les bras et il avait vraiment fait tout ce qu’il avait pu, sauf que ça n’avait jamais suffi. Lui-même à cet instant là avait remis en cause toutes ses compétences et on avait beau lui avoir répété que le meilleur chirurgien de l’hôpital aurait fait comme lui, que Seiji n’était pas en état d’être sauvé à l’heure où on l’avait amené, Kôta n’avait jamais pu y croire, encore moins s’en convaincre. Et c’était une histoire qui le marquait encore à l’heure actuelle pour cette raison. Parce qu’il n’avait jamais réussi à éteindre cette culpabilité qui le rongeait, que c’était entre ses mains qu’on avait confié le corps de son collègue mais qu’il était celui qui au final l’avait tué... Les images n’avaient jamais arrêté de le hanter, il en faisait encore des cauchemars parfois et c’était surement aussi la raison pour laquelle il avait eu ce mauvais rêve ce soir... Il réalisait de plus en plus l’importance que Gabriel avait dans son coeur et ô combien le perdre devenait terrifiant. L’attachement était effrayant, horrifiant toutefois ne serait-ce pas encore plus terrible si quelque chose lui arrivait sans qu’il n’ait pu clarifier quoi que ce soit. Est-ce que son esprit avait tenté de lui faire comprendre cela ? Probablement... Le pourquoi, le jeune homme souhaitait faire quelques efforts, tenter de le renseigner sur sa vie, sur son passé et cette photographie qui avait plus que perturbé son vis-à-vis. Malheureusement, rien n’était simple et lui n’avait pas su surpasser son traumatisme au point même de casser cette pauvre tasse qui s’était brisé sur le sol. Il était désolé. Vraiment. Il aurait voulu ne jamais en arriver là et ne pas déstabiliser Gabriel plus qu’il ne l’avait déjà fait. Il l’avait blessé et quoi qu’il dise, il n’avait pas d’excuses pour cela. Et c’était normal que le musicien ne le pardonne pas, après tout il n’avait que ce qu’il méritait.

Hors, si le médecin avait choisi d’avouer ce qu’il avait toujours gardé caché, ce n’était aucunement pour recevoir son pardon... C’était parce que ce jeune homme avait pris une place si grande dans sa vie qu’il ne voulait plus l’en sortir. Et ça, il ne pouvait pas le faire en taisant la vérité. C’était douloureux, certainement plus encore, cependant Gabriel avait le droit de savoir... Il avait le droit de savoir qu’il n’était pas qu’une histoire d’un soir, qu’un garçon de passage et qu’il valait tellement, beaucoup plus que cela.

Les mains tremblantes, la respiration encore haletante, en silence, bien que son visage n’exprimait aucune l’étonnement qu’il avait pu éprouver, la question de son interlocuteur l’avait énormément surpris. C’était comme un coup de massue qu’on lui attelait sur le crâne, comme une bombe sortie de nul part, un électrochoc. Seiji... Est-ce qu’il l’aimait ? C’était une très bonne question... Si on lui avait demandé cela à l’époque, probablement que Kôta aurait répondu que « oui », il était tombé amoureux de cet homme qui l’avait aidé à s’ouvrir plus au monde mais maintenant qu’il y pensait, était-ce vraiment le cas ? Son collègue lui avait toujours été précieux et il lui devait beaucoup... A un tel point qu’il s’en était voulu à plusieurs reprises d’éprouver de tels sentiments pour quelqu’un qu’il n’aurait jamais, qui avait déjà une famille et vivait une vie plus qu’heureuse. Mais, en vérité, il s’agissait certainement de sentiments plus que confus parce qu’il n’avait jamais aimé sincèrement jusque là, parce qu’il n’avait jamais eu d’amis sur qui comptait et que Seiji avait été tout ça. Il avait été son premier ami, son confident, son héro aussi... Peut-être que le qualifiait comme un frère de coeur aurait été plus correcte seulement ceci, il ne s’en apercevait que maintenant puisque à la différence d’autrefois il y avait quelqu’un qu’il aimait sincèrement.

Ses yeux s’étaient naturellement égaré en sa direction alors qu’il secouait doucement la tête pour lui faire comprendre que non, ce n’était pas à Gabriel de s’excuser. Il n’avait rien fait de mal. C’était lui le fautif... C’était lui qui ne parlait pas souvent de sa vie, qui ne disait aucun mot pour le rassurer et qui ne lui accordait certainement pas assez d’attention. Est-ce que s’il avait été plus ouvert d’esprit et plus chaleureux, leur situation aurait été différente ? Ses doigts se serrèrent un peu plus aux siens sur cette réflexion avant que son coeur ne rate un battement et qu’une poussée de stresse ne revienne s’emparer de son être de plus bel à la question de son vis-à-vis. Il ne voulait pas parler de ça... Malgré tout, cela restait une plaie qui n’avait pas encore cicatrisé et qui l’inquiétait toujours plus lorsque son regard croisait celui de Gabriel et qu’il songeait au fait qu’il pourrait le perdre si facilement lui aussi. Si ses phalanges rompirent l’étreinte, ce n’était que le temps de se saisir de l’autre tasse que le musicien tenait puis de la déposer plus soigneusement sur la table de nuit. Ce n’était qu’à ce moment précis, qu’il encercla sa taille de ses bras, l’obligeant ainsi à se rapprocher devant lui afin qu’il puisse caler confortablement son front contre son torse. Un faible silence naquit dans la chambre, ses bras renforçant l’étreinte alors qu’il avait fermé ses paupières de façon à calmer les battements de son coeur qui s’affolaient et se détendre complètement. Il n’y avait que Gabriel pour lui provoquer cet effet là... Il n’y avait que lui pour l’apaiser de cette manière bien que, à la fois, ça l’angoissait terriblement.

- Je ne l’aimais pas... Finit par révéler le chirurgien dans un chuchotement, presque un murmure, Du moins, pas de cette façon là...

Ses doigts s’agrippèrent plus dangereusement au haut du musicien comme si, s’il le lâchait, il risquait de se noyer et ne plus être en mesure de sortir la tête de l’eau. Il avait si peur... Et c’était difficile à croire que cet homme dure et froid était ce même individu si fragile qui s’accrochait aussi violemment, comme si sa vie toute entière en dépendait. Hors, au final, c’était probablement le cas. Gabriel était sa bouée de sauvetage. S’il coulait, Kôta coulerait aussi. Et chacun de ses gestes le montrait... Lui qui n’était pas si bavard, qui ne se confiait jamais, n’avait finalement plus cherché à s’en cacher. Il ne le désirait pas... Parce qu’il avait cet désagréable que s’il ne le disait pas maintenant, il ne le dirait jamais et le musicien s’en irait... En premier lieu, ça n’avait été qu’un faible murmure, quasi inaudible, à se demander s’il ne s’agissait pas d’un mirage. Pourtant ce « je t’aime. » avait bel et bien franchi la porte de ses lèvres... Infime, brisé, effrayé aussi mais il avait été là tel une douce mélodie à laquelle on ne croit plus. De simples mots que le garçon n’avait pu s’empêcher de répéter une seconde fois, plus révélateurs, plus forts mais toujours autant brisé d’émotion alors que ses phalanges s’accrochaient désespérément au tissu de l’autre jeune homme.

- Je t’aime... Répéta-t-il donc en le serrant avec toujours plus d’intensité, Ne me laisse pas, je t’en prie...

Puisque en vérité, plus que son passé, plus que sa culpabilité et Seiji, c’était ça qui l’effrayait le plus à l’heure actuelle.

   
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Jung Gabriel
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Jeu 14 Déc - 8:43

   
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Gabriel & Kôta

Tenue |Si Gabriel s’était attendu à ce genre de révélation ? Non, à vrai dire, il s’était tout imaginé sauf ça. Il s’était imaginé un petit ami, un amour d’enfance, ou quelqu’un qu’il ,n’arrivait tout simplement pas à oublier. En quelques sortes, il avait raison. Mais c’était bien plus que ça encore. Seiji était la raison pour laquelle Kota était si fermé, et qu’il n’avait cessé d’essayer de le repousser, jusqu’à ce que l’insistance du jeune homme et les sentiments qu’ils partageaient ne le fasse flancher.
Soudainement, Gabriel se sentait comme le coupable de l’histoire. Celui qui avait pensé que son compagnon l’avait trompé, manipulé. Qu’il ne l’avait jamais apprécié.
Il avait cru que cette photo était la raison pour laquelle ils ne pourraient jamais faire marcher ce qu’ils avaient...mais c’était encore plus que ça.

Seiji, bien malgré lui, avait emprisonné Kota dans ses souvenirs et sa peur de voir l’histoire se répéter. Maintenant, tout semblait tellement clair pour Gabriel que s’en était presque risible.

Il avait peur de le voir disparaître comme Seiji avait disparu. Il était terrifié, et comme l’idiot qu’il était Gabriel lui avait donné raison en disparaissant de sa vie sans demander son reste, juste au moment ou il aurait du faire face, et être réellement coriace.
Le garçon ne put s’empêcher alors de s’excuser, platement. S’excuser pour sa lâcheté, mais aussi s’excuser pour le monde entier qui n’avait cessé d’assurer que Kota ne connaîtrait plus le bonheur.

Il comprenait, à présent. Gabriel savait ce que ca faisait, que de perdre quelqu’un, en particulier quand on s’en sentait coupable. Il aurait aimé avoir été là depuis le début, alors peut être que si il avait été plus rapide...moins idiot, il aurait pu faire du damage control, essayé de ne pas avoir à ramasser le coeur brisé de son compagnon pièce par pièce. Mais si c’était ce qu’il fallait qu’il fasse pour le voir sourire à nouveau, alors Gabriel le ferait. Il passerait sa vie à recoller soigneusement les morceaux, si il le fallait. C’était une promesse folle, mais étrangement facile à faire.

- Je ne l’aimais pas... Gabriel releva les yeux vers son compagnon, surpris. Du moins, pas de cette façon là...

Gabriel baissa les yeux sur son t-shirt de pyjama, froissé à force d’être aggripé comme une bouée de sauvetage. Et comme si il avait deviné que son compagnon perdait pieds, il posa fermement ses mains sur ses bras et le ramena au rivage, contre lui. Il ne le lacherait plus, et ne le laisserait jamais dériver à nouveau, il s’en fit la promesse. C’est alors que quelque chose, un murmure, se glissa hors des lèvres du plus jeune, et le coeur de Gabriel avait raté un battement. Parce qu’il était terrifié, terrifié d’avoir mal entendu et de se faire des illusions.

Il avait envie de lui demander de répéter, et pourtant, les mots restèrent coincés dans sa gorge, alors qu’il se décalait pour chercher le regard du japonais. Il n’eut pas besoin de lui redemander, cependant, car Kota le répéta, comme si lui même ne pouvait pas croire que tout ça sortait de sa bouche.
Gabriel ne put s’empêcher de se dire qu’ils étaient deux beaux idiots, à s’émerveiller d’une chose qu’ils savaient déjà depuis longtemps.

- Je t’aime... Quelque chose de dure à expliquer restait coincé dans la gorge du jeune homme, mais il s'efforça de le ravaler… Parce qu’il n’avait strictement aucune envie de fondre en larmes le jour ou Kota il avouait enfin ses sentiments. Ne me laisse pas, je t’en prie...

Le jeune homme se remit à respirer, comme si Kota l’avait sorti à son tour de l’eau dans laquelle il se noyait, pour ces simples quelques mots. Gabriel posa ses mains sur ses joues, caressant lentement la peau mouillée sous ses doigts brulants, et il plongea, comme un noyé cherchant sa dose d’oxygène dans l’océan qu’était Kota. Il l’embrassa comme si sa vie en dépendait, restant extrêmement doux, avec la sensation que le jeune homme pourrait lui glisser entre les doigts si il le serrait un peu trop fort.
Finalement il se sépara de lui pour reprendre son souffle, et caressa ses joues.

“Je suis là… bon sang, et je t’aime tellement que ca me fait mal.” souffle le garçon, sa sincérité frappant de tous les côtés. Il n’avait jamais été capable de garder ses sentiments pour lui, encore moins quelque chose d’aussi important.
Il caressa ses joues de ses pouces avant de continuer. “Et même si je ne peux pas savoir de quoi l’avenir est fait… Je te promets de rester avec toi, aussi longtemps que tu le voudras.”
Il embrassa finalement son front, d’un geste à la tendresse désarçonnante.
“Je ne suis pas Seiji.” souffle Gabriel. “Et l’histoire ne se répète pas.” Il sourit. “Je n’ai jamais réellement cru au destin, de toute manière.”

Il caresse lentement ses cheveux, ses épaules et ses bras. “Oublions… tout ca. D’accord ? Juste...restes avec moi pour cette nuit.” souffle Gabriel, sachant à moitié que de toute manière, le médecin ne voudrait certainement pas le quitter d’une semaine pendant un long moment. Et demain. pensa t'il presque malgré lui, ne voulant plus se réveiller dans un lit vide.


   
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Tachibana Kôta
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Jeu 14 Déc - 11:41

   
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Gabriel & Kôta

Tenue |

Jamais Kôta n’aurait pu imaginer avouer ses sentiments à quelqu’un un jour. Il n’était pas de ceux qui parlaient beaucoup. Il n’était pas non plus de ceux qui déclaraient ce qu’ils ressentaient à tout va ni qui complimentaient si facilement leur entourage. Lui faisait plus partie de la catégorie de ceux qui en règle général, par pure maladresse, clamaient le contraire de ce qu’ils éprouvaient... Peut-être aussi parce que s’attacher, prendre le risque de s’engager était quelque chose qui l’avait toujours effrayé et qu’il préférait prendre la fuite plutôt que sauter les obstacles. L’amour était un sentiment terrifiant, certainement bien plus qu’il n’aurait pu le concevoir et à l’heure actuelle, il se rendait compte à quel point il s’agissait également d’un sentiment fort, si fort qu’on ne devait le ressentir sincèrement très certainement qu’une fois dans sa vie. Cela avait beau lui faire peur, plus que tout, pour la première fois de son existence, il avait eu envie d’affronter ses craintes, avancer et ne plus reculer. Parce que s’il restait derrière, le jeune homme était sur qu’il en pâtirait encore plus. Gabriel n’était pas Seiji... Non pas à cause de cet incident qui avait marqué son coeur mais parce que les sentiments qu’il éprouvait à leur égard différait. Tous deux avaient eu - avait toujours en l’instant présent - une place importante dans le creux de son âme. Il ne serait jamais en mesure de les oublier et peu importait à quel point il essaierait, c’était une chose qu’il ne pourrait pas faire, il le savait. C’était sûrement la raison pour laquelle ça lui avait fait si peur... Il n’avait eu de cesse de revoir cet évènement qui l’avait brisé, qui l’avait renfermé sur lui-même de plus bel alors qu’il voyait son histoire se reproduire. Seiji était cet ami qui l’avait aidé à voir la vie autrement, qui l’avait sorti de ce cocon dans lequel le médecin se réfugiait et qui lui avait fait comprendre qu’il ne le jugerait jamais pour celui qu’il était mais que pour son propre bonheur, il aimerait le voir plus épanoui. Et c’était ce que Kôta était devenu. Il avait baissé sa garde, il avait découvert comment s’amuser, ce que c’était que d’avoir vraiment quelqu’un sur qui compter en dehors de son grand frère et ça lui avait fait un bien fou. Il s’était senti plus léger, plus libre jusqu’à ce que tout redevienne flou et le noie dans cette obscurité sans qu’il ne sache et ne veuille réellement en sortir. Puis, voilà que Gabriel était apparu dans sa vie, qu’il s’était battu pour obtenir son attention et qui n’avait jamais remis en question le moindre de ses actes. Peu à peu, le chirurgien avait bien réalisé qu’il commençait à changer, à baisser sa garde et surtout, à s’attacher. A s’attacher plus durement qu’il n’avait pu le faire par le passé, alors du mieux qu’il l’avait pu, il avait construit des murs pour se protéger, pour ne plus jamais revivre ce qui avait fait l’anéantir auparavant néanmoins rien n’avait fonctionné... Le musicien était beaucoup trop fort et très fermement ancré dans son esprit ainsi que dans son coeur. Ca avait été difficile pour lui de prendre conscience de chacun de ses sentiments et surtout tenter d’aller de l’avant avec une aussi grosse séquelle marquée dans son âme. Une séquelle dont son vis-à-vis ignorait en ce jour... Certainement le pourquoi il lui avait posé cette question fatidique, lui demandant si Kôta avait aimé son collègue... C’était vrai que pour réagir avec autant d’intensité, il y avait eu de quoi s’interroger. Hors, ça n’avait rien à voir et ce n’était pas tant la perte de son ami - un peu évidemment - mais la façon dont celui-ci était partie et toute cette culpabilité qui rongeait son être.

Petit à petit, il ne savait pas si c’était à cause de son état actuel, à cause du surplus d’émotions qui l’avaient parcouru ces dernières minutes ou bien le fait d’avoir autant pleuré, cependant sa tête avait commencé à lui tourner légèrement alors qu’il se tenait avec le peu de force qui lui restait au pyjama de l’autre garçon. Lui avouer qu’il l’aimait avait été sérieusement la dernière chose qu’il aurait pensé révéler un jour cependant ça avait été comme un besoin, une nécessité mais aussi une envie que Gabriel comprenne que non, il n’était pas n’importe qui à ses yeux, pas qu’une histoire de passage mais tellement plus que cela.

Un brin surpris par ses lèvres qui avaient soudainement pris position des siennes, le médecin ne se laissa toutefois pas décontenancé trop longtemps, allant rapidement répondre à ce baiser. Une sensation qui lui avait énormément manqué ces dernières semaines et qu’il était content de retrouver. Il n’y avait pas toujours besoin de paroles pour transmettre tous ses sentiments et cet échange en était la preuve même. Amour, peur, passion, douceur, angoisse... Tant d’émotions que le concernant, ça ne lui était pas si simple de mettre des mots dessus. Ce « je t’aime » qu’il avait déclaré n’était pas que trois petits mots. Il représentait énormément. Une façon comme une autre de révéler qu’au bout du compte, il n’y avait que Gabriel... Et qu’il n’y aurait toujours que lui.
Entendre ses aveux lui fit chaud au coeur autant que ça le bouleversa plus que ce qu’il n’avait montré extérieurement... Puisqu’ils étaient pareils. Lui aussi l’aimait tellement que ça l’empêchait de respirer, que ça l’empêchait de dormir et qu’un rien suffisait à l’angoisser.

Ses paupières se fermèrent naturellement à la sensation doucereuse de ses lèvres qui embrassaient son front alors que les paroles du musicien le touchait de plein fouet. Savoir qu’il ne l’abandonnerait pas l’avait soulagé, toujours plus que ce qu’il n’avait exprimé mais après tout ce qui était arrivé, Kôta n’était plus sur de rien alors oui, il avait été rassuré. Un peu moins à la remarque suivante du jeune homme qui le fit automatiquement secouer la tête... Gabriel ne savait pas de quoi il parlait et il lui avait déjà demandé par le passé de « ne jamais dire jamais ». Certes, c’était vrai, il n’était pas Seiji toutefois un accident était si vite arrivé et ça valait également pour lui-même.

- Hum, fut son unique réponse avant que le chirurgien ne revienne entourer ses bras autour de sa taille puis caler sa tête contre lui. Ce n’était pas comme s’il avait eu l’intention de partir de toute façon. Il était bien ici et si on lui en donnait la permission, il aurait souhaité ne jamais avoir à se séparer de lui.
Malheureusement, il n’en avait eu guère le choix lorsqu’il avait fallu retirer son pantalon mouillé, changer de vêtements pour quelque chose de plus sec puis s’allonger confortablement dans le lit... Même si, certes, il n’avait pas attendu très longtemps pour venir retrouver les bras de son bien aimé et niché son visage dans le creux de son cou. Cela sembla être assez suffisant pour l’apaiser, le bercer et l’aider à rejoindre Morphée. Il était épuisé et assurément qu’il avait énormément besoin de sommeil...

Néanmoins, à croire qu’il ne récupérerait pas toutes ses heures si vite puisqu’il avait été le premier à se réveiller le matin suivant. Et pour une fois, ce ne fut pas à cause de la sonnerie de son téléphone mais des rayons de soleil qui avaient pénétré dans la pièce. C’était également la première fois d’ailleurs qu’il pouvait profiter d’un tel instant, qu’il pouvait profiter de ce joli visage qui dormait profondément à côté de lui et qui avec un rien était capable de le faire chavirer et battre son coeur. Un doux mais discret sourire prit forme sur ses lèvres avant que ses phalanges ne se perdent délicatement dans les cheveux du musicien puis qu’il ne se motive à se séparer et se saisir de son portable. Son écran affichait un message : celui d’un de ses collègues, le même qui l’avait interpellé au matin alors que le chirurgien s’était précipité vers la sortie sans expliquer quoi que ce soit... Hors, plus qu’un reproche ou une quelconque réprimande, l’homme lui déclarait de se reposer aujourd’hui, qu’il avait prévenu leurs supérieurs et qu’au vue de la mine affreuse que le docteur affichait ces derniers jours, c’était préférable qu’il prenne cette journée pour se relaxer. Une journée qui commençait plutôt bien puisque en toute honnêteté, Kôta n’avait éprouvé aucune envie à l’idée de travailler aujourd’hui. Bien qu’il ne l’ait pas dit, Gabriel lui avait réellement manqué et il voulait profiter de sa présence à ses côtés.

Ce qui ne l’avait pas empêché cependant de sortir du lit quelques minutes plus tard et de quitter la chambre en tentant de faire le moins de bruit possible. En premier lieu, cherchant la cuisine, il finit par farfouiller dans les placards, fronçant les sourcils à la vue de céréales et rien d’autres qui ne lui convenaient en guise de petit-déjeuner. D’une certaine façon, ça l’amusait de découvrir, ce que mangeait le musicien au matin, ça augmentait cette image quelque peu enfantine du plus vieux et indirectement, ça le faisait rire. Hors, pour ce matin, Gabriel devrait se satisfaire d’autres choses.
Résigné, Kôta se rendit dans l’entrée où il attrapa la première veste et manteau accrochée avant de sortir de l’appartement... En pyjama, oui. Son image de chirurgien, il ne semblait en avoir que faire et c’était le cas. Qui est-ce qui s’en soucier ici ? Personne. Donc, pourquoi lui devrait s’inquiéter ? Il n’était sorti que pour faire quelques courses, rien de plus.

La raison pour laquelle, c’était après être passé à la boulangerie du coin, que le jeune homme était revenu au sein de l’appartement de son hôte et qu’il avait étalé le tout sur un plateau. Honnêtement, il avait longuement hésité entre un petit déjeuner japonais ou un petit déjeuner occidental mais puisque son « amoureux » avait l’air d’aimer les sucreries, il avait opté pour la seconde option. Il avait acheté deux croissants ainsi qu’une baguette accompagné d’un pot de confiture qu’il commença donc à étaler sur le pain pendant que le café chauffait. Ce n’était pas grand chose, mais pour se faire pardonner et pour le remercier aussi, c’était le minimum qu’il pouvait faire.

- Hey, Le salua-t-il une fois de retour dans la chambre, plateau en main, alors que le musicien semblait réveillé, J’espère que tu as faim sinon je t’assure que je te les fais bouffer moi-même les tartines èé.

« Bonjour », « tu vas bien ? », « est-ce que tu as bien dormi ? » non ? A croire que le Tachibana Kôta de la veille avait déjà disparu et qu’il n’était pas prêt de réapparaître. Après tout, on ne changeait pas une personne si facilement et surtout pas quelqu’un d’aussi maladroit et fier que lui ne l’était. Puis, c’était beaucoup trop embarrassant d’agir autrement de toute manière...

   
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Dim 17 Déc - 11:11

   
Where there is love, there is pain
Gabriel & Kôta

Tenue |Ne jamais dire jamais.
Bien évidemment, aucun d’eux n’étaient voyants et ne pouvaient prévenir l’avenir. Peut être que la vie pourrait les forcer à s’éloigner l’un de l’autre, à cause de leurs différences, ou simplement à cause de cette façon bien à elle d’intervenir dans leur destin, de tirer les ficelles, et parfois de les briser. Si Gabriel promettait de ne pas abandonner Kota, cependant, c’est parce qu’il était décidé à tout faire pour la tenir, cette promesse. En lui pardonnant notamment, et en essayant de passer outre ce qu’il avait dit dans le feu de l’action, parce qu’il était paralysé par la peur. Il allait le rendre heureux car Gabby avait le sentiment qu’il en était redevable à Seiji, pour l’avoir tant maudi et détesté, alors qu’il n’était qu’un jeune homme que la mort avait emporté bien trop tot, il le devait aussi à Kota, qui était une personne exceptionnelle, un diamant brut, derrière son apparence statuesque. Et il le devait aussi à lui même, car rien ne pourrait le rendre plus heureux maintenant que de pouvoir voir Kota sourire à nouveau comme si il avait sourit à une époque. Il donnerait tout pour ça.

Alors il promit : plus pour lui que pour Kota, mais il promit de rester avec lui aussi longtemps qu’il le voudrait, et bien que son compagnon n’eut pas l’air convaincu, il semblait déjà heureux de savoir qu’il était là, bien vivant, à l’heure actuelle.
Alors Gabriel décida qu’ils avaient tous les deux eu bien assez d’émotions pour la journée. Il proposa (demanda) à Kota de rester avec lui, tout en espérant que le jeune homme n’aurait pas à nouveau disparu le lendemain. Que tout cela n’aie été qu’un rêve. Mais la force de ses sentiments lui écrasant la poitrine était bel et bien réelle, elle, alors il supposait qu’il n’aurait pas vraiment de surprise.

Kota ne semblait évidemment pas motivé à se lever, mais Gabriel, bien qu’il l’aimait, n’allait certainement pas le laisser dormir dans son magnifique lit avec son jean mouillé. Aussi, au bout d’un petit moment de débacle, il réussit à mettre son compagnon dans une paire de pantalons de pyjama en soir, et l’avait enroulé dans sa couverture comme un véritable burrito, et l’avait rejoint quelques secondes plus tard seulement, sombrant presque immédiatement dans un sommeil sans rêve.
Trop d’émotions l’avaient plus épuisé que n’importe quelle représentation artistique.

Gabriel s’étira et posa sa main sur son lit. Au début, il ne s’inquiéta pas outre mesure de l’avoir trouvé vide. Parce qu’il avait été le cas depuis des semaines. De longues semaines. De longs mois même. Bon sang, ca faisait aussi longtemps que quelqu’un n’était pas venu dormir dans son lit ?
Quelqu’un d’autre que Kota, évidemment, qui avait toujours fait en sorte d’être parti avant même que Gabriel n’ouvre l’oeil.
Le blond se redressa légèrement.
Kota.
Kota était venu la veille, pas vrai ? Ils avaient parlé. Il lui avait dit qu’il l’aimait et Gabriel lui avait demandé de rester. Ce que le plus jeune avait fait.
Alors pourquoi n’était t’il pas là avec lui ?

Instinctivement, il chercha un mot sur la table de nuit, une quelconque indication pour savoir ou est ce qu’il avait disparu. La panique commenca à s’emparer de lui alors qu’il n’en voyait aucun. Kota avait t’il pris peur à nouveau ? Etait t’il parti avant qu’il ne se réveille pour se plonger à nouveau dans un silence de plomb ?
Ce n’est que lorsqu’il senti l’odeur enivrante de café et de patisseries, et qu’il vit les vêtements du japonais posés sur une chaise qu’il comprit qu’il s’inquiétait bien trop pour rien. Son père ne revenait pas avant trois jours, alors à moins que Gabriel vive avec un fantôme, une seule personne pouvait se trouver dans sa cuisine à ce moment précis.

Gabriel prit un peu plus de temps à sortir du lit, une fois rassuré. Il s’étala complètement, profitant de la douche chaleur des rayons du soleil filtrant dans sa chambre, il ne se posa pas énormément de questions sur ce que faisait Kota. Il lui faisait plus confiance qu’à son père pour ne pas faire bruler l’appartement.
Se remémorant les évènements de la veille, le jeune homme ne put s’empêcher d’être submergé de contentements et d’interrogations. Quoi, maintenant ? Pouvait t’il considérer Kota comme son petit ami ? Il était bien conscient que leur relation ne changerait pas, et ce n’était pas ce qu’il demandait...mais comme tout le monde, il avait besoin de savoir ce qu’ils étaient avant de continuer ce qu’ils faisaient.

Et franchement, l’idée d’être le petit ami de Tachibana Kota était… agréable.

En parlant du loup. Celui ci pousse la porte de la chambre, et Gabriel se demande sérieusement si il n’est pas entrain d’halluciner quand il voit Kota entrer en portant un plateau rempli d’un petit déjeuner de roi, loin de ce que Gabriel s’autorisait, d’habitude. Evidemment qu’il aimait les coco puffs, mais ca… Ca c’était un vrai petit déjeuner. Le chanteur se redressa, l’air surement ahuri.

- Hey, Gabriel releva la tête vers son compagnon, J’espère que tu as faim sinon je t’assure que je te les fais bouffer moi-même les tartines èé.


Alors...Gabriel ne put s’en empêcher. Il laissa échapper un rire incontrolable et son plus beau sourire. Le genre qui illuminaient ses yeux et qu’il n’avait pas laisser échapper depuis bien, bien longtemps.
“Je suis affamé.” souffle t’il finalement, encore rouge pivoine et légèrement hilare.
Il aide le jeune homme à installer la table sur le lit, pour qu’ils puissent manger sans craindre de faire tomber leur tasse ou des miettes dans ses draps.

Il vola un baiser à Kota, puis un morceau de fruit. “Tu es allé chercher ça à la boulangerie ? Tout seul ? En pyjama ?” souffla t’il, amusé. Il se rendit compte alors que Kota n’était certainement pas doué en déclarations grandiloquentes, mais que son affection se montrait par des choses qui pour les autre semblaient peut être simples. Mais pour Gabriel, s’était bien plus qu’un petit déjeuner au lit. Alors il attrapa son portable pour immortaliser le moment, surprenant Kota avant de déclarer. “Fond d’écran !”, et lui voler un autre baiser, avant de le taquiner sans vergogne. “Je savais bien que tu avais un petit coté romantique, Docteur Mamour.”

   
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Tachibana Kôta
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Occupation : Chirurgien urgentiste
Situation : Il ne sait pas encore où en est exactement leur relation mais ce dont il est sur est qu'il est amoureux de Gabriel ~
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Ven 29 Déc - 20:32

   
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Gabriel & Kôta

Tenue | Kôta ne serait certainement pas Kôta sans cet air froid et quelque peu ronchon accroché à son visage. Et malheureusement, il ne pouvait pas changer sa personnalité du jour au lendemain, encore moins après tous ces aveux de la veille. Il n’était pas habitué à se confier autant, à se montrer honnête et oser avouer ce qu’il avait sur le coeur, c’était tellement embarrassant... Jusqu’alors, il ne l’avait jamais fait. Gabriel pouvait s’en sentir flatter parce qu’il était le premier après la disparition de Seiji à le voir sous un autre angle que cette expression froide qu’il affichait constamment... Pour lui, le médecin tentait de faire des efforts et bien que cela ne se voyait pas énormément, il essayait du mieux qu’il le pouvait de ne pas fuir, d’avancer et de lui montrer à sa manière ô combien il tenait à lui. Ce n’était pas facile, il prenait plus facilement ses jambes à son cou que le contraire toutefois il avait très vite compris que cette fois-ci, il ne se débarrasserait pas de ses sentiments si aisément... Ce que Gabriel avait infligé à son coeur n’avait rien à voir avec ce que le jeune homme avait déjà pu éprouver par le passé. C’était tellement fort, tellement puissant à un point que c’en était effrayant. Le musicien était devenu à la fois sa plus grande faiblesse mais en même temps sa source d’inspiration, son envie d’aller plus loin que ce qu’il n’avait franchi ces dernières années. Il lui donnait envie d’y croire à nouveau, d’oser poser doucement ses barrières puis élargir ses horizons... C’était terrifiant de s’attacher autant à quelqu’un, d’en devenir aussi dépendant néanmoins ce n’était pas comme s’il était capable de revenir en arrière à présent et d’effacer tous ses sentiments qui l’habitaient. Il n’était même pas sur de le vouloir de toute façon... Parce que bien que cela soit destructeur, aimé et être aimé en retour, ça avait quelque chose d’agréable... Une chose qu’il n’aurait jamais cru pouvoir apprécier sincèrement un jour et qui lui faisait plus peur que ce qu’il n’avouait. Jusque quand Gabriel parviendrait à le supporter ? Ne finirait-il pas par se lasser comme ça avait pu être les cas des autres auparavant ? Etrangement, même s’il ne pouvait s’empêcher de douter, dans le fond Kôta avait la certitude qu’avec ce garçon, ça serait différent. Il souhaitait lui faire confiance et surtout, il voulait se battre, dédoubler d’efforts afin que plus jamais, le musicien ne ressente le besoin de s’en aller... C’était vrai que lui n’était pas doué avec les mots, qu’il ne s’exprimait et ne parlait pas énormément cependant à sa manière, il souhaitait montrer qu’il était là, qu’il tenait à lui et que plus que quiconque, c’était à ses côtés qu’il désirait être.

Ces derniers jours n’avaient pas été simples, le chirurgien avait perdu son chemin à nombreuses reprises, ne sachant pas comment il était censé réagir ni quelle était la bonne décision à prendre... Justement parce qu’il n’avait pas l’habitude d’éprouver de telles émotions et que la confrontation lui avait fait plus peur que ce qu’il ne le déclarerait à haute voix. Lui qui paraissait si fort, si invincible de l’extérieur était beaucoup plus fragile de l’intérieur que ce qu’on pouvait croire. Ce n’était qu’une carapace, qu’un bouclier qu’il avait porté pendant de longues années sans jamais réussir à trouver un moyen de comment le retirer et se livrer au monde plus librement. Et Gabriel, doucement, surement, était parvenu à le briser légèrement, à créer une flamme doucereuse dans le creux de son coeur alors oui, il méritait entièrement à ce qu’on se batte pour lui.

Ce n’était certes pas grand chose cependant pour le remercier, pour lui faire plaisir et voir cette expression qu’il adorait tant sur la figure du musicien, il n’avait pas hésité à se lever afin de lui préparer un petit déjeuner digne d’un roi. C’était rare qu’il prenne autant de temps à cuisiner au matin, en règle général, il ne mangeait jamais avant de partir au travail... Il n’avait pas ce luxe là puis il n’avait jamais eu un très grand appétit de toute façon. Hors, puisqu’on ne le changerait pas de sitôt, il n’avait pas été en mesure de retirer cet air neutre et détaché qui le caractérisait alors qu’il pénétrait dans la chambre, plateau en main.

A sa réaction, il n’avait guère pu égarer ses yeux ailleurs que sur cette scène qui se déroulait devant lui et qui avait le don de le faire chavirer un peu plus que ce qu’il ne montrait.
Bien qu’il l’ait aidé à monter la table sur le lit, Kôta s’était retenu de mentionner que ce n’était pas la peine, que c’était plus confortable et plus convivial de manger tranquillement l’un à côté de l’autre. Oui, il était chirurgien toutefois il n’était pas de ceux qui avaient besoin de beaucoup de choses pour être à l’aise. Au contraire, il appréciait les choses simples. Mais pour aujourd’hui, il n’avait pas à se plaindre parce qu’il se délectait de chaque instant qu’il pouvait passer à ses côtés, qu’il aimait ce rire qui résonnait comme une douce mélodie à ses oreilles, ce sourire qui avait le don de le charmer et d’accélérer la cadence des battements de son coeur mais par-dessus tout, il adorait la cette sensation savoureuse de ses lèvres qui venaient d’embrasser rapidement les siennes, lui volant un baiser.

« Evidemment. » Avait déclaré le plus jeune homme après s’être regardé de haut en bas, ne comprenant pas en quoi c’était si surprenant d’être sorti vêtu ainsi. « Pourquoi ? Ça t’étonne ? »

A nouveau, il le taquinait alors qu’il se saisissait d’une tartine, pas plus, pas moins. Le petit déjeuner n’était pas pour lui à l’origine et il n’avait pas très faim. C’était vrai qu’il n’avait jamais été un grand mangeur, se contentant du minimum pour être en forme et ça s’arrêtait là néanmoins il ne pouvait qu’admettre que depuis l’incident, il mangeait encore moins que d’habitude. Et il n’eut le temps de trop s’en soucier que son vis-à-vis le sortit de ses rêveries en le prenant en photos... La surprise ne se reflétait pas sur son visage toutefois il n’avait pu s’empêcher de le dévisager avant qu’une nouvelle esquisse, discrète, amusé ne vienne étirer subtilement ses lèvres. Gabriel était trop mignon et lui se sentait tellement faible. Peu importait à quel point il essayait, il n’arrivait pas à lui résister.

- Ce n’est pas du romantisme, Se justifia-t-il cependant, croquant un morceau de pain, sans le regarder pour autant, J’avais peur que tu t’étouffes avec tes céréales.

Sérieusement ? Kôta tu devrais réellement apprendre à être plus honnête avec toi-même et les autres qui t’entourent même si certes, la mauvaise foi n’a jamais tué personne... Ses mots ne s’accordaient jamais avec ses gestes et c’était encore le cas maintenant d’ailleurs. Le médecin n’avait pas hésité que, sans lui demander vraiment son avis, il lui prit le téléphone des mains pour regarder la fameuse photographie avant de se décaler puis de se placer à côté de lui. Si Gabriel réussissait à le surprendre, lui était certain qu’ils seraient deux dans ce cas là... Après avoir activé l’appareil photo, là non plus, Kôta n’avait pas attendu une seconde de plus que se rapprochant légèrement afin d’être dans l’angle de l’objectif, il avait levé portable devant leur tête, prenant ainsi un cliché de tous les deux.

- Ce sera peut-être mieux comme ça non ?

Une intonation toujours aussi impartiale tandis qu’il lui glissait l’objet dans les mains, regagnant ensuite sa place où sa tartine l’attendait toujours sagement sur la table. En réalité, il n’était pas vraiment pour ce genre de choses parce qu’il n’aimait pas s’afficher en public cependant cette photo là, il l’acceptait. Rien ne montrait sur cette image la véritable identité de leur relation... Et c’était son moyen d’étonner son bien aimé, non pas parce qu’il lui offrait une photographie de tous les deux, c’était quelque chose de tellement plus précieux, quelque chose qui ferait énormément plaisir à Gabriel parce qu’il ne s’agissait pas de n’importe quel cliché. Certes c’était leur premier mais pas que... Dessus, le plus jeune souriait, discrètement, doucement, cependant il n’y avait pas de doutes à avoir quant à la sincérité de l’esquisse qui dessinait ses lèvres.

   
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Jung Gabriel
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Mar 2 Jan - 10:58

   
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Gabriel & Kôta

Tenue |Kota ne serait pas Kota sans son coté ronchon, c’était certain. Et honnêtement, Gabriel ne l’aurait pas eu autrement. Le musicien n’était pas bien difficile. Les mots du jeune homme la veille avaient été suffisants pour balayer ses doutes, au moins un temps. Il savait qu’au fond, ses sentiments étaient retournés, même si ce n’était parfois pas si évident que cela. Gabriel était près à se rattraper aux branches, et à attendre.
Il savait évidemment que leurs problèmes n’allaient pas disparaître du jour au lendemain. Comme leurs deux cultures, ils allaient devoir apprendre à vivre ensemble et à se comprendre. Une chose qui lui semblait presque facile à présent, alors que la vue d’un Kota portant un plateau sur ses bras lui faisait face.

Bien sur, les doutes et les questions ne s’évaporeraient pas comme ça, d’un claquement de doigts : il se demanderait pendant un moment quand le plus jeune paniquerai et disparaitrait, comme celui ci se demanderait toujours si un jour, Gabriel le laisserait tomber pour quelqu’un d’autre. Et finalement, le jeune homme n’était pas certain de vouloir nier tout ça. Il ne voulait pas nier leurs insécurités, car elles faisaient partie d’eux : de leur relation.

Pour le moment, il allait savouer les quelques moments de calme qu’ils pouvaient partager, et décidait d’aviser plus tard, quand il faudrait réellement se poser des questions. Quand Kota ne voudrait plus de lui, ou reviendrait à la case départ. Pour le moment, Gabriel était forcé de constater que le jeune homme faisait de sérieux effort, même si son ton neutre et ses mots détachés auraient pu faire croire à un geste anodin.
Il pouvait arriver à Gabriel d’être un peu obtu, mais certainement pas à ce point. Il ne dit rien, cependant, se contenta de sourire et de le remercier avec un peu plus de malice qu’il l’aurait aimé.

« Evidemment. »
Le jeune homme, pour une raison ou pour une autre n’aurait pas pensé le japonais si… domestique. Dans sa tête, quelque chose reliait inexorablement le japonais et la formalité, même bien après que Gabriel l’aie vu dans des situations ou composé n’était pas le mot qu’il aurait utilisé pour le décrire.
Ca le faisait encore rougir comme une jeune demoiselle à peine pubère.
« Pourquoi ? Ça t’étonne ? » Le jeune homme mordit joyeusement dans une tartine et haussa les épaules. “Je sais pas… Ce n’est pas un truc que je t’aurais imaginé faire.” avoue le jeune homme en lui faisant de la place sur le lit, heureux pour un enfant le jour de Noel.

Gabriel, au contraire de Kota, était un gros mangeur. Sans aucun doute à cause de son rythme de vie décalé. Il avait l’habitude de manger pour deux repas le midi en se levant, ce qui parfois donnait des situations ridicules ou il se faisait réchauffer un morceau de pizza après avoir englouti un bol de céréales. Voir Kota manger peu ne l’étonna pas plus que ca. Il supposait qu’il aurait du lui faire la leçon, mais le jeune homme opta plutôt pour sortir son portable et prendre le japonais en photo, que la lumière de la fin de matinée rendait particulièrement iréel, surtout après une bonne nuit de sommeil.

- Ce n’est pas du romantisme.
Le jeune homme rit sans prêter réellement attention à sa défense. J’avais peur que tu t’étouffes avec tes céréales.

Le jeune homme s’apprêtait à taquiner le japonais à nouveau, quand celui ci fut plus rapide. Il lui extirpa son portable des mains, et le leva devant eux. Le visage surpris de Gabriel s’afficha sur la caméra alors qu’il voyait Kota se rapprocher de lui. Le cliché fut pris avant qu’il n’aie réellement le temps de réagir.
- Ce sera peut-être mieux comme ça non ?

Gabriel, réduit au silence, observa la photo. Elle ne payait pas de mine, elle était un peu floue et mal cadrée, mais au centre, Kota souriait. C’était léger, presque imperceptible, mais il avait désiré voir ce sourire tellement souvent que le plus vieux l’aurait reconnu ou que ce soit et dans n’importe quelle situation.
A sa droite, Gabriel ne regardait pas l’objectif, mais il souriait aussi. C’était plus extraverti que le sourire de Kota, montrant plus de dents, mais tout aussi sincère alors qu’il regardait Kota du coin de l’oeil.
Un sourire s’étendit sur les lèvres du Gabriel présent, et il tapota sur la photographie pour la sauvegarder. Il ne la mit pas en fond d’écran, cependant. C’était… C’était un cliché qu’il avait envie de garder simplement pour lui, comme quelque chose à l’apparence si banale devenu si intime… Cette photo était extrêmement réussie.

“C’est parfait.”
murmure t’il avec plus de douceur et de sentiments dans sa voix.
Réalisant qu’il allait finir par mettre Kota mal à l’aise, il se racle soudainement la gorge et fourre un morceau de croissant dans sa bouche, avant de déposer son portable sur son lit.
“Tu sais, c’est la première nuit que tu restes.” fait remarquer le jeune homme avec une joie non dissimulée, avant d’enchainer. “Tu as des patients à voir, ou tu veux faire quelque chose, aujourd’hui ?”

En ce qui le concernait, Gabriel pouvait très bien apprécier de rester au lit toute la journée tant que Kota restait avec lui. Quelque chose lui disait que le japonais méritait un peu de douceur après ces quelques jours passés dans le brouillard.

   
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Tachibana Kôta
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Lun 8 Jan - 15:59

   
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Gabriel & Kôta

Tenue | Kôta n’avait pas relevé, se contentant d’hausser les épaules alors qu’intérieurement, il ne pouvait s’empêcher d’être intrigué. Comment ça il ne s’agissait pas de quelque chose que Gabriel l’aurait imaginé faire ? Est-ce qu’il avait l’air quelqu’un de superficiel ? Certes, le médecin prenait soin de lui un minimum, il faisait attention aux vêtements qu’il portait lorsqu’il sortait parce qu’il aimait être présentable néanmoins ça ne le dérangeait pas non plus de ne pas être en costard pour aller faire ses courses à l’épicerie du coin. Il était quelqu’un de très simple, probablement plus que ce qu’on ne pouvait croire vraisemblablement, et il ne se prenait pas si souvent la tête. Enfin... Evidemment, cela dépendait à propos de quoi. Lorsque cela concernait lui-même et sa personnalité, ça devenait automatiquement une toute autre histoire. Il était extrêmement compliqué, il avait peur des gens qui l’entouraient autant qu’il avait besoin d’eux pour avancer. Paradoxale, assurément qu’il l’était également beaucoup mais ce n’était qu’un détail. Personne jusqu’ici, personne jusqu’à Gabriel n’avait osé franchir le cap pour en découvrir plus sur l’homme mystérieux qu’était Tachibana Kôta. Personne n’avait souhaité regarder au-delà des apparences, lire au travers ses gestes et essayer de le comprendre. Ce garçon était exceptionnel et le chirurgien en devenait de plus en plus curieux à chaque fois. Qu’est-ce qui se cachait derrière la facette de Jung Gabriel ? Etait-il ainsi naturellement ou bien ce sourire qu’il lui accordait à chaque fois qu’il se croisait n’était aussi qu’une apparence ? Après tout, jamais le jeune homme n’aurait pu penser ne serait-ce qu’une seule seconde que cette boule d’énergie, ce rayon qu’était son vis-à-vis pouvait en réalité être quelqu’un d’aussi sensible et fragile. Chacun avait sa vision des choses et au bout du compte, c’était assez amusant de s’apercevoir qu’on se trompait. Tous deux n’étaient pas au bout de leurs surprises et ils avaient certainement encore un très long chemin à faire.

Kôta ignorait de quoi était fait l’avenir, il ignorait si un jour viendrait et qu’il fuirait de plus bel plutôt qu’affronter le musicien... Lui-même n’en savait rien cependant il s’était promis et se promettait encore aujourd’hui de faire des efforts, de réfléchir avant de faire demi-tour puis de tenter de communiquer plus si quelque chose le tracassait. Autant dire que le concernant, il s’agissait là de quelque chose de particulièrement compliqué puisqu’il n’avait jamais exprimé quoi que ce soit jusqu’à présent. Se braquer, s’énerver et s’échapper était tellement plus facile que de faire face à la réalité. Ce n’était pas simple et bien qu’il déclarait essayer, il savait déjà d’avance qu’il lui faudrait des jours et des jours avant d’être en mesure de libérer ce qui lui tourmentait le coeur. La preuve étant qu’il n’avait guère pu lui avouer que ses tartines avaient été préparé avec amour, parce qu’il souhaitait lui faire plaisir et non pas parce qu’il avait peur que son vis-à-vis ne s’étouffe avec ses céréales. Qu’est-ce que c’était que ses bêtises ?! N’importe quoi.

Et il l’avait de nouveau pris de cours en lui volant son portable afin de les prendre en photos tous les deux. En silence, Kôta observait la réaction du garçon face à lui et il ne pouvait s’empêcher d’en être fier. Celle-là aussi, il ne s’y attendait pas, pas vrai ? Le médecin ne le quitta pas des yeux, pas une seule seconde et son coeur manqua aussitôt un battement à l’entente de ses mots. Etrange, Gabriel n’avait pas bougé les lèvres... Il n’eut pas besoin d’énormément de temps pour discerner la situation et réaliser que de plus bel, il était en train d’entendre ses pensées. « Hm, je sais » que déclara le jeune homme en hochant la tête « Je suis en repos aujourd’hui. » Il n’éprouvait pas spécialement l’envie de bouger, simplement de profiter du fait d’être à ses côtés sans jamais être dérangé. Il était fatigué, sa tête lui tournait parfois et son état de santé l’effrayait plus que ce qu’il ne l’avouait alors il aimerait profiter de chaque seconde qu’il pouvait passer auprès du musicien. Chose qu’il ne mentionna pas à haute voix puisqu’il avait volontairement contourné la question de son vis-à-vis.

- Pourquoi tu ne l’as pas mis en fond d’écran ? L’interrogea-t-il alors, désignant le portable du doigt tandis qu’en vérité, il connaissait déjà la réponse.

Quel imbécile ! Hors lui aussi, ça l’amusait de le voir mal à l’aise puis surtout il le trouvait incroyablement mignon. Toutefois, parce que Kôta ne serait pas Kôta sans son franc parler, sans sa maladresse et son petit côté directe au point de changer totalement de sujet, il avait attendu un instant de silence avant de fixer le garçon dans les yeux. Tant de choses s’étaient passées dernièrement que cela soit pour l’un comme pour l’autre et s’il s’en était sincèrement tracassé, il n’avait jamais eu l’occasion de le montrer. « Tu vas bien ? » Sa voix n’était plus aussi impartiale qu’elle l’avait toujours été. Elle était plus douce, un brin inquiète se lisant à l’intérieur alors que cette simple question en cachait tellement d’autre. Il ne parlait pas que de ce jour, il parlait des jours d’avant, de son père atteint d’Alzheimer, du tremblement de terre qui avait pu le touchait d’une quelconque manière que ce soit, de son coeur que lui-même avait blessé involontairement et tant d’autres choses à la fois...


   
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Jung Gabriel
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Ven 12 Jan - 15:19

   
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Gabriel & Kôta

Tenue |Gabriel se rendait compte que même lorsqu’il essayait de ne pas faire de jugement trop rapides, il en faisait quand même. Evidemment que Kota n’était pas quelqu’un de superficiel. Mais il y avait cette aura autour de lui…. De quelqu’un qui se présentait toujours sous son meilleur, afin de ne jamais se montrer vulnérable. Et être assez à l’aise pour aller faire ses courses à l’épicerie en pyjama demandait d’être un minimum confortable. Peut être qu’il n’avait pas pensé voir Kota être aussi confortable autour de lui avant un long moment.
Mais si ils faisaient…. peu importe ce qu’ils faisaient, alors Gabriel était heureux. Il aimait ce moment. Ce moment qui leur disait qu’ils étaient un peu plus que deux jeunes hommes essayant de se trouver une place dans un monde qui ne les acceuillait pas toujours à bras ouvert, que leur relation n’était pas simplement définie par leurs peurs. Ils étaient plus que ca. Ils pouvaient être bien plus que ça.
Gabriel se mordit légèrement la lèvre pour ne pas sourir trop fort.
Gabriel était prêt à faire les pas que Kota ne serait pas capable de faire. Il était capable de lui donner la main et de le rassurer, à présent.
Il savait que les sentiments de Kota étaient sincères, qu’il ESSAYAIT, réellement. Il savait que tout ça serait dur, et que ce ne serait pas la seule fois ou ils pourraient se perdre. Gabriel pourrait avoir à nouveau le coeur brisé. Mais franchement, actuellement, l’idée ne lui faisait pas peur. Il y avait quelque chose de bien trop beau derrière le sourire de Kota, derrière le regard de Gabriel sur cette photo pour qu’il ne le fuie.
Et il savait que Kota le savait. Sinon il ne serait pas là, avec lui, à manger des pancakes. A accepter de prendre des photos avec lui. Ils avaient fait un véritable bond en avant.
« Hm, je sais » Le jeune homme leva les yeux vers lui, un peu surpris, mais sourit. « Je suis en repos aujourd’hui. »
Gabriel laissa échapper une légère exclamation de plaisir. Il ne savait évidemment pas que Kota n’avait pas envie de bouger, mais en réalité, il n’avait pas réellement envie de partager le japonais avec quelqu’un d’autre aujourd’hui. Se reposer et simplement le serrer dans ses bras serait suffisant, mais il avait bien l’intention de profiter de ce temps inespéré à passer ensemble.
- Pourquoi tu ne l’as pas mis en fond d’écran ?
Gabriel rougit furieusement, serrant son téléphone dans ses doigts. Il leva les yeux vers Kota, et il voyait bien qu’il jouait avec lui, que ca l’amusait de le voir rougir et bégayer, très bien.
Il sourit malicieusement, découvrant ses dents, avant de répondre sincèrement, l’air particulièrement fier de lui.
“C’est le genre de choses que j’ai envie de garder pour moi. Tu souris peu, c’est quelque chose que j’ai envie de chérir et ne pas partager avec tout le monde.” Sa voix se fait plus douce, et son regard plus tranquille. “Et puis” continue t’il, l’air amusé. “j’ai une photo de toi avec de la confiture sur les lèvres à mettre en fond d’écran ! Magnifique !”
Il lache un léger rire qui aurait du passer pour démoniaque.
Mais l’effet fut un peu moins puissant qu’il le désirait, puisqu’il se tut quand Kota se pencha sur lui, quelque chose dans son regard le gelant sur place. Ce n’était qu’un changement imperceptible, mais il pouvait voir une réelle inquiétude dans ses traits.
« Tu vas bien ? » Gabriel leva les yeux vers lui, un peu surpris, un peu paniqué. On ne lui posait pas vraiment cette question. Pour les gens, Gabriel allait toujours bien. Il était le Soleil incarné et capable d’iluminer une pièce avec son sourire.
Gabriel était simplement bon acteur. Parfois, il n’avait pas envie de sourire, il n’avait pas envie de rire ou de s’émerveiller. Mais il le faisait pour le bien des autres autour de lui. Pour le bien de son père…
Il n’avait pas à prétendre devant Kota, et c’était une chose qu’il n’avait pas réalisé auparavant.
Il soupira. “Oui. Bien sur que je vais bien. J’ai… j’ai eu de la chance, hein ? Aucun de nous deux n’a été blessé et on a pas perdu notre appartement.” Il soupire légèrement. “Je n’ai pas le droit de me plaindre avec tout ce qui se passe autour de nous. C’est juste...tout ca m’a épuisé.” C’est pas bon de tout ressentir d’un coup, pensa t’il, avant de reprendre. “Et toi ?” demanda t’il sérieusement à Kota.

   
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Tachibana Kôta
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Mar 16 Jan - 20:19

   
Where there is love, there is pain
Gabriel & Kôta

Tenue | Être capable d’entendre les pensées des autres avait ses avantages autant que ça avait ses inconvénients. En toute honnêteté, Kôta était encore effrayé de son don qui s’était soudainement éveillé et il appréhendait ce qu’il risquait de découvrir à l’avenir cependant en ce jour précis, il n’était pas particulièrement insatisfait de pouvoir écouter ce qui traversait l’esprit du musicien. Savoir qu’il l’avait imaginé plus superficiel, avec une image plus sérieuse l’avait amusé plus qu’il ne l’avait exprimé. Mais ce qu’il avait le plus aimé était ce qui avait suivi. Ses mots qui avaient directement touché son coeur, créant une douce flamme à l’intérieur alors que pendant un instant, juste deux petites secondes, son regard s’était retrouvé habité d’une lueur attendri. Cela avait été très infime et il aurait fallu se pencher à seulement quelques centimètres de ses yeux pour le remarquer néanmoins lui, plus que le remarquer, il avait pu clairement sentir son organe vital qui avait manqué un battement. Gabriel n’était décidément pas comme les autres, il était formidable et Kôta était plus qu’heureux d’avoir quelqu’un comme lui qui partageait son existence même s’il savait que l’angoisse continuerait perpétuellement d’encombrer son être. Hors, du mieux qu’il le pouvait, il essaierait de faire des efforts, il essaierait de ne pas fuir comme il l’avait toujours fait puis de trouver une solution. C’était quelque chose qu’il ne pouvait plus nier désormais cependant il était tombé amoureux de ce musicien, il était tombé amoureux de cet idiot au sourire rayonnant et quoi qu’il fasse, il n’avait jamais réussi à le sortir de son esprit. Pourtant, il avait tenté de se convaincre que ça ne marcherait pas, qu’un jour viendrait et Gabriel ne serait plus là, qu’un jour viendrait et qu’il le perdrait comme il avait perdu Seiji toutefois il n’avait pas pu s’arrêter de penser à lui. Ce garçon occupait constamment ses réflexions au point où le manque était devenu plus douloureux que tout le reste. Est-ce qu’il aurait regretté d’avoir passer son temps à s’échapper plutôt que de profiter de chaque moment à ses côtés ? Certainement. Sinon son esprit ne lui aurait jamais joué des tours comme aujourd’hui. Et ça lui avait fait prendre conscience ô combien la moindre seconde était importante... Maintenant qu’il était ici, le médecin ne souhaitait pas s’en aller et se savoir en repos n’avait fait que le soulager un peu plus. Cela faisait combien de temps exactement qu’il n’avait pas eu de véritables jours à lui tout seul ?

Tout comme l’avait songé son compagnon, lui non plus ne désirait pas se le partager avec quelqu’un d’autre aujourd’hui - ni les autres jours d’ailleurs - autant qu’il n’éprouvait aucune envie de bouger d’ici. Ce qui, néanmoins, ne l’avait pas empêché de le taquiner sur le cliché qu’ils avaient pris quelques instants plus tôt et sa réponse honnête ne l’étonna pas. Gabriel était toujours ainsi, il ne cherchait pas à camoufler son embarras ni sa façon de penser, c’était admirable. « J’ai toujours su que je te faisais rêver de toute façon. » L’avait-il charrié gentiment « avec ou sans confiture. » Non, il n’était nullement terrifié par l’idée qu’on ait une photo dossier de lui... Il n’avait pas honte de ce qu’il était, ce qui le stressait un peu plus était de se savoir en fond d’écran sur le portable d’un autre. Lui n’assumait pas aussi officiellement ce genre de relation alors évidemment que ça le dérangeait puisqu’il ne savait pas qui pouvait tomber dessus néanmoins il n’en avait rien dit. Parce que ça faisait plaisir à Gabriel et qu’il s’en serait voulu de lui enlever ça.

Puis, soudainement, après un silence, Le chirurgien n’avait pas pu contenir cette question qui lui brûlait les lèvres plus longtemps. Pour lui aussi, son vis-à-vis était ce rayon de soleil, cette personne qui ne semblait pas avoir de problème tant le bonheur ressortait de ses sourires néanmoins il savait mieux que personne à quel point une simple esquisse pouvait cacher tellement de lourdes cicatrices. C’était souvent les gens qui souriaient le plus qui avaient une vie des plus douloureuses.
Bien qu’il fut soulagé de l’entendre lui dire qu’il n’avait pas été blessé et que rien ne les avait touché directement, Kôta avait voulu l’interrompre en lui disant que ça n’avait pas été son cas toutefois il n’en eut pas le temps. Il y avait des choses qu’il refusait de parler cependant il ne souhaitait pas lui mentir sur tout non plus. Principalement parce que, même s’il n’avait pas envie de l’inquiéter ou que son vis-à-vis culpabilise, son accident avait été également l’une des raisons pour laquelle, il n’avait pas toujours pu répondre à ses messages. « C’est normal, c’était assez intense. » Il l’avait amèrement ressenti à l’hôpital. Cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas été aussi débordé que pendant le tremblement de terre.

Ses prunelles se perdirent dans les siennes, marquant un silence à la demande du musicien qui lui relançait sa propre question. Ses gestes parlèrent légèrement pour lui, ses doigts secouant nerveusement ses cheveux bruns, signe qu’il n’était pas spécialement à l’aise avec cette rétorque. Seulement, il ne chercha pas à s’en cacher non plus. « Ca va. Ca s’est calmé un peu l’hôpital donc ça fait du bien, mais... » Mais ? « J’ai été blessé... Rien de grave ne t’en fais pas, on a rapidement pris soin de moi à l’hôpital donc ça va un peu mieux. » Parce qu’il ne voulait pas non plus dire qu’il était en pleine forme. La catastrophe était encore récente puis avec ses symptômes, Kôta ne serait pas capable de tous les dissimuler non plus. Ça l’embêtait de le tracasser hors s’il commençait à tout lui cacher, leur relation n’avancerait jamais. « Puis, aujourd’hui encore je peux me reposer, je ne vais pas cracher dessus » Surtout pas alors qu’il n’était pas seul et en très bonne compagnie. Le pourquoi il n’avait pas hésité à décaler la table qui les séparait avant de le tirer et l’obliger à s’installer près de lui, n’attendant pas une seconde de plus pour venir se blottir dans ses bras. Le médecin ne confiait pas beaucoup ses sentiments, il n’était pas aussi franc que son compagnon seulement à la différence ses gestes emplis de douceur continuait de parler à sa place.

   
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Jung Gabriel
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Lun 22 Jan - 9:52

   
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Gabriel & Kôta

Tenue |L’amour avait toujours laissé un gout doux - amer dans la bouche du chanteur. Peut être parce qu’il était tombé amoureux bien trop de fois. Peut être parce qu’il avait été trop naif et qu’il avait vu la beauté dans un énorme abysse qui l’avait englouti avant de le recracher, faible et anéanti. Mais Gabriel était aussi un idiot qui aimait aimer. Il avait aimé avoir des sentiments pour toutes les personnes qui s’étaient glissées dans sa vie.
Il avait même aimé dans les soirées trop arrosées, derrière des portes de toilettes, dans des ruelles sombres ou dans des draps qu’il ne connaissait pas. Il s’ouvrait facilement. Il offrait tout ce qu’il avait à donner, jusqu’à ce que le prochain ne vienne le voler.
Au fond de lui, il savait que Kota était différent. Il avait ses défauts, comme Gabriel. Il avait peur de s’ouvrir et d’avancer...mais finalement, n’était ce pas leurs différences qui allaient les sauver ? N’était ce pas une preuve qu’ils voulaient réellement faire marcher cette relation qu’ils aient décidé de regarder vers l’avant et de ne pas se focaliser sur leurs querelles passées ?

Bien sur, il semblait évident que ce n’était pas la fin. Ils auraient d’autre raison de se blesser mutuellement, ou d’imaginer que leur relation ne tiendrait pas la route. Mais… Gabriel avait la sensation que cette fois ci, il était prêt à tenir.
« J’ai toujours su que je te faisais rêver de toute façon. » Gabriel ricane malicieusement, levant doucement les yeux au ciel. « avec ou sans confiture. » Le chanteur rit doucement. Il n’avait pas tort, en vérité. Kota avait un charme inconditionnel et inconventionnel. Il se détachait de ses anciennes conquêtes, en général plus grandes et plus baties que le chanteur. Qui n’avait pas d’idéal particulier, mais qui avait toujours aimé la sensation de pouvoir être protégé, malgré le fait qu’il était parfaitement capable de le faire lui même.
C’était différent, le japonais était plus gracieux. Il avait un charme qu’on pourrait qualifier d’”ice prince”, avec traits ciselés et ses yeux brillants d’intelligence.

Tout cela pour dire qu’il n’était pas le genre de personne avait qui on attendait Gabriel, au premier abord, mais Gabriel était très attiré par lui, et une tache de confiture n’allait strictement rien changer à ca.
Kota était prévenant, en s’acquérissant de son bien être. Il était vrai que Gabriel n’avait certainement aucune raison de se plaindre. Il avait aidé des amis qui avaient perdu des années de travail dans le tremblement de terre. Des animaux de compagnie, voir des proches, alors que même le bar s’en était sorti avec quelques verres cassés, et des bouteilles de whisky déservées sur le sol. Hwi Sun s’était plein de voir l’odeur imprégner le tapis dans les semaines qui suivaient.
Son père, lui même, était sain et sauf. Le jeune homme avait eu peur de voir le stress de la catastrophe le faire replonger, mais il s’était montré plus responsable que jamais, ces derniers jours.
« C’est normal, c’était assez intense. » Gabriel hoche la tête. “Honnêtement, j’ai cru faire un long cauchemar. Quand je suis sorti, tout brulait, les gens étaient terrifiés…” Il se passe une main dans ses cheveux en soupirant. “Et je viens de la Californie. On a des tornades constamment là bas. Mais j’ai jamais eu aussi peur. J’avais peur pour moi, pour les autres, pour mon père...pour toi.” finit t’il par terminer, d’une petite voix.
Il finit par renvoyer la question au japonais. Il observe sa réaction. Nerveux, c’était évident. Mais le jeune homme n’y pensa pas outre mesure. Si le médecin lui avait caché quelque chose, il aurait été bien plus convaincant que cela, n’est ce pas ?
« Ca va. Ca s’est calmé un peu l’hôpital donc ça fait du bien, mais... » Gabriel penche la tête sur le coté, fronçant les sourcils, inquiet. « J’ai été blessé... Rien de grave ne t’en fais pas, on a rapidement pris soin de moi à l’hôpital donc ça va un peu mieux. » Gabriel ouvre la bouche, quelques secondes, comme si les mots ne pouvaient pas sortir. Quand ils se décidèrent à s’extirper, ils étaient plus aigus que d’habitude. “”rien de grave” ?” souffle t’il. Il s’approche de lui. "Ou est ce que tu as été blessé ?” demande le jeune homme, en l’observant sur toutes les coutures, comme si il pouvait trouver une indication de ce qui lui était arrivé.
« Puis, aujourd’hui encore je peux me reposer, je ne vais pas cracher dessus » Le jeune homme ne peut s’empêcher d’être inquiet. Mais il sait que sa nervosité serait aussi une source de nervosité pour le japonais. Alors il ne fait que se mordre la lèvre et venir lui voler un baiser. Un baiser doux et tranquille, et vient caresser sa joue. “Tu as toujours l’air si impassible, si fort.” Il caresse ses cheveux. “J’ai presque la sensation que tu es invincible.” avoue le jeune homme. “Tu peux te reposer sur moi, quand tu seras prêt.” promit le coréen avant de revenir l’embrasser, cette fois ci plus profondément, moins chastement.

   
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Tachibana Kôta
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Occupation : Chirurgien urgentiste
Situation : Il ne sait pas encore où en est exactement leur relation mais ce dont il est sur est qu'il est amoureux de Gabriel ~
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Lun 29 Jan - 23:49

   
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Gabriel & Kôta

Tenue | Le tremblement de terre avait été plus qu’intense, Kôta ne pouvait pas le nier. Il n’avait pas eu d’autre choix que d’y assister à l’hôpital. Il avait vu les patients défiler les uns après les autres sans pouvoir aider les premiers jours. Une chose qui l’avait d’ailleurs incroyablement frustré néanmoins lui-même avait du se résigner à l’idée qu’il aurait été plus une gêne qu’une aide s’il y avait été avec son traumatisme à la tête. Toutefois, oui, il avait vu. Il avait vu des personnes entrer aux urgences avec le corps en sang... Certains n’avaient qu’un bras ou une jambe cassé, d’autres dans un état bien plus critique que c’était difficile de savoir si on parviendrait à les sauver ou non. Et il y avait eu des patients de tout âge, à la petite fille de six ans au grand mère de soixante quinze ans. Assister à ça avait été une horreur pour ses yeux mais aussi pour son coeur. S’il s’était inquiété pour ses proches, le chirurgien n’était pas en mesure de rester insensible face à tout ce désastre. Parce que s’il avait une apparence forte et impassible, son coeur était entièrement fait de verre. Un rien suffisait à l’attrister... Il détestait voir autant de misère, il détestait être aussi impuissant contre la nature et il avait pu constater que même être médecin n’était pas encore suffisant. Personne ne pouvait lutter contre la force de la nature et c’était malheureux. Bien sûr il avait pu sauver des vies cependant selon lui, il n’en avait pas fait assez. Il aurait voulu en sauver plus encore... Il aurait voulu être plus attentif pour ne pas être blessé. Il aurait voulu être présent pour Gabriel, le soutenir lui aussi et ne pas avoir ce don qui l’avait machinalement forcé à s’éloigner. Parce que tout avait commencé après cet accident, sa vie avait basculé d’un coup et il n’avait pas compris. Il avait pris peur sans oser le contacter et lui expliquer que ce n’était pas qu’il n’aimait pas le musicien, c’était en sa propre personne qu’il peinait à avoir de l’estime. L’attachement le terrifiait... Jusqu’à présent, la solitude ne l’avait jamais vraiment dérangé. Avant qu’il ne rencontre Gabriel, Kôta avait toujours bien vécu ainsi... Il ne s’attendait pas à ce que sa routine ne change soudainement. C’était la première fois depuis longtemps qu’il n’avait pas su faire face à ses propres sentiments, qu’il n’avait pas pu faire semblant et montrer que cette absence le touchait de plein fouet. Le manque, l’inquiétude de ne pas savoir comment il allait, de ne pas savoir si lui aussi n’avait pas été atteint, de près comme de loin, par le séisme, de ne pas pouvoir être à ses côtés, ni le soutenir comme ce dernier avait toujours eu l’habitude de le faire pour lui. « C’est normal d’avoir eu peur. » Tout le monde est terrifié lorsque ce genre de catastrophe naturelle arrive non ? Principalement lorsqu’on ne s’y attend pas.

La question lui avait finalement été renvoyé et le médecin n’avait pu l’éviter, il n’avait pas voulu lui mentir non plus. Bien sûr, il n’avait pas tout révélé cependant ce n’était pas un mensonge pour autant, si ? Il n’avait pas envie d’inquiéter plus Gabriel qu’il ne l’était déjà. Il ne voulait pas que celui-ci ne culpabilise non plus. Il ferait de son mieux pour aller bien, pour supporter la douleur puis vivre avec ce don qu’on lui avait donné. « Rien de grave. » D’accord, sur ce point là, il mentait peut-être un petit peu... Toutefois officiellement, c’était la vérité. On n’avait rien vu d’anormal lors des examens néanmoins lui avait conscience que sa condition était plus mauvaise qu’elle n’en avait l’air. Il reconnaissait les symptômes et ce n’était malheureusement pas quelque chose qui se soignait facilement. Le pourquoi Kôta n’avait pas cherché à repasser ses examens afin de vérifier l’était de sa tête et si une tumeur du au traumatisme ne s’y était pas développer. C’était effrayant. Il ne voulait pas savoir. « Ici. » Il désigna l’arrière de sa tête avant d’hausser les épaules. « Mais ça va, j’ai la tête dure ! » Ou pas.

Pour rien au monde, il n’avait pas envie de tourmenter son vis-à-vis. C’était normal que Gabriel se fasse du souci, à sa place, il s’inquièterait aussi... Hors, il aurait sincèrement souhaité lui éviter ça. Le pourquoi il avait voulu le rassurer un peu plus avant que le musicien ne le prenne par surprise et ne lui vole un baiser. « Tu trouves ? » Ses yeux ne le quittèrent pas du regard, le contemplant avec intensité alors que cette expression qui lui était propre peigné sa figure. « Je pense que ce n’est qu’une sensation. » Il était tellement fragile au fond de lui. Il donnait l’impression d’être quelqu’un de fort et de courageux néanmoins il était le premier qui s’effondrait au moindre drame. « Tu es sur que ce n’est pas toi qui semble invincible ? » Parce que Gabriel avait toujours un sourire accroché à ses lèvres, il ne montrait jamais ses faiblesses et aujourd’hui encore, il lui demandait de se reposer sur lui alors qu’il avait déjà tant de problèmes à devoir porter sur ses épaules. Les paupières closes, un soupir d’aise s’échappa de sa bouche à la sensation de ses lèvres savoureuses qui embrassaient passionnément les siennes. Sa main se posa sur sa joue avec tendresse, la lui choyant légèrement tandis qu’ils partageaient un baiser empli d’un mélange d’émotion : de l’amour, de la passion, de l’inquiétude, de la peur aussi... Parce que plus que tout, le médecin avait peur de le voir disparaître et le perdre, il ne le supporterait pas.


   
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Jung Gabriel
Âge : 33
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Mer 7 Fév - 15:08

   
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Gabriel & Kôta

Tenue |Les catastrophes naturelles avaient le don de faire réfléchir, aussi terribles qu’elles soient. Elles faisaient réfléchir à la vie en général, et aux barrière que l’on se mettait pour s’empêcher d’avancer, alors que finalement, on pourrait bien mourir du jour au lendemain. Des familles, des couples, des groupes d’amis avaient été séparés lors de ce tremblement de terre. Alors qu’eux, ils avaient encore la chance d’être là, en vie.
Alors n’était ce pas de leur devoir de prendre les choses en main et de profiter du temps qui avait été enlevé à d’autres ? Ne devaient t’il pas faire en sorte de mériter la chance qu’on leur avait donné ?
Gabriel avait eu pas mal de temps pour réfléchir. Après tout, les chagrins d’amour, ca fait cogiter. Et il n’en avait pas l’habitude, car il était plutot le genre de personnes à foncer avant de penser aux conséquences.

Avec Kota, il se devait d’être bien plus patient, et ce n’était pas une si mauvaise chose, après tout. Il voulait être meilleur pour mériter les efforts que le japonais faisait le concernant.
« C’est normal d’avoir eu peur. » Le jeune homme se passe la main dans sa nuque. A vrai dire, ce n’est pas pour ça qu’il avait honte. Il avait honte de voir que ses pensées l’avaient immédiatement mené à son père et à Kota, au bar et à Hwisun, avant même de s’inquiéter de ce que les autres personnes vivaient.
Ca lui semblait tellement égoiste !

Mais de toute évidence, il avait eu raison de s’inquiéter, puisque Kota lui annonce alors qu’il avait été blessé dans le tremblement de terre. De toute évidence, ce n’était rien qui le mettait en danger immédiat, puisqu’il avait parfaitement réussi à courir jusque chez lui en pleine nuit...Mais ca n’aidait pas son inquiétude à se calmer. « Rien de grave. » Gabriel n’était pas certain que le médecin lui dise toute la vérité….ce qui lui fit plisser les yeux. Cependant, il savait mieux s’y prendre que de pousser sa chance quand le garçon lui avait déjà avoué quelque chose qui avait très certainement du lui couter. Alors il chercha des yeux une quelconque cicatrice, ou un signe de ce qui avait pu se passer. « Ici. » Gabriel hausse les sourcils en tentant la main vers sa tête, glissant ses doigts dans ses cheveux. Il n’y avait rien, et il ne savait pas réellement ce à quoi il s’attendait. La chair semblait encore tendre, cependant, et il retira rapidement sa main de peur de lui faire mal « Mais ça va, j’ai la tête dure ! » Gabriel fit la moue. “Ouais. Je sais que de toute manière, tu dirais la même chose si ce n’était pas le cas, hm ?”

Mais Gabriel avait bien compris que si il était un peu patient, alors naturellement, le jeune homme finirait par s’ouvrir plus naturellement à lui. Il n’insista donc pas et sourit, avant de lui voler un baiser qui voulait dire bien plus des mots. « Tu trouves ? » Gabriel se sentit rosir sous l’intensité du regard du japonais, mais ne détourna pas les yeux. Il finit par acquiescer légèrement et glisser une mèche rebelle derrière son oreille. Bien sur qu’il s’avait qu’il était impossible d’être invincible. Mais si quelqu’un pouvait l’être, alors ce serait Kota.

« Je pense que ce n’est qu’une sensation. » Gabriel sourit doucement. “Je sais. Mais tu es fort, on ne peut pas le nier. Peut être… peut être que c’est moi qui devrait prendre exemple sur toi.” souffle t’il, alors que son âme d’artiste lui avait valu ce genre de réflexion. Des gens le trouvant trop doux, trop émotif, trop...trop ? Il en était fier, mais peut être que s’endurcir un peu ne lui ferait pas de mal, après tout. « Tu es sur que ce n’est pas toi qui semble invincible ? » Gabriel a un petit rire surpris. “Oh non. Crois moi. Je suis plus fragile encore que ce pauvre verre. Je tombe, je me brise mais… mais je suis plutot bon à recoller les morceaux.” avoue Gabriel. Toujours se relever, même après avoir été brisé, écrasé des milliers de fois, c’était un peu son domaine.
Ils s’embrassèrent longuement, encore, emportés par leur passion réciproque. Une pause, dans le monde qui continuait de tourner autour d’eux. Qui sait de quoi demain serait fait, après tout, et mieux valait ne pas faire de promesse, mais Gabriel savait au moins une chose, c’est qu’il voulait garder Kota tant qu’il le pourrait.

FIN
   
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Where there is love, there is pain • | Ft. Gabriel ♥
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